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Le sommet d’Astana accouche d’une décision hostile aux Kurdes du Rojava

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Le sommet d’Astana réunissant les vice-ministres des Affaires étrangères de Turquie, de Russie, de Syrie et d’Iran s’est achevé par une déclaration hostile à l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est / Rojava. D’ailleurs, les attaques turques ciblant le Rojava en parallèle au sommet d’Astana n’ont pas pu être menées sans l’accord de la Russie, l’Iran et le régime syrien lui-même. Autrement, ils auraient quitté la table des « négociations ».

Le 20e cycle de pourparlers sur la Syrie dans la capitale kazakhe Astana s’est achevé. Après le sommet de deux jours des vice-ministres des Affaires étrangères de Turquie, de Russie, de Syrie et d’Iran, une déclaration a été publiée dans laquelle les « puissances garantes » se sont prononcées contre « l’exploitation et le transfert illégaux » du pétrole syrien. Concernant l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), le communiqué indique qu’il condamne les États qui « soutiennent les terroristes, y compris la tentative illégale de gouvernement dans le nord-est de la Syrie ». Les attaques israéliennes contre la Syrie ont également été condamnées. En outre, un soutien a été demandé pour le retour sûr et volontaire des réfugiés en Syrie.

Le Kazakhstan demande la fin du format Astana

Selon les médias, le vice-ministre kazakh des Affaires étrangères Tumysh s’est prononcé en faveur de la dissolution du format Astana. Les objectifs ont été atteints, la Syrie a été réintégrée dans la Ligue arabe et sort peu à peu de son isolement. D’autre part, le négociateur russe Lavrentiev a déclaré qu’on ne peut pas dire que le procès d’Astana est terminé. Si nécessaire, les pourparlers doivent être déplacés vers un autre lieu.

Le Kazakhstan accueille le groupe depuis 2017, qui échange régulièrement sur la situation en Syrie. La Russie et l’Iran comptent parmi les principaux soutiens du président syrien Assad. La principale préoccupation de la Turquie est le démantèlement de l’AANES. L’État turc occupe une vaste zone le long de la frontière dans le nord de la Syrie. Un régime de terreur s’est installé dans ces territoires occupés.

ANF

Le Kurdistan a-t-il besoin de systèmes de défense anti-aériens ou de la reconnaissance officielle internationale?

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Le site Middle East Eye rapporte que les législateurs américains cherchent à donner des systèmes de défense aérienne aux peshmergas (combattants) kurdes du Kurdistan d’Irak suite aux attaques de missiles et de drones iraniennes et turques qui ont ciblé les groupes armés kurdes d’Iran (KDP-I, Komala, PJAK…) et de Turquie (PKK) basés dans la région.

Il faut savoir que les forces de peshmergas – non unifiées – en question sont soit sous commandement du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK, dirigé par le clan Barzanî), soit du celui de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK dirigé par le clan Talabanî). Ces deux clans n’oseraient utiliser les systèmes de défense aériens contre les États turc ou iranien qui mènent, parfois avec la complicité d’un des deux clans, des assassinats ou enlèvements d’opposants kurdes sur le sol du Kurdistan irakien. Le Kurdistan irakien enclavé n’est pas en mesure de tenir tête aux deux États colonisateurs. A moins de garanties sérieuses données par les Etats-Unis, les dirigeants du Kurdistan irakien ne « fâcheront » pas les mollahs iraniens ou le sultan Erdogan. Aussi, au lieu de spéculer pour savoir si les USA donneront des systèmes de défense anti-aériens aux Kurdes, il faut demander à ce que la communauté internationale reconnaisse le droit à l’autodétermination des Kurdes. Mais nous en sommes loin d’une telle hypothèse à l’heure actuelle…

TURQUIE. Ouvriers kurdes victimes d’attaques racistes à Trabzon

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TURQUIE – Plusieurs ouvriers kurdes du bâtiment travaillant dans le quartier Esiroğlu Mahallesi à Trabzon / Maçka ont été victimes d’attaques racistes d’individus armés de bâtons et de pierres. Six Kurdes originaires d’Ağrı ont été grièvement blessés.

En Turquie, les attaques racistes ciblant les Kurdes se sont intensifiés depuis les élections générales du mai dernier et où plu aucun Kurde ne se sent en sécurité.

 

Pensées pour Nudem Durak en ce jour de fête de la musique

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PARIS – Aujourd’hui 21 juin, alors qu’on fête la musique en France, n’oublions pas Nûdem Durak, une musicienne kurde de 34 ans, emprisonnée depuis 8 ans en Turquie pour avoir chanté dans sa langue maternelle.

Cela fait plus de 8 ans que la chanteuse kurde Nûdem Durak est en prison pour avoir chanté dans sa langue maternelle. Elle doit retrouver sa liberté en 2034. Un châtiment de 19 ans pour lui enlever le goût de chanter les chansons de son peuple… ou montrant la fausseté du discours officiel turc parlant de leurs « frères kurdes ».

La justice turque a condamné la chanteuse kurde Nudem Durak à 19 ans de prison pour avoir enseigné la musique kurde.

Originaire de Cizre, Nûdem Durak enseignait des chansons kurdes aux enfants. En 2015, Elle a été arrêtée et condamnée à dix ans et demi de prison pour «promotion de la propagande kurde» en chantant dans sa langue maternelle. En juillet 2016, sans accusation supplémentaire, sa peine a été portée à 19 ans.

Les Kurdes subissent la persécution et l’assimilation forcée depuis des décennies par la Turquie, l’Iran, la Syrie (jusqu’à récemment par l’Irak) et qui occupent le Kurdistan. Ils sont condamnés à disparaître en tant que peuple.

Pour le gouvernement turc, qui a même interdit les mots «Kurdes», « Kurdistan », jusqu’aux années 1990 (les appelant plutôt «Turcs des montagnes»), chanter ou parler en kurde était tout simplement interdit. Aujourd’hui, on peut parler ou chanter kurde dans le cadre privé, à condition ne pas parler du statut de colonisé des Kurdes, leur assimilation forcée, la destruction et le pillage de leur culture, leurs richesses naturelles, leur patrimoine… mais louer (en kurde) les « bienfaits de la colonisation » turque au Kurdistan qui a sorti les « sauvageons kurdes » de leurs grottes et les a « civilisés » à coup de massacres, de déportation et d’assimilation forcée.

Helîm YÛSIV: Au Rojava, le couteau de l’assimilation a atteint l’os

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« Tous les écrivains du monde ont une mère, seuls les écrivains kurdes qui écrivent en arabe ont en deux. »

L’écrivain kurde originaire du Rojava, Helîm Yûsiv tire la sonnette d’alarme concernant le désintérêt ou parfois le mépris que les Kurdes du Rojava ont pour le propre langue maternelle au profit de la langue impérialiste arabe. C’est une tragédie qu’on constate aux Kurdistan « turc », « irakien » et « iranien » (Rojhilat). Même dans la diaspora, en Occident, on voit souvent les parents kurdes parler une des langues colonialistes – turc, arabe et persan qu’ils métrisent moins bien que leur langue maternelle – à leurs enfants. Les Kurdes doivent également décoloniser leurs esprits, comme le rappelle Yûsîv dans l’article ci-dessous. Mais que peut-on espérer pour un peuple qui est cible de génocides linguistique, culturel, ethnique… depuis plus d’un siècle? Si nos personnalistes politiques, académiques, artistiques… ne donnent pas l’exemple, le Kurde lambda ne pourra pas forcement saisir la gravité du linguicide touchant sa langue maternelle. Et maintenant place au « pamphlet » de Helîm YÛSIV face à la mort programmée du kurde:

Au Rojava, le couteau de l’assimilation a atteint l’os

Je ne parle pas du Nord du Kurdistan, ni du Sud, ni de l’Est. Je ne parlerai que du Kurdistan de l’Ouest [Rojava]. De nombreux Kurdes pensent que le Kurdistan occidental a conservé sa langue, sa culture, en d’autres termes, son âme, et le printemps kurde est en marche. Je ne sais pas comment cette image trompeuse est née, mais ce que je vois et vis chaque jour montre cette image peinte d’une manière différente. Bien que la vérité soit amère et que son image ne soit pas jolie, je parlerai tout de même de quelques images de cette vérité dans cet article.

Quelques exemples du champ politique

Au Kurdistan occidental [Rojava] après 2012 contre la décision de faire du kurde la langue d’enseignement dans les écoles, les Kurdes sont descendus massivement dans la rue avant tout le monde et ont rejeté cette décision et une grande partie d’entre eux n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école.

Les mêmes Kurdes qui envoient joyeusement leurs enfants dans des écoles arabes baathistes depuis cinquante ans ont déclaré :
– Nous n’envoyons pas nos enfants dans des écoles [kurdes].
– Personne ne reconnaît les diplômes et diplômes kurdes, que peut-on en faire ?
– L’avenir de nos enfants est perdu et nous voulons qu’ils aillent à l’école publique.

En ce qui concerne l’avenir des enfants, je voudrais donner cet exemple tiré de mes expériences. Lorsque j’ai critiqué l’un des partisans de la « gouvernance autonome », parce qu’il envoyait secrètement son fils dans des écoles publiques et non dans des écoles kurdes, il m’a répondu ainsi :
– Je te prie de venir au pays depuis l’Europe et envoyer tes enfants dans des écoles kurdes. Vous qui vivez en Europe n’avez pas le droit de critiquer.

Quelques exemples du domaine littéraire

Dans la partie occidentale du Kurdistan, ces dernières années, un phénomène remarquable a émergé dans le domaine de l’écriture. Au lieu de développer l’écriture et la lecture en kurde, les auteurs qui écrivaient en kurde sont revenus à l’écriture en arabe. Certains d’entre eux ont concouru dans l’appréciation de leur écriture en langue arabe. Lorsque ces personnes deviennent des invités de la télévision arabe, elles appellent l’arabe comme langue maternelle. Ces années ont apporté un nouveau concept, qui est « Ma deuxième langue maternelle est l’arabe ».

Tous les écrivains du monde ont une mère, seuls les écrivains kurdes qui écrivent en arabe ont deux mères.

Ce problème dont nous parlons n’est pas la traduction arabe elle-même, mais plus que la langue, c’est la conscience, la mentalité et la relation spirituelle avec cette langue. Cette relation spirituelle devient une position dans la sphère politique et sociale, et de cette façon ces écrivains se retrouvent dans les rangs des propriétaires de cette langue.

L’exemple le plus notable est Selim Barakat, un écrivain de langue arabe. Afin de gagner les régions occidentales du Kurdistan, après le retrait des forces du régime, Selim Barakat estime que « seule l’Armée syrienne libre » a le droit de s’emparer de toutes les régions de l’ouest du Kurdistan et appelle le « Parti des travailleurs du Kurdistan » [PKK] le « parti Baas du Kurdistan » et dit qu’ils ne veulent pas que ces baasistes kurdes remplacent les statues d’un dictateur (Hafiz Elesad) par les statues d’un autre dictateur (Abdullah Ocalan).

De même, 15 juin 2023, un poète kurde qui écrit en arabe a écrit sur sa page Facebook : « Si une nuit de poésie kurde a lieu dans l’immeuble en face de chez moi, je ne serai pas présent. Mais si un événement nocturne Selim Barakat se produit dans les Océans, je m’y rendrais. »

Un autre écrivain du Kurdistan occidental distribue ses livres en arabe et les dirige dans des associations et des lieux kurdes avec la présence de Kurdes et dit sur une télévision kurde qu’il veut faire connaître les Kurdes aux Arabes à travers la littérature.

Certains des écrivains du Kurdistan occidental salissent jour et nuit le mouvement kurde pour la liberté, encore un peu, ils vont devenir des « fédayins » des Palestiniens et rejoindre leurs activités militaires. Bientôt, ils vont lécher les doigts des deux mains de leurs « frères arabes » pour les prix du « beignet » littéraire arabe et à la place de leurs mères qui ne connaissaient pas l’arabe, ils recherchent des mères arabes.

Ils font tout pour les convaincre qu’ils sont bons et détestent les séparatistes kurdes et les « terroristes ».

Ils appellent également leurs livres arabes des livres de littérature kurde. Quand il s’agit de la littérature kurde en Syrie, ni la langue kurde ni les écrivains de cette langue orpheline ne viennent à l’esprit. Ils se présentent et présentent leurs œuvres comme kurdes et des œuvres de la littérature kurde, et leur plaisir est leur plaisir.

Quelques exemples dans le domaine des médias sociaux

Les Kurdes du Kurdistan occidental utilisent le plus Facebook. La langue principale qu’ils utilisent est l’arabe. Un tel partage en kurde est orphelin, froid, ignoré et non lu. Mais ceux lus en arabe et parfois pleins de fautes d’orthographe et masculins et féminins sont confus, mais ils sont toujours lus et partagés avec beaucoup d’amour et d’enthousiasme.

Pendant des années, j’ai séparé les deux langues, à côté de ma page kurde, j’en ai ouvert une en arabe et j’ai demandé à tous mes amis qui ne connaissent pas le kurde d’y aller. Maintenant, par exemple, lorsque je publie une nouvelle sur mon livre kurde, une scène comme celle-ci apparaît :

– L’auteur est kurde, le livre est en kurde et les suiveurs sont kurdes. La page Facebook kurde attire une cinquantaine de personnes.
– La même nouvelle dans la version arabe attire l’attention d’au moins 400 personnes.

Ainsi, des chanteurs aux écrivains et politiciens des Kurdes du Kurdistan occidental, ils parlent tous d’eux-mêmes et de leurs activités en arabe, ainsi que de leurs opinions et croyances.
Le pire, c’est qu’ils insultent les Kurdes du nord du Kurdistan en arabe et disent qu’ils sont tous devenus Turcs.

Dans la partie occidentale du Kurdistan, la majorité de la population parle un kurmanji brisé, ni en termes de structure ni de syntaxe, ni en termes de mots, il n’a aucun lien avec le kurde. Parfois, la phrase est entièrement arabe, mais elle est collée avec quelques lettres et symboles kurdes, et parfois la syntaxe arabe est chargée de quelques mots kurdes et ils disent que nous parlons en kurde.

Résultat

L’assimilation (…) a de nombreuses couleurs et est différente dans chaque partie du Kurdistan. Au Kurdistan occidental, au niveau des élites et des écrivains, le couteau de l’assimilation a atteint les os et a pénétré le cerveau. Le cerveau est devenu arabe, donc dans leur attitude et leur position ils sont du côté des autres partis jusqu’au bout, leurs mains sont ouvertes devant les portes des autres nations. Malgré cela, ils détestent les forces et les cercles les plus actifs de leur nation et leur sont hostiles jusqu’au bout.

Pour ne pas faire d’injustice aux personnes et aux cercles honnêtes et travailleurs, je parle ici de certains cercles et pas de tous. Mais ces cercles sont aussi larges que vous le souhaitez et ils constituent une grande partie de la société kurde. S’il y avait eu quelques personnes, je ne les aurais pas mentionnées. Par conséquent, nous ne devons pas avoir peur de la vérité et nous ne devons pas avoir peur de la révéler.

Quiconque dit que notre société kurde du Kurdistan de l’Ouest est une société kurde se trompe.

Quiconque dit que la situation de langue kurde est bonne au Kurdistan de l’Ouest se trompe lui-même et nous trompe.
Les efforts d’un parti ici et d’une organisation là-bas ne peuvent plus empêcher cette tempête inexorable.
Les Kurdes disparaissent progressivement.

Puisque c’est mon écriture en kurde, je ne pense pas qu’à part quelques amis passionnés comme moi, le son de ce cri atteindra quelqu’un, mais je dirai quand même mes derniers mots :

– Dommage pour cette belle langue.
– Dommage pour le travail acharné de certains!

Version originale publié le 18 juin. A lire sur le site Diyarname : Li Rojava kêra asîmîlasyonê gihîştiye hestî

ROJAVA. 3 femmes tuées par un drone turc à Tirbespî

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SYRIE / ROJAVA – Ce midi, un drone turc a frappé une voiture entre les villages de Tal Shair et de Bayandur, à Tirbespiye, dans le canton kurde de Qamishlo. Le premier bilan faisait état du meurtre de femmes qui se trouvaient à bord du véhicule. Mais selon les informations récentes, parmi les victimes, il y a la coprésidente du canton de Qamishlo, Yusra Darwish. Le coprésident du Qamishlo, Kabi Shamoun, serait blessé.

Yusra Darwish

Depuis les élections turques de mai dernier, Erdogan a intensifié les attaques sanglantes ciblant les Kurdes du Rojava avec la complicité de la Russie et des Etats-Unis, deux pays qui se partagent l’espace aérien syrien. En l’espace d’un mois, les drones turcs ont fait des dizaines de victimes civils et militaires.

 

Sayîme Khakpour: La littérature kurde est l’une des plus riches au monde

Selon l’écrivaine Sayîme Xakpûr, la littérature kurde est l’une des littératures les plus riches du monde, mais les Kurdes ne sont même pas conscients de la richesse de la littérature kurde à cause de l’assimilation et de l’isolement qui lui sont imposés.

Née dans la ville d’Ourmia au Rojhilat (Kurdistan oriental), Sayime Xakpûr écrit, traduit et étudie la langue et la littérature kurdes. Xakpûr a traduit et publié de nombreux livres kurdes en persan, qui portent sur la voix de la société kurde, son histoire et la situation au Moyen-Orient du siècle dernier à nos jours, ainsi que la résistance de Kobanê. L’autrice kurde écrit également des nouvelles et a récemment publié une étude détaillée sur la vie d’Îran Xanim*, une dengbêj femme du Rojhilat.

Dans une interview accordé à l’agence ANF, Xakpur a déclaré que la littérature kurde était l’une des littératures les plus riches du monde. Elle a fait remarquer que la plupart des auteurs dans le monde se considèrent responsables de la préservation de la langue, de la littérature et de la culture de leur peuple, ajoutant que les auteurs portent le fardeau de leurs sociétés.

Rojhilat est une partie inséparable du Kurdistan

Xakpûr a souligné que Rojhilat était une partie inséparable du Kurdistan en tant que berceau de la culture, de l’art et de la littérature kurdes. Elle poursuit : « Des études linguistiques, culturelles, artistiques et littéraires sont menées en interaction les unes avec les autres depuis [les sous-dialectes du kurde parlés au Kurdistan iranien] Hewramî, Kelhurî, Lekî, jusqu’à Makû, Selmas, Kalaxwe Îlam, Kirmanshah, Urmia et Khorasan. En tant que personne originaire du Kurdistan, je vois un avenir très prometteur pour la culture, la langue et la littérature kurdes. Dans le monde contemporain, l’intérêt pour la littérature, la culture et l’art a également augmenté à mesure que la communication humaine s’est développée, notamment à travers les réseaux sociaux et les médias. Il y a eu une grande prise de conscience au sein de la société. »

Résistance face à l’assimilation

Xakpûr a conclu : « La littérature kurde est isolée depuis des années et la plupart des Kurdes ignorent un tel trésor littéraire. Il y a des études contre les politiques d’assimilation et il y a une forte résistance contre l’assimilation. »

ANF

Îran Xanim: Hawarek Ji Ûrmiyeyê – livre Iran Xanim: Un cri d’Ûrmîyê

Iran Khan ou Iran Xanim est née en 1951 dans le village d’Ichkeso, district de Somabira Dost, situé près de la ville d’Urmia. Cette dengbêj (bardesse) kurde occupe une place à part dans l’histoire de la voix féminine. A une époque où les femmes n’avaient même pas le droit d’élever la voix devant les hommes plus âgés, cette femme rebelle a chanté le cri qui venait du fond de son cœur, et sa voix s’est répandue dans tout le Kurdistan. Elle est la première chanteuse dont la voix a été enregistrée et archivée dans la radio Ûrmîyê.

 

La grande conférence kurde à l’occasion du 100e anniversaire du Traité de Lausanne

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SUISSE – Le Congrès national du Kurdistan organisera la conférence nationale kurde à Lausanne, à l’occasion du 100e anniversaire du Traité de Lausanne qui a divisé le Kurdistan en quatre parties et soumis aux génocides les peuples indigènes de la région.

Le 24 juillet, au moins 600 membres de 175 partis politiques, organisations non gouvernementales, intellectuels et écrivains participeront à la « Grande Conférence du Kurdistan » organisée par le Congrès national du Kurdistan (Kongreya Neteweyî ya Kurdistanê – KNK) à l’occasion du centenaire du Traité de Lausanne.

Concernant la grande conférence kurde de juillet 2023, le co-président du KNK, Ahmed Karamus, a déclaré que les Kurdes n’ont d’autre choix que de s’unir.

Ahmed Karamus

7 ans après l’accord Sykes-Picot du 16 mai 1916, qui divisait le Kurdistan en quatre parties entre la France et l’Angleterre, le 24 juillet 1923, à Lausanne, Suisse, par la Turquie et la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, la Grèce, la Roumanie et Yougoslavie Signature du traité de Lausanne. Après la division du Kurdistan en quatre parties, la « Grande Conférence du Kurdistan » se tiendra sous la houlette du Congrès national du Kurdistan (KNK) le 24 juillet, jour du centenaire du Traité de Lausanne, qui fut le début du concept d’anéantissement et le déni envers les Kurdes. Plus de 500 personnes sont attendues à la conférence, où 52 partis politiques, institutions, intellectuels, écrivains, artistes et universitaires des quatre parties du Kurdistan, ainsi que des institutions kurdes indépendantes de représentant les religions yézidie, chrétienne, yarsan et alévie, ont été invités.

La déclaration finale de la conférence, qui déterminée la feuille de route de la lutte contre le concept d’anéantissement et de déni des Kurdes, sera également partagée avec le public. Le coprésident du KNK, Ahmed Karamus, a évalué le Traité de Lausanne, l’importance de la conférence et la lutte des Kurdes contre le concept d’anéantissement et de déni dans le nouveau siècle.

Se préparer pour un nouveau processus

Notant qu’ils ont achevé les préparatifs de la conférence, Ahmed Karamus a déclaré que d’importants préparatifs ont été faits afin de montrer l’attitude nationale, l’unité et la solidarité du peuple du Kurdistan. Notant qu’ils ont contacté 175 partis, organisations non gouvernementales et organisations religieuses dans le cadre de la conférence, Karamus a déclaré: « Nous avons écouté les points de vue de ces personnes et avons reçu leurs suggestions. Cette conférence est une préparation à la participation au processus à venir. De plus, les résultats des réunions, panels et activités précédents seront partagés lors de cette conférence. »

Notant que des réunions ont eu lieu avec tous les segments de la société kurde et que ces réunions ont été positives, Karamus a déclaré : « Tous les partis et organisations de la région fédérée du Kurdistan, à l’exception du PDK, ont affiché une attitude positive. Ils ont déclaré qu’ils assisteraient à la conférence. Nous n’avons pas rencontré CNKS [Conseil national kurde de Syrie – ENKS ou KNC »] au Rojava, mais nous leur enverrons une invitation à assister à la conférence. S’il y a des demandes d’entrevue, nous essaierons de les rencontrer. Nous avons également eu des réunions avec le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDK-İ). Nous avons eu des réunions avec des partis politiques en Iran et ils ont dit qu’ils assisteraient à la conférence. »

Résistance contre le colonialisme

Affirmant que le traité de Lausanne est un accord qui rejette le statut du peuple kurde, Karamus a souligné que la conférence révélera également l’attitude des Kurdes vis-à-vis de cet accord. Karamus a déclaré que le Traité de Lausanne a été signé contre la volonté des Kurdes et a affirmé que : « Toutes les organisations kurdes ont pris position contre cela et ont promis d’assister à la conférence. Nous considérons cette attitude comme significative et importante. Nous partagerons cette position avec la communauté internationale, les Nations Unies, le Conseil de l’Union européenne, les États arabes unis et tous les pays du monde que nous pouvons atteindre. Le peuple kurde n’a pas accepté et n’acceptera pas cet accord depuis le premier jour. Le peuple kurde a montré sa position contre le statut colonial par sa résistance. Le peuple kurde veut son existence, son identité, ses droits culturels, artistiques et nationaux. Ils n’ont pas accepté la représentation du peuple kurde et n’ont pas permis au peuple du Kurdistan de participer. Mais au XXIe siècle, le peuple kurde n’acceptera jamais un tel statut, un tel accord. Si un nouvel accord ou une nouvelle solution est trouvé, cela n’est possible que si la volonté, la langue et les droits démocratiques nationaux kurdes du peuple kurde sont acceptés. Nous formerons une délégation compétente dans ce domaine dans le cadre de la déclaration finale que nous présenterons lors de cette conférence, et cette délégation poursuivra également son travail dans le domaine de la diplomatie. Cette délégation représentera le peuple du Kurdistan. »

Injustices faites aux Kurdes

Exprimant que le peuple kurde n’accepte plus l’imposition coloniale, Karamus a déclaré : « Les Kurdes ont été divisés en parties politiques, sociales et géographiques en tant que nation. Les Britanniques, les Français, les Italiens et de nombreux États qui ont pris part à cet accord ont été injustes envers le Kurdistan. Le peuple du Kurdistan a été privé de ses droits de citoyenneté, ses droits politiques et culturels lui ont été retirés de force. A notre avis, les États qui ont signé le Traité de Lausanne sont aussi coupables que les États qui ont supprimé les droits du peuple kurde et l’ont occupé. C’est un crime contre l’humanité, un crime contre les droits légitimes du peuple du Kurdistan. Par conséquent, les États qui ont signé ce traité sont complices de ce crime. Notre demande est que les pays qui ont adhéré et accepté le traité de Lausanne réparent les injustices qu’ils ont faites au peuple kurde à partir de maintenant. »

Opportunité d’alliance des Kurdes

Soulignant que le peuple kurde devrait être le principal acteur de la lutte, Karamus a ajouté : « Il ne fait aucun doute que la démocratie au 21e siècle sera possible avec la résistance du peuple kurde. Les gens du Kurdistan doivent discuter entre eux et arriver à une conclusion. Il nous est possible de déclarer notre alliance lors de cette conférence, et c’est une opportunité. Nous n’agissons pas en tant que groupe, en tant que parti unique. Nous nous réunirons avec une vision très large et parlerons des intérêts du peuple du Kurdistan. Nous attendons beaucoup de cette conférence. Le nombre qui nous est parvenu sera de 500 personnes représentant chaque communauté du Kurdistan. Chaque institution présentera ses propres opinions et suggestions. Nous publierons une déclaration nationale qui inclura les points de vue des quatre secteurs. »

Lutte contre les menaces

Rappelant que les plans de la Turquie, de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie sont basés sur le déni du peuple kurde, Karamus a poursuivi : « Ils essaient de liquider le peuple kurde. Quand il s’agit des Kurdes, ils mettent de côté toutes leurs contradictions et parviennent à un accord. Les pourparlers entre la Russie et la Syrie sont un signe qu’ils parviendront à un nouvel accord. Les menaces iraniennes et irakiennes se poursuivent. Le gouvernement central irakien veut abolir le statut du gouvernement régional fédéré du Kurdistan par différentes méthodes. Il en va de même pour le régime Baas. Si nous n’agissons pas ensemble, ce danger pèsera sur nous. Nous remplirons notre devoir et notre responsabilité. Parce que nous sommes une institution nationale. Nous allons intensifier notre lutte contre ces menaces qui sont censées nous être dirigées. Nous devons agir avec cette sensibilité. »

Karamus a appelé tous les segments de la société kurde à assister à la conférence et a conclu : « Même si nous n’avons pas eu de réunions avec certaines parties, elles devraient agir de manière responsable et assister à la conférence. Les individus et les institutions de toutes les régions du Kurdistan devraient assister à cette conférence. Nous appelons les artistes, les dignitaires des tribus patriotiques et les différents individus à agir de manière responsable et à participer à cette conférence en communiquant avec nous. »

Agence Mezopotamya

SYRIE. La turquification continue dans les zones occupées par la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Dans le cadre de la consolidation de la turquification dans les régions syriennes occupées, l’État d’occupation turc a diplômé les enfants ayant appris la langue turque.

Après que l’État occupant turc a imposé le turc comme langue principale dans les écoles des territoires syriens occupés, une source du canton kurde de Girê Spî / Tall Abyad occupé par la Turquie a rapporté que le Conseil local de Tal Abyad a diplômé hier 30 enfants ont appris la langue turque.

Depuis l’occupation du canton de Girê Spî en octobre 2019, l’État turc a consolidé sa politique de turquification, en ouvrant des centres pour enseigner la langue turque devenue obligatoire pour trouver un emploi dans les organes officiels sous contrôle de la Turquie.

Au cours de la dernière année scolaire, l’agence ANHA a documenté l’imposition de l’hymne national turc aux écoles, ainsi que des photos de personnalités nationales turques, dont Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne.

La Turquie colonialiste essaie d’annexer les zones syriennes qu’elle occupe, dont Jarabulus, Azaz, Afrin, Girê Spî et Serêkaniyê, où elle impose la langue turque dans les écoles.

ANHA

Le génocide kurde pendant la Première Guerre mondiale: Kurdistan du Nord

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« J’ai vu la Galice et la Pologne [pendant la guerre] – mais c’était le paradis comparé au Kurdistan », Victor Shklovsky, commissaire russe au Kurdistan d’« Iran » (1917).

« Le génocide kurde [près de 2 millions d’individus massacrés] pendant la Première Guerre mondiale représente l’une des atrocités les plus horribles et les moins reconnues du XXe siècle. Ce qui distingue ce génocide est le large éventail d’auteurs impliqués », écrit le chercheur Himdad Mustafa dans l’article suivant dans lequel il rappelle les nombreux massacres commis au Kurdistan durant la Première Guerre Mondiale, aussi appelée la « Grande Guerre ».

Le génocide kurde pendant la Première Guerre mondiale: (1re partie) Kurdistan du Nord

Une grande partie du théâtre oriental de la Première Guerre mondiale s’est déroulée à travers le Kurdistan. Pendant les quatre années de la guerre, les armées ont marché en long et en large à travers les terres kurdes, dévastant villages et villes et décimant impitoyablement la population locale. Les armées qui avançaient et battaient en retraite et les irréguliers ont soumis la population kurde à des actes de terreur brutaux, des déportations massives et des massacres en masse. [2]

Avant la Première Guerre mondiale, il y avait 5 à 5,5 millions de Kurdes, dont 3,5 à 4 millions vivaient dans l’Empire ottoman, 1,3 à 1,5 million en Iran et environ 150 000 dans l’Empire russe. [3] Les chiffres d’après-guerre montrent que la population kurde a été réduite à un nombre dévastateur de 3 à 3,5 millions. [4] La Commission d’enquête de la Société des Nations en 1924 a déclaré que « sur un total estimé de 3 000 000 de Kurdes, il est juste de dire que 1 500 000 vivent en Turquie, 700 000 en Perse et 500 000 dans le territoire contesté [Vilayet de Mossoul]. Il y en a un certain nombre en Syrie, mais le nombre en Irak proprement dit est insignifiant. [5]

Une comparaison entre les statistiques démographiques d’avant-guerre et d’après-guerre indique qu’environ deux millions de Kurdes ont péri pendant la Première Guerre mondiale. La plupart d’entre eux ont été systématiquement assassinés ou déportés de force de leurs terres ancestrales. Cependant, comme le montrera cette analyse, beaucoup sont également morts de faim, de maladie et d’exposition aux intempéries.

L’article II de la Convention sur le génocide définit le génocide comme tout acte « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». [6] Le spécialiste du génocide Vahakn Dadrian a identifié cinq « types idéaux » de génocide, basés principalement sur l’objectif principal de l’auteur : le génocide culturel, visant l’assimilation ; génocide latent, sous-produit de la guerre ; génocide punitif, punition localisée; génocide utilitaire, pour s’enrichir ; génocide optimal, visant l’effacement total. [7]

Le génocide kurde pendant la Première Guerre mondiale représente l’une des atrocités les plus horribles et les moins reconnues du XXe siècle. Ce qui distingue ce génocide est le large éventail d’auteurs impliqués. Cette recherche, qui s’est appuyée sur une variété de sources primaires et d’érudition contemporaine, se concentre principalement sur les Kurdes visant à situer le génocide kurde dans l’historiographie de la Première Guerre mondiale. La première partie se concentre sur le Bakûr (Kurdistan du Nord) qui a été témoin de destructions massives et de pertes de vie. Le génocide dans d’autres régions kurdes sera abordé dans la deuxième partie (à venir).

Déportations et massacres kurdes par l’armée russe (1914-1918)

La politique russe envers les Kurdes était similaire à celle des Turcs ottomans. Elle allait du favoritisme à l’aliénation, de la coopération au génocide, de la cooptation de certaines tribus (qui recevaient un soutien militaire et quelques promesses politiques non tenues de la part des Russes [8] ) tout comme l’avaient fait les Turcs, aux déportations massives et au nettoyage ethnique de la reste de la population.

Les avancées de l’armée russe du Caucase dans l’est de l’Anatolie en 1914, 1915 et 1916 se sont accompagnées de meurtres, de pillages et d’expulsions des communautés kurdes locales. La fuite de centaines de milliers de Kurdes vers l’ouest a entraîné d’immenses souffrances et d’importantes pertes en vies humaines. [9]

Dans les territoires occupés de l’Anatolie orientale et du nord-ouest de l’Iran entre 1914 et 1918, comme l’a montré Peter Holquist [10], l’armée russe tsariste a mis en place deux types de politiques de déportation massive. Le premier type de déportation visait l’ensemble de la population civile, quelle que soit son origine ethnique ou religieuse, pour des raisons de « nécessité militaire », visant à nettoyer les zones d’opérations militaires. Par exemple, 10 000 Kurdes et Arméniens ont été expulsés vers l’est à l’arrière des terres d’Erzîrom au cours de l’été 1916.

Le deuxième type de déportation visait explicitement les Kurdes. En conséquence, l’armée a mis en œuvre des expulsions ethniquement ciblées de Kurdes que les Russes considéraient comme particulièrement peu fiables. En avril 1915, avant l’offensive Wan, le général NN Iudenich, commandant de terrain de l’armée du Caucase, dans un rapport envoyé au Vorontsov-Dashkov, le vice-roi du Caucase, recommanda « l’expulsion immédiate, au-delà des lignes turques, de tous ces Kurdes des vallées d’Alashkert, de Diadin et de Bayazit qui nous ont montré toute sorte de résistance, et à l’avenir, lorsque ces vallées entreront dans les limites de l’Empire russe, de les peupler de colons du Kouban et du Don et dans ce moyen de former une région cosaque le long de la frontière. [11]Fin avril, le plan a été au moins partiellement mis en œuvre, lorsqu’il a été signalé que les Russes « avaient chassé les Kurdes de la vallée d’Alashkert ». [12] Les Russes sont venus au Kurdistan, comme l’a dit Viktor Shklovsky, « haïssant déjà les Kurdes – une haine héritée des Arméniens et compréhensible en eux. La formule « le Kurde est l’ennemi » a privé les Kurdes pacifiques, et même leurs enfants, de la protection offerte par les lois de la guerre. [13]

Entre 1915 et 1917, l’armée russe a éradiqué des quartiers entiers de leur population kurde. L’armée a également recouru à une violence extrême contre les civils lors d’« expéditions punitives » contre les communautés kurdes désobéissantes. Ces expéditions ont ouvert la voie à une violence plus aveugle contre la population civile car des unités cosaques et arméniennes ont également été employées qui n’ont montré aucune pitié à la population musulmane locale, en particulier les Kurdes. [14] Lorsque les Russes ont fait face à une résistance armée dans les zones kurdes le long de la frontière ottomane-iranienne, Vorontsov-Dashkov a ordonné à l’armée : « Punissez les Kurdes sans pitié, sans négliger les mesures les plus extrêmes, en particulier envers les dirigeants. » [15]

Naturellement, les chiffres relatifs au nombre de déportations et de massacres kurdes par l’armée russe sont inexistants. On rapporte qu’en 1917, seuls 100 000 Kurdes étaient restés dans les vilayets de l’est sous le contrôle russe. [16] Les épidémies et la famine ont également exacerbé le taux de mortalité. Par exemple, à Khushab, au sud de Wan, dans 20 villages sur 12 000 habitants, 8 000 sont morts de maladie. [17] De plus, comme le note Holquist, ce type d’expulsion était distinct de, mais chevauchait, la violence déchaînée par les unités russes et les irréguliers arméniens contre les Kurdes. [18]

Massacres kurdes par les nationalistes arméniens (1914-1918)

Avant la Première Guerre mondiale, il y avait déjà des violences interreligieuses et interethniques entre les Kurdes et les Arméniens depuis au moins les années 1840. Dans l’est de l’Anatolie sous la domination ottomane, les tribus kurdes ont abusé et opprimé les Arméniens et ont joué un rôle actif dans les massacres hamidiens dans les années 1890. Dans le Caucase sous domination russe, les Kurdes ont été simultanément « maltraités et terriblement exploités par les Arméniens ». [19] Pendant la Première Guerre mondiale, des revendications territoriales qui se chevauchent, associées à des souvenirs d’atrocités passées, ont encore intensifié la violence interethnique et interreligieuse.

Les incursions russes dans l’est de l’Anatolie ont commencé en 1914. Les colonnes des armées russes « étaient précédées de bataillons de volontaires arméniens irréguliers, à la fois du Caucase et de Turquie ». [20] Les forces arméniennes comptaient plus de 200 000 irréguliers et volontaires. [21] Lorsque les Russes ont brièvement pénétré dans la région de Bayazid-Aleshkird au nord du Kurdistan en décembre 1914, en 18 jours, la quasi-totalité de la population de 140 000 musulmans (presque entièrement kurdes) avait été massacrée par des irréguliers arméniens du Caucase aidés par des Arméniens locaux, on rapporte que seulement un dixième de la population a réussi à s’échapper. [22]À Kumush et dans les villages voisins de Bayazid, les unités arméniennes Dashnak dirigées par Aram Manukian, après avoir massacré la population locale, ont brûlé vifs les enfants dans des fours. [23] Dans une région de Bayazid, lorsque les villageois ont envoyé leurs représentants pour contacter l’avancée de l’armée russe, les Arméniens les ont capturés et mis à mort, après quoi ils ont attaqué et massacré des villages entiers. [24]

Plus tôt en novembre 1914, des bandes arméniennes opérant dans les régions de Saray et Başkale de Hakkari sous la protection russe ont torturé, massacré et pillé et dans au moins un village ont conduit les villageois kurdes dans une mosquée et les ont brûlés vifs. [25] Après que la région a été reprise par l’armée turque et les irréguliers kurdes, les bandes arméniennes en retraite à Kotur ont pillé et incendié des villages, massacré des hommes et des enfants et enlevé les femmes. [26] L’étendue des morts et des destructions dans cette région est expliquée plus en détail dans un rapport de l’inspecteur britannique Edward Noel : « il est difficile d’estimer combien de personnes ont survécu aux massacres perpétrés par les Arméniens pendant l’occupation russe, à Başkale de 180 villages seuls 7 villages sont restés. » [27]

En 1915, après avoir pris Wan (Van) aux forces ottomanes, les Russes et les Arméniens ont perpétré de nouveaux massacres à grande échelle contre les Kurdes. Selon une source russe, environ 40 000 Kurdes ont été tués à Wan et dans les environs. [28] Environ 3 000 femmes et enfants kurdes ont été rassemblés dans la cuvette naturelle de Zeve, à l’extérieur de la ville de Wan, et massacrés. Environ 300 Juifs qui ont tenté de fuir vers Hakkari ont également été massacrés. [29] Les tribus kurdes ont à leur tour pris leur revanche sur tous les villageois arméniens qu’elles ont trouvés. Comme l’a observé un cosaque après avoir capturé la région, « les Turcs et les Kurdes n’ont fait aucun prisonnier arménien, et les Arméniens n’ont fait aucun prisonnier kurde ou turc. » [30]

En mai 1915, après avoir repris l’est de l’Anatolie, le gouvernement ottoman ordonna la déportation et l’extermination des Arméniens (et des Kurdes, discuté ci-dessous), auxquelles participèrent activement des bandes kurdes, circassiennes, turkmènes et arabes fidèles au gouvernement turc ottoman. Pendant le génocide arménien, les tribus kurdes fidèles au gouvernement ont attaqué, pillé et détruit les convois, massacré les déportés. Il convient de noter que ces mêmes tribus ont également participé activement à la répression des rébellions kurdes contre le gouvernement ottoman en 1914 et 1915.

La réoccupation russe du Kurdistan du Nord en 1916 a laissé une traînée de mort et de destruction. Vladimir Gordlevsky, qui faisait partie de l’armée russe, est devenu un témoin oculaire des terribles atrocités commises contre la population kurde. Il admet que « les Kurdes ont été détruits par les soldats et les Arméniens », ajoutant que : « les Kurdes se plaignent amèrement des Arméniens ; ils disent que les Arméniens nous ont infligé des violences tous les jours pendant la guerre. » [31]De même, l’historien kurde Muhammed Amin Zaki, originaire de Silêmanîya qui servait à l’époque comme officier d’état-major dans l’armée ottomane, écrit des massacres à grande échelle de la population kurde dans ces régions par des bandes arméniennes bien armées qui agissaient comme une force avancée de l’armée russe. Zaki mentionne également des massacres de Kurdes par des forces sous le commandement d’officiers turcs inspirés par l’idéologie pantouraniste. [32] Le consul allemand à Sivas, Carl Werth, de retour d’un voyage à Erzincan et Erzîrom, rapporte que la plupart des réfugiés, fuyant les Arméniens qui les ont volés et massacrés, sont morts sur les routes de faim et de froid. [33]

De plus, la violence sexiste était souvent utilisée par les soldats russes, et les irréguliers arméniens et cosaques sont également devenus une pratique courante. Comme le rappelait un officier cosaque :

« En général, les Kurdes sont un peuple bien, et nous en sommes même venus à les aimer… Et puis, avec le début de la guerre, les forces russes sont venues vers ces gens en Turquie. Nous avons occupé leurs terres, détruit leurs bâtiments pour le bois de chauffage, pris tout leur grain pour nourrir nos nombreuses têtes de chevaux, tué leurs moutons et bovins pour notre propre approvisionnement, ne payant presque rien pour cela. Mais surtout, en occupant ce vaste territoire, nous ne leur avons donné aucune forme d’administration locale. Tout commandant de ligne, même du plus bas grade, qui s’était arrêté dans une colonie kurde ou qui était venu chercher du fourrage, pouvait se donner libre cours sur la population. Tout soldat de base, entrant dans la sombre demeure de pierre d’un Kurde, se sentait autorisé à faire ce qu’il voulait : prendre le dernier lavash [pain], creuser dans ses haillons à la recherche d’armes, il pouvait prendre ce qu’il voulait, il pouvait chasser le chef de famille de son taudis. » [34]

Dans toutes les zones occupées, les Arméniens ont été accusés de pratiquer l’extorsion, d’expulser les Kurdes et de s’emparer de leurs terres, de les tuer et de voler leur bétail. [36]Cela a scandalisé même les autorités russes. Un responsable csariste, le prince Vasilii Gadzhemukov, a exposé sans ambages les arguments contre les Arméniens dans un rapport à Nikolai Iudenich, chef d’état-major de l’armée russe dans le Caucase. Il dit que les Arméniens ont massacré les musulmans sans discrimination, que leur participation aux opérations militaires n’a donné «que des résultats négatifs», et que la maraude incontrôlée des gangs arméniens a contrarié les Kurdes et les autres musulmans. Comme en témoigne l’Assyrien Agha Petros, les réfugiés victimes d’atrocités viennent grossir les rangs des Kurdes hostiles à la Russie. Cela a obligé les officiers consulaires Vladimir Minorsky et Vladimir Gordlevsky à faire pression sur l’armée pour qu’elle accorde une plus grande attention à la sécurité des Kurdes et à d’autres préoccupations. [37]

Les volontaires arméniens attachés à l’armée russe se sont rapidement réorganisés en régiments réguliers de fusiliers et ont participé aux « expéditions punitives » de l’armée russe qui ont entraîné la maraude et le pillage des communautés locales kurdes et musulmanes. [38]En mai 1917, le cinquième bataillon arménien de fusiliers massacra la population kurde sans défense dans la région de Bergi-Kala, toutes femmes, enfants et vieillards. Les hommes kurdes en âge de servir à l’époque avaient été enrôlés par l’armée russe pour le travail obligatoire. Dans le déchaînement qui a suivi, les soldats arméniens ont battu et tué tous les Kurdes qu’ils ont rencontrés, ils n’ont épargné personne qui leur est tombé entre les mains et ont même chassé les Kurdes qui s’étaient réfugiés à la cantine de l’organisation Union des villes. Une infirmière russe a protégé ces Kurdes cherchant refuge en dénonçant les soldats arméniens comme des « bandits, qui ne méritent aucune place dans une Russie libre ». EElle a presque payé cette déclaration de sa vie. Ce n’est qu’après un certain temps que le général russe Depishich réussit à rétablir le contrôle, avant que l’attaque ne dégénère en « l’extermination complète de la population kurde locale. »[39]

Au début de 1917, le nouveau vice-roi du Caucase, le grand-duc Nikolai Nikolaevich, renversa la «politique pro-arménienne» de Vorontsov-Dashkov et envoya le prince Shakhovskoi et l’assesseur du collège Gadzhemukov pour mener des négociations avec les tribus kurdes. [40]Cependant, après la désintégration de l’armée impériale russe en février, le nouveau gouvernement russe sympathisa avec les Arméniens et, en mai 1917, le gouvernement encouragea l’installation d’Arméniens à Wan [Vab], Erzîrom [Erzurum] et Bidlîs [Bitlis], et interdit le retour des Kurdes et des musulmans qui avaient fui l’assaut russe. « Les unités arméniennes avaient carte blanche et ont recommencé à s’attaquer aux musulmans, en particulier aux Kurdes, se livrant à des massacres épisodiques et à des outrages moindres tels que l’extorsion d’impôts, les expulsant de leurs maisons et installant d’autres à leur place. De la région de Hınıs en juin 1917, l’armée russe a reçu des rapports selon lesquels des gangs d’Arméniens pillaient quotidiennement des villages kurdes et, à Kars, des unités arméniennes perpétraient des massacres d’hommes, de femmes et d’enfants kurdes âgés. » [41]Après le déclenchement de la révolution bolchevique et l’effondrement de l’armée russe en octobre 1917, des bandes arméniennes armées, libérées de l’influence contraignante de leurs officiers russes, massacrèrent un grand nombre de Kurdes dans la région d’Erzerum-Erzinjan. D’autres régions du nord du Kurdistan, telles que Bidlîs, Wan et Mush, ont connu un sort similaire. [42]

Même les Kurdes sympathiques aux Russes plaidaient pour la protection des bandes arméniennes, menaçant sinon de passer aux Ottomans. Les Kurdes alévis du Dersim ont aidé les Russes en attaquant les Ottomans. Pourtant, au milieu de 1917, les vols, les vols de bétail et les «agressions incessantes contre les femmes kurdes» perpétrés par les forces russes et arméniennes les ont aliénées et les ont retournées contre les Russes. [43]

Shakhovskoi, qui supervisait les liens avec les tribus kurdes pour le général Iudenich, s’est plaint amèrement de « l’anarchie brutale des Arméniens [envers les Kurdes] » qui rendait impossible tout accommodement avec les Kurdes. L’objectif général des dirigeants arméniens, comme le montre Shakhovskoi, était génocidaire, les nationalistes arméniens voulaient « exterminer tous les résidents musulmans des zones que nous occupions » et leur sauvagerie a provoqué une « résistance kurde désespérée » qui « a terriblement compliqué nos opérations [militaires] ». [44]De même, des sources kurdes révèlent que les massacres et les expulsions de Kurdes par des Arméniens et des Russes sympathisants des Arméniens étaient guidés par une politique calculée visant à l’extermination totale des Kurdes. Kamil Bedirkhan dans un rapport daté du 29 septembre 1917, envoyé de Bidlîs aux autorités russes de Tiflis, parle de massacres à grande échelle par les Arméniens à Bidlîs, Mush et d’autres régions. Dans son rapport, il dit avoir été envoyé par le général Myshlayevski pour inciter les Kurdes à se révolter contre les Ottomans, cependant, les actes de violence perpétrés par les Arméniens et les Russes contre les Kurdes les ont éloignés de la Russie, comme il l’explique :

« … mais les Arméniens, dont le seul souci était l’extermination des Kurdes et l’occupation de la région, afin de préparer le terrain pour l’établissement de l’Arménie, ont pillé les habitants pacifiques et innocents, les ont pillés et ont commis des violations contre eux, même tué leurs enfants. Ces pillages et massacres perpétrés par les Arméniens d’une part, et par les soldats russes incités par les Arméniens d’autre part, se poursuivent toujours. Les Kurdes qui se sont rendus ont été privés de tous leurs droits et ont été exterminés. Au lieu du soutien qu’ils [les Kurdes] attendaient de la Russie, ils ont été soumis aux plus grandes campagnes d’expulsion sans merci et à d’autres injustices ». [45]

Les témoignages de Shakhovskoi et des Bedirkhans sont d’une grande importance car ils montrent que les massacres et les déportations sont devenus quelque chose de plus qu’une « pratique militaire » ou des « crimes de guerre » lorsque l’idéologie est venue informer les objectifs. De toute évidence, les massacres kurdes ne résultaient pas simplement d’« expéditions punitives » ou d’« attaques de vengeance », mais étaient motivés par un programme idéologique visant à dépeupler les zones kurdes pour refaire le visage ethnographique de la région. Comme le souligne l’érudit américain Ronald Suny, « tuer faisait partie d’un effort visant à éliminer une présence kurde dans ce que les Arméniens espéraient être une patrie retrouvée. » [46]

De plus, après avoir dépeuplé de vastes zones kurdes par des massacres et des déportations d’Arméniens, de Turcs et de Russes, les dirigeants arméniens, manifestement soucieux de maintenir l’homogénéité de la région, ont activement fait pression sur les autorités russes pour éloigner les Kurdes de la région au lieu d’encourager leur retour et leur réinstallation sur leurs terres ancestrales. Le major-général Nikolayev, commandant du détachement de Wan, a autorisé les Kurdes à retourner dans certaines colonies de la région de Wan en 1915, ce qui a conduit à des protestations arméniennes indignées. [47]Même lorsque les Russes ont ordonné à l’administration arménienne de permettre aux Kurdes fidèles à la Russie de retourner sur leurs terres et de les protéger de nouveaux abus, Aram Manukian a protesté, déclarant que les Kurdes constituaient une menace pour les Arméniens, mais le général russe a tenu bon. La plupart des Kurdes, cependant, n’ont pas accepté l’offre russe et sont restés dans les zones sous contrôle ottoman ou dans leurs retraites de montagne. [48]Comme le souligne Pianciola, l’héritage du génocide a également influencé les propositions de haut niveau de « séparation ethnique ». En août 1916, le général Nikolai Peshkov, gouverneur général des régions occupées de l’Anatolie orientale, avait proposé de réinstaller toute la population arménienne à l’est du lac Wan, ainsi que les Kurdes et les Turcs au sud de ce même lac. La justification de la mesure proposée était de séparer les groupes afin d’éviter la violence intercommunautaire. [49]

Il existe différents chiffres concernant le nombre de massacres kurdes par des Arméniens dans l’est de l’Anatolie. Noel a rapporté : « Les violations commises par les Arméniens dans les zones kurdes sous protection russe ont entraîné des pertes directes et importantes de vies kurdes et de plus grandes pertes de vies indirectes au Kurdistan en raison de l’exode massif de la population kurde. Ces faits ne peuvent être niés. Personnellement, j’ai vu de mes propres yeux des zones où la population kurde a été entièrement exterminée. » [50]

Hassan Arfa, un officier militaire iranien actif dans le nord-ouest de l’Iran pendant la Première Guerre mondiale, qui est devenu plus tard le chef d’état-major de l’armée iranienne, a rapporté :

« Ces volontaires arméniens, pour venger leurs compatriotes massacrés par les Kurdes, ont commis toutes sortes d’excès, plus de 600 000 Kurdes étant tués entre 1915 et 1918 dans les vilayets de l’est de la Turquie. » [51]

Des sources kurdes et britanniques corroborent ces chiffres. Le capitaine CL Woolley, un officier britannique voyageant à travers le Kurdistan après la guerre, a été informé par les chefs tribaux que 400 000 Kurdes avaient été massacrés par les Arméniens dans les seuls vilayets de Wan et de Bidlîs. [52] En 1919, après une longue tournée à travers le vilayet de Diyarbakir, Noel (le principal agent britannique au Kurdistan, en Irak et en Turquie) estima que 150 000 Kurdes avaient péri pendant la guerre dans ce seul vilayet. [53] Une source kurde en 1919 estimait que 500 000 Kurdes avaient été tués par les Arméniens pendant la guerre dans les seuls vilayets de Wan, Bidlîs et les districts environnants. [54]

Déportations kurdes par les Jeunes Turcs (1915-1918)

Après avoir repris l’Anatolie orientale aux Russes, en avril 1915, les Jeunes Turcs ont conçu et mis en œuvre des politiques violentes de déportation et d’extermination visant les Arméniens et les Kurdes. Selon les croyances populaires, les autorités turques avaient décidé de détruire les « zo » (les Arméniens) en premier, après quoi elles procéderaient à l’anéantissement des « lo » (les Kurdes). [55] En juillet 1915, des rumeurs se sont répandues autour de Dersim selon lesquelles le gouvernement ottoman détruirait les Kurdes directement après leur campagne anti-arménienne. Talaat Pacha a immédiatement ordonné la diffusion de contre-propagande à Mamuret-ul Aziz, Erzîrom, Amed [Diyarbakir] et Bidlîs. [56]

En effet, après l’expulsion forcée et le massacre des Arméniens, les Kurdes ont été victimes d’un traitement similaire de la part des Jeunes Turcs. La première vague de déportations kurdes a eu lieu à la fin de 1915. Les Jeunes Turcs ont déraciné des milliers de Kurdes de leurs maisons dans l’est de l’Anatolie et les ont forcés à des marches de la mort menant à Mossoul.

Krikor Astarjian, un médecin arménien qui a été envoyé dans le vilayet de Mossoul en tant que médecin militaire, est devenu un témoin oculaire de l’extermination des Kurdes lors des déportations en 1915 et 1916. Il se souvient,

« Les Kurdes nouvellement arrivés [à Mossoul] étaient privés des moyens de subsistance quotidiens, les maladies infectieuses se propageaient parmi eux, le spectre de la mort par la faim planait déjà sur eux : ils mouraient en grand nombre par manque de nourriture… Le peuple devaient manger leurs morts, la mère attendait que sa fille meure pour se nourrir de sa chair, et son fils attendait sa mort pour manger de son cadavre, et le frère attendait son frère ou sa sœur mourir pour manger leur cerveau pour vivre quelques jours de plus dans cette vie. Ce fut la tragédie du nord de l’Irak dans les années 1915 et 1916. En tant que médecin du gouvernement, j’avais l’habitude de récupérer des dizaines de cadavres kurdes des mains des affamés et de les enterrer dans des fosses à l’extérieur de la ville. » [57]

La deuxième vague de déportations kurdes a commencé au milieu de l’hiver 1916, visant à éliminer les Kurdes et leur identité par un violent processus de turquification. Les politiques de colonisation du gouvernement impliquaient, d’une part, la déportation des Kurdes de leur patrie (Anatolie orientale) pour être réinstallés dans le centre et l’ouest de l’Anatolie conformément à la «règle des 5%», garantissant que les Kurdes ne constituaient pas plus de 5% de la population totale dans leurs nouveaux lieux d’installation. D’autre part, les immigrants musulmans des territoires perdus, dont les musulmans albanais, les musulmans bosniaques et les Turcs bulgares, se sont installés dans les régions kurdes de l’est de l’Anatolie. [58]

Il était interdit d’envoyer des déportés kurdes dans des zones où les Arabes ou les Kurdes constituaient la majorité car il était entendu que leur assimilation à la société turque serait presque impossible dans un tel milieu. [59] Talaat Pacha a personnellement supervisé la turquification des Kurdes et a donné des ordres en mai 1916 aux responsables régionaux de ne pas installer de Kurdes dans des endroits comme Urfa et Deir ez-Zur « parce qu’ils s’y arabiseraient ou y conserveraient leur nationalité et resteraient un élément inutile et nuisible. » [60] Comme le remarque Üngör, cela indique la nature des déportations : « il s’agissait d’une attaque à grande échelle contre la culture et la langue kurdes, des circonscriptions qui pourraient définir les Kurdes comme une nation et donc potentiellement constituer une menace ». [61]

Cependant, le gouvernement contraint encore des dizaines de milliers de Kurdes à des marches de la mort vers Alep et Mossoul en 1916 et 1917. De nombreux déportés meurent en chemin ou dans les rues de ces villes ou sont tués par des soldats. Ceux qui ont survécu à la marche de la mort en ont été réduits à manger des animaux morts et même au cannibalisme. [62]

Abdul Aziz Al-Qassab, le gouverneur de Mossoul dans les années 1920, écrit dans ses mémoires les tragédies qu’il a vues à Mossoul en 1916 et 1917, plus de 80 000 déportés de Wan mouraient de faim dans les rues de Mossoul et des régions environnantes, « chaque matin et chaque soir, je voyais des commissaires municipaux et des ouvriers ramasser des cadavres émaciés déjà réduits à l’état de squelettes. En raison du manque de nourriture, les déportés s’entretuaient pour un morceau de pain. » [63]Lorsque les autorités ottomanes ont autorisé les réfugiés à retourner sur leurs terres en 1918, Al-Qassab a rencontré Hajj Rif’at Efendi, un chef tribal de Wan, dans le district de Zibar au nord de Mossoul et lui a demandé combien de ses concitoyens avaient survécu à la marche de la mort.  Le chef de la tribu a répondit que sur 6 000 déportés seuls son serviteur et sa femme avaient survécu, la majorité d’entre eux étaient morts de faim. [64] Cela montre que l’écrasante majorité des déportés à Mossoul avaient péri avant 1918.

Quelques autres exemples mentionnés par Üngör éclairent davantage l’ampleur des déportations. En octobre 1916, le nombre de réfugiés qui avaient fui les provinces de Bidlîs et Wan vers Diyarbekir était estimé à 200 000. Le 17 octobre 1916, 15 000 réfugiés kurdes sont déportés à Konya. En novembre, 800 personnes ont été déportées de Palu à Siverek. Le 15 juillet 1917, 40 000 autres Kurdes sont déportés d’Amed (Diyarbakir) vers Konya et Antalya. Deux semaines plus tard, 40 000 réfugiés de Mêrdîn (Mardin) sont renvoyés vers l’est, alors qu’ils sont infectés par des maladies contagieuses et qu’il y a pénurie de wagons. [65] Au 2 juin 1917, il y avait encore 200 000 Kurdes dans les provinces de Mamouret-ul-Aziz [actuelle région de Kharput ou Xarput], Amed et Urfa qui n’avaient pas encore été déportés. [66]Malgré les déportations plus à l’ouest, en avril 1920, 35 940 réfugiés déportés à Amed n’étaient toujours pas installés. [67]

A Urfa, de nombreux enfants kurdes sont morts de faim, à Sêwas (Sivas) aussi, des centaines d’enfants erraient affamés et misérables. Lorsqu’il n’y avait pas de nourriture du tout, les déportés mangeaient des colombes, des chats et des chiens des rues, des hérissons, des grenouilles, des taupes, des serpents et les organes d’animaux abattus. Dans certains cas extrêmes, les déportés ne voyaient pas d’autre choix que de manger leurs propres parents morts sur la route. La famine n’était qu’un aspect du problème, un logement convenable en était un autre. Lorsqu’un convoi arabe et kurde a été déporté d’Amed vers l’ouest, presque tout le convoi est mort de froid dans la nuit du désert. Les quelques survivants restants ont été répartis entre les villages locaux. [68]

Le missionnaire suisse Jakob Künzler, qui était à Urfa pendant la Première Guerre mondiale, est devenu un témoin oculaire important de la déportation des Kurdes d’Erzîrom et de Bidlîs à l’hiver 1916 et de leurs conséquences, rapporta :

«Aucun journal européen n’a rapporté que les mêmes Jeunes Turcs, qui voulaient exterminer les Arméniens, ont chassé les Kurdes qui vivaient en Haute-Arménie de leur maison et de leur foyer. Comme les Arméniens, les Kurdes ont été accusés d’être des éléments peu confiants qui se joindraient aux Russes. La déportation des Kurdes des régions de Djabachdjur, Palu, Musch [Muş] et des Vilajets d’Erzerum et de Bitlis a eu lieu à l’hiver 1916. Environ 300 000 Kurdes ont dû errer vers le sud. Ils ont d’abord été placés en Haute Mésopotamie, en particulier dans la région d’Ourfa, mais aussi à l’ouest d’Aintab [GaziAntep] et de Marasch [Maraş]. Puis, à l’été 1917, le transport des Kurdes vers le plateau de Konya a commencé. […] Le plus horrible, c’est que les déportations ont eu lieu en plein hiver. Lorsque les déportés atteignirent un village turc dans la soirée, les habitants prirent peur et fermèrent les portes de leurs maisons. Ainsi, les pauvres Kurdes devaient rester dehors sous la pluie et la neige. Le lendemain matin, les villageois ont dû creuser des fosses communes pour ceux qui sont morts de froid. La souffrance des Kurdes survivants qui ont finalement atteint la Mésopotamie était loin d’être terminée. […] L’hiver 1917/18 apporta de nouvelles difficultés. Malgré une bonne récolte, presque tous les Kurdes déportés ont été victimes d’une terrible famine. […]  [69]

Schaller et Zimmerer soulignent que l’objectif global de la politique des Jeunes Turcs envers les Kurdes était, selon Künzler, génocidaire : « C’était l’intention des Jeunes Turcs de ne pas laisser ces éléments kurdes retourner dans leur patrie ancestrale. Au lieu de cela, ils devraient peu à peu être complètement absorbés par la Turquie. »

Chiffres définitifs

Les chiffres du nombre de déportations kurdes varient considérablement. Les données statistiques préparées par le ministère turc de l’Économie indiquent qu’il y avait « bien plus d’un million » de réfugiés et de déportés kurdes. [70] La majorité d’entre eux avaient fui le génocide perpétré contre eux par les Russes et les Arméniens dans les vilayets de l’Est. Entre la fin de 1915 et 1918, plus de 700 000 réfugiés kurdes, probablement jusqu’à 1 million, ont été contraints à des marches de la mort vers l’Anatolie centrale et occidentale ainsi que vers la Haute Mésopotamie. Certaines sources affirment qu’environ la moitié des déportés ont péri en cours de route avant d’atteindre leurs différentes destinations. [71] Mahmud al-Durra écrit que sur les 700 000 Kurdes déportés, « la majorité d’entre eux sont morts ». [72]Certaines sources rapportent le nombre de Kurdes morts lors des déportations à 700 000. [73]

En 1917, comme le montre Reynolds, la population kurde d’Anatolie était dans un état tout à fait misérable. Déracinés et contraints d’errer sur un champ de bataille pendant trois ans, les Kurdes meurent désormais en grand nombre de faim et de froid, réduits à manger « du charbon et de la boue ». Beaucoup de femmes et d’enfants kurdes étaient particulièrement nus. [74] La population kurde de certaines régions a été entièrement détruite. Avant la guerre, les régions kurdes situées au sud du lac Wan (Van) étaient habitées par 800 000 Kurdes, en 1918 la région était presque entièrement dépeuplée. [75]

Conclusion et appel à la reconnaissance et à la commémoration du génocide kurde

Pendant la Première Guerre mondiale dans l’est de l’Anatolie, au moins un million de Kurdes ont été exterminés par les Turcs, les Arméniens et les Russes. Des centaines de milliers d’autres sont morts de famine, d’exposition et de maladie pendant la guerre. Ce ne sont que des chiffres de victimes civiles. Il n’y a pas de nombre précis concernant le nombre de Kurdes enrôlés dans l’armée pendant le Seferberlik [mobilisation générale], selon Amin Zaki, la onzième armée basée à al-Aziz, la douzième armée à Mossoul, la neuvième à Erzurum et la dixième à Siwas [Sivas], étaient composées entièrement des Kurdes. Il estime les pertes kurdes dans la guerre à plus de 300 000. La majorité d’entre eux sont morts à la guerre tandis que d’autres sont morts en captivité, de faim ou de froid. [76]

Une source kurde en 1919, se concentrant principalement sur l’Empire ottoman, estime que 1,5 million de Kurdes ont péri pendant la guerre, un million d’entre eux ont été tués, d’autres sont morts de famine, de maladie ou d’exposition. [77] Ce chiffre concorde parfaitement avec les chiffres de la population kurde d’avant-guerre et d’après-guerre au Kurdistan du Nord.

Le génocide kurde pendant la Première Guerre mondiale a été l’un des événements les plus brutaux et les plus horribles, mais non reconnus, de l’histoire de l’humanité. Ces atrocités ont coûté la vie à près de 2 millions de Kurdes et ont eu de graves effets à long terme sur leur communauté, leur culture et leur identité. Il est essentiel pour les Kurdes modernes de se souvenir et de reconnaître ce génocide kurde spécifique. Ce faisant, nous pouvons honorer et respecter la mémoire de ceux qui ont souffert pendant cette période sombre de l’histoire humaine.

Références:

 

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    34. Holquist, Forms of Violence, p.341. ↑
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    53. Noel, ibid. ↑
    54. Bedirkhani, M. ‘O. (1919). “Xûlya birwarine teşebuthat,” Kurdistan Newspaper, n.5, April, 16, pp.55-6. Cf. Tewfiq, op. cit., p.653. ↑
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    59. Akcam, op. cit., p.266. ↑
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    69. Schaller, D. J., Zimmerer, J. (2009) Late Ottoman Genocides: The Dissolution of the Ottoman Empire and Young Turkish Population and Extermination Policies. London: Routledge. https://www.google.iq/books/edition/Late_Ottoman_Genocides/HSTdAAAAQBAJ ↑
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    71. Ibid. ↑
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    74. Reynolds, The Ottoman-Russian Struggle for Eastern Anatolia and the Caucasus, 1908-1918. p.300. ↑
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    77. Ibn al-Rashid (1919). “wez’iyat ‘mumiya’ akrada bernidhar (وضعيت عموميةء اكرادة برنظر),” Kurdistan Newspaper, n.8, June 3. pp.92-7. Cf. Tewfiq, op. cit., pp.653-4. ↑

 

Article original à lire sur le site Kurdish Center for Studies (KCS): THE GENOCIDE OF KURDS DURING WWI – PART I: NORTHERN KURDISTAN

PARIS. « Notre vengeance sera la révolution des femmes » disent les femmes kurdes au Festival Rojbin

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PARIS – Ce dimanche 18 juin, des milliers de femmes (et d’hommes) se sont rassemblées sur la Rotonde Stalingrad, malgré la chaleur accablante, pour assister à la sixième édition du Festival des Femmes Kurdes « Fidan Dogan – Rojbin ». Les élues, Laurence Cohen, sénatrice et marraine du Festival – Rojbin, la députée Danielle Simonnet, ainsi que des membres d’organisations tamoules, kabyles, arméniennes… sont venu.e.s apporter leur soutien aux femmes et peuple kurdes lors de l’événement qui a réuni plusieurs artistes kurdes venues des quatre coins du Kurdistan.

Le double slogan du 6e festival Rojbin, dédié à Evin Goyî (Emine Kara), révolutionnaire kurde assassinée à Paris en décembre 2022, était « Jin, jiyan, Azadî », « notre vengeance sera la révolution des femmes ». En effet, depuis le triple assassinat de Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbin) et Leyla Saylemez, 3 femmes révolutionnaires kurdes abattues à Paris en janvier 2013, le régime turc (et les mollahs iraniens depuis le meurtre de Jina Mahsa Amini en septembre 2022), a intensifié les attentats meurtriers ciblant les militantes kurdes, au Kurdistan « turc » mais aussi au Rojava, au Kurdistan « irakien » et en Europe. Lors du festival d’hier, les femmes kurdes ont répété que leur réponse aux régimes patriarcaux et sexistes sera la révolution des femmes.

La 6e édition du Festival Rojbin s’est déroulée dimanche à Paris. L’événement était l’un des festivals que le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) annuels organisés dans différents pays. Le festival de Paris porte le nom de Fidan Doğan (Rojbîn), qui a été assassinée par les services secrets turcs le 9 janvier 2013 avec Sakine Cansız (Sara) et Leyla Şaylemez (Ronahî).

Le mouvement des femmes kurdes dédie à Evin Goyî les festivals de cette année, dont le Festival des femmes Zîlan qui a eu lieu samedi à Gelsenkirchen, en Allemagne, le Festival Rojbin à Paris d’hier et le festival des femmes Sakine Cansız qui aura lieu le 25 juin à Zurich, en Suisse.

Le 6e festival Rojbin a eu lieu sur la Rotonde Stalingrad où la foule a dansé au son des chansons des musiciennes Bermal Çem, Mizgin Tahir, soprano originaire du Rojava en tournée en France, Beyan, musicienne originaire de Kirmaşan (Rojhilat), le duo Dida & Pîya et le groupe de musique féminin JIN MA, venues des quatre coins du Kurdistan et d’Europe. Par ailleurs l’équipe folklorique kurdes Rojbin, et des danseuses tamoules ont exécuté des danses traditionnelles de leurs pays respectifs. De plus, les femmes kurdes en tenue traditionnelles ont dansé des danses traditionnelles kurdes

Une des nombreuses tentes dressées lors du festival accueillait des enfants et femmes dengbêjs (bardesses) qui chantaient des chants traditionnels kurdes tout en réalisant de l’artisanat (tricotages, etc.). Par ailleurs, le coordinateur de l’académie MA – MUSIC de Diyarbakir (Amed), Şerko Kanîwar a animé un atelier de rythme pour enfants.

Des stands d’information, de restauration, de livres et de vêtements kurdes étaient également installés autour de la place.

Le musicien kurde, Newroz Oremari et Ooberfuse en concert à Paris pour la Journée des refugiés

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PARIS – Le musicien kurde, Newroz Oremari et le duo d’Ooberfuse seront en concert au The Dissident Club, à Paris, ce mardi 20 juin, lors d’une soirée organisée dans le cadre de la Journée mondiale des réfugiés pour sensibiliser à la cause des réfugiés dans le monde.

Show Me Love (Montre-moi de l’amour) – Un concert pour la Journée mondiale des réfugiés

Voici le communiqué de The Dissident Club:

« Rejoignez-nous le 20 juin à 20h au club DISSIDENT pour une soirée inoubliable de musique live avec le duo londonien Ooberfuse et le chanteur folk kurde Newroz Oremari. Désormais basé à Londres, Newroz a dû fuir l’Irak où il risquait d’être exécuté pour avoir chanté des chansons critiquant le régime dictatorial de Saddam Hussein.

Artistes:

Newroz Oremari est une chanteuse folk kurde. Quant il était adolescent, on lui a dit qu’il serait exécuté s’il était surpris en train de chanter dans l’Irak de Saddam Hussein – lui et son père ont même dû signer un engagement disant qu’ils acceptaient la peine de mort s’ils le faisaient. Il a rejoint la résistance kurde, finissant en prison et prenant même plusieurs identités – dont celle d’un magnat du pétrole émirati – dans sa quête pour pouvoir chanter librement dans sa langue maternelle (le kurde).

Ooberfuse, d’Hal St John et Cherrie Anderson est un duo d’auteurs-compositeurs pop alternatifs de Woolwich, à Londres. L’une des forces d’Ooberfuse est leur performance live, ayant joué des centaines de concerts dans le monde entier. Ils sont tout aussi à l’aise de se produire devant un public de 2 millions de personnes à Madrid, devant des centaines de personnes dans l’une des célèbres favelas de Rio de Janeiro ou devant la Chambre des Lords au Royaume-Uni. Ils ont récemment tourné au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, au Portugal, au Brésil, au Canada, aux Philippines, en Chine, en Inde, en Roumanie et en Irak. Ils ont honoré la scène de certaines des salles les plus prestigieuses de Grande-Bretagne, notamment l’O2 à Greenwich, le Leicester Square Theatre et le London Palladium. Le soutien pour leur musique est venu de Music Week, BBC Introducing, Rolling Stone India, Guardian Music, DJ Mag. Le groupe a récemment terminé deux tournées nationales au Royaume-Uni avec Heather Small (M People) et The Overtones. »

 

RDV ce mardi 20 jui, à 20 heures, au The Dissident Club, 58 Rue Richer, 75009 PARIS