Il y a 34 ans, le leader kurde Abdul-Rahman Ghassemlou était assassiné par l’Etat iranien
L’ONU demande une enquête spéciale sur les attaques de l’armée turque contre les femmes kurdes
L’ONU a appelé la Turquie à mener une enquête indépendante et transparente soutenue par la communauté internationale pour identifier les violations subies par les femmes kurdes dans la guerre de l’État turc contre le peuple kurde.
La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la violence à l’égard des femmes et des filles, ses causes et ses conséquences, Reem Alsalem, a publié le rapport sur la violence à l’égard des femmes en Turquie dans le cadre de la 53e session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève.
Reem Alsalem a fait une mention spéciale concernant la violence contre les femmes kurdes dans son rapport de 19 pages et a attiré l’attention sur les attaques des soldats des forces armées turques contre les femmes kurdes et les combattantes femmes du PKK.
Les femmes kurdes sont la cible de l’État
La rapporteuse spéciale Reem Alsalem, qui définit les femmes kurdes comme les groupes particulièrement exposés au risque de violence dans le pays, a inclus dans son rapport sa préoccupation selon laquelle les femmes kurdes sont exposées à la violence en raison de leurs identités ethniques et linguistiques. Dans son rapport, la rapporteuse de l’ONU souligne que « les femmes kurdes sont victimes de discrimination fondée sur leurs identités ethniques et linguistiques, marginalisées dans la société et jouissent de droits humains limités. En outre, nous sommes préoccupés par le nombre élevé d’informations selon lesquelles des civils kurdes, pour la plupart des femmes, ont été tués ou soumis à des violences, y compris des violences sexuelles, dans le cadre de la guerre contre le PKK. » Elle est également préoccupée par les informations selon lesquelles des femmes et des filles kurdes sont constamment harcelées et menacées, la détention arbitraire et prolongée de nombre d’entre elles, leur accès limité à l’aide juridique et des procès inéquitables.
Enquêter spécifiquement sur les attaques contre les femmes kurdes
La Rapporteuse spéciale Reem Alsalem, qui a appelé la Turquie à enquêter sur les attaques contre les femmes kurdes par les forces armées turques, a fait les déclarations suivantes dans son rapport : « Enquêter, poursuivre et punir les actes de violence sexuelle et sexiste perpétrés contre les femmes kurdes par les forces de sécurité et de défense turques. Veiller à ce que l’article 3 des Conventions de Genève soit respecté quel que soit l’état du conflit dans les zones turco-kurdes et le PKK.
À cette fin, mettre en place des mécanismes d’enquête efficaces, impartiaux et transparents avec un soutien international pour clarifier les violences et les violations subies par les femmes kurdes et poursuivre les responsables. »
Qu’est-ce que l’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève ?
« L’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève est applicable aux conflits armés non internationaux et énonce en quoi consiste un minimum de traitement humain.
En cas de conflit armé ne présentant pas un caractère international et surgissant sur le territoire de l’une des Hautes Parties contractantes, chacune des Parties au conflit sera tenue d’appliquer au moins les dispositions suivantes :
1. Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère défavorable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance, le sexe, la naissance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.
À cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l’égard des personnes mentionnées ci-dessus :
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a. les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices
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b. les prises d’otages ;
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c. les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants ;
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d. les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés.
2. Les blessés et les malades seront recueillis et soignés.
Un organisme humanitaire impartial, tel que le Comité international de la Croix-Rouge, pourra offrir ses services aux Part ies au conflit.
Les Parties au conflit s’efforceront, d’autre part, de mettre en vigueur par voie d’accords spéciaux tout ou partie des autres dispositions de la présente Convention.
L’application des dispositions qui précèdent n’aura pas d’effet sur le statut juridique des Parties au conflit. »
ANF
ROJAVA. Deux femmes yézidies libérées des mains de DAECH
SYRIE / ROJAVA – Deux jeunes femmes yézidies libérées par les forces arabo-kurdes de la captivité de l’EI au camp al-Hol ont retrouvé leurs familles à Shengal. Il reste encore des centaines des femmes et fillettes yézidies kidnappées et dont le sort reste inconnu.
Après avoir été piégées au sein des structures de la milice terroriste « État islamique » (EI) pendant neuf ans, deux jeunes femmes yézidies ont enfin pu retourner à Shengal et embrasser leurs proches. Elles ont été libérées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) des mains des djihadistes au camp al-Hol. Aliya et Besê ont été kidnappés au début du génocide de l’EI à Shengal le 3 août 2014. Après leur libération, les deux femmes ont été confiées aux soins des unités de résistance de Shengal (YBŞ/YJŞ). Grâce au soutien du mouvement de femmes yézidies TAJÊ à Xanesor dans le sud du Kurdistan, elles ont pu rejoindre leurs familles hier.
Les FDS ont pu libérer les deux femmes lors d’une opération dans le camp d’internement d’al-Hol. Des milliers de membres de l’EI sont toujours dans le camp al-Hol, et le gouvernement autonome du nord et de l’est de la Syrie est à peine en mesure d’assurer la sécurité. Avec des opérations à grande échelle, les FDS fouillent le camp régulièrement, elles parviennent souvent à libérer des femmes yézidies qui ont été kidnappées par l’EI et vendues comme esclaves.
ANF
Il y a 93 ans, la Turquie massacrait des milliers de Kurdes dans la vallée de Zilan
TURQUIE / KURDISTAN – Il y a 93 ans, des milliers de Kurdes étaient massacrés et 44 villages incendiés dans la vallée de Zilan pendant la rébellion d’Ararat. Aujourd’hui, la Turquie construit un barrage dans cette vallée pour effacer les traces du massacre de Zilan.
KURDISTAN. Un opposant kurde d’Iran assassiné près d’Erbil
IRAK / KURDISTAN – Siamand Shaboi, un opposant kurde d’Iran a été assassiné près d’Erbil, la capitale du gouvernement régional du Kurdistan. La famille de la victime accuse le régime iranien d’être derrière son assassinat.
Selon le rapport reçu par l’ONGn Hengaw, vers midi le mercredi 12 juillet 2023, le corps sans vie d’un membre du Parti démocratique du Kurdistan iranien, nommé Siamand Shaboi, originaire d’Oshnaviyeh (Shno), et membre du Parti démocratique du Kurdistan iranien (KDP-I), a été retrouvé dans un bâtiment en construction dans le village de « QaderAwa » du district de Baherka, situé à 10 kilomètres d’Erbil.
L’activiste kurde a reçu plusieurs balles dans le dos.
L’un des proches parents de Siamand Shaboi a déclaré à Hengaw : « Siamand Shaboi avait disparu depuis hier soir. Il a disparu d’une manière totalement inédite. Nous tenons les équipes terroristes de la République islamique d’Iran pour responsables de cet assassinat. »
Il convient de mentionner que, selon la déclaration de Siamand Shaboi, il a été menacé à plusieurs reprises par les agences de sécurité iraniennes au cours des dernières années, et récemment ses deux frères et son fils de 14 ans, Komar Shaboi, ont été arrêtés par les forces gouvernementales iraniennes.
Le vendredi dernier, deux autres membres du Parti démocratique du Kurdistan iranien, Luqman Aji et Adel Mohajer, tous deux originaires de Piranshahr, ont été assassinés aux premières heures de la matinée, à Qaladze, dans la province de Sulaymaniyah.
Hengaw
« L’adhésion de la Turquie à l’UE dépend de la question kurde »
TURQUIE – Le député Saruhan Oluc appelle à une solution pacifique à la question kurde pour l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne.
Vice-président du groupe parlementaire du Parti de la gauche verte (Yesil Sol) et député d’Antalya, Saruhan Oluc considère le soutien du président turc Erdoğan à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN comme une déclaration extrêmement critique. Les engagements suédois de l’UE envers la Turquie sont purement diplomatiques.
Le nouveau Conseil OTAN-Ukraine s’est réuni pour la première fois aujourd’hui, le dernier jour du sommet de l’OTAN en Lituanie. À l’approche du sommet de Vilnius, le président ukrainien Zelenskyy a appelé à plus d’armes, à une invitation à rejoindre l’OTAN et à des garanties de sécurité. Le chef adjoint du Parti de la gauche verte (YSP), Saruhan Oluç, s’est exprimé lors d’une conférence de presse au parlement à Ankara sur les relations entre la Turquie et l’Ukraine, la visite de Zelenskyy, les discussions à l’OTAN et le processus d’adhésion à l’UE.
Oluç a déclaré : « Le président Erdoğan a déclaré que l’Ukraine méritait d’être membre de l’OTAN. Ce n’est pas une situation à ignorer. C’est une déclaration extrêmement critique non seulement pour l’Ukraine et la Russie, mais aussi pour les peuples de Turquie et d’Europe et pour leur avenir. Parce qu’aucun État membre de l’OTAN n’était disposé à admettre officiellement l’Ukraine dans l’OTAN. En particulier, lors du sommet de l’OTAN précédant l’invasion, il n’était pas prévu d’inclure l’Ukraine dans l’OTAN à court ou moyen terme. Ce débat s’est terminé à ce moment-là. Pourquoi Erdoğan a-t-il relancé le débat sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ? Les risques associés à cela doivent être discutés. L’admission de l’Ukraine dans l’OTAN signifie que l’OTAN et la Russie entreront en guerre. Cela signifie la 3e guerre mondiale. »
« Les critères de Copenhague doivent être remplis pour l’adhésion à l’UE »
L’engagement de la Suède à soutenir l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne est purement diplomatique et n’a pas d’équivalent, a déclaré Oluç. S’adressant au gouvernement, Oluç a déclaré : « Si vous voulez l’adhésion à l’UE, vous remplissez les critères de Copenhague. Vous souhaitez rejoindre l’UE ? Lorsque l’UE a dit que vous deviez répondre aux critères de Copenhague, cela voulait-il dire que vous deviez faire appel à des administrateurs [nommés à la place des maires kurdes destitués par l’Etat]? Vous a-t-elle dit de vous opposer à la Commission de Venise pour cette raison ? Vous a-t-elle dit de contredire le Parlement européen et le Conseil ? L’UE vous a-t-elle dit de ne pas vous conformer aux arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme ? Vous a-t-elle dit de violer la Convention européenne des droits de l’homme répondre aux critères de Copenhague? Vous a-t-elle dit de remplir les prisons pour des raisons politiques ? Vous a-t-elle dit d’arrêter des journalistes ? Vous a-t-elle dit d’infliger des amendes aux chaînes de télévision et d’arrêter les journalistes de télévision ? A-t-il dit que vous devriez être sur la liste grise du Groupe d’action financière ? La Turquie a été inscrite sur la liste grise et accusée de ne pas avoir pris de mesures préventives contre le financement du terrorisme. A-t-elle dit de ne pas empêcher le blanchiment d’argent ? Est-ce dans les critères de Copenhague? L’UE a-t-elle dit de poursuivre les attaques contre les mères du samedi et de ne pas appliquer les décisions de la Cour constitutionnelle ? A-t-elle dit que vous devriez menacer de fermer la Cour constitutionnelle ? L’UE vous a-t-elle dit interdire le HDP et empêcher la représentation politique du peuple kurde dans la politique démocratique ? A-t-elle dit de ne pas réformer le système judiciaire et de retarder les grèves ? Vous a-t-elle dit d’empêcher l’utilisation du droit de réunion et de manifestation ? Vous a-t-elle dit de vous retirer de la Convention d’Istanbul pour appliquer les critères de Copenhague ? L’UE vous a-t-elle dit que dans les rapports d’étape du Parlement européen, qui sont importants pour les négociations avec l’UE, vous devez à chaque fois être fortement critiqué? Chaque fois qu’un rapport d’avancement est publié, le Département d’État publie une déclaration disant : « Ces rapports sont nuls et non avenus pour nous. L’UE vous a-t-elle dit que vous remplissiez les critères de Copenhague, si vous vous comportez ainsi ? Que répondez-vous à ces questions ? »
Oluç a déclaré qu’à moins que la mentalité des « critères d’Ankara » ne soit abandonnée, aucune mesure vers l’adhésion à l’UE ne peut être prise : « l’adhésion de la Turquie à l’UE dépend de la démocratisation, de l’État de droit et de la résolution de la question kurde ».
ANF
TURQUIE. Des soldats turcs torturent des bergers kurdes
TURQUIE / KURDISTAN – Des images de la violence des soldats contre plusieurs bergers kurdes du district de Licê, dans la province de Diyarbakir (Amed) ont été publiées sur les réseaux sociaux. Hanifi Yalavuz, l’un des bergers, a déclaré : « Ils nous ont accusés de leur avoir tiré dessus. Ils nous ont jetés par terre et nous ont donné des coups de pied à la tête. »
Quatre membres de la famille Yalavuz, qui travaillaient comme bergers dans le hameau de Metmûr (Kalkanlı) du quartier rural de Bêşiştê (Türeli) du district de Licê, ont été violentés par des soldats turcs. L’incident, qui se serait produit le 3 juin, a fait surface lorsqu’un utilisateur de TikTok nommé « Sergent-spécialisé Berk » a partagé les images avec le commentaire « vengeance » sur les réseaux sociaux.
Images partagées
Dans les images, on voit que 3 personnes menottées dans le dos et sont couchées au sol, et une personne parle à un soldat en position assise. On entend un civil étendu par terre dire : « Je dors ici pour du pain », et on entend un soldat prendre des photos dire : « Que Dieu vous… ».
Un berger raconte la violence subie
Hanifi Yalavuz, qui est apparu dans les images et est menotté dans le dos, a raconté à l’agence Mezopotyama (MA) ce qui s’est passé. Yalavuz a déclaré: « Nous étions sortis avec les animaux la nuit. Des affrontements [armés] ont éclaté à 03h20, et quand ils se sont calmés, ils nous ont rattrapés. Ils nous ont accusés de leur avoir tiré dessus. Ensuite, ils nous ont jetés par terre et nous ont menottés. Ils nous ont torturés et insultés. Ils nous ont donné des coups de pied dans la tête. »
Des responsables militaires demandent des excuses
Précisant qu’ils se sont plaints au poste de police du quartier après avoir subi des violences, Yalavuz a déclaré : « Ils m’ont appelé au poste de police le lendemain. Ils ont dit : « On ne le savait pas. Ils vous ont torturés et insultés. Nous allons les punir en conséquence. » Ensuite, ils m’ont libéré. Celui qui parle dans la vidéo, c’est moi. J’ai parlé plus mais ils l’ont coupé. J’ai dit que je travaillais jour et nuit pour gagner de l’argent. Nous gardons les animaux pour gagner notre pain. Nous y sommes depuis environ un mois et demi. »
Agence Mezopotamya
TURQUIE. Libération de 15 journalistes kurdes détenus depuis 13 mois
TURQUIE / KURDISTAN – 18 journalistes kurdes accusés de « terrorisme » ont été libérés par un tribunal turc de Diyarbakır (Amed) après 13 mois de détention provisoire.
La première audience de l’affaire dans laquelle 18 journalistes – dont 15 sont emprisonnés – sont jugés, a repris aujourd’hui au 4e tribunal pénal de Diyarbakır.
Dans le cadre d’une enquête menée par le parquet général de Diyarbakır, 22 personnes, dont 20 journalistes, ont été arrêtées lors de perquisitions de maisons et de médias dans de nombreuses villes du centre d’Amed le 8 juin 2022. Parmi les personnes arrêtées, il y a le coprésident de l’Association des journalistes Dicle-Fırat (DGF), Serdar Altan, rédacteur en chef de l’agence Mezopotamya Aziz Oruç, rédacteur en chef du journal kurde Xwebûn, Mehmet Ali Ertaş, les journalistes Zeynel Abidin Bulut, Ömer Çelik, Mazlum Doğan Güler, İbrahim Koyuncu, Neşe Toprak, Elif Üngür, Abdurrahman Öncü, Suat Doğuhan, Remziye Temel, Ramazan Geciken, Lezgin Akdeniz et Mehmet Şahin ont été emprisonnés 8 jours plus tard pour de prétendues accusations de terrorisme.
Les journalistes emprisonnés ont comparu pour la première fois devant le tribunal après 13 mois de détention. L’audience en cours depuis hier a été surveillée par l’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG), la Plateforme des femmes journalistes de Mésopotamie (MKGP), l’Union des journalistes de Turquie (TGS), l’Association des journalistes contemporains (ÇGD), le DİSK Basın-İş, le MLSA, le Comité de protection des journalistes (CPJ), des représentants de nombreuses organisations professionnelles, ainsi que des avocats des cabinets d’avocats d’Amsterdam, des organisations juridiques telles que l’Amed Bar Association, l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD), des représentants de MED-DER et de l’IHD et des députés du Parti de la gauche verte, HDP, etc.
L’audience d’aujourd’hui s’est poursuivie avec la défense des journalistes qui ont protesté contre l’acte d’accusation pour les avoir qualifiés de terroristes et ont juré de continuer à faire du journalisme et de défendre leur travail.
« Nous ne sommes pas ici pour rendre compte de ce que nous avons fait, mais pour demander des comptes à ceux qui nous accusent », ont déclaré les journalistes.
Mehmet Çelik, qui a pris la parole en tant que témoin, a déclaré qu’il n’avait été témoin d’aucun crime commis dans les médias et les entreprises accusés.
Suite à la défense des journalistes, le procureur a demandé le maintien de l’incarcération des journalistes au motif des « éléments de preuve disponibles ».
Le tribunal a ordonné la remise en liberté de tous les journalistes emprisonnés qui restent soumis à un contrôle judiciaire.
#JournalismIsNotACrime
#GazetecilikYargılanamaz
#ÖzgürBasınSusturulamaz
TURQUIE. 2e jour du procès de 18 journalistes kurdes
TURQUIE / KURDISTAN – Aziz Oruç, un des 18 journalistes kurdes jugé.e.s depuis hier à Diyarbakir (Amed): « Si vous êtes journaliste, vous êtes un terroriste ! 400 jours plus tard, nous comparaissons devant un tribunal. C’est en soi le résumé de la situation. Nous ne sommes pas prison depuis 400 jours pour avoir commis un crime. »
18 journalistes, dont 15 emprisonnés, devant le juge après 13 mois : « Le journalisme est en procès »
La première audition de 18 journalistes, dont 15 ont été arrêtés le 8 juin 2022, dans le cadre de l’enquête basée à Diyarbakır, a débuté hier matin devant la 4e Haute Cour pénale de Diyarbakır.
Le premier jour de l’audience, il a été révélé que l’épouse du procureur, qui avait préparé l’acte d’accusation des journalistes, faisait partie du jury. Les avocats ont exigé le refus du juge. Le président du tribunal a rejeté la demande.
La première audience de l’affaire dans laquelle 18 journalistes – dont 15 sont emprisonnés – sont jugés, a débuté aujourd’hui devant le 4e tribunal pénal de Diyarbakır.
L’audience se poursuit aujourd’hui. Mardi, les journalistes Ömer Çelik, Mehmet Ali Ertaş, Serdar Altan, Mehmet Şahin et Zeynel Abidin Bulut (tous en prison) ont fait leur défense en kurde et ont déclaré que la presse kurde, le journalisme kurde et les médias qui parlent de la question kurde.
Serdar Altan : C’est une opération spéciale
Après la lecture du résumé de l’acte d’accusation, Serdar Altan, le coprésident de l’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG), a pris la parole pendant 45 minutes. Il a parlé de la pression exercée sur la presse depuis la période ottomane jusqu’à aujourd’hui. Rappelant Hasan Fehmi, tué le 6 avril 1909, il dit que les journalistes ont toujours été menacés dans cette région.
« Ceux qui n’acceptaient pas l’existence des Kurdes et de la presse kurde à l’époque, ne l’acceptent pas aujourd’hui. »
Altan a déclaré qu’ils avaient été arrêtés le 8 juin 2022 et placés en détention provisoire quelques jours plus tard. Il a ajouté que lui et ses amis avaient été injustement détenus alors qu’ils préparaient la commémoration de leur ami journaliste Hafız Akdemir, tué par le Hezbollah turc le 8 juin 1992.
Altan a poursuivi : « Le fait que nous ayons été placés en garde à vue le jour où notre ami a été tué montre qu’il s’agissait d’une opération spéciale. Ce n’est pas une opération ordinaire. Ils ont désigné un procureur spécial. Notre période de détention a été prolongée à 8 jours. . Une ordonnance de confidentialité a été prononcée sur le dossier. La police est venue et n’est pas sortie des établissements où nous travaillons pendant un mois. Du matériel et du matériel de journalisme ont été saisis et considérés comme des éléments du crime. »
Altan a ajouté: « Nous sommes venus au tribunal non pas pour rendre compte, mais pour vous demander des comptes. Pourquoi nous avez-vous éloignés de notre bien-aimé, des rues, de notre occupation pendant 13 mois? »
Ömer Çelik : les programmes d’information considérés comme une infraction pénale
Le journaliste Ömer Çelik s’est également défendu en kurde. Il a dit qu’ils n’acceptaient pas les accusations et a ajouté : « Je veux parler de ce que comprend l’acte d’accusation. La diffusion d’un programme est-elle un crime ? Le procureur a pointé le terme « ethnique » liés aux discussions sur le problème kurde.
Çelik a poursuivi : « Diffuser dans notre langue maternelle est un crime, selon le procureur. Cependant, il s’agit d’un droit mondial. J’ai réalisé de nombreuses émissions, mais six d’entre elles ont été incluses dans les accusations. Turquie. C’est un programme auquel de nombreux politiciens turcs ont participé. Comment cela peut-il être une infraction pénale ? »
Bulut : les journalistes kurdes dénoncent les massacres
Zeynel Abidin Bulut s’est également défendu en kurde. Il a dit que sans les journalistes kurdes, aucun des massacres comme celui de Ceylan Önkol, Uğur Kaymaz ou Roboski ne serait connu. Tout cela a été prouvé par les journalistes kurdes, a déclaré Bulut au tribunal et a déclaré que « c’était ce qui dérangeait le gouvernement et l’État » .
Mehmet Ali Ertaş : C’est tout le peuple kurde qui est jugé
Mehmet Ali Ertaş s’est également défendu en kurde et a déclaré: « Nous sommes ici aujourd’hui à cause des programmes d’information que nous avons réalisés en kurde. Il existe un seul journal en kurde et il est jugé ici aujourd’hui. Cela signifie que c’est les valeurs des Kurdes qui sont jugées ici. On nous dit que nous ne pouvons pas défendre les valeurs de notre peuple. »
Le journaliste Mehmet Şahin, également enseignant licencié après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2015, s’est exprimé en kurde et a déclaré : « Je parle ici la langue de ma mère. Les journalistes kurdes subissent l’oppression comme d’habitude. »
Dans la défense de la première audition de 18 journalistes, dont 15 étaient détenus à Diyarbakır, il y a 13 mois, il a été souligné que celui qui était jugé était le journalisme. Le procès, qui a débuté hier, se poursuit aujourd’hui.
ANF
TURQUIE. Une femme torturée et tuée à Mardin
TURQUIE / KURDISTAN – Hindirun Aydoğan, une femme kurde originaire de Qamishlo, a été torturée puis assassinée par son mari à Mardin / Kiziltepe.
Hindirin Aydoğan (45 ans), vivant dans le district de Qoser (Kızıltepe) à Mêrdîn, a été assassinée par son mari Zeki Aydoğan. Selon les informations reçues, lorsque Hindirin Aydoğan a voulu rejoindre sa famille vivant dans la ville de Qamishlo, au Rojava, dans le nord de la Syrie, été torturée, puis assassinée par son mari Zeki Aydoğan qui a pris la fuite.
Hindirun Aydogan, qui a été transportée à l’hôpital, n’a pas pu être sauvée malgré l’intervention. La victime aurait des traces de torture sur son corps.
Au moins 600 femmes ont été victimes de féminicides au cours des 2 années qui ont suivi le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul, tandis qu’au moins 400 autres femmes sont mortes dans des circonstances suspectes à travers le pays, y compris dans le Kurdistan de Turquie.
TURQUIE. Inquiétudes pour la vie de la prisonnière politique Özge Özbek
TURQUIE – La prisonnière politique kurde atteinte de tumeur cérébrale, Özge Özbek a été hospitalisée suite à une hémorragie cérébrale. Mais elle a de nouveau été envoyée à la prison, malgré les mises en garde du médecin de l’hôpital qui voulaient l’opérer d’urgence. En Turquie, l’année dernière, plusieurs prisonniers malades sont morts en prison ou peu de temps après leur libération.
Bien que le médecin de l’hôpital ait dit à Özge Özbek, une détenue gravement malade de la prison pour femmes de Sincan, que la tumeur au cerveau avait grossi et qu’elle avait besoin d’une intervention chirurgicale urgente, elle a été ramenée à la prison.
Özge Özbek, détenue à la prison pour femmes de Sincan et opérée d’une tumeur au cerveau, s’est évanouie le 10 juillet. Ozbek, qui s’est cogné la tête contre le sol et a été transporté à l’hôpital, a été informée par le médecin de l’hôpital que sa tumeur au cerveau avait grossi et qu’elle avait besoin d’une intervention chirurgicale d’urgence. Cependant, Özbek a été ramenée en prison par les soldats malgré les avertissements des médecins.
Özgür Özbek, l’époux d’Özbek, a déclaré : « Tous les lundis, Özge nous appelait. Nous étions inquiets quand elle ne nous a pas appelés ce jour-là. Nous avons fouillé la prison vers les heures de la nuit. Il a dit qu’elle avait été emmenée à l’hôpital de la prison. Nous avons parlé à Özge plus tard, et elle a dit qu’elle s’était évanouie et s’était cognée la tête. Elle a dit qu’elle avait été emmenée à l’hôpital et qu’après l’examen et l’examen, la tumeur dans son cerveau avait grossi et qu’elle avait été emmenée en prison par les gardes, bien que le médecin ait dit qu’elle avait besoin d’une intervention chirurgicale d’urgence dans un autre hôpital. Elle a des étourdissements et des vomissements constants. »
CE QUI S’EST PASSÉ?
Özbek, qui a été condamné à 6 ans et 3 mois de prison pour « appartenance à une organisation terroriste [PKK] » en 2011 par la 11e Haute Cour pénale d’Ankara, a subi une opération à ciel ouvert à l’hôpital Acıbadem d’Istanbul le 27 octobre 2020 en raison d’une tumeur au son cerveau. Après l’opération, la peine d’Özbek a été confirmée par la Cour suprême. À la suite de la demande de report d’exécution, le rapport du conseil de santé de l’hôpital de formation et de recherche du ministère de la Santé de Darıca daté du 24 décembre 2021 a conclu qu’Özbek ne pouvait pas rester en prison. Cependant, malgré le rapport du Conseil de la santé, l’Institut de médecine légale d’Istanbul (ATK) a publié un rapport sur Özbek selon lequel elle pouvait rester en prison.
Via l’agence Mezopotamya
Manifestation kurde contre le centenaire du Traité de Lausanne
Avec le traité de Lausanne en 1923, le Kurdistan est transformé en colonie internationale. A l’occasion du 100e anniversaire de la signature, la manifestation « 100 ans de division coloniale du Kurdistan – 50 ans de lutte pour la libération » aura lieu le 22 juillet.
« Le Traité de Lausanne est la décision de génocide des peuples du Kurdistan! »
Le 22 juillet prochain, la communauté kurde défilera dans la capitale vaudoise pour dénoncer le centenaire du Traité de Lausanne. Les participants se donnent rendez-vous à 11h30 sur la place de la Navigation. Le cortège partira à 13h30. Rappelons que ce traité, résultant de la Première Guerre mondiale, a précisé les frontières de la Turquie moderne tout en sacrifiant les aspirations d’indépendance des communautés kurde et arménienne.
Le traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923 entre la Turquie et la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, la Grèce, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, redessine les frontières et définit les pays et confirme la seule revendication de la Turquie sur l’Asie Mineure. Ce faisant, il légalise l’expulsion de la population gréco-chrétienne, qui avait déjà largement eu lieu, ainsi que l’anéantissement de la nation arménienne – et approuve diplomatiquement le cantonnement du Kurdistan.
Après que les Kurdes aient obtenu le droit à l’autodétermination par le traité de Sèvres de 1920 – conclu entre les alliés de la Première Guerre mondiale l’Angleterre, la France et l’Italie et la Turquie ont ensuite établi la division du Kurdistan dans le traité de Lausanne, dont les parties anatolienne, irakienne et syrienne (mais pas la partie occupée par l’empire perse) appartenaient auparavant à l’Empire ottoman. Cela a initié la politique systématique de négation, d’assimilation et d’ethnocide contre le peuple kurde et a transformé le Kurdistan en une colonie internationale.
100 ans d’état de non-existence
En 2023, les Kurdes saisiront le centenaire du traité comme une opportunité pour fournir des informations sur son contexte et ses graves conséquences pour la société kurde dans les quatre parties de leur patrie, qui perdurent à ce jour, et pour protester contre la circonstance forcée de la politique et l’inexistence légale. Depuis des mois, divers événements se déroulent en Suisse concernant le traité de Lausanne et la demande de la communauté kurde aux États responsables de corriger et de résoudre les problèmes découlant de l’accord. Une manifestation de grande envergure est prévue le 22 juillet à Lausanne, qui portera la devise « 100 ans de division coloniale du Kurdistan – 50 ans de lutte pour la libération » et sera soutenue par la campagne internationale Défend Kurdistan.
Politique de famine, de torture, de déni et d’assimilation
« Une période sombre a commencé au Kurdistan après la signature du traité de Lausanne. De 1925 à 1938, des centaines de milliers de personnes furent victimes de massacres et d’expulsions dans la partie nord. Des politiques de famine, de torture, de déni et d’assimilation ont été introduites dans toutes les zones de peuplement kurdes. Dans le sud du Kurdistan, le traité de Lausanne a été suivi du génocide de l’Anfal dans les années 1980, qui a fait plus de cent mille morts. À Halabja, l’équivalent kurde de Guernica, l’armée de l’air irakienne a mené une attaque au gaz toxique allemande qui a tué au moins 5 000 personnes. Au moins 7 000 personnes ont été blessées, dont certaines sont en mauvaise santé à ce jour. Au Kurdistan oriental, le régime brutal et soutenu par l’Occident du Shah de Perse et, dans les années 1980, les nouveaux dirigeants islamistes ont perpétré de nombreux massacres de personnalités de premier plan de la lutte de libération kurde et des révolutionnaires de Şîno, Mahabad et Sine. Le régime nationaliste Baas en Syrie a tenté d’éradiquer l’existence kurde dans le nord du pays en expulsant des centaines de milliers de personnes du Rojava et en mettant systématiquement en œuvre un projet de colonisation pour arabiser les zones de peuplement kurdes.
Les conséquences du traité sont encore perceptibles aujourd’hui
Les conséquences du traité de Lausanne se font encore douloureusement ressentir aujourd’hui pour le peuple du Kurdistan. Les barbelés et les champs de mines qui marquent encore les frontières des quatre parties du Kurdistan 100 ans après la signature, et les nombreuses chambres de torture n’en sont que les plus visibles. À ce jour, des familles sont séparées par des clôtures et des murs, des Kurdes sont tués en tentant de franchir les frontières et des villes entières sont déchirées en deux par des frontières tracées au hasard. Le traité de Lausanne est un poignard au cœur du Kurdistan et constitue la base de la politique centenaire de négationnisme et de génocide qui se poursuit aujourd’hui dans les attaques meurtrières du fascisme turc contre les territoires libérés du Rojava, Shengal, Maxmur et les montagnes libres du Kurdistan.
Le Kurdistan est le coeur de la révolution
Cependant, au cours des 100 années qui se sont écoulées depuis le jour de sa signature, le peuple kurde a défendu son existence en résistant sans relâche à des dizaines de régimes dictatoriaux. Avec sa lutte ininterrompue depuis 1978, le Mouvement de Libération du Kurdistan a élevé la résistance dans la région multiethnique du Kurdistan au plus haut niveau. Il a créé une culture de résistance invincible, et aujourd’hui les idées de ce mouvement et de son cerveau Abdullah Öcalan montrent non seulement aux peuples du Kurdistan et du Moyen-Orient, mais aussi aux peuples du monde entier qu’un autre monde est possible. Au Kurdistan, cœur de la révolution du XXIe siècle, une nouvelle vague d’internationalisme se répand dans le monde.
Après 100 ans d’exploitation, de massacres et de résistance, les Kurdes viennent à Lausanne en Suisse cette année pour le dire une fois pour toutes : Même après 100 ans, le Traité de Lausanne ne sera pas accepté ! Après 100 ans, il est temps de tracer une ligne et de mettre fin à l’ère de la domination et de l’occupation étrangères. Le Traité de Lausanne est un traité dicté par-dessus la tête des peuples de la région et n’a aucune légitimité.
En tant qu’amis du peuple kurde, nous serons à ses côtés dans les rues de Lausanne. Nos combats sont similaires. C’est pourquoi nous, l’Initiative pour la défense du Kurdistan, appelons à une participation internationaliste à la manifestation historique de Lausanne le 22 juillet 2023. Nous invitons toutes nos structures de solidarité et nos compagnons à rejoindre le grand bloc internationaliste.
Lieu du rassemblement : Place de la Navigation / Lausanne / Suisse
Début du rassemblement: 11h30
Début de la manifestation : 13h
ANF