IRAN. Le régime a exécuté plus de 500 personnes en 2022
IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien a accéléré les exécutions des prisonniers au milieu des protestations anti-régime qui se poursuivent malgré les arrestations massives et le meurtre de manifestants. Les ONG ont comptabilisé 500 exécutions pour l’année 2022. Et sans surprise, une grande partie des personnes exécutées sont issues des minorités kurde et baloutche.
Recours terrifiant à la peine de mort dans le but de mater le soulèvement populaire
Actuellement, 80 personnes sont menacées d’exécution en Iran. Le gouvernement a commencé à exécuter des prisonniers politiques dans le but de terroriser la population en colère pour.
« Les autorités iraniennes réclament la peine de mort (…) dans le cadre de simulacres de procès destinés à intimider ceux qui participent au soulèvement populaire qui ébranle l’Iran depuis septembre et à dissuader d’autres personnes de rejoindre le mouvement », déclarait Amnesty International le 16 novembre dernier, ajoutant que: « Depuis le 13 novembre, les autorités ont annoncé dans des déclarations distinctes que les tribunaux révolutionnaires de Téhéran avaient condamné à mort cinq personnes dont le nom n’a pas été divulgué pour « inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et « corruption sur terre » (ifsad fil Arz), en raison de ce qu’elles ont qualifié d’actes d’incendie volontaire, de destruction de biens et d’agression mortelle d’un membre des forces de sécurité lors des manifestations dans la province de Téhéran. Depuis le 29 octobre, les médias officiels font régulièrement état du procès de neuf hommes accusés d’infractions en lien avec les manifestations et passibles de la peine de mort. On ignore si parmi ces neuf hommes figurent les cinq personnes condamnées à mort dont les noms ne sont pas cités. Au moins 12 autres personnes, dont une femme, font également l’objet de poursuites pénales pour des infractions punies de la peine de mort en rapport avec les manifestations. »
FRANCE. Week-end de formation sur l’éducation populaire au sein du mouvement de libération kurde
PARIS – Le week-end dernier, le collectif d’internationalistes Serhildan Paris a organisé une formation de deux jours sur l’éducation publique au sein du mouvement de libération kurde (PKK).
Les 10 et 11 décembre derniers, de jeunes internationalistes du collectif Serhildan Paris réunis à Malakoff ont organisé une conférence sur l’éducation au sein du mouvement de libération kurde (PKK) durant laquelle le rôle avant-gardiste de la jeunesse et des femmes kurdes fondé sur la philosophie du slogan « jin, jiyan, azadi » (femme, vie, liberté) ainsi que l’internationalisme ont été abordés.
« Au sein du mouvement kurde, l’éducation est le pilier de la libération des individus et l’outil nécessaire pour fonder une alternative à la modernité capitaliste. Nous devons nous éduquer sur notre histoire de lutte, sur notre mentalité capitaliste, sur les mouvements présents et sur la manière de devenir des êtres libres », écrit Serhildan Paris.
Les militants ont accroché des drapeaux des YPJ / YPG et des portraits de Nagihan Akarsel, une universitaire du Centre de recherche en jinéoloji tuée au Kurdistan irakien le 4 octobre dernier, ainsi que ceux de Sakine Cansiz (Sara), Fidan Doğan (Rojbîn) et Leyla Şaylemez (Ronahi) assassinées à Paris le 9 janvier 2013.
Le premier jour de la formation, il fut question de l’histoire de la jeunesse internationaliste.
Le deuxième jour, les participants ont été initiés à l’histoire du mouvement des femmes kurdes et à la philosophie du leader kurde Abdullah Öcalan et comment le paradigme et le mouvement de libération kurde est une avant-garde de la lutte internationaliste de notre époque.
Les participants ont conclu l’événement par un appel à la longue marche qui aura lieu en février en Suisse. La marche débutera par une conférence de deux jours pour relier toutes les luttes mondiales à l’idéologie d’Abdullah Öcalan et pour discuter plus largement de la manière dont on peut se battre pour sa liberté.
Les jeunes internationalistes ont achevé leur week-end d’études avec les slogans « Liberté pour Öcalan » et « Bijî Reber Apo » [Vive le Leader Öcalan].
Les participants ont conclu l’événement par un appel à la longue marche qui aura lieu en février en Suisse. La marche débutera par une conférence de deux jours pour relier toutes les luttes mondiales à l’idéologie d’Abdullah Öcalan et pour discuter plus largement de la manière dont on peut se battre pour sa liberté.
Les jeunes internationalistes ont achevé leur week-end d’études avec les slogans « Liberté pour Öcalan » et « Bijî Reber Apo » [Vive le Leader Öcalan]. « La France ne doit pas envoyer un deuxième Khomeiny aux Iraniens »
PARIS – Alors que le règne des mollahs islamistes est mis à mal par un soulèvement populaire parti de la ville kurde de Zaqqez, d’où était originaire Jina Mahsa Amini, on ne sait toujours pas si le peuple sortira vainqueur de ce bras de fer ou si leur révolution sera de nouveau confisquée comme en 1979. En effet, il y a 43 ans, les peuples d’Iran s’étaient soulevés contre un shah (roi) tyrannique à la solde de l’Occident qui réprimait son propre peuple et les minorités ethniques et confessionnelles. Dès que le shah a été chassé du pouvoir par le peuple, l’Ayatollah Khomeini qui était réfugié en France est retourné en Iran et a confisqué la révolution progressiste iranienne. Aujourd’hui, les pro-royalistes iraniens réfugiés en Occident sont sur tous les fronts pour retourner reprendre le pouvoir en Iran. Pour cela, ils n’hésitent pas à courtiser les gouvernements occidentaux, se faisant passer pour des sauveurs du peuple qui les haït! Les pays occidentaux, dont la France, soutiendront-ils ces royalistes réactionnaires face aux femmes et peuples d’Iran ou soutiendront-ils ce mouvement progressiste/féministe d’Iran?
« En 1979, au nom de l’anti-impérialisme, beaucoup d’intellectuels français ont soutenu Khomeiny. Aujourd’hui, les mêmes sont en train de soutenir le fascisme iranien au nom de la défense des droits des femmes iraniennes. »
Les militants iraniens qui ont été dépouillés de leur révolution hier par Khomeiny mettent en garde contre un deuxième Khomeiny, cette-fois en costar cravate, qui sera envoyé par l’Occident voler leur révolution. Une de ces voix est celle de Somayeh Rostampour, activiste kurde d’Iran. Elle a exprimé son inquiétude après avoir entendu des intellectuels français soutenir les royalistes en disant qu’il faut « être unis » face aux mollahs et peu importe qui prendra le pouvoir par la suite!
Voici le commentaire de Somayeh Rostampour accompagnant la soirée de soutien organisé par Mediapart le 6 décembre dernier à Paris et qui s’intitulait « Femme, Liberté, Solidarité ! Soirée en soutien au peuple iranien »:
« Là vous voyez un peu la diversité du peuple iranien, c’est pour cela qu’à la fin de soirée la discussion devient polémique… Oui, étrangement il y a des gens, même des intellectuels et des écrivains, qui soutiennent l’opposition royaliste iranienne (considérée comme la droite et la extrême droite en Iran) et ils/elles le font au nom de « l’unité » qui est aujourd’hui le mot clé des groupes de droite nationaliste iranienne.
Pendant la révolution de 1979, ils disaient: « Ne critiquez pas les islamistes, ce n’est pas le moment, ne divisez pas le mouvement populaire contre le Shah ». Maintenant, ils disent: « Ne dites rien contre les royalistes et ne créez pas de divisions, laissez partir les islamistes, peu importe qui viendra ensuite travailler ! »
Répéter une erreur historique pour la deuxième fois est une tragédie comique.
Notre position est claire: Nous ne voulons pas que la France envoie un deuxième Khomeiny aux Iraniens, cette fois avec une cravate et un costume, mais avec la même mentalité nationaliste, sexiste et pétrifiée ! »
Un autre activiste kurde d’Iran, D. Z. écrit qu’« en 1979, au nom de l’anti-impérialisme, beaucoup d’intellectuels français ont soutenu Khomeiny. Aujourd’hui, les mêmes sont en train de soutenir le fascisme iranien au nom de la défense des droits des femmes d’Iran. »
IRAN. Inquiétudes pour deux frères kurdes condamnés à mort
IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien fait pleuvoir des condamnations à mort des manifestants lors de procès fictifs, parfois en l’absence des « accusés », comme on l’a vu pour deux frères kurdes de Shino le 6 décembre dernier.
Les deux frères kurdes, Farhad et Farzad Tahazadeh qui ont été arrêtés par le régime iranien à Oshnavieh (Shino) ont été condamnés à mort le mardi dernier.
Farzad a été arrêté le 3 octobre, tandis que Farhad était capturé le 22 novembre. ils ont été condamnés à mort par contumace le 6 décembre.
Les mollahs qui espèrent renvoyer le peuple à la maison par les condamnations à la peine capitale ont exécuté plusieurs manifestants jusqu’à présent.
IRAK. Les attaques des pasdarans coutent la vie à deux bergers kurdes à Sardasht
IRAN / IRAK – Ce matin, deux bergers kurdes sont morts dans les montagnes de Sardasht, au Kurdistan irakien, alors qu’ils fuyaient les tirs des forces gouvernementales iraniennes (pasdarans) sur le sol irakien.
Ce matin, dans la région frontalière de Sardasht, deux bergers de la ville de Sangsar, dans la région du Kurdistan irakien, Sarbaz Hamad Ibrahim et Kamran Hamad Ibrahim, sont morts dans leur fuite devant les tirs directs des Gardiens de la révolution (pasdarans). (Hengaw)
Depuis le début des protestations anti-régime provoquées par le meurtre de Jina Mahsa Amini le 16 septembre, le régime iranien a intensifié ses attaques visant les groupes d’opposition kurdes réfugiés au Kurdistan irakien, tuant de nombreux civils, dont des enfants et des femmes.
IRAN. Inquiétudes pour les milliers de civils kurdes arrêtés par le régime
IRAN / ROJHILAT – Alors qu’en moins de trois mois, 124 civils kurdes, dont 15 enfants et 7 femmes, ont été tués par les forces gouvernementales iraniennes, l’inquiétude est immense pour plus de 65000 autres civils arrêtés à mesure que des corps sans vie de civils tués sous la torture sortent des cachots du régime à travers le Kurdistan iranien.
Une des victimes kurdes kidnappées par le régime iranien est Ameneh Darvizheh, originaire de Piranshahr. Depuis 3 semaines, les proches de cette femme, mère de deux enfants, n’ont plus de nouvelles d’elle.
Ameneh Darvizheh, une femme kurde de Piranshahr qui a été arrêtée lors des manifestations actuelles, est toujours au centre de détention des institutions gouvernementales iraniennes après près de trois semaines de détention.
En novembre 2022, Ameneh Darvizheh, 40 ans et habitante de Piranshahr, a été arrêtée par les forces gouvernementales iraniennes alors qu’elle cherchait un de ses enfants au milieu des manifestants.
Selon une source bien informée, alors qu’elle cherchait son enfant, cette femme s’est assise par terre en raison de fortes douleurs et de fatigue à la jambe et a été immédiatement arrêtée par les forces gouvernementales iraniennes.
Depuis, Ameneh Darvizheh, mère de deux enfants, est détenue au centre de détention des services de renseignement iraniens à Ourmia depuis 21 jours et ses proches n’ont plus de ses nouvelles.
Photo de couverture : Dler Nasiri, ancien prisonnier politique et originaire du village de Tangisar dans la ville de Sanandaj (Sînê), a été enlevé par les forces gouvernementales pour la deuxième fois au cours des deux derniers mois, le mercredi 7 décembre 2022, sur son lieu de travail. (Hengaw)
Ameneh Darvizheh, une femme kurde de Piranshahr qui a été arrêtée lors des manifestations actuelles, est toujours au centre de détention des institutions gouvernementales iraniennes après près de trois semaines de détention.
En novembre 2022, Ameneh Darvizheh, 40 ans et habitante de Piranshahr, a été arrêtée par les forces gouvernementales iraniennes alors qu’elle cherchait un de ses enfants au milieu des manifestants.
Selon une source bien informée, alors qu’elle cherchait son enfant, cette femme s’est assise par terre en raison de fortes douleurs et de fatigue à la jambe et a été immédiatement arrêtée par les forces gouvernementales iraniennes.
Depuis, Ameneh Darvizheh, mère de deux enfants, est détenue au centre de détention des services de renseignement iraniens à Ourmia depuis 21 jours et ses proches n’ont plus de ses nouvelles.
Photo de couverture : Dler Nasiri, ancien prisonnier politique et originaire du village de Tangisar dans la ville de Sanandaj (Sînê), a été enlevé par les forces gouvernementales pour la deuxième fois au cours des deux derniers mois, le mercredi 7 décembre 2022, sur son lieu de travail. (Hengaw) « Il apparaît nécessaire d’imposer le Parti des travailleurs du Kurdistan à la table des négociations »
Le politologue Olivier Grojean déclare qu’il faut radier la guérilla kurde (PKK) de la liste des organisations terroristes de l’Europe et l’inclure à la table des négociations pour la paix au Moyen-Orient plutôt que de laisser la Turquie déstabiliser la région.
« Alors que la justice belge a estimé en 2020 que le PKK ne pouvait pas être considéré comme terroriste, la CJUE se prononcera mercredi 14 décembre sur son inscription sur les listes 2020 et 2021. Aujourd’hui, on peut évidemment continuer de laisser la Turquie déstabiliser le Moyen-Orient et faire le jeu de Daech… ou décider qu’un autre acteur doit être invité à la table des négociations, qu’il apparaît nécessaire d’imposer, sauf à plonger toute la région dans un nouveau chaos », a écrit Olivier Grojean dans une tribune publiée sur le site Le Monde.
A lire ici: Moyen-Orient : « Il apparaît nécessaire d’imposer le Parti des travailleurs du Kurdistan à la table des négociations »
TURQUIE. Une députée kurde-yézidie menacée d’être déchue de son mandat d’élue
TURQUIE – La députée kurde-yézidie d’HDP, Feleknas Uca est menacée d’être déchue de son mandat d’élue après que le bureau du procureur général d’Ankara ait déposé trois dossiers en ce sens au Parlement turc. Depuis 2015, le parti HDP est dans le viseur d’Erdogan et la plupart de ses élu.e.s (dont les anciens coprésidents Selahattin Demirtas, Figen Yüksekdağ), tenu.e.s en otage illégalement.
Trois rapports ont été préparés par le bureau du procureur général d’Ankara sur la levée de l’immunité de la députée HDP Feleknas Uca et transmis au Parlement.
L’un des rapports a été préparé le 4 février avec l’accusation « d’incitation à la haine et à l’inimitié » avance comme preuves les déclarations publiques de la députée concernant les attaques turques contre le nord et l’est de la Syrie et Shengal.
Dans le deuxième dossier, Uca a été accusée de « propagande pour une organisation terroriste » pour son discours prononcé à Batman (Êlih) le 8 mars 2021.
Dans le troisième rapport, l’accusation de « réunions et manifestations illégales » est basée sur la participation de la députée à une marche organisée le 8 novembre 2018 en solidarité avec les actions de grève de la faim lancées contre l’isolement carcéral du leader kurde Abdullah Ocalan sur l’ile prison d’Imrali. Les trois rapports ont été envoyés au Parlement.
TURQUIE. Mort suspecte d’un prisonnier politique kurde
TURQUIE / KURDISTAN DU NORD – Le prisonnier politique kurde, Emre Abalak, 26 ans, est mort de manière suspecte à la prison de Şırnak. En un an, des dizaines de prisonniers kurdes sont morts dans des prisons turques.
Emre Abalak, 26 ans, un prisonnier cancéreux détenu dans la prison fermée de type T de Şırnak, a été assassiné selon la famille qui a déclaré que les responsables de la prison leur avaient dit qu’Abalak était tombé dans la salle de bain et mort d’une hémorragie cérébrale à la faculté de médecine de l’université de Diyarbakır / Dicle.
Emre Abalak a été enterré hier soir à Silopi.
Abalak avait été arrêté il y a 6 mois pour purger une peine de 20 ans de prison.
Campagne « Donnez un sourire aux enfants du Kurdistan »
L’Initiative pour la paix et l’espoir au Kurdistan eV a lancé une campagne de cadeaux pour les enfants et adolescents du camp de Maxmur, de Shengal et du Rojava alors que la Turquie a lancé une nouvelle guerre anti-kurde en plein hiver.
L’Initiative pour la paix et l’espoir au Kurdistan eV a lancé sa campagne annuelle de dons pour les enfants et les jeunes à Maxmur, à Shengal et, cette année, également au Rojava. « Nous avons pu mettre en œuvre avec succès notre campagne de cadeaux trois années de suite grâce à votre participation généreuse et sincère et donner ensemble un sourire à des milliers d’enfants du Kurdistan. Nous sommes très heureux d’annoncer le début de la campagne de cadeaux de cette année », dit l’initiative de Bielefeld, en Allemagne.
Donner le sourire aux enfants du Kurdistan
Ces dernières années, l’initiative a organisé le transport de milliers de sacs à dos soigneusement emballés dans la région. Cette année, cependant, aucun don en nature ne peut être accepté, c’est pourquoi un don monétaire de 25 euros par sac à dos est demandé à la place.
« La toile de fond de ces changements est, entre autres, l’augmentation massive des coûts de transport. Avec un don de 25 euros cette année, vous permettez également que les achats se fassent en régions et soutenez ainsi les commerçants locaux et l’économie locale. Cela nous permet d’économiser des frais de transport élevés et, en retour, d’atteindre plus d’enfants avec des sacs à dos. De plus, nous pouvons étendre notre campagne de cadeaux au Rojava, où nous n’avons rien pu transporter jusqu’à présent. Au Rojava, votre don aidera les enfants et les jeunes devenus orphelins à cause de la guerre », explique l’initiative.
Compte pour faire un don:
Initiative for Peace and Hope in Kurdistan e.V.
Sparkasse Bielefeld
IBAN: DE53 480501610025482977
BIC: SPBIDE3BXXX
Sujet: Give a smile (Donner un sourire)
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