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ROJAVA. Célébrations du 19e anniversaire de l’insurrection kurde à Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Le Rojava célèbre la révolution kurde du 12 mars 2004 dont le meurtre de 9 civils lors d’un match de football à Qamishlo opposant une équipe kurde à une équipe arabe de Deir Ezzor fut l’étincelle.

Des centaines d’enfants kurdes et arabes se sont rassemblés dans le cimetière du quartier de Qudourbek à Qamishlo pour se souvenir des martyrs du massacre et du soulèvement du 12 mars 2004.

Après une minute de silence en hommage aux martyrs du 12 mars, la membre du Parti de l’Union démocratique (PYD) de Qamishlo, Hasna Remo, a prononcé un discours dans lequel elle a rappelé les martyrs du soulèvement et tous les martyrs du mouvement de libération.

Elle a ajouté : « Le régime syrien a tenté de créer de grands conflits contre le peuple kurde, mais son plan a échoué grâce à l’unité, la solidarité et l’esprit du soulèvement.

Sur les sanctuaires des martyrs du soulèvement d’aujourd’hui, toutes les composantes se rassemblent sous l’égide de la fraternité des peuples et la nation démocratique mise en avant par le leader Abdullah Ocalan pour répandre l’unité et la paix entre les peuples. »

Sanctuaire du martyr Dalil Sarukhan

Des dizaines de familles se sont rendues au sanctuaire du martyr Dalil Sarukhan à l’est de la ville, où le membre du PYD, Sharif Haji Mahmoud, a prononcé un discours dans lequel il a souligné que le soulèvement était devenu la base de la révolution du 19 juillet 2012. (ANHA)

Massacre et serhildan du 12 mars 2004

Le 12 mars 2004, neuf personnes sont mortes dans des affrontements entre les supporters d’une équipe kurde de football et ceux d’une équipe arabe de Deir Ezzor lors d’un match à Qamishlo. Le lendemain, une foule immense formait le cortège funèbre, scandant des slogans anti-Bashar al-Assad et brandissant des drapeaux kurdes. C’était le début de l’insurrection kurde au Rojava.

Le 12 mars 2004, neuf personnes ont été tuées lorsque des affrontements ont éclaté lors d’un match de football dans la ville à majorité kurde de Qamishlo entre les supporters d’une équipe locale et ceux d’une équipe arabe basée à Deir Ezzor.

Le lendemain, les personnes en deuil du cortège funèbre des victimes ont scandé des slogans anti-Bashar al-Assad et brandi des drapeaux kurdes.

Les forces de sécurité syriennes ont ouvert le feu, tuant 23 personnes et déclenchant des jours de manifestations et d’émeutes dans les régions kurdes du nord de la Syrie (Al-Hasakah, Kobanê, Afrin) ainsi que dans les quartiers à majorité kurde d’Alep et de Damas.

Les Kurdes ont réagi à Afrin depuis Dêrik pour protester contre l’attaque contre les serhildan à Qamishlo et contre la répression étatique.

L’État essayait de créer l’inimitié entre les peuples. Il a tenté de créer des conflits entre les peuples kurde et arabe. Pourtant, le régime Baas n’a pas réussi dans cette politique. Le soulèvement de Qamishlo a semé les graines d’une nouvelle ère pour les Kurdes.

Ils ont établi leurs syndicats et ont commencé à développer une nouvelle idée. Il était devenu évident que les Kurdes avaient besoin d’une force de défense, d’une administration et d’une organisation. Contrairement à ce que l’État avait prévu de réaliser avec ce massacre, l’hostilité entre les peuples kurdes et arabes ne s’est pas développée, pas plus que les sentiments chauvins que l’État espérait créer.

On dit souvent que le soulèvement (« serhildan » en kurde) Qamishlo a allumé la première étincelle de la révolution du Rojava.

Les révoltes ont été écrasées par les forces d’al-Assad mais le régime syrien a été contraint de reconnaître les Kurdes.

TURQUIE. Décès d’une femme kurde écrasée par un véhicule de police

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TURQUIE / KURDISTAN – Halise Dorudemir était une des mères kurdes qui passent leur vie à attendre la libération de leurs enfants détenus dans les geôles turques. Elle a survécu au séisme du 6 février et vivait dans une tente à Diyarbakır (Amed). Elle est morte hier à l’âge de 73 ans après être renversée par une voiture de police devant la ville de tentes. Dorudemir a passé sa vie à attendre son fils Mahfuz Dorudemir qui est en prison depuis près de 30 ans et qui est atteint d’un cancer des poumons avancé.

L’incident s’est produit sur la route principale près de la ville de tentes établie sur les rives du Tigre pour les sinistrés du séisme à Diyarbakır. Halise Dorudemir et Mahmut Çevik (un proche de Dorudemir) ont été renversés par une voiture de police alors qu’ils tentaient de traverser la route. Ces dernières décennies, des dizaines de civils, dont des enfant et des vieillards, ont été tués écrasés dans les régions kurdes par des blindés militaires turcs.

Le corps d’Halise Dorudemir a été amené au cimetière de Yeniköy dans le district de Bağlar. Remziye Tosun, vice-présidente du Parti démocratique des peuples (HDP), Zeyyad Ceylan, coprésident provincial du HDP Amed et d’autres activistes des proches des détenus politiques ainsi que des civils ont assisté à la cérémonie d’enterrement de Dorudemir.

Elle a passé sa vie à attendre le retour de son fils emprisonné

Mahfuz Dorudemir, le fils emprisonné d’Halise Dorudemir, est sur la liste des prisonniers gravement malades de l’Association des droits de l’homme (İHD). Dorudemir détenu à la prison de Şakran est atteint d’un cancer de poumon avancé.

Halise Dorudemir était membre de l’initiative « Mères de la Paix » demandant la résolution pacifique de la question kurde et s’était battue pour la libération des prisonniers politiques kurdes.

 

Un avenir sombre pour la Turquie et les Kurdes du Bakûr ?

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Les Turcs et les Kurdes du Bakûr (Kurdistan du Nord) vont se rendre aux urnes le 14 mai pour les élections législatives et présidentielles alors que le pays fait face à une nouvelle crise majeur suite au séisme dévastateur du 6 février qui a frappé les régions du sud-est à majorité kurde-alévies et que le président sortant se trouve face à une opposition unie qui va de la centre gauche kémaliste (CHP) à l’extrême-droite (IYI).

Même si le parti « por-kurde » HDP apporte son soutien à cette alliance hétéroclite qui parait comme la seule solution pour mettre un terme au régime dictatorial d’Erdogan, rien n’indique qu’en cas de défaite d’Erdogan, le pays verra des jours meilleurs, car démonter le système Erdogan (Après plus de 20 ans de règne, le président islamo-nationaliste turc a noyauté toutes les institutions du pays: justice, armée, police, éducation…) prendra du temps et se heurtera à la résistance des sbires du président sortant.

Le journaliste Amed Dicle dépeint également un tableau sombre de la Turquie de demain qui serait menacée par une guerre civile provoquée par Erdogan… On partage l’analyse d’ Amed Dicle:

L’élection en Turquie est une bifurcation sur la route: des jours plus sombres ou un retour en arrière ?

La journée du 14 mai sera le virage le plus serré sur la route que les peuples de Turquie ont emprunté depuis un siècle. Pourquoi?

La Turquie a passé les 21 dernières années sous le règne de gouvernements islamistes du Parti de la justice et du développement (AKP). Depuis 2015, le même régime perdure sous une coalition non officielle avec le Parti du mouvement nationaliste d’extrême droite (MHP). Il y a eu différentes étapes dans le régime d’Erdoğan qui a duré deux décennies, mais la dernière itération a été le pro-racisme, l’anti-pluralisme, le pro-salafisme et le panturquisme. Ce régime dictatorial a tout infiltré en Turquie. Erdoğan est à la tête de ce régime qui a mal tourné et espère rendre son régime dictatorial permanent (…) lors de ces élections.

Le régime anormal instauré par Erdoğan, le « système présidentiel », aura dépassé le point de non-retour, si Erdoğan obtient ce qu’il veut. De nombreux observateurs politiques disent à juste titre que ce sont les dernières élections que la Turquie verra jamais. Bref, si Erdoğan gagne, sa position ressemblera à celle de Saddam Hussein en Irak. Les enjeux sont si élevés, la situation si critique, si mauvaise et si dangereuse.

Contre Erdoğan, il existe deux autres courants principaux dans le pays. Le premier est l’Alliance nationale, composée de six partis d’opposition de tailles diverses, dirigés par le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP). Cette alliance, avec son candidat présidentiel leader du CHP Kemal Kılıçdaroğlu, veut débarrasser la Turquie du régime d’Erdoğan et défend un système parlementaire. Cependant, ce groupe a également de nombreux points de vue parallèles aux thèses d’Erdoğan. Leurs politiques pour la démocratisation de la Turquie, la question kurde, les mouvements de femmes, le changement climatique, etc. restent superficielles et pragmatiques.

La troisième ligne politique est l’Alliance du travail et de la liberté, dirigée par le HDP. Le mouvement politique kurde est le plus grand constituant de cette alliance, et les organisations socialistes et de gauche turques en constituent les fondements. Cette alliance défend des projets de société et une politique intérieure et extérieure apaisée.

Les deux courants d’opposition sont d’accord sur de nombreuses questions, et si un nouveau gouvernement remplace celui d’Erdoğan, il y aura beaucoup de lutte politique pour les questions convenues, ainsi que sur les désaccords. En fin de compte, on ne sait pas dans quelle mesure la démocratisation se poursuivra. Pourtant, de nombreux électeurs sont motivés par un simple « ça ne peut pas être pire qu’Erdoğan ».

Alors qu’est-ce que cela nous dit?

Le régime d’Erdoğan perdait déjà des appuis, mais l’immense désastre qu’ont été les tremblements de terre du 6 février a accéléré cela. Plus de 45 000 personnes sont mortes dans le tremblement de terre, et des milliers d’entre elles auraient pu survivre sans la négligence de l’État.

Le CHP a adopté une position très active dans la réponse à la catastrophe, et Kılıçdaroğlu a légitimement et clairement désigné Erdoğan comme le coupable. Pendant ce temps, les fournitures de secours du HDP ont été confisquées et les efforts réduits.

Erdoğan a fait une autocritique plus tard, mais le tremblement de terre a creusé un énorme fossé entre lui et le peuple. Le président est d’autant plus impuissant et ne peut plus régner sur l’État. Il est au plus faible en politique. Il semble que diverses dynamiques étatiques dans la capitale ne tiennent plus Erdoğan assis sur le siège du conducteur. La règle éternelle en politique est également vraie ici : les faibles n’ont pas d’alliés.

Beaucoup pensent qu’Erdoğan « ne partira pas même s’il perd ». C’est une préoccupation importante et authentique pour beaucoup, mais c’est aussi exactement ce qu’Erdoğan veut que les gens pensent. Bien sûr, il « partira » s’il perd les élections. Oui, il fera tout ce qu’il peut avant les élections pour rester, mais il ne peut rien faire s’il ne peut pas obtenir un soutien suffisant du peuple. Dans les conditions actuelles, il est préférable qu’il parte par voie électorale. Si les méthodes légitimes ne fonctionnent pas, une guerre civile pourrait éclater. C’est le risque à ce carrefour tendu.

Le facteur le plus important pour déterminer le sort d’Erdoğan est la question kurde et son approche des Kurdes. L’État a présenté le président comme l’homme politique le plus utile dans sa guerre contre les Kurdes. Son alliance avec des groupes djihadistes contre les Kurdes en Syrie notamment a été ce qui lui a tenu chaud à Ankara. Mais cette guerre n’est pas gagnée. Oui, les Kurdes ont payé un lourd tribut, leurs villes ont été rasées et des milliers de personnes ont été tuées. Mais la lutte kurde a réussi à rester debout.

Des milliers de Kurdes sont derrière les barreaux, le HDP fait face à une affaire de fermeture. Mais en fin de compte, la structure politique qui représente le peuple kurde a actuellement le pouvoir de déterminer le résultat des élections du 14 mai.

Le système électoral en vigueur exige qu’un candidat à la présidence obtienne 50 % plus un des voix. Le candidat de l’opposition n’est pas encore là, mais Erdoğan est bien plus loin. Et le HDP détient environ 15 % des voix. Ce fort d’un bloc électoral porterait à coup sûr un coup politique à Erdoğan dont il ne pourra pas rebondir. Ce seul fait montre que l’État n’aura plus besoin du président.

D’autre part, les forces militaires du mouvement kurde ont appelé à une période de non-action après le tremblement de terre. Les guérilleros du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont annoncé qu’ils ne mèneraient aucune action à moins que l’armée turque ne les attaque. Erdoğan n’a pas aimé cette décision : une issue pour lui est de perpétuer la guerre. Il souhaite attiser le nationalisme et consolider sa base par une guerre contre les Kurdes. La décision du PKK enlève le pouvoir à Erdoğan. En tant que tel, il est possible que divers scénarios sanglants se déroulent dans la période à venir.

En bref, le mouvement kurde, en tant qu’acteurs politiques et dynamiques militaires, a pris les mesures nécessaires pour renverser le régime d’Erdoğan. Il pourrait y avoir d’autres mouvements à venir, par exemple, le HDP pourrait s’abstenir de présenter son propre candidat et soutenir Kılıçdaroğlu. Cela dépendrait de Kılıçdaroğlu lui-même, s’il rend visite au HDP et demande directement du soutien, offrant des promesses convaincantes de démocratisation, le HDP pourrait répondre. Et le PKK, malgré les attaques quotidiennes de l’armée turque, pourrait en quelque sorte maintenir sa décision de ne pas agir jusqu’aux élections.

Ces deux pas du côté kurde pourraient déclencher la chute du régime d’Erdoğan, mais la chute ne signifie pas l’instauration immédiate de la démocratie. Il y a une grave rupture. Il y a d’immenses problèmes. Et malheureusement, les pouvoirs politiques qui émergent comme alternatives n’ont pas la vision pour résoudre ces problèmes.

Cependant, la chute du régime d’Erdoğan pourrait créer une atmosphère relativement positive. Dans de telles conditions, une base pourrait être posée pour résoudre les problèmes les plus importants du pays. Mais d’un autre côté, c’est-à-dire que si Erdoğan gagne, la situation passera du noir au noir absolu.

Le choix de la Turquie est entre cette obscurité noire ou le chemin de retour en arrière.

Analyse publiée par Medya News

 

 

Décès d’Helen Krulich, veuve du chef kurde Ghassemlou tué par l’Iran

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Hélène Krulich, alias Nesrin Xanim et autrice du livre « Une Européenne au pays des Kurdes », est décédée hier à Paris à l’âge de 89 ans. Elle était l’épouse du leader kurde Abdul Rahman Ghassemlou tué par des agents iraniens à Vienne, en 1989.

Hélène KRULICH–GHASSEMLOU est née en République tchèque en 1934. Au début des années 1950, pendant ses études universitaires, elle rencontre le secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan – Iran -PDK-I), le médecin Abdul Rahman Ghassemlou, qu’elle a épousé, et avec lequel elle a eu deux filles (Mina et Hiwa).

Après un certain temps, Hélène KRULICH et Abdul Rahman Ghassemlou sont partis au Rojhilat (Kurdistan iranien) et s’est fait connaître au sein de la société kurde sous le nom de « Nasrin Khanim » (Damme Nasrin).

En 1989, al-Rahman Qasimlou a été assassiné à Vienne, en Autriche, par les services de renseignement de l’État iranien. À cette époque, Helen Krulich s’est installée à Paris, la capitale française.

Hier (10 mars), Nasrin Khanum (Hélène KRULICH) a perdu la vie à Paris à l’âge de 89 ans

ANHA

La ministre allemande des Affaires étrangères visite Shengal et le Kurdistan irakien

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La ministre allemande des Affaires étrangères s’est rendue jeudi dans la région yézidie de Shengal après avoir rencontré mercredi des dirigeants kurdes à Erbil et Sulaymaniyah lors de son voyage de trois jours en Irak.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, s’est rendue jeudi dans la patrie yézidie de la région de Sinjar (Shengal), dans le nord de l’Irak, après avoir rencontré mercredi des dirigeants kurdes à Erbil et Sulaymaniyah.

L’accord de normalisation de Sinjar devrait être mis en œuvre pour offrir des conditions appropriées au retour des Yézidis déplacés, a déclaré Baerbock.

La ministre a déclaré à la chaîne d’information kurde Rudaw que l’Allemagne se tiendrait aux côtés des déplacés yézidis et les aiderait à retourner dans leur pays d’origine. Berlin a récemment reconnu les crimes de l’État islamique (EI) contre les Yézidis comme un génocide.

« Le monde doit savoir qu’un massacre a eu lieu dans un endroit appelé Sinjar il y a huit ans. Hommes, femmes et enfants de cette région ont tous été tués. Leurs femmes et leurs enfants ont été kidnappés. Nous ne pouvions pas ignorer le massacre des Yézidis. Nous avons soutenu les victimes et fait tout ce qui était nécessaire pour que la prochaine génération ne l’oublie pas », a-t-elle déclaré.

Baerbock est arrivée à Bagdad mardi pour son voyage de trois jours en Irak près de 20 ans après l’invasion menée par les États-Unis. Une partie de l’importance de la visite vient du fait qu’il s’agit de la connexion diplomatique au plus haut niveau dans la région du Kurdistan d’Irak (KRI) par l’Allemagne.

Le lendemain, elle a rencontré le président du gouvernement régional du Kurdistan (KRG), Nechirvan Barzani, le vice-président Qubad Talabani et d’autres hauts responsables kurdes. La ministre a évoqué les tensions politiques internes dans la région ainsi que les relations entre la région du Kurdistan et Bagdad.

« Le gouvernement allemand soutient une région unifiée du Kurdistan, donc les partis politiques doivent résoudre les problèmes internes de la région », a déclaré la ministre allemande des Affaires étrangères.

Medya news

IRAK. L’accès de l’université de Kirkouk interdit aux étudiants portant les tenues traditionnelles kurdes

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IRAK / KURDISTAN – Alors que les Kurdes célébraient jeudi la journée des vêtements traditionnels kurdes, les forces de sécurité irakiennes ont empêché les étudiants vêtus de tenues kurdes d’accéder à l’Université de Kirkouk.

« Nous avons essayé d’entrer par la porte principale, mais ils nous ont dit que nous n’étions pas autorisés », a déclaré vendredi à Rudaw un étudiant en géographie de l’université de Kirkouk qui portait des vêtements traditionnels aux côtés de nombreux autres étudiants kurdes.

« Ils nous ont interdit d’entrer sur le campus (…), nous disant qu’il n’y avait pas de journée nationale de [tenues traditionnelles]. Nous sommes restés sur le parking jusqu’à la fin de la journée scolaire », a-t-il déclaré.

Les bureaux du gouvernement à Kirkouk ont ​​​​également interdit le port de vêtements kurdes, bien que les écoles primaires et secondaires kurdes de la ville aient marqué l’occasion avec des tenues de fête.

Kirkouk est une ville multiethnique abritant des Kurdes, des Arabes et des Turkmènes. La ville était sous administration conjointe avant 2014, lorsque les Kurdes ont pris le contrôle total après le retrait des forces irakiennes face au groupe État islamique (ISIS). Les Kurdes ont tenu la ville jusqu’au 16 octobre 2017, date à laquelle les forces irakiennes ont repris le contrôle et expulsé les forces de sécurité kurdes à la suite du référendum sur l’indépendance du gouvernement régional du Kurdistan (KRG).

Moins de deux mois plus tard, de violentes altercations ont éclaté entre étudiants de l’Université de Kirkouk lorsque des étudiants arabes ont tenté de provoquer les Kurdes lors de la journée des peshmergas, qui honore les forces armées kurdes, en diffusant de la musique nationaliste irakienne dans des haut-parleurs et en agitant le drapeau irakien devant leurs camarades kurdes.

Les Kurdes de Kirkouk ne peuvent plus célébrer librement leurs événements nationaux ni arborer le drapeau du Kurdistan depuis le 16 octobre 2017.

« La première année, ils interdisent de hisser le drapeau du Kurdistan. Ensuite, ils interdisent les vêtements kurdes. Si ça continue comme ça, dans quelques années, ils interdiront complètement aux Kurdes d’entrer à l’université », a déclaré un autre étudiant.

Rudaw

KURDISTAN. Un drone turc cible un véhicule à Chamchamal

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IRAK / KURDISTAN – La Turquie continue à massacrer les Kurdes et les Yézidis en Irak et en Syrie tandis que la communauté internationale garde son silence face aux crimes turcs commis dans les pays voisins.

Cet après-midi, un drone turc a ciblé un véhicule à Chamchamal, dans la province kurde de Sulaymaniya, tuant un des occupants du véhicule et en blessant deux autres.

Le véhicule ciblé par le drone turc circulait sur la route entre Chamchamal et Kirkouk. On ne sait pas encore l’identité de la victime.

 

TURQUIE: Élections cruciales le 14 mai 2023

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TURQUIE / KURDISTAN – Alors que les décombres contenant des dizaines de milliers de corps du séisme dévastateur qui a frappé le 6 février le sud-est de la Turquie à majorité kurde/alévie sont encore au sol, que des millions de personnes sont sans toit et que des centaines de milliers de sinistrés se sont exilés dans d’autres régions… le président turc Erdogan a publié aujourd’hui un décret fixant au 14 mai 2023 la date des prochaines élections présidentielles et parlementaires en Turquie. Pour de nombreux observateurs, Erdogan n’a plus le soutien nécessaire pour briguer un nouveau mandat et l’opposition turque qui regroupe six partis peut remporter les élections du mai, à condition de tendre la main au parti HDP et cesser de criminaliser le peuple kurde dont le vote déterminera l’issus des élections. Par ailleurs, ils mettent en garde contre le risque d’irrégularités électorales, notamment dans les provinces sinistrées du séisme où l’État d’urgence est en vigueur.

L’Institut kurde de Paris vient de nous faire parvenir le texte ci-dessous pour notamment attirer l’attention sur les enjeux des élections en Turquie pour ses citoyens kurdes. On le partage avec vous.

TURQUIE: Élections cruciales le 14 mai 2023

Le président turc a publié aujourd’hui un décret fixant au 14 mai 2023 la date des prochaines élections présidentielles et parlementaires en Turquie.

Au lendemain d’un tremblement de terre, qualifié de « catastrophe du siècle », qui a fait plus de 55.000 morts, affecté une dizaine de millions de citoyens, provoqué l’exode de 1,5 à 2 millions d’habitants vers les autres régions du pays, les conditions d’organisation de ce scrutin restent encore floues. Mais la constitution turque ne prévoit le report des élections qu’en cas de guerre, il n’était donc juridiquement pas possible de les ajourner. Par ailleurs, le pouvoir turc maintient l’économie sous perfusion grâce à des accords swap avec les pétromonarchies, la Chine et la Russie et grâce à l’ajournement de l’énorme dette turque envers la compagnie gazière Gazprom, ne peut pas retarder de plus de deux mois la crise financière attendue.

Dans ce contexte, le scrutin du 14 mai sera crucial pour l’avenir de la Turquie, pour la stabilité régionale et aussi pour la sécurité de l’Europe.

Tout le monde sait que le scrutin ne sera pas équitable car le pouvoir contrôle plus de 90% des media et utilisera les ressources de l’État à sa guise pour sa campagne électorale. Mais même dans ces conditions iniques la coalition de l’opposition, qui regroupe six partis allant du Parti républicain du peuple (CHP) kémaliste et laïc, aux conservateurs musulmans et dissidents de l’AKP comme l’ancien Premier ministre Ahmet Davutoglu ainsi que la droite nationaliste (Iyi Parti) de Mme Meral Aksener, a des chances réelles de l’emporter si le scrutin n’est pas truqué et si un compromis est trouvé avec le parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde.

Avec 6 millions d’électeurs aux dernières élections le HDP avait, lors des élections municipales, joué un rôle déterminant en ne présentant pas de candidat contre les candidats de la coalition de l’opposition appelée l’Alliance nationale. Cela a permis de ravir entre autres les mairies d’Istanbul, d’Ankara et d’autres métropoles turques au parti de M. Erdogan.

Sans faire partie de l’Alliance nationale, il pourrait, en échange de l’engagement d’une dizaine de mesures de démocratisation, de soutenir le candidat unique de l’opposition Kemal Kiliçdaroglu. Mais issue de l’extrême droite nationaliste la formation de Mme Aksener s’oppose à toute négociation avec le parti pro-kurde HDP.

Le leader emprisonné depuis 2016 Selahattin Demirtas vient d’adresser à ce sujet une lettre ouverte à Mme Aksener. Une lettre qui fait débat en Turquie car sans le soutien du HDP, l’opposition n’a guère de chance de gagner les élections.

Voici, pour information, la traduction en français de cet important document.

Lettre ouverte du leader kurde emprisonné à Mme Aksener, présidente d’IYI Parti, membre de droite nationaliste de la coalition d’opposition Alliance Nationale, qui s’oppose à toute négociations avec le Parti Démocratique des Peuples (HDP) pro-kurde qui avec des 6 millions d’électeurs, peut jouer un rôle décisif dans les prochaines élections turques du 14 Mai 2023 et qui a permis l’élection des maires d’Istanbul, d’Ankara, d’Izmir et d’autres grandes villes en 2020.

Mme Meral Aksener,

Présidente d’IYI Parti,

Madame, je vous écris cette lettre sous mon identité d’électeur du HDP. Vous avez entrepris une tâche difficile dans une période historique, avec le candidat à la présidence de l’Alliance nationale, M. Kemal Kilicdaroglu, les dirigeants des partis de l’Alliance nationale et les deux maires.

Tout d’abord, je vous félicite et vous souhaite bonne chance.

D’après ce que je vois, M. Kilicdaroglu et les dirigeants des partis autres que le vôtre veulent rassembler tous les électeurs, y compris ceux du HDP, autour de l’espoir d’une transformation démocratique.

Si vous dites : « Non, nous voulons aussi le vote et le soutien des électeurs du HDP, mais nous ne voulons pas prendre le HDP comme interlocuteur institutionnel », je dois immédiatement souligner que j’ai donné au HDP le devoir et la responsabilité de protéger mes droits politiques, tout comme le font les électeurs des autres partis.

Par conséquent, quelle que soit la décision de la direction du HDP, en laquelle j’ai une grande confiance, mon vote ira naturellement dans le même sens.

Notre parti, le HDP, tout comme le IYI Parti, tient sa légitimité de la volonté du peuple. De plus, le peuple a montré plus d’intérêt pour le HDP que pour votre parti, faisant du HDP le troisième parti de Turquie. Vous êtes déjà côte à côte avec le HDP au Parlement et assis à la même table dans les commissions. Vous connaissez peut-être aussi notre présence à l’Assemblée, puisque M. Nimetullah Erdoğmuş, député du HDP, préside notre Assemblée de temps à autre.

Madame,

Avant cette élection historique, alors que la majeure partie de la société essayait de susciter l’espoir avec les slogans « nous gagnerons ensemble », je pense que certaines de vos déclarations et approches à l’égard du HDP, notre parti, ne sont pas adaptées à cet objectif.

En tant qu’électeur du HDP, je vois un grand avantage à clarifier certaines questions afin de mieux vous comprendre.

En tant que membre de l’Alliance nationale, vous avez eu d’âpres négociations, même avec les partis de votre alliance. Pourquoi la politique de négociation, qui est votre droit, n’est-elle pas un droit pour le HDP ?

Je suis sûr que vous ne considérez pas les électeurs du HDP comme des citoyens de seconde zone, dépourvus de volonté. Dans ce cas, quel mal y a-t-il à ce que le HDP négocie avec le candidat à la présidence pour lequel il votera ?

En outre, comme le HDP l’a déclaré à plusieurs reprises, les chapitres de négociation sont la déclaration d’attitude en 11 points annoncée par le HDP en septembre 2021, et non pas tant de choses secrètes.

Si le HDP décide de soutenir, M. Kılıçdaroğlu deviendra très probablement président et vous serez vice-président. Votre parti occupera également plusieurs postes ministériels.

Madame, dans ce cas, je dois vous demander ouvertement :

1- Voulez-vous mon vote en tant qu’électeur du HDP ? Comment comptez-vous me convaincre, puisque c’est avec mon vote que vous siégerez à la vice-présidence et au ministère ? D’ailleurs, je vous rappelle que vous n’avez pas dit « je ne veux pas » des voix du HDP, ce qui a permis aux maires de l’Alliance de la Nation de gagner les élections locales. (à Istanbul, Ankara, Izmir, etc.)

2- Bien que le HDP ne veuille pas de ministère, certains de vos amis ont blessé et marginalisé les électeurs du HDP en disant « Nous ne donnerons pas de ministère au HDP ». Maintenant, si ces amis sont candidats à des sièges ministériels avec les votes des électeurs du HDP, n’avez-vous pas besoin de nous convaincre ?

3- Bien que le HDP ait déclaré qu’il n’avait pas d’autres exigences que les principes démocratiques, vous avez dit : « Le CHP peut établir un dialogue avec le HDP, mais des concessions ne peuvent être faites, et leurs exigences ne peuvent être apportées à cette table ». Considérez-vous les demandes de démocratisation comme des concessions ?

Si vous arrivez au pouvoir et que les demandes du HDP ne viennent pas sur votre bureau, quel autre bureau nous recommandez-vous ? Avez-vous l’intention de nous diriger à nouveau vers le « bureau de l’anti-terrorisme », comme c’est le cas depuis cinquante ans ?

4- Ni le HDP ni les électeurs du HDP n’accepteront une approche d’un point de vue autoritaire, imposant et dominant, à l’exception d’une négociation épaule contre épaule entre égaux.

Nous n’adoptons aucune autre méthode que la résolution de nos problèmes dans le domaine de la politique démocratique, pacifiquement, en discutant de manière moderne. Y a-t-il une autre méthode que vous proposez ?

Madame,

Comme tous les électeurs, les électeurs du IYI Parti et du HDP vivent côte à côte dans la rue, rôtis dans le même feu. S’il n’y a aucun problème à se tenir ensemble parmi les électeurs, je pense que les dirigeants politiques devraient également être dignes de la société.

Indépendamment de nos circonstances et de nos décisions, nous devons créer une Turquie qui vit ensemble dans l’égalité, la liberté et la prospérité. Je pense que vous contribuerez également à cet effort, je vous dis encore une fois bonne chance et je vous souhaite beaucoup de succès.

Peyva dawî, birêz Akşener bila tu zanibe ku em Kurd in. Em gelê Kurd xwedî nasname, ziman, çand, hûner û dîrok in. Em di doza xwe de jî mafdarin. Bila qet neyê ji bîr kirin !

(Traduction en français du dernier paragraphe en kurde : Un dernier mot, Mme Aksener, sache que nous sommes kurdes. Nous, le peuple kurde, avons une identité, une langue, une culture, un art et une histoire. Nous avons une cause et des droits. Que l’on ne n’oublie jamais.)

Avocat Selahattin Demirtaş
Prison d’Edirne

ALLEMAGNE. Une pièce adaptée du roman de l’écrivain kurde Bakhtiar Ali jouée au théâtre de Celle

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Le 23 mars, la première de pièce de théâtre « La ville des musiciens blancs » adaptée du roman de l’auteur kurde Bakhtiar Ali aura lieu au Théâtre du Château de Celle. La pièce, mise en scène par Andreas Döring, sera jouée en partie en kurde avec surtitres, et une autre représentation est annoncée pour le samedi 24 mars.

« La ville des musiciens blancs » raconte l’histoire de l’expulsion des Kurdes sous la forme d’un conte de fées d’une beauté troublante – une épopée mythique sur l’amour et la justice face à un monde inhumain.

Le célèbre auteur kurde Bachtyar Ali, installé en Allemagne depuis 1995, laisse errer ses personnages dans un monde intermédiaire fascinant où la beauté apporte réconfort et réconciliation. Il nous emmène dans un voyage mystique à travers le désir et les questions existentielles. Les perspectives qui s’ouvrent naissent du désir de paix et ont une grande profondeur.

Dans le contexte de la société urbaine germano-kurde de Celle, avec ses propres histoires d’évasion et d’expulsion, cette œuvre donne une voix kurde au désir de paix et d’unité.

Le spectacle sera en allemand et en kurde (avec surtitres). L’acteur kurde Alan Ciwan tient le rôle de Jaladat.

Bakhtyar Ali : Écrivain contemporain de Sulaymaniya

Bachtyar Ali est probablement l’écrivain contemporain le plus connu du Kurdistan d’Irak. Né en 1966 dans la métropole Silêmanî, considérée comme le centre culturel et éducatif de la région autonome, il entre en conflit avec la dictature de Saddam Hussein dans les années 1980. Après avoir été blessé lors d’une manifestation étudiante, Ali a interrompu ses études de géologie et s’est consacré à la littérature. En tant que rédacteur en chef de la revue philosophique Azadî (Liberté), il a provoqué la colère de nombreux hommes politiques avec son travail de journaliste et d’auteur. Lorsqu’une guerre a finalement éclaté entre différents partis kurdes au milieu des années 1990, que les Kurdes appellent Birakujî (fratricide), Azadî était également sous forte pression. Il y a eu des menaces régulières contre l’équipe éditoriale – provenant de milieux très différents. Ali n’avait pas d’autre choix que de quitter le pays. Depuis, il vit en Allemagne.

Même si Bachtyar Ali jouit d’un statut culte au Kurdistan, il ne s’est fait connaître dans les pays germanophones qu’en 2016 avec son roman « La dernière grenade ». Un an plus tard, son œuvre « La ville des musiciens blancs » est publiée. Son troisième roman, « Perwanas Abend », est maintenant disponible.

ANF

 

Déclaration finale de la conférence kurde tenue au parlement européen

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BRUXELLES – Après deux jours de discussion, les organisateurs de la conférence kurde tenu au Parlement européen ont fait une déclaration finale dans laquelle ils ont insisté sur la résolution pacifique de la question kurde.

La Commission civique de l’UE en Turquie (EUTCC), en coopération avec l’Institut kurde de Bruxelles, a organisé la 17e conférence internationale intitulée « L’Union européenne, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes » au Parlement européen à Bruxelles mercredi et jeudi.

A l’issue de la conférence de deux jours, une prise de position commune avec les revendications actuelles a été adoptée. La déclaration finale affirmait que la conférence était un succès.

Voici les principales revendications listées par les participants :

Commémoration des victimes du séisme du 6 février 2023

Début février, un tremblement de terre dévastateur a secoué la Turquie, le Kurdistan et la Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie, des villes entières ont été réduites en décombres et en cendres. L’ampleur violente de la catastrophe n’est pas seulement le résultat de séisme, mais d’une politique d’État avide de cupidité et de profit. La conférence de l’EUTCC commémore les victimes du tremblement de terre et appelle la Turquie à cesser immédiatement ses attaques contre le nord de la Syrie et à lever l’embargo ciblant l’aide humanitaire.

Cessez-le-feu bilatéral entre la Turquie et le PKK

La conférence a souligné l’importance de l’inaction militaire exigée par le PKK à cause du tremblement de terre et a déclaré qu’elle aurait dû venir des deux côtés. L’inaction militaire et la catastrophe du tremblement de terre ne sont pas seulement une conséquence, mais aussi une opportunité pour la République de Turquie de surmonter 100 ans de mentalité étatique moniste et de devenir une république démocratique. Dans ce contexte, les prochaines élections sont une option historique qui doit être saisie par l’opposition.

Signal clair de l’Europe contre l’interdiction du HDP

La conférence de l’EUTCC appelle l’opposition à s’unir pour la démocratie et la paix et à se mobiliser ensemble contre l’interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP). La communauté internationale, en particulier l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, doit envoyer des signaux clairs indiquant qu’elle n’acceptera en aucun cas l’interdiction du deuxième parti d’opposition.

Mettre fin à l’isolement d’Abdullah Öcalan

Une nécessité historique attendue depuis longtemps est l’ouverture des portes de la prison d’Imrali, un espace de non-droit qui a été le point de départ des pires violations des droits humains. L’Union européenne, le Conseil de l’Europe et en particulier le Comité anti-torture (CPT) sont appelés à utiliser tous les mécanismes pour mettre fin à l’illégalité sur Imrali et permettre aux avocats d’accéder sans entrave à l’île.

Dialogue entre l’État turc et le PKK

La conférence EUTCC a appelé à la libération d’Abdullah Öcalan et à la reprise du dialogue entre l’État turc et le PKK pour une solution durable de la question kurde.

L’administration autonome du Rojava doit être reconnue

Ce dialogue est également crucial pour l’avenir de la Syrie et du Moyen-Orient. L’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), avec son contrat social basé sur le concept d’autonomie démocratique, est la seule alternative pour un Moyen-Orient pluraliste et démocratique. De cette manière, les lignes de conflit ethniques et sectaires, les crimes de guerre – écocide, génocide, féminicide, violations du droit international – peuvent être arrêtés et surmontés ensemble.

Une étape importante serait que la communauté internationale reconnaisse l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie. Dans ce contexte, la conférence EUTCC souligne également l’obligation des États de ramener et de poursuivre les combattants de l’EI emprisonnés. Un tribunal local est également nécessaire.

Les attaques de drones doivent être stoppées

L’impact déstabilisateur de la politique étrangère de l’actuel gouvernement turc entrave également le développement de la stabilité et de la sécurité dans la région kurde d’Irak. Les massacres d’hommes politiques kurdes, en particulier de femmes, par des drones turcs dans la région du Kurdistan du Sud et dans la région de l’AANES (nord et est de la Syrie) doivent être poursuivis.

Génocide des Yézidis

De nombreux États ont reconnu les attaques contre les Yézidis comme un génocide. L’UE devrait mobiliser tous les mécanismes diplomatiques et politiques pour empêcher de nouvelles attaques de drones turcs contre les Yézidis. Les Yézidis souffrent des conséquences du génocide de 2014.

L’utilisation d’armes chimiques doit faire l’objet d’une enquête

La conférence de l’EUTCC a appelé l’ONU, l’OIAC et la Cour pénale internationale à traiter les crimes de guerre de la Turquie et à lancer des enquêtes indépendantes. Les États membres de l’OIAC devraient utiliser les possibilités prévues par la réglementation pour enquêter sur l’utilisation présumée d’armes chimiques par la Turquie. La communauté internationale, en particulier l’Union européenne, est appelée à faire pleinement respecter le droit international en ce qui concerne la Turquie et à sanctionner les violations.

Le PKK devrait être retiré de la liste des organisations terroristes

L’Union européenne et l’Europe ont également une responsabilité dans le cadre du traité de Lausanne, signé il y a 100 ans. La conférence EUTCC a appelé l’Union européenne et les institutions et États européens à prendre toutes les mesures pour empêcher une guerre anti-kurde sur le sol européen. L’attentat du 23 décembre 2022 à Paris doit faire l’objet d’une enquête approfondie. Une contribution importante de l’Union européenne pour la communauté kurde en Europe et surtout à une solution politique de la question kurde serait la radiation du PKK de la liste des organisations terroristes.

Le slogan Jin, Jiyan, Azadi

Toutes ces revendications font également partie du slogan Jin, Jiyan, Azadi (Femme-Vie-Liberté), qui s’est répandu dans le monde entier avec les protestations iraniennes. La conférence EUTCC a déclaré qu’elle était solidaire du peuple iranien qui se rebelle contre un régime tyrannique. Il n’y a pas d’alternative si la diversité du pays ne peut participer pleinement aux processus de reconstruction politique. L’EUTCC a appelé la communauté internationale à revendiquer ce slogan.

ANF

TURQUIE. Le HDP appelle à la solidarité face aux menaces de fermeture du parti

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TURQUIE – Le parti politique pro-kurde, HDP appelle à la solidarité avant l’audience finale dans l’affaire du fermeture du parti demandée par le pouvoir turc alors que ses électeurs seront les faiseurs de roi lors des élections législatives et présidentielles du 14 mai 2023 qui menacent le règne du président Recep Tayyip Erdogan.

Le Parti démocratique des peuples (HDP) est au point culminant d’un procès de plusieurs années à motivation politique visant à fermer le parti. Ce sera la dernière étape d’un processus judiciaire qui a débuté le 17 mars 2021 à l’encontre du troisième parti de Turquie.

Hier, la Cour constitutionnelle a levé le blocage des comptes du HDP où sont transférées les aides du Trésor. Le HDP, 3e force politique de Turquie, recevra une aide avant les élections.

La Cour suprême avait annoncé plus tôt dans la journée que la date de plaidoirie du parti avait été reportée au 11 avril dans l’affaire de fermeture du HDP pour terrorisme alors que ce dernier milite pour la résolution pacifique de la question kurde en Turquie.

Poursuites pour la fermeture d’HDP

La Cour de cassation a ouvert une enquête contre le HDP le 2 mars 2021, et le procureur général près la Cour de cassation Bekir Şahin a saisi la Cour constitutionnelle le 17 mars 2021, exigeant la fermeture du HDP et de bannissement de plusieurs de ses membres de la vie politique pendant 5 ans.

Une majorité des deux tiers, ou les voix de 10 des 15 membres de la Cour constitutionnelle, sont nécessaires pour fermer le parti ou imposer d’autres sanctions au parti, comme le priver totalement ou partiellement de l’aide publique.

Dans un génocide politique implacable, le HDP et ses membres sont persécutés par le régime de Recep Tayyip Erdogan depuis 2016 et des milliers de ses membres et dirigeants, dont les coprésidents Selahattin Demirtas et Fidan Yüksekdağ emprisonnés.

Appel à la solidarité avec le HDP le 13 mars

Pour contrer les calculs politiques d’Erdoğan et ses efforts pour perturber le rôle fondamental que le HDP devrait jouer dans les élections turques, le HDP devrait être soutenu au niveau international. C’est pourquoi la représentation européenne du HDP appelle à une campagne internationale menée par les partis politiques et les politiciens le 13 mars, pour s’opposer au parcours antidémocratique d’Erdoğan et faire preuve de solidarité avec le HDP. Cette date a été symboliquement choisie, comme une occasion de montrer sa solidarité avec le HDP. Bien que la récente décision du tribunal ait avancé la date du 14 mars au 11 avril, le 13 mars reste une journée de solidarité internationale avec le HDP.

 

Un documentaire rend hommage au travail remarquable de l’avocate et féministe kurde Eren Keskin

La réalisatrice Maria Binder a réalisé un film dédié à Eren Keskin, éminente avocate kurde et présidente de l’Association des droits de l’Homme de Turquie persécutée par l’État turc depuis des décennies.

Le documentaire intitulé « Eren » dépeint une femme qui se bat depuis plus de 30 ans pour les droits fondamentaux et la paix en Turquie.

En tant qu’avocate, présidente de l’Association des droits de l’Homme de Turquie (İnsan Hakları Derneği – IHD) et militante des droits humains, Eren Keskin est l’une des principales actrices et militantes des droits des femmes, des LGBT et des minorités, s’opposant à la torture et aux violences sexuelles. Son sens aigu de la justice ne connaît aucun tabou, ébranlant même les fondements de l’État turc.

Maintenant, elle a été désignée comme ennemie de l’État et doit se défendre. Elle risque une peine d’emprisonnement à perpétuité dans plus d’une centaine d’affaires intentées contre elle. Combien de temps lui reste-t-il en liberté, elle ne le sait pas. À tout moment, elle peut disparaître derrière les barreaux.

 

ANF