TURQUIE. Création d’une initiative de cinéastes kurdes
TURQUIE. Arrestation de la rédactrice en chef d’un journal kurde
IRAN. Au moins 109 prisonniers exécutés en juin
IRAN / ROJHILAT – Au cours du mois de juin 2026, au moins 109 prisonniers, dont 18 Kurdes, ont été exécutés dans les prisons iraniennes. Ce chiffre représente une hausse d’au moins 10 exécutions (+10 %) par rapport à juin 2025, période durant laquelle 99 personnes avaient été exécutées.
L’identité des 109 personnes exécutées a été vérifiée par l’organisation de défense des droits humains Hengaw.
Parmi les prisonniers exécutés figurent trois femmes.
Seuls 7 cas (soit 6,5 % du total) ont été officiellement annoncés par les autorités judiciaires iraniennes. Par ailleurs, au moins 12 exécutions ont été menées en secret, sans que les familles soient informées ni autorisées à rendre une dernière visite aux condamnés.
Cinq prisonniers politiques, dont deux Kurdes, ont été exécutés au cours du mois. Ils avaient été arrêtés lors des manifestations de janvier et ont été condamnés notamment pour « Moharebeh » (guerre contre Dieu) ou espionnage :
Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadinya, prisonniers politiques kurdes originaires de Qorveh, exécutés le 1er juin 2026 à la prison de Ghezel Hesar (Karaj) pour espionnage.
Fathollah Avari, originaire de Hamedan, exécuté le 6 juin à la prison centrale de Hamedan.
Javad Zamani et Abolfazl Saedi, originaires de Shahroud, exécutés le 6 juin à la prison centrale de Shahroud.
Répartition des exécutions par minorités nationales et ethniques : Au cours du mois écoulé, au moins 31 prisonniers persans ont été exécutés, soit 28,5 % du total. Par ailleurs, 18 prisonniers kurdes et 18 prisonniers baloutches (soit 33 % du total), 12 prisonniers lor et 10 prisonniers turcs ont également été exécutés.- Kurdes : 18 cas
- Baloutchistan : 18 cas
- Lor : 12 cas
- Turcs : 10 cas
- Gilak et Mazandaranis : 5 cas
- Arabe : 5 cas
- Turkmènes : 1 cas
- Persan : 31 cas
- Ressortissants afghans : 5 cas
- Inconnu : 4 cas
SYRIE. Des juges du Rojava rencontrent des responsables du ministère syrien de la Justice
SYRIE / ROJAVA – Des juges de l’Administration autonome kurde se sont rendus aujourd’hui à Damas pour rencontrer des responsables du ministère syrien de la Justice, dans le cadre des efforts d’intégration de leurs institutions au système judiciaire national.
Les juges sont arrivés dans la capitale syrienne samedi matin pour entamer des discussions avec le ministère. Des entretiens individuels sont prévus dès dimanche, une étape préliminaire à leur possible nomination dans les tribunaux du gouvernorat d’Hassaké, dans le nord-est du pays.
Cette initiative est considérée comme une avancée potentielle dans le processus, longtemps bloqué, d’intégration des institutions de l’Administration autonome kurde au sein du cadre juridique syrien. Les tentatives précédentes avaient échoué, retardant les efforts plus larges d’unification des institutions de l’État.
Les habitants de Hassaké attendent avec impatience la réouverture des tribunaux et du palais de justice à Hassaké et Qamishlo, où les services judiciaires sont paralysés depuis plusieurs années, empêchant de nombreuses personnes d’accomplir leurs procédures légales.
TURQUIE. Criminalisation de la langue kurde : le propriétaire d’un café condamné à la prison
Le barreau de Diyarbakir (Amed) a fermement condamné vendredi la décision d’un tribunal turc condamnant un cafetier kurde à 15 mois de prison pour avoir décidé de n’offrir ses services qu’en kurde.
Jeudi, le tribunal de Diyarbakir a condamné Ramzan Şimşek, propriétaire du Pine Cafe, à un an et trois mois de prison. La procédure aura duré plus de deux ans. Simsek avait été arrêté le 29 mai 2024, deux semaines après avoir annoncé, à l’occasion de la Journée de la langue kurde, que son établissement fonctionnerait désormais exclusivement en kurde.
Dans un communiqué publié en kurde, le barreau de Diyarbakir a déclaré :
« Les lieux de travail qui proposent des services en kurde ne sont pas de simples espaces commerciaux ; ce sont aussi des espaces culturels qui contribuent à la visibilité de la langue kurde dans la vie publique. Les condamnations punitives visant de tels lieux ont un effet dissuasif non seulement sur les commerçants, mais sur l’usage même du kurde dans la sphère publique. »
Le barreau a rappelé que l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme protège la liberté d’expression, laquelle inclut « la diffusion, la protection et la communication des idées et des œuvres culturelles ».
Ramazan Simsek a été placé en résidence surveillée pendant six mois après son arrestation. Il a indiqué avoir été accusé de « propagande en faveur d’une organisation terroriste », une charge fréquemment utilisée contre des milliers de Kurdes soupçonnés de liens avec le PKK. Il a refusé de s’exprimer en turc lors des cinq audiences de son procès, s’adressant à la cour uniquement en kurde via un interprète. Il a annoncé son intention de faire appel devant les juridictions supérieures et a affirmé qu’il ne renoncerait pas à son combat pour la langue kurde, même au prix de nouvelles condamnations.
Contexte
Ce jugement intervient alors que des pourparlers de paix sont en cours entre le PKK et l’État turc, dans l’espoir de mettre fin à un conflit qui dure depuis des décennies et qui a fait plus de 40 000 morts. Le Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (Parti DEM), principale formation pro-kurde, joue un rôle de médiateur dans ces négociations et réclame la reconnaissance officielle de la langue kurde.
« Les Kurdes vous ont ouvert leurs portes, ils ont combattu à vos côtés. Acceptez maintenant l’identité kurde, la langue kurde, et cessez de les combattre », avait déclaré l’année dernière Tuncer Bakirhan, coprésident du Parti DEM.
Depuis la fondation de la République turque en 1923, l’usage public du kurde a longtemps été restreint, voire interdit. Bien que les restrictions se soient progressivement assouplies, notamment lors du précédent processus de paix il y a une dizaine d’années, l’usage du kurde dans la sphère publique reste encore largement stigmatisé.
SYRIE. Des gangs de Damas kidnappent dix jeunes Kurdes d’Afrin à Raqqa
SYRIE / ROJAVA – Les gangs de Damas ont kidnappé une dizaine de jeunes Kurdes d’Afrin à un point de contrôle à Raqqa alors qu’ils se rendaient avec leurs familles à Hassaké.
Des sources locales rapportent que les forces de sécurité générale du gouvernement intérimaire ont enlevé une dizaine de jeunes Kurdes originaires d’Afrin à un point de contrôle situé dans la campagne de Raqqa.
Selon ces sources, les faits se sont produits au point de contrôle d’Al-Karama, alors que les jeunes hommes, accompagnés de leurs familles, se dirigeaient vers le gouvernorat de Hassaké. Les agents n’ont interpellé que les jeunes hommes, autorisant les femmes à poursuivre leur route. Les personnes arrêtées ont ensuite été emmenées vers une destination inconnue.
Aucune explication officielle n’a été fournie concernant les motifs de ces arrestations ni le lieu de détention des jeunes. Leurs familles, très inquiètes, réclament des informations sur leur sort et exigent leur libération immédiate.
Cet incident intervient quelques jours seulement après une campagne d’arrestations menée par les mêmes forces dans les villes de Tal Aran et Tal Hasel, dans la campagne orientale d’Alep, où plusieurs habitants ont été appréhendés lors de raids.
Il est à noter que l’article 14 de l’accord du 29 janvier conclu entre le gouvernement intérimaire et les Forces démocratiques syriennes (FDS) prévoit des engagements pour garantir le retour sûr et digne des habitants d’Afrin et de Cheikh Maqsoud vers leurs régions d’origine.
IRAN. Une prisonnière politique condamnée à mort
TURQUIE. Langue kurde : vers un nouveau statut juridique et un enseignement renforcé

La déclaration a été lue en kurmanji par Leyla Kaymaz et en kirmanckî (zazaki) par Mehmet Şahin, au nom du comité préparatoire.
Selon le texte, l’objectif de la conférence était de créer un espace de dialogue et de coopération entre universitaires, acteurs politiques et organisations de la société civile sur le statut juridique de la langue kurde, les politiques linguistiques, l’enseignement en langue maternelle, le rôle social de la langue et les stratégies de son développement futur.
« Chaque thème a été examinez à travers ses propres questions et défis », indique la déclaration. Celle-ci souligne que la langue n’est pas un simple outil de communication, mais « la mémoire collective d’une société », le fondement de l’identité et de la nation. Pour le peuple kurde, elle constitue « la clé du statut politique, de l’identité et de la liberté ».
La conférence a adopté une vision dépassant la simple défense de la langue, appelant à sa promotion active comme contribution à la vie nationale et démocratique. Parmi les mesures concrètes proposées figurent : la reconnaissance officielle de son statut, l’enseignement en langue maternelle, l’usage public du kurde, la création d’écoles autonomes, en ligne et mobiles, ainsi que la mise en place d’académies et de fondations linguistiques.
Recommandations et décisions principales (adoptées à l’unanimité) :
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La lutte pour la langue kurde est indissociable de la lutte pour la libération physique de M. Abdullah Öcalan.
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La maîtrise du kurde est une condition indispensable pour toute personne aspirant à représenter le peuple kurde ou à diriger ses institutions.
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La Semaine de la langue kurde (autour du 15 mai) sera célébrée annuellement.
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Une conférence sur la langue kurde sera organisée tous les deux ans.
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Création d’une Commune des institutions de langue kurde.
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Tous les documents officiels des institutions kurdes seront rédigés en kurde.
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Chaque institution devra consacrer une partie de son budget aux activités linguistiques et organiser des ateliers de kurde pour son personnel.
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Les sites web et communications officielles seront prioritairement publiés en kurde.
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Efforts de kurdification du paysage urbain (noms de rues, institutions, etc.).
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Création d’une institution autonome pour le kirmanckî (zazaki) et d’une chaîne de télévision culturelle indépendante en kirmanckî.
La conférence a également salué les décisions prises lors de la Conférence des gouvernements locaux des 8 et 9 juin 2026 concernant les institutions linguistiques.