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SYRIE. Les autorités de transition musellent les critiques

SYRIE – Les autorités de transition syriennes recourent de manière systématique à la diffamation et aux campagnes de dénonciation pour cibler les voix critiques.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme exprime sa profonde préoccupation face à un article publié par un média proche du Gouvernement de transition, visant explicitement le rédacteur en chef d’une plateforme médiatique – un journaliste syrien d’origine palestinienne – après la publication d’une critique professionnelle du projet du mont Qasioun.

Cet article, qui incluait des photos du cheikh Hikmat al-Hijri, du cheikh Ghazal Ghazal et du directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahman, s’inscrivait dans une logique claire d’incitation à la haine et d’accusations de trahison. Ces attaques, totalement déconnectées du débat public et du travail journalistique, visent à criminaliser toute critique légitime.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme souligne que ce cas n’est pas isolé, mais s’inscrit dans une stratégie délibérée et récurrente des autorités intérimaires. Depuis plusieurs mois, celles-ci mènent des campagnes organisées visant à discréditer et à faire taire les journalistes indépendants, les militants des droits humains et les organisations de défense des droits, au premier rang desquelles l’Observatoire lui-même. Ces méthodes répressives rappellent l’injustice historique subie par le peuple kurde et les autres composantes de la société syrienne, dont les aspirations à la dignité sont systématiquement étouffées.

Au lieu de répondre aux préoccupations soulevées ou d’assurer une transparence minimale, les autorités préfèrent réprimer les voix qui dénoncent le recul des libertés publiques. Plus grave encore, alors qu’elles ferment les yeux sur les discours de haine et les appels à la division prononcés depuis certaines chaires de mosquées et plateformes médiatiques, elles instrumentalisent leurs médias affiliés pour lancer des campagnes de diffamation, d’accusations de trahison et de mobilisation de l’opinion publique contre quiconque ose poser des questions légitimes sur leurs projets ou leurs politiques.

Cette approche constitue une menace directe à la liberté d’expression et risque d’alimenter de nouvelles tensions et fractures au sein de la société syrienne. Elle reproduit tristement les pratiques répressives qui ont longtemps étouffé le peuple syrien, compromettant ainsi les espoirs d’un véritable changement.

La liberté de la presse et d’expression ne se proclame pas par des slogans, mais se construit par la protection effective des journalistes et des défenseurs des droits humains contre les menaces, les diffamations et les ciblages personnels.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme exige l’arrêt immédiat de ces campagnes de diffamation, la tenue pour responsables des auteurs de ces attaques, et la création d’un environnement sûr et propice au travail médiatique et aux activités de défense des droits humains, conformément aux normes internationales relatives à la liberté d’opinion, d’expression et au droit à l’information.

Kidnappings massifs, torture et nettoyage ethnique en Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Le régime actuel à Damas, véritable émanation d’une alliance entre Hayat Tahrir al-Cham (branche d’Al-Qaïda) et des éléments de l’État islamique, ne gouverne pas la Syrie. Il la purge. Sous couvert d’une « transition » et d’une « intégration nationale » vendues à l’Occident, ce gouvernement fanatique orchestre une politique barbare de terreur sectaire et de nettoyage ethnique. Kurdes, Druzes, Alaouites : toutes les minorités qui ne se soumettent pas à l’ordre islamiste sont visées avec une sauvagerie méthodique.

Des dizaines de jeunes Kurdes enlevés et livrés aux tortionnaires

Certains des Kurdes arrêtés récemment par les gangs de Damas

Des dizaines de jeunes Kurdes, hommes et femmes, continuent d’être enlevés par les forces du régime à Damas et par les mercenaires de l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA), directement placés sous commandement turc. Ces enlèvements ne sont pas des incidents isolés : ils s’inscrivent dans une campagne coordonnée contre la population kurde, particulièrement dans les régions de Raqqa, Tel Tamer et certaines zones d’Alep.

Une vaste opération de détention a déjà touché d’anciens combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des cadres de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES). Plusieurs d’entre eux ont été identifiés. Sous le prétexte fallacieux d’« intégration », le régime multiplie les arrestations arbitraires, sans justification claire ni transparence. Pendant ce temps, on impose une arabisation forcée dans les régions kurdes : marginalisation de la langue kurde dans l’administration et les services publics, imposition d’une identité arabe unique, et effacement progressif de la spécificité culturelle kurde.

Druzes et Alaouites : massacres et enlèvements sectaires

Abu Rami, son épouse et leur bébé alaouites tués récemment à Homs

La barbarie ne s’arrête pas là. À Soueïda, des dizaines de civils druzes ont été enlevés lors d’attaques brutales menées par des groupes liés au régime et à des factions islamistes. Des quartiers mixtes de Damas comme Jaramana et Sahnaya ont également été le théâtre d’enlèvements massifs au cours d’assauts coordonnés.

Dans le même élan de haine communautaire, des centaines de civils alaouites sont kidnappés, souvent en plein jour, dans un climat d’impunité totale. Ces enlèvements s’accompagnent fréquemment de violences sexuelles et de rançons. Le régime, loin de les empêcher, semble les tolérer voire les instrumentaliser comme outil de vengeance et de soumission.

Tortures quotidiennes, exécutions sommaires et chantage mafieux

Les témoignages des rares rescapés libérés via des échanges de prisonniers sont glaçants. Les détenus sont insultés quotidiennement, torturés avec une brutalité extrême et souvent exécutés sommairement uniquement en raison de leur ethnie ou de leur confession. La haine identitaire guide chaque acte de cruauté.

Pour étouffer toute contestation, le régime recourt à des méthodes de gangsters : il envoie des vidéos de torture aux familles pour les terroriser et les réduire au silence. Les représentants des familles d’enlevés subissent un chantage ignoble : obéissance et discrétion en échange d’une possible libération. C’est la terreur d’État version 2.0.

L’« intégration » comme masque du totalitarisme

Alors que certains à Washington ou à Paris célèbrent la « nouvelle Syrie » et que des lobbyistes comme Tom Barrack la glorifient, la réalité sur le terrain est catastrophique. Les conditions de vie se dégradent dramatiquement dans les régions anciennement autonomes : explosion du coût de la vie, effondrement des services de base, absence d’emplois. L’« intégration » n’est qu’un écran de fumée pour justifier l’occupation, les arrestations et l’effacement culturel.

Les campagnes d’arrestations contre les Kurdes se poursuivent à Raqqa, Alep et Afrin. Le dossier des prisonniers et des martyrs reste bloqué, traité avec mépris par Damas. Aucune solution concrète n’est apportée aux crises quotidiennes. Le mécontentement grandit, mais la répression ausi.

Arabisation forcée du canton de Kobanê

À Kobanê, le régime de Damas efface l’identité kurde. Les nouveaux panneaux à Jalabiya et sur les bâtiments publics n’affichent que l’arabe, supprimant le nom « Kobanê » et toute mention du kurde.

Dans une zone majoritairement kurde, cette provocation n’est pas neutre : c’est une arabisation forcée et une violation claire de l’accord sur le statut spécial de Kobanê.

En Syrie, nous ne sommes pas face à une transition démocratique. Il s’agit de la mise en place d’un régime totalitaire sectaire, soutenu par Ankara, toléré par une partie de l’Occident, et qui reproduit les pires pratiques d’Al-Qaïda et de Daech — cette fois avec une cravate d’État et des communiqués officiels.

La communauté internationale, qui a si vite voulu tourner la page Assad, ferme les yeux sur cette nouvelle terreur. Les Kurdes de Rojava, les Druzes de Soueïda et les Alaouites de la côte paient le prix du sang de cette hypocrisie.

Il est urgent d’éclairer cette réalité, de documenter ces crimes et d’exiger une position claire : non au nettoyage ethnique, non à la barbarie islamiste habillée en gouvernement légitime. La Syrie ne mérite pas un nouveau califat. Son peuple, dans toute sa diversité, mérite la dignité et la liberté.

ROJAVA. Les Kurdes exigent l’inscription de leur langue dans la Constitution syrienne

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SYRIE / ROJAVA – Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Amude pour réclamer la reconnaissance officielle de la langue kurde et son inscription dans la future Constitution syrienne.

Vêtus de tenues traditionnelles, les manifestants ont défilé en brandissant de nombreuses banderoles portant les inscriptions (en kurde) « Notre langue est notre histoire », « Notre langue est notre dignité », « L’enseignement du kurde est une revendication du peuple kurde » et ont scandé le slogan « Bê ziman jiyan nabe » (« Pas de vie sans langue »).

Au cours du rassemblement, Hena Khalid, porte-parole de l’administration scolaire d’Amude, a pris la parole pour rappeler que les Kurdes syriens n’abandonneront pas la lutte pour un enseignement en langue maternelle « jusqu’à ce que ce droit soit garanti par la Constitution ».

 

Hena Khalid a déclaré que la langue kurde est riche de son alphabet, de sa littérature et de sa poésie, et a poursuivi : « Notre langue a été préservée des tentatives de l’ennemi grâce aux efforts de centaines de poètes, d’écrivains et d’amoureux de la langue kurde. Ils ont cherché à effacer l’existence du peuple kurde, mais ce peuple n’a pas capitulé. D’Ehmedê Xanê et Melayê Cizîrî à Cegerxwîn et Celadet Bedirxan, l’héritage de la langue est aujourd’hui perpétué par les élèves. Malgré les tentatives de génocide, ils ont affirmé : “Nous sommes Kurdes, notre langue est le kurde, et c’est notre droit.” »

Khalid a souligné que la révolution du 19 juillet avait également allumé l’étincelle d’une révolution linguistique kurde et a déclaré : « Malgré les difficultés et les obstacles, nous avons commencé à donner des cours de langue dans des maisons en briques de terre crue. Grâce aux efforts de milliers d’enseignants et de martyrs, nous avons jeté les bases de l’éducation dans notre langue et enseigné le kurde à des milliers d’élèves et d’enseignants. Personne ne peut nier le kurde. Nous protégerons notre langue. L’éducation dans notre langue maternelle est un droit fondamental. Nous poursuivrons notre lutte jusqu’à ce que ce droit soit garanti par la Constitution. »

La manifestation s’est achevée sur le slogan « Bê ziman jiyan nabe », symbole de la détermination du peuple kurde à défendre sa langue et son identité face à l’injustice historique subie par le peuple kurde.

SYRIE. Quelle place pour la langue kurde dans l’éducation ?

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SYRIE / ROJAVA – La semaine dernière, la chaîne Rudaw TV a diffusé une interview d’Ahmed al-Hilali, porte-parole de l’équipe de la présidence intérimaire syrienne chargée de la mise en œuvre de l’accord du 29 janvier avec l’Administration autonome du Nord-Est de la Syrie (Rojava).

Dans cet entretien, M. al-Hilali a abordé l’avenir de l’enseignement du kurde dans le cadre de la transition éducative syrienne. Ses déclarations ont révélé une position qui suscite de sérieuses inquiétudes quant à l’engagement réel du gouvernement intérimaire syrien envers ses obligations concernant la langue kurde et l’enseignement en kurde, reflétant une fois de plus l’injustice historique subie par le peuple kurde.

Selon M. al-Hilali, le secteur de l’education dans la province d’Hassaké fonctionne bien et, une fois le processus d’intégration achevé, le programme national syrien constituera le seul cadre éducatif. Il a indiqué que deux propositions concernant l’enseignement du kurde étaient à l’étude :

  • Le kurde serait proposé comme matière optionnelle, à raison de deux heures par semaine.

  • Le programme national, une fois finalisé, serait traduit en kurde pour les élèves kurdes.

M. al-Hilali a exprimé son opinion personnelle sur ces deux propositions, affirmant que la première — offrant deux heures d’enseignement du kurde par semaine — était constructive et sans inconvénients. Il a rejeté la seconde, arguant que les élèves scolarisés en kurde seraient fortement désavantagés sur le marché du travail, rendant ainsi l’enseignement en kurde non viable sur le plan professionnel. Il a confirmé que les deux propositions avaient été soumises au Secrétariat général de la Présidence intérimaire pour examen, et qu’une réponse était attendue.

Ces positions contredisent directement les engagements déjà pris au plus haut niveau du gouvernement intérimaire syrien. Dans le décret n° 13, et plus précisément dans ses articles 1, 2 et 3, le président syrien a reconnu le pluralisme de la société syrienne, affirmé le statut des Kurdes comme peuple autochtone de Syrie et désigné le kurde comme langue nationale. L’accord du 29 janvier accorde également aux régions kurdes un certain degré d’autonomie administrative. Les propos de M. al-Hilali sont donc incompatibles avec la lettre et l’esprit de ces engagements officiels.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle position est avancée. Lors d’une interview télévisée sur la chaîne Al-Arabiya, dans l’émission « Lil-Hadith Sila », Elham Ahmed, coprésidente du Bureau des relations extérieures de l’Administration autonome, a déclaré qu’Abdulhalim Khaddam, vice-président de la Syrie sous le régime baasiste (1984-2005), avait rejeté une proposition identique : deux heures d’enseignement hebdomadaire en kurde dans les zones kurdes. Elle a souligné que ce rejet avait contribué à l’échec des négociations avec le régime baasiste. Dès lors, une question fondamentale se pose : comment, après que les Kurdes, avec le soutien de la Coalition internationale, ont vaincu Daech, chassé le régime de leurs territoires, démantelé un système éducatif étatique ne reconnaissant qu’une seule langue et une seule identité, et mis en place un cadre éducatif alternatif, est-il aujourd’hui envisageable de revenir à la même position ?

Le souci de la viabilité professionnelle, soulevé par la seconde proposition, n’est pas un obstacle insurmontable. L’État peut investir dans des mécanismes permettant de développer simultanément la langue kurde et d’améliorer l’accès des kurdophones au marché du travail. Comme je l’ai déjà souligné dans un article précédent, le kurde doit devenir une langue officielle en Syrie, utilisée dans toutes les institutions étatiques, les administrations publiques et comme langue d’enseignement. Les Kurdes sont présents dans toute la Syrie, la majorité étant concentrée dans les provinces de Hassaké, d’Alep et de Damas. Si des centaines de milliers d’enfants kurdes sont scolarisés dans leur langue maternelle et si les diplômés universitaires kurdes intègrent les institutions publiques à tous les niveaux, l’idée que l’enseignement en kurde soit un frein à l’épanouissement professionnel devient intenable.

Il est inadmissible qu’après des décennies d’oppression systématique par le parti Baas et Daech, le peuple kurde syrien soit à nouveau contraint de lutter pour ses droits linguistiques et culturels les plus fondamentaux. Le peuple kurde est une composante intégrante de la société syrienne et possède le même droit que les citoyens arabes à recevoir une éducation dans sa langue maternelle et à la transmettre aux générations futures. Il convient de rappeler que, durant la présence militaire russe en Syrie, malgré l’absence de population russe permanente dans le pays et la responsabilité directe de la Russie dans les pertes civiles, le russe était enseigné deux heures par semaine sur la côte syrienne. Les Kurdes, en revanche, ont joué un rôle crucial en Syrie, combattant et se sacrifiant pour vaincre Daech et résister au régime, et pourtant, on leur demande aujourd’hui de réaffirmer leurs revendications. Les Kurdes ne sont ni des occupants ni des étrangers en Syrie ; ils font partie de ses peuples autochtones.

De nombreux États multilingues et multiethniques ont mis en place avec succès des politiques linguistiques inclusives sans supprimer les langues minoritaires ni limiter les opportunités professionnelles. Les exemples suivants sont instructifs :

Singapour n’est pas devenue un centre économique mondial en imposant une langue unique, mais en reconnaissant quatre langues officielles : l’anglais, le malais, le mandarin et le tamoul. L’anglais est la langue principale du gouvernement, des affaires et de l’éducation, tandis que les trois autres langues sont maintenues afin de préserver l’identité culturelle de chaque communauté ethnique majeure. Les élèves apprennent l’anglais en parallèle de leur langue maternelle, ce qui permet à la population d’être fonctionnellement bilingue. L’État soutient activement la communication et l’administration dans les quatre langues. En Syrie, une approche similaire permettrait à l’arabe de demeurer la principale langue nationale tout en reconnaissant formellement le kurde comme langue officielle, plutôt que de le réduire à un rôle marginal ou symbolique.

Au Canada, la Loi sur les langues officielles exige que les institutions fédérales offrent des services en anglais et en français. En 2006, environ 40 % des postes du secteur public fédéral exigeaient le bilinguisme. Cela montre à quel point la politique linguistique peut être directement liée à l’emploi. En Syrie, l’intégration du kurde dans l’administration publique garantirait que les locuteurs kurdes ne soient pas exclus des institutions étatiques, répondant ainsi aux préoccupations concernant les perspectives d’emploi des étudiants ayant reçu une éducation en kurde.

La Finlande reconnaît le finnois et le suédois comme langues nationales officielles, bien que les suédophones ne représentent qu’environ 5 % de la population. L’État finance un système éducatif parallèle entièrement en suédois, de la maternelle à l’université. Si un pays peut garantir la pleine reconnaissance des droits linguistiques d’une petite minorité, alors en Syrie, où les Kurdes se comptent par millions, l’argument en faveur de l’enseignement du kurde est d’autant plus convaincant.

En Syrie, le dialecte kurmandji n’est pas une langue d’enseignement rudimentaire ou non éprouvée. Depuis 14 ans, il est utilisé comme langue d’enseignement au Rojava et dans les régions kurdes syriennes, et s’est intégré de manière significative dans les sphères professionnelles et administratives.

En Turquie, le kurmandji est reconnu comme langue vivante dans des universités telles qu’Artuklu, Dicle et Van, où de nombreux mémoires de master et thèses de doctorat ont été soutenus dans cette langue. En France, le kurde est enseigné à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), l’un des plus prestigieux instituts européens pour l’étude des langues étrangères. Dans l’ex-Union soviétique, un programme scolaire en langue kurde a été élaboré et mis en œuvre pendant des décennies, formant de nombreux intellectuels de renom. Au Kurdistan irakien, le kurde, incluant le sorani et le kurmandji dans son sous-dialecte bahdini, est la langue d’enseignement officielle. Aux États-Unis, la Voix de l’Amérique (VOA) a commencé à émettre en kurde en avril 1992 grâce à un financement public dédié. Si des gouvernements étrangers ont pu préserver et développer la langue kurde par des moyens institutionnels, le gouvernement intérimaire syrien n’a aucune raison valable de refuser aux locuteurs kurdes le droit à une éducation dans leur langue maternelle.

Lorsqu’Ahmed al-Sharaa a accédé au poste de président syrien par intérim et qu’Asaad al-Shaibani a été nommé ministre des Affaires étrangères par intérim, ce dernier a invoqué Singapour comme modèle pour l’avenir de la Syrie. Cependant, se référer à Singapour comme source d’inspiration politique exige plus qu’un engagement rhétorique ; cela requiert des actions concrètes, à commencer par la reconnaissance de la diversité linguistique. Le modèle singapourien est, par essence, un modèle de multilinguisme inclusif, et non d’assimilation linguistique. Si le gouvernement syrien par intérim est véritablement déterminé à bâtir un État démocratique moderne, il doit reconnaître que la cohésion nationale et le développement durable ne s’obtiennent pas par l’assimilation, mais par l’intégration démocratique de toutes les communautés, la reconnaissance du kurde comme langue officielle constituant une étape fondamentale.

Des millions de Kurdes parlent le kurde comme langue principale ; des centaines de milliers le maîtrisent ; c’est le vecteur par lequel ils accèdent au savoir et à la culture. La langue kurde, forte de ses racines historiques profondes, de son patrimoine culturel et littéraire, et de son usage établi dans les sphères académique, diplomatique, politique, gouvernementale et administrative, doit se voir accorder un statut officiel et être reconnue comme un pilier fondamental de la nouvelle Syrie. La marginalisation persistante de la langue kurde met en péril non seulement l’avenir du peuple kurde, mais aussi la cohésion sociale et la stabilité à long terme de la Syrie. Une Syrie véritablement nouvelle ne pourra se construire que sur la reconnaissance du kurde comme l’une de ses langues officielles.

Mizgin Hasan, Maître de conférences en langue kurde à l’Université de Rojava

Kurdish Language in Syria: Between interim government policy and indigenous rights

Commémorations du massacre des Kurdes alévis de Dersim

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TURQUIE / KURDISTAN – Entre 1937 et 1938, l’État turc a mené une violente campagne militaire contre la région de Dersim (rebaptisée Tunceli, « Main de bronze »), bastion kurde alévi réputé pour son esprit indépendant. Le 4 mai 1937, le Conseil des ministres, sous Atatürk, lance l’« Opération Tunceli ». Des bombardements aériens, des incendies de villages, des exécutions sommaires et des déplacements forcés ont suivi.

Selon les sources kurdes et des chercheurs, au moins 70 000 personnes, dont des femmes, enfants, personnes âgées, ont été massacrées lors du génocide de Dersim, soit une large part de la population locale. De plus, d’innombrables fillettes kurdes (voir « Les filles disparues de Dersim », Dersim’in Kayıp Kızları) ont été kidnappées et données aux familles d’officiers turcs pour leurs turkification forcée. Des documents indiquent l’achat d’armes chimiques à l’Allemagne nazie en 1937 pour cette opération.

Contexte historique

Dersim résistait depuis des siècles à l’autorité centrale ottomane puis républicaine. La Loi de réorganisation de Dersim (Tunceli Kanunu) de 1936 visait l’assimilation forcée et la destruction des structures tribales kurdes. Cette politique s’inscrit dans une continuité ottomane de centralisation (Tanzimat, régiments Hamidiye excluant les tribus alévies) puis kémaliste de turquification, Dersim étant perçue comme un « centre du kurdisme » et un refuge.

Il y a quelques années, le chercheur kurde Sedat Ulugana soulignait cette hostilité historique transmise des Ottomans à l’İttihat Terakki puis aux Kémalistes. Les révoltes kurdes (Bitlis 1914, Şêx Said 1925, Ağrı, etc.) ont été systématiquement dépolitisées par l’État (qualifiées de « féodales », « réactionnaires » ou « manipulées de l’étranger ») pour justifier la répression.

Aujourd’hui

Le sujet, longtemps tabou, est discuté plus ouvertement depuis les années 2000 (excuses d’Erdoğan en 2011). Les Kurdes et les organisations alévies réclament reconnaissance, enquête, réparation et restitution du nom « Dersim ».

Ce 4 mai 2026 marque le 89e anniversaire du début de l’opération. Des commémorations se tiendront à Dersim et dans la diaspora kurde en Europe, comme chaque année, pour honorer les victimes et exiger justice. Le génocide de Dersim reste un symbole de la résistance kurde face aux politiques assimilationnistes et autoritaires.

La reconnaissance pleine et les réparations divisent toujours la société turque.

IRAN. Cinq otages kurdes menacés d’exécutions imminentes

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IRAN / ROJHILAT – Ces derniers mois, le régime iranien a accéléré de manière alarmante sa machine d’exécution. Au moins 25 prisonniers politiques, dont plusieurs Kurdes, ont été pendus, souvent à l’issue de procès iniques, de tortures et d’aveux forcés. Des dizaines d’autres sont menacés d’exécution imminente.

Parmi eux, cinq prisonniers politiques kurdes du Rojhelat (Kurdistan oriental sous occupation iranienne) sont en danger de mort immédiat :

Pakhshan Azizi (activiste des droits des femmes et travailleuse humanitaire)
Hatem Ozdemir (originaire du Kurdistan du Nord sous l’occupation turque et accusé d’être membre du PKK)
Yousef Ahmadi
Raouf Sheikh-Maroufi
Mohammad Farajii

Ces personnes ont été condamnées à mort par les tribunaux révolutionnaires sur des accusations vagues et politiques telles que « baghi » (rébellion armée) ou « moharebeh » (inimitié envers Dieu), à la suite de procédures judiciaires profondément inéquitables. Plusieurs de ces sentences ont déjà été confirmées par la Cour suprême.

Cette vague d’exécutions s’inscrit dans une répression systématique et croissante, perpétuant l’injustice historique subie par le peuple kurde et les voix dissidentes. Le régime iranien instrumentalise la peine de mort comme outil de terreur politique, particulièrement dans les régions kurdes, baloutches et arabes.

Damas a suspendu la libération des otages kurdes et le retour des déplacés d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Le processus de libération des prisonniers kurdes détenus par Damas et le retour des Kurdes d’Afrin sur leurs terres sont au point mort depuis le 11 avril.

Signé le 29 janvier entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire syrien, l’accord prévoyait un échange progressif de prisonniers et le retour des personnes déplacées. Après trois phases d’échanges en mars et début avril, les négociations sont désormais bloquées, illustrant une fois de plus l’injustice historique subie par le peuple kurde dont les droits fondamentaux sont sacrifiés au profit de calculs politiques.

Aucun nouvel échange n’a eu lieu depuis le 11 avril, malgré une quatrième vague de libérations initialement prévue la semaine dernière. Selon plusieurs sources, Damas invoque des problèmes administratifs et politiques, notamment la question du tribunal de Qamishlo, ainsi que des enjeux d’intégration et de sécurité, pour justifier ce retard.

Trois phases déjà réalisées

10 mars : échange de 100 prisonniers contre 100.

19 mars : échange de 300 contre 300.

11 avril : libération de 400 personnes par le gouvernement intérimaire contre 91 par les FDS.

Depuis, le processus est gelé, suscitant une forte exaspération au Rojava.

Inquiétude et mobilisation des familles

Pour la troisième semaine consécutive, les familles de prisonniers kurdes manifestent quotidiennement dans plusieurs villes du Rojava. Elles dénoncent la lenteur et les tergiversations des autorités syriennes, accusées de lier la question humanitaire à des considérations politiques.

Les manifestants exigent la libération rapide et inconditionnelle de tous les prisonniers kurdes et le retour sans entrave des déplacés d’Afrin, soulignant que le blocage actuel aggrave inutilement les souffrances des familles.

Les FDS insistent sur le fait que la libération des détenus et le retour des déplacés constituent des priorités absolues dans la mise en œuvre de l’accord du 29 janvier.

IRAN. Trois exécutions politiques en 24 heures à Urmia

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En moins de 24 heures, les autorités iraniennes ont exécuté trois hommes à la prison centrale d’Urmia : deux prisonniers politiques kurdes, Naser Bakrzadeh (26 ans) et Mehrab Abdollahzadeh (27 ans), ainsi que Yaqoub Karimpour, adepte de la foi yarsan.

Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, les trois hommes ont été pendus à l’aube. L’agence officielle Mehr a confirmé ces exécutions.

Procédures expéditives et aveux sous torture

Naser Bakrzadeh, originaire d’Urmia, a été condamné à mort pour « espionnage au profit d’Israël ». Sa peine a été confirmée en seulement dix jours par la Cour suprême. Il avait subi de graves tortures au centre de détention d’Al-Mahdi pour lui arracher des aveux.

Mehrab Abdollahzadeh, arrêté lors du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022, a été exécuté pour « rébellion armée » (baghi) et « corruption sur terre » (efsad-e fel-arz). Il avait été placé à l’isolement quelques jours plus tôt après une altercation avec un gardien. Ses aveux ont également été extorqués sous torture, selon ses déclarations.

Yaqoub Karimpour, diplômé en droit public originaire de Miandoab, a été arrêté pendant les affrontements israélo-iraniens. Condamné pour « espionnage » et « corruption sur terre », il a vu sa peine confirmée récemment. Son épouse, Saboura Lotfi, a été arrêtée dans le but clair d’exercer une pression psychologique sur lui.

Une justice expéditive au service de la répression

Les trois hommes ont été brutalement transférés de leurs quartiers de haute sécurité vers l’isolement sous de faux prétextes (« transfert médical » ou « rencontre avec les agents d’exécution »). Hengaw dénonce des meurtres prémédités et des violations flagrantes de l’injustice historique subie par le peuple kurde ainsi que du droit à un procès équitable.

En avril 2026, le régime iranien a déjà exécuté au moins 26 personnes, dont 14 prisonniers politiques.

Ces exécutions s’inscrivent dans une nouvelle escalade répressive de la République islamique, qui instrumentalise la peine de mort comme arme de terreur, particulièrement contre les Kurdes et les minorités religieuses, dans un contexte de tensions régionales.

Hengaw reste particulièrement préoccupée par le sort d’autres prisonniers kurdes actuellement menacés.

Narbonne : une mobilisation du 1er mai placée sous le signe de la paix, de la solidarité et du féminisme internationaliste

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NARBONNE – À l’occasion du 1er mai, Narbonne a accueilli une journée de mobilisation riche et engagée autour du thème « Paix et solidarité entre les peuples ». Dès 10h30, une manifestation unitaire a réuni de nombreuses organisations, associations et syndicats. Plusieurs communiqués y ont été lus, dont celui de l’Union des communautés du Kurdistan – Europe (KCK-E), relayé par le Centre démocratique kurde de Montpellier.

L’après-midi, de 13h à 19h, le Palais du Travail s’est transformé en un véritable village des associations, espace convivial d’échanges, de rencontres et de débats. Le Centre démocratique kurde de Montpellier y tenait un stand commun avec l’association France Kurdistan.

Une conférence sur la révolution féministe kurde

Dans ce cadre, le Centre démocratique kurde de Montpellier et France Kurdistan ont co-organisé une conférence intitulée : « De la révolution féministe du Rojava à la marche mondiale des femmes ». Celle-ci était modérée par Maud Seguier, autrice de Sul camin del feminisme, premier livre féministe contemporain écrit en langue occitane.

Gökçe Ciftci, représentante du Centre démocratique kurde de Montpellier (CDK-M), a ouvert l’intervention en replaçant la révolution féministe du Rojava dans l’histoire du mouvement de libération kurde. Elle a évoqué les figures fondatrices telles que Sakine Cansız, ainsi que les assassinats politiques de militantes kurdes à Paris et le parcours d’Evin Goyi.

L’intervenante a ensuite mis en lumière des personnalités emblématiques comme Leyla Zana et Gültan Kışanak, symboles d’un féminisme kurde ancré depuis longtemps dans la lutte et l’injustice historique subie par le peuple kurde. Elle a insisté sur le caractère concret de ce féminisme, mis en pratique au Rojava à travers des transformations sociales profondes, une éducation repensée et une organisation autonome des femmes.

L’exemple du village de Jinwar, construit par et pour les femmes, a illustré cette utopie concrète. Les combattantes des YPJ ont également été mises à l’honneur, avec des figures marquantes telles que Nesrin Abdullah, Rojda Felat, Rohilat Efrin et Arin Mirkan. Des personnalités politiques et diplomatiques comme Ilham Ahmed et Hevrîn Khalaf ont complété ce panorama, soulignant la répression systématique dont ces femmes font l’objet.

La jineolojî, science de la libération des femmes

Gökçe Ciftci a ensuite développé le concept central de jineolojî (« science des femmes »), qu’elle présente non comme une simple théorie, mais comme une pratique politique transformative. Opposée au patriarcat, au colonialisme et aux systèmes de domination étatiques, la jineolojî vise à reconstruire l’ensemble de la société en plaçant la libération des femmes au cœur du projet.

Elle s’incarne dans l’organisation autonome des femmes, la transformation des rapports sociaux et une éducation émancipatrice. Au Rojava, cette approche est devenue une réalité institutionnelle, politique et sociale. « La libération des peuples passe par la libération des femmes », a rappelé l’intervenante, citant l’exemple de Nagihan Akarsel, intellectuelle et militante assassinée pour son engagement en faveur de la jineolojî.

Un féminisme internationaliste

La conférence a enfin souligné la dimension internationaliste du féminisme kurde. Le rôle du TJK-E (Mouvement des femmes kurdes en Europe) a été mis en avant comme pont entre les luttes au Kurdistan et les mobilisations européennes.

Magali Chomette, de l’association France Kurdistan, a conclu en présentant la Marche mondiale des femmes, rendez-vous international organisé tous les cinq ans depuis 2000, comme un espace majeur de convergence des luttes féministes planétaires.

Cette journée à Narbonne a ainsi incarné, dans un esprit Jin, Jiyan, Azadî (« Femme, Vie, Liberté »), la force du lien entre féminisme, internationalisme et solidarité entre les peuples.

SYRIE. Damas ordonne l’interdiction des partis politiques kurdes

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SYRIE / ROJAVA — Le gouvernement intérimaire syrien à Damas a franchi une nouvelle étape autoritaire en exigeant la dissolution et l’interdiction de tous les partis politiques kurdes présents en Syrie.

Cette mesure vise notamment le PYD, l’ENKS, mais aussi des partis kurdes historiques qui existent depuis les années 1950. Damas affirme clairement qu’aucun parti politique kurde ne sera autorisé à exister ou à se former à l’avenir sur le territoire syrien.

Cette décision est perçue par de nombreux observateurs comme une offensive majeure d’arabisation forcée et une tentative d’effacement des Kurdes syriens de la vie politique et culturelle du pays.

Face à cette situation particulièrement grave, les Kurdes de Syrie sont appelés à rejeter massivement et unanimement cette mesure dictatoriale. Les voix kurdes soulignent que si cet autoritarisme n’est pas fermement dénoncé dès maintenant, la marginalisation politique et culturelle des Kurdes syriens risque de devenir irréversible.

La situation reste extrêmement tendue et pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’avenir du pays et sur la question kurde en Syrie.

Malgré le racisme systémique, Amedspor monte en première division turque

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TURQUIE / KURDISTAN — Malgré les attaques racistes systémiques, les provocations dans les stades et des arbitrages souvent anti-kurdes, Amedspor a réalisé un exploit historique : le club kurde de Diyarbakır (Amed) est promu en Süper Lig, la première division turque.

Lors de la dernière journée de la Trendyol 1. Lig (deuxième division), Amedspor se déplaçait sur la pelouse d’Iğdırspor. Un match spectaculaire et plein de rebondissements :

Iğdırspor ouvre le score dès la 6e minute par Moryke Fofana.

Amedspor égalise à la 19e grâce à Hasan Ali Kaldırım.

Les visiteurs prennent l’avantage sur penalty par Diagne (2-1), avant que ce dernier marque contre son camp (2-2).

En seconde période, Dia Saba redonne l’avantage à Amedspor à la 49e minute (3-2).

Iğdırspor égalise à la 79e par Atakan Çankaya.

Le score final reste 3-3. Grâce à ce résultat et à la conjonction des autres matchs, Amedspor valide officiellement sa montée en Süper Lig pour la première fois de son histoire.

Un succès d’autant plus remarquable qu’il intervient dans un contexte particulièrement hostile. Depuis plusieurs saisons, Amedspor est la cible d’attaques racistes systémiques : insultes raciales, banderoles provocatrices, agressions et arbitrages fréquemment contestés. Le club incarne bien plus qu’une équipe de football : il représente un symbole de résistance et de fierté kurde en Turquie.

ROJAVA. Crimes et chaos dans le canton d’Afrin occupé par la Turquie

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SYRIE / ROJAVA — L’organisation de défense des droits de l’homme à Afrin a révélé de nouvelles violations graves commises contre les civils kurdes dans le canton d’Afrin, occupé par la Turquie depuis 2018.

Dans son rapport publié vendredi, l’organisation indique qu’au cours du seul mois écoulé, des factions pro-turques intégrées à l’« Armée nationale syrienne » (ANS / NSA) ont enlevé huit civils kurdes à Afrin et dans ses environs.

Le rapport fait également état de la mort de trois personnes : un père et son fils noyés dans la rivière Afrin à Jindires, et un jeune homme tué par l’explosion de munitions non explosées dans la campagne d’Afrin. Deux vols à main armée commis par des individus armés non identifiés ont également été recensés.

Malgré le retour organisé d’environ 1 400 familles kurdes déplacées depuis le 14 avril, les colons installés dans les maisons des Kurdes continuent de refuser de les évacuer, certains réclamant même une compensation financière pour partir. L’organisation dénonce la « faible performance » de l’administration locale, incapable de faire appliquer ses propres décisions.

Depuis l’occupation turque de mars 2018, Afrin est le théâtre récurrent d’enlèvements, meurtres, tortures, viols, pillages, changement démographique forcé et destruction du patrimoine. Des crimes souvent qualifiés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par les organisations kurdes et plusieurs rapports internationaux.