Les fascistes turcs mobilisés en Europe à 4 mois des élections turques
EUROPE – Alors que la diaspora kurde pleure encore les victimes de l’attaque terroriste de la rue d’Enghien, à Paris, survenue 10 après le meurtre de trois femmes kurdes dans le même quartier, les fascistes turcs ont commencé la campagne électorale pour le président Erdogan tout en proférant des menaces envers les Kurdes et les opposants turcs réfugiés en Europe.
Après l’appel à l’anéantissement des opposants proféré par un député turc dans une mosquée de la ville allemande de Neusse il y a quelques jours, plusieurs organisations veulent empêcher un événement des Loups Gris turcs qui doit avoir lieu ce 22 janvier à Cologne, toujours en Allemagne. Le même jours, plusieurs membres du parti d’Erdogan seront en meeting à Lyon, en France.
Le dimanche 22 janvier au Centre Güney Event à Cologne-Godorf aura lieu la soi-disant « Fête de la Culture et de l’Idéalisme » (« Kültür ve Ülkü Şöleni »). L’événement est organisé entre autre par la Fédération des associations idéalistes démocrates turques en Allemagne (Almanya Demokratik Ülkücü Türk Dernekleri Federasyonu – ADÜTDF). L’ADÜTDF est la plus grande organisation faîtière des ultranationalistes turcs en Allemagne et regroupe 170 associations locales. Dans son rapport de décembre 2022, l’Office fédéral pour la protection de la Constitution déclarait que l’ADÜTDF était l’organisation étrangère la plus influente du parti de l’extrême droite turc MHP.
Les initiatives civiles Tüday (Human Rights Association Turkey/Germany eV), Voices of Solidarity – Mahnwache Köln eV et Kölner Helfen veulent empêcher l’événement et appellent les responsables de la ville de Cologne à empêcher les discours de haine de l’extrême droite turc du MHP et la campagne électorale de l’AKP qui glorifie la violence.
Les trois initiatives ont publié un communiqué condamnant les incitations à la haine et ajoutant que : « Des soi-disant festivals (…) similaires de la droite turque ont récemment eu lieu à Dortmund (27 décembre 2022) et à Neuss (13 janvier 2023). À Dortmund, le salut des Loups Gris de d’extrême droite turque a été diffusé plusieurs fois pendant l’événement. À Neuss, le député AKP Mustafa Açıkgöz de la ville de Nevşehir, au centre de l’Anatolie, a prononcé un discours de campagne électorale dans lequel il menaçait ses opposants politiques d’anéantissement : « Tout comme nous ne leur permettons pas le droit à la vie en Turquie, nous ne le leur permettrons pas dans L’Allemagne non plus. Où qu’ils fuient dans le monde, nous mettrons fin à l’organisation terroriste PKK et à l’organisation terroriste FETÖ. (… ) Avec la volonté de Dieu, peu importe où dans le monde, nous les sortirons des trous dans lesquels ils se sont cachés et les détruirons. » Suite à l’incident, le ministère allemand des Affaires étrangères à Berlin a convoqué l’ambassadeur de Turquie [le 17 janvier 2023] et a annoncé via Twitter : « Des apparitions comme celle d’un député turc à Neuss ne doivent pas se répéter. Les discours de haine n’ont pas leur place en Allemagne. »
Le journaliste Eren Güvercin déclarait récemment au Frankfurter Rundschau à l’occasion d’événements séminaires dans la région Rhin/Main : « De tels événements sont souvent perçus comme des événements folkloriques, mais ils sont bien plus que cela. Une idéologie nationaliste turque est véhiculée à travers les chansons, qui exprime la supériorité de la turcité. Ce n’est donc pas un hasard si le chanteur Mustafa Yıldızdoğan (exemple titre de chanson : ‘Ölürüm Türkiyem’ ; en français: Je mourrais pour toi ma Turquie), particulièrement apprécié de la droite turque, est censé se produire à Godorf. »
L’initiative a terminé son communiqué en rappelant l’attentat terroriste du 23 décembre 2022 ciblant les Kurdes à Paris et a mis en garde contre le racisme, le chauvinisme et l’antisémitisme des groupes turcs qui ne doivent pas être sous-estimés par « les partis démocratiques et la société civile antifasciste ».
ANF
TURQUIE. Quatre Kurdes d’Irak tués dans une attaque armée à Mardin
TURQUIE / KURDISTAN – Dans la province kurde de Mardîn, un véhicule portant une plaque d’immatriculation irakienne a été attaqué par des hommes armés qui ont tué quatre Kurdes du Kurdistan du Sud.
Hier soir, après minuit, un véhicule immatriculé en Irak a été pris en embuscade à Mêrdîn. Des hommes armés d’armes automatiques ont ouvert le feu sur la voiture en circulation. Trois personnes ont été tuées et deux autres grièvement blessées. Les victimes seraient des Kurdes d’Irak âgés de 39 à 75 ans. Alors que trois personnes sont mortes sur les lieux de l’attaque, la quatrième personne a succombé à ses blessures à l’hôpital.
On ne sait pas encore qui était derrière l’attaque qui a eu lieu sur la route entre Nisêbîn (tr. Nusaybın) et Qosêr (Kızıltepe).
ANF
Il y a 16 ans, le journaliste arménien, Hrant Dink était tué à Istanbul
TURQUIE – Le rédacteur en chef du journal Agos, Hrant Dink a été assassiné à Istanbul le 19 janvier 2007 par un nationaliste turc. Dink œuvrait pour la reconnaissance du génocide arménien ainsi que pour la réconciliation entre les peuples turc et arménien. Son assassinat a profondément affecté les Kurdes de Turquie persécutés et victimes d’assassinats politiques/racistes.
Au moment de sa mort, il était jugé pour avoir enfreint l’article 301 du code pénal turc et « avoir dénigré la turcité ». Dink a été assassiné à Istanbul alors qu’il rentrait dans les bureaux d’Agos.
Le tueur se serait présenté comme un étudiant de l’Université d’Ankara qui souhaitait rencontrer M. Dink. Lorsque sa demande a été rejetée, il a attendu un moment devant une banque voisine. Selon des témoins oculaires, Dink a été abattu par un homme de 25 à 30 ans, qui a tiré trois coups de feu à la tête de Dink dans le dos à bout portant avant de s’enfuir à pied. Selon la police, l’assassin était un homme de 18 à 19 ans. Deux hommes avaient été placés en garde à vue dans les premières heures de l’enquête policière, mais avaient ensuite été relâchés.
Un jour après l’assassinat, la police a annoncé que le tueur avait été identifié à partir de séquences vidéo de surveillance.
Les agences de presse ont rapporté que le tireur avait été identifié comme étant Ogün Samast, un adolescent né en 1990 et enregistré comme résidant à Trabzon.
Le père de Samast l’a identifié à partir des photos rendues publiques et a alerté les autorités. Six personnes, dont l’ami de Samast, Yasin Hayal, qui avait été impliqué dans l’attentat à la bombe contre un restaurant McDonald à Trabzon en 2004, ont été arrêtées et conduites à Istanbul.
Le 25 juillet 2011, Samast a été reconnu coupable de meurtre et de possession d’armes par le tribunal pénal pour mineurs. Il a été condamné à 22 ans et 10 mois de prison.
Le 16 janvier 2012, le 14e tribunal pénal d’Istanbul a jugé qu’il n’y avait pas de complot derrière l’assassinat et a déclaré que l’exécution de Dink était un meurtre ordinaire. Yasmin Hayal a été reconnue coupable de meurtre et condamnée à la réclusion à perpétuité, tandis que deux autres hommes ont été reconnus coupables de l’avoir aidé et condamnés à 12 ans et 6 mois de prison.
En 2013, un témoin secret a déclaré aux procureurs que le JITEM (le service de renseignements de la gendarmerie turque) et la gendarmerie étaient impliqués dans le meurtre de Dink.
Le 12 janvier 2015, des mandats d’arrêt ont été émis contre deux policiers, faisant d’eux les premiers fonctionnaires arrêtés dans le cadre de l’enquête.
Un homme reconnu coupable d’avoir aidé et encouragé le meurtre du journaliste arménien Hrant Dink a commencé à purger sa peine de prison après des années de cavale. Ahmet Iskender a été reconnu coupable par un tribunal d’Istanbul en 2012 d’avoir aidé l’ultranationaliste Ogün Samast, qui a été reconnu coupable du meurtre du rédacteur en chef du journal arménien Agos, Hrant Dink. Iskender a été condamné à douze ans et demi de prison pour avoir fait disparaitre l’arme du crime, donné de l’argent à l’assassin et lui avoir fourni un téléphone. Cette condamnation a été confirmée par la Cour de cassation turque en 2013. En 2019, il a été condamné à deux ans de prison supplémentaires pour appartenance à une organisation terroriste armée.
Cependant, Ahmet Iskender, arrêté avec l’assassin et trois autres complices quelques jours après le meurtre de Hrant Dink le 24 janvier 2007, s’était déjà enfui à l’étranger peu après sa libération en juillet de la même année. En 2015, il est apparu qu’il séjournait en Belgique. Début mars, le ministère de l’Intérieur kirghize a alors annoncé qu’il avait appréhendé Ahmet Iskender dans la capitale Bichkek le 26 février. L’homme de 38 ans a utilisé une fausse carte d’identité et un faux permis de conduire et a ensuite été arrêté pour possession illégale d’armes, le crime organisé et la falsification de documents.
ANF
TURQUIE. La mère de Mîr Perwer se repose auprès de son fils
TURQUIE / KURDISTAN – La mère de Mîr Perwer, Filiz Aydın, a été inhumée au cimetière d’Ewran aux côtés de son fils, qui a été assassiné à Paris le 23 décembre 2022.
Souffrant de nombreuses maladies, Filiz Aydın a été gravement affectée par le meurtre de son fils ainsi que l’attaque barbare de la police turque lors de ses funérailles et fut hospitalisée tout de suite après.
Filiz Aydın, la mère de l’artiste Mîr Perwer (Mehmet Şirin Aydın), tué lors de l’attaque visant le Centre culturel kurde Ahmet Kaya à Paris le 23 décembre, est décédée à l’hôpital où elle était soignée.
Aydın était à l’hôpital d’Elazığ, recevant un traitement pour une infection. Elle a été inhumée mardi soir au cimetière d’Ewran (Yeşilova), à côté de son fils, Mîr Perwer. Seuls les proches ont assisté à la cérémonie.
Selahattin Demirtas: Erdogan cherche le chaos avant les élections mais il échouera
TURQUIE – Le leader kurde tenu en otage par le régime turc depuis novembre 2016, Selahattin Demirtas déclare qu’Erdogan cherche le chaos à quelques mois des élections présidentielles et législatives mais qu’il échouera.
Selahattin Demirtas, qui répondait aux questions du Reuters depuis la prison d’Edirne, a exhorté le principal bloc d’opposition du pays à coopérer avec le Parti démocratique des Peuples (HDP) pro-kurde pour remporter les élections présidentielles et législatives prévues le 14 mai prochain (date anniversaire de l’élection du président conservateur Adnan Menderes en 1950 mais qui a fini sur la potence).
Cependant, l’avenir du HDP est loin d’être assuré : un procureur a cherché à fermer le parti pour ses liens avec des militants kurdes, le point culminant d’une répression de plusieurs années contre le troisième plus grand parti au parlement turc.
Demirtas, qui n’est plus le chef du parti mais reste une personnalité politique clé malgré son incarcération depuis 2016, a déclaré qu’Erdogan et son partenaire de l’alliance nationaliste, Devlet Bahçeli, étaient à l’origine de la pression légale pour fermer le HDP.
« L’objectif de ces deux-là est de gagner les élections en créant un vide et un chaos dans l’opposition, en affaiblissant le HDP avant les élections », a déclaré Demirtas dans des réponses écrites aux questions qui lui ont été transmises via le HDP, décrivant le timing de la fermeture du parti comme un « choix politique délibéré ».
TURQUIE. Décès de la mère de Mir Perwer, chanteur kurde assassiné à Paris
TURQUIE / KURDISTAN – La mère de Mir Perwer, chanteur kurde tué lors de l’attaque terroriste de 23 décembre 2022 à Paris, est décédée aujourd’hui à l’âge de 47 ans.
Souffrant de nombreuses maladies, Filiz Aydın a été gravement affectée par le meurtre de son fils ainsi que l’attaque barbare de la police turque lors de ses funérailles et fut hospitalisée tout de suite après.
Elle va être enterrée dans la tombe qu’elle avait faite creusée à côté de celle de son fils.
ROJAVA. Les Kurdes s’attendent à une attaque terrestre turque en février
SYRIE / ROJAVA – « Nous prenons les menaces de la Turquie au sérieux. On s’attend à une attaque en février. La ville de Kobanê est une cible probable en raison de sa signification symbolique pour les Kurdes (…) », a déclaré le commandant des FDS Mazloum Abdi.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS) prennent les menaces de la Turquie au sérieux et s’attendent à une opération terrestre turque en février, a déclaré le commandant des FDS Mazloum Abdi à Al Monitor dans une interview publiée lundi.
Depuis 2018, la Turquie a lancé plusieurs incursions militaires en Syrie, affirmant que les FDS et leur branche militaire, les Unités de protection du peuple (YPG), constituent une menace pour la sécurité nationale en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Suite à l’attentat meurtrier d’Istanbul en novembre que la Turquie a attribuée à des groupes kurdes (bien que ces accusations aient été démenties à l’unanimité), des frappes aériennes ont été lancées contre le Rojava, dans le nord de la Syrie. Depuis lors, les responsables turcs ont déclaré à plusieurs reprises qu’une opération terrestre suivrait les frappes aériennes, mais face à l’objection des États-Unis et de la Russie, la Turquie n’a pas pris d’autres mesures jusqu’à présent. Le porte-parole présidentiel turc İbrahim Kalın a déclaré samedi qu’une opération terrestre pourrait avoir lieu « à tout moment ».
« Nous prenons les menaces de la Turquie au sérieux. On s’attend à une attaque en février. La ville de Kobanê est une cible probable en raison de sa signification symbolique pour les Kurdes du monde entier », a déclaré Abdi, faisant référence à la ville du nord-est de la Syrie contrôlée par les Kurdes.
« La Turquie se dirige vers des élections, et nous sommes conscients que le président Erdoğan veut rallier le soutien nationaliste et il semble croire qu’attaquer à nouveau le Rojava peut servir cet objectif », a-t-il ajouté.
Le commandant a souligné que les FDS ne représentaient aucune menace pour la Turquie et souhaitaient plutôt des relations pacifiques avec Ankara. Abdi a également rejeté les affirmations d’Ankara selon lesquelles les YPG sont l’extension syrienne du PKK.
« Je suis un Kurde syrien. Mon avenir est ici dans ce pays. Le PKK a assurément aidé dans la lutte contre l’État islamique [DAECH / ISIS]. Mais aujourd’hui, le PKK n’a aucun rôle dans notre administration. Nous ne sommes pas, comme le prétend la Turquie, une branche du PKK. (…) », a-t-il déclaré.
Le commandant a admis qu’Abdullah Öcalan, le chef du PKK qui est en prison en Turquie depuis 1999, était un symbole pour les Kurdes partout, y compris au Rojava.
Abdi a déclaré que les FDS n’avaient aucun projet pour d’autres parties du Kurdistan en Turquie, en Irak ou en Iran, ni ne souhaitaient être impliqués ou devenir des boucs émissaires pour l’échec de la Turquie à résoudre son propre problème kurde.
Abdi a également déclaré qu’il ne croyait pas que les efforts de rapprochement négociés par la Russie entre la Turquie et la Syrie réussiraient.
« Le régime syrien ne transigera jamais sur ses propres exigences. La principale d’entre elles est que la Turquie retire toutes ses troupes du sol syrien et que la Turquie retire son soutien aux groupes armés d’opposition sunnite », a déclaré le commandant.
« De même, je ne crois pas que le régime syrien céderait aux demandes de la Turquie d’écraser l’administration autonome dans le nord-est », a ajouté Abdi en faisant référence à l’administration dirigée par les Kurdes au Rojava. « Il n’a pas les moyens de le faire, ni les circonstances favorables à de tels plans », a-t-il déclaré.
Medya News
PARIS. Le slogan « femme, vie, liberté » illumine la Tour Eiffel en soutien à la révolution féministe d’Iran
PARIS – Ce lundi 16 janvier, des milliers d’Iraniens et Kurdes d’Iran vivant en Europe ont manifesté à Strasbourg pour exhorter l’Union européenne à inscrire les Gardiens de la révolution (CGRI) sur la liste des organisations terroristes tandis que la Tour Eiffel s’est illuminée la nuit avec des slogans en solidarité avec les manifestations anti-gouvernementales en Iran où les minorités kurdes et baloutches sont victimes d’exécutions massives.
La tour Eiffel de France s’est illuminée lundi avec les slogans « Femme Vie Liberté » et « Stop Executions in Iran [Halte aux exécutions en iran] » en solidarité avec les manifestations anti-gouvernementales déclenchées par la mort de Jîna Mahsa Amini en garde à vue.
Le 16 janvier marque le cinquième mois de manifestations nationales en Iran au cours desquelles au moins 500 civils ont été tués par les forces de sécurité, 100 condamnés à mort, plus de 20 000 autres arrêtés.
Des Iraniens et Kurdes d’Iran vivant en Europe se sont rassemblés devant le Parlement européen à Strasbourg pour exhorter l’Union européenne à inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste des organisations terroristes en raison de son rôle déterminant dans la répression meurtrière contre les manifestants, tandis que la Tour Eiffel à Paris s’est allumée la nuit avec des slogans soutenant les protestations iraniennes.
La marche de Strasbourg a coïncidé avec la session plénière du Parlement européen qui doit décider d’inscrire ou non les CGRI sur la liste des organisations terroristes.
Des responsables et des politiciens européens se sont adressés aux manifestants et ont promis d’aider à inscrire les CGRI sur la liste des organisations terroristes.
Une résolution non contraignante doit être votée jeudi au Parlement européen.
Récemment, le Royaume-Uni a approuvé des plans visant à inscrire les CGRI sur la liste des organisations terroristes et la ministre allemande des Affaires étrangères a exhorté l’UE à faire de même.
Medya News
TURQUIE. Un autre Kurde s’immole pour protester contre l’isolement imposé au chef de la guérilla kurde
TURQUIE / KURDISTAN – Mehmet Akar, un jeune Kurde de 25 ans, s’est immolé pour protester contre l’isolement carcéral du dirigeant kurde Abdullah Öcalan. Il y a 5 jours, Veysi (Bubo) Taş, 65 ans, s’est également immolé à Mardin / Artuklu en protestation de l’isolement du chef du PKK sur l’île prison d’Imrali où il est détenu depuis plus de 20 ans. Certains se demandent même s’il est toujours en vie et dans quel état.
Lundi soir, un jeune homme s’est immolé dans le quartier central de Sur à Amed (Diyarbakır). Le jeune homme, identifié comme Mehmet Akar, a succombé à ses brûlures à l’hôpital mardi. Dans sa note de suicide, il précise qu’il s’est immolé pour protester contre l’isolement d’Öcalan à Imrali.
Akar, 25 ans, a été une des victimes de la guerre anti-kurde de l’État turc. En 2019, sa mère avait affirmé qu’il avait été enlevé par la guérilla kurde et elle avait participé à la « veillée » organisée par les autorités turques devant le bâtiment du Parti démocratique des peuples (HDP) à Amed. Quelques jours plus tard, Mehmet Akar lui-même avait pris la parole et explique qu’il n’a pas été enlevé mais qu’il avait quitté la maison de ses parents parce qu’on voulait le marier contre son gré. Plus tard, il a également déclaré que sa mère avait été manipulée par les services de renseignement turc (MIT).
Hacire Akar, la mère de Mehmet Akar, est considérée comme l’une des premières participantes à la « veillée des mères de Diyarbakir (Diyarbakır Anneleri) » orchestrée par les autorités turques devant le bâtiment du HDP à Amed. Elle s’est rendue au poste de police d’Amed le 22 août 2019 et a déclaré que son fils était porté disparu, affirmant qu’il avait été enlevé par le HDP qui l’aurait envoyé rejoindre le PKK. Ensuite, elle s’est rendue au bâtiment du HDP à Amed, a brisé des vitres du local et a commencé un sit-in de protestation. Elle a affirmé que son fils était entré dans le bâtiment du parti et n’en était pas ressorti. L’agence Anadolu (AA) et d’autres médias pro-gouvernementaux ont également rapporté que Mehmet Akar avait été enlevé. Cependant, on a appris que Mehmet Akar devait être mariée de force.
Le 23 août 2019, Mehmet Akar s’est adressé à l’agence de presse Mezopotamya et a déclaré qu’il n’avait pas été kidnappé et a dénoncé les agissements de sa mère et des autorités turques.
Akar a également déclaré avoir été détenu pendant huit jours au poste de police de Diyarbakır. Il a ensuite été libéré avec un bracelet électronique. La famille a profité de sa situation et l’a marié contre son gré en 2019. Le vice-ministre de l’Intérieur Muhterem İnce et l’ancien gouverneur de Diyarbakır Hasan Basri Güzeloğlu, l’ancien gouverneur du district de Sur Abdullah Çiftçi et l’ancien président régional de l’AKP Serdar Budak auraient également assisté au mariage. Des représentants du gouvernement avaient affirmé à l’époque qu’ils avaient donné un emploi à Mehmet Akar. Mais en réalité, Akar gagnait sa vie comme chauffeur de taxi.
Bien que cette manipulation des autorités turques soit démasquée, d’autres familles continuent leur sit-in de protestation devant le siège du HDP. Le HDP a affirmé dès le départ que cette veillée était orchestrée par l’Etat. On a même signalé des familles sympathisantes de la guérilla subissant des pressions de la part des forces de sécurité turques pour les forcer à participer à la veillée devant le siège du HDP. En échange, on leur promet de l’argent et ou du travail s’ils se réunissent devant le bâtiment du HDP où les visiteurs du parti sont régulièrement attaqués par ces familles sous le regard complice de la police turque. (ANF)
PARIS. Manifestation contre la répression et pour la résistance en Iran
PARIS – Alors que de plus en plus de voix appellent à inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des « organisations terroristes » de l’UE après que les mollahs aient accéléré l’exécution des manifestants (principalement des Kurdes) depuis début 2023, plusieurs organisations féministes appellent à manifester le 21 janvier à Paris en solidarité avec la révolution féministe en cours en Iran.
Voici le communiqué appelant à manifester:
Contre la répression, pour la résistance
Ils peuvent couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront jamais l’arrivée du printemps
La République islamique d’Iran est née par la violence : celle qui s’est abattue sur les luttes des femmes et des minorités sexuelles et de genre, comme sur la mobilisation contre le hijab obligatoire dès mars 1979 –la légitimité historique de ce premier acte a été rappelée ces dernières années avec la mobilisation des » filles de la rue de la révolution » et plus récemment encore avec l’insurrection suite au meurtre de Jina (Mahsa) Amini – ; la violence du jihad contre les minorités nationales non perses ; la répression sanglante des mouvements d’autodétermination et des minorités religieuses et non religieuses ; la violence de la répression des classes populaires, entraînant la dissolution des conseils autonomes dans le monde du travail et à l’échelle des quartiers. Ce régime a posé ses fondations en éliminant physiquement les opposant.es lors de la décennie noire (années 1980) –à l’ombre de la guerre Iran-Irak– et s’est finalement stabilisé avec l’exécution de milliers de prisonnier.e.s révolutionnaires lors de l’été 1988. La contre-révolution islamique a pris le dessus sur la révolution progressiste de 1979. Depuis, l’existence de la République islamique dépend de la constante répression physique et idéologique. Récemment, le guide A.Khamenei a brandi la menace des massacres de masse, en écho à celui des années 1980. Mais cette fois-ci c’est le régime qui craint de disparaître. Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » a montré que ce régime est mort dans l’esprit des habitant.es de ce territoire. Il a aussi montré que l’intimidation, qui a jusque-là permis la survie du régime, ne suffit plus. Nasrin Qaderi, étudiante kurde devenue martyre par une balle reçue à Téhéran, a écrit dans son dernier message sur Internet : « N’essayez pas de nous faire craindre la mort ! Nous la connaissons, nous avons déjà vécue ! ». Le mouvement « Jin, Jiyan, Azadi » a inscrit la lutte contre les ennemis de la vie au cœur-même des existences, comme le montre le slogan « les martyrs ne meurent jamais ».
C’est le féminicide gouvernemental de Jina (Mahsa) qui a déclenché le soulèvement. Pendant ces 4 mois, le peuple opprimé s’est dressé contre toutes les menaces et les intimidations. Partout, il a résisté aux forces de répression, avec un courage sans pareil : dans les maisons, les rues, les écoles, les universités, les usines. Face à la militarisation des hôpitaux et le détournement des ambulances pour en faire des armes de répression, des médecins et des jeunes habitant.es prennent en charge les blessé.es, leur fournissent médicaments et soins et créent des réseaux clandestins d’entre-aide. Les prisonnier.es continuent également de résister depuis leurs cellules, malgré des verdicts sans fondement prononcés lors de procès-mascarade, sans accès à des avocats indépendants, malgré des passages à tabac et des tortures physiques et mentales pour forcer des aveux, malgré les viols et harcèlements sexuels, et malgré la répression collective dans les prisons. La République du massacre profite de la situation fragile des anonymes et des personnes marginalisé.es pour intensifier les intimidations et prend même en otage les familles des défunt.es et des prisonnier.es.
Depuis le début de l’insurrection, plus de 18 000 militant.es et manifestant.es ont été arrêté.es, des milliers de personnes ont été blessées, plus de 500 personnes ont été tuées par balles ou sous la torture et 44 personnes risquent d’être exécutées pour des accusations telles que « guerre contre dieu » et « corruption sur terre ». Les récits de la répression envoyés depuis les prisons sont terrifiants. Dans le même temps, l’oppression ne s’abat pas sur les corps de manière uniforme.
Mohsen Shekari était employé dans un café ; il a été taxé d’« ennemi de dieu » et accusé d’avoir mis le feu à une poubelle, alors qu’il défendait légitimement des manifestant.es sans défense face à la violence des forces de répression. Les meurtres d’enfants comme Setareh Tadjik, afghane, et Kian Pirfalak, de la ville d’Izeh, le vendredi sanglant du Baloutchistan, la militarisation du Kurdistan, ainsi que les récits terrifiants de viols et de violences sexuelles, témoignent des différentes faces de cette répression.
Et pourtant, le soulèvement « Femme vie libre » est toujours d’actualité et a besoin de solidarité. Il se poursuivra avec le soutien internationaliste de toutes celles et ceux qui se battent pour la liberté. Le silence des peuples opprimés à travers le monde face au soutien direct et indirect qu’apportent les puissances mondiales et régionales de tous bords accroît le sentiment d’impunité du régime et facilite la répression. Dans le même temps, il faut condamner collectivement toute intervention étrangère, militaire ou économique qui nuirait à l’autonomie de la mobilisation.
Le 21 janvier 2023, nous descendront dans la rue pour condamner les exécutions, la répression, la tyrannie et dire notre solidarité avec la résistance des prisonnier.es et leurs familles, avec les condamné.es à mort et le mouvement des mères qui demandent justice. »
Appel signé par:
Berlin (Bolandgoo)
Brême (collectif Socialisme par le bas)
Bruxelles (Collectif Femmes, Vie, Liberté)
Paris (Groupe Roja)
Paris (feminists4Jina)
Francfort (Bloc Internationaliste)
Göttingen (Collectif Sans Nom)
Hambourg (Collectif Femmes, Vie, Liberté)
Manchester (Collectif Racines Rouges)
RDV le 21 janvier, à 15h, Place des Fêtes, direction Place Stalingrad