IRAN. Inquiétudes pour un prisonnier kurde en grève de la faim mis en isolement

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IRAN – Le prisonnier d’opinion kurde Arkan Palani Jaff, qui était en grève de la faim depuis le 10 juin dans la prison Rajai Shahr de Karaj, a été conduit à l’infirmerie de la prison le 25 juin après avoir perdu connaissance. Arkan Palani Jaff, qui a entamé un grève de la faim en cousant les lèvres pour protester contre le refus des autorités pénitentiaires de lui fournir des soins médicaux ou de le libérer provisoirement, a été battu par des responsables de la prison le douzième jour de la grève. Arkan a été remis en cellule d’isolement après plusieurs heures d’hospitalisation et d’injections de sérum. Le prisonnier kurde a perdu 10 kg au cours de cette période et sa tension artérielle est tombée en dessous de neuf. Emprisonné depuis 5 ans Les forces de sécurité ont arrêté Jaff à Téhéran le 2 mai 2017. Il a été transféré à la prison Rajai Shahr après environ trois mois d’interrogatoire au centre de détention Meydan-e Naft à Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran, et au centre de détention 209 Evin à Téhéran. Jaff est un Kurde sunnite de Sarpol-e Sahab, dans la province de Kermanshah. Plus tard, la branche 28 du Tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran – présidée par le juge Moghiseh – a condamné le civil à sept ans et six mois de prison. Il l’a accusé d’avoir « agi contre la sécurité nationale » en collaborant avec le groupe État islamique (EI). Récemment, après que le tribunal eut accepté la demande de libération de Jaff au cours de sa cinquième année d’emprisonnement, sa famille a préparé plusieurs titres de propriété et a saisi le tribunal de Téhéran. Cependant, à chaque fois, le tribunal a refusé de délivrer les documents nécessaires à l’évaluation de la caution. Via  Kurdistan Human Rights Network  

IRAN. La militante kurde, Zahra Mohammadi libérée provisoirement pour voir son père aux soins intensifs

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IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien a libéré provisoirement Zahra Mohammadi, prisonnière politique kurde et directrice de l’association socioculturelle Nozhin, le 26 juin, pour qu’elle puisse voir son père hospitalisé en unité de soins intensifs. Zahra doit retourner en prison au bout de 10 jours de congé. (Info via Kurdistan Human Rights Network) Zahra Mohammadi, 28 ans, purge une peine de prison de 5 ans pour avoir enseigné la langue kurde aux enfants. Zahra dirige l’association culturelle et sociale Nozhin, et ses activités comprennent l’enseignement de la langue et de la littérature kurdes et d’autres activités civiles. Elle avait été arrêtée par les forces de sécurité à Sanandaj (Sînê, Kurdistan de l’Est) le 23 juin 2019 et remise en liberté provisoire le 2 décembre 2019. En juillet 2020, un tribunal révolutionnaire iranien a condamné Zara Mohammadi à dix ans de prison pour « formation d’un groupe contre la sécurité nationale ». En appel en février de l’année dernière, la peine initiale a été réduite à cinq ans et Mohammadi a ensuite été libéré sous caution. Mais malgré une justification détaillée d’un appel, les juges de la Cour suprême ont rejeté la demande de révision de la peine.

Veillée d’armes au Rojava

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Le photojournaliste italien Giacomo Sini s’est rendu à Hassaké, dans le nord de la Syrie, où les Kurdes, Arabes, Assyriens… sont en état d’alerte face à une nouvelle incursion militaire turque visant l’anéantissement de la révolution du Rojava et le nettoyage ethnique des Kurdes que la Turquie remplace déjà par des familles des mercenaires islamistes à Afrin et dans d’autres régions syriennes occupées. Reportage de Giacomo Sini à lire sur le site Le Courrier : Veillée d’armes au Rojava   Photo: Meryem Qasim, membre de la branche féminine des Forces de défense civile (HPC-Jin), via l’agence Jinha  

La littérature kurde en Turquie: les temps et les mots enchaînés

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PARIS – Serdar Ay vient de publier un article sur la littérature kurde en Turquie où la langue, la musique et la culture kurde sont de nouveau dans le viseur du pouvoir colonialiste turc pour lequel l’existence même des Kurdes est un affront fait aux efforts d’extermination des Kurdes déployés depuis plus d’un siècle en Turquie… Serdar Ay a donné son accord pour qu’on partage avec vous son article publié dans la revue Plumas (références ci-dessous). Le voici: La littérature kurde en Turquie: les temps et les mots enchaînés Le présent article souligne le prodigieux potentiel de la littérature kurde en matière de représentation de l’espace kurde en Turquie, espace que nous définissons ici de carcéral. Face à la censure – qui peut être qualifiée de linguicide, culturicide, archivicide et mémoricide –, l’existence de l’écrivain kurde elle-même est un acte de rupture ou de désenchaînement. La parole kurde peut être perçue comme un défi au mutisme, elle rend possible la visibilité d’un espace en pleine transgressivité. C’est pourquoi la littérature kurde comme “littérature d’intervention” , “littérature du réel” fait naturellement (ré)apparaître, pour reprendre la pensée de Foucault, l’ “insurrection des savoirs assujettis” .
« Nous sommes restés dans l’état de siège Ô le temps ! » Kawa Nemir, Bîşenga Deşta Dûr [Le Saule Pleureur de la Plaine Lointaine] Diyarbakır, Lîs, 2006.

L’espace kurde en Turquie comme univers carcéral

Après la fondation de la République turque en 1923, presque aucune manifestation de la patrie, sous la forme d’un travail auto-ethnographique et auto-archéologique qui serait donné comme une science de la patrie susceptible de donner naissance à la nation ethnographique au sens du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle, ne pouvait parvenir directement dans les régions kurdes de Turquie. Le durcissement des mesures – interdiction, négation, assimilation et turcisation du kurde et des Kurdes –, et le statut spécifique des régions kurdes défini dans le Plan de Réforme de l’Est (Şark Islahat Planɪ 1925), le Rapport de l’Est (Şark Raporu, 1960) et leur placement officiel sous l’état d’exception de 1987, ainsi que les différentes suspensions de ce statut, entre juillet 1998 et fin novembre 20021, allaient empêcher tout type de travail ou de manifestations culturelles en domaine kurde. Tous les courants culturels, littéraires et linguistiques des Kurdes de Turquie ont vu le jour soit en exil (Damas – sous mandat français –, Stockholm, Paris) soit à l’ouest de la Turquie (Istanbul) et non dans les régions kurdes. Interdits ou perturbés par la censure, ces courants n’ont pas atteint les régions concernées, au moins de manière légale, malgré leur influence extrêmement restreinte. En ce sens, on peut imaginer la censure appliquée au kurde en Turquie comme dépossession de soi du peuple assujetti. Bouleversées par la censure jusqu’aux années 2000, les régions kurdes ont été le laboratoire de l’armée turque, les victimes de la guerre et de l’état d’exception2.

On a ainsi assisté à une segmentation des générations kurdes dont les productions linguistiques, littéraires et, plus largement, culturelles ont été diffusées de manière restreinte jusqu’aux années 2000. Jusqu’à la fin des années 1990, par exemple, les Kurdes de Turquie ne connaissent pas véritablement l’héritage de la revue Hawar [Appel au secours], publiée entre 1932-1943 à Damas, dans laquelle la codification du kurde kurmandji (dialecte principale des Kurdes de Turquie) a été réalisée grâce à l’élaboration d’un alphabet latin adapté aux particularités phonétiques de la langue et à l’élaboration d’une grammaire. De même, l’héritage littéraire kurde kurmandji des Kurdes de l’Arménie soviétique ne parvient qu’à partir des années 2000 chez les Kurdes de Turquie. La production littéraire kurde de la diaspora peut plus facilement entrer en Turquie à partir de la fin des années 1990. Cependant les mouvements linguistico-littéraires kurdes y apparaissent de façon segmentée, et ne connaissent qu’une diffusion restreinte jusqu’aux années 2000. La permanence de la censure de l’État envers les Kurdes peut être qualifiée de linguicide, culturicide, archivicide et mémoricide ; elle rend plus difficile tout genre de travail, d’activités ou de manifestations, ainsi que la circulation ou la diffusion des héritages culturels kurdes à l’intérieur de la Turquie comme à l’extérieur de ses frontières.

Revue Hawar

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Ancrée dans un espace en « dé-civilisation »3, au sens suggéré par Hamit Bozarslan, c’est-à-dire une incapacité à gérer et mesurer la notion du temps, la littérature kurde en Turquie n’a donc pas confiance dans le temps et dans l’espace, dans le fait qu’on puisse porter un regard réflexif sur le passé, maîtriser le présent et se projeter dans l’avenir, se mouvoir dans l’espace sans crainte et sans être interrompue. Il lui est donc difficile sur le plan individuel ou collectif, mais aussi de se penser comme universelle. Elle ne s’organise pas sur des chronologies nationales, ni sur une série juxtaposée d’œuvres, mais elle construit son originalité sur la succession des révoltes ou des combats. Ces derniers combats s’incarnent notamment dans les revues, publiées à différentes périodes historiques. Ces revues sont l’outil le mieux adapté à l’intervention dans les domaines de la culture, de la littérature, de la langue, de l’idéologie au sein de l’espace kurde dominé et institutionnellement faible en Turquie4.

À cet égard, le temps de la littérature kurde en Turquie apparaît lui aussi comme discontinu, parce qu’il s’inscrit dans un espace opprimé. Les barrières politiques de la censure qui empêchent son développement, voire son existence. Ainsi, cette littérature ne trouve pas la possibilité de se doter de son propre tempo, partiellement indépendant de l’univers politique. Chaque période d’émergence de cette littérature semble refermée sur elle-même et soumise au contexte sociopolitique du moment. Jusqu’aux années 2000, elle répète à la manière de Sisyphe, une phase embryonnaire et combative au sens de Pascale Casanova5 où la langue, la littérature et le national prennent une signification identique et se croisent de façon extrêmement dense, et où la littérature est engagée dans un effort collectif pour être reconnue, dans une lutte « à mort » pour la reconnaissance de son existence.

De ce fait, l’histoire de la littérature kurde est davantage liée à l’histoire politique de la sphère kurde qu’aux différents changements, influences, mouvements et écoles littéraires. La littérature kurde ne peut donc être étudiée indépendamment du contexte d’existence – ou de non-existence – politique des Kurdes. De même, les politiques de l’État et les mesures de censure envisagent le kurde et sa littérature dans un cadre politique. C’est pourquoi la littérature kurde ne porte pas la préoccupation de l’autonomie jusqu’aux années 2000 où une continuité linguistico-littéraire apparaît véritablement. Dans les conditions sévères de la censure, cette littérature porte d’abord un combat d’acquisition de la langue et de connaissance de son histoire. La question du sens littéraire est ainsi très liée à la conscience nationale qui change selon les contextes politiques.

Une littérature des temps et des mots « enchaînés » ou « déchaînés »

« Nous nous sommes révoltés, pour le lait des pays, pour le miel des histoires… Nous nous sommes révoltés, pour l’eau des citernes, pour la saveur des rosées… Nous nous sommes révoltés, pour la cape des bergers, pour les rosiers des chiens des aurores… Nous nous sommes révoltés, pour le dîner des fourmis, pour l’honneur des pierres. » Rênas Jiyan, Stranên Sor Niviştên Mor (Chansons Rouges Amulettes Violettes), Diyarbakır, Belkî, 2018. Pour attirer l’attention sur « les temps et les mots enchaînés »6 kurdes en Turquie et les décrire, Mehmed Uzun (1953), romancier kurde reconnu, raconte une histoire qu’il a vécue en 1972 à Diyarbakir. Accusé d’être militant kurdiste, il est enlevé avec tous ses livres par la police, ainsi que 26 autres militants. Enfermés pendant trois jours dans une cellule, les 27 accusés apprennent qu’ils seront bientôt interpellés. En tant que militants kurdistes d’extrême-gauche, ils savaient ce que signifie l’interpellation et l’incarcération dans une prison comme celle de Diyarbakir (capitale non officielle kurde en Turquie), connue pour les résistances des prisonniers kurdes et les tortures qu’ils ont subies. Dans cette atmosphère terrifiante, un des accusés est particulièrement inquiet, parce qu’il porte le mot « KURD » tatoué dans le creux de sa main. C’est pourquoi il se met immédiatement à la recherche d’une solution : brûler le creux de sa main avant d’être interpellé7. Selon Mehmed Uzun les deux gestes, le tatouage et l’effacement de celui-ci sont bien liés à ce « temps enchaîné », qui est l’œuvre de la domination exercée sur autrui par le pouvoir : il s’agit de l’impossibilité de pouvoir maîtriser le temps, et la perte des notions de passé, présent et futur. Au regard du dominé, le « temps enchaîné » signifie la « langue enchaînée », les « mots enchaînés » et donc l’« homme enchaîné »8 et donc « l’homme enchaîné » dans des « lieux enchaînés », métaphores qui expliquent bien l’univers dans lequel les Kurdes vivent en Turquie depuis longtemps.

Mehmed Uzun

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Exister comme écrivain kurde peut être perçu comme un acte de rupture avec cet état « enchaîné ».

Le premier texte kurde publié en Turquie est un poème de Musa Anter (assassiné en 1992, par le JITEM, Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele, Service de Renseignement et Antiterrorisme de la Gendarmerie), acteur kurde important de l’époque, dans son journal Ileri Yurt [Le Pays Développé] le 31 septembre 1959 à Diyarbakır. Il s’agit d’un poème satirique, commenté en turc, intitulé KımılLe titre signifie « charançon », du nom d’un insecte dévorant les céréales, métaphore de l’exploitation des régions kurdes par l’État turc. Kımıl attire immédiatement une attention considérable et de nombreuses critiques fusent dans la presse turque. L’auteur du poème et les figures importantes du journal sont arrêtés.

Le premier livre publié en kurde en Turquie, la pièce de théâtre Birîna Reş de Musa Anter [La Blessure noire, 1965], a été écrite dans une cellule de la prison d’Harbiye à Istanbul, en 1959.

La première revue entièrement en kurde, Tîrêj [Rayon du Soleil], voit le jour en 1979. C’est là qu’on peut constater pour la première fois une véritable émergence de la littérature kurde, très influencée par le réalisme socialiste, en Turquie. À cause du coup d’état de 1980, la revue n’a pu sortir que trois numéros. Le quatrième et dernier numéro a dû être édité à Stockholm. Les effets de la censure auxquelles la revue est affrontée sont visibles dans les textes littéraires publiés. En ce sens, le poème de Rojen Barnas, figure importante de la revue, Nizanim Kengê [Je ne sais pas quand] est frappant. Il est également significatif pour mieux saisir l’univers kurde en Turquie tel que décrit par Mehmed Uzun :

« Je ne sais pas quand J’aurai des livres en quantité suffisante Je ne sais pas quand Je pourrai les lire en entier et d’une traite Un par un… Je pourrai acheter un livre ou une publication Que je veux Sans une caravane de préoccupations et de blessures Des fantômes et d’êtres invisibles Je ne sais pas Je ne sais pas Je ne sais pas Je ne sais pas quand… Je ne sais pas quand Lorsque je rentre à la maison avec un livre N’apparaîtra dans les yeux de ma femme La peur de la mort Elle ne courbera pas son cou Et ne me dira pas en se plaignant “Ça suffit Ça suffit Ça suffit ! … Qu’est-ce que tu veux encore ? Je sais que tu n’as pas peur pour toi Mais aie peur pour nous” Quand les flocons ne dévaleront plus en fontaine de ses yeux Lorsque concernant les livres Elle n’écoutera pas des informations obscures à la radio Elle ne tremblera pas de peur Son cœur ne sera pas brisé Ne se souviendra plus du poêle9 De l’impuissance […] Je ne sais pas quand Je ne sais pas quand J’aurai des livres en quantité suffisante. Pour les lire en entier et d’une traite Sans préoccupation, sans peur Je ne sais pas quand… […] »10  

Dès les années 1990 où l’on observe une nouvelle ère à travers la visibilité du PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan) et l’autorisation relative de la langue kurde en Turquie, un mouvement linguistico-littéraire kurde commence à se former dans les trois revues sœurs publiées à Istanbul entre 1992 et 2003 – Rewşen [Lumière], Jiyana Rewşen [Vie Lumineuse], Rewşen-Name [Lettre lumineuse] –, au sein du Centre Culturel de Mésopotamie (Navenda Çanda Mezopotamya), pro-PKK. Ce mouvement est porté par une jeune génération appelée Génération de Lumière (Nifşê Rewşenê), à une époque où la jeunesse kurde partait massivement à la montagne rejoindre les rangs de la guérilla. Il s’agit de la génération fondatrice de la littérature kurde en Turquie. Pour la première fois les écrivains et poètes d’une génération ont pu effectivement créer une continuité linguistico-littéraire.

Cette génération est cependant consciente de la vulnérabilité ou de la discontinuité du « temps kurde » « enchaîné » : « Durant les années où nous n’avons pas écrit, nous ne possédions toujours aucun temps proprement kurde »11. À ce stade, Génération de Lumière pense qu’il n’y aucun signe qui puisse montrer le passage « d’un temps à un autre ». Car, « quand dans nos bouches, nos langues [kurdes] pratiquaient le kurde, ils sont venus anéantir les possibilités pour nous de nous exprimer »12. C’est ainsi qu’« ils ont pillé notre conscience ». C’est pourquoi cette génération exprime son état d’esprit en janvier 2000 de la manière suivante : « Un nouveau siècle. Qu’est-ce nous manquons à nous-mêmes !? » (Hezarsaleke nû. Me çi qas bêriya xwe kiriye !?)13. Pour libérer le temps kurde de ses chaînes, cette génération se donne objectif de briser les « frontières » physiques et temporelles qui divisent les Kurdes et empêchent la diffusion artistique, littéraire et culturelle. Il s’agit de « réunir tous les Kurdes par la poésie, la littérature et le folklore »14. Une volonté s’affirme contre la censure, ce mécanisme visant à détruire les facultés cognitives de l’espace culturel kurde. À l’inverse, l’espace culturel kurde doit se penser dans la durée, dans son histoire, dans son présent et se projeter dans l’avenir.

C’est ainsi que la Génération de Lumière se met à la recherche d’une « nouvelle littérature » kurde pour traiter, selon elle, « la tragédie de la personnalité kurde, sa peur, son inquiétude qui encerclait l’écho du « mot muet… »15 ou enchaîné. Ici, il s’agit bien du mot, de la parole, du logos kurde. Kawa Nemir (1975), que nous pouvons considérer comme la figure de poète-traducteur la plus active des revues du mouvement, se met à la recherche de ce « mot muet » pour le faire parler. Il le définit comme « Kilama Qedîm » [La Parole Antique]. Par le biais des « poèmes allumés dans les bouches de nos crayons », « un matin dans la rosée voilée », il recherche une « expression vive ». Il demande la création d’un « Perce-neige » (Gulbefrînk)16. Par la « langue des muets [celle des Kurdes] », Nemir se voit comme la « sauvegarde des temps », le « perce-neige tardif »17. À travers ses poèmes, « la poésie est active, déchireuse des temps, acharnée à faire parler les muets »18, une « pédagogie des opprimés ». Car, écrit-il, nous, les « vies non-rédigées »19, « nous ne sommes pas entrés dans les cahiers », « nous sommes […] muets et oublieux », « […] nos identités s’usaient avant nos chaussures »20. En face de cette situation, il hausse la voix : « […] hausse-toi le mutisme, explose ! »21.

Kawa Nemir

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L’apparence de la parole kurde comme défi au mutisme rend possible la visibilité d’un espace en pleine « transgressivité »22. Comme l’explique Şener Özmen, le Kurdistan est une « hétérotopie », et non une utopie23, comme un « espace-autre » tel que défini par Michel Foucault24, « tout comme la littérature qui, par essence, dispose de son propre espace, et organise son propre réel selon ses propres lois »25. Ce territoire sans existence légale, ce « lieu absent » comme le dénomme Şener Özmen, commence à construire sa présence dans l’espace littéraire kurde. Son introduction dans la littérature kurde et la transformation de Diyarbakır, appelée aussi Diyarbekir ou Amed, en centre ou capitale littéraire kurde se fait par la Génération de Lumière. Diyarbakır, comme lieu intégré aux productions littéraires, apparaît dans les pages de la revue Jiyana Rewşen.

La nouvelle de Dilawer Zeraq, Kakil [Essence] porte sur la manière de faire d’un écrivain – figure de lui-même – qui essaie de construire entre lui et « sa ville » une affinité : cette ville qu’il présente comme « espoir de mon peuple » « exclue de la lumière »26, ville qui « avait cherché sa voix en profondeur pour qu’elle ne soit pas étouffée », ville qui « ne se dévoile pas » pour mieux « résister », qui s’est entourée d’une « coquille » forte comme ses murailles27. Le personnage, écrivain lui-même, veut « parler avec sa ville », mais il n’y arrive pas, ce qui le bouleverse complétement. La « nuit » prend une place importante dans la nouvelle, comme signe du temps et de l’« existence » ancrée dans l’obscurité. Mais elle offre aussi la possiblité de découvrir la « lumière de cette ville », car « la nuit était la manière avec laquelle Diyarbekir se créait »28. Dans les conditions difficiles créées par la censure et la répression « elle ne pouvait mieux se sentir, ne vivre que dans le bain de la nuit ». C’était la « folie » de cette ville29. C’est pourquoi le personnage décide de « suivre sa ville » pour arriver à connaître cette ville-coquillage, son « essence », c’est-à-dire son « esprit », son « amour », sa « vie », son « existence » et sa « nouveauté »30. Le personnage veut que cela soit possible par la « langue de l’identité » de « sa ville », le kurde, pour qu’il puisse « partager sa douleur » et que « son malheur disparaisse »31Quand sa ville lui parle dans « la langue de son identité », l’écrivain se met à l’écriture, qui devient alors sa manière de parler avec sa ville. Lorsqu’il suit « sa ville », celle-ci devient elle-même le personnage de la nouvelle qui s’exprime. Ainsi la Diyarbekir de Dilawer Zeraq sera-t-elle présente à chaque instant, et se laissera pressentir derrière chaque personnage de ses récits comme un territoire marqué par des conflits, pris entre sa propre vérité historique et une histoire contrefaite, bâtie sur le déni mais aussi tourmentée entre tradition et modernité, ce que Murat Özyaşar décrit de cette façon :

« Vivre à Diyarbakır, c’est naître dans une langue et parler de là, de ce lieu où le kurde, parce qu’il a été interdit, n’est pas un kurde correct, où le turc, parce que ceux qui vivent là ne sont pas turcs, n’est pas un turc correct, où ce que l’on parle n’est le dialecte, le patois d’aucune langue, où ce que l’on entend n’est surtout pas un accent mais une langue qui « boite », où le kurde et le turc se sont méchamment contaminés l’un l’autre aux niveaux grammatical et sémantique et, n’en restant pas là, où ils se sont brisés l’un l’autre. C’est dire : « Autant pour les fautes de l’Etat ! […] » C’est vivre dans un endroit où le mot « basané » prend tout son sens. […] C’est vivre dans une ville où les seuls lieux qui se développent de manière « stable » sont les cimetières, dans une ville de longue date interdite de deuil où, pour cette raison, on n’arrive pas à guérir les traumatismes. C’est se lancer dans d’effrayantes crises de rire noir. […] C’est une ville où l’on emploie des expressions extraordinaires comme « se calomnier soi-même » pour en définir l’« état d’esprit ». C’est une ville où, lorsque vous voulez réparer votre salle de bains, votre cuisine ou votre balcon, vous trouvez des artisans très compétents dans l’art de « casser et de détruire” (car c’est ce qu’enseigne la guerre) mais pas un seul qui sache « faire et construire » (car en leur temps, tous les maîtres artisans arméniens ont été chassés de la ville). […] Diyarbakır, c’est une ville, pas une cité, dont la colère, la joie et la révolte sont à nulle autre pareilles. […] À Diyarbakır, si tu demandes à un gosse qui vend des simits [petits pains ronds au sésame] combien il en vend chaque jour, il te répond : « T’en veux un ou pas ? Joue pas à l’État avec moi, j’ai pas que ça à faire ». Diyarbakır est une longue phrase qui contient l’État et la révolte »32.

Dilawer Zeraq, à travers les habitants de Diyarbakir, notamment ceux qui sont en marge de la communauté, s’incarne dans ses personnages. Ses nouvelles et romans, conçus à partir d’observations et de témoignages, portent sur la vie quotidienne à Diyarbakir. En ce sens, nous pouvons aussi imaginer la littérature kurde dans cet espace que nous définissons de « carcéral » comme une « insurrection des savoirs assujettis », au sens suggéré par Michel Foucault33. Car, pour ce dernier, d’un côté, les « savoir assujettis » sont « des contenus historiques qui ont été ensevelis, masqués dans des cohérences fonctionnelles ou dans des systématisations formelles ». Donc, les « savoirs assujettis », « ce sont ces blocs de savoirs historiques qui étaient présents et masqués à l’intérieur des ensembles fonctionnels et systématiques »34. Par ailleurs, « toute une série de savoirs qui se trouvaient disqualifiés comme savoirs non conceptuels, comme savoirs insuffisamment élaborés : savoirs naïfs, savoirs hiérarchiquement inférieurs, savoirs en-dessous du niveau de la connaissance ou de la scientificité requises […] – le ‘savoir des gens’ (et qui n’est pas du tout un savoir commun, un bon sens, mais au contraire, un savoir particulier, un savoir local, régional, un savoir différentiel, incapable d’unanimité et qui ne doit sa force qu’au tranchant qu’il oppose à tous ceux qui l’entourent) –, c’est par la réapparition de ces savoirs locaux des gens, de ces savoirs disqualifiés que s’est faite la critique »35.

Dans cette Diyarbakır, devenue la capitale de l’art et de la culture kurde dans les années 200036, apparaît Rênas Jiyan (1975), poète, penseur, romancier et revuiste. Il est la figure la plus connue de la quête d’autonomie de la littérature kurde37. En 2002, il fait partie d’un groupe de douze figures importantes de cette littérature dont onze sont en même temps enseignants, donc fonctionnaires, et qui se réunissent les uns chez les autres pour animer des ateliers linguistiques et littéraires Or, les services de police associent ces ateliers à des « affaires terroristes pro-PKK » et les arrêtent. Dans le réquisitoire de leur procès devant le Tribunal de Sécurité de l’Etat (Devlet Güvenlik Mahkemesi, DGM), ils sont accusés de possession de livres, revues, journaux et autres matériaux interdits et « d’opposition à la loi sur les institutions de l’enseignement privé » (Özel ӧgretim kurumalarɪ kanununa muhalefet). Le Tribunal décide leur acquittement, mais le Ministre de l’Éducation Nationale diligente une enquête administrative et prend la décision d’une mutation forcée (sürgün en turc, qui veut dire littéralement « exil ») pour onze enseignants du groupe. Les personnes concernées sont ainsi éloignées des régions kurdes et envoyées dans des villes du nord de la Turquie38.

Rênas Jiyan

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Comme les autres personnes du groupe, Rênas Jiyan reste en prison pendant un mois, durant lequel il subit une « torture cruelle »39, dit-il. C’est pendant ce mois de souffrances qu’on lui fait manger son manuscrit de poèmes « page par page », « poème par poème », Mexzena Xwînê (Le Cellier du Sang). Il dit qu’il a mangé ses poèmes pour « fusionner davantage avec eux » et « les digérer mieux ». Ce manuscrit ne va jamais sortir de la prison, dit-il. Rênas Jiyan va le récrire après sa libération lorsqu’il est muté de force au nord de la Turquie pendant un an et demi40.

Son œuvre traduit l’expérience vécue des « temps » et des « mots » kurdes « enchaînés » ou « déchaînés »41.

Dans la pièce de théâtre de Rênas Jiyan, dont le titre révèle le lieu de l’action « Aux toilettes » [Di Tuwaletê De], un des personnages principaux Fikirdar, ressent fortement le besoin d’écrire, au point qu’il compare son corps à un alphabet dont chaque lettre (kurde), de chair et de sang, est un composant des mots des textes et des poèmes non écrits : « ma tête : o ; mes mains et mes doigts : w et m ; mes bras : l ; mon nez : h ; mes jambes et mes pieds : d et b ; mes oreilles : ç et c ; mes yeux : a et û, ma bouche : v ; mon cou : q ; mon sein : x »42. Pour se sentir soulagé, il envisage de ne plus pouvoir continuer à ne pas écrire et ne pas partager ses écrits. « Oui, mais partager avec qui ? Comment ? De quelle manière ? ». Fikirdar est bien conscient des mesures de la censure : « je vis, dit-il, dans une géographie totalitaire et dogmatique ». S’il écrit ce qu’il pense, il sait qu’il sera aussitôt arrêté. Il cherche une manière de s’exprimer malgré la censure. C’est pour cela qu’il décide d’écrire ses « notes dans les toilettes »43 pour en faire des « livres », les « tablettes historiques ». Il veut utiliser les murs des toilettes comme pages et les toilettes comme le dernier lieu d’intimité, le lieu parfait de liberté (à l’encontre des lieux du pouvoir comme les mosquées, les universités et les parlements, dit-il), lieu de non-censure ou lieu ingouvernable, lieu où on est « physiologiquement et psychologiquement » à l’aise44 et enfin, lieu de partage avec ses « lecteurs » qui sont en effet ceux qui ont des toilettes (Tuwaletvan) : « les autres ont des lecteurs, les miens sont tuwaletvan ». Car « dans les toilettes, tout le monde produit la même merde : les riches, les pauvres, les savants, les ignorants, les dominés, les dominants, les autoritaires, etc. » C’est ainsi qu’en définissant ces lieux comme « ses citadelles »45 où s’exprimer est possible à l’abri de la censure46, il décide de commencer à écrire dans les toilettes des gares, des bus, des trains, de l’aéroport, des mosquées, des églises, des grands hôtels, des usines et des bordels de la ville47, « sous la forme d’aphorismes », d’une manière « courte » et « efficace » pour que ses notes soient lues durant le temps où les gens sont aux toilettes, et sans signature. C’est selon lui une façon de rejeter l’égoïsme et la fétichisation de l’écriture et de l’écrivain reconnu48. Et si on efface ses écritures des murs des toilettes, il les réécrira ; mais le temps les effacera en tout cas, dit-il. D’ailleurs il dit qu’il n’aime pas du tout l’absolu de l’écriture ; car « tout change avec le temps »49.

Pour rester « écrivain libre, autonome », selon lui, l’artiste ne donne pas d’importance à la langue avec laquelle il écrit, qu’elle soit « petite » ou « grande », pas plus qu’aux « applaudissements » ou aux « entraves » de la société. Le but de l’écrivain est de créer, il n’est pas de rechercher le prestige, les prix et la reconnaissance sociale. Sinon, celui qu’on appelle un écrivain serait plutôt un « comptable »50. C’est pourquoi il préfère être l’écrivain des toilettes qu’aller vers les maisons d’édition généralement devenues les lieux des intérêts économiques et de la soumission. Enfin, il écrit son premier aphorisme sur le mur des toilettes : « il faut aspirer à la liberté, ce n’est pas parce qu’on est esclave qu’on y aspire, mais parce qu’on l’aime »51.

L’écriture de Rênas Jiyan se construit sur une notion fondamentale : la « douleur » (êş). Elle signifie une volonté forte de produire la capacité de deuil dans l’objectif de répondre à la perte de celle-ci. Car c’est le pouvoir du deuil qu’on peut extraire de la servitude comme pouvoir symbolique de dire la perte52 et donc le pouvoir de pouvoir parler :

Reviens à moi Douleur… En urgence À pleines mains Amène-moi les soirs Brassée Amène-moi les villes « Maman » le premier mot des enfants […] Les fêtes Newroz…53.

Devant la perte de la langue, nous pouvons considérer la douleur de Rênas Jiyan comme l’origine de l’écriture en kurde, telle qu’elle s’exprime dans son roman Stranên Sor Niviştên Mor [Chansons Rouges Amulettes Violettes] à travers le personnage de Xelef Xoce :

Nous nous consumons jour après jour, nous disparaissons mot après mot. Je voyais les mots de notre langue comme des branches dispersées dans le vent. Et ceux qui sont restés, les balayeurs de l’État les ramassaient et les brûlaient dans des déchetteries. J’entendais leur calcination, voyais la fumée qui montait au-dessus d’eux, ils devenaient cendre. Je versais ces cendres sur ma tête […] il faut que l’on soit le berger de ces mots. Nos mots sont les agneaux de notre âme. Que personne ne parle de l’existence et de l’inexistence sauf celui dont l’aire de battage de sa langue est mise en feu54.

Ce personnage, enseignant dans un petit village de la région de Diyarbekir, cherche une ruse pour écrire en kurde dans le contexte très difficile de censure de la période post-coup d’état en 1980. Devant l’impossibilité d’écrire dans sa langue, il décide finalement d’écrire clandestinement un roman en kurde en alphabet arabe, en forme d’« amulette ». Il pense ainsi à la fois échapper à la censure de l’État, et se joindre au « peuple » avec la « langue du peuple » grâce à ce roman écrit pour celui-ci. En donnant un statut sacré à la langue kurde, Xelef Xoce croit que ce roman sera porté et protégé par le peuple comme un objet sacré. Le peuple est en effet habitué à porter et protéger les amulettes à valeur religieuse. Tout en sachant que le roman ne sera pas lu, il s’efforce d’écrire un roman à destination d’un public qui, s’il n’était pas au rendez-vous du présent, le serait dans l’avenir. L’écrivain engagé s’adresse à ceux qui sont exclus de l’échange littéraire. Il écrit pour eux, c’est-à-dire d’une certaine façon à leur place. Ce type de littérature engagée est présenté par J. P. Sartre comme un « appel au profane » dans Qu’est-ce que la Littérature ?55

Les dix-neuf amulettes qui composent le roman sont distribuées séparément aux différentes familles du village où il habite. Ce roman, qui se fonde sur les « douleurs » des personnes les plus « faibles », « damnées » et « révoltées » veut peut-être dire aux Kurdes par le bais de ces amulettes que : « si vous prêtez attention à votre langue, comme les amulettes qui préservent l’homme des dangers et des méfaits, elle vous protégera aussi de tous les dangers et méfaits » 56.

Les personnages du roman qui portent ces amulettes sont ceux qui se révoltent contre les traditions de la communauté féodale, l’autorité des familles et la domination de l’État et cherchent à être libres. La langue est ainsi définie comme secret menant à la santé et à la guérison divines.

Xelef Xoce a payé au prix fort l’écriture de son roman car il a été tué par l’État et cela est resté comme un « crime non résolu », un épisode du conflit entre l’État et le PKK. Cependant, à partir du testament de Xelef Xoce, toujours laissé sous forme d’amulettes, sa fille, Bêrîvan, a recueilli toutes celles-ci et a publié ensuite ce roman en le transcrivant en alphabet latin pour le diffuser cette fois-ci « non seulement dans un petit village, mais aussi dans un pays ».

Face à un lieu absent ou à cet univers carcéral qu’est le Kurdistan, la littérature kurde comme univers linguistique, narratif et poétique et comme « littérature d’intervention »57, « littérature du réel »58 ou littérature de désenchaînement fait (ré)apparaître en quelque sorte l’« insurrection des savoirs assujettis ». En contexte autoritariste, face à un déni centenaire et à une longue censure, la littérature ne peut que devenir l’espace d’une « contre-mémoire », de la possibilité d’une autre imagination, d’un autre mode d’expression singulière qui peut vaincre le mutisme et la surdité. Se faisant ethnologue, comme le disait Pascale Casanova au sujet de Kafka59, l’écrivain fait apparaître univers carcéral kurde comme un immense tissu de signes, de ruines et de fossiles qui porte écrite l’histoire d’un temps, d’une civilisation, d’une société.

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« Sergotar », Jiyana Rewşen, Istanbul, NÇM, n°48, janvier 2001, p. 2-3.

1 Voir pour les politiques étatiques constituant la censure vis-à-vis des Kurdes et l’état d’exception du Kurdistan en Turquie depuis la fondation de la Turquie, Bayrak, Mehmet, Kürtler’e Vurulan Kelepçe Şark Islahat Planı, Ankara, Özge Yayınları, 2009 ; Akçura, Belma, Devletin Kürt Filmi. 1925-2009 Kürt Raporları ; Çiçek, Cuma, Zimanek Çima Tê Qedexe Kirin?, Istanbul, Peywend, 2013 ; Scalbert-Yücel Clémence, Conflit linguistique et champ littéraire kurde en Turquie, Paris I, Thèse de doctorat, 2005 ; Arslan, Ruşen, Devletin İç Düşmanı Kürtler, Jandarma Genel Komutanlıǧının Kürt RaporlarıIstanbul, İsmail Beşikçi Vakfı, 2015 ; Akin, Salih, Désignation du peuple, du territoire et de la langue kurde dans le discours scientifique et politique turc, Rouen, Thèse de doctorat, département de linguistique, Université de Rouen, 1995 ; Akar, Rıdvan et Dündar, Can, Ecevit ve Gizli Arşivi, Ankara, Imge, 2008 ; Çelik, Adnan, Temps et espaces de la violence interne Revisiter les conflits kurdes en Turquie à l’échelle locale (du XIXe siècle à la guerre des années 1990), Paris, Thèse de doctorat soutenue à l’EHESS, 2018 ; Ünlü, Barış, Türklük Sӧzleşmesi: Oluşumu, İşleyişi ve Krizi, Ankara, Dipnot, 2018.

2 Une autre vague de la censure bouleversera l’espace artistique, culturel et politique dans les régions kurdes notamment à partir de 2016 jusqu’à l’heure actuelle, sous le « décret-loi, Kanun Hükmünde Kararname (KHK) » et « les administrateurs nommés par l’État, Kayyum ». Voir Ay, Serdar, « Un paysage mutilé, la production artistique et culturelle kurde en Turquie », Siècle 21, n°33, automne-hiver 2018, pp. 19-27.

3 Bozarslan, Hamit, Crise, violence, dé-civilisation, Paris, CNRS éditions, 2019.

4 Ay, Serdar, La littérature kurde kurmandji en Turquie entre émergence et (re)découverte. Écrire, par le biais des revues, l’histoire d’une littérature de combat, Paris, Thèse de doctorat, Inalco, janvier 2021.

5 Casanova, Pascale, « La guerre de l’ancienneté » dans Casanova, Pascale (dir.), Des littératures combatives, L’internationale des nationalismes littéraires, Paris, Raison D‘Agir, 2011, pp. 9-33.

6 Uzun, Mehmed, Zincirlenmiş Zamanlar Zincirlenmiş Sözcükler, Istanbul, İthaki, 2006 [2002].

7 Id., pp. 16-19.

8 Id., p. 21.

9 Du poêle familial dans lequel sont brûlés, en temps de danger, les livres interdits, en kurde en général.

10 Barnas, R., « Nɪzanɪm Kengê », Tîrêj, Izmir, n°2, 1980, pp. 17-19.

11 « Sal û Zemanan Em Nenivîsandine », Jiyana Rewşen, Istanbul, NÇM, n°15, janvier 1998, p. 2-3.

12 Ibid.

13 « Sergotar », Jiyana Rewşen, Istanbul, NÇM, n°36, janvier 2000, p. 2.

14 « Sergotar », Jiyana Rewşen, Istanbul, NÇM, n°14, décembre 1997, p. 2-3

15 « Sergotar », Jiyana Rewşen, Istanbul, NÇM, n°48, janvier 2001, p. 2-3.

16 Nemir, Kawa. « Bîşeng û Siya Werzeba », Jiyana Rewsen, Istanbul, NÇM, n°9, juin 1997, p. 8-10.

17 Nemir, Kawa, « Çiyayên Enternasyonel », Jiyana, Rewşen, Istanbul, NÇM, n°19 mars 1998, p. 19

18 Nemir, Kawa, « Rawestgeha dilên şikestî », Jiyana, Rewşen, Istanbul, NÇM, n°32, juillet 1999, p. 15.

19 Nemir, Kawa, « Jiyanên ku nehatine redaktekirin », Jiyana Rewşen, Istanbul, NÇM, n°18, avril 1998, p. 44-45.

20 Nemir, Kawa, «  Selpakfiros », Jiyana Rewşen, Istanbul, NÇM, n°21, juillet 1998, pp. 10-14.

21 Nemir, Kawa, « Masiyên îyot », Jiyana Rewsen, Istanbul, NÇM, n°43, août 2000, p. 24.

22 Westphal, Bertrand , La Géocritique. Réel, fiction, espace, Paris, Éditions de Minuit, 2007.

23 Cavaillès, Sylvain, « L’Hétérotopie kurdistanî : défense et illustration d’un territoire littéraire », European Journal of Turkish Studies [Online], 23 | 2016, Online since 06 July 2017. URL : http://journals.openedition.org/ejts/5375

24 Cité par Sylvain Cavaillès, ibid.

25 Ibid.

26 Zeraq, Dilawer, « Kakil », Jiyana Rewşen, Istanbul, NÇM, n°41, Juin 2000, p. 28.

27 Id., p. 30.

28 Özmen, Şener, Uykusu Bӧlünenler, Diyarbakוr, Lîs, 2013, p. 17.

29 Ibid.

30 Zeraq, Dilawer, ibid.

31 Id., p. 31.

32 Özyaşar, Murat, « Comment on vit à Diyarbakır ? », traduit par Sylvain Cavaillès, Le Mondele 30 octobre 2016 https://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/30/comment-on-vit-a-diyarbak-r_5022633_3214.html

33 Cité par Çelik, Adnan, « Mémoires du génocide des Arméniens à Diyarbakır : une présence par l’absence », Études arméniennes contemporaines [En ligne], 7 | 2016, mis en ligne le 30 janvier 2017, consulté le 16 janvier 2020. URL : http://journals.openedition.org/eac/975 ; DOI : 10.4000/eac.975

34 Cité par Adnan Çelik, ibid.

35 Cité par Adnan Çelik, ibid.

36 Ay, Serdar, id., pp. 395-407.

37 Id., pp. 430-451.

38 Çakar, Yɪldɪz, « Dîsa ji Mamosteyan re riya sirgûnê », Azadiya Welat, 04.10.2002, p. 2 ; « OHAL tipi sürgün », Fɪratta Yaşam, 04.10.2002.

39 Ün, Ahmet et Bonjuk, Mehmet, « Öǧretmenlere Kürtçe Işkencesi », Fɪratta Yaşam, n°149, 20 mai 2002, p. 11 ; « Işkence erken adalet geç geldi », Yeniden Özgür Gündem, 06.09.2002.

40 Jiyan, Rênas, entretien, Diyarbakır, août 2013.

41 Durant cette mutation forcée, il crée la première maison d’édition Belkî (Peut-être) à Diyarbakır, avec ses amis, et y publie Mexzena Xwîna réécrit en 2003 dans lequel il manifeste une volonté de créer le Çirûskîzm (Étincellisme), sur lequel il travaille dans un cycle permanent. En 2012, il présente le Çirûskîzm comme une école artistique et philosophique, qu’il développe toujours au moment où nous écrivons. Il fonde la revue Çirûsk (Étincelle) en 2007. Il publie quatre recueils de poèmes : Janya (Le Pays du mal ou Le Pays de la douleur) 1999, Mexzena Xwînê (Cellier du Sang) 2003 et Diêşiya (Ça faisait mal) 2013 et Dîn û Şîn (Fou et Bleu) 2018 ; trois romans , Spîtama (Zoroastre) 2016, Bacanên Pelçiqî (Tomates Écrasées) 2017 et Stranên Sor Niviştên Mor (Chansons Rouges Amulettes Violettes ) 2018 ; une pièce de théâtre, Di Tuwaletê De (A la toilette) 2006 ; un recueil de critique littéraire, Wêjeya Kurmancî, Pênûsên Çardehderb, (La Littérature Kurde Kurmandji , Les Plumes Pistolet-Quatorze-Coups) 2015 ; deux essais Ji Şevê re, Çend Têgehên Dera Hanê (Pour la nuit, Quelques notions quelconques) 2008 et Ponijîn (Recueillement) 2016 ; une étude phénoménologique sur la notion de « Chair » (Goşt), de « Feu » (Agir) et d’« Art » (Huner), Çirûskîzm en 2012 et un recueil de nouvelles, Bîna Petêxan Ji Hêsirên Min Tê » (Mes larmes sentent l’odeur des melons) publié à l’automne 2019.

42 Jiyan, Rênas, Di Tuwaletê De, Diyarbakir, Belkî, 2006, p. 72.

43 Id., p. 73.

44 Id., p. 83.

45 Id., p. 77.

46 Id., p. 86.

47 Id., p. 77.

48 Id., p. 81.

49 Id., p. 84.

50 Jiyan, Rênas, Wêjeya Kurmancî. Pênûsên Çardehderb, Diyarbakir, Belkî, p. 145.

51 Jiyan, Rênas, Di Tuwaletê De, p. 80

52 Nichanian, Marc, Entre l’art et le témoignage. Littératures arméniennes au XXe siècle, vol. II. La Philologie du Deuil, Geneve, Metis Presses, 2007, p. 165.

53 Jiyan, Rênas, « Kul 1 (Bê) », Janya, Diyarbakır, Belkî, 2009 [1999], pp. 9-13.

54 Jiyan, Rênas, Stranên Sor Niviştên Mor, Diyarbakır, Belkî, 2018, pp. 114-117.

55 Sartre, J. P., Qu’est-ce que la Littérature ?, Paris, Gallimard, 1948.

56 Jiyan, Rênas, id., p. 199.

57 Gefen, Alexandre, « Introduction », L’Idée de la littérature. De l’art pour l’art aux littératures d’intervention, Paris, José Corti, 2021.

58 Jablonka, Ivan, « La création en sciences sociales » https://www.youtube.com/watch?v=ZFwscHUY0Kc

59 Casanova, Pascale, Kafka en Colère, Paris, Seuil, 2011, p. 359.

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TURQUIE. Un auteur de féminicide bénéficie d’une réduction de peine car « il n’a pas brûlé la victime avec une impulsion monstrueuse, mais pour se débarrasser du corps »

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TURQUIE – Un tribunal turc a réduit la peine du tueur de Pinar Gultekin, une femme kurde de 27 ans étranglée, brûlée et coulée dans du béton en juillet 2020, expliquant que le tueur n’avait pas brûlé la victime avec une pulsion monstrueuse mais pour se débarrasser du corps. Les avocats et les défenseurs des femmes ont condamné la décision motivée de la remise de provocation injuste accordée à l’assassin Cemal Metin Avcı. Un tribunal turc a récemment rendu sa décision motivée expliquant les raisons pour lesquelles il a réduit la peine du meurtrier de Pınar Gültekin. La peine de prison de l’homme reconnu coupable du meurtre brutal de l’étudiante de 27 ans, Pınar Gültekin, a été réduite de la réclusion à perpétuité à 23 ans de prison, ce qui, selon des experts juridiques, signifiait qu’il bénéficierait d’une libération conditionnelle après 14 ans. Le tribunal a déclaré dans sa décision motivée que Cemal Metin Avcı, un homme marié de 32 ans, a brûlé le corps de Gültekin, « non pas avec des impulsions monstrueuses ou pour la tourmenter davantage, mais pour se débarrasser du cadavre. » Les juges ont également déclaré : « Tenant compte du fait que Pınar Gültekin avait menacé Cemal Metin Avcı, disant qu’elle parlerait à sa femme et à ses amis de leur liaison extraconjugale, qu’elle lui avait également extorqué de l’argent et qu’en conséquence Avcı avait commis ce crime alors qu’il était en colère contre elle, les conditions d’application des règles de la provocation injuste étaient remplies. » Cemal Metin Avcı, qui avait avoué avoir tué Pınar Gültekin, l’a étranglée, incinéré le corps avant de le couler dans du béton et de tenter de le faire disparaître en forêt. Aucune de ses affirmations, y compris qu’il avait eu une liaison avec Gültekin, ou qu’elle l’avait agressé avec un couteau et qu’il l’avait tuée en légitime défense, n’était étayée par aucune preuve médico-légale ou autre. (Medya News)

TURQUIE. Près de 400 ​​personnes dont un journaliste de l’AFP arrêtées lors de la Marche des Fiertés à Istanbul

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Hier, des centaines de personnes, dont Bülent Kılıç, journaliste à l’Agence France Presse, ont été arrêtées par la police turque à Istanbul alors qu’elles voulaient défiler pour la Marche des Fiertés, malgré son interdiction. Près de 400 ​​personnes, dont un journaliste de l’AFP, ont été arrêtées par la police alors que des groupes se rassemblaient dimanche autour de la place Taksim à Istanbul pour la marche des fiertés annuelle. Plus tôt dans la semaine, les autorités avaient annoncé que la manifestation était interdite et le gouverneur d’Istanbul ordonnait la fermeture des stations de métro de Taksim et des environs pour dimanche. Malgré ces annonces, la foule s’est rassemblée en groupes pour la marche, principalement dans les ruelles pour éviter la forte présence policière. Après des déclarations faites par des organisateurs, la marche a débuté et la police turque a attaqué violemment la foule, procédé à des arrestations tout au long de la journée. La police a pris pour cible des journalistes ainsi que des manifestants. Un policier a été filmé en train de jeter un journaliste d’AFP au sol, et Bülent Kılıç qui a été arrêté lors de la marche des fiertés de l’année dernière et a ensuite subi des violences policières, a de nouveau été arrêté, pour avoir défié les ordres de ne pas enregistrer d’images. Les organisateurs de la Marche des Fiertés ont lancé un appel sur Twitter pour obtenir une assistance juridique, déclarant qu’il n’y avait pas assez d’avocats présents au poste de police pour un si grand nombre de détenus. (Medya News)

NPA: Si Erdogan n’est pas stoppé, l’héroïsme des combattantEs des FDS ne pourra pas stopper l’invasion

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PARIS – Alors que la Turquie tente d’obtenir le feu vert de l’OTAN pour attaquer le Rojava, le NPA dénonce le silence des autorités françaises et des puissances mondiales devant le risque de « nettoyage ethnique » visant les Kurdes dans le nord de la Syrie. Dans le communiqué suivant, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) déclare – qu’en cas d’attaque du Rojava par l’armée turque, membre de l’OTAN, – « l’héroïsme des combattantEs des FDS ne pourra pas stopper l’invasion. » Voici le communiqué du NPA: « Le Rojava en danger À la veille du sommet de l’OTAN à Madrid, le gouvernement turc a clairement annoncé ses intentions en affirmant être prêt à envahir le nord de la Syrie. Le chantage autour de la guerre en Ukraine et de la question des réfugiés étant à son paroxysme, Erdogan espère obtenir un feu vert pour l’écrasement total de cette expérience démocratique, féministe et égalitaire, unique dans la région, que constitue la région autonome du nord et de l’est de la Syrie. Son but est bien d’éliminer toute expression kurde, voire de pratiquer un nettoyage ethnique de cette région. Et pourtant la diplomatie française et même la présidence restent complètement silencieuses. Les Forces démocratiques syriennes ont infligé une défaite au pseudo État islamique mais la Turquie c’est l’OTAN, seul maître à bord de toutes les diplomaties occidentales, a fortiori depuis l’invasion de l’Ukraine. Quant aux Russes, qui contrôlent en principe l’ouest de l’Euphrate, ils sont aussi en négociation avec la Turquie… et très occupés en Ukraine. Le Rojava est donc seul face à une menace imminente. Si Erdogan n’est pas stoppé, l’héroïsme des combattantEs des FDS ne pourra pas stopper l’invasion. Nous devons tout faire pour empêcher ce massacre et soutenir les populations de la région et les organisations kurdes, qui doivent être retirées de la liste des organisations terroristes de l’UE. Protection du Rojava ! Stoppons Erdogan ! » Montreuil le lundi 27 juin 2022  

La France demande à la Turquie de «faire ses choix» sur l’intégration dans l’OTAN de la Suède et de la Finlande

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Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Suède et la Finlande ont demandé à rejoindre l’OTAN, mais se heurtent à l’opposition de la Turquie qui les accuse d’abriter des « terroristes kurdes » . La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna a demandé à la Turquie de « faire ses choix » sur l’intégration dans l’Otan de la Suède et de la Finlande, déclarant : «Le Secrétaire général de l’Alliance [Jens Stoltenberg] est en première ligne mais c’est à la Turquie de faire ses choix face à ses responsabilités. Veut-elle renforcer l’Alliance ou y est-elle opposée ? Ce qui ne manquerait pas de mener à des interrogations sur son comportement en tant que membre de l’OTAN. » Notant que la Turquie est un membre important de l’OTAN, Colonna a déclaré : « La Finlande et la Suède ont fait un choix historique. Avoir les deux pays dans l’OTAN sera un plus pour notre sécurité en Europe. Ces deux pays font des efforts dans les négociations avec la Turquie. utilisé l’expression. » Hier, le président Recep Tayyip Erdoğan a eu une conversation téléphonique avec le Premier ministre suédois Magdalena Andersson et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg. Andersson a annoncé la conversation téléphonique qu’ils ont eue avec Erdogan sur son compte Twitter. Dans son message, Andersson a déclaré : « Plus tôt dans la journée, nous avons eu une belle réunion avec le président Erdogan au sujet de la candidature de la Suède à l’OTAN. J’ai hâte de rencontrer le président Erdogan et d’autres dirigeants de pays alliés lors du sommet de l’OTAN qui se tiendra à Madrid la semaine prochaine. » Lors de sa rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Stoltenberg, Erdogan aurait discuté des questions liées à la demande d’adhésion à l’OTAN de la Suède et de la Finlande. Malgré des pourparlers lundi dernier à Bruxelles entre la Turquie, la Suède et la Finlande, un déblocage rapide des candidatures des deux pays à l’OTAN s’annonce compliqué à l’approche d’un sommet de l’Alliance les 28-30 juin à Madrid. (ANF)

TURQUIE. Près de 40 arrestations politiques parmi les activistes et politiciens kurdes

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ADANA – La police turque a arrêté ce matin près de 40 activistes et politiciens kurdes lors de raids musclés menés contre l’association culturelle Binevş, des militants des partis politiques HDP et BDP dans les provinces d’Adana et Diyarbakir (Amed). La police turque a mené une nouvelle opération politique visant les organisations et partis politiques kurdes à Adana. Le procureur général d’Adana a émis un mandat d’arrêt contre 38 personnes dans le cadre de l’opération de génocide politique qui visait l’association culturelle et artistique Binevş. Dans le cadre de l’enquête, des perquisitions ont été effectuées au Centre et à certaines adresses à Adana et Diyarbakir (Amed). Après les perquisitions, les coprésidents provinciaux du Parti Démocratique des Peuples (HDP) d’Adana Helin Kaya et Mehmet Karakış, les porte-paroles régionaux du DBP Çukurova Şilan Turğa et Enver Güler, co-mairesse de la municipalité de Seyhan Funda Buyruk, ainsi que les militants Mehmet Sait Dikmen, Abdurrahman Oral, Hayrettin Öz, Sever Uzun, Mehmet Saruhan et Mahsun Uzun, ont été placés en garde à vue. Image d’un concert organisé en février dans le siège de l’association culturelle et artistique Binevş. Avec les dengbejs (bardes) Hediye Erkendi, Suphiye Bayav et Evdila Aykut La police a fouillé l’association culturelle et artistique de Binevş. La chambre de Funda Buyruk, co-maire de la municipalité de Seyhan, a également été fouillée. Les détenus auraient été conduits à la direction de la sécurité d’Adana. On déclare que les personnes qui se trouvaient dans la maison de Mehmet Sait Dikmen ont été torturées par les policiers qui ont enfermé dans une chambre une femme qui était à la maison pendant le raid et l’ont fouillée à nu. Raid au local de l’association de la culture et de l’art de Dicle Dans le cadre de l’enquête ouverte par le bureau du procureur général d’Adana, la police turque a mené un raid contre l’association de la culture et de l’art Dicle, à Diyarbakır, et arrêté les membres du groupe de musique Koma Pel, İlyas Arzu et Mehmet Saruhan. D’autre part, Abdullah Ayav a été détenu dans le cadre de la même enquête à Mardin / Kızıltepe.

SYRIE. L’EI revendique l’attaque menée contre les FDS à Til Koçer

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SYRIE / ROJAVA – Hier, une attaque armée menée contre Al Sanadid – la milice arabe faisant partie des forces arabo-kurdes (FDS) – dans la campagne de Til Koçer, près de la frontière irakienne, tuait 3 combattants et blessait 4 autres. L’agence ANHA déclare que le groupe terroriste DAECH / ISIS a revendiqué l’attaque. Les autorités du Rojava s’inquiètent de la résurgence du groupe État Islamique encouragé par les menaces et attaques de la Turquie depuis le nord du pays et des zones syriennes occupées par les forces turco-jihadistes.