LONDRES. Campagne pour deux activistes de la cause kurde persécutés par la justice britannique

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LONDRES – Ce vendredi 18 novembre, Mark Campbell et Beritan, deux activistes de la cause kurde, seront entendus par la justice britannique qui les poursuit pour avoir porté des drapeaux du PKK lors d’une manifestation pacifique en avril 2022. L’initiative Paix au Kurdistan est solidaire du peuple kurde et des activistes de la cause kurdes poursuivis pour terrorisme par les autorités judiciaires britanniques pour avoir exercé le droit de manifester pacifiquement. Les activistes poursuivis sont, Mark Campbell, un Irlandais ami des Kurdes de longue date, et Beritan, une Kurde vivant à Liverpool. Les deux militants se rendront demain matin à leur première audience qui a lieu à Londres. Il y aura une veillée dès 9 heures devant le tribunal d’instance (Westminster Magistrates Court), situé au 181 Marylebone Road, à Londres. Le militant des droits kurdes, Mark Campbell et Beritan, une femme kurde de Liverpool, ont été inculpés en vertu de la législation antiterroriste pour avoir arboré un drapeau du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) lors d’une marche à Londres en avril dernier. L’initiative Paix au Kurdistan appelle à assister à la veillée et à soutenir Mark et Beritan et publié le communiqué suivant dénonçant les lois liberticides menaçant le droit de manifester et la liberté d’expression. Voici le communiqué de Peace in Kurdistan Campaign: « Nous avons depuis longtemps averti que les lois antiterroristes britanniques constituent une menace directe pour les droits de manifester et la liberté d’expression dans ce pays. C’est une atteinte à la justice fondamentale que la loi britannique soit de plus en plus utilisée pour faire taire l’opposition au régime turc alors qu’il mène sa guerre brutale contre les Kurdes. La loi ne devrait pas être utilisée de manière aussi flagrante pour menacer les militants qui essaient simplement d’attirer l’attention sur les violations grotesques des droits humains en Turquie ou ailleurs dans le monde. Ce pays [Royaume-Uni] a une longue tradition d’accueil des exilés et des personnes fuyant l’oppression politique à l’étranger comme les Kurdes qui ont pu reconstruire leur vie ici. Ces droits doivent être protégés et rester accessibles à tous. » Mark Campbell a déclaré la veille de l’audience que l’affaire concernait tous ceux qui font campagne sur la question kurde et soutiennent les Kurdes au Royaume-Uni. Soulignant la complicité du gouvernement britannique dans la criminalisation des Kurdes et de leurs amis, Mark a jouté qu’il espérait que l’opinion publique britannique s’intéressera à la cette affaire pour pousser le gouvernement britannique à cesser de persécuter les Kurdes sur le sol britannique et de collaborer avec l’État turc. Que s’est-il passé le 23 avril 2022 à Londres? Le samedi 23 avril, une manifestation kurde a eu lieu à Londres dénonçant les attaques armées turques contre le Kurdistan du Sud et le Rojava par la Turquie. La police britannique a attaqué violement un groupe de manifestants – dont Mark Campbell – qui portaient le drapeau du PKK et les a menacés de poursuites devant la justice.  
Mark Campbell plaqué contre le mur par des policiers britanniques lors de la manifestation du 23 avril à Londres
Mark Campbell a reçu ce 27 octobre une convocation à comparaitre le 18 novembre prochain devant le tribunal de première instance de Londres Westminster pour répondre à l’accusation d’avoir brandi un drapeau d’une organisation terroriste [PKK]. Mark Campbell doit se rendre le vendredi 18 novembre 2022 à 9h30 pour répondre à l’accusation d’avoir « brandi un drapeau » et d’autres accusations farfelues criminalisant ouvertement les Kurdes et leurs supporteurs sur le sol britannique. Mark a partagé une pétition sur Change org demandant gouvernement britannique de retirer le PKK de la liste des organisations terroristes au Royaume-Uni et cesser de criminaliser les Kurdes et leurs amis. (Pétition à signer ici: I’m not guilty of terrorism! Take PKK Off UK’s Terrorist List!) « Parce que, je pense que le PKK n’est pas une organisation terroriste, et qu’il n’y a aucun danger du PKK au Royaume-Uni, il doit donc être retiré de la liste des organisations terroristes au Royaume-Uni. Et je pense que les gens ne devraient pas être accusés d’avoir aidé le PKK. »   Mark invite le public à venir dire « Nous [Kurdes et leurs amis] ne sommes pas coupables » à 9h00 le 18 novembre 2022, devant le Westminster Magistrates Court, 181, Marylebone Road, LONDON NW1, 5BR.  

IRAN. Résistance et bain de sang au Kurdistan iranien

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IRAN / ROJHILAT – Depuis le 15 novembre, le régime iranien a intensifié la répression visant les manifestations dans les villes kurdes d’Iran où la population ne quitte plus la rue, malgré une dizaine de civils tués par les forces gouvernementales en deux jours. Les manifestations de masse ont lieu dans les villes kurdes de Sanandaj (Sînê), Mahabad, Kamyaran et à Boukan qui est devenue l’épicentre de la révolution iranienne et où les sbires des mollahs ont tué une demie douzaine de civils depuis hier. Ce matin, les manifestants de Bukan ont coupé les principaux axes routiers de la ville avec des barricades en feu et ont attaqué des bâtiments appartenant au régime iranien. A Bokan, comme dans les autres villes kurdes iranienne, la résurrection a encore gagné d’intensité au milieu de manifestations et d’enterrements des manifestants tués qui deviennent des meetings anti-régime avec des parents des victimes qui disent que leurs enfants ne sont les martyrs du Kurdistan et exhortent la population à intensifier la lutte pour une patrie libre. Depuis le meurtre barbare de Jina Mahsa Amini le 16 septembre 2022, le Kurdistan donne le la aux manifestations anti-régime qui secouent tout le pays, bien que la répression du régime se concentre contre les minorités kurdes et baloutches. Ni les peines de mort prononcées contre des détenus accusés d’avoir participé aux manifestations anti-mollahs, ni les centaines de civils tués, ni les arrestations massives ne suffisent à faire écraser la révolution qui est en marche. Le temps des mollahs est conté. Reste à former une coordination nationale iranienne incluant toutes les minorités ethniques et religieuses du pays pour mettre en place un projet politique viable.  

Attentat d’Istanbul: les autorités turques ont-elles parlé trop vite?

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Les contradictions entourant l’attentat d’Istanbul du 13 novembre font polémique en Turquie alors que les autorités accusent les Kurdes syriens d’en être responsables tandis que les preuves découvertes jusqu’à présent par les journalistes pointent du doigt les gangs syriens pro-Turquie. Le site Medya News revient également sur les zones d’ombre entourant cette affaire et donne en détails les contradictions entre les affirmations des autorités turques et les faits qui les contredisent. Attentat d’Istanbul : l’arrestation d’une suspecte suscite plus de questions que de réponses Les contradictions entourant l’attentat à la bombe qui a eu lieu dans le centre-ville d’Istanbul le 13 novembre font l’objet de vives discussions dans l’opinion publique turque. De nombreuses questions sont posées sur les réseaux sociaux en Turquie concernant l’attentat à la bombe à Taksim qui a causé la mort de six personnes, les déclarations faites par les autorités turques au sujet de l’attentat et Ahlam Albashir, la femme, qui serait syrienne, arrêtée en tant que kamikaze.
Au moins six personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées dans l’explosion qui s’est produite sur la célèbre avenue Istiklal à Istanbul, le 13 novembre, vers 16h20 heure locale. Divers extraits de séquences de vidéosurveillance publiées sur les réseaux sociaux peu de temps après l’explosion ont montré une femme laissant un sac sur les lieux. Après avoir quitté le sac, la femme, qui portait un voile noir et un pantalon de style militaire et avait des roses à la main, a quitté les lieux. Albashir a été arrêtée dans un appartement du quartier de Küçükcekmece à Istanbul lors d’une opération menée 12 heures après l’explosion ; ses vêtements, visibles sur les images de sécurité alors qu’elle déposait le sac, ont été retrouvés dans l’appartement au moment du raid. Les forces de sécurité turques ont annoncé que lors de l’interrogatoire de police, la suspecte a avoué qu’elle avait laissé une bombe sur les lieux, qu’elle était un agent de renseignement formé par le Centre de défense du peuple (HPG) du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le Parti de l’union démocratique (PYD) et les Unités de défense du peuple (YPG) et qu’elle avait reçu ses instructions depuis le Rojava. Le Centre de défense du peuple du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a fermement rejeté toutes les accusations du gouvernement turc concernant l’implication du PKK. Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) Mazloum Abdi a également rejeté toutes les allégations d’implication dans l’attentat à la bombe, affirmant que les FDS n’avaient aucun lien avec l’auteur. L’Union des communautés du Kurdistan (KCK) et les Unités de défense du peuple (YPG) ont également confirmé que les forces kurdes n’avaient rien à voir avec l’attentat à la bombe. Après que la Turquie a affirmé lundi que l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES) et sa branche militaire étaient liées au kamikaze, le ministère des Affaires étrangères de l’AANES a nié toute implication et a demandé une enquête internationale. Attentat non revendiqué * Le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu, qui a déclaré dans un communiqué après l’attentat : « Si nous n’avions pas attrapé les terroristes, ils auraient été introduits clandestinement en Grèce », mais il a déclaré à un autre moment que l’organisation responsable de l’attentat avait prévu tuer la suspecte pour brouiller les pistes. * La Direction générale de la sûreté a annoncé le 14 novembre que l’explosif utilisé lors de l’attaque était du TNT, selon des preuves obtenues sur les lieux du crime. Dans un article publié sur le site d’information T24, l’ancien coprésident emprisonné du Parti démocratique des peuples (HDP) Selahattin Demirtaş a rappelé la saisie de 52 kilogrammes d’explosifs dans une voiture de police dans le district kurde de Yüksekova (Gever) en Turquie. à Hakkari (Colemerg) en mars, et a remis en cause les déclarations du ministre de l’Intérieur concernant l’attentat. * La police a publié des images de la descente dans l’appartement de la suspecte et une photographie prise au poste de police après l’interrogatoire. La suspecte semble battue et avait un air terrifié sur les images. Les forces de sécurité ont annoncé que la suspecte est entrée en Turquie il y a quatre mois depuis Afrin, dans le nord de la Syrie, selon l’agence de presse turque Anadolu Aajansi. La ville kurde d’Afrin est sous le contrôle des forces turques et de divers groupes soutenus par la Turquie depuis l’opération militaire turque « rameau d’olivier » en mars 2018. Une voisine d’Albashir a été interrogée et a déclaré qu’elle vivait dans le quartier depuis un an. * La suspecte est vue dans des images de caméra de sécurité s’enfuyant de la scène quelques minutes avant l’explosion de la bombe. Les utilisateurs turcs des médias sociaux remettent en question cette attitude comme ne convenant pas à un agent de renseignement organisationnel au sang-froid. * La nationalité de l’auteur est un autre sujet en question. Certaines personnes ont tweeté que sur les images du raid publiées par la police turque, on pouvait voir un tatouage érythréen sur le bras de la femme, ce qui soulevait la question de savoir si la suspecte n’était pas syrienne, mais plutôt érythréenne ou éthiopienne. D’autre part, une femme qui possède un appartement dans lequel le suspect a séjourné une nuit dit qu’Albashir est une Arabe, selon un rapport de Fehim Taştekin dans le journal Duvar. * Le 15 novembre, il a été révélé que Mehmet Emin İlhan, président de la branche du Parti du mouvement nationaliste (MHP) de Güçlükonak, avait également été interrogé par la police. La police avait détecté des appels téléphoniques entre Albashir et un numéro de téléphone enregistré à İlhan, et avait demandé à İlhan de faire une déclaration, a rapporté T24. Lorsqu’on lui a demandé, İlhan a répondu: « L’organisation terroriste a essayé de me tendre un piège. » Le bureau du gouverneur de Şırnak (Şırnex) a déclaré mardi que le numéro enregistré à İlhan avait été obtenu illégalement par un revendeur du district de Cizre, que le numéro en question n’était pas réellement utilisé par İlhan et qu’il avait été libéré après avoir fait une déclaration. La raison pour laquelle le bureau du gouverneur de Şırnak a ressenti le besoin de faire une déclaration en faveur d’İlhan est une autre question largement débattue sur les réseaux sociaux. Istanbul bombing: Arrest of suspect produces more questions than answers    

IRAK. Création d’une commission pour enquêter sur les armes chimiques au Kurdistan irakien

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Le Parlement irakien a créé une commission spéciale pour enquêter sur l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques contre les combattants kurdes au Kurdistan irakien. Une commission spéciale a été créée au parlement irakien pour enquêter sur l’utilisation de produits chimiques par l’État turc contre les combattants du PKK. La commission se rendra dans les régions d’opération et y mènera des enquêtes. Refiq Salihi, député de l’Alliance Fatah, a déclaré : « La question de l’utilisation d’armes chimiques par l’État turc sur le territoire de la région a été mise à l’ordre du jour du parlement irakien et une commission a été créée pour enquêter sur cette question. La commission se rendra dans les régions d’opération et fera une enquête pour faire la lumière sur la question. » Refiq Salihi a déclaré que la Commission comprendra des représentants du ministère de la Défense, de la Commission de la sécurité publique et de la défense du Parlement irakien et du ministère des Affaires étrangères, et a ajouté : « Le but de la commission est de rassembler toutes les [preuves] pertinentes afin de déposer une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies. »

IRAN. Depuis hier, les forces gouvernementales ont tué 6 civils kurdes

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IRAN / ROJHILAT – En moins de 24 heures, les forces gouvernementales iraniennes ont tué au moins six civils kurdes lors de manifestations à Sanandaj (Sînê), Kamyaran, Saqqez et Bukan. Depuis le 17 septembre, au moins 66 citoyens kurdes ont été tués par les forces gouvernementales (Pasdarans, Basij…). Dans le cadre du soulèvement national contre la République islamique, depuis hier, de nombreuses villes du Kurdistan et d’Iran ont été le théâtre de grèves et de manifestations anti-régime qui ont été attaquées violemment par les forces gouvernementales. Lors des manifestations d’hier et d’aujourd’hui dans les villes de Sanandaj, Kamyaran, Bukan et Saqqez, au moins 6 civils kurdes nommés Zaniar Allah Moradi, Issa Bigleri, Fawad Mohammadi, Burhan Karmi, Salar Maqar et Daniyal Aban ont été tués par les forces gouvernementales tandis que des dizaines de personnes ont été blessées. L’état d’un enfant blessé à Kamyaran serait critique. Par ailleurs, Une femme kurde de 40 ans blessée hier soir à Sanadaj alors qu’elle sortait chercher ses enfants, n’a pas été à l’hôpital par peur d’arrestation. Elle est morte aujourd’hui sur le chemin de l’hôpital. Son identité reste inconnue pour le moment. Zanyar Allah Moradi, 26 ans et originaire de Sanandaj, a été blessé par les forces de sécurité militaire à bout portant lors de manifestations dans le quartier de Kanikozle de cette ville le 15 novembre et est décédé une heure après avoir été transféré à l’hôpital de Tawhid. Isa Bigleri, 39 ans et du village de Nasnar a été tué le 15 novembre lors de manifestations autour de l’Université du Kurdistan à Sanandaj par des tirs directs des forces gouvernementales. Fawad Mohammadi, 38 ans et habitant du village de Maviyan, a été abattu par les forces du CGRI le 15 novembre lors de manifestations populaires à Kamyaran et est décédé après avoir été transféré à l’hôpital de Sinaï. Les forces gouvernementales ont encerclé l’hôpital Sina à Kamyaran la nuit dernière et tiré sur les proches de Fawad Mohammadi qui se sont rassemblés devant l’hôpital. À la suite de cette fusillade, le père, le frère, l’oncle et de nombreux autres membres de la famille de Fawad ont été blessés. Des milliers de personnes de Kamyaran ont manifesté devant la maison familiale de Fawad Mohammadi ce matin tout en exprimant leur sympathie et leur solidarité avec sa famille. Burhan Karmi, 32 ans, de Kamiyaran, a été abattu par les forces gouvernementales lors de la manifestations devant la maison familiale de Fawad Mohammadi le 16 novembre. Le corps de ce jeune homme, qui a été transféré à l’hôpital du Sinaï, n’a pas encore été remis à sa famille. Salar Mojawar, 30 ans, de Bukan, a été tué par balle lors d’une manifestation dans le quartier Mirabad de Bukan le 16 novembre. Daniyal Aban, un enfant de Saqqez, a été abattu par les forces de sécurité militaire lors d’une manifestation dans le quartier de Karimabad à Saqqez le 16 novembre. Selon les statistiques recueillies par l’ONG Kurdistan Human Rights Network (KHRN), au moins 66 citoyens kurdes ont été tués par les forces gouvernementales (Pasdarans, Basij…) depuis le début du soulèvement national provoquée par le meurtre de Jina Mahsa Amini.  

Hommage à Ahmet Kaya, le musicien kurde disparu à Paris il y a 22 ans

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PARIS – Il y a 22 ans jour pour jour, le grand chanteur kurde, Ahmet Kaya nous quittait à l’âge de 43 ans, à Paris où il s’était réfugié pour échapper à la prison et aux menaces de mort en Turquie.
 
Quelques jours après son décès, des milliers de Kurdes étaient venus de toute l’Europe faire leurs adieux à Ahmet Kaya au cimetière de Père Lachaise, situé dans le 20e arrondissement de Paris où d’autres Kurdes morts en exil, dont le cinéaste Yilmaz Guney, le politicien Abdul Rahman Ghassemlou, sont enterrés.
 
Le musicien Ferhat Tunç était parmi les nombreuses personnalités kurdes également présentes à la cérémonie d’adieux au légendaire musicien kurde, dont l’aura dépassait les frontières du Kurdistan et de la Turquie. Lors de la prise de parole, Tunç avait rendu un hommage vibrant à son collègue et compatriote mort en exil, loin de son pays chéri. Aujourd’hui, Tunç lui-même, comme tant d’autres artistes, intellectuels, universitaires, militants ou journalistes kurdes, est exilé en Europe pour les mêmes raisons qui ont chassé Ahmet Kaya de ses terres…
 
Qui était Ahmet Kaya ?
 
Né le 28 octobre 1957 à Malatya, Ahmet Kaya était chanteur, écrivain et compositeur kurde, originaire d’Adiyaman.
 
Chanteur de la musique contestataire, Kaya a dédié sa courte vie à la paix et à la musique au milieux des persécutions étatiques en Turquie. Il se disait « Kurde de Turquie ».
Plusieurs des albums de Kaya ont battu des records de ventes. Avec plus de 20 albums, Kaya est de loin l’un des artistes les plus influents et les plus controversés contemporains en Turquie, qui s’était engagé sur des questions sociales et politiques.

Ahmet Kaya a dû fuir la Turquie pour avoir dit qu’il allait sortir un album en kurde. Il est mort à Paris en 2000. Une élégie « Ya beni sarsa memleket hasreti / Et si le mal du pays me prenait » raconte l’histoire de son agonie, de ses souffrances, de son désir pour son peuple et sa patrie dont il a été arraché.

Ahmet Kaya a payé cher son souhait de « chanter en kurde » lors d’une cérémonie de remise des prix en direct à la télévision en 1999. Les autorités turques ont lancé des poursuite à son encontre. Les journaux et les chaînes de télévision de tout le pays l’ont pris pour cible avec des informations fabriquées de toutes pièces le qualifiant de « traître » et de « terroriste ». Les médias turcs ont dépeint Kaya comme « faisant partie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour avoir déclaré qu’il était kurde.

 

 
La tombe d’Ahmet Kaya se trouve au cimetière parisien du Père-Lachaise, 71ème division, 1ère ligne face à la 72ème division.
 

Inquiétudes pour la vie du scénariste de l’attentat d’Istanbul

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Il y a trois jours, un attentat sanglant frappait Istanbul et les autorités turques incriminaient immédiatement les Kurdes syriens et le PKK… A mesure que les anomalies entre les déclarations (fausses) des autorités turques et le profile des personnes accusées d’avoir participé à l’attentat font surface, on se dit que le scénariste (du MIT, d’al-Nosra, de l’Armée syrienne libre, ou de DAECH ?) qui a concocté l’attentat a dû être liquidé pour son mauvais script. En effet, selon les premières informations, la suspecte arrêtée à Istanbul vivait dans le pays depuis 2020 (et non pas une femme qui vient de débarquer d’Afrin comme le prétendaient les autorités turques) et serait une sympathisante de l’Armée syrienne libre (ASL / SFA) sous commandement turc, et aurai passait des coups de fils à un numéro enregistré au nom d’un cadre du parti ultra-nationaliste MHP… Ahlam Albashir, suspecte accusée d’être la poseuse de la bombe d’Istanbul / Beyoglu, aurait passé plusieurs coups de fil à un autre numéro enregistré au nom de Mehmet Emin İlhan, un responsable du parti ultranationaliste MHP. (A ce sujet, le journaliste Mahmut Bozarslan se demande si les planificateurs de l’attentat d’Istanbul ne se sont pas trompés de personne quand ils ont enregistré ce numéro de téléphone au nom du responsable du MHP en pansant avoir affaire à un ancien député du « parti kurde » HDP qui s’appelle lui aussi Mehmet Emin İlhan !) Entendu par la police, le responsable du MHP, Mehmet Emin İlhan a déclaré qu’on avait ouvert une ligne téléphonique à son insu, qu’il s’agissait d’un complot, tout en accusant le PKK d’être derrière cette supercherie! Deux autres Syriens arrêtés avec Ahlam Albashir sont les frères Ahmed Jarkas et Ammar Jarkas. Sur des captures d’écran des profile Facebook d’Ammar Jarkas publiées sur les réseaux sociaux, on voit Ammar Jarkas sous l’uniforme de l’armée syrienne libre (ASN /SFA) partagée en 2017. Sur la deuxième capture d’écran, on voit Ammar partager un une publication (datée 2018) de son frère Ahmed participant à une foire organisée par l’association (islamique) des industriels indépendants et des hommes d’affaires turcs (Müstakil Sanayici ve İşadamları Derneği – MÜSİAD).
Ammar Jarkas en uniforme de l’ASL, photo datée de 2017
Ammar Jakkas partageant la publication de son frère qui a participé à une foire de la MUSAID
Le choix de la date du massacre d’Istanbul est également « curieux ». En effet, l’attentat a eu lieu la veille du sommet du G20 qui allait avoir lieu à Bali, en Indonésie, où Erdogan allait pouvoir s’en prendre aux « méchants Américains et compagnie » qui ne permettent pas à la Turquie d’en finir avec les terroristes sanguinaires kurdes en Syrie en envahissant la totalité du Rojava après Afrin et Serê Kaniyê où la Turquie et ses mercenaires armés ont commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en tuant, chassant, torturant, extorquant en masse les civils kurdes. Antécédents turcs en matière d’attentats terroristes L’agence ANF rappelle des attentats similaires qui ont eu lieu en Turquie ces dernières années et déclare que le triumvirat du président Erdogan, le ministre de l’intérieur Suleyman Soylu et du chef des renseignements turcs (MIT) Hakan Fidan a encore échoué alors qu’ils cherchent à incriminer les Kurdes syriens pour attaquer le Rojava. ANF écrit que « les peuples de la Turquie doivent se débarrasser du gouvernement Erdoğan-Bahçeli qui les pousse dans une impasse. Cela demande du courage, de la compréhension et l’unité des peuples. » Voici l’article d’ANF: Le triumvirat Erdoğan-Soylu-Fidan a encore échoué Les peuples de Turquie doivent se débarrasser du gouvernement Erdoğan-Bahçeli qui les pousse dans une impasse. Cela demande du courage, de la compréhension et l’unité des peuples. Le 14 novembre, 6 personnes ont perdu la vie et 81 autres ont été blessées dans un attentat qui a eu lieu sur la place Taksim, le quartier le plus populaire d’Istanbul, en partenariat avec les terroristes Erdoğan-Soylu et le service de renseignement turc MIT-al-Nosra. Alors que nous présentons nos condoléances aux familles de ceux qui ont perdu la vie et souhaitons un prompt rétablissement aux citoyens blessés, de nombreuses questions se posent : quel était l’objectif de la mentalité fasciste de l’AKP-MHP dans cette attaque et quels sont leurs nouveaux plans. Commençons par quelques informations de fond. Alors que ce massacre se déroulait, Erdoğan s’envolait pour Bali, en Indonésie, pour le sommet du G-20. Après un court communiqué de presse à l’aéroport, avec un étrange sourire sur le visage, il avait l’air content que la première phase de son plan soit terminée. (…) Il était plutôt significatif qu’un tel massacre ait eu lieu avant un sommet critique alors qu’Erdoğan était en route. Entre-temps, alors que ce massacre se déroulait, le ministre turc des Affaires criminelles [intérieur], Süleyman Soylu, était à une cérémonie d’ouverture à Idlib qu’ils occupent conjointement avec Al-Nosra. (…) Il a été révélé que la femme suspecte nommée Ahlam Albashir est une partisane et sympathisante d’Al-Nosra et réside en Turquie depuis 2020. Leur plan n’a pas marché En outre, un enregistrement vocal du chef turc du MIT, Hakan Fidan, a été diffusé avant les élections du 30 mars 2014. On entend Fidan dire que « si nécessaire, j’enverrai quatre hommes en Syrie. Je leur ferai tirer 8 missiles sur la Turquie afin de créer une justification pour la guerre. » Maintenant, si nous pensons aux développements mentionnés ci-dessus, tout devient clair. Vous n’avez pas besoin d’être un analyste politique, un expert militaire ou même un expert du renseignement pour comprendre ce qui se passe. Une personne raisonnable peut facilement discerner des plans sales. Les faits parlent d’eux-mêmes : ce massacre a eu lieu à un moment où Erdogan partait à la rencontre des dirigeants mondiaux et où Soylu était main dans la main avec Al Nosra. Il y a un scénario derrière le massacre Avant la rencontre d’Erdoğan avec les dirigeants mondiaux, Soylu allait commencer ce massacre avec Al Nosra à Idlib. Ce scénario devait être lancé avant qu’Erdoğan ne monte dans l’avion. Parce qu’Erdogan allait demander la permission aux dirigeants mondiaux pour l’invasion du Rojava lors du sommet du G-20. Dans ce scénario, Erdogan et Soylu allaient être dépeints comme des héros, et une campagne de diffamation serait lancée contre le Rojava par l’intermédiaire de la suspecte Ahlam Albashir. Cependant, ce scénario et ce plan ont échoué. Parce que tous les médias du Moyen-Orient et d’Europe ont rapporté que le massacre avait été orchestré par le triumvirat Erdogan-Soylu-Fidan. Oui, Erdoğan, Soylu et Fidan sont les vrais terroristes. Ils veulent maintenir leur pouvoir en organisant des massacres. Même si le monde entier l’a compris, les peuples de Turquie restent encore réticents à comprendre. Plans pour prolonger le fascisme C’est ainsi qu’ils ont planifié le massacre. Cependant, la situation réelle devant laquelle les peuples de Turquie ferment encore les yeux est le fait que la mentalité meurtrière de l’AKP-MHP est vaincue par les guérillas de la liberté du Kurdistan. L’opinion publique mondiale est consciente du fait que la Turquie utilise des armes thermobariques, chimiques, nucléaires (…) contre la guérilla, ce qui est un crime contre l’humanité. De plus, l’armée turque brûle ses propres soldats, les frappant avec des avions de chasse, des mortiers et des obus. Et il y a aussi des tombes secrètes de ses soldats qui ont été tués par la guérilla. Tout cela a été rapporté par divers médias pendant des jours. La mentalité fasciste de l’AKP-MHP cherchait une issue, d’une part, couvrant son utilisation d’armes chimiques, l’incendie de ses propres soldats et des enterrements secrets et, d’autre part, l’impasse dans son attaque d’invasion lancée contre le Kurdistan du Sud à partir du 14 avril. A cela s’ajoutent les crises économiques, politiques et sociales que traverse le pays. De plus, à l’approche des élections, la sale alliance Erdogan-Bahceli, qui craint une défaite face aux troupes de la guérilla, veut provoquer la séparation et le conflit entre ses peuples pour maintenir leur pouvoir. L’alliance Erdoğan-Bahceli veut surtout créer un conflit turco-kurde. (…) Cependant, les forces HPG [branche armée du PKK] et YPG ont publié des déclarations concernant ce massacre et ont déclaré qu’elles n’en étaient pas responsables. Elles ont ajouté qu’il y avait un sale plan derrière l’attaque. Le fascisme Erdoğan-Bahceli veut prolonger sa vie avec ces sales plans. Par ailleurs, l’alliance Erdoğan-Bahçeli sait qu’elle est sur le point d’échouer dans ses plans de 2023 (…). Pour cette raison, elle veut créer une atmosphère de nationalisme, de haine, de séparation et de conflit dans la société avec de tels massacres pour se débarrasser de sa situation difficile et de la réaction du peuple. (…) elle essaie de dresser les peuples turco-kurdes les uns contre les autres. Ellle veut éviter que les réactions du public ne se transforment en une réaction politique et sociale à l’échelle nationale. Le plan sale n’a pas fonctionné Les responsables turcs ont accusé Kobanê après l’attentat d’Istanbul. On savait déjà que le fascisme AKP-MHP planifiait une invasion contre la ville de Kobanê. L’État turc, qui a été vaincu par les troupes de la guérilla, veut se venger de l’EI [en s’en prenant] aux habitants de Kobanê. Lorsque l’Etat islamique a attaqué Kobanê en 2014, Erdogan a déclaré que « Kobanê est sur le point de tomber ». Cependant, la résistance des habitants de Kobanê et des combattants de la liberté du Kurdistan a déçu l’enthousiasme d’Erdoğan. Pour cette raison, il veut réaliser son ambition d’utiliser à nouveau les membres de l’État islamique afin de prendre une revanche historique. Il a lancé son plan pour le faire à Taksim avec un membre d’Al Nosra, les restes de l’Etat islamique. Cependant, son sale plan a été immédiatement remarqué par l’opinion publique de toute la région et du monde. Les peuples de Turquie peuvent se débarrasser de ce problème Si Erdoğan commence l’opération d’invasion contre Kobanê, il transformera toute la Turquie en une zone de conflit. Tous les Turcs devraient le savoir. Le peuple turc doit se débarrasser du fascisme d’Erdoğan-Bahceli [Devlet Bahçeli, chef du parti ultra-nationaliste MHP], qui trouble les peuples de Turquie avec ses sales alliances et ses provocations. La Turquie peut se débarrasser de ce problème avant les élections. Cela demande du courage, de la compréhension et de l’unité des peuples. Les peuples de Turquie peuvent se débarrasser du fascisme en s’inspirant de la rébellion et de la résistance qui ont émergé après le meurtre de Jina Mahsa Amini. Malgré une tradition étatique d’au moins deux mille ans, l’Iran n’a pas pu arrêter cette résistance. Parce qu’il y a une résistance commune des Kurdes, des Azéris, des Perses, des Baloutches et d’autres groupes ethniques en Iran. Les peuples de Turquie doivent vivre librement, démocratiquement et équitablement. Par conséquent, les peuples doivent résister ensemble contre le fascisme.  

SYRIE. Deux filles décapitées par des membres de DAECH dans le camp al-Hol

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SYRIE / ROJAVA – Les autorités kurdes ont découvert les corps décapités de deux filles âgées de 15 et 11 ans dans la section réservée aux familles étrangères de l’État islamique. Deux corps d’enfants décapités ont été découverts dans le camp d’al-Hol, dans le nord-est de la Syrie. Les victimes sont deux filles âgées de 15 et 11 ans, a déclaré une porte-parole de l’administration du camp. Les parents des fillettes seraient des Égyptiens. La macabre découverte des corps a été faite dans la section « Muhajirat » lundi. La direction du camp a parlé d’un « acte honteux » attribué au groupe terroriste « Etat islamique » (DAECH / ISIS). L’autorité de sécurité de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie, Asayish, a ouvert une enquête et bouclé le site. Pour des raisons tactiques, les Asayish n’ont pas voulu donner plus de détails sur l’affaire pour le moment. Depuis la zone abritant des muhâjir (émigrants, exilés, réfugiés), membres étrangers de DAECH, la terreur se répand dans toutes les autres zones du camp. Les terroristes de l’Etat islamique fidèles à la l’idéologie islamiste ont mis en place la force Hisba, sur le modèle de la soi-disant Brigade Al-Khansa, la police religieuse de l’Etat islamique pour les femmes. Cette force commet des atrocités et des meurtres contre des personnes accusées de ne pas respecter les règles de l’EI. En outre, la force est responsable de l’endoctrinement des enfants avec l’idéologie de DAECH. Les mineurs sont ensuite enrôlés par « les lionceaux du califat », enfants soldats de DAECH. « Pépinière de djihadistes » Il y a régulièrement des meurtres commis par les terroristes de DAECH dans le camp d’al-Hol abritant environ 56 000 proches des djihadistes de DAECH/ISIS, des déplacés syriens et des réfugiés irakiens. Al-Hole est qualifié de « pépinière de djihadistes » à cause de l’idéologie jihadiste perpétuée notamment par les femmes de DAECH qui inculquent le terrorisme islamiste de DAECH aux enfants présents dans le camp et massacrent celles et ceux qui ne vivent pas selon la charia islamiste.  

IRAN. Au moins 3 manifestants kurdes tués le 15 novembre

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IRAN / ROJHILAT – Hier, les forces gouvernementales iraniennes ont de nouveau ouvert le feu sur les manifestants dans plusieurs villes kurdes d’Iran, tuant au moins trois civils (un à Sanandaj et deux à Kamyaran), en plus de faire de nombreux blessés. Ce matin, les Kurdes manifestent de nouveau au milieu des tirs des forces gouvernementales. C’est un cercle vicieux dans lequel les manifestants sont tués alors qu’ils protestent contre les manifestants tués par les mollahs qu’ils veulent chasser du pouvoir. Journée sanglante à Sanandaj et Kamyaran Le 15 novembre, la population a manifesté en masse dans les villes du Kurdistan iranien où les commerces avaient été fermés dans la journée pour dénoncer le massacre des civils et pour exiger la fin du règne des mollahs sanguinaires qui sont également responsables des massacres de 1500 manifestants en novembre 2019. Les forces gouvernementales iraniennes ont de nouveau ouvert le feu sur les manifestants, tuant au moins trois personnes (à Sînê et Kamyaran) et blessant des dizaines d’autres. Les victimes sont: Isa Bigleri, 39 ans, habitant de Sarvabad, dans la province de Sanandaj (Sînê), abattu le jour de son anniversaire par les tirs directs des forces gouvernementales. Il était père de 3 enfants, dont le dernier a trois mois. Zaniar Allah Moradi, 26 ans, abattu par une centaine de balles à Sanandaj. Fouad Mohammadi, 38 ans, tué à Kamyaran. (Il a été enterré en catimini ce matin à l’aube sous blocus militaire.) Saïd Moradi, un autre manifestant blessé grièvement hier soir à Sînê serait hospitalisé et certaines sources affirment qu’il est décédé mais nous n’avons pas la confirmation des ONG qui vérifient les décès des manifestants. Les manifestations se poursuivent au Rojhilat (Kurdistan de l’Est) Ce matin, les commerces sont de nouveau fermés à Kermashan, Sanandaj (Sînê), Baneh, Saqqez, Kamyaran, Marivan, Ravansar, Dehgolan, Oshnovieh, Javanroud, Mahabad et Bukan, villes kurdes d’Iran, où les manifestants sont attaqués par les sbires armés du régime. A Kamyaran, les forces gouvernementales ont ouvert le feu sur des manifestants qui protestaient contre le meurtre de Fouad Mohammadi, tué hier soir à Kamyaran, dans la province du Kurdistan. Des dizaines de manifestants ont été blessés. Depuis le meurtre barbare de Jina Mahsa Amini par la police des mœurs à Téhéran le 16 septembre, des manifestations anti-régime ont éclaté d’abord au Kurdistan iranien mais se sont propagées rapidement dans tout le pays, redoublant la violence sanguinaire des mollahs qui ont donné le feu vert pour le meurtre, arrestation et torture des civils. Jusqu’à présent, plus de 15 000 civils, dont des adolescents, ont été arrêtés, des centaines d’autres tués. Par ailleurs, les tribunaux iraniens ont commencé à condamner à mort les personnes accusées d’avoir participé aux manifestations. Parmi les accusés, il y a plusieurs journalistes, artistes, sportifs, musiciens ainsi que des militantes des droits humains/femmes…  

FRANCE. Serons-nous toutes Jina Amini ce 19 novembre, lors de la marche contre les violences faites aux femmes?

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PARIS – Ce samedi 19 novembre, les femmes (et les hommes) seront dans la rue contre les violences sexistes et sexuelles à travers le monde. Pour les femmes kurdes et iraniennes, cette année, la marche contre les violences faites aux femmes s’appellera Jina Amini (Mahsa Amini pour les Iraniens). En effet, depuis le meurtre brutal de Jina Amini, 22 ans, par la police des mœurs le 16 septembre pour un voile « mal porté », les femmes iraniennes et kurdes manifestent à travers le monde contre le régime sanguinaire iranien qui réprime, terrorise, torture, parfois tue, des dizaines de millions de femmes et fillettes dont le seul crime est d’être nées « femmes ». Mais les femmes appartenant aux minorités marginalisées telles que les Kurdes, Baloutches, Arabes, Azéris… d’Iran, subissent une persécution patriarcale doublée du racisme à cause de leur identité ethnique. Les manifestations anti-mollahs exigent, cette année, #NousToutes serons Jina Mahsa Amini, et crierons « Jin, Jiyan, Azadî » (le slogan kurde qui signifie « Femme, vie, liberté »). En France, la marche contre les violences faites aux femmes aura lieu dans une trentaine de villes. A Paris, le défilé partira de la place de la République à 14 heures. L’histoire du 25 novembre, Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes  
La violence à l’égard des femmes est considérée comme l’une des formes les plus graves de violence dans le monde. La violence contre les femmes est devenue un phénomène avec la domination du pouvoir masculin et son incarnation dans le système mondial. Cela reflète le vrai visage de l’anéantissement de la société par tous ses effets dans l’histoire de la société humaine.
 
Les Nations Unies ont annoncé le 25 novembre de chaque année Journée mondiale de lutte contre les violence violences faites aux femmes après l’assassinat des trois sœurs Mirabal en République dominicaine par Trujillo, contre lequel les trois sœurs s’étaient révoltées contre son pouvoir et son autorité.
 
La violence est considérée comme un moyen de domination masculine dont dépendent les femmes, la coercition et le déni, caractérisé par diverses formes de discrimination, d’oppression et d’agression, découlant du contrôle de l’autorité des hommes dans la société, qui prend diverses formes de dommages psychologiques et physiques.
 
La violence à l’égard des femmes varie de la violence individuelle verbale et physique à l’abus direct et indirect des femmes, entre la violence collective perpétrée par un groupe de personnes sur la base d’une identité ethnique, sectaire ou culturelle, caractérisée par le mépris, l’exclusion ou la liquidation, et la violence officielle (violence du pouvoir), qui se traduit par une violence politique envers l’opposition et les classes sociales générales mais toutes sortes de violence découlent de la pensée masculine de l’État nation.
 
Les femmes peuvent être exposées à diverses formes de violence physique et psychologique, sexuelle, spirituelle, communautaire et verbale. L’une des méthodes les plus courantes des femmes dans notre société est la violence sexuelle, psychologique et verbale, à commencer par les menaces, les coups de poing, les coups ou l’utilisation de moyens et d’outils nuisibles ainsi que des méthodes de violence physique qui peuvent entraîner directement la mort comme les brûlures, les tentatives de suffocation, les empoisonnements et les autres actes de même nature.
 
Les femmes sont les plus touchées par la violence
 
Depuis le début de la crise syrienne, les femmes ont souffert de tragédies majeures. Et les femmes ont été considérablement matraquées par la violence horrible pratiquée par le système mondial masculin contre les femmes dans la société syrienne, et les mercenaires qui n’ont pas cessé leurs attaques et pratiques contre les femmes. Selon les statistiques des organisations de défense des droits de l’homme annoncées au début de la crise, 10 000 femmes ont été tuées depuis le début de la crise à la suite de bombardements et d’exécutions massives ou par la torture, dont 3 614 enfants et plus de 461 ont été assassinés, 29 ont perdu la vie sous la torture et 1 million sont des femmes syriennes réfugiées dans les pays voisins.
 
Le nombre de femmes qui ont été exposées à la violence a encore été exacerbé par les attaques de bandes de mercenaires et le système masculin, qui tente d’anéantir la liberté des femmes dans de nombreuses zones syriennes, en particulier les zones sous domination des forces d’occupation turques notamment le meurtre de la jeune femme Rasha Basis où la scène du crime a été publiée sur les réseaux sociaux en octobre dernier.
 
Des centaines de femmes, comme Rasha Bessis, souffrent encore de la violence des pratiques d’occupation en l’absence de morale et de lois. La raison de la domination de la masculinité et l’exercice d’un système d’autorité systématique dans lequel les femmes ont perdu leurs droits les plus fondamentaux.
 
L’héritage des sœurs Mirabal
 
L’histoire se répète avec l’assassinat brutal, en 1960, de trois sœurs, Patricia, Maria et Antonia, qui ont décidé de ne pas garder le silence sur l’injustice. Et résister face au dictateur. Elles ont laissé derrière elles un héritage. La domination absolue du pays par le dictateur de la République dominicaine, Rafael Trujillo (1930-1961) Par son alliance secrète avec l’Eglise, les aristocrates et la presse, avec son administration de l’autorité militaire policière. Est-ce l’étincelle qui a réveillé les sœurs Mirabal ?
 
Les trois sœurs ont été brutalement assassinées par des assaillants inconnus le 25 novembre et plus tard, on a su que le dirigeant dominicain Rovail Trujillo était derrière l’assassinat. L’assassinat a porté un coup au régime de Trujillo. En commémoration de cette occasion, l’Assemblée générale des Nations Unies a consacré le 25 novembre, depuis 1999, à la Journée mondiale de la lutte contre la violence à l’égard des femmes. L’organisation recommande à toutes les organisations officielles et non gouvernementales et aux médias du monde entier de promouvoir la culture de l’élimination de la violence contre les femmes.
 
Journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes et la réalité
 
Le 25 novembre, l’Assemblée générale a proclamé la Journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités de sensibilisation à cette question majeure (résolution 54/134 du 17 décembre 1999)
 
Les militantes ont marqué le 25 novembre comme une journée contre la violence depuis 1981, depuis l’assassinat brutal en 1961 des trois sœurs Mirabal, qui étaient des militantes politiques en République dominicaine en 1936.
 
Malgré les développements majeurs dont les femmes ont été témoins dans le monde entier depuis lors, les femmes continuent d’être victimes de violence. Il existe des chartes internationales qui montrent qu’une femme sur trois dans le monde est victime de violence. (…) Chaque année, des millions de femmes sont violées par leurs proches, amis, étrangers, employeurs, collègues ou des groupes armés, si ce n’est par les forces armées des États lors de conflits, comme on le voit au Kurdistan sous occupation.