ROJAVA. L’artillerie turque attaque Tall Tamr: Un civil tué, 4 autres blessés

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SYRIE / ROJAVA – Ce jeudi 11 mai, la région de Tall Tamr contrôlée par les forces arabo-kurdes a été attaquée par l’armée turque et ses gangs jihadistes, tuant un civil et en blessant quatre autres. Donné perdant selon les derniers sondages à 3 jours des élections présidentielles et législatives turques, le sultan Erdogan s’en prend aux Kurdes syriens, en croyant en vain unir la nation derrière lui. L’armée turque et ses forces supplétives djihadistes dans le nord de la Syrie ont attaqué jeudi le village de Til Leben (Tel al-Laban) au sud-ouest de Til Temir avec des mortiers et de l’artillerie. Un civil a été tué dans l’attaque et quatre autres civils ont été blessés. Selon l’ANHA, la victime s’appelle Mihemed Ebdulfetah Hisên (38 ans), qui travaillait sur le terrain lors de l’attaque. Xalis Hec Hozeyfa (35 ans), Ebdullah Elêwî (27 ans), Îbrahîm Geraf (38 ans) et Hafiz Muhemmed Geraf (27 ans) ont été blessés et sont soignés à l’hôpital Lêgerîn. Tel Tamer est à une bonne trentaine de kilomètres de la frontière turque et borde au nord la zone d’occupation illégale que la Turquie fait courir le long de sa frontière sud en solidarité avec les djihadistes du Rojava. Dans le village voisin d’Ain el Aabed, trois enfants ont été tués par des obus turcs le 24 avril et deux autres ont été blessés, certains grièvement. Selon un bilan publié par l’ANHA, les attaques contre la région autonome du nord et de l’est de la Syrie se sont intensifiées à l’approche des élections en Turquie. L’agence de presse fait état de 163 attaques aériennes et terrestres en avril, dont cinq frappes de drones. Selon les données, l’espace aérien au-dessus de la région a été constamment violé par la Turquie par des drones, avions de chasse et des hélicoptères. ANF

HRW: Le contrôle gouvernemental d’Internet menace l’intégrité des élections en Turquie

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« Les médias sociaux et Internet devraient jouer un rôle clé lors des élections du 14 mai. Mais le gouvernement cherche à faire taire les voix dissidentes en ligne, ce qui menace l’intégrité du scrutin », écrit HRW. A 3 jours des élections législatives et présidentielles en Turquie, les ONG de droits humains HRW et ARTICLE 19 se disent inquiètes du contrôle gouvernemental d’Internet qui menace l’intégrité des élections*, déclarant que « les entreprises technologiques devraient donner la priorité aux droits, et le gouvernement devrait mettre fin à la censure en ligne ». Voici un extrait du communiqué des ONG Human Rights Watch (HRW) et ARTICLE 19: « Le gouvernement devrait s’abstenir de menacer ou de bâillonner les plateformes de médias sociaux en vue d’empêcher la diffusion des points de vue de l’opposition, lors de la période électorale. Les plateformes des réseaux sociaux et les services de messagerie devraient donner la priorité aux droits humains plutôt qu’aux profits, afin de respecter le droit des électeurs turcs à participer à une élection démocratique ; ces entreprises devraient résister aux pressions du gouvernement et mettre en place des plans d’urgence pour contrer toute tentative d’entraver leur indépendance. Ces dernières années, le gouvernement a intensifié ses poursuites contre les journalistes, les opposants politiques et d’autres personnes ayant critiqué le président et le gouvernement sur les médias en ligne, ou même simplement pour avoir partagé ou approuvé (via le bouton « J’aime ») des articles critiques sur les réseaux sociaux. Le gouvernement bloque fréquemment certains sites Web, et ordonne souvent la suppression de contenus qui expriment des opinions opposées. Le gouvernement et aussi tendance à bloquer l’accès aux réseaux sociaux populaires en période de troubles politiques ou lorsqu’il anticipe des critiques, comme à la suite des tremblements de terre dévastateurs de février 2023. En octobre 2022, de nouveaux amendements législatifs ont introduit une vague infraction de « diffusion publique d’informations trompeuses », ainsi que diverses mesures de mise en conformité, permettant au gouvernement de poursuivre sa campagne de répression en ligne pendant les élections. Les plates-formes de médias sociaux qui rejettent les demandes du gouvernement en matière de données d’utilisateurs ou de suppression de contenu pourraient faire face à de lourdes amendes et à des restrictions de bande passante qui rendraient leurs plates-formes effectivement inutilisables en Turquie. » *Lors du scrutin du 14 mai, les électeurs de Turquie devront choisir entre le président sortant Erdogan et son principal rival Kemal Kiliçdaroglu pour la présidence turque tandis que pour les élections législatives du même jour, une myriade de partis (extrême-droite, islamistes, kémalistes, kurdes, extrême-gauche…) sont en lice. D’après les récents sondages, après plus de 20 ans de règne quasi absolu, le président turc et candidat à sa succession, Erdogan est sur le point d’être « remercié » par les électeurs lors du scrutin présidentiel (et législative) du 14 mai prochain. En effet, la pauvreté galopante, la crise économique, la polarisation de la société turque, la corruption de la classe dirigeante et la mauvaise gestion du séisme du 6 février 2023 ont achevé la popularité du sultan qui rêvait d’instaurer un califat islamiste en envahissant les régions kurdes de Syrie et d’Irak cent ans après la chute de l’empire ottoman.

Hommage à Hozan Mizgîn, la musicienne révolutionnaire kurde

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La communauté artistique kurde rend hommage à Hozan Mizgîn à l’occasion du 31e anniversaire de son martyre. Hozan Mizgin (Gurbet Aydın) est une musicienne kurde qui faisait de l’« art révolutionnaire ». Aujourd’hui, la communauté culturelle kurde lui rend hommage à l’occasion du 31e anniversaire de son martyre. Hozan Mizgîn, l’une des voix féminines importantes de la musique kurde, qui a marqué la lutte de libération kurde avec sa tembur (instrument à corde kurde) et son fusil, continue de vivre grâce à ses chants repris par le peuple kurde. Hozan Mizgîn, née dans le village de Bileyder, à Batman, en 1962, a rejoint le PKK avec un groupe de jeunes peu avant le coup d’État de 1980. La commission de la culture et des arts du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) déclarait il y a 3 ans que le sens et l’esprit de résistance d’Hozan Mizgîn étaient « devenus la huitième note de la musique kurde. » Hozan Mizgin Hozan Mizgîn (Gurbet Aydın) est née en 1962 à dans la province kurde de Batman dans une famille conservatrice qui l’avait empêchée de faire des études. La jeune femme a rejoint le mouvement de libération kurde en 1980. Après avoir mené des activités révolutionnaires dans le nord du Kurdistan (région sous l’occupation turque) pendant un certain temps, elle s’est installée en Europe en 1982 pour des études culturelles et artistiques. Elle a beaucoup travaillé avec Hozan Sefqan (Celal Ercan) là-bas. Heval Mizgîn s’est rendue dans les montagnes du nord du Kurdistan en 1991. Elle est tombée martyre à Tatvan, dans la province de Bitlis, le 11 mai 1992.

Les Kurdes de nouveau attaqués par des « Loups Gris » à Lyon

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PARIS – Lors de votes des ressortissants turcs résidant à l’étranger pour les élections turques, les sbires du président turc Erdogan ont commis plusieurs attaques visant les Kurdes, dont le dernier en date à Lyon du 9 mai a fait quatre blessés. Il y a 2 ans déjà, le 3 avril 2012, une vingtaine de Turcs cagoulés avaient attaqué le centre culturel kurde à la Maison de la Mésopotamie avec des barres de fer cassant tout sur leur passage et blessant grièvement 4 jeunes Kurdes qui se trouvaient dans les locaux. Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) condamne les attaques répétées des fascistes turcs sur le sol français et demande « justice et protection » dans le communiqué ci-dessous. Violences des Loups Gris à Lyon: le CDK-F Réclame Justice et Protection Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) exprime sa plus vive indignation et condamne avec la plus grande fermeté les actes de violence commis par des membres des Loups Gris à Lyon le 9 mai 2023, à l’encontre des assesseurs et représentants du Parti de la Gauche Verte (YSP). Depuis l’ouverture en France des bureaux de vote dans le cadre de élections présidentielles et législatives turques, de nombreux incidents ont éclaté, notamment à Marseille, des violences sur lesquelles le CDK-F n’a pas voulu communiquer jusqu’à présent afin de ne pas exacerber les tensions. Nous dénonçons par ailleurs l’installation à Lyon des bureaux de vote dans les locaux de l’Union des affaires culturelles turco-islamique (DITIB), une organisation religieuse sous le contrôle du gouvernement turc. Il s’agit là d’une atteinte à la sécurité des élections et à leur caractère démocratique. Dans le contexte des élections en Turquie, nous demandons instamment aux autorités françaises d’assurer la protection des associations et des membres de la communauté kurde en France. Si le régime d’Erdogan venait à perdre ces élections, nous redoutons que nos associations soient la cible de représailles de la part des Loups Gris et des cellules dormantes des organisations contrôlées par la Turquie en France. Nous appelons les autorités à agir rapidement pour mettre fin à ces agressions et traduire les responsables en justice. Nous exhortons l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives ainsi que le gouvernement français à condamner sans équivoque ces attaques perpétrées par les Loups Gris à Lyon et ailleurs en France, qui portent atteinte à la démocratie et à la paix sociale. Nous réitérons notre engagement à défendre les droits et la sécurité de la communauté kurde en France et notre détermination à ne pas céder face aux tentatives d’intimidation et aux actes de violence.

Le haut conseil électoral turc interdit aux forces de l’ordre de collecter les résultats des élections turques

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TURQUIE – Le haut conseil électoral turc a décidé que les forces de l’ordre affectées aux urnes par le ministère de l’Intérieur ne pourront entrer les résultats des élections du 14 mai sur le site du Centre de coordination de la sécurité et des urgences (GAMER) du ministère demandé par le Suleyman Soylu. De nombreux analystes y voyaient une tentative de falsification des résultats électoraux par le ministre de l’intérieur Soylu au moment de leur enregistrement sur le site de GAMER. Le haut conseil électoral turc (Yüksek Seçim Kurulu – YSK) a décidé ce 10 mai que les forces de l’ordre affectées aux urnes par le ministère de l’Intérieur ne pourront pas enregistrer les résultats des élections dans des fichiers sur la page de la Présidence du Centre de coordination de la sécurité et des urgences (GAMER) du Ministère. La proposition du ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu, rejetée par le YSK, justifiait que les forces de l’ordre seraient présentes dans les bureaux de vote, entreraient les résultats des élections sur des fichiers Excel et les enverraient au site de GAMER. Que s’est-il passé? S’adressant au YSK, le ministère de l’Intérieur avait demandé à recevoir les donnés liées à tous les bureaux de vote (numéros des urnes et le nombre d’électeurs etc.) lors des élections présidentielles et législatives du 14 mai prochain*. Le haut conseil électoral turc (YSK) a rejeté la demande, déclarant que GAMER n’est pas missionné pour les élections, mais uniquement les commissions électorales. ********* *Lors du scrutin du 14 mai, les électeurs de Turquie devront choisir entre le président sortant Erdogan et son principal rival Kemal Kiliçdaroglu pour la présidence turque tandis que pour les élections législatives du même jour, une myriade de partis (extrême-droite, islamistes, kémalistes, kurdes, extrême-gauche…) sont en lice.   D’après les récents sondages, après plus de 20 ans de règne quasi absolu, le président turc et candidat à sa succession, Erdogan est sur le point d’être « remercié » par les électeurs lors du scrutin présidentiel (et législative) du 14 mai prochain. En effet, la pauvreté galopante, la crise économique, la polarisation de la société turque, la corruption de la classe dirigeante et la mauvaise gestion du séisme du 6 février 2023 ont achevé la popularité du sultan qui rêvait d’instaurer un califat islamiste en envahissant les régions kurdes de Syrie et d’Irak cent ans après la chute de l’empire ottoman.

PARIS. Vernissage de l’expo féministe « Femme, Vie, Liberté »

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PARIS – La Médiathèque Françoise Sagan accueille l’exposition féministe « jin, jiyan, azadî » des artistes kurdes Asli Filiz, Sarya Kaya et Soniya Ahmed dans le cadre de la deuxième édition du Festival culturel kurde de Paris. L’expo « Jin, Jiyan, Azadi » (Femme, Vie, Liberté) réunissant les photos et dessins des trois artistes kurdes explore la place des femme dans la société kurde, leur lutte pour la liberté et leur rôle dans la préservation de la culture kurde.
Le tableau « la fille kurde heureuse » d’Asli Filiz
  Qui sont les artistes? Soniya Ahmed, une jeune artiste connectée à ses racines kurdes  Soniya Ahmed est née au Kurdistan, Suleymanîyê et a grandi au Royaume-Uni. Elle a étudié les Beaux-Arts à la Goldsmith’s University de Londres ainsi qu’une maîtrise à l’Université de Glasgow spécialisée en art et philosophie. Les sujets de son travail sont principalement inspirés par un thème personnel, ses peintures sont basées sur l’existence et l’être culturels métaphysiques. L’être, le savoir, l’identité, le temps, l’espace et l’existence sont au centre des peintures de Soniya. Elle exprime son bagage culturel dans un espace en dehors de la réalité mais faisant toujours partie de l’existant, à travers l’art métaphysique et les êtres mythologiques. Asli Filiz centrée sur la souffrance et la résistance des femmes kurdes Asli Filiz est née à Bingöl en 1983 et a vécu à Istanbul pendant 25 ans. Après avoir étudié le design graphique à l’Université de Beykent, elle s’est installée à Hamburg, en Allemagne. Elle travaille comme graphiste depuis vingt ans et peint et réalise des collages depuis plusieurs années. Elle est directrice de création et graphiste dans une agence de publicité. Dans ses œuvres, Asli Filiz nous fait voir la souffrance mais aussi la résistance des femmes kurdes, les femmes victimes de féminicides d’État ainsi que les personnages féminins dans la mythologie, tels que la Reine -Serpent Shahmaran (Şahmeran ou Şahmaran) ou encore la déesse Ishtar. Sarya Nurcan Kaya, persécutée pour avoir travaillé sur la résistance de Sur/Diyarbakir Sarya Kaya est une jeune artiste kurde réfugiée en France depuis un an et demi après avoir été persécutée en Turquie à cause de son travail artistique autour de la résistance populaire de 2015/15 dans plusieurs localités kurdes de « Turquie », dont Sur/Diyarbakir (Amed). La jeune artiste exilée déclare que dès l’écriture de sa thèse touchant la question kurde en Turquie, elle a été persécutée, et ce, jusqu’à son exile au milieu de l’année 2021.

PARIS. Rencontre/dédicace: « Contes kurdes de Dersim – Sanikê Kirmanciya Dêsimî »

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PARIS – Peintre et maître verrier, Ziya Aydin dédicacera son livre de recueils « Contes kurdes de Dersim – Sanikê Kirmanciya Dêsimî » (livre bilangue zazakî-français) ce jeudi 11 mai à la Société des Poètes Français, à Paris. Il s’agit de 27 contes populaires que la mère de Ziya Aydin racontait en zazakî, un des dialectes kurdes parlés dans la région de Dersim. La Société des Poètes Français accueille également une belle expo d’œuvres de Ziya Aydin et d’Annie Kouyoumdjian que vous pourrez visiter par la même occasion. Des contes fantastiques, mythologiques ou d’amour tragique Dans les contes racontés par la mère de Ziya Aydin, on trouve des contes mythologiques avec des combats de dragons ou de géants maléfiques inspirés de la religion zoroastrienne dualiste qui repose sur le combat entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres. On trouve également des contes rapportant des événements régionaux, des contes animaliers, des contes d’amour tragique comme le célèbre Mêm et Zîn d’Ehmedê Xanî où les deux amoureux sont victimes de manigances qui les empêchent de s’unir de leur vivant mais ils sont enterrés ensemble, avec à leur pied le corps de celui qui fut à l’origine de leur fin tragique… Une tradition en voie de disparition Aujourd’hui, à l’ère des écrans et des réseaux sociaux arrivés dans tous les foyers, presque plus personne ne raconte ces contes centenaires ou millénaires. Alors, on les oublie car on ne les avait pas consignés dans des livres. Certains amateurs ou chercheurs kurdes commencent à les écrire en se rendant dans les campagnes reculées du Kurdistan ou certaines personnes âgées s’en souviennent encore et les racontent volontiers. Pour les contes racontés par sa mère, Ziya Aydin a dû forcé sa mémoire, interroger ses proches pour combler les parties des contes dont il avait oubliées. Mais malheureusement, il y a quelques contes qu’il a complétement oubliés et malgré ses recherches, il n’a pas pu les trouver dans leur version racontée par sa mère. Pour une rencontre / dédicace avec Ziya Aydin, RDV demain, 11 mai, dès 17h30, à l’Espace MOMPEZAT – Société des poètes français, 16 rue Monsieur Le Prince, 75006 PARIS     Livre publié aux éditions L’Harmattan Traduction de l’auteur ; préface de Gérard Chaliand Collection : Peuples cultures et littératures de l’Orient Date de publication : 6 juillet 2021 Broché – format : 15,5 x 24 cm • 298 pages ISBN : 978-2-343-22955-3 EAN13 : 9782343229553 EAN PDF : 9782140184703

TURQUIE. L’appli de surveillance du ministre de l’Intérieur enfreint la protection des données

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Süleyman Soylu ou une sortie, deux délits. Au volant de sa voiture, le ministre turc de l’Intérieur a fait la démonstration d’une application sur son téléphone qui peut identifier une personne en deux secondes après la prise de la photo. Et la manipulation d’un téléphone en conduisant une voiture et une telle application qui enfreint les réglementations sur le traitement des données personnelles sont des délits passibles d’amandes/prison. Mais comme la Turquie est un pays où les sbires d’Erdogan sont au-dessus des lois, Süleyman Soylu ne risque rien, du moins, jusqu’aux élections* du 14 mai prochain… Le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a fait la démonstration d’une application mobile controversée appelée « KİM » (un mot turc qui signifie « qui » en français) dans une vidéo publiée sur YouTube dimanche, rapporte le site Medya News dans l’article suivant. Soylu a affirmé que l’application pouvait identifier une personne en seulement deux secondes après avoir pris sa photo avec un smartphone. Cependant, l’application a été critiquée par des avocats et des politiciens pour avoir enfreint les réglementations sur le traitement des données personnelles. La vidéo montre Soylu conduisant une voiture et faisant la démonstration de l’application « locale et nationale » au fondateur de la chaîne Youtube, Hakkı Alkan, qui lui demande de décrire ses fonctionnalités. Soylu dit: « C’est plus précieux que WhatsApp, et il a toutes les fonctionnalités. » Il prend ensuite la photo d’Alkan, la scanne avec l’application et, en 1,9 seconde, reçoit les informations complètes de son identité. L’écran affiche le nom d’Alkan, sa photo supposée et son nom de famille. Le numéro de sa carte d’identité est affiché avec un point d’interrogation. Soylu déclare que l’application « filtre tout sur les réseaux sociaux et tous les événements en Turquie ». Il explique que l’application lui est exclusive et qu’elle peut suivre tout ce qui se passe dans le pays. L’application a été critiquée par des avocats et des politiciens en raison de violations de l’utilisation des données personnelles. Selon Umut Zorer, spécialiste de l’informatique et du droit de la protection des données personnelles, l’application viole la loi turque car le traitement de données personnelles sensibles est illégal à moins qu’un consentement clair ne soit donné ou qu’il ne soit spécialement autorisé par la loi. Zorer a également déclaré à BBC Turkish que le ministère de l’Intérieur n’a aucune autorité en vertu de la loi turque pour traiter de telles données sensibles. Gürsel Tekin, membre du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), a critiqué le ministre pour avoir potentiellement exposé les données de tous les citoyens turcs aux États-Unis, car l’application ne fonctionne que sur les téléphones Apple. Il soutient que c’est un crime. Veysel Ok, co-directeur de l’Association des médias et des études juridiques (MLSA), a également mis en doute la légalité de l’obtention et du stockage des données personnelles des personnes sans leur consentement. Il a demandé comment l’application avait été installée sur un téléphone non sécurisé et combien d’autres personnes avaient l’application. Le syndicat de la police turque a déclaré qu’il n’était pas normal que l’application, conçue comme un outil de surveillance pour les agences de renseignement et la branche antiterroriste, ait été installée sur un téléphone par un membre du parti au pouvoir et soit partagée avec le public. ********* *Après plus de 20 ans de règne quasi absolu, le président turc et candidat à sa succession, Erdogan est sur le point d’être « remercié » par les électeurs lors du scrutin présidentiel (et législative) du 14 mai prochain. En effet, la pauvreté galopante, la crise économique, la polarisation de la société turque, la corruption de la classe dirigeante et la mauvaise gestion du séisme du 6 février 2023 ont achevé la popularité du sultan qui rêvait d’instaurer un califat islamiste en envahissant les régions kurdes de Syrie et d’Irak cent ans après la chute de l’empire ottoman.

« Féminicides en Turquie sous le régime de l’AKP »

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Les unités féminines kurdes syriennes (YPJ) ont publié un rapport documentant les féminicides commis en Turquie et au Kurdistan « turc » pendant le règne d’AKP, parti islamiste d’Erdogan, ajoutant que la meilleure forme d’autodéfense contre le système patriarcal misogyne est la force des femmes organisées. Les YPJ ont utilisé les données provenant de deux sources différentes, les archives Anıt Sayaç (site en ligne comptabilisant les féminicides en Turquie) et la plateforme « Nous mettrons fin aux féminicides » (Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu – KCDP). Voici quelques extraites du rapport qui s’intitule « Maman, s’il te plait, ne meurs pas! – Féminicide en Turquie sous le régime de l’AKP » « Maman, s’il te plait, ne meurs pas ! » Ce sont les mots d’une fillette de 10 ans le 18 août 2019, dans un café de la province de Krikkale. Sa mère, Emine Bulut, a été attaquée par son ex-mari avec un couteau devant les yeux. Emine Bulut est décédée peu de temps après à l’hôpital. Son cas est devenu célèbre parce que la scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, mais en Turquie, chaque année, il y a des centaines de féminicides, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Ici, nous utilisons le mot féminicide pour décrire le meurtre d’une femme pour la raison d’être une femme. Le terme féminicide inclut la responsabilité de l’État dans le contexte du massacre de femmes en tant qu’identité et secteur de la population.
Le graphique ci-dessus montre les données sur les féminicides selon deux sources différentes : les données de l’archive Anıt Sayaç sont présentées en rouge, tandis que les données de la plateforme « Nous mettrons fin aux féminicides » (KCDP) sont présentées en jaune. Précisons que jusqu’à l’année 2019, les données du KCDP sont unitaires alors que pour les années suivantes elles différencient, notamment les taux entre féminicides et décès suspects de femmes. Les données du graphique sont la somme des deux ; de plus, au moment de la rédaction, il est possible que les données pour l’année 2022 soient encore incomplètes
Selon une étude de 2023, qui analyse les féminicides commis sur le territoire de l’État turc de 2013 à 2021, l’auteur qui apparaît le plus fréquemment est « Mari + homme avec mariage religieux + ex-mari ». Dans cette étude, on peut lire : « Les résultats ont révélé qu’une augmentation du taux de chômage des femmes et une diminution du taux de chômage des hommes augmentent le nombre de féminicides ». Les politiques du gouvernement AKP des 20 dernières années ont explicitement visé à amener les femmes à se marier jeunes et à les pousser à avoir plusieurs enfants. Lorsque l’agresseur est dans la plupart des cas le mari ou l’ex-mari, exercer une pression psychologique sur les femmes pour qu’elles se marient signifie les mettre encore plus en danger. En outre, les efforts politiques visent à empêcher les femmes d’avoir un emploi en dehors du foyer, dans la mesure où les femmes qui travaillent sont accusées d’augmenter le chômage. Tout cela, si on le compare aux données de cette étude, nous fait comprendre comment le gouvernement AKP est parmi les causes infrastructurelles de ces féminicides. Une autre des principales raisons pour lesquelles les féminicides augmentent de manière si drastique est que suite aux signalements de violences, les mesures de sécurité pour les victimes se font rares. (…) La liste des cas pourrait s’allonger, mais ce qui est clair, c’est que, comme indiqué dans une déclaration conjointe de WWHR, Mor Çatı et Ca.Der « l’impunité est devenue la norme dans les crimes de violence contre les femmes et les abus sexuels ; les fonctionnaires, notamment les forces de l’ordre, adoptent une approche loin de soutenir les femmes qui luttent pour se protéger de la violence ; et que les mauvaises pratiques telles que le fait de décourager les femmes de porter plainte et les tentatives de réunir des femmes avec des hommes en leur infligeant des violences restent impunies et non sanctionnées. » Même des organisations internationales comme Amnesty International déclarent: « Les victimes sont souvent découragées de signaler les infractions et les enquêtes sur les signalements de violence à l’égard des femmes manquent souvent de diligence. Ces attitudes expliquent en partie pourquoi de nombreuses femmes en Turquie confrontées à la violence prennent la décision de ne pas la signaler aux forces de l’ordre. Les lacunes du système de protection et d’ordonnances préventives sont particulièrement choquantes par le fait que des femmes sont tuées alors qu’elles font l’objet de telles ordonnances. » Il ressort clairement de ces données qu’une grande partie de l’augmentation des féminicides en Turquie est due au manque de volonté politique du gouvernement AKP de les empêcher. (…) » Chacun de ces meurtres doit être analysé dans le contexte d’un désir de tuer des femmes en tant qu’entité politique, sociale, éthique Nous aimerions analyser plus en détail ce manque de volonté politique. Nous avons déjà souligné comment le gouvernement AKP fait pression pour que les femmes n’aient pas d’emploi rémunéré, et comment l’absence de celui-ci affecte la probabilité d’être victimes de féminicides. Nous avons vu comment le gouvernement AKP pousse au mariage à un jeune âge et rend difficile pour les femmes d’avoir leur propre vie en dehors de la famille, et comment dans la plupart des cas, c’est le partenaire masculin qui commet un féminicide. Nous avons considéré que lorsque les femmes trouvent la force de dénoncer les violences qu’elles ont souvent subies, les dispositions de l’État ne sont pas appropriées et cela conduit également au féminicide. mais cette analyse n’est pas complète. Ce que nous voulons montrer ici, c’est que nous ne pouvons pas considérer les cas de féminicide comme de simples événements isolés, mais, dans un monde où le patriarcat est l’idéologie sous-jacente des institutions étatiques, le féminicide devient la forme extrême d’une guerre constante, parfois ouverte et parfois souterraine, contre les femmes et ce qu’elles représentent. Chacun de ces meurtres doit être analysé dans le contexte d’un désir de tuer des femmes en tant qu’entité politique, sociale, éthique ; et cela a pour but d’effacer les formes de société qui se construisent autour des femmes. Depuis des milliers d’années, l’humanité a transmis son histoire ou promu des valeurs et des croyances à travers des histoires, des mythes, des légendes : en les analysant, nous pouvons trouver l’histoire de l’humanité et, dans celle-ci, notre propre histoire. Il existe un mythe qui représente le premier féminicide de l’histoire, le mythe de Tiamat et Marduk, que nous ne décrirons ici que brièvement. Tiamat est la grande déesse mère, comme Gaïa elle représente la vie et la nature, mais au fil des années, ses enfants deviennent jaloux et n’acceptent plus sa force. Ils la voient comme une créature sombre, et ils disent qu’elle crée une armée de monstres, et cette armée est décrite comme des animaux ou des éléments de la nature sur lesquels le monde patriarcal n’a aucun contrôle. Marduk se porte volontaire pour la grande guerre contre Tiamat. Dans la lutte Tiamat devient comme un serpent, et la description de la première attaque de Marduk ressemble beaucoup à un viol : « Quand Tiamat ouvrit grand la bouche pour le détruire, il y lança le Vent Maléfique, de sorte qu’elle ne put fermer les lèvres. Les vents furieux remplissaient son ventre. » Puis 3 flèches sont tirées, une touche le ventre, symbole de la force créatrice, une touche le cœur, symbole des sentiments et de la compréhension émotionnelle, et la troisième va détruire la tête, symbole de la pensée et du raisonnement. C’est ainsi que Tiamat est tuée, cette symbolique montre aujourd’hui que c’est ainsi que les femmes sont tuées dans le monde. Le mouvement des femmes kurdes parle du féminicide « comme une guerre globale et structurellement ancrée contre les femmes, à la fois dans les conflits armés et dans la vie quotidienne. Cette guerre se déroule tant sur le plan physique, militaire que sur le plan idéologique et psychologique » et nous, en tant que YPJ, sommes d’accord avec cette définition. Le gouvernement AKP mène également cette guerre explicitement en tuant physiquement des femmes, en particulier des femmes qui représentent une alternative à l’idéologie patriarcale, capitaliste et impérialiste qui forme les lignes directrices de ce gouvernement. Une véritable guerre, idéologique et psychologique, mais aussi physique et armée est menée contre les femmes qui luttent pour construire une société démocratique, écologique basée sur la liberté des femmes. Des femmes et des filles sont tuées non seulement dans le nord du Kurdistan, sous contrôle turc, mais aussi dans le nord et l’est du territoire syrien. Dans le prochain article, nous fournirons une liste de certaines de ces femmes qui ont été assassinées par le gouvernement AKP. La meilleure forme d’autodéfense est liée à l’organisation: la force des femmes réside dans leur union Cette guerre contre les femmes n’est pas seulement menée par le gouvernement AKP, mais par toutes les entités qui adhèrent à la même philosophie patriarcale, capitaliste et impérialiste. Maintenant, face à cette guerre qui se livre contre nous les femmes, il faut se défendre. Il nous faut résister et combattre, car les mêmes États-nations et puissances oppressives qui ont déclenché cette guerre ne s’arrêteront pas d’eux-mêmes. Il est nécessaire que nous, les femmes, nous battions car dans leur guerre contre nous, elles visent à détruire les valeurs d’une société démocratique et écologique. Avec chaque femme dans le monde tuée, une partie de nous tous est tuée. C’est aussi pour tout cela qu’en tant que YPJ nous avons décidé de prendre les armes, en tant qu’unité de défense des femmes. L’autodéfense n’est pas seulement une tâche militaire, mais une tâche sociale, mentale et émotionnelle, car les attaques que nous recevons sont de toutes sortes. La meilleure forme d’autodéfense est liée à l’organisation : la force des femmes réside dans leur union. C’est pourquoi des réseaux mondiaux tels que « les femmes tissent l’avenir » se créent. Le rapport complet à lire ici: Mom, please don’t die! Feminicide in Turkey under AKP rule

CONFÉRENCE. La question kurde: les dynamiques de la violence au Kurdistan

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LYON – Le Forum de Solidarité Euro-Méditerranéenne (FORSEM) organise une conférence/débat portant sur la question kurde le 25 mai prochain à Lyon. « Les nations ont grand intérêt à s’accepter telles qu’elles sont, telles qu’elles vivent et respirent dans leurs langues et cultures de tous les jours. Leur diversité à tous point de vue est loin d’être un ferment de division, mais bien une richesse à préserver. Ce sont les États qui, eux, sont appelés à s’adapter et à s’approprier la densité historique, culturelle, linguistique… des nations d’essence plurielle. » Avec Hamit BOZARSLAN, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses recherches portent sur la sociologie historique et politique du Moyen-Orient. RDV le jeudi 25 mai, à 20h30 Salle du conseil Mairie du 1er arrondissement de Lyon 2 place Sathonay 69001 LYON