TURQUIE. Les équipes étrangères et les volontaires sauvent les rescapés, AFAD prend des photos

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TURQUIE / KURDISTAN – Dans plusieurs localités touchées par le séisme, on signale que des équipes de l’organisme de secours turc (AFAD) regardent les secouristes sortir les rescapés des décombres et les chasser ensuite pour prendre des photos avec les personnes secourues afin de faire croire que ce sont eux qui ont effectué les secours… Des volontaires éloignés par AFAD qui prend des photos avec les rescapés secourus Des volontaires venus d’Istanbul qui ont sauvé un rescapé des décombres à Elbistan ont déclaré que les équipes de l’AFAD sont venues et ont pris des photos avec la personne secourue en chassant les volontaires de la zone*. Des équipes françaises et kosovares chassées d’Adiyaman et Hatay Suite au tremblement de terre, dont l’épicentre était le district Bazarcix (Pazarcık) à Kahramanmaras, les équipes de recherche et de sauvetage, qui sont venues sur les zones sinistrées tardivement, sont cette fois-ci bloquées par l’AFAD. On signale que les équipes de l’AFAD ont chassé des secouristes français à Semsûr (tr: Adiyaman) et des kosovars à Hatay (deux villes les plus touchées par le séisme) alors qu’ils secouraient des rescapés. Les équipes de l’AFAD ont bloqué des équipes professionnelles étrangères alors qu’elles tentaient de sortir 2 blessés des décombres à Hatay. L’équipe kosovare a ensuite été évacuée de la zone par la police. *Les volontaires venus dans la localité kurde d’Elbistan ont déclaré avoir contacté AFAD qui a emmené le rescapé pour savoir s’il était toujours en vie n’ont pas eu de réponse. Ils ont également signalé que dans de nombreuses zones du district détruits, il n’y a pas de travaux de secours, ni de coordination des travaux et aides. Nous sommes face à la même situation dans la totalité des zones kurdes dévastées par le séisme de lundi. Agence Mezopotamya

Adiyaman détruite par le séisme: Une grande tragédie pour le peuple kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Le séisme du lundi a frappé durement plusieurs régions kurdes déshéritées de Turquie et de Syrie. Selon le député HDP Kemal Bülbül qui s’est rendu à Adiyaman (Semsûr) nous sommes actuellement face à la plus grande tragédie du peuple kurde. La destruction est suivie d’un effondrement mental, l’État laisse tomber les gens. Le député HDP Kemal Bülbül rapporte depuis la province de Semsûr (tr: Adiyaman), l’une des régions les plus durement touchées par le tremblement de terre en Turquie : « À Adiyaman, il y a des milliers de décombres et de ruines. D’innombrables vies sont enterrées sous les décombres. Malheureusement, ces personnes n’ont pas été atteintes à temps, et à cause de cela, une grande tragédie s’en est suivie. Même maintenant, des bruits ont été entendus sous les décombres, ce qui est très difficile en ce moment. Nous essayons d’y diriger différentes équipes. Dès le début, il n’y a eu aucune aide du gouverneur, de l’AFAD, du gouvernement de la ville ou de toute autre agence gouvernementale sous la forme d’un soutien matériel et moral ou de l’enlèvement des décombres. De plus, non seulement il n’y a pas eu d’aide, mais les médias donnent l’impression la plus ridicule que tout se passe bien et que le gouvernement réussit à cet égard. » La destruction est suivie de l’effondrement mental Bülbül souligne que les décombres n’ont toujours pas été déblayés et que la plupart des gens ont perdu la vie en raison du retard des secours : « Il y a encore des cadavres sous les décombres. Le deuxième problème est la faim, [les autres sont] la soif, la communication et l’absence d’une méthode pour faire sentir aux gens qu’ils ne sont pas seuls. En conséquence, la société se sent extrêmement précaire et abandonnée. Que doivent faire les personnes qui ont perdu leurs proches, leurs enfants et leurs parents ? Devraient-ils céder à la douleur ou protester ? Peu à peu, une situation se présente lorsqu’une dépression mentale grave se produit. Lors de notre visite à l’hôpital d’Adiyaman aujourd’hui, les médecins ont expliqué que la plupart des victimes du tremblement de terre ont perdu des organes et des membres. Certains ont dû être amputés des bras. La principale raison en est le retard dans la recherche et le sauvetage. Les districts les plus touchés sont Gölbaşı, Besni et Çelikhan. Ce sont les endroits qui sont sur la ligne de faille. Les villages n’ont pas encore été atteints, ni les chefs-lieux de district correctement atteints, aucune aide n’y est arrivée. En tant que HDP, nous avons rencontré les organisations de masse démocratiques ici immédiatement après notre arrivée et avons mis en place une équipe de coordination et de crise. » Il n’y a plus de bâtiments utilisables Bülbül dit qu’il était à Mêrdîn (tr. Mardin) au moment du tremblement de terre et que les gens de Gurgum (tr: Kahramanmaras) et de Semsûr lui en ont parlé dans une grande panique. «Nous avons immédiatement fait notre chemin de Mardin à Adiyaman, en nous arrêtant à Kahta en chemin. Six bâtiments de Kahta s’étaient effondrés. Nous avons visité l’hôpital vers huit heures du matin. 17 corps nous ont été signalés aux urgences. Puis nous sommes arrivés à Adiyaman, et le scénario était une grande tragédie. Il n’y a plus de bâtiments stables. Les bâtiments restants sont gravement endommagés et inutilisables. » « En tant que peuple kurde, nous avons vécu de nombreuses tragédies » Bülbül rapporte également sur l’équipe de crise qui a été mise en place immédiatement : « L’équipe de crise est composée du HDP et d’organisations de masse démocratiques. Ces organisations étaient très bien organisées. Nous avons mis en place deux points de rassemblement, l’un à Cemevi Yenimahalle et l’autre à la salle de mariage d’Hisar dans le district de Kayalik. C’est là que nous avons envoyé les camions qui arrivaient avec des fournitures de secours. Les marchandises étaient distribuées à partir de ces points. La municipalité de Çınar est présente depuis hier et a installé une cuisine dans la cour du centre communautaire alévi de Yenimahalle. Depuis hier soir, nous pouvons manger quelque chose de chaud pour la première fois. De la nourriture, des vêtements, des couvertures et des articles similaires ont été distribués. Des générateurs, des tentes, des engins de chantier et des grues sont actuellement nécessaires de toute urgence pour pouvoir soulever les décombres. » ANF

Séisme en Syrie et en Turquie. Une catastrophe naturelle indissociable de ses tenants politiques

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La catastrophe naturelle est indissociable de ses tenants politiques écrit la commune internationale du Rojava concernant le séisme du lundi qui a touché plusieurs régions (à majorité kurde) entre la Turquie et la Syrie et où la (mauvaise) gestion de la catastrophe par les autorités étatiques est critiquée sévèrement. La commune internationaliste du Rojava a publié un communiqué dénonçant la gestion de la catastrophe guidée par des « clivages nationalistes et racistes qui divisent les peuples, avec une économie capitaliste qui privilégie le profit au détriment du bien-être, avec des politiques d’État-nation guidées par le court-termisme et l’électoralisme ». Extraits: « Nous pensons que les émotions ne doivent pas nous faire oublier de porter un regard politique sur la situation. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas un événement naturel déconnecté de la façon dont la société est organisée, avec des clivages nationalistes et racistes qui divisent les peuples, avec une économie capitaliste qui privilégie le profit au détriment du bien-être, avec des politiques d’État-nation guidées par le court-termisme et l’électoralisme. De nombreuses voix s’élèvent en ce moment pour faire appel à des sentiments de solidarité, à des valeurs universalistes. Nous soutenons ces appels, mais nous n’acceptons pas de mettre de côté le contexte socio-politique dans lequel ces événements se déroulent. Les responsabilités passées, présentes et futures ne peuvent être effacées sous couvert d’une vision humaniste qui n’a jamais existé aux yeux des régimes politiques des États-nations de la région et du reste du monde. Contexte géographique et politique « Le tremblement de terre de magnitude 7,8 qui s’est produit dans la nuit du 5 au 6 février a déjà fait plus de [21 000] victimes et, malheureusement, ce nombre risque d’augmenter sensiblement dans les prochaines heures. Les régions les plus touchées sont principalement des zones peuplées de Kurdes des deux côtés de la frontière turco-syrienne, historiquement négligée et opprimée par Ankara (comme à Maraş), sous l’occupation turque et d’extrémistes islamistes dans le nord de la Syrie (comme à Afrin), ayant connu la répression brutale d’Assad (comme à Alep) ou actuellement vivent sous les bombardements turcs (comme à Tel Rifaat) auxquels s’ajoutent des milliers de réfugiés qui ont fui les nombreux combats qui déstabilisent la région depuis des décennies. Cette catastrophe est donc d’autant plus aiguë que [ces] populations connaissent depuis longtemps des difficultés économiques et politiques. Le traitement médiatique majoritaire actuel est un autre exemple criant de l’invisibilisation du peuple kurde. Peu de médias ont pris la peine de désigner les peuples vivant dans les régions touchées. L’idée n’est pas du tout de rendre cette catastrophe naturelle identitaire, car la nature ne fait pas de distinctions culturelles, mais plutôt de la maintenir liée à une réalité humaine et historique qui seule permet de vraiment comprendre les épreuves que traversent les gens. Une véritable solidarité ne peut exister qu’en prenant en considération les tenants et les aboutissants de cette réalité. Tout sauf une surprise et bien plus qu’une catastrophe naturelle Ce tremblement de terre est loin d’être le premier à frapper la région. La région est au carrefour de trois plaques tectoniques, ce qui en fait un lieu sujet aux tremblements de terre (par exemple, la Turquie a connu pas moins de 230 tremblements de terre dépassant une magnitude de 6 au cours du XXe siècle, dont 12 dépassant le millier de victimes). Historiquement, il y a eu de nombreuses catastrophes, dont la plus récente remonte à 1999 et a fait près de 20 000 morts. La prise de conscience de cette réalité permet de se rendre compte que le régime actuel a tout fait sauf mener une politique préventive en la matière, malgré les importantes aides européennes prévues pour des plans d’urbanisme adaptés. Depuis des années, les spécialistes de la sismologie alertent sur le risque imminent de dangereux mouvements de plaques sans que le gouvernement ne réagisse. C’est d’autant plus scandaleux quand on connaît les liens étroits qui unissent le parti AKP et Erdogan lui-même avec le secteur de la construction, ainsi que les projets plus pharaoniques qui ont été menés depuis son arrivée au pouvoir. Les cas de corruption sont innombrables (tant au niveau des contrats publics/privés que de l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité et du non-respect des normes), les opposants à ces projets et les journalistes qui ont tenté de faire la lumière sur ces affaires croupissent en prison en la douzaine. Les manifestations du parc Gezi à Istanbul sont un exemple qui a impliqué de larges secteurs opposés à la gentrification urbaine, aux mégaprojets et à la destruction de l’environnement. Dans les régions syriennes, la déstabilisation et les séquelles d’années de guerre sont encore bien vivantes. Le régime de Damas, avec d’autres alliés internationaux qu’Ankara, a pourtant prouvé, au cours de la dernière décennie, qu’il était prêt à tout pour rester au pouvoir. Si l’expérience d’autonomie du Rojava est tolérée, c’est uniquement en raison de la force, de la détermination et du sacrifice dont elle a fait preuve. Inefficacité de l’aide et répression des voix subversives Comme l’illustrent d’innombrables témoignages (partagés via les réseaux sociaux et contrairement à la propagande du gouvernement turc, de nombreuses zones sont abandonnées à leur sort. Dans de nombreux endroits (comme Gaziantep), aucune aide n’était arrivée dans les 12 heures cruciales qui ont suivi le tremblement de terre. L’inefficacité de l’aide apportée est en partie structurelle, volontaire et due au contexte géopolitique. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux turcs, le nombre de commentaires appelant à se désintéresser de la mort des Kurdes, y compris des jeunes enfants, fait froid dans le dos. Le gouvernement turc a déjà proféré des menaces claires selon lesquelles toute critique des mesures prises serait considérée comme une forme de trahison et serait réprimée (une ligne téléphonique a été mise en place pour signaler de tels actes « subversifs »). La criminalisation de l’opposition, qui perdure depuis des années, ne fera qu’augmenter par un régime désespéré qui renforce un discours soi-disant unitaire qui est en réalité un autoritarisme exacerbé : « si vous critiquez, vous êtes contre nous et donc contre la nation ». Il y a quelques heures [le 8 février], le Twitter était tout simplement fermé en Turquie. En Syrie, parmi les zones les plus touchées figurent celles sous occupation turque et aux mains de mercenaires islamistes. Cela implique une désorganisation locale et une difficulté accrue à envoyer de l’aide. L’AANES [Administration autonome du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est] a annoncé vouloir apporter une aide aux zones adjacentes à celles qu’elle administre, tandis que le régime d’Assad veut monopoliser l’aide internationale. La situation d’embargo au Rojava est un élément qui se fait d’autant plus sentir dans ces moments-là. L’armée turque ne semble pas avoir décidé d’observer une quelconque trêve malgré la catastrophe. La région de Tall Refaat, touchée par le tremblement de terre, par exemple, a de nouveau été bombardée cette nuit (mardi 7 février). Instrumentalisation et invisibilisation versus auto-organisation et internationalisme La priorité est, bien sûr, l’aide d’urgence. Pourtant, il faut déjà être attentif à la manière dont cette catastrophe sera utilisée pour les prochaines élections (mai prochain) mais aussi voir quelles leçons en seront tirées. Lorsqu’une telle catastrophe survient, les blessures et les besoins ne disparaissent pas avec l’attention médiatique. Des vies et des maisons sont détruites. La reconstruction est un processus à long terme qui va au-delà du simple béton, mais qui devrait impliquer la prévention et le renforcement des capacités locales pour répondre à de tels tremblements de terre. Il est probable qu’Erdogan et Assad prévoient déjà d’essayer d’en profiter d’une manière ou d’une autre (comme la criminalisation accrue des partis d’opposition, comme le HDP). Il est probable que cela se fera dans le respect d’une unité nationale qui n’est qu’une façade pour préserver leur pouvoir au détriment des intérêts du peuple. Les premiers signes suggèrent que cela n’aura malheureusement pas d’effet calmant sur les visées guerrières et répressives des régimes qui ne peuvent tenir que grâce à cela. Si la situation actuelle exige une réaction rapide et unilatérale, cette solidarité spontanée ne doit pas se diluer aussi vite qu’elle se manifeste, laissant libre cours à des politiques qui ont eu des effets catastrophiques sur la vie de la majorité des populations aujourd’hui si durement touchées. Nous pensons que ce tremblement de terre est symptomatique à bien des égards des effets délétères du paradigme de l’État-nation, ennemi de l’autonomie locale et de l’auto-organisation décentralisée, d’un capitalisme qui ne recherche jamais le bien-être à long terme de le peuple mais se nourrit de crises et de conflits. La région aujourd’hui si durement touchée est aussi le lieu où s’est construit avec ténacité depuis une décennie un modèle politique authentiquement démocratique. Ce modèle est une menace pour les pouvoirs en place, c’est pourquoi il est attaqué de toutes parts. Aujourd’hui, comme le fait l’Administration autonome, nous voulons que la solidarité s’exprime partout et de manière concrète. Demain, lorsque l’émotion sera retombée et que les caméras se seront éloignées, nous espérons que les femmes et les hommes qui vivent dans cette région du monde ne seront pas oubliés. Cela dépend de chacun de nous, c’est l’essence de l’internationalisme qui nous habite et qui ne connaît pas de frontières. Aider maintenant à atténuer l’urgence est indispensable, tisser des liens authentiques de solidarité internationaliste pour l’avenir est vital. »

Pétition: Ouvrez les frontières pour les victimes du séisme en Turquie

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PARIS – L’auteur Erwan Kerivel a lancé une pétition demandant à la France d’accorder des visas humanitaires aux rescapés du séisme qui a frappé plusieurs régions de Turquie. Il précise que la plupart des sinistrés [des localités kurdes de Pazarcik et Elbistan, dans la province de Kahramanmaras] ont des proches en France et sont prêts à les héberger le temps de déblayer la région et reconstruire des logements. Voici le lien de la pétition (à signer sur Change Org) Victimes des séismes en Turquie: ouvrez les frontières !

SYRIE. Les gangs de la Turquie bloquent l’aide destinée à Afrin et à Idlib

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SYRIE / ROJAVA – Le séisme du lundi a détruit le district Jindires, dans le canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie et ses gangs islamistes. Tandis que les secours sur place aident uniquement les colons arabes installés dans la région, les sinistrés kurdes sont abandonnés à leur sort au milieu des ruines. Un convoi d’aide envoyé par les autorités du Rojava pour Afrin et Idlib est bloqué depuis 5 jours par les gangs de la Turquie entre Manbij et Jarablus.   30 camions d’aide envoyés par l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie pour être livrés aux survivants du séisme dans les zones occupées par l’État turc ont été bloqués au poste frontière d’Umm al-Julud entre Manbij et Jarablus. Malgré les appels répétés de l’administration autonome, l’État turc n’autorise pas l’acheminement de l’aide humanitaire dans les régions concernées. Le centre de presse des Forces démocratiques syriennes (FDS) a publié un communiqué condamnant le blocage de l’aide humanitaire destinée aux régions sinistrées d’Afrin et d’Idlib. Extrait: « Pour le cinquième jour consécutif, des gangs armés soutenus par la Turquie bloquent l’accès à l’aide humanitaire offerte par l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie aux personnes touchées à Idlib et Afrin. Le refus d’accès à l’aide aux personnes dans le besoin est reconnu comme un crime contre l’humanité par le droit international, d’autant plus que des milliers de personnes sont mortes faute de secours. Nous sommes attachés à nos devoirs humanitaires pour soulager les souffrances des populations dans les zones touchées. Pour rappel, la Turquie et ces gangs armés coupent également depuis un an l’approvisionnement en eau potable d’environ 1,5 million de personnes vivant à al-Hasakah. »

TURQUIE. Les températures glaciales menacent les sinistrés du séisme à Adiyaman

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TURQUIE /KURDISTAN – Dans la nuit du lundi 6 février, un séisme dévastateur a frappé le sud-est de la Turquie et le nord de la Syrie (des régions à majorité kurdes), réduisant à néant des dizaines de milliers d’immeubles. Les autorités turques et syriennes, non préparées à une telle catastrophe – pourtant annoncée depuis des décennies – peinent à secourir les dizaines de milliers de personnes ensevelies sous les décombres, tandis que les survivants grelottent dans le froid et la neige dans les provinces de Kahramanmaras, Adiyaman, Diyarbakir, Gaziantep… Un député HDP a déclaré que la ville d’Adiyaman était complètement détruite et qu’il n’y avait pas assez de tentes pour les survivants qui en ont un besoin absolu. Les températures glaciales menacent les sinistrés du séisme Le député HDP Necdet İpekyüz a déclaré qu’il y avait toujours un besoin de tentes, de réchauds et de produits d’hygiène dans la province d’Adiyaman (Semsur) frappée par deux puissants tremblements de terre lundi. Après deux tremblements de terre majeurs à Maraş, la situation dans la province d’Adiyaman s’aggrave progressivement. Le député du HDP Necdet İpekyüz, membre des équipes d’aide du HDP, a déclaré à l’ANF que la ville avait été complètement détruite, insistant sur le fait que les survivants avaient désespérément besoin de plus de tentes. İpekyüz a déclaré : « Les problèmes à Adıyaman s’aggravent. Tout d’abord, il n’y a toujours pas d’organisation et de coordination. Les gens essaient de subvenir à leurs besoins quotidiens dans une grande confusion. Parce qu’il n’y a pas de fonctionnaires qui pourraient s’occuper des problèmes. La plupart du temps, les initiatives bénévoles aident les gens. Ils cherchent désespérément refuge. Le nombre de morts est déjà trop élevé à Adıyaman. C’est maintenant un miracle de sortir un survivant des décombres. Les gens recherchent du matériel pour enterrer leurs proches décédés. La ville est effondrée. Elle se transforme en ville fantôme la nuit car il n’y a pas d’électricité. Sous des températures glaciales, les gens cherchent refuge dans leur voiture. Le chauffage est un énorme problème car il n’y a ni électricité ni gaz naturel. Il n’y a pas de repas chaud. » Besoin de chauffage et toilettes mobiles İpekyüz a demandé que davantage de tentes soient livrées à Adıyaman, soulignant l’inefficacité des municipalités mises sous tutelle par l’État. « Nous voyons une fois de plus comment les municipalités [confisquées] par l’État ont échoué à fournir des services publics. Les municipalités du HDP à Silopi et Çınar, où aucun administrateur n’a été nommé, ont ouvert deux cuisines. Elles fournissent des services au public de manière organisée. Je voudrais faire une annonce par l’intermédiaire de votre agence de presse concernant l’aide reçue : Il vaut mieux ne plus envoyer de vêtements. La question du pain ne devrait être traitée que par les centres de crise. Pas besoin d’envoyer de l’eau potable. Nous ne devrions pas envoyer d’aide sans coordination. La coordination centrale doit être contactée. Le plus urgent : la préparation des tentes, des conteneurs et des colis dans les règles de l’art. Aussi, des produits de nettoyage et de la nourriture. De plus, il est nécessaire d’envoyer en urgence de la lessive, du savon et des produits d’hygiène féminine. Le plus gros problème, je le répète, c’est qu’il nous faut plus de tentes. Nous avons aussi besoin de poêles. Et bien sûr, un autre problème majeur concerne les toilettes et les salles de bains mobiles. » Risques d’épidémies très élevées « Les gens sont toujours aux prises avec les débris et les bâtiments endommagés. La santé de ceux qui ont été touchés par les tremblements de terre et qui ont été sauvés des décombres est menacée. Il faut penser aux personnes atteintes de maladies chroniques, aux femmes enceintes et aux enfants. De plus, il est nécessaire d’aider les personnes qui peuvent tomber malades à cause du temps glacial, les personnes handicapées, les personnes âgées, les sans-abri et les personnes isolées. Comme les débris ne sont pas enlevés, les abris ne sont pas construits et l’hygiène n’est pas assurée, la ville se transforme maintenant en dépotoir. Les épaves doivent être enlevées et les rues nettoyées avec un soutien extérieur car le gouvernement local s’est effondré. [Autrement], des épidémies peuvent éclater. Malgré tout cela, la seule chose qui fait survivre les gens, c’est la culture de la solidarité. Les provinces de Batman, Hakkari, Van et Doğubeyazıt bénéficient d’un soutien important. Cependant, il est très important qu’ils soient bien organisés. » ANF

TURQUIE. Où emmène-t-on les bébés et enfants kurdes?

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TURQUIE / KURDISTAN – Le régime turc qui ne vient pas en aide pour sauver les Kurdes ensevelis sous les décombres du séisme prend leurs bébés/enfants pour en faire des « Turcs » en les plaçant dans des internats ou en les confiant à des familles turques, comme ils l’ont fait lors du massacre de Dersim en 1937-38… Alors que nous sommes de nouveau face à un génocide qui ne dit pas son nom à travers les assimilations forcées, la journaliste Gulê Algunerhan, qui a partagé cette image sur Twitter, demande aux partis et organisations kurdes de suivre de près cette affaire d’« enlèvement » d’enfants dans les localités kurdes. D’autres activistes kurdes ont également partagé des informations similaires dans les zones du séisme où il y a même eu des vols d’enfants en présence de leurs parents dans des moments de panique pendant les tremblements de terre. #earthquake #Erdhej #deprem

Ce n’est pas le séisme qui tue les Kurdes mais le colonialisme!

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Les recherches pour trouver des survivants sous les décombres du séisme dévastateur qui a frappé le nord de la Syrie et le sud-est de la Turquie (régions à majorité kurde) sont dérisoires comparées aux dizaines de milliers de personnes ensevelies sous les décombres, tandis qu’un froid glacial balaie la région depuis plusieurs jours. Mais même malgré la lenteur des recherches, plus de 21 000 corps sans vie ont été extraits des décombres en quelques jours, tandis que l’odeur de cadavres en décomposition rend l’air irrespirable dans les grandes ville comme Adiyaman ou Hatah devenues des villes-cimetières. Dans certains villages coupés du monde, on signale que des loups (ou des chiens affamés?) mangent les cadavres au milieu des décombres. Le séisme, contrairement au régime turc, a frappé tout le monde, sans faire de distinction entre Kurdes, Turcs, Arabes peuplant ces régions. Mais ils ne bénéficient pas tous des mêmes efforts de secours et d’aides selon qu’ils sont Turcs, partisans d’Erdogan ou non… Alors que les Arabes alévis de Hatay, ancienne province syrienne annexée à la Turquie en 1939, se plaignent d’avoir été abandonnés par l’État à cause de leur confession, les Kurdes de Kahramanmaras, Adiyaman, Gaziantep, Diyarbakir… pointent du doigt la mentalité colonialiste turque – qui même dans des moments d’extrême détresse – discrimine sa population selon leurs origines ethniques ou selon leurs croyances. Ils disent que ce n’est pas le séisme qui les tue en ce moment, mais le colonialisme turc au Kurdistan pour qui le tremblement de terre est une aubaine tombée du ciel pour dépeupler d’avantage les régions kurdes déjà saignées à blanc par des politiques de déportations, d’assimilations ou de massacres depuis des décennies. De loin, nous pourrons penser que les Kurdes (ou les Arabes alévis de Hatay) exagèrent dans leurs propos, qu’il y a également des villages et quartiers turcs non secourus… si on oublie que les traumatismes des Kurdes sont encore frais et que chaque nouvel événement tragique lié à la guerre ou à des catastrophes dites « naturelles » réveillent ces souvenirs douloureux non pansés… Si on oublie également qu’actuellement, dans le nord d’Alep, les soldats turcs bloquent l’aide envoyée par l’administration du Rojava (Kurdistan syrien) aux sinistrés d’Afrin et d’Idlib, qu’il y a quelques jours, les forces turques ont bombardé des réfugiés d’Afrin dans la région de Tall Refat, si on oublie aussi que plusieurs convois d’aide destinée à des localités kurdes en Turquie ont été confisqués par le régime turc, etc. Si on oublie ce que les Kurdes ont subi hier, on peut relativiser ce qui se passe actuellement, en disant que « tout le monde est touché par le séisme en Turquie ». Mais on n’oublie rien, notre mémoire traumatique est encore très vive et chaque nouvelle tragédie ne fait que la renforcer. Pourtant, il ne s’agit pas d’une fatalité, il suffirait que les peuples de la Turquie et du Moyen-Orient militent ensemble pour des modèles politiques pluralistes et anticolonialistes. Autrement, ils souffrirons tous à cause des dirigeants corrompus, fascistes, tyranniques qui se maintiennent au pouvoir par la terreur étatique, comme on le voit en Iran, en Syrie et même en Turquie… Ces peuples méritent mieux qu’un tel cauchemar éveillé.   Image via ANF: Décombres dans le district d’Elbistan, à Maras

PARIS. Une sénatrice demande la levée du secret défense dans le dossier des militantes kurdes tuées à Paris en 2013

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PARIS – La sénatrice Marie-Arlette Carlotti a demandé au garde des sceaux les raisons de l’obstruction par la France du dossier du meurtre de trois militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013. Elle a également exhorte le gouvernement français à « avoir le courage politique de lever le secret défense sur tous les éléments de ce dossier ». La question de la sénatrice à l’attention du garde des seaux a été publiée dans le JO Sénat le 9 février 2013. (Le ministère de la justice n’a pas encore répondu à la question de Marie-Arlette Carlotti.) Extrait: « Dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, Fidan Doğan, Sakine Cansiz et Leyla Söylemez ont été assassinées à Paris. Ces militantes de la cause kurde ont été sauvagement assassinées pour les idées qu’elles défendaient : femmes-vie-liberté ! (…) Si depuis 2019, les familles des trois victimes du drame de janvier 2013 se sont portées partie civile et ont permis la réouverture de l’enquête, les autorités françaises refusent toujours la déclassification des informations détenues par les services de renseignement français. Qu’est ce qui le justifie ? L’enquête en France avait pourtant souligné l’implication de membres de services secrets turcs dans ce triple assassinat. Alors que dix ans après les faits, un nouvel assassinat sanglant, visant les Kurdes, était perpétré de nouveau à Paris, les Kurdes de France se mobilisent pour obtenir protection et vérité. Toute la lumière sur ces assassinats doit être faite. Le Gouvernement doit avoir le courage politique de lever le secret défense sur tous les éléments de ce dossier. (…) Elle lui demande de s’engager à tout mettre en œuvre pour lever le secret défense afin que l’enquête puisse être réalisée, menée jusqu’à son terme et que justice soit rendue. »

TURQUIE. Le désespoir des sinistrés du séisme

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Le nombre de morts continue d’augmenter 72 heures après le séisme qui a frappé le sud-est de la Turquie et le nord de la Syrie lundi. Alors que les survivants du tremblement de terre commencent à perdre espoir, la restriction des médias sociaux imposée par le gouvernement turc suscite des réactions négatives dans tout le pays. Le bilan des morts a dépassé les 16 000 après le séisme du lundi qui a touché le nord de la Syrie et le sud-est de la Turquie, régions à majorité kurde, alors que les travaux de sauvetage se poursuivent. 12 873 corps ont été extraits des décombre en Turquie et 3 583 en Syrie, après 72 heures critiques pour les efforts de sauvetage. Les survivants du tremblement de terre en Turquie ont passé la nuit dehors dans le froid glacial de la plupart des régions de Turquie, car l’aide sous tente n’est pas encore arrivée. Dans les régions de Turquie à population majoritairement kurde ou alévie, certaines équipes de secours et d’aide ont commencé à arriver trois jours après le tremblement de terre, mais en nombre insuffisant. Alors que des milliers de personnes attendent toujours d’être sauvées sous les décombres, le désespoir et la colère envers le gouvernement de ces régions ne cessent de croître. Le ministre turc des Transports Adil Karaismailoğlu et le gouverneur d’Adıyaman (Semsûr) Mahmut Çuhadar ont quitté la région du tremblement de terre mercredi après que des citoyens lui ont exprimé leur frustration en signe de protestation. Après avoir visité Kahramanmaraş, l’épicentre du tremblement de terre de mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’est rendu à Hatay, l’une des provinces qui a le plus souffert et le moins reçu d’aide. La densité du trafic à l’entrée de la ville due aux mesures prises pour l’arrivée du président a retardé l’acheminement de l’aide aux victimes du tremblement de terre. Le journaliste Murat Ağırel a partagé les images du trafic commençant à plus de 8 km du centre-ville. Erdoğan a déclaré, lors de sa visite à Hatay, que l’Autorité turque de gestion des catastrophes (AFAD) est active dans la région, et a ajouté que ceux qui critiquent l’étendue du soutien fourni par le gouvernement sont des personnes « malhonnêtes et peu glorieuses » . Mercredi, les autorités turques ont restreint l’accès à Twitter et à d’autres services de médias sociaux, ce qui a suscité de vives réactions dans tout le pays, car ceux qui se trouvaient sous les décombres avaient demandé de l’aide en partageant des emplacements à l’aide des applications sur leurs téléphones portables. L’Autorité turque de réaction aux catastrophes (AFAD) a annoncé jeudi matin qu’elle avait achevé les opérations de recherche et de sauvetage à Şanlıurfa (Riha) et que les équipes avaient été dirigées vers d’autres provinces. Un convoi d’aide composé de six camions atteindra le nord-ouest de la Syrie jeudi, a rapporté Reuters. Il s’agira de la première aide humanitaire qui atteindra la région contrôlée par la Turquie et l’opposition syrienne. Après que la Syrie a demandé mercredi la mise à disposition d’équipes de recherche et de sauvetage, certaines agences internationales ont envoyé de l’aide au pays, notamment des abris et une aide médicale de l’Union européenne, des États membres de l’UE et des Nations Unies, ainsi qu’un premier apport humanitaire d’urgence de 3,5 millions d’euros. Entre-temps, l’opposition syrienne a rejeté l’aide offerte par l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), a rapporté l’agence North press. La diaspora turque et kurde d’Europe ont lancé des campagnes d’aide aux victimes du tremblement de terre en Turquie et en Syrie, collectant de l’argent, des couvertures et des vêtements chauds. Medya News