AccueilMondeEuropeDéclaration finale de la conférence kurde tenue au parlement européen

Déclaration finale de la conférence kurde tenue au parlement européen

BRUXELLES – Après deux jours de discussion, les organisateurs de la conférence kurde tenu au Parlement européen ont fait une déclaration finale dans laquelle ils ont insisté sur la résolution pacifique de la question kurde.

La Commission civique de l’UE en Turquie (EUTCC), en coopération avec l’Institut kurde de Bruxelles, a organisé la 17e conférence internationale intitulée « L’Union européenne, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes » au Parlement européen à Bruxelles mercredi et jeudi.

A l’issue de la conférence de deux jours, une prise de position commune avec les revendications actuelles a été adoptée. La déclaration finale affirmait que la conférence était un succès.

Voici les principales revendications listées par les participants :

Commémoration des victimes du séisme du 6 février 2023

Début février, un tremblement de terre dévastateur a secoué la Turquie, le Kurdistan et la Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie, des villes entières ont été réduites en décombres et en cendres. L’ampleur violente de la catastrophe n’est pas seulement le résultat de séisme, mais d’une politique d’État avide de cupidité et de profit. La conférence de l’EUTCC commémore les victimes du tremblement de terre et appelle la Turquie à cesser immédiatement ses attaques contre le nord de la Syrie et à lever l’embargo ciblant l’aide humanitaire.

Cessez-le-feu bilatéral entre la Turquie et le PKK

La conférence a souligné l’importance de l’inaction militaire exigée par le PKK à cause du tremblement de terre et a déclaré qu’elle aurait dû venir des deux côtés. L’inaction militaire et la catastrophe du tremblement de terre ne sont pas seulement une conséquence, mais aussi une opportunité pour la République de Turquie de surmonter 100 ans de mentalité étatique moniste et de devenir une république démocratique. Dans ce contexte, les prochaines élections sont une option historique qui doit être saisie par l’opposition.

Signal clair de l’Europe contre l’interdiction du HDP

La conférence de l’EUTCC appelle l’opposition à s’unir pour la démocratie et la paix et à se mobiliser ensemble contre l’interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP). La communauté internationale, en particulier l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, doit envoyer des signaux clairs indiquant qu’elle n’acceptera en aucun cas l’interdiction du deuxième parti d’opposition.

Mettre fin à l’isolement d’Abdullah Öcalan

Une nécessité historique attendue depuis longtemps est l’ouverture des portes de la prison d’Imrali, un espace de non-droit qui a été le point de départ des pires violations des droits humains. L’Union européenne, le Conseil de l’Europe et en particulier le Comité anti-torture (CPT) sont appelés à utiliser tous les mécanismes pour mettre fin à l’illégalité sur Imrali et permettre aux avocats d’accéder sans entrave à l’île.

Dialogue entre l’État turc et le PKK

La conférence EUTCC a appelé à la libération d’Abdullah Öcalan et à la reprise du dialogue entre l’État turc et le PKK pour une solution durable de la question kurde.

L’administration autonome du Rojava doit être reconnue

Ce dialogue est également crucial pour l’avenir de la Syrie et du Moyen-Orient. L’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), avec son contrat social basé sur le concept d’autonomie démocratique, est la seule alternative pour un Moyen-Orient pluraliste et démocratique. De cette manière, les lignes de conflit ethniques et sectaires, les crimes de guerre – écocide, génocide, féminicide, violations du droit international – peuvent être arrêtés et surmontés ensemble.

Une étape importante serait que la communauté internationale reconnaisse l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie. Dans ce contexte, la conférence EUTCC souligne également l’obligation des États de ramener et de poursuivre les combattants de l’EI emprisonnés. Un tribunal local est également nécessaire.

Les attaques de drones doivent être stoppées

L’impact déstabilisateur de la politique étrangère de l’actuel gouvernement turc entrave également le développement de la stabilité et de la sécurité dans la région kurde d’Irak. Les massacres d’hommes politiques kurdes, en particulier de femmes, par des drones turcs dans la région du Kurdistan du Sud et dans la région de l’AANES (nord et est de la Syrie) doivent être poursuivis.

Génocide des Yézidis

De nombreux États ont reconnu les attaques contre les Yézidis comme un génocide. L’UE devrait mobiliser tous les mécanismes diplomatiques et politiques pour empêcher de nouvelles attaques de drones turcs contre les Yézidis. Les Yézidis souffrent des conséquences du génocide de 2014.

L’utilisation d’armes chimiques doit faire l’objet d’une enquête

La conférence de l’EUTCC a appelé l’ONU, l’OIAC et la Cour pénale internationale à traiter les crimes de guerre de la Turquie et à lancer des enquêtes indépendantes. Les États membres de l’OIAC devraient utiliser les possibilités prévues par la réglementation pour enquêter sur l’utilisation présumée d’armes chimiques par la Turquie. La communauté internationale, en particulier l’Union européenne, est appelée à faire pleinement respecter le droit international en ce qui concerne la Turquie et à sanctionner les violations.

Le PKK devrait être retiré de la liste des organisations terroristes

L’Union européenne et l’Europe ont également une responsabilité dans le cadre du traité de Lausanne, signé il y a 100 ans. La conférence EUTCC a appelé l’Union européenne et les institutions et États européens à prendre toutes les mesures pour empêcher une guerre anti-kurde sur le sol européen. L’attentat du 23 décembre 2022 à Paris doit faire l’objet d’une enquête approfondie. Une contribution importante de l’Union européenne pour la communauté kurde en Europe et surtout à une solution politique de la question kurde serait la radiation du PKK de la liste des organisations terroristes.

Le slogan Jin, Jiyan, Azadi

Toutes ces revendications font également partie du slogan Jin, Jiyan, Azadi (Femme-Vie-Liberté), qui s’est répandu dans le monde entier avec les protestations iraniennes. La conférence EUTCC a déclaré qu’elle était solidaire du peuple iranien qui se rebelle contre un régime tyrannique. Il n’y a pas d’alternative si la diversité du pays ne peut participer pleinement aux processus de reconstruction politique. L’EUTCC a appelé la communauté internationale à revendiquer ce slogan.

ANF