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TURQUIE. Un autre Kurde s’immole pour protester contre l’isolement imposé au chef de la guérilla kurde

TURQUIE / KURDISTAN – Mehmet Akar, un jeune Kurde de 25 ans, s’est immolé pour protester contre l’isolement carcéral du dirigeant kurde Abdullah Öcalan. Il y a 5 jours, Veysi (Bubo) Taş, 65 ans, s’est également immolé à Mardin / Artuklu en protestation de l’isolement du chef du PKK sur l’île prison d’Imrali où il est détenu depuis plus de 20 ans. Certains se demandent même s’il est toujours en vie et dans quel état.

Lundi soir, un jeune homme s’est immolé dans le quartier central de Sur à Amed (Diyarbakır). Le jeune homme, identifié comme Mehmet Akar, a succombé à ses brûlures à l’hôpital mardi. Dans sa note de suicide, il précise qu’il s’est immolé pour protester contre l’isolement d’Öcalan à Imrali.

Akar, 25 ans, a été une des victimes de la guerre anti-kurde de l’État turc. En 2019, sa mère avait affirmé qu’il avait été enlevé par la guérilla kurde et elle avait participé à la « veillée » organisée par les autorités turques devant le bâtiment du Parti démocratique des peuples (HDP) à Amed. Quelques jours plus tard, Mehmet Akar lui-même avait pris la parole et explique qu’il n’a pas été enlevé mais qu’il avait quitté la maison de ses parents parce qu’on voulait le marier contre son gré. Plus tard, il a également déclaré que sa mère avait été manipulée par les services de renseignement turc (MIT).

Hacire Akar, la mère de Mehmet Akar, est considérée comme l’une des premières participantes à la « veillée des mères de Diyarbakir (Diyarbakır Anneleri) » orchestrée par les autorités turques devant le bâtiment du HDP à Amed. Elle s’est rendue au poste de police d’Amed le 22 août 2019 et a déclaré que son fils était porté disparu, affirmant qu’il avait été enlevé par le HDP qui l’aurait envoyé rejoindre le PKK. Ensuite, elle s’est rendue au bâtiment du HDP à Amed, a brisé des vitres du local et a commencé un sit-in de protestation. Elle a affirmé que son fils était entré dans le bâtiment du parti et n’en était pas ressorti. L’agence Anadolu (AA) et d’autres médias pro-gouvernementaux ont également rapporté que Mehmet Akar avait été enlevé. Cependant, on a appris que Mehmet Akar devait être mariée de force.

Le 23 août 2019, Mehmet Akar s’est adressé à l’agence de presse Mezopotamya et a déclaré qu’il n’avait pas été kidnappé et a dénoncé les agissements de sa mère et des autorités turques.

Akar a également déclaré avoir été détenu pendant huit jours au poste de police de Diyarbakır. Il a ensuite été libéré avec un bracelet électronique. La famille a profité de sa situation et l’a marié contre son gré en 2019. Le vice-ministre de l’Intérieur Muhterem İnce et l’ancien gouverneur de Diyarbakır Hasan Basri Güzeloğlu, l’ancien gouverneur du district de Sur Abdullah Çiftçi et l’ancien président régional de l’AKP Serdar Budak auraient également assisté au mariage. Des représentants du gouvernement avaient affirmé à l’époque qu’ils avaient donné un emploi à Mehmet Akar. Mais en réalité, Akar gagnait sa vie comme chauffeur de taxi.

Bien que cette manipulation des autorités turques soit démasquée, d’autres familles continuent leur sit-in de protestation devant le siège du HDP. Le HDP a affirmé dès le départ que cette veillée était orchestrée par l’Etat. On a même signalé des familles sympathisantes de la guérilla subissant des pressions de la part des forces de sécurité turques pour les forcer à participer à la veillée devant le siège du HDP. En échange, on leur promet de l’argent et ou du travail s’ils se réunissent devant le bâtiment du HDP où les visiteurs du parti sont régulièrement attaqués par ces familles sous le regard complice de la police turque. (ANF)

 

 

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