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Un deuxième Kurde entre dans le livre Guinness des records

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L’homme le plus petit au monde est Afshin Esmaeil Ghaderzadeh, un Kurde du Rojhilat (Kurdistan d’Iran) âgé de 20 ans. Il mesure 65,24 cm.

L’homme le plus grand du monde, Sultan Kosen, est aussi un Kurde et mesure 2,51 m.

L’homme le plus grand du monde et l’homme le plus petit du monde sont tous deux dans le livre Guinness des records.

L’Iran chassé de la Commission de la condition de la femme de l’ONU

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Cela faisait des années que les défenseurs des droits des femmes dénonçaient la présence de l’Iran au sein de la Commission de la condition de la femme de l’ONU. Il aura fallu le meurtre tragique de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans à Téhéran par la police des mœurs pour un voile « mal porté » et les manifestations massives qui s’en sont suivies pour que l’ONU daigne enfin revenir sur son erreur monumentale.

« Le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), composé de 54 membres, a adopté mercredi une résolution visant à retirer l’Iran de la Commission de la condition de la femme (CSW) pour le reste de son mandat de quatre ans, qui prendra fin en 2026.

Les actions de l’Iran suscitent de vives inquiétudes

Les États-Unis ont présenté la résolution, qui a recueilli 29 voix pour et huit contre, 16 pays s’étant abstenus.

Le document exprime de sérieuses inquiétudes quant aux actions du gouvernement iranien depuis septembre 2022 « pour miner continuellement et supprimer de plus en plus les droits humains des femmes et des filles », et « souvent avec l’utilisation d’une force excessive ».

S’exprimant avant le vote, l’Ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield a déclaré que la Commission de la condition de la femme était le principal organe des Nations Unies chargé de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

« Il ne peut pas faire son travail important s’il est menacé de l’intérieur », a-t-elle déclaré. « L’adhésion de l’Iran en ce moment est une tache horrible sur la crédibilité de la Commission », peut-on lire sur le site internet de l’ONU.

PARIS. Manifestation d’avocats contre les exécutions en Iran

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PARIS – Alors que les mollahs iraniens ont accéléré l’exécution des manifestants anti-régime, des organisations* d’avocats et défenseurs des droits humains appellent au rassemblement ce samedi 17 décembre à 15 heures, à Bastille.

Le régime iranien a exécuté plusieurs manifestants tandis que des dizaines d’autres civils, dont des kurdes et des baloutches, ont été d’ores et déjà condamnés à mort et peuvent être exécutés à tout moment. Les mollahs sanguinaires espèrent arrêter les protestations populaires déclenchées suite à la mort de Jina Mahsa Amini, une jeune femme kurde de 22 ans tuée par la police des mœurs le 16 septembre à Téhéran.

*Les organisateurs appelant à manifester sont :

– Avocats Barreau de Paris
– Union internationale des avocats
– Avocats ensemble
– Fédération d’union des jeunes avocats
– Syndicats des avocats des France
– Together aginst Death penalty
– Les collectifs Iran justice
– Femmes Azadi (avocats ZZA – femme, vie, liberté)
– Azadi for Iran
– Neda d’Iran

PARIS. Remise du Prix Danielle Mitterrand 2022 aux habitants du Rojava

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PARIS – Hier soir, une délégation d’acteurs civils du Rojava a reçu le Prix Danielle Mitterrand 2022 au nom des habitants du Rojava / Syrie du Nord-Est qui forcent l’admiration ici en Occident en luttant pour un monde féministe et écologiste au milieu d’attaques armées de toute part.

Ouverture en musique d’une longue soirée de solidarité

groupe de musique Kêvana Zêrin, Piya Colline Ozçelik et Dida Roj (Gündüz)

Lors de la soirée d’hier qui a eu lieu dans la salle de 360 Paris Music Factory, dans le 18ème arrondissement de Paris, les membres du groupe de musique Kêvana Zêrin, Piya Colline Ozçelik et Dida Roj (Gündüz) ont fait voyager le public à travers le Kurdistan grâce aux chansons en kurde (dialecte kurmandjî et zazakî) mais aussi en arménien et en assyrien pour rappeler la richesse des cultures qui ont peuplé/peuplent encore la Mésopotamie malgré d’innombrables génocides dont ont été victimes les Kurdes, Arméniens, Assyriens… et les minorités religieuses de la région.

Membres de la délégation du Rojava avec Gilbert Mitterrand et Corinne MOREL-DARLEUX

Les membres de la délégation du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est qui ont reçu le prix des « bâtisseurs d’utopies » de la Fondation Danielle Mitterrand des mains de Gilbert Mitterrand (fils cadet de D. Mitterrand) était Berivan Omar, responsable d’écologie et de la question féminine dans la région d’al-Jazira, Suleman Khalil, coprésident du Comité des municipalité du canton de Qamishlo, Ziwer Ceikho, coprésident de l’ONG « Tresses Vertes » (Greentress – Keziyên Kesk) travaillant pour le reboisement du Rojava et Rawshen Suleman, conseillère technique de l’ONG Un Ponte Per, et spécialiste des enjeux liés à l’eau.

Étaient également présent.e.s la sénatrice Laurence Cohen, Zoé LORIOUX-CHEVALIER, conseillère municipale de Poitiers et membre du Réseau JASMINE*, Laëtitia Hamot, maire de La Crèche, Véronique de Geoffroy, directrice générale du Groupe de think-tank URD (Urgence Réhabilitation Développement) et Somayeh Rostampour, chercheuse et militante kurde d’Iran.

Alors que Zoé LORIOUX-CHEVALIER, Laëtitia Hamot et Véronique de Geoffroy se sont concentrées essentiellement sur les enjeux liés à l’écologie et la nécessité d’échanges et de solidarité entre le Rojava et les municipalités/ONG de France, la sénatrice Laurence Cohen a attiré l’attention sur le danger qui guète le Rojava, à savoir une invasion militaire turque manigancée par le président turc Erdogan dont le rêve ultime est de mettre fin à l’autonomie kurde et à ce modèle écologiste, féministe et pluraliste. Laurence Cohen a exhorté l’Europe à empêcher l’invasion du Rojava qui menacera également l’Occident car les milliers de jihadistes de DAEHC / ISIS détenus par les forces arabo-kurdes risquent d’être relâchés par la Turquie. La sénatrice à également fustigé l’Europe qui a transféré à la Turquie la gestion des réfugiés syriens qui sont finalement devenus un moyen de chantage entre les mains d’Erdogan.

La soirée fut animée par Corinne MOREL-DARLEUX, autrice et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand et diffusée en direct sur Youtube (à visionner ici: Remise du Prix Danielle Mitterrand).

Livres « Kurdistan, la guerre des filles » de Mylène Sauloy et « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles » de Maryam Ashrafi étaient également en vente pendant la soirée
Affiche « Donnons vie aux utopies » de la fondation Danielle Mitterrand

*Le Réseau JASMINE (Jalons et Actions de Solidarité – Municipalisme et internationalisme avec le Nord-Est de la Syrie) a été créé en 2020 par la la Fondation Danielle Mitterrand. C’est une plateforme multi-acteurs pour faciliter et renforcer les échanges et les coopérations entre municipalités/société civile en France et acteurs locaux et municipalités au Nord-Est de la Syrie.

« Femmes vivantes », l’artiste kurde Aslı Filiz œuvre à immortaliser les victimes des féminicides d’État

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L’artiste kurde Asli Filiz s’est fait connaitre du public français grâce à son exposition parisienne de mars 2022 dans laquelle elle rendait hommage aux femmes kurdes victimes de féminicides d’État, dont Garibe Gezer, en plus de revisiter la mythologie mésopotamienne. Ce jeudi 15 décembre, elle inaugure sa nouvelle exposition « Femmes vivantes » à Hambourg pour laquelle elle a réalisé un tableau en hommage à Jina Mahsa Amini tuée par les mollahs en septembre dernier. L’artiste kurde déclare qu’à travers ses œuvres, elle « essaie de maintenir en vie les femmes tuées par les États et les sociétés. Des femmes sont assassinées, mais nous, les femmes, nous continuons à nous battre. J’essaie aussi de faire entendre la voix des femmes à travers l’art. Nous n’essayons pas de prendre le pouvoir. Nous essayons d’être unies pour vivre librement et avec des droits égaux. »

Jeudi soir, les portes de la troisième exposition personnelle de l’artiste Aslı Filiz intitulée « Femmes Vivantes » s’ouvriront au Neuen Amt de Hambourg-Altona. Grâce à ses toiles, l’artiste kurde veut faire vivre les femmes tuées par le système dominé par les hommes.

« Jin, jiyan, azadî », tableau d’Asli Filiz réalisé en hommage à Jina Mahsa Amini

Asli Filiz est née à Bingöl en 1983 et a vécu à Istanbul pendant 25 ans. Après avoir étudié le design graphique à l’Université de Beykent, elle s’est installée à Hamburg, en Allemagne. Elle travaille comme graphiste depuis vingt ans et peint et réalise des collages depuis plusieurs années. Elle est directrice de création et graphiste dans une agence de publicité. Son fils de 13 ans participera également à l’exposition avec deux de ses propres tableaux.

Outre l’exposition d’Asli Filiz, de nombreuses activités culturelles sont proposées dans les mêmes lieux.

Affiche de l’exposition d’Asli Filiz

 

Entrée libre

Vernissage le 15 décembre, à 18 heures, avec un mini-concert de la musicienne Tara Jaff

 

ANF

PARIS. Une délégation venue du Rojava reçoit le Prix Danielle Mitterrand 2022

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PARIS – Ce mercredi, une délégation de représentants d’organisations civils et politiques du Rojava recevra le Prix Danielle Mitterrand 2022 lors d’une soirée où des témoignages des militants seront suivis d’un concert de musique kurde et d’un cocktail.

Les membres de la délégation du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est présents à la soirée de la remise du prix des « bâtisseurs d’utopies » sont:

– Berivan Omar: discutera du rôle des femmes au sein des institutions civils et politiques du Rojava
– Suleman Khalil: expliquera le fonctionnement des communes, bases du municipalisme mis en œuvre au Rojava
– Ziwer Ceikho de l’ONG « Tresses Vertes »: parlera des projets de reboisement du Rojava et d’écologie
– Rawshen Suleman: évoquera les enjeux lié à l’eau et à la sècheresses qui menacent la région

La soirée animée par Corinne MOREL-DARLEUX, autrice et administratrice de la Fondation D.M. sera retransmise sur la chaine Youtube de la Fondation Danielle Mitterrand (à suivre ici dès 18h00: Remise du Prix Danielle Mitterrand)

Au 360 Paris Music Factory
32 rue Myrha
75018 PARIS

Visioconférence: Menaces contre le Grand Kurdistan

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Alors que la Turquie et l’Iran attaquent conjointement les Kurdes en Irak, en Syrie (Rojava) et en Iran au milieu de protestations populaires iraniennes, et que le Kurdistan fait face à une nouvelle menace de génocide et de nettoyage ethnique, ce jeudi 15 décembre, l’Institut kurde de Washington (Washington Kurdish Institute) et l’Institut kurde de Paris organisent une visioconférence pour faire l’état des lieux au Kurdistan iranien (Rojhilat), au Kurdistan irakien et au Kurdistan syrien (Rojava).

Avec la participation d’Elham Ahmad, présidente du comité exécutif du Conseil Démocratique Syrien, Andrew APOSTOLOU, historien, expert des affaires iraniennes, Asso HASSAN ZADEH, universitaire kurde spécialisé dans le droit international, et Soma ROSTAMI, une responsable de l’ONG Hengaw.

RDV le 15 décembre, à 17h

Inscription pour participer au webinaire sur l’application ZOOM: Webinar: Threats Against Greater Kurdistan

GRECE. Per a Pace, ou la solidarité corse pour les réfugiés kurdes de Lavrio

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En novembre dernier, une délégation de l’association corse Per a Pace (Pour la Paix) a acheminé un convoi de dons aux réfugiés kurdes des camps de Lavrio, en Grèce. C’est la troisième fois que Per a Pace s’est rendue au chevet des réfugiés kurdes de Lavrio abandonnés par la communauté internationale et les autorités grecques.

Dans le compte-rendu publié sur leur site, Per a Pace déclare qu’« au-delà de cette solidarité nécessaire, ce sont des femmes et hommes dignes que Per a Pace a rencontré et avec lesquels elle a pu échanger. »

A lire l’intégralité du communiqué ici: Témoignage de retour des camps kurdes

PARIS. Exposition « Arts kurdes en exil »

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PARIS – L’Institut kurde de Paris organise une exposition d’œuvres d’artistes kurdes exilés en janvier prochain à la Mairie du 10ème arrondissement de Paris.

L’exposition « Arts kurdes en exil » réunira les œuvres d’une vingtaine de peintres et sculpteurs kurdes que l’on pourra voir entre le 7 janvier et 2 février 2023.

Vernissage le 6 janvier, à 18h30

Lors du vernissage de l’exposition, on croisera au moins une partie des artistes dont les œuvres sont exposées, à savoir, Abdin Mostafa, AVAN, Eido Alhussein, Inayat Attar, Jihad Moussa (Genco), Joseph Bakir, Kaniwar Alan, Khalil Hemsork, Nesrin Mahmoud, Niaz Bayatn Nour Jaafar, Rodi Khalil, Saleh Nemr, Seywan Saedian, Srour Alwani, Tara Salih, Waleed Ibrahim, Walid Agha et Yahia Alselo (Silo).

Exposition à voir du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures

Entrée gratuite

Adresse:

La Mairie du 10ème arrondissement de Paris
72, rue du Faubourg Saint-Martin
75010 PARIS

 

 

Artiste kurde Seywan Saedian avec une des ses sculptures – 2017

PARIS. Cherche une équipe de danse folklorique kurde pour un court-métrage

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PARIS – Chiya Mohammadi, un étudiant kurde de L3 cinéma à l’université de Paris 8, cherche une équipe de danseurs folkloriques kurdes pour un court-métrage dans le cadre de ses études.

Si vous êtes Kurde et avez des vêtements traditionnels kurdes, n’hésitez pas à contacter Chiya pour un tournage prévu prochainement.

Contact : Chiya Mohammadi, par téléphone au 0033 7 49746796, par mail « Chiya.m.gh@gmail.com » ou sur Facebook

TURQUIE. Le scandale du « mariage » d’une fillette de six ans secoue le régime islamiste turc

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En Turquie, les révélations d’une femme de 24 ans mariée à l’âge de six ans à un homme de 29 ans ont provoqué l’indignation populaire et rappellent l’enfer vécu par des milliers de fillettes dans les milieux salafistes turcs qui sont mariées de force des années avant leur majorité et dont certaines donnent naissance à des bébés, fruits de viols répétés.

Un cas choquant de maltraitance d’enfants secoue actuellement la Turquie. La victime est une femme de 24 ans qui aurait été forcée de se marier à l’âge de six ans avec un homme beaucoup plus âgé. Vendredi dernier, un tribunal pénal d’Istanbul a accepté l’acte d’accusation pour viol sur mineur.

L’affaire est devenue publique après que la femme concernée a porté plainte et que le journaliste Timur Soykan en a parlé dans le quotidien BirGün. Kadir Istekli, « l’ex-mari » de la femme connue sous les initiales « HKG » dans les médias, et ses parents sont accusés. Elle accuse son propre père, Yusuf Ziya Gümüşel, membre influent de la communauté islamiste Ismail Ağa et fondateur de la Fondation Hiranur affiliée à l’AKP, de l’avoir forcée à épouser un autre membre en 2004. Les parents sont accusés d’avoir toléré la violence sexuelle subie par leur fille.

C’est le père personnellement qui a arrangé le soi-disant mariage religieux entre sa fille de six ans et le « mari » alors âgé de 29 ans, qui travaillait comme hodscha (professeur de coran) dans la madrasa de la fondation. Selon l’acte d’accusation, Istekli aurait alors infligé des violences physiques et sexuelles à l’enfant. Lorsqu’elle avait 14 ans, le « mariage » était célébré. Dès lors, HKG a vécu sous un même toit avec Istekli.

Un médecin vigilant d’une polyclinique d’Istanbul avait appelé la police après avoir examiné la jeune fille emmenée pour de graves douleurs menstruelles en 2012. La famille a prétendu que la fillette était adulte, contrairement à l’acte de naissance. Le procureur chargé de l’affaire à l’époque a ordonné un examen osseux, mais les parents ont envoyé une proche de 21 ans pour le prélèvement osseux afin de cacher leur mensonge. L’affaire a ainsi été classée. À 17 ans, HKG est tombée enceinte et a donné naissance à un fils. Quand elle a eu 18 ans, elle a été légalement mariée.

Selon l’acte d’accusation, HKG a contacté le procureur fin novembre 2020. Le mariage venait de se terminer par un divorce. Il y a des photos qui la montrent à six ans dans une robe de mariée. Les parents ont déclaré que les photos avaient été prises lors d’une cérémonie de remise des diplômes du Coran. Le procureur de la République requiert jusqu’à 67 ans de prison pour Kadir Istekli. Au moins 27 ans de prison sont requis contre Yusuf Ziya Gümüşel et Fatma Gümüşel, parents de la fillette.

« J’ai seulement compris que ce n’est pas normal d’être mariée à six ans quand j’ai fait des recherches sur mon téléphone portable » a déclaré la jeune femme, aujourd’hui âgée de 24 ans. Selon les médias, le ministère turc du travail, des affaires sociales et de la famille est co-demandeur. Mais le bureau dirigé par la politicienne de l’AKP, Derya Yanık, a pris connaissance de l’affaire en 2020. Samedi soir, lors d’un débat sur le budget au parlement turc, Yanık a provoqué un véritable scandale en déclarant, visiblement outrée par les protestations des partis d’opposition HDP, TIP et CHP, que l’État avait pris en charge la jeune victime.

« Nous permettons à la victime de suivre une formation professionnelle et un cours d’anglais. Cela lui permet d’avoir une vie indépendante. Nous faisons ce qui est nécessaire pour garder la localisation absolument secrète. » Aucun mot sur la raison pour laquelle le rapport du ministère n’est sorti que maintenant et pas des années plus tôt.

La vice-présidente du groupe parlementaire du parti HDP « pro-kurde », Meral Danış Beştaş, a immédiatement demandé à Yanık de démissionner de son poste de ministre de la Famille et des Affaires sociales. « Dans d’autres pays, les gouvernements démissionneraient en bloc après un scandale de cette ampleur. En Turquie, une ministre de la famille se vante d’avoir donné à une jeune femme, mariée de force à l’âge de six ans, un apprentissage. Au lieu de lutter contre la maltraitance des enfants, vous protégez les auteurs. »

La communauté islamiste Ismail Ağa est étroitement liée à l’AKP. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle le parti au pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan a mis plusieurs jours à commenter – bien que ce sujet fasse l’objet de débats houleux en Turquie depuis des jours. Le porte-parole de l’AKP, Ömer Çelik, a critiqué la « maltraitance des enfants » en général, mais n’a pas mentionné la communauté Ismail Ağa. Une plainte avait été déposée auprès du Conseil suprême des juges et des procureurs (HSYK) contre le procureur qui traitait l’affaire pour la première fois.

La communauté Ismail Ağa est l’une des plus grandes communautés sunnites orthodoxes de Turquie. Nommée d’après la mosquée Ismail Ağa, elle a été fondée au début des années 1980 par l’imam Mahmut Ustaosmanoğlu, qui l’a dirigée pendant 42 ans. La communauté compte environ 100 000 adeptes et est basée dans le quartier de Çarşamba à Istanbul. Dans les écoles coraniques, ses propres médias et les écoles privées de tout le pays, elle s’attaque à la laïcité, c’est-à-dire la séparation de l’État et de la religion. L’objectif autoproclamé de la communauté est « de présenter à l’humanité la lumière de l’islam sous sa forme la plus brillante et la plus vibrante sous la direction de Notre Sainteté Mahmud Efendi (Kuddise Sirruhu) dans la quête éternelle de la paix pour l’humanité ».

Mahmut Ustaosmanoğlu est décédé en juin à l’âge de 93 ans. Lors de ses funérailles – dont les femmes étaient exclues – Erdogan a assisté et a également porté le cercueil. De plus, une nécrologie a été publiée à son nom dans plusieurs journaux turcs. Meral Danış Beştaş et toutes les femmes membres du groupe HDP au Parlement turc ont soumis une série de questions écrites aux ministères de la Justice, de la Famille, de la Santé et de la Culture sur l’affaire HKG. L’une d’elles se lit comme suit : « Pour quels motifs plusieurs demandes du parquet d’Istanbul visant à délivrer des mandats d’arrêt contre Kadir Istekli ainsi que Fatma et Yusuf Ziya Gümüşel ont-elles été rejetées par le tribunal pénal compétent ? » Aucune réponse n’a encore été reçue.

ANF

Le Mouvement des femmes kurdes appelle à manifester devant le Parlement européen

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STRASBOURG – Préoccupé par l’absence de nouvelles d’Abdullah Öcalan tenu en isolement carcéral absolu, le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) appelle à manifester ce mercredi 14 décembre devant le Parlement européen à Strasbourg afin d’interpeller les institutions européennes.

Le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) appelle à manifester devant le Parlement européen à Strasbourg demain. En toile de fond, l’inquiétude croissante concernant la situation sanitaire et sécuritaire d’Abdullah Öcalan. Le dirigeant kurde est isolé du monde extérieur sur l’île-prison d’Imrali, en Turquie. Interpelé par les organisations kurdes, le Comité pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l’Europe n’a pas répondu à leurs requêtes demandant à ce que le contact entre Abdullah Ocalan et ses codétenus avec le monde extérieur soit rétabli. Le CPT n’a même pas fait de déclarations après sa visite à Imrali il y a quelques mois.

Dans un communiqué publié lundi, le TJK-E a déclaré que:

« Abdullah Öcalan (…) est soumis à une détention en isolement aggravé. Cette situation est alourdie par des mesures arbitraires telles que l’interdiction de contact avec des personnes morales et des proches. Il est de notoriété publique dans notre société que cette action illégale est partie intégrante de l’objectif de mettre Öcalan à genoux, de l’isoler et de le soumettre à une reddition sans condition pour écraser enfin la lutte de libération kurde. L’AKP et son partenaire de coalition fasciste MHP espèrent trouver une issue à leur l’impasse de la politique étrangère en déclarant une fois de plus la guerre au peuple kurde.

À un moment où les droits humains et les libertés fondamentales garantis par la constitution turque sont violés et où la politique de guerre génocidaire de l’État turc contre le peuple kurde continue de s’intensifier, la déclaration du bureau juridique Asrin selon laquelle le CPT n’a eu probablement aucun contact avec Öcalan lors de sa dernière visite en Turquie en septembre conduit à une augmentation des inquiétudes de notre peuple. De plus, il en résulte une remise en cause justifiée de la mission et de la vision du CPT. Il est inacceptable qu’une institution censée prévenir la torture et les traitements inhumains et s’efforcer d’éradiquer cette situation reste silencieuse face à ce qui se passe à Imrali.

Il est de notre responsabilité envers l’histoire de rappeler le CPT, le Conseil de l’Europe et toutes les autres institutions de la communauté internationale à leurs devoirs. En ce sens, nous appelons à participer à notre marche du 14 décembre. Notre appel s’adresse au peuple kurde et à ses amis, mais avant tout aux femmes kurdes. Soutenez notre marche et renforcez la résistance. »

Le rassemblement aura lieu à 13 heures, sur la place du Luxembourg.

ANF