PARIS – Agit Polat, un cadre du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), revient sur les bombardements turcs au Rojava et les menaces d’invasion proférées par le président turc hier, déclarant qu’Erdogan avait besoin d’une victoire militaire avant les élections présidentielles de 2023, notamment, pour faire oublier son échec militaire contre le PKK au Kurdistan irakien. Le militant kurde déclare que si jamais la Turquie envahit le Rojava, la sécurité de la France et de l’Europe sera menacée par des milliers de terroristes de DAECH / ISIS emprisonnés au Rojava.
Voici la série de tweets qu’Agit Polat a publiés à ce sujet sur son compte Twitter:
Il fallait une victoire à Erdogan…Depuis samedi soir, l’armée turque a mené plusieurs bombardements aériens, tuant au moins 13 civils, détruisant deux centres médicaux, une école, une centrale électrique, une raffinerie de pétrole, la liste est longue…L’ordre des frappes a été donné par Erdogan dès son retour du sommet du G20 à Bali. L’attentat d’Istanbul est survenu très bizarrement à la veille du départ d’Erdogan à Bali.Selon certaines sources Erdogan aurait menacé ses alliés très ouvertement en disant « soit la Grèce, soit la Syrie ». Car n’ayant pas pu remporter un succès contre le PKK au Kurdistan irakien, il lui fallait une victoire avant les élections.Le choix a été simple, l’OTAN, les États-Unis et l’Allemagne auraient accordé un feu vert « limité » à Erdogan pour le nord de la Syrie. Ceci dit, par ce feu vert, l’Occident a clairement affiché sa volonté de poursuivre avec Erdogan après les élections.Pensez-vous qu’Erdogan se limiterait aux frappes aériennes, quand il s’agit de tuer les Kurdes ? Il a rapidement annoncé sa volonté de lancer une « opération terrestre » contre le nord de la Syrie.Suite aux attaques turques, les Unités de protection du peuple (YPG) ont annoncé aujourd’hui l’arrêt total des opérations contre l’État islamique. L’armée turque a par ailleurs frappé une base conjointe des FDS et de la Coalition internationale anti-djihadiste.N’oublions pas que plusieurs milliers de djihadistes de l’État islamique se trouvent actuellement dans les prisons du nord de la Syrie. Que ferait Erdogan s’il prenait le contrôle de ces prisons ?[sachant] qu’avec les quelques centaines de djihadistes qu’il détient en Turquie, il fait chanter les Occidentaux, (…) que ferait-il avec ces milliers de djihadistes se trouvant en Syrie ?Soyons très claire, la sécurité et la stabilité du nord de la Syrie signifie au même degrés la stabilité et la sécurité de la France et de l’Union européenne. En attaquant les Kurdes, Erdogan s’en prend directement à la sécurité de l’Europe.En parlant de victoire pour Erdogan, rien ne sera facile pour les Kurdes et le nord de la Syrie, c’est pourquoi ils ont besoin d’une solidarité comme celle de la période de Kobanê en 2014-2015, mais rien n’est perdu, au contraire le temps nous dira tout…
IRAN / IRAK – Le régime iranien a stationné plus de 700 véhicules militaires à la frontière du Kurdistan irakien, faisant craindre une invasion imminente de la région kurde d’Irak où sont réfugiés les groupes kurdes iraniens d’opposition.
L’ONG Hengaw signale que des centaines de blindés militaires iraniens sont positionnés dans les villes frontalières de Piranshahr, Oshnovieh et Sardasht, dans le but évident d’envahir le Kurdistan irakien et attaquer les bases des partis kurdes d’opposition qu’il bombarde régulièrement depuis le début des manifestations anti-régime en Iran.
La Turquie et l’Iran semblent s’être concentrés pour attaquer simultanément les Kurdes en Syrie et en Irak alors qu’on assiste à un génocide kurde au Kurdistan iranien (Rojhilat).
Récemment, les activistes kurdes ont lancé deux campagnes de tweets (#Noflyzone4Kurdistan_Iran et #TurkeyAttacksRojava) demandant à l’ONU de fermer les espaces aériens iranien et syrien pour empêcher le génocide kurde en cours en Iran et l’invasion du Rojava par la Turquie.
Le traité de Lausanne signé le 24 juillet 1923 remplaçait le traité de Sèvres de 1920 qui promettait un État kurde aux côtés de la République turque et de l’Arménie. A l’approche du centenaire de cette trahison internationale qui a provoqué des génocides des Kurdes colonisés par la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie (ces deux derniers n’existaient pas encore en tant qu’États, il s’agissait de protectorats français et britannique), l’Alliance kurde contre le traité de Lausanne a organisé une conférence de presse le lundi 21 novembre à Lausanne.
A l’approche du centenaire du Traité de Lausanne, qui a fait du Kurdistan une colonie de 4 États différents, l’Alliance kurde contre le traité de Lausanne, qui regroupe 52 partis politiques et institutions, a annoncé son plan d’action dans un communiqué de presse place de Riponne, là où le traité a été signé il y a 99 ans.
Outre les organisations kurdes, des parlementaires suisses ont également assisté la conférence de presse à l’occasion de l’anniversaire des négociations du traité de Lausanne le 20 novembre devant le bâtiment où se sont déroulées les négociations du traité de Lausanne.
Le coprésident du Conseil démocratique kurde suisse (CDK-S), İsmail Kardaş, avait déclaré qu’ils participeraient massivement à l’actions contre le traité de Lausanne, qui a scellé le sort des millions de Kurdes. « À cause de ce traité, les Kurdes ont été soumis à diverses atrocités au cours des 100 dernières années. Nous n’acceptons plus cet accord. »
De nombreuses activistes et des personnalités politiques kurdes et suisses ont participé à la conférence de presse.
Les organisateurs de la conférence de presse ont déclaré qu’ils donneront le coup d’envoi des événements contre le Traité de Lausanne lors des célébrations du nouvel-an kurde en mars 2023 et que l’action finale sera une marche massive qui aura lieu le samedi 22 juillet à Lausanne pour laquelle ils attendent pas moins de 100 000 Kurdes.
Depuis le début des manifestations anti-régime provoquées par le meurtre de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans par la police des mœurs à Téhéran, des ONG de défense des droits humains et des activistes alertent sur les viols et menaces de viols des manifestants (hommes, femmes, adolescents) détenus en Iran. Ils dénoncent le viol utilisé comme arme de guerre par les forces de sécurité iraniennes contre les manifestants.
Suite au signalement des viols des manifestants détenus, le CNN a envoyé une équipe de journalistes dans la région frontalière irako-iranienne pour interroger les témoins oculaires qui ont fui l’Iran et contacté des victimes de ces viols et des sources à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran. Il vient de publier un rapport spécial sur le viol des manifestants par les forces des sécurité iraniennes pour réprimer les manifestations.
CNN a corroboré plusieurs informations faisant état de violences sexuelles à l’encontre de manifestants et en a entendu de nombreux autres. Au moins l’un des viols a causé des blessures graves et un autre a impliqué le viol d’un garçon mineur. Dans certains des cas découverts par CNN, l’agression sexuelle a été filmée et utilisée pour faire taire les manifestants, selon des sources qui ont parlé aux victimes.
Les responsables iraniens n’ont pas encore répondu à la demande de commentaires de CNN concernant ces viols.
Le rapport (en anglais) de CNN est à lire ici: How Iran’s security forces use rape to quell protests
MARSEILLE – Le Collectif Solidarité Kurdistan13 condamne les récents bombardements sanglants turcs visant les régions kurdes de Syrie et d’Irak et appelle à manifester devant la Préfecture de Marseille, le jeudi 24 novembre, à 18 heures.
Voici le communiqué du Collectif Solidarité Kurdistan13:
Arrêtez les massacres, condamnez le régime Erdogan !« La Turquie a de nouveau violé, dans la nuit du 19 au 20 novembre 2022, l’espace aérien syrien et irakien en bombardant les régions kurdes du Rojava et de Bashur situées dans le nord de ces deux pays.Cette énième agression au mépris du droit international, vient allonger la liste des violences perpétrées contre le peuple kurde et les populations à leur côté : utilisation de drones « tueur » envers des personnalités associatives, politiques et responsables militaires YPJ et YPG de l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), usage d’armes chimiques dans le nord de l’Iraq, maniements des lois « anti-terroristes » à outrance dans une dérive généralisée, déplacements forcés des populations, affiliation de l’armée turque aux gangs de Daesh…L’opération « Griffe, épée » était courue d’avance ; depuis des mois le Président Erdogan et ses ministres parcourent les chancelleries, pour quémander le feu vert d’une attaque armée et donc une occupation illégale du nord de la Syrie et de l’Iraq, sous le fallacieux argument de la lutte « anti-terroriste » et de « sécurisation des frontières ».L’inertie légendaire des puissances occidentales lorsqu’il est question de contrer et défier les autorités d’Ankara sonne, tel un blanc-seing à l’obsession dévastatrice qu’a Erdogan de rendre à la Turquie sa grandeur passée…… Au regard de ce macabre tableau, l’attentat sanglant d’Istanbul n’est autre qu’une machination machiavélique ordonnée par les autorités turques et planifié par le MIT, ses services secrets afin de justifier le pire…Le CSK.13 appelle les forces politiques, syndicales, associatives,les citoyennes et les citoyens à manifester leur solidarité avec le peuple Kurde. »
Marseille le, 21 novembre 2022
Centre Démocratique Kurde Marseille (CDKM) – Ligue des Droits de l’Homme (LDH) Marseille – Marche Mondiale des Femmes (MMF) 13 Paca – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) 13 – Mouvement de la Paix 13 – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) 13 – Parti Communiste Français (PCF) 13 – Parti de Gauche 13 – Solidarité & Liberté Provence – Union Départementale CGT
Annick SamouelianPrésidente/ Solidarité & Liberté ProvenceCoordinatrice/ Collectif Solidarité Kurdistan 13
Il y a plus de deux mois, on apprenait avec effroi le meurtre barbare de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans tuée par la police des mœurs iranienne pour un voile « non conforme », et on organisait dans le monde des manifestations de soutien aux femmes et peuples d’Iran qui se sont de nouveau révoltés contre le régime islamiste iranien. Depuis, les mollahs iraniens ont lancé une répression sanglante contre les manifestants, tout en mobilisant l’armée exterminer les Kurdes. Aujourd’hui, au Kurdistan iranien sous blocus militaire, on décompte plus de 100 tués et plusieurs milliers de blessés, torturés, arrêtés… sans que l’ONU réagisse.
Le Kurdistan iranien martyrisé par les forces armées iraniennes
Face aux manifestations généralisées au Kurdistan iranien, le régime colonialiste a rapidement envoyé ses forces armées (milices pasdarans, basij, etc.) écraser la révolte kurde dont les revendications sont la fin de la marginalisation des minorités ethniques, religieuses et linguistiques et la reconnaissance officielles de leurs droits élémentaires ainsi que la fin du pillage et destruction des richesses naturelles (forêts, minerais, rivières) du Kurdistan. En ce sens, le régime théocratique iranien ne diffère pas du shah d’Iran qui poursuivait une politique colonialiste envers les peuples non-perses d’Iran (Kurdes, Azéris, Baloutches, Arabes, Turkmènes…).
Cartouches d’armes chimiques (agents neurotoxiques) utilisées par les forces armées iraniennes dans la ville kurde de Javanroud – province de Kermanchah – Iran
Civils abattus, blessés non soignés, torture, viols et menace de viol des manifestants détenus, enlèvements d’adolescent.e.s et d’activistes, coupure d’électricité et d’eau, manque de médicaments et de produits de première nécessité, dont le pain… les mollahs iraniens ont déclaré une guerre totale à des millions de civils kurdes qu’ils considèrent comme des ennemis. Les activistes kurdes documentent et filment à longueur de journée et de nuit ces crimes de guerre qu’ils diffusent sur les réseaux sociaux. Mais, comme à l’époque du Chah d’Iran, la communauté internationale se rend complice du génocide kurde en Iran.
Si un jour le régime iranien est jugé pour ses crimes de guerre, la communauté internationale devrait également être poursuivie pour ne pas avoir agit à temps pour empêcher qu’il y ait un nouveau génocide kurde en Iran, mais également en Irak / Syrie où la Turquie aussi commet des crimes de guerre envers les Kurdes.
Alors que la Turquie a bombardé massivement les régions kurdes de Syrie et d’Irak dans la nuit de 20 novembre, tuant des dizaines de civils et militaires, aujourd’hui, Erdogan a promis une offensive terrestres contre le Rojava.
Dimanche, la Turquie a bombardé massivement les Kurdistans syrien et irakien dans son opération terroriste surnommée « Griffe – épée ».
Du retour de son voyage au Qatar, où il a assisté à l’ouverture de la Coupe du monde de football 2022, Erdogan a déclaré aux journalistes que la Turquie allait poursuivre ses attaques contre les Kurdes en Syrie et en Irak en menant également une offensive terrestre que les autorités compétentes turques élaborent.
Les régions syriennes lorgnées par la Turquie sont Manbij, Kobanê et le nord d’Hassaké.
Pour le moment, la communauté internationales garde le silence face aux attaques terroristes menées par la Turquie dans les pays voisins. La colation internationales anti-EI dirigée par les Etats-Unis qui sont également alliés de la Turquie au sein de l’OTAN n’ont toujours pas réagi alors que les Kurdes syriens auraient répliqué aux attaques turques en frappant des cibles turques dans la province de Gaziantep.
SYRIE / ROJAVA – Les habitants de la région de Jazira ont assisté à la cérémonie funéraire organisée pour les victimes tués par la Turquie dans la localité kurde de Derik dans la nuit de 20 novembre.
Le cortège funèbre est parti de l’hôpital de Derik avec les cercueils des victimes Essam Abdullah, correspondant de l’agence ANHA, Hussein Ali, Jijek Harouni, Hilal Qassem, Hadiya Abdullah, Obaid Khaled, Mahmoud Ali, Fayez Abdullah, Nuri Jiftji, Hussein Khaltou, Mazen Ossi et s’est dirigée vers le sanctuaire du martyr Khabat Derik pour la cérémonie funéraire.
Une fois arrivée au cimetière du Şehîd (Martyr) Khabat Derik, Joan Ali du Conseil des familles des martyrs a présenté ses condoléances aux familles des martyrs et a demandé patience et réconfort, soulignant qu’ils porteront le flambeau des martyrs pour réaliser leurs espoirs et désir de liberté.
Pour sa part, Jihan Hussein, cadre du mouvement des femmes Kongra Star, s’est adressée aux habitants de la région d’al-Jazira : «Votre présence ici réfute les allégations d’Erdogan, qui nie l’existence des Kurdes. Cela prouve que les Kurdes existent. »
Elle a également salué les sacrifices des habitants de Derik et a déclaré : « Au cours de l’histoire de la révolution du Rojava, Derik était connu pour sa lutte et sa résistance. »
Jihan a appelé le peuple à intensifier la lutte et la résistance, en disant : « Afin de ne pas vivre sous le joug de l’esclavage, nous devons lutter et résister de toutes nos forces. »
À son tour, le coprésident du Conseil exécutif de l’Administration autonome de la région de Jazira, Talaat Younes, a déclaré qu’Erdogan utilise des gaz et des armes chimiques pour exterminer le peuple kurde.
Il a ajouté que les rêves du régime turc ont commencé à s’effriter face à la lutte et à la résistance de notre peuple.
A la fin de son discours, Talaat Younes a critiqué le silence des forces internationales en affirmant « qu’elles donnent des armes aux suceurs de sang de notre peuple » en rappelant l’engagement et la volonté de dialogue de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est avec toutes les parties pour trouver une solution politique à la question syrienne et expulser l’occupant turc.
ANHA
IRAN / ROJHILAT – Mahabad, Sanandaj, Kermanchah… le régime iranien a envoyé ses forces armées dans les localités kurdes où les manifestants civils sont abattus dans la rue. Devant l’inaction de la communauté internationale et de la soi-disant « opposition iranienne » qui qualifie les Kurdes marginalisés de « séparatistes », ces derniers doivent se filmer en train d’être massacrés par les sbires des mollahs.
Bien que les massacres soient généralisés dans tout le Kurdistan iranien, depuis hier soir, les forces iraniennes commettent un bain de sang à Djavanroud, une ville de la province de Kermanchah. Les manifestants abattus* se filment en train d’être abattus par les forces armées iraniennes et publient les vidéos sur les réseaux sociaux malgré les coupures d’internet.
A Javanroud toujours, ce matin, les forces iraniennes ont ouvert le feu sur la foule qui assiste aux funérailles de deux adolescents qui ont été tués lors de manifestations d’hier soir. Cette scène a également été filmée par les victimes et se trouvent sur les réseaux sociaux.
Les victimes kurdes doivent eux-mêmes documenter les crimes de guerre du régime iranien alors que ce travail incombe à l’ONU. Mais, on le répète encore: quand il s’agit des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis envers les peuples colonisés / apatrides, la communauté internationale viole ses propres lois en refusant d’intervenir pour arrêter les génocides.
*Le régime iranien a envoyé l’armée écraser dans le sang la contestation populaire dans les régions kurdes d’Iran où la population ne quitte plus la rue depuis le meurtre de Jina Mahsa Amini le 16 septembre à Téhéran. Le bilan provisoire fait état de plus de 100 morts civils et des milliers de blessés au Kurdistan iranien.
IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien a envoyé l’armée écraser dans le sang la contestation populaire dans les régions kurdes d’Iran où la population ne quitte plus la rue depuis le meurtre de Jina Mahsa Amini le 16 septembre à Téhéran.
Les forces armées iraniennes (milices, Basij, Pasdaran…) utilisent des mitrailleuses (Douchka) et d’autres armes semi-lourdes contre les civils kurdes. Ils ont tué plus de 40 manifestants kurdes ces derniers jours dans la rue.
Dans cette récente vidéo provenant de la ville de Sardasht, on entend distinctement des tirs de mitrailleuse sur la place publique.
Les dizaines de millions de Kurdes font face à des massacres en Iran, en Irak, en Syrie… par la Turquie et l’Iran simultanément, sans que cela perturbe le sommeil de plomb de l’ONU. C’est cela le destin de tous les peuples colonisés/apatrides.