Accueil Blog Page 13

TURQUIE. Mort d’un otage kurde malade

0

TURQUIE – Le prisonnier politique kurde gravement malade, Hadi Elçiçek est mort dans une prison d’Adana après 6 mois de souffrances.

Mehdi Özdemir, l’avocat du prisonnier malade décédé Hadi Elçiçek, a déclaré que la détention de son client malgré les rapports était synonyme d’une condamnation à mort.

Hadi Elçiçek, un prisonnier handicapé à 93 % et dont l’exécution a été reportée de six mois pour permettre son traitement, est décédé hier à l’hôpital de formation et de recherche d’Adana, où il recevait un traitement contre le cancer. Elçiçek a été arrêté dans le district de Dihê (Eruh) à Sêrt le 16 février 1999. Après dix jours de détention, il a été arrêté pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ». Il a été condamné à mort par la Cour de sûreté de l’État n° 1 de Diyarbakır (DGM) pour le même chef d’accusation. Suite à l’abolition de la peine de mort par la loi, sa peine a été commuée en réclusion criminelle à perpétuité aggravée.

TURQUIE. Un otage kurde libéré après plus de 31 ans de captivité

0

TURQUIE – Le prisonnier politique kurde, Veysi Aktaş a été libéré après avoir passé 31,3 ans dans les geôles turques.

Aktaş a purgé légalement sa peine de 30 ans le 28 avril 2024. Cependant, sa libération a été reportée d’un an par décision du Conseil d’administration et de surveillance pénitentiaires. Après ce délai d’un an, sa libération a été reportée de trois mois supplémentaires.

Aujourd’hui, après un total de 31 ans et 3 mois, Aktaş a finalement été libéré de la prison d’İmralı.

KURDISTAN. Écocide sous la supervision de l’armée turque

0

TURQUIE / KURDISTAN – Alors que le pillage et la destruction de la nature du Kurdistan se poursuit, des milliers de tonnes d’arbres coupés du Mont Gabar de la province kurde de Sirnak sont transportés par camions à travers des points de contrôle de l’armée turque avant d’être vendus dans d’autres villes.

Des centaines de milliers d’arbres ont été abattus en 2021 par la Turkish Petroleum Corporation (TPAO) sur le mont Gabar, à Şirnex, sous couvert de recherches de pétrole. Des forêts sont également détruites par des explosions de dynamite dans la région où se déroulent les opérations d’abattage. La région kurde, interdite à la population depuis les années 1990, est en proie à un véritable pillage de la nature. La montagne est criblée de trous dus à la construction de routes, de fortifications et de tours militaires. L’abattage des arbres dans la région est effectué avec l’approbation et la supervision de la Direction provinciale des forêts et des responsables militaires, et les gardes villageois sont connus pour perpétrer ce massacre.

Des arbres transportés par camion depuis la montagne Gabar ont été filmés alors qu’ils franchissaient le poste de contrôle de la gendarmerie du village de Misuri, à Cizîr. Les images montrent de nombreux camions chargés d’arbres franchissant le poste de contrôle sans encombre. Elles révèlent la collaboration des soldats, des gardes villageois et de la Direction provinciale des forêts dans la destruction de la nature. Elles révèlent également que les arbres abattus sont vendus sous le contrôle de la Direction provinciale des forêts de Şırnak et des soldats. Il a été signalé qu’au moins un camion chargé d’arbres est transporté de cette manière chaque jour vers des villes comme Riha (Urfa), Dîlok (Antep) et Semsûr (Adiyaman).

La population kurde, qui protestait auparavant contre l’exploitation forestière pour des soi-disants « raisons de sécurité », a attiré l’attention sur le processus en cours, s’interrogeant : « Ils ne font plus cela pour des raisons de sécurité, mais pour le commerce. Ils nous empêchent d’entrer dans nos villages et sur nos terres sous prétexte de « sécurité », mais ils laissent entrer ceux qui pillent notre nature. Les autorités doivent trouver une solution à cette situation. De quel type de sécurité parlent-ils à Gabar ? Ils l’interdisent aux civils d’entrer pour piller notre nature. Certains responsables militaires affirment ne pas pouvoir contrôler les gardes villageois. Comment l’État pourrait-il ne pas les contrôler ? »

Le Barreau de Şirnex et les ONG environnementales ont engagé à plusieurs reprises des poursuites judiciaires contre le pillage de la nature. Cependant, à ce jour, aucune mesure n’a été prise contre les responsables. (Agence Mezopotamya)

TURQUIE. Le gouverneur exclut un groupe folklorique arménien du festival de Dersim

0

TURQUIE / KURDISTAN – Les autorités turques ont affirmé que l’Ensemble folklorique arménien Veradardz avait « dévié de l’objectif de l’événement » au cours des années précédentes en affichant le drapeau arménien lors de ses représentations pendant le Festival annuel de la ville kurde alévie de Dersim.

Les autorités ont interdit à trois groupes de musique de participer au 23e Festival de la culture et de la nature de Munzur, organisé chaque année dans la ville kurde-alévie de Dersim, officiellement connue sous le nom de Tunceli.

Le bureau du gouverneur de Tunceli a interdit au groupe arménien Veradardz Folk Ensemble de se produire au festival. Bien que non inclus au programme cette année, deux groupes de musique contestataire de gauche, Grup Yorum et Grup İsyan Ateşi, ont également été interdits de représentation.

Le bureau du gouverneur a affirmé que l’ensemble folklorique Veradardz avait « dévié de l’objectif de l’événement » au cours des années précédentes en affichant le drapeau arménien lors des représentations.

Après avoir appris l’interdiction, l’ensemble Veradardz a fait demi-tour depuis la province frontalière de Van, avant d’atteindre Dersim.

Cette décision intervient alors que la Turquie et l’Arménie sont engagées dans un processus de normalisation. Le 20 juin 2025, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et le président turc Recep Tayyip Erdoğan se sont rencontrés à Istanbul pour discuter de questions telles que la réouverture des liaisons de transport, la restauration d’un pont historique à Ani et les domaines potentiels de coopération entre les deux pays.

Le musicien kurde Mikaîl Aslan a critiqué cette décision, soulignant qu’un des membres du groupe, Aleksandr Avetisyan, avait prévu de lui offrir un portrait de Seyîd Riza, qui a dirigé la rébellion de Dersim en 1937.

« Mais le bureau du gouverneur a une fois de plus empêché les langues, les cultures et les peuples de se donner la main », a déclaré Aslan. « Malgré cela, nous continuerons à bâtir des ponts d’amitié avec le peuple arménien, nos anciens voisins et notre communauté fraternelle, déracinés il y a plus d’un siècle. Ni la répression ni les interdictions ne pourront empêcher les danses et les ponts d’amitié que nous créons ! »

Les interdictions visant Grup Yorum et Grup İsyan Ateşi auraient été justifiées par les autorités au motif que les groupes s’étaient produits lors de festivals précédents et avaient été accusés de « propagande terroriste », bien qu’ils n’étaient pas prévus cette année.

Des experts de l’ONU seraient inquiets du kidnapping de femmes en Syrie

0

Alors que les gangs djihadistes sous commandement d’al-Sharaa (Jolani) viennent de commettre des crimes de guerre contre les Druzes de Soueïda, des experts de l’ONU auraient exprimé leur inquiétude face à la vague croissante d’enlèvements et de violences sexistes visant les femmes et les filles, en particulier celles issu de la communauté alaouite, rapporte l’agence kurde ANHA.

Les experts de l’ONU ont exprimé leur profonde inquiétude face à ce qu’ils ont décrit comme des rapports « inquiétants » d’enlèvements, de disparitions et de violences sexistes visant des femmes et des filles, en particulier celles issu de la communauté alaouite, dans diverses régions de Syrie depuis février 2025.

Dans une déclaration publiée depuis Genève, les experts des droits de l’homme ont qualifié les rapports qu’ils ont reçus de « préoccupants », soulignant l’augmentation des cas d’enlèvements, de disparitions et de violences sexistes contre les femmes et les filles dans diverses régions de Syrie depuis février 2025, affectant particulièrement la minorité alaouite.

Selon le communiqué, les experts ont reçu des informations crédibles selon lesquelles 38 femmes et filles, âgées de 3 à 40 ans, ont été kidnappées dans des villes syriennes, notamment à Lattaquié, Tartous, Hama, Homs, Damas et Alep, de mars à aujourd’hui.

Le communiqué indique que certains enlèvements ont eu lieu en plein jour, alors que les victimes se rendaient à l’école, rendaient visite à des proches ou même à l’intérieur de leur propre maison.

Les experts ont également signalé que certaines familles avaient reçu des menaces directes pour les empêcher de signaler les incidents ou d’en parler publiquement. Certains témoignages mentionnaient que les victimes avaient été droguées et agressées physiquement pendant leur captivité.

Les experts ont averti que l’absence de mécanismes de signalement sûrs et sensibles au genre rend difficile la vérification complète des cas de violences sexuelles, mais ont souligné que de tels incidents ne pouvaient être exclus. La déclaration a également fait état de cas de mariages forcés de mineures, les qualifiant d’« extrêmement alarmants ».

Ils ont également critiqué l’incapacité du gouvernement syrien à mener des enquêtes rapides et impartiales sur la plupart des cas signalés. Dans certains cas, les autorités auraient refusé de déposer plainte ou ignoré les préoccupations des familles. Les experts ont déclaré que cette inaction non seulement aggrave le traumatisme des victimes et de leurs familles, mais contribue également à un climat d’impunité plus large.

Les experts ont noté que ces développements reflètent « un modèle plus large de violence contre les femmes et les filles en Syrie, exacerbé par l’insécurité et l’érosion de l’État de droit ».

La déclaration mentionne également l’implication présumée d’agences de sécurité ou d’individus affiliés aux institutions du gouvernement de transition syrien dans certains cas. Les experts appellent les autorités à respecter leurs obligations juridiques internationales de protéger les femmes et les filles contre la violence et de garantir justice et soutien psychologique aux survivantes.

Ils ont souligné la nécessité d’enquêtes rapides, indépendantes et transparentes, de la mise en place de mécanismes de signalement sûrs et sensibles au genre, et de la nomination d’enquêtrices pour traiter ces cas.

En conclusion, les experts ont exhorté le gouvernement syrien de transition à mettre fin à cette tendance à la violence et à rétablir la confiance du public dans le système judiciaire, réitérant que toutes les femmes et les filles ont le droit de vivre en sécurité et dans la dignité.

Ils ont souligné que la nécessité de les protéger est particulièrement urgente à la lumière des attaques en cours contre les communautés en Syrie, notamment un incident récent à Sweida où des centaines de civils druzes ont été tués par des groupes armés inconnus, dont deux femmes et deux enfants.

Les experts ont confirmé qu’ils étaient en communication avec le gouvernement de transition syrien sur ces questions. (ANHA)

KURDISTAN. Une Yézidie sauvée de DAECH retourne à Shengal

0

KURDISTAN / SHENGAL – La jeune Yazidie tenue esclave par des membres de DAECH / ISIS, Riham Haji Hami a retrouvé sa famille après être sauvée de captivité par les forces féminines kurdes du Rojava.

Aujourd’hui, le Conseil de Shengal a reçu Riham Haji Hami, en présence de ses parents, des coprésidents de la Maison Yazidi du canton de Jazira, Leyla Maamo et Ismail Delf, en présence également de représentants des Unités de protection des femmes (YPJ), qui l’avaient libérée.

Le Conseil de Shengal a exprimé sa gratitude aux unités de protection des femmes, aux Forces démocratiques syriennes (FDS) et aux forces de sécurité intérieure pour leurs efforts inlassables pour sauver les personnes enlevées dans le district de Shengal.

Riham, aujourd’hui âgée de 20 ans, a été retrouvée et libérée par les FDS du camp d’al-Hol.

Elle n’avait que neuf ans lorsqu’elle a été enlevée par des mercenaires de l’EI. Depuis, elle était portée disparue, tout comme sa sœur, ses cinq frères et une trentaine d’autres membres de sa famille, également enlevés. On ne sait pas ce qui est arrivé aux autres membres de sa famille.

Le 3 août 2014, les mercenaires de l’EI ont lancé une attaque à grande échelle contre Shengal, au cours de laquelle ils ont commis des massacres contre des milliers de Yazidis et enlevé des femmes et des enfants.

TURQUIE. Une vague de chaleur s’abat sur 50 provinces du pays

0

TURQUIE / KURDISTAN – Une vague de chaleurs extrêmes s’abat sur la Turquie, y compris dans les régions kurdes Siirt, Şırnak et Cizre où on a dépassé les 46°C.

Les températures ont dépassé 35 degrés Celsius dans 50 provinces du pays.

La Turquie a connu hier la journée la plus chaude de l’année au milieu d’une vague de chaleur en cours, avec des températures dépassant les 35 degrés Celsius dans 50 des 81 provinces du pays.

Cette hausse de température est bien supérieure à la moyenne saisonnière et a été enregistrée dans des zones ombragées standard et mesurée à deux mètres au-dessus du sol.

La Direction générale de la météorologie rapporte que le pays continuera à faire face à des températures entre 6 et 12 degrés plus élevées que d’habitude tout au long de la semaine.

Les provinces du sud-est, comme Siirt, Şırnak et Cizre, ont enregistré certaines des températures les plus élevées, dépassant les 46 degrés Celsius.

La chaleur extrême a également accru le risque d’incendies de forêt, qui ont touché au moins six provinces. Dans la province d’Eskişehir, en Anatolie centrale, dix pompiers ont péri lors des opérations de confinement.

Les autorités ont averti les citoyens de rester prudents face à ces conditions difficiles, soulignant la nécessité de prendre des précautions pour protéger la santé et la sécurité publiques pendant cette période intense de températures supérieures à la moyenne.

IRAN. Décès d’un activiste kurde blessé alors qu’il combattait un feu de forêt

0

IRAN / ROJHILAT – Un activiste kurde est décédé suite aux blessures dues à un feu de forêt qu’il a tenté d’éteindre dans la région de Sanadaj (Sînê), au Kurdistan « iranien ».

L’activiste kurde, Hamid Moradi est décédé aujourd’hui à l’hôpital de Sanandaj après avoir tenté, avec d’autres militants écologistes, d’éteindre un important incendie qui s’est déclaré jeudi sur la colline d’Awyar. L’incendie était suspect et sa cause reste inconnue.

Report de la réunion prévue à Paris entre Damas et un commandant kurde du Rojava

0

SYRIE / ROJAVA – Le représentant du Rojava en France a déclaré que la réunion prévue à Paris entre la délégation du Rojava / Nord et de l’Est de la Syrie et celle du gouvernement de transition syrien a été reportée sans autre explication.

Karim Qamar, représentant de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie en France, a déclaré à l’agence ANHA dans un communiqué spécial que la réunion prévue entre les représentants du Nord et de l’Est de la Syrie et les responsables du gouvernement syrien de transition a été reportée, sans révéler les raisons ni s’ils avaient avaient fixé une nouvelle date.

Quant à savoir si les représentants du Nord et de l’Est de la Syrie rencontreront des responsables en France, il a simplement noté que la délégation n’est pas encore arrivée en France et qu’aucun calendrier clair de rencontres avec les responsables français n’a encore été établi.

Hier, la chaîne de télévision Ronahi a rapporté que le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes, Mazloum Abdi, accompagnera la délégation du Nord et de l’Est de la Syrie lors de sa visite à Paris pour assister à une réunion qui comprendra des représentants du gouvernement de transition syrien, avec la participation de l’envoyé spécial américain en Syrie Thomas Barrack, sous les auspices du gouvernement français. (ANHA)

TURQUIE. Emine Ocak, symbole des Mères du samedi, inhumée à Istanbul

0

TURQUIE – « Maman, tu n’étais pas seulement notre mère. Tu es devenue une lueur d’espoir pour des millions de personnes. Même dans la tristesse, tu as trouvé l’espoir. Même dans l’obscurité, tu n’as jamais faibli », a déclaré la fille d’Ocak.

Emine Ocak, figure emblématique des Mères du samedi qui se sont rassemblées sur la place Galatasaray d’Istanbul depuis le 27 mai 1995 pour exiger justice pour leurs enfants disparus pendant le conflit kurde, a été inhumée aujourd’hui à l’âge de 89 ans.

La place, fermée aux Mères/Gens du samedi depuis 2018 malgré une décision de la Cour constitutionnelle,

Bien que fermée aux Mères/Gens du Samedi depuis 2018, malgré une décision de la Cour constitutionnelle reconnaissant la violation des droits, une banderole a été placée devant son cercueil, reprenant ses propres mots : « Si nous abandonnons, ce pays restera un paradis pour les coupables », suivi d’un message de défi : « Tu n’as pas abandonné, et nous non plus. »

Ses proches, ses proches et ses collègues militants ont déposé des œillets rouges sur son cercueil, drapé de noir, et ont porté les bijoux symboliques qui la caractérisaient. Ils ont scandé « Nous sommes là, Mère » en guise d’adieu.

Des centaines de personnes ont assisté à la cérémonie, dont Pervin Buldan, membre de la délégation du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM) d’İmralı, Ayşegül Doğan, porte-parole du parti DEM, Sezgin Tanrıkulu, député du Parti républicain du peuple (CHP) de Diyarbakır, Özgür Çelik, président du CHP d’Istanbul, Eren Keskin, coprésidente de l’Association des droits de l’homme (İHD), les Mères du samedi, des représentants de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme et des Mères de la paix.

« Elle est devenue la mère de tout le monde, Emine »

S’exprimant au nom de « tous ses enfants », Sebla Arcan, de la Commission contre les disparitions en détention de l’İHD, a déclaré : « Elle est arrivée à Galatasaray en tant que mère d’Hasan, mais est devenue une héroïne qui n’a jamais cédé à l’injustice, quelqu’un qui a défié l’histoire officielle, elle est devenue la « Mère Emine » de tous. »

« L’injustice, le déni et l’effacement ont fait d’elle plus qu’une mère, elle est devenue un symbole de résistance », a ajouté Arcan. « Emine Ocak était la conscience de ce pays. Elle était la voix des disparus, des réduits au silence, des ignorés. Elle n’a pas seulement pleuré son fils avec des larmes, mais avec résistance. Son combat nous l’a montré : lorsqu’une mère se tait, l’histoire se tait. Mais lorsqu’une mère se soulève contre l’oppression, l’histoire lui ouvre sa page la plus pure. Comme toutes les Mères du Samedi que nous avons perdues, Emine Ocak a pris sa place sur cette page. »

Sa fille, Maside Ocak, a déclaré que sa mère « portait non seulement la douleur d’Hasan, mais aussi celle des milliers de personnes disparues en détention ». S’adressant directement à elle, elle a ajouté : « Mère, tu n’étais pas seulement notre mère. Tu es devenue une lueur d’espoir pour des millions de personnes. Même dans la tristesse, tu as trouvé l’espoir. Même dans l’obscurité, tu n’as jamais faibli. »

Son fils, Hüseyin Ocak, a déclaré : « Emine Ocak est née au cœur de la douleur. » Il a raconté qu’elle était née en 1937 à Dersim, pendant le massacres des Kurdes alévis de Dersim. « Même bébé, la mort l’entourait », a-t-il dit, se souvenant qu’une famille fuyant dans la forêt avait envisagé de la tuer, elle et sa jumelle, pour éviter d’être repérée. « Depuis ce jour, la mort ne l’a plus quittée. »

Il a également évoqué son amour profond et ses bijoux colorés : « Elle ne l’a peut-être pas expliqué philosophiquement, mais elle a vécu pleinement sa philosophie. Sa vie disait ceci : “Seul le corps meurt, l’âme jamais.” Aujourd’hui, nous ne lui disons pas adieu. Nous l’envoyons vers une nouvelle vie. »

İkbal Eren, sœur de Hayrettin Eren, disparue en détention, se souvient de sa propre mère, Elmas Eren, décédée il y a six ans : « Aujourd’hui, nous l’envoyons rejoindre les mères qui l’ont précédée. (…) Mère, transmets-leur nos salutations à toutes. »

« C’est toujours difficile de se retrouver ici, mais aujourd’hui c’est particulièrement difficile », a-t-elle ajouté. « Nous disons adieu au symbole de la résistance, de la détermination et de la persévérance. Elle nous a appris à résister, à exiger justice. Sa voix continuera de s’élever d’ici. Elle n’a jamais vu la place rouvrir, mais elle est restée attachée à la justice. Elle est venue chaque semaine, tant que sa santé le lui a permis. Grâce à elle, j’ai gagné de nombreuses mères et frères et sœurs lorsque je suis venue ici à la recherche de mon frère. »

« Cette place appartenait à Mère Emine »

Pervin Buldan, du Parti démocrate-chrétien (DEM), a déclaré : « Cette place appartenait à Mère Emine. Elle n’était pas seulement la mère d’Hasan, mais aussi celle de Rıdvan, d’Abdullah et de Savaş. Elle est devenue la grand-mère de nos enfants. Son héritage guidera des millions de personnes sur le chemin de la vérité et de la justice. Repose en paix, chère Mère Emine. Les coupables seront traduits en justice et la vérité triomphera. Transmets nos salutations à Hasan, à Savaş et à tous les disparus. »

Eren Keskin, coprésidente de l’İHD, a déclaré que la résistance d’Ocak avait même contraint l’État à reculer : « Certains sont nés pour lutter. Mère Emine a participé à la résistance dès sa naissance. Elle a mené ce qui est peut-être le mouvement de désobéissance civile le plus ancien au monde. Son combat a été si puissant qu’il a ouvert cette place même à ceux qui s’opposaient à nous. Nous lui devons tant. Elle nous a tant appris. Repose en paix, Mère Emine. »

En scandant « Mère, nous sommes là », les personnes en deuil ont porté son cercueil de Galatasaray au cimetière de Gazi. Elle a ensuite été enterrée au cimetière de Gazi, aux côtés de son fils Hasan Ocak et de son mari Baba Ocak. (Bianet)

30 ans de luttes pour obtenir justice pour leurs proches disparus de force

Le samedi 27 mai 1995, les mères du samedi se réunissaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour dénoncer les disparitions forcées des civils en détention. Après des années de luttes, de nombreuses mères de l’initiation ont quitté ce monde, sans avoir obtenu justice, ni le corps de leurs enfants disparus en détention. Pire encore, certaines ont été détenues / torturées pour avoir demandé justice pour leurs disparus !

Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées* et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
 
Les « mères du samedi » reprochent à l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.

TURQUIE. Une répression sans précèdent s’abat sur les journalistes

0

TURQUIE / KURDISTAN – De responsables turcs hauts placés interviennent de plus en plus dans l’arrestation de journalistes ou d’acteurs des médias par le biais de leurs déclarations publiques faites « au nom de la nation », signale le site d’information Bianet.

Après des années d’instrumentalisation de la loi à des fins politiques, une nouvelle phase inquiétante a été atteinte, où des responsables élus et nommés de haut niveau au pouvoir jouent ouvertement un rôle dans l’arrestation de journalistes ou d’acteurs des médias (tels que Fatih Altaylı et les dirigeants et le personnel du magazine LeMan) à travers leurs déclarations publiques faites « au nom de la nation ».

Le rapport de surveillance des médias du BİANET couvrant la période d’avril à mai et juin 2025 montre que malgré la forte ingérence du gouvernement dans le système judiciaire, et bien que certaines décisions positives qui maintiennent l’espoir aient émergé dans les tribunaux locaux, au moins 20 journalistes, photojournalistes et illustrateurs ont été arrêtés au cours des six derniers mois, au moins trois ont été assignés à résidence et des dizaines ont été arbitrairement restreints par des mesures de contrôle judiciaire telles que des interdictions de voyager.

Alors que l’autoritarisme gagne du terrain et que l’État de droit s’érode, le pluralisme médiatique turc est menacé. Le pays a chuté à la 159e place du Classement mondial de la liberté de la presse 2025 établi par Reporters sans frontières (RSF), qui classe 180 pays. Ce déclin est attribué cette fois aux pressions économiques exercées sur les médias (comme le RTÜK, la discrimination dans les ressources publiques, etc.), à l’absence de modèle financier et à la fragilité du pays.

153 accusés, 7 condamnations, 7 acquittements

Français Selon le rapport de surveillance des médias de BİANET, au moins sept des 153 journalistes jugés dans des affaires pénales ouvertes au cours des trois derniers mois ont été condamnés à un total de 10 ans, 9 mois et 4 jours de prison (dont 2 ans, 4 mois et 12 jours avec sursis), en vertu du Code pénal turc (TCK) et de la loi antiterroriste (TMK), pour des accusations telles que « violation du secret de l’enquête », « divulgation de données personnelles », « insulte aux institutions de l’État », « propagande terroriste » et « aide à une organisation terroriste ». Au cours de la même période, six journalistes et un dessinateur ont été acquittés dans les affaires entendues.

Parmi les réglementations ayant ouvert la voie aux poursuites arbitraires contre les journalistes durant cette période, l’article 301 du Code pénal turc s’est distingué. Au moins 13 journalistes (dont Tolga Şardan, Tuğçe Yılmaz, Deniz Yücel et Ece Üner) ont été poursuivis pour « outrage aux institutions et organes de l’État » en raison de leurs critiques à l’égard du gouvernement au pouvoir et des institutions publiques. Parmi eux, Bahadır Özgür, Merdan Yanardağ et Özlem Gürses ont été condamnés en première instance à un total de 2 ans, 9 mois et 22 jours de prison (dont 1 an, 6 mois et 22 jours avec sursis).

Les autorités interviennent dans les procès et les arrestations de journalistes 

Au cours des trois derniers mois, six journalistes ont été arrêtés. Le journaliste Fatih Altaylı a été arrêté le soir même où le conseiller présidentiel en chef Oktay Saral l’a pris pour cible sur les réseaux sociaux en criant : « Altaylıııı ! Votre eau bout ! » et a été arrêté le lendemain pour « menace envers le président ». Autre fait en contradiction flagrante avec les principes de séparation des pouvoirs et d’indépendance judiciaire : quatre dirigeants et employés du magazine LeMan ont été arrêtés pour une caricature qui, selon eux, n’avait aucun lien avec le prophète Mahomet.

Entre avril et juin, au moins cinq journalistes ont été libérés ; l’assignation à résidence de deux reporters a été levée. Elif Akgül et Yıldız Tar, arrêtées le 21 février dans le cadre de l’enquête du HDK, ont été libérées sous contrôle judiciaire après plus de 100 jours de détention. Le journaliste et écrivain Ender İmrek, qui faisait l’objet d’une enquête dans la même affaire, a vu son assignation à résidence levée le 100e jour. Le journaliste d’investigation İsmail Saymaz, arrêté le 19 mars dans le cadre de l’enquête sur la résistance de Gezi, a également été libéré de son assignation à résidence le 56e jour.

Intensification des détentions et des opérations contre les journalistes

Au cours des trois derniers mois, au moins 16 journalistes et dessinateurs, dont sept femmes, ont été arrêtés. Quatre représentants du magazine humoristique LeMan ont été placés en garde à vue pour un dessin représentant le prophète Mahomet, tandis que les journalistes d’investigation Timur Soykan et Murat Ağırel ont été arrêtés suite à une plainte d’Erkan Kork, propriétaire de Flash TV, actuellement emprisonné, pour blanchiment d’argent.

La journaliste Semra Pelek et la traductrice Melisa Efe ont été transportées à plus de 3 000 km d’Istanbul à Artvin dans le cadre d’une enquête sur une « organisation » centrée à Artvin, après avoir été détenues pendant quatre jours ; elles ont été libérées sous contrôle judiciaire.

Tuğçe Yılmaz, rédacteur en chef de Bianet, a également été arrêté dans le district de Kadıköy à Istanbul, à la suite d’un contrôle d’identité, dans le cadre d’une enquête ouverte suite à l’utilisation de l’expression « génocide arménien » dans un article. Nur Kaya et Evrim Gündüz, qui couvraient la Marche des fiertés d’Istanbul pour Bianet, ainsi que Yusuf Çelik, qui couvrait également l’événement, ont subi le même traitement.

Quatre attaques, trois menaces

Durant cette période, le magazine satirique LeMan a été attaqué par un groupe radical, et trois journalistes, dont une femme, ont été agressés alors qu’ils poursuivaient des reportages dans le quartier de Güngören à Istanbul et à Marmaris à Muğla. Les journalistes Alican Uludağ, İsmail Arı et Fatih Altaylı ont été menacés par divers groupes. Altaylı a été arrêté après que le conseiller en chef du président, Oktay Saral, a publié le message « Altaylıııı ! Votre eau a commencé à bouillir. »

« Insulte au Président » : 16 accusés, un acquittement, un journaliste suédois condamné

Les procès de journalistes accusés d’« insulte au Président » sont à nouveau au centre de l’attention avec l’arrestation en Turquie, le 27 mars, du journaliste suédois Joakim Medin, reporter du journal suédois Dagens ETC et spécialiste de la question kurde, et sa condamnation – quoique avec sursis – à 11 mois et 20 jours de prison pour un livre publié en Suède et qui . Au cours des trois derniers mois, sur les affaires portées contre 16 journalistes et dessinateurs, pour un total de 74 ans et 8 mois de prison requis, le chroniqueur de Cumhuriyet Barış Pehlivan et l’ancien rédacteur en chef du journal Ozan Alper Yurtoğlu ont été acquittés.

Pour les interdictions et la censure, la « justification » n’a pas d’importance !

La censure en ligne visant les journalistes et les médias en Turquie et en exil s’est généralisée d’avril à juin. Bien que la Cour constitutionnelle ait annulé la censure en ligne fondée sur les « droits individuels » le 10 octobre 2024, cette censure a perduré, désormais justifiée par des motifs de « sécurité nationale et d’ordre public », même lorsque les contenus concernaient des irrégularités et des faits de corruption.

Au cours des trois derniers mois, les juges pénaux de paix ont émis des interdictions d’accès à des sites d’information comme bianet et KaosGL, ainsi qu’aux comptes X (anciennement Twitter) de journalistes tels qu’Altan Sancar, Ali Macit, Erk Acarer et Furkan Karabay.

32 ans d’impunité dans l’assassinat d’Uğur Mumcu

Le procès à Ankara d’Oğuz Demir, identifié comme l’homme qui a placé la bombe sous la voiture du journaliste Uğur Mumcu le 24 janvier 1993, entraînant la mort de Mumcu et qui serait recherché par Interpol, se poursuivra le 22 septembre. Même après 32 ans, le directeur général de la sécurité de l’époque et futur ministre de la Justice, Mehmet Ağar, devrait témoigner en tant que témoin.

Amende de 27 millions de lires du RTÜK, licences en danger

Au cours des trois derniers mois, le Conseil suprême de la radio et de la télévision (RTÜK) a imposé 22 amendes administratives totalisant 26 972 802 lires et a prononcé 26 sanctions de suspension de diffusion à des chaînes de télévision pour leurs informations et programmes.

Les licences de chaînes de télévision critiques comme Halk TV et Sözcü TV, qui reflètent le programme du Parti républicain du peuple (CHP), un parti d’opposition que le gouvernement tente de présenter comme illégal, sont menacées par RTÜK, accusé de partialité par les organisations journalistiques. Récemment, un mandat d’arrêt a également été émis contre Cafer Mahiroğlu, propriétaire de Halk TV.

Demande à la Cour constitutionnelle pour Medin après la victoire de Hayko Bagdat

La Cour constitutionnelle a jugé que le droit à la liberté d’expression du journaliste Hayko Bagdat avait été violé lorsqu’il a été condamné à une amende judiciaire pour sa réaction à la réponse d’un directeur de banque à une question posée lors d’une interview de rue : « Que fait tante Ayşe avec des devises étrangères ? » La Cour a ordonné le versement d’une somme totale de 65 480 livres turques (LT) à Bagdat, dont 34 000 LT pour dommages et intérêts. Le MLSA a également saisi la Cour constitutionnelle au nom du journaliste suédois Joakim Medin, invoquant une violation de son « droit à la liberté et à la sécurité de sa personne » pendant sa détention. Durant cette période, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) est restée muette sur les droits des journalistes. (Bianet)

 

Le groupe kurde en exil Koma Amed retourne au pays après 30 ans d’exil

0

TURQUIE / KURDISTAN – Après la sortie de leur album de 1997, plusieurs membres du groupe de musique kurde, Koma Amed, ont dû demandé l’asile en Allemagne à cause des persécutions judiciaires.

Koma Amed, un groupe folklorique kurde connu pour ses paroles politiquement chargées et ses compositions à plusieurs niveaux, se produira dans la ville kurde de Diyarbakır (Amed) en octobre après trois décennies d’exil.

Le groupe, formé en 1988 par des étudiants des facultés de médecine d’Ankara et d’Hacettepe, s’est fait connaître dans les années 1990 pour son style musical et ses harmonies vocales singulières. Koma Amed est devenu emblématique pour toute une génération, à une époque où la culture et la langue kurdes étaient largement restreintes en Turquie.

Memo Gül, membre du groupe, a annoncé le concert à venir sur les réseaux sociaux. « Chez Koma Amed, nous sommes ravis de nous produire à Amed en octobre, 30 ans après. Les préparatifs ont déjà commencé et nous voulions partager cette bonne nouvelle avec vous », a-t-il déclaré sur X (ancien Twitter).

La date exacte et le lieu du concert seront annoncés dans les prochaines semaines.

Bianet