TURQUIE. Un prisonnier kurde malade mort 51 jours après sa « libération »
TURQUIE / KURDISTAN – Le prisonnier politique kurde condamné à la réclusion à perpétuité il y a 30 ans et atteint d’une malade grave, Abdulhalim Kırtay est décédé 51 jours après sa sortie de prison alors qu’il était à l’article de la mort.
L’ancien prisonnier politique Abdulhalim Kırtay est décédé vendredi matin à Diyarbakir (Amed). Kırtay figurait sur la liste des prisonniers gravement malades de l’Association des droits de l’homme (IHD) et est décédé 51 jours après sa sortie de prison. Il avait été détenu dans diverses prisons turques pendant trente ans.
L’homme kurde a été arrêté à Silvan en 1993 pour « séparatisme » et condamné à la réclusion à perpétuité aggravée sans perspective de libération devant une cour de sûreté de l’État. Cette forme de punition viole les conventions internationales des droits humains concernant le « droit à l’espoir » et est principalement prononcée contre les prisonniers politiques en Turquie.
Kırtay a contracté diverses maladies en prison et a dû subir plusieurs opérations. En novembre dernier, il a été soigné dans un hôpital d’Izmir et a été menotté à son lit pendant quatre jours. Sa famille s’était battue depuis des années pour sa libération. Lorsqu’Abdulhalim Kırtay a été libéré du centre correctionnel de Burhaniye le 22 mars, il était en phase terminale. Kırtay a été inhumé au cimetière Yeniköy, à Amed / Bağlar.
ANF
Concert final clôturant le festival culturel kurde de Paris
PARIS – La deuxième édition du festival culturel kurde de Paris s’achève ce vendredi 12 mai avec un concert exceptionnel réunissant le groupe Bajar, Ruken Yilmaz et Mehmet Atli. RVD dès 19h, à la salle Gaveau, dans le 8e arrondissement de Paris. Il reste encore des billets en vente ici.
Organisateur du festival culturel kurde de Paris, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) présente les musiciens du concert de ce soir:
« La journée finale du Festival culturel kurde de Paris promet d’être un événement exceptionnel, avec un grand concert réunissant des artistes kurdes confirmés et réputés issus de diverses traditions musicales. Ce sera l’occasion de découvrir et de célébrer la richesse culturelle de la communauté kurde, tout en profitant d’un spectacle musical inoubliable. Venez nombreux pour vivre cette expérience unique et vous laisser emporter par la passion et l’énergie de ces artistes talentueux !
Bajar
Le groupe Bajar présente un mélange unique de traditions musicales du Moyen-Orient, de musique folk et rock, en mettant en avant la mixité culturelle comme une forme de rencontre dans la vie urbaine. Le groupe partage des préoccupations sociales et politiques avec son public, notamment, la discrimination culturelle et les normes culturelles nouvelles qui affectent les relations quotidiennes. Depuis 13 ans, Bajar poursuit son voyage musical en tant que groupe folk-rock kurde et contestataire.
Ruken Yilmaz
Issue d’une famille originaire de la région kurde de Siirt, Ruken Yılmaz est née à Istanbul en 1990. Elle a commencé à jouer de la guitare et à chanter dès son plus jeune âge et n’a pas tardé à faire ses débuts sur scène. Après avoir étudié au département de musique de l’université de Marmara en 2008, elle a rejoint le MKM (Centre culturel de Mésopotamie) où elle a joué et chanté dans plusieurs groupes et projets, avant de sortir en 2016 son premier album solo, « Zelî »,, suivi de plusieurs singles. En 2022, elle sort son deuxième album solo, « Sê Çiya »
Mehmet Atli
Mehmet Atlı est un musicien, architecte et écrivain kurde né en 1975 à Diyarbakir au nord-Kurdistan. Il a commencé sa carrière musicale dans les années 1990 avec le groupe « Koma Dengê Azadî » et a depuis sorti plusieurs albums solo. Il chante en kurde et joue de la guitare, du luth et du saz. Il est issu de la tradition musicale de protestation et cherche une expression musicale liée aux processus d’urbanisation de la langue et de la société kurdes. Mehmet Atlı considère la composition et l’interprétation des chansons comme des libertés fondamentales. Il a participé à de nombreux festivals et concerts en Turquie, au Kurdistan, à Chypre et en Europe. »
INTERPRÈTES
BAJAR, orchestre folk-rock kurde
RUKEN YILMAZ, guitare et chant
MEHMET ATLI, guitare, luth, saz et chant
Salle Gaveau
45-47 Rue La Boétie
75008 PARIS
INTERPRÈTES
BAJAR, orchestre folk-rock kurde
RUKEN YILMAZ, guitare et chant
MEHMET ATLI, guitare, luth, saz et chant
Salle Gaveau
45-47 Rue La Boétie
75008 PARIS TURQUIE. Kılıçdaroğlu accuse la Russie d’ingérence dans les élections turques en faveur d’Erdoğan
Les dictateurs solidaires face aux peuples épris de liberté
Depuis la guerre civile en Syrie, on a vu les dictateurs turc, syrien, russe et iranien se serrer les coudes et écraser dans le sang les soulèvements pacifiques de leurs peuples (l’actuelle révolution « femme, vie, liberté » en Iran, la déclaration d’autonomie locale des Kurdes de « Turquie » en hiver 2015/16, le soulèvement pacifique syrien en 2011…). Aujourd’hui, tandis que les médias l’Azerbaidjanais Ilham Aliyev font ouvertement campagne contre Kiliçdaroglu, ce dernier déclare que le président russe, Poutine d’ingérence dans les élections turques en faveur de son « ami » Erdogan.
Le candidat de l’opposition donné gagnant selon les derniers sondages, Kemal Kılıçdaroğlu a accusé la Russie d’ingérence dans les élections turques en faveur du président sortant Erdogan.
Dans un tweet partagé hier en turc et en russe, Kiliçdaroglu a déclaré : « Chers amis russes, vous êtes ceux qui sont derrière les fabrications, les complots, les faux contenus profonds et les bandes qui ont été exposés dans ce pays. Si vous voulez continuer notre amitié après le 15 mai, ne touchez pas à l’État turc. Nous défendons toujours la coopération et l’amitié. »
Les commentaires de Kılıçdaroğlu faisaient suite à des publications sur les réseaux sociaux affirmant que le parti au pouvoir (AKP) avait contraint Muharrem İnce, candidat outsider à la présidence, à se présenter pour siphonner les votes de Kılıçdaroğlu, prétendument en le faisant chanter avec du chantage à la sextape. İnce qui était le candidat du CHP (parti de Kiliçdaroglu) à la présidence turque en 2018, a annoncé hier son retrait de la course présidentielle du 14 mai.
Lors du scrutin du 14 mai, les électeurs de Turquie devront choisir entre le président sortant Erdogan et son principal rival Kemal Kiliçdaroglu (donné gagnant selon les derniers sondages) pour la présidence turque tandis que pour les élections législatives du même jour, une myriade de partis (extrême-droite, islamistes, kémalistes, kurdes, extrême-gauche…) sont en lice.
D’après les récents sondages, après plus de 20 ans de règne quasi absolu, le président turc et candidat à sa succession, Erdogan est sur le point d’être « remercié » par les électeurs lors du scrutin présidentiel (et législative) du 14 mai prochain. En effet, la pauvreté galopante, la crise économique, la polarisation de la société turque, la corruption de la classe dirigeante et la mauvaise gestion du séisme du 6 février 2023 ont achevé la popularité du sultan qui rêvait d’instaurer un califat islamiste en envahissant les régions kurdes de Syrie et d’Irak cent ans après la chute de l’empire ottoman.
SYRIE. Crime de guerre à Kobanê
SYRIE / ROJAVA – Une responsable kurde d’économie de l’AANES et son chauffeur ont été assassinés aujourd’hui lors d’une attaque de drone turc qui a ciblé leur véhicule au sud de Kobanê.
La responsable (on n’a pas encore son nom) de l’économie de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES) et son chauffeur ont été assassinés lors de l’attaque menée contre leur véhicule sur l’autoroute M4 au niveau du village de Hemdûn, au sud de Kobanê.
Les attaques contre la région autonome du nord et de l’est de la Syrie se sont intensifiées à l’approche des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai. L’agence de presse ANHA fait état de 163 attaques aériennes et terrestres menées par la Turquie en avril, dont cinq frappes de drones, ajoutant que l’espace aérien au-dessus de la région a été constamment violé par des drones, avions de chasse et des hélicoptères de l’armée turque. Au Rojava, les drones turcs ciblent les enfants, les femmes, les soldats et les responsables politiques, sans discrimination.
Il y a 49 ans, Saddam Hussein faisait exécuter la jeune militante kurde Leyla Qasim
Ce 12 mai, nous nous inclinons devant la mémoire de Leyla Qasim, militante kurde pendue à l’âge de 22 ans par Saddam Hussein – le boucher irakien vénéré encore par trop de monde, dont des Palestiniens… – pour avoir défendu les droits des femmes et des Kurdes.
Le 12 mai 1974, le régime sanguinaire du dictateur irakien, Saddam Husein, a pendu Leyla Qasim, une activiste et féministe kurde qui militait pour les droits des Kurdes et des femmes dans un Kurdistan colonisé. Aujourd’hui, 49 après son exécution, Leyla Qasim est considérée comme l’une des femmes qui ont marqué l’histoire du peuple kurde, comme ce fut le cas de Sakine Cansiz, Zarife Xatun… Son portrait orne les murs de nombreux foyers kurdes et les lieux publics au Kurdistan.
Qui était Leyla Qasim ?
Leyla Qasim est née en mai 1952 à Xaneqin, au Kurdistan du Sud (nord de l’Irak). Elle est la fille de Dalaho Qasim et de Kanî qui avaient 5 enfants. Les Qasim étaient des paysans vivant dans une grande pauvreté, dépendant des rations alimentaires et des vêtements. Leyla et son frère, Chiyako, ont appris l’arabe par leur mère quand ils avaient six et huit ans. Leyla a fréquenté l’école primaire et secondaire dans sa ville natale – Xaneqin. Elle est partie s’installer à Hewler à 14 ans. En 1971, elle est allée à Bagdad et a étudié la sociologie à l’Université de Bagdad. Leyla était la membre fondatrice du syndicat des étudiants kurdes. Elle a un impact significatif sur les étudiants kurdes de l’Université de Bagdad. Leyla militait pour l’égalité, les droits des femmes et la sensibilisation à la question kurde.
Quand Leyla avait seize ans, Abdul Rahman Arif fut renversé par le chef du parti Baas, le général Ahmed Hassan al-Bakr. Leyla fut frappée par la prise de contrôle violente dans la capitale. À la fin des années 1960, Leyla et Chiyako ont écrit des brochures sur les horreurs du parti Baas, dont le nouveau chef, Saddam Hussein, qu’ils ont décrit comme étant contre l’indépendance kurde.
Leyla et ses camarades ont été arrêtés lors d’une vaste opération menée par l’armée irakienne et fut reconnue coupable de séparatisme. Pendant son incarcération, elle a été torturée et soumise aux traitements les plus inhumains. Mais elle n’a jamais rien avoué et a toujours été fidèle au mouvement de libération kurde. Finalement, elle a été pendue après un long procès, diffusé dans tout l’Irak.
Leyla Qasim fut la première femme à être exécutée en Irak et la quatrième prisonnière politique au monde à être exécutée. Leyla et ses quatre camarades Jawad Hamawandi, Nariman Fuad Masti, Hassan Hama Rashid et Azad Sleman Miran furent exécutés à Bagdad, le 12 mai 1974.
Leyla est considérée comme un symbole national et une force morale pour les nouvelles générations qui ont rejoint le mouvement de résistance kurde. Leyla a été exécutée, mais des milliers de fillettes nées au Kurdistan reçoivent encore aujourd’hui le prénom de Leyla.
Leyla Qasim est devenue le thème de nombreux poèmes et chansons kurdes. En exécutant Leyla et ses camarades, le régime Baas espérait l’éradication du mouvement de libération kurde, mais l’exécution de Leyla était un début pour de nouveaux Leyla. Une Leyla a été exécutée, mais des milliers de Leyla sont maintenant à l’avant-garde de la résistance kurde qui combat les puissances occupantes au Kurdistan et ne s’arrêteront pas avant de triompher.
Par Kurdo Challi, en hommage à Leyla Qasim
Le suspect qui avait attaqué le centre kurde de Paris placé en garde à vue
PARIS – Le 3 mars dernier, un individu a attaqué le centre culturel kurde de la rue d’Enghien, à Paris, où 3 militants avaient été abattus le 23 décembre 2022. L’agresseur neutralisé qui se serait présenté comme un ancien membre du groupe paramilitaire turc SADAT le « Wagner turc », vient d’être placé en garde à vue, écrit sur Twitter le journaliste Guillaume Perrier.
Que s’était-il passé?
Le 3 mars 2023, un individu a attaqué le centre culturel kurde de la rue d’Enghien où 3 militants avaient été abattus le 23 décembre 2022.
L’individu (un Turc, selon l’employée du centre qui était présente au moment de l’attaque) serait arrivé le matin, à l’heure d’ouverture du centre et s’en serait pris aux portraits des militants tués* le 23 décembre 2023, proféré des insultes, craché sur un autocollant appelant à la libération d’Abdullah Ocalan (chef du PKK emprisonné en Turquie depuis février 1999) et jeté une chaussure aux policiers surveillant le centre kurde qui abrite également le siège du Conseil démocratique kurde en France (CDKF). Le CDKF avait porté plainte pour « dégradations volontaires ».
*Le vendredi 23 décembre 2023, William Mallet a abattu trois militants kurdes au centre kurde Ahmet Kaya situé rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris, : Emine Kara (Evîn Goyî), M. Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kızıl. Trois autres Kurdes ont été blessés, dont un grièvement. Pour le Conseil démocratique kurde en France (CDKF) qui s’est constitué partie civile dans ce massacre, le dossier de l’affaire contient des détails troublants qui indiquent que le triple meurtre a été commandité par les services secrets turcs (MIT), (comme celui de 9 janvier 2013).
PARIS. L’institut kurde organise un débat sur les élections turques
PARIS – L’Institut kurde de Paris invite le politicien et avocat Osman Baydemir pour un débat sur les élections* présidentielles et législatives turques du 14 mai.
RDV le samedi 20 mai, à 16h, au 106 rue La Fayette, 75010 PARIS.
*Lors du scrutin du 14 mai, les électeurs de Turquie devront choisir entre le président sortant Erdogan et son principal rival Kemal Kiliçdaroglu pour la présidence turque tandis que pour les élections législatives du même jour, une myriade de partis (extrême-droite, islamistes, kémalistes, kurdes, extrême-gauche…) sont en lice.
D’après les récents sondages, après plus de 20 ans de règne quasi absolu, le président turc et candidat à sa succession, Erdogan est sur le point d’être « remercié » par les électeurs lors du scrutin présidentiel (et législative) du 14 mai prochain. En effet, la pauvreté galopante, la crise économique, la polarisation de la société turque, la corruption de la classe dirigeante et la mauvaise gestion du séisme du 6 février 2023 ont achevé la popularité du sultan qui rêvait d’instaurer un califat islamiste en envahissant les régions kurdes de Syrie et d’Irak cent ans après la chute de l’empire ottoman.
ROJAVA. L’artillerie turque attaque Tall Tamr: Un civil tué, 4 autres blessés
SYRIE / ROJAVA – Ce jeudi 11 mai, la région de Tall Tamr contrôlée par les forces arabo-kurdes a été attaquée par l’armée turque et ses gangs jihadistes, tuant un civil et en blessant quatre autres. Donné perdant selon les derniers sondages à 3 jours des élections présidentielles et législatives turques, le sultan Erdogan s’en prend aux Kurdes syriens, en croyant en vain unir la nation derrière lui.
L’armée turque et ses forces supplétives djihadistes dans le nord de la Syrie ont attaqué jeudi le village de Til Leben (Tel al-Laban) au sud-ouest de Til Temir avec des mortiers et de l’artillerie. Un civil a été tué dans l’attaque et quatre autres civils ont été blessés.
Selon l’ANHA, la victime s’appelle Mihemed Ebdulfetah Hisên (38 ans), qui travaillait sur le terrain lors de l’attaque. Xalis Hec Hozeyfa (35 ans), Ebdullah Elêwî (27 ans), Îbrahîm Geraf (38 ans) et Hafiz Muhemmed Geraf (27 ans) ont été blessés et sont soignés à l’hôpital Lêgerîn.
Tel Tamer est à une bonne trentaine de kilomètres de la frontière turque et borde au nord la zone d’occupation illégale que la Turquie fait courir le long de sa frontière sud en solidarité avec les djihadistes du Rojava. Dans le village voisin d’Ain el Aabed, trois enfants ont été tués par des obus turcs le 24 avril et deux autres ont été blessés, certains grièvement.
Selon un bilan publié par l’ANHA, les attaques contre la région autonome du nord et de l’est de la Syrie se sont intensifiées à l’approche des élections en Turquie. L’agence de presse fait état de 163 attaques aériennes et terrestres en avril, dont cinq frappes de drones. Selon les données, l’espace aérien au-dessus de la région a été constamment violé par la Turquie par des drones, avions de chasse et des hélicoptères.
ANF
HRW: Le contrôle gouvernemental d’Internet menace l’intégrité des élections en Turquie
« Les médias sociaux et Internet devraient jouer un rôle clé lors des élections du 14 mai. Mais le gouvernement cherche à faire taire les voix dissidentes en ligne, ce qui menace l’intégrité du scrutin », écrit HRW.
A 3 jours des élections législatives et présidentielles en Turquie, les ONG de droits humains HRW et ARTICLE 19 se disent inquiètes du contrôle gouvernemental d’Internet qui menace l’intégrité des élections*, déclarant que « les entreprises technologiques devraient donner la priorité aux droits, et le gouvernement devrait mettre fin à la censure en ligne ».
Voici un extrait du communiqué des ONG Human Rights Watch (HRW) et ARTICLE 19:
« Le gouvernement devrait s’abstenir de menacer ou de bâillonner les plateformes de médias sociaux en vue d’empêcher la diffusion des points de vue de l’opposition, lors de la période électorale. Les plateformes des réseaux sociaux et les services de messagerie devraient donner la priorité aux droits humains plutôt qu’aux profits, afin de respecter le droit des électeurs turcs à participer à une élection démocratique ; ces entreprises devraient résister aux pressions du gouvernement et mettre en place des plans d’urgence pour contrer toute tentative d’entraver leur indépendance.
Ces dernières années, le gouvernement a intensifié ses poursuites contre les journalistes, les opposants politiques et d’autres personnes ayant critiqué le président et le gouvernement sur les médias en ligne, ou même simplement pour avoir partagé ou approuvé (via le bouton « J’aime ») des articles critiques sur les réseaux sociaux. Le gouvernement bloque fréquemment certains sites Web, et ordonne souvent la suppression de contenus qui expriment des opinions opposées. Le gouvernement et aussi tendance à bloquer l’accès aux réseaux sociaux populaires en période de troubles politiques ou lorsqu’il anticipe des critiques, comme à la suite des tremblements de terre dévastateurs de février 2023.
En octobre 2022, de nouveaux amendements législatifs ont introduit une vague infraction de « diffusion publique d’informations trompeuses », ainsi que diverses mesures de mise en conformité, permettant au gouvernement de poursuivre sa campagne de répression en ligne pendant les élections. Les plates-formes de médias sociaux qui rejettent les demandes du gouvernement en matière de données d’utilisateurs ou de suppression de contenu pourraient faire face à de lourdes amendes et à des restrictions de bande passante qui rendraient leurs plates-formes effectivement inutilisables en Turquie. »
*Lors du scrutin du 14 mai, les électeurs de Turquie devront choisir entre le président sortant Erdogan et son principal rival Kemal Kiliçdaroglu pour la présidence turque tandis que pour les élections législatives du même jour, une myriade de partis (extrême-droite, islamistes, kémalistes, kurdes, extrême-gauche…) sont en lice.
D’après les récents sondages, après plus de 20 ans de règne quasi absolu, le président turc et candidat à sa succession, Erdogan est sur le point d’être « remercié » par les électeurs lors du scrutin présidentiel (et législative) du 14 mai prochain. En effet, la pauvreté galopante, la crise économique, la polarisation de la société turque, la corruption de la classe dirigeante et la mauvaise gestion du séisme du 6 février 2023 ont achevé la popularité du sultan qui rêvait d’instaurer un califat islamiste en envahissant les régions kurdes de Syrie et d’Irak cent ans après la chute de l’empire ottoman.
Hommage à Hozan Mizgîn, la musicienne révolutionnaire kurde
La communauté artistique kurde rend hommage à Hozan Mizgîn à l’occasion du 31e anniversaire de son martyre.
Hozan Mizgin (Gurbet Aydın) est une musicienne kurde qui faisait de l’« art révolutionnaire ». Aujourd’hui, la communauté culturelle kurde lui rend hommage à l’occasion du 31e anniversaire de son martyre.
Hozan Mizgîn, l’une des voix féminines importantes de la musique kurde, qui a marqué la lutte de libération kurde avec sa tembur (instrument à corde kurde) et son fusil, continue de vivre grâce à ses chants repris par le peuple kurde. Hozan Mizgîn, née dans le village de Bileyder, à Batman, en 1962, a rejoint le PKK avec un groupe de jeunes peu avant le coup d’État de 1980.
La commission de la culture et des arts du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) déclarait il y a 3 ans que le sens et l’esprit de résistance d’Hozan Mizgîn étaient « devenus la huitième note de la musique kurde. »
Hozan Mizgin
Hozan Mizgîn (Gurbet Aydın) est née en 1962 à dans la province kurde de Batman dans une famille conservatrice qui l’avait empêchée de faire des études. La jeune femme a rejoint le mouvement de libération kurde en 1980. Après avoir mené des activités révolutionnaires dans le nord du Kurdistan (région sous l’occupation turque) pendant un certain temps, elle s’est installée en Europe en 1982 pour des études culturelles et artistiques. Elle a beaucoup travaillé avec Hozan Sefqan (Celal Ercan) là-bas. Heval Mizgîn s’est rendue dans les montagnes du nord du Kurdistan en 1991. Elle est tombée martyre à Tatvan, dans la province de Bitlis, le 11 mai 1992.