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ROJAVA. Obsèques de Saleh Muslim, figure historique du PYD

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SYRIE / ROJAVA – Le cercueil de Saleh Muslim est arrivé au sanctuaire du martyr Dijla, à Kobanê, en présence de délégations kurdes venues d’autres parties du Kurdistan et d’une foule immense.

Le cortège funèbre de Saleh Muslim, membre du Conseil présidentiel du Parti de l’Union démocratique (PYD) et l’une des figures les plus emblématiques du mouvement kurde en Syrie, a parcouru la région de Jazira le 13 mars 2026, avant son transfert à Kobanê où Muslim va être inhumé aux côtés de son fils Şervan Muslim, tombé martyr face à DAECH / ISIS à Til Ebyad (Girê Spî) en octobre 2013.

Des milliers de personnes, Kurdes, Arabes et Syriaques, se sont massées dans les rues de Qamishlo pour rendre un dernier hommage au défunt. De nombreuses délégations venues du Kurdistan de Turquie (Kurdistan du Nord), du Kurdistan d’Irak (Kurdistan du Sud), ainsi que le commandement général des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des représentants de nombreux partis, forces politiques et organisations sociales de la région de Jazira participent à la cérémonie.

Le cercueil, drapé du drapeau du PYD et recouvert de couronnes de fleurs, a été porté sur les épaules de ses camarades et compagnons de lutte.

Saleh Muslim, né en 1951 près de Kobanê, s’est éteint le 11 mars 2026 à l’âge de 75 ans dans un hôpital d’Erbil (Kurdistan irakien), après une longue lutte contre une insuffisance rénale et des problèmes cardiaques. Ingénieur de formation, cofondateur du PYD en 2003 et ancien co-président du parti, il a joué un rôle central dans la défense des droits du peuple kurde et la construction de l’autonomie en Rojava (nord-est de la Syrie) au cours des dernières décennies.

Son corps, rapatrié depuis Erbil via le poste-frontière de Semalka, a d’abord été accueilli à Qamishlo pour une grande cérémonie d’adieu, avant d’être transféré vers Kobanê, sa ville natale, pour y être inhumé auprès de son fils Shervan, tombé en martyr en 2013 lors des combats contre l’État islamique (EI).

Cette disparition constitue une grande perte pour le mouvement kurde syrien. De nombreuses voix, y compris au sein des FDS et des partis kurdes de la région, ont salué la mémoire d’un homme qui a consacré sa vie à la cause de la liberté, de la justice et de la coexistence des peuples en Syrie du Nord-Est.

ROJAVA. Mazloum Abdi promet de faire libérer 300 otages kurdes prochainement

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SYRIE / ROJAVA – Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a déclaré samedi qu’ils s’efforçaient d’obtenir le retour dans les prochains jours d’environ 300 de ses combattants kurdes détenus par le gouvernement syrien.
 
Abdi a tenu ces propos lors des funérailles de dix combattants des FDS qui se sont déroulées au cimetière des martyrs de la ville kurde de Kobanê, dans le nord de la Syrie.
 
La cérémonie s’est déroulée en présence du vice-ministre syrien de la Défense, Sipan Hamo, et du commandant des FDS, Mahmoud Barkhodan.
 
Abdi a déclaré que les FDS s’efforcent également de récupérer les corps des combattants qui ont perdu la vie ces derniers mois.
 
« Nous espérons que les prisonniers rentreront au plus vite afin qu’ils puissent célébrer Norouz avec leurs familles », a-t-il déclaré.
 
Abdi a également souligné l’importance de renforcer l’unité sociale et de parvenir à une cohésion politique kurde durant la période actuelle, notant que l’unité contribuerait à garantir que la région puisse vivre en liberté et gérer ses propres affaires.

Le DEM Parti engage des poursuites disciplinaires contre la députée Saliha Aydeniz

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TURQUIE / KURDISTAN – Le Parti DEM a engagé une procédure disciplinaire contre la députée Saliha Aydeniz (Mardin), suite au décès de la journaliste kurde Dilan Karaman, qui était son employée et conseillère.

Dilan Karaman est décédée le 27 novembre 2025 à Diyarbakır, après une tentative de suicide le 11 novembre (elle a passé 10-16 jours en soins intensifs). Son décès, initialement présenté comme un « infarctus », a rapidement été qualifié de suspect par des organisations, avec des allégations de mobbing systématique au travail, de violences physiques et psychologiques de la part de son ex-compagnon Mazlum Toprak, et d’un manque de soutien institutionnel.

Le Conseil des femmes du parti DEM a publié un communiqué détaillé reconnaissant des lacunes graves :

  • Faiblesse dans la camaraderie féministe et la solidarité envers Karaman.

  • Incapacité à mobiliser un soutien rapide et efficace.

  • Persistance de structures patriarcales dans les institutions politiques, malgré la lutte historique du mouvement des femmes kurdes pour l’égalité et la liberté.

  • Connaissance tardive (ou insuffisante) des violences subies, empêchant une protection adéquate.

Le parti affirme que les violences de l’ex-compagnon ont aggravé le processus menant au suicide et promet d’utiliser tous les recours légaux pour qu’il réponde de ses actes, sans impunité.

Saliha Aydeniz, dont Karaman faisait partie de l’équipe, a annoncé sa démission de son poste d’administratrice du groupe parlementaire (TBMM İdare Amirliği). Elle a déclaré accepter pleinement les conclusions de l’enquête interne et les décisions du Conseil des femmes.

Le communiqué insiste sur l’urgence de transformer les relations quotidiennes pour bâtir une société libre : « Construire une vie libre commence par transformer nos relations, ici et maintenant. »

Cette procédure disciplinaire s’inscrit dans un contexte plus large de critiques (rapports d’ONG, TJA, etc.) accusant mobbing et négligence, et vise à renforcer les mécanismes de protection des femmes au sein du parti face aux violences de genre. (ANF)

TURQUIE. Une cinéaste kurde poursuivie à cause d’un film d’animation sur le génocide arménien

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TURQUIE / KURDISTAN – La cinéaste kurde Rojhilat Aksoy, dont l’organisation a projeté le film d’animation « La Naissance d’Aurore », a été inculpée en vertu de l’article 301 du Code pénal turc pour « insulte publique à la nation turque, à la République de Turquie et aux institutions et organes de l’État ».

 

 

Le parquet de Diyarbakır a rédigé l’acte d’accusation, citant des scènes et des dialogues du film « L’Aurore du matin » ou « La Naissance d’Aurore », projeté le 17 décembre 2024. L’affaire est instruite devant le 22e tribunal pénal de première instance de Diyarbakır.

L’acte d’accusation citait comme preuves la représentation des événements de 1915 dans le dessin animé comme un génocide, sa description de la résistance arménienne comme une « lutte légitime de combattants pour la liberté » et des scènes montrant des Arméniens forcés de changer de nom et de religion.

Il était également allégué que les références à des hommes arméniens enrôlés de force dans l’armée ottomane et qui ne sont jamais revenus, ainsi que les scènes montrant des corps flottant dans une rivière et des soldats ottomans séparant des enfants de leurs mères, contredisaient les faits historiques.

Lors de l’audience, Aksoy a nie les accusations, affirmant que le film relevait de la liberté d’expression.

Le tribunal a ajourné l’audience et fixé la prochaine session au 6 avril.

Le documentaire animé, réalisé par la cinéaste arménienne Inna Sahakyan, raconte l’histoire à travers les yeux d’Aurora (Arshaluys) Mardiganyan, qui a été témoin des événements à l’adolescence avant de finalement s’installer aux États-Unis.

Le dessin animé intègre également des fragments subsistants du film de 1919 « Auction of Souls », dans lequel Mardiganyan jouait son propre rôle peu après son arrivée aux États-Unis.

Le documentaire s’appuie également sur des images d’archives des années 1910 et 1920 ainsi que sur le témoignage enregistré de Mardiganyan dans les années 1980.

Le film a été présenté en avant-première à Londres en novembre 2023 et a été proposé par l’Arménie comme son candidat officiel pour l’Oscar du meilleur film international de 2023. Depuis, il a reçu de nombreuses récompenses dans des festivals à travers l’Europe et les États-Unis.

Les tribunaux turcs ont déjà statué que l’utilisation du terme « génocide arménien » relevait de la liberté d’expression. Le 2 juillet 2024, les journalistes Haluk Kalafat et Elif Akgül ont été acquittés d’accusations similaires d’« outrage public à la nation turque » concernant six articles publiés sur le site d’information Bianet entre 2015 et 2019.

Les Arméniens, soutenus par une majorité d’historiens et d’universitaires, affirment qu’1,5 million des leurs ont péri lors d’un génocide perpétré par le gouvernement Union et Progrès de l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale. La Turquie reconnaît que de nombreux Arméniens et Turcs ont trouvé la mort durant ce conflit, mais rejette catégoriquement la qualification de génocide. (The California Courier)

Catastrophe humanitaire au Rojava : Les camps de Serê Kaniyê et Washokani inondés

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SYRIE / ROJAVA – Les camps des Kurdes de Serê Kaniyê chassés par la Turquie en 2019 ont été inondés par les pluies torrentielles qui se sont abattues samedi. La plupart des tentes sont détruites en plein hiver alors que les familles manquent de tout : nourritures, couvertures, chauffage, médicaments…

Les réfugiés kurdes des camps de Serê Kaniyê et Washokani, situés dans la campagne d’Al-Hasakah (nord-est de la Syrie), subissent une crise humanitaire grave due à des pluies torrentielles qui frappent la région depuis samedi (14 mars 2026).

Ces intempéries ont provoqué des inondations massives : l’eau s’infiltre dans la plupart des tentes, en submergeant beaucoup et en en faisant s’effondrer des dizaines. Le mobilier (matelas, couvertures, vêtements) est emporté ou détruit par les eaux boueuses, aggravant la vulnérabilité des familles face au froid et à l’humidité, avec un risque élevé de maladies. Les équipes locales et municipales tentent de pomper l’eau, dégager les caniveaux, déplacer les biens et réparer ou remonter les tentes, mais leurs moyens sont très limités.

L’aide humanitaire est dramatiquement insuffisante : selon l’administration du camp (relayée par ANHA), elle ne couvre plus que 15% des besoins minimaux. Les tentes, installées en urgence fin 2019 après l’occupation de Serê Kaniyê (Ras al-Aïn) par la Turquie et l’« Armée nationale syrienne », n’ont jamais été remplacées en six ans : elles sont usées, déchirées et ne sont plus imperméables.

Chiffres clés :

  • Camp de Serê Kaniyê : environ 2 574 familles (plus de 15 700 personnes).

  • Camp de Washokani : environ 2 500 familles (près de 17 000 personnes).

  • Au total, ces deux camps abritent près de 33 000 déplacés, presque tous originaires de Serê Kaniyê et empêchés de rentrer par l’occupation et l’insécurité persistante.

Le Comité pour les personnes déplacées de Serê Kaniyê a lancé un appel urgent hier pour une intervention immédiate : tentes neuves, kits d’urgence (chauffage, hygiène, nourriture), pompes et drainage. Des photos et vidéos publiées par ANHA, Ronahi TV et des activistes montrent des scènes dramatiques de tentes englouties et de familles en détresse sous la pluie battante.

Cette catastrophe hivernale s’inscrit dans des années de négligence : ces déplacés kurdes, victimes de l’offensive turque de 2019, survivent dans des conditions indignes sans perspective de retour sûr. Sans aide internationale renforcée (ONU, ONG), la situation risque de virer à une urgence sanitaire majeure.

IRAN. Les Kurdes lancent un appel historique à l’unité des « nations opprimées »

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IRAN / ROJHILAT – L’Alliance des partis kurdes d’Iran exhorte les « nations opprimées d’Iran » et les forces prodémocratie à faire preuve de solidarité active et plaide pour une transition démocratique qui repose sur trois piliers essentiels : les droits nationaux de chaque peuple, l’égalité réelle entre les citoyens et la garantie des libertés fondamentales (expression, association, culte, etc.).

L’Alliance des partis politiques du Kurdistan iranien a publié une déclaration importante le 14 mars 2026, appelant à une unité renforcée face à la crise persistante en Iran.

Dans ce texte, l’Alliance exhorte les « nations opprimées d’Iran » – incluant les Kurdes, les Azéris (Turcs azerbaïdjanais), les Baloutches, les Arabes d’Ahwaz et d’autres groupes ethniques marginalisés – ainsi que toutes les forces pro-démocratie à travers le pays, à faire preuve de solidarité active. Elle plaide pour une transition démocratique qui repose sur trois piliers essentiels : les droits nationaux de chaque peuple, l’égalité réelle entre les citoyens et la garantie des libertés fondamentales (expression, association, culte, etc.).

Un appel spécifique aux Turcs azerbaïdjanais

Un passage clé de la déclaration s’adresse directement à la nation turque azerbaïdjanaise (Azerbaïdjanais iraniens). L’Alliance rappelle la longue histoire de coexistence pacifique entre Kurdes et Azéris dans les régions mixtes (notamment en Azerbaïdjan iranien et au Kurdistan oriental). Elle propose d’instaurer une gouvernance démocratique conjointe dans ces zones partagées, fondée sur :

  • Le respect mutuel et l’égalité des droits pour toutes les communautés.

  • Une administration locale partagée et inclusive.

  • Le dialogue politique permanent entre les forces kurdes et azéries.

Pour étayer cette proposition, l’Alliance fait référence au Pacte d’amitié historique signé en 1946 entre la République du Kurdistan (dirigée par Qazi Muhammad) et le Gouvernement national d’Azerbaïdjan (dirigé par Seyid Jafar Pishevari). Ce document, issu de la brève période d’autonomie post-Seconde Guerre mondiale, est présenté comme un modèle et un cadre de référence pour les relations futures entre les deux peuples.

Contexte et position globale de l’Alliance

Cette déclaration intervient dans un moment critique : l’Iran traverse une phase d’instabilité marquée par des protestations massives, une guerre ouverte depuis fin février 2026 (impliquant des frappes américaines et israéliennes), et des attaques répétées du régime contre les bases kurdes en Irak (missiles et drones visant des camps civils et militaires des partis membres). L’Alliance, formée officiellement le 22 février 2026 (avec des adhésions ultérieures comme celle de Komala début mars), regroupe les principaux partis kurdes iraniens exilés ou actifs : PDKI (Parti démocrate du Kurdistan iranien), PAK (Parti de la liberté du Kurdistan), PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan), Khabat, Komala des travailleurs du Kurdistan, et d’autres.

L’Alliance réaffirme explicitement qu’elle ne cherche pas la désintégration de l’Iran, mais la reconnaissance des droits des peuples dans un cadre décentralisé et démocratique. Elle s’engage aussi pour une coexistence pacifique avec les États voisins (Turquie, Irak, etc.), conditionnée au dialogue et au respect mutuel, loin de toute aventure militaire ou séparatiste unilatérale.

Signification et écho

Cette déclaration vise à consolider les alliances internes à l’opposition iranienne élargie. Elle répond à la faiblesse croissante du régime de Téhéran, perçu comme incapable de réprimer durablement les soulèvements multiethniques. En tendant la main aux Azéris – le plus grand groupe minoritaire après les Perses –, l’Alliance espère créer un front uni capable d’accélérer une transition post-régime.

Cette initiative pourrait marquer un tournant dans la dynamique de l’opposition iranienne, en transformant les luttes ethniques isolées en un mouvement national inclusif pour la démocratie et les droits collectifs. Reste à voir si cet appel trouvera un écho concret parmi les forces azéries et les autres composantes de l’opposition.

IRAN. Une famille kurde décimée lors d’une frappe aérienne à Ilam

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IRAN / ROJHILAT – Une famille kurde a été décimée lors du bombardement d’un immeuble d’habitation dans la province d’Ilam. 

Six membres d’une famille kurde, dont deux femmes et deux enfants âgés de six mois et cinq ans, ont été tués lors du bombardement d’un immeuble d’habitation à Ivan, dans la province d’Ilam. Les victimes ont été identifiées comme étant Ali Nazar Mahmoudi, Maryam Mohammadi, Elham Mahmoudi, Afshar Khosravi, Nila Khosravi et Rayan Khosravi.

Selon les informations reçues par l’organisation Hengaw pour les droits humains, les victimes ont été tuées vers 5h30 le samedi 7 mars 2026, lors de frappes aériennes menées par des avions de guerre israéliens et américains ciblant des sites dans la région.

Parmi les personnes tuées figurent Maryam (Mahtab) Mohammadi, son mari Ali Nazar Mahmoudi et leur enfant Elham Mahmoudi, ainsi que le Afshar Khosravi, le gendre de la famille, et ses deux enfants — Nila Khosravi, 5 ans, et Rayan Khosravi, un nourrisson de six mois.

Un membre de la famille a déclaré à Hengaw qu’Ali Nazar Mahmoudi était le propriétaire d’une pharmacie à Ivan.

ONU : Un rapport accablant dénonce l’impunité du régime de Damas

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SYRIE. La Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie de l’ONU, qui enquête actuellement sur les crimes de guerre ciblant les Kurdes, dont des exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires, des violences sexuelles et des atteintes aux droits au logement, à la terre et à la propriété, dénonce l’impunité dont jouissent les auteurs des mêmes crimes ayant ciblé les Alaouites et les Druzes en 2025.

Dans son rapport présenté le 14 mars 2026 au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, présidée par Paulo Sérgio Pinheiro, dénonce l’impunité persistante du régime djihadiste de Damas, responsable de massacres massifs contre des minorités. Pinheiro appelle à l’action : « La communauté internationale ne doit pas rester les bras croisés » et insiste sur un « soutien soutenu » pour une transition respectueuse des droits humains.

Le document expose des violations graves, dont :

  • En mars 2025, plus de 1 400 civils alaouites tués dans les gouvernorats de Lattaquié, Tartous, Homs et Hama, avec des ciblages ethniques et religieux potentiellement constitutifs de crimes contre l’humanité.

  • En juillet 2025, plus de 1 500 civils druzes et bédouins massacrés à Soueïda par les forces gouvernementales et groupes armés.

  • Dans le nord-est (Rojava), des exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires et violences sexuelles contre les Kurdes et les Forces démocratiques syriennes (FDS), suite à des hostilités récentes.

Malgré des enquêtes nationales limitées (seulement 14 arrestations), l’absence de poursuites contre les hauts responsables et les lacunes dans la réforme sécuritaire perpétuent l’impunité. La Commission recommande une justice transitionnelle, un désarmement rigoureux et un dialogue intercommunautaire pour restaurer la confiance et briser le cycle de violence. Des préoccupations persistent sur les opérations israéliennes et le retour de djihadistes de Daech, soulignant l’urgence d’une intervention internationale.

Kawa le Forgeron ou l’origine du Newroz kurde

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Voici la légende kurde du forgeron Kawa (ou Kawayê Hesinkar / کاوه‌ی ئاسنگەر), telle qu’elle est racontée dans la tradition populaire kurde et liée à la fête de Newroz (le Nouvel An kurde, célébré le 21 mars) :

Il y a très longtemps, en Mésopotamie, dans les terres entre le Tigre et l’Euphrate, régnait un tyran cruel nommé Dehak (ou Zuhak / Zahhak / ده‌هاک). Ce roi maléfique avait deux serpents qui sortaient de ses épaules. Pour apaiser ces serpents et soulager sa douleur, il fallait chaque jour leur nourrir deux cerveaux humains (souvent ceux de deux jeunes gens). Les soldats de Dehak sillonnaient donc villes et villages pour enlever les jeunes et les sacrifier.

Le peuple vivait dans la peur, la misère et le désespoir. Le printemps lui-même semblait avoir disparu, les fleurs ne poussaient plus et la nature restait froide et sombre.

Dans un village au pied du palais vivait un forgeron nommé Kawa. C’était un homme fort, honnête et habile, qui fabriquait des outils, des fers à cheval et des armes. Mais même lui n’avait pas été épargné : Dehak avait déjà pris 16 de ses 17 enfants pour nourrir les serpents. Il ne restait plus que son dernier enfant (souvent une fille dans la version kurde, ou parfois un fils selon les variantes).

Un jour, les soldats arrivèrent chez Kawa pour emmener son dernier enfant. Cette fois, le forgeron refusa. La coupe était pleine. Au lieu de livrer son enfant, il décida de se révolter.

Kawa rassembla les habitants opprimés, les paysans, les bergers, les artisans. Il leur parla de liberté, de dignité, de la fin de la terreur. Dans sa forge, il fabriqua des armes : des épées, des lances, des haches. Il transforma son tablier de cuir en étendard, le fixa sur un bâton et en fit le premier drapeau de la révolte.

Le jour venu (veille du 21 mars), Kawa et son armée populaire marchèrent sur le palais. Ils prirent d’assaut la forteresse. Kawa, armé de son lourd marteau de forgeron, affronta Dehak en personne. D’un coup puissant, il tua le tyran et détruisit les serpents maudits.

La victoire fut totale. Pour annoncer la bonne nouvelle aux montagnes et aux vallées, Kawa alluma un grand feu sur la plus haute colline. Les gens des villages voisins virent la flamme et comprirent : la tyrannie était finie. Partout, d’autres feux furent allumés en réponse, de sommet en sommet, illuminant tout le pays.

Le lendemain matin, le 21 mars, le soleil se leva plus chaud, les arbres reverdirent, les fleurs sortirent : c’était le retour du printemps. Le peuple dansa autour des feux, chanta et célébra la liberté retrouvée.

Depuis ce jour, les Kurdes célèbrent Newroz chaque 21 mars. Allumer des feux sur les collines, sauter par-dessus les flammes, danser, chanter et porter du nouveau sont des façons de commémorer la victoire de Kawa, la fin de l’oppression et le renouveau de la vie.

Newroz est devenu le symbole de la résistance contre la tyrannie, de l’espoir et de la renaissance.

ROJAVA. Mazloum Abdi arrive à Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Le commandant des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), Mazloum Abdi, est arrivé ce samedi à Kobanê pour les funérailles de 10 combattants des FDS. Il s’agit de sa première visite dans la ville kurde depuis le siège imposé par les forces gouvernementales syriennes en début d’année 2026.

Le commandant en chef des FDS et le ministre-adjoint de la défense syrienne Sipan Hemo se sont rendus à Kobanê pour la première fois depuis le siège de la ville. Ils y ont participé aux funérailles de 10 combattants des FDS tombés en martyrs lors des attaques des forces du régime syrien sur le Rojava. Lors de sa prise de parole, Mazloum Abdi a indiqué que 300 combattants des FDS détenus par le régime syrien devraient être libérés prochainement, ajoutant espérer qu’ils puissent célébrer le Newroz avec leurs familles.

La Turquie prépare-t-elle un nouveau bain de sang au Rojava ?

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SYRIE / ROJAVA – Malgré les pourparlers entre Damas et les autorités kurdes du Rojava, les services de renseignement turcs (MİT) intensifient leurs efforts pour déstabiliser le Rojava. Selon des sources locales, des groupes affiliés au MİT et à l’État islamique s’organisent dans la région de Til Hemis sous le nom de « Cavalerie tribale ». Ces forces visent à semer le chaos, à frapper des points stratégiques comme Abu Qasayib et à attiser les tensions arabo-kurdes. Des réunions tribales, comme celle du 12 mars 2026 à Herma (Derik) sous égide MİT-HTS, confirment le recrutement de jeunes des tribus pour ces opérations de contre-attaque, dans le but de torpiller toute intégration politique et de raviver les conflits intercommunautaires.

Voici l’article du centre de recherches kurdes Lêkolîn :

Les services de renseignement turcs (MİT) organisent des groupes armés tribaux pour déstabiliser le Rojava malgré l’avancée de l’accord Damas-FDS

Malgré les obstacles persistants, les négociations entre le gouvernement intérimaire de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS) progressent vers une intégration. Dans ce contexte, les services de renseignement turcs (MİT) intensifient leurs efforts pour contrer cette dynamique en formant des groupes armés dits « tribaux » visant à déstabiliser le Rojava (nord et est de la Syrie).

Une nouvelle stratégie de contre-attaque via des « forces tribales »

Selon des sources locales relayées par Lekolin, des groupes affiliés au MİT, parfois en lien avec d’anciens éléments de l’État islamique (EI), se restructurent dans la région de Til Hemis (ou Til Hamis) sous le nom de « Siwar Eleşeyir » (Cavalerie tribale ou Cavaliers des tribus). Certains de ces groupes opèrent en portant des uniformes des forces de sécurité intérieure affiliées au gouvernement de Damas. Un groupe d’intervention d’une dizaine de personnes aurait ainsi été formé au sein de ces forces.

Le MİT recrute également parmi d’anciens membres du SMO (Armée nationale syrienne, faction pro-turque) et de l’EI présents dans la zone. L’objectif affiché de cette stratégie est de semer le chaos dans les territoires contrôlés par les FDS, de frapper des points stratégiques et d’exacerber les tensions intercommunautaires, en particulier entre Kurdes et Arabes.

Un plan similaire déjà dénoncé en 2025

Dès le 5 novembre 2025, Lekolin avait révélé l’existence d’un plan analogue : la création de la « Brigade de libération de Cizre » sous le couvert de la tribu El Ashraf. Composée d’anciens chefs de gangs de l’EI liés au MİT, cette brigade visait à mener des sabotages, des assassinats ciblés et à inciter les tribus arabes à se soulever contre les Kurdes et l’Administration autonome. Les attaques survenues dès le 6 janvier 2026 à Sheikh Maqsud et Ashrafiyeh (Alep), puis à Deir ez-Zor, Tabqa et Raqqa, correspondent aux scénarios alors décrits.

Focus actuel sur Til Hemis et le point stratégique d’Abu Qasayib

Les informations récentes indiquent que ces groupes « contra » commencent par créer du désordre à Til Hemis avant de viser le point stratégique d’Abu Qasayib. Un article de Lekolin daté du 1er février 2026 soulignait déjà que Til Hemis était devenu un foyer de provocations. Sous le commandement d’Ahmed Jedaan al-Xennam, environ 200 militants issus de la tribu Beni Saba et de liens avec le Hezbollah, opérant en civil, auraient été déployés vers Qamishli depuis les environs d’Abu Zuwayl, avec pour cible les villages de Til Sateh et Til Ode. L’objectif : contrôler les axes routiers internationaux et attiser des conflits internes.

Réunion tribale à Herma (Derik) le 12 mars 2026

Le 12 mars 2026, une réunion s’est tenue dans le village d’Herma (région de Derik) au domicile de Fuad Setam (frère de Mahir Elsetam), sous l’égide de responsables du MİT et du HTS. Parmi les participants figuraient Abu Haysem Sabawi (chef des forces tribales), Michim Elnewaf et Abu Salih.

Certains participants ont exprimé une hostilité ouverte envers les FDS, avec des slogans hostiles et des attaques contre des postes de sécurité. Bien que plusieurs tribus aient affirmé leur refus d’une guerre kurdo-arabe, des figures comme Abu Haysem ont confirmé leur engagement dans le plan. Une liste de jeunes recrutés pour intégrer ces « groupes antiterroristes » a été diffusée. Cette rencontre confirme la mobilisation de chefs tribaux par le MİT et le HTS, avec pour but principal d’enrôler des jeunes des tribus et de préparer un conflit intercommunautaire.

Une politique plus large de sabotage

Le MİT cherche à torpiller l’intégration entre FDS et Damas, à détruire les acquis du Rojava et à raviver les tensions sectaires et ethniques. Cette stratégie ne se limite pas aux zones mentionnées : elle s’étend également le long de la ligne de Kobanê. La semaine dernière, un poste de contrôle dans le village de Şêx Afwakal (Kobanê) a été attaqué par des groupes armés du SMO affiliés au MİT, incluant des membres de la tribu Begara.

Ces développements illustrent une tentative persistante d’instrumentaliser les divisions tribales pour empêcher toute stabilisation durable dans le nord-est syrien, au moment même où un accord politique semble progresser.

Source : Lekolin.org

Les Kurdes exhortent la communauté internationale à stopper les attaques d’Iran

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IRAK / KURDISTAN – Face à l’intensification des attaques iraniennes ciblant les zones civiles et les camps des réfugiés, les forces kurdes d’Iran réfugiées au Kurdistan d’Irak appellent la communauté internationale à intervenir. En deux semaines, cinq combattants de groupes d’opposition kurdes iraniens, un membre de l’Asayish et un soldat français ont été tuées dans des frappes ciblant le Kurdistan irakien.

Face à l’escalade de la violence dans la région, la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien a publié un communiqué urgent ce vendredi 13 mars 2026. Elle dénonce l’utilisation systématique de missiles et de drones par la République islamique contre le Kurdistan irakien, ciblant délibérément des zones civiles et des camps de réfugiés.
 

Dénonciation des attaques aveugles

La Coalition condamne les centaines d’agressions menées par le régime et ses milices affiliées. Elle souligne que ces frappes ne visent pas seulement des objectifs militaires, mais frappent directement les habitations civiles des réfugiés kurdes iraniens.
 

Voici le communiqué de la coalition des forces kurdes :

« La région du Kurdistan irakien a été la cible de centaines d’attaques de missiles et de drones depuis le début de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Parallèlement, les bases des forces politiques du Kurdistan iranien et les camps civils de ces mêmes forces dans la région ont également été visés.

La Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien condamne fermement l’agression et les attaques de missiles et de drones perpétrées par la République islamique et ses groupes terroristes contre la région du Kurdistan, ciblant les habitations civiles des réfugiés kurdes iraniens vivant dans cette région. Elle appelle également la communauté internationale à prendre des mesures contre les attaques incessantes du régime et de ses milices.

La Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien affirme que la République islamique tente d’étendre son emprise en massacrant des manifestants à l’intérieur du pays, en prenant des Kurdes en otage et en provoquant des crises, des guerres et de l’instabilité à l’étranger. Par conséquent, les pays et la communauté internationale doivent soutenir le peuple iranien et ses droits et revendications légitimes. Ils doivent également s’opposer aux attaques perpétrées par la République islamique contre les civils au Kurdistan et dans d’autres pays de la région. »

Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien

13 mars 2026