IRAK. L’accès de l’université de Kirkouk interdit aux étudiants portant les tenues traditionnelles kurdes

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IRAK / KURDISTAN – Alors que les Kurdes célébraient jeudi la journée des vêtements traditionnels kurdes, les forces de sécurité irakiennes ont empêché les étudiants vêtus de tenues kurdes d’accéder à l’Université de Kirkouk. « Nous avons essayé d’entrer par la porte principale, mais ils nous ont dit que nous n’étions pas autorisés », a déclaré vendredi à Rudaw un étudiant en géographie de l’université de Kirkouk qui portait des vêtements traditionnels aux côtés de nombreux autres étudiants kurdes. « Ils nous ont interdit d’entrer sur le campus (…), nous disant qu’il n’y avait pas de journée nationale de [tenues traditionnelles]. Nous sommes restés sur le parking jusqu’à la fin de la journée scolaire », a-t-il déclaré. Les bureaux du gouvernement à Kirkouk ont ​​​​également interdit le port de vêtements kurdes, bien que les écoles primaires et secondaires kurdes de la ville aient marqué l’occasion avec des tenues de fête. Kirkouk est une ville multiethnique abritant des Kurdes, des Arabes et des Turkmènes. La ville était sous administration conjointe avant 2014, lorsque les Kurdes ont pris le contrôle total après le retrait des forces irakiennes face au groupe État islamique (ISIS). Les Kurdes ont tenu la ville jusqu’au 16 octobre 2017, date à laquelle les forces irakiennes ont repris le contrôle et expulsé les forces de sécurité kurdes à la suite du référendum sur l’indépendance du gouvernement régional du Kurdistan (KRG). Moins de deux mois plus tard, de violentes altercations ont éclaté entre étudiants de l’Université de Kirkouk lorsque des étudiants arabes ont tenté de provoquer les Kurdes lors de la journée des peshmergas, qui honore les forces armées kurdes, en diffusant de la musique nationaliste irakienne dans des haut-parleurs et en agitant le drapeau irakien devant leurs camarades kurdes. Les Kurdes de Kirkouk ne peuvent plus célébrer librement leurs événements nationaux ni arborer le drapeau du Kurdistan depuis le 16 octobre 2017. « La première année, ils interdisent de hisser le drapeau du Kurdistan. Ensuite, ils interdisent les vêtements kurdes. Si ça continue comme ça, dans quelques années, ils interdiront complètement aux Kurdes d’entrer à l’université », a déclaré un autre étudiant. Rudaw

KURDISTAN. Un drone turc cible un véhicule à Chamchamal

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IRAK / KURDISTAN – La Turquie continue à massacrer les Kurdes et les Yézidis en Irak et en Syrie tandis que la communauté internationale garde son silence face aux crimes turcs commis dans les pays voisins. Cet après-midi, un drone turc a ciblé un véhicule à Chamchamal, dans la province kurde de Sulaymaniya, tuant un des occupants du véhicule et en blessant deux autres. Le véhicule ciblé par le drone turc circulait sur la route entre Chamchamal et Kirkouk. On ne sait pas encore l’identité de la victime.  

TURQUIE: Élections cruciales le 14 mai 2023

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TURQUIE / KURDISTAN – Alors que les décombres contenant des dizaines de milliers de corps du séisme dévastateur qui a frappé le 6 février le sud-est de la Turquie à majorité kurde/alévie sont encore au sol, que des millions de personnes sont sans toit et que des centaines de milliers de sinistrés se sont exilés dans d’autres régions… le président turc Erdogan a publié aujourd’hui un décret fixant au 14 mai 2023 la date des prochaines élections présidentielles et parlementaires en Turquie. Pour de nombreux observateurs, Erdogan n’a plus le soutien nécessaire pour briguer un nouveau mandat et l’opposition turque qui regroupe six partis peut remporter les élections du mai, à condition de tendre la main au parti HDP et cesser de criminaliser le peuple kurde dont le vote déterminera l’issus des élections. Par ailleurs, ils mettent en garde contre le risque d’irrégularités électorales, notamment dans les provinces sinistrées du séisme où l’État d’urgence est en vigueur. L’Institut kurde de Paris vient de nous faire parvenir le texte ci-dessous pour notamment attirer l’attention sur les enjeux des élections en Turquie pour ses citoyens kurdes. On le partage avec vous. TURQUIE: Élections cruciales le 14 mai 2023 Le président turc a publié aujourd’hui un décret fixant au 14 mai 2023 la date des prochaines élections présidentielles et parlementaires en Turquie. Au lendemain d’un tremblement de terre, qualifié de « catastrophe du siècle », qui a fait plus de 55.000 morts, affecté une dizaine de millions de citoyens, provoqué l’exode de 1,5 à 2 millions d’habitants vers les autres régions du pays, les conditions d’organisation de ce scrutin restent encore floues. Mais la constitution turque ne prévoit le report des élections qu’en cas de guerre, il n’était donc juridiquement pas possible de les ajourner. Par ailleurs, le pouvoir turc maintient l’économie sous perfusion grâce à des accords swap avec les pétromonarchies, la Chine et la Russie et grâce à l’ajournement de l’énorme dette turque envers la compagnie gazière Gazprom, ne peut pas retarder de plus de deux mois la crise financière attendue. Dans ce contexte, le scrutin du 14 mai sera crucial pour l’avenir de la Turquie, pour la stabilité régionale et aussi pour la sécurité de l’Europe. Tout le monde sait que le scrutin ne sera pas équitable car le pouvoir contrôle plus de 90% des media et utilisera les ressources de l’État à sa guise pour sa campagne électorale. Mais même dans ces conditions iniques la coalition de l’opposition, qui regroupe six partis allant du Parti républicain du peuple (CHP) kémaliste et laïc, aux conservateurs musulmans et dissidents de l’AKP comme l’ancien Premier ministre Ahmet Davutoglu ainsi que la droite nationaliste (Iyi Parti) de Mme Meral Aksener, a des chances réelles de l’emporter si le scrutin n’est pas truqué et si un compromis est trouvé avec le parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde. Avec 6 millions d’électeurs aux dernières élections le HDP avait, lors des élections municipales, joué un rôle déterminant en ne présentant pas de candidat contre les candidats de la coalition de l’opposition appelée l’Alliance nationale. Cela a permis de ravir entre autres les mairies d’Istanbul, d’Ankara et d’autres métropoles turques au parti de M. Erdogan. Sans faire partie de l’Alliance nationale, il pourrait, en échange de l’engagement d’une dizaine de mesures de démocratisation, de soutenir le candidat unique de l’opposition Kemal Kiliçdaroglu. Mais issue de l’extrême droite nationaliste la formation de Mme Aksener s’oppose à toute négociation avec le parti pro-kurde HDP. Le leader emprisonné depuis 2016 Selahattin Demirtas vient d’adresser à ce sujet une lettre ouverte à Mme Aksener. Une lettre qui fait débat en Turquie car sans le soutien du HDP, l’opposition n’a guère de chance de gagner les élections. Voici, pour information, la traduction en français de cet important document. Lettre ouverte du leader kurde emprisonné à Mme Aksener, présidente d’IYI Parti, membre de droite nationaliste de la coalition d’opposition Alliance Nationale, qui s’oppose à toute négociations avec le Parti Démocratique des Peuples (HDP) pro-kurde qui avec des 6 millions d’électeurs, peut jouer un rôle décisif dans les prochaines élections turques du 14 Mai 2023 et qui a permis l’élection des maires d’Istanbul, d’Ankara, d’Izmir et d’autres grandes villes en 2020. Mme Meral Aksener, Présidente d’IYI Parti, Madame, je vous écris cette lettre sous mon identité d’électeur du HDP. Vous avez entrepris une tâche difficile dans une période historique, avec le candidat à la présidence de l’Alliance nationale, M. Kemal Kilicdaroglu, les dirigeants des partis de l’Alliance nationale et les deux maires. Tout d’abord, je vous félicite et vous souhaite bonne chance. D’après ce que je vois, M. Kilicdaroglu et les dirigeants des partis autres que le vôtre veulent rassembler tous les électeurs, y compris ceux du HDP, autour de l’espoir d’une transformation démocratique. Si vous dites : « Non, nous voulons aussi le vote et le soutien des électeurs du HDP, mais nous ne voulons pas prendre le HDP comme interlocuteur institutionnel », je dois immédiatement souligner que j’ai donné au HDP le devoir et la responsabilité de protéger mes droits politiques, tout comme le font les électeurs des autres partis. Par conséquent, quelle que soit la décision de la direction du HDP, en laquelle j’ai une grande confiance, mon vote ira naturellement dans le même sens. Notre parti, le HDP, tout comme le IYI Parti, tient sa légitimité de la volonté du peuple. De plus, le peuple a montré plus d’intérêt pour le HDP que pour votre parti, faisant du HDP le troisième parti de Turquie. Vous êtes déjà côte à côte avec le HDP au Parlement et assis à la même table dans les commissions. Vous connaissez peut-être aussi notre présence à l’Assemblée, puisque M. Nimetullah Erdoğmuş, député du HDP, préside notre Assemblée de temps à autre. Madame, Avant cette élection historique, alors que la majeure partie de la société essayait de susciter l’espoir avec les slogans « nous gagnerons ensemble », je pense que certaines de vos déclarations et approches à l’égard du HDP, notre parti, ne sont pas adaptées à cet objectif. En tant qu’électeur du HDP, je vois un grand avantage à clarifier certaines questions afin de mieux vous comprendre. En tant que membre de l’Alliance nationale, vous avez eu d’âpres négociations, même avec les partis de votre alliance. Pourquoi la politique de négociation, qui est votre droit, n’est-elle pas un droit pour le HDP ? Je suis sûr que vous ne considérez pas les électeurs du HDP comme des citoyens de seconde zone, dépourvus de volonté. Dans ce cas, quel mal y a-t-il à ce que le HDP négocie avec le candidat à la présidence pour lequel il votera ? En outre, comme le HDP l’a déclaré à plusieurs reprises, les chapitres de négociation sont la déclaration d’attitude en 11 points annoncée par le HDP en septembre 2021, et non pas tant de choses secrètes. Si le HDP décide de soutenir, M. Kılıçdaroğlu deviendra très probablement président et vous serez vice-président. Votre parti occupera également plusieurs postes ministériels. Madame, dans ce cas, je dois vous demander ouvertement : 1- Voulez-vous mon vote en tant qu’électeur du HDP ? Comment comptez-vous me convaincre, puisque c’est avec mon vote que vous siégerez à la vice-présidence et au ministère ? D’ailleurs, je vous rappelle que vous n’avez pas dit « je ne veux pas » des voix du HDP, ce qui a permis aux maires de l’Alliance de la Nation de gagner les élections locales. (à Istanbul, Ankara, Izmir, etc.) 2- Bien que le HDP ne veuille pas de ministère, certains de vos amis ont blessé et marginalisé les électeurs du HDP en disant « Nous ne donnerons pas de ministère au HDP ». Maintenant, si ces amis sont candidats à des sièges ministériels avec les votes des électeurs du HDP, n’avez-vous pas besoin de nous convaincre ? 3- Bien que le HDP ait déclaré qu’il n’avait pas d’autres exigences que les principes démocratiques, vous avez dit : « Le CHP peut établir un dialogue avec le HDP, mais des concessions ne peuvent être faites, et leurs exigences ne peuvent être apportées à cette table ». Considérez-vous les demandes de démocratisation comme des concessions ? Si vous arrivez au pouvoir et que les demandes du HDP ne viennent pas sur votre bureau, quel autre bureau nous recommandez-vous ? Avez-vous l’intention de nous diriger à nouveau vers le « bureau de l’anti-terrorisme », comme c’est le cas depuis cinquante ans ? 4- Ni le HDP ni les électeurs du HDP n’accepteront une approche d’un point de vue autoritaire, imposant et dominant, à l’exception d’une négociation épaule contre épaule entre égaux. Nous n’adoptons aucune autre méthode que la résolution de nos problèmes dans le domaine de la politique démocratique, pacifiquement, en discutant de manière moderne. Y a-t-il une autre méthode que vous proposez ? Madame, Comme tous les électeurs, les électeurs du IYI Parti et du HDP vivent côte à côte dans la rue, rôtis dans le même feu. S’il n’y a aucun problème à se tenir ensemble parmi les électeurs, je pense que les dirigeants politiques devraient également être dignes de la société. Indépendamment de nos circonstances et de nos décisions, nous devons créer une Turquie qui vit ensemble dans l’égalité, la liberté et la prospérité. Je pense que vous contribuerez également à cet effort, je vous dis encore une fois bonne chance et je vous souhaite beaucoup de succès. Peyva dawî, birêz Akşener bila tu zanibe ku em Kurd in. Em gelê Kurd xwedî nasname, ziman, çand, hûner û dîrok in. Em di doza xwe de jî mafdarin. Bila qet neyê ji bîr kirin ! (Traduction en français du dernier paragraphe en kurde : Un dernier mot, Mme Aksener, sache que nous sommes kurdes. Nous, le peuple kurde, avons une identité, une langue, une culture, un art et une histoire. Nous avons une cause et des droits. Que l’on ne n’oublie jamais.) Avocat Selahattin Demirtaş Prison d’Edirne

ALLEMAGNE. Une pièce adaptée du roman de l’écrivain kurde Bakhtiar Ali jouée au théâtre de Celle

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Le 23 mars, la première de pièce de théâtre « La ville des musiciens blancs » adaptée du roman de l’auteur kurde Bakhtiar Ali aura lieu au Théâtre du Château de Celle. La pièce, mise en scène par Andreas Döring, sera jouée en partie en kurde avec surtitres, et une autre représentation est annoncée pour le samedi 24 mars. « La ville des musiciens blancs » raconte l’histoire de l’expulsion des Kurdes sous la forme d’un conte de fées d’une beauté troublante – une épopée mythique sur l’amour et la justice face à un monde inhumain. Le célèbre auteur kurde Bachtyar Ali, installé en Allemagne depuis 1995, laisse errer ses personnages dans un monde intermédiaire fascinant où la beauté apporte réconfort et réconciliation. Il nous emmène dans un voyage mystique à travers le désir et les questions existentielles. Les perspectives qui s’ouvrent naissent du désir de paix et ont une grande profondeur. Dans le contexte de la société urbaine germano-kurde de Celle, avec ses propres histoires d’évasion et d’expulsion, cette œuvre donne une voix kurde au désir de paix et d’unité. Le spectacle sera en allemand et en kurde (avec surtitres). L’acteur kurde Alan Ciwan tient le rôle de Jaladat. Bakhtyar Ali : Écrivain contemporain de Sulaymaniya Bachtyar Ali est probablement l’écrivain contemporain le plus connu du Kurdistan d’Irak. Né en 1966 dans la métropole Silêmanî, considérée comme le centre culturel et éducatif de la région autonome, il entre en conflit avec la dictature de Saddam Hussein dans les années 1980. Après avoir été blessé lors d’une manifestation étudiante, Ali a interrompu ses études de géologie et s’est consacré à la littérature. En tant que rédacteur en chef de la revue philosophique Azadî (Liberté), il a provoqué la colère de nombreux hommes politiques avec son travail de journaliste et d’auteur. Lorsqu’une guerre a finalement éclaté entre différents partis kurdes au milieu des années 1990, que les Kurdes appellent Birakujî (fratricide), Azadî était également sous forte pression. Il y a eu des menaces régulières contre l’équipe éditoriale – provenant de milieux très différents. Ali n’avait pas d’autre choix que de quitter le pays. Depuis, il vit en Allemagne. Même si Bachtyar Ali jouit d’un statut culte au Kurdistan, il ne s’est fait connaître dans les pays germanophones qu’en 2016 avec son roman « La dernière grenade ». Un an plus tard, son œuvre « La ville des musiciens blancs » est publiée. Son troisième roman, « Perwanas Abend », est maintenant disponible. ANF  

Déclaration finale de la conférence kurde tenue au parlement européen

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BRUXELLES – Après deux jours de discussion, les organisateurs de la conférence kurde tenu au Parlement européen ont fait une déclaration finale dans laquelle ils ont insisté sur la résolution pacifique de la question kurde. La Commission civique de l’UE en Turquie (EUTCC), en coopération avec l’Institut kurde de Bruxelles, a organisé la 17e conférence internationale intitulée « L’Union européenne, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes » au Parlement européen à Bruxelles mercredi et jeudi. A l’issue de la conférence de deux jours, une prise de position commune avec les revendications actuelles a été adoptée. La déclaration finale affirmait que la conférence était un succès. Voici les principales revendications listées par les participants : Commémoration des victimes du séisme du 6 février 2023 Début février, un tremblement de terre dévastateur a secoué la Turquie, le Kurdistan et la Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie, des villes entières ont été réduites en décombres et en cendres. L’ampleur violente de la catastrophe n’est pas seulement le résultat de séisme, mais d’une politique d’État avide de cupidité et de profit. La conférence de l’EUTCC commémore les victimes du tremblement de terre et appelle la Turquie à cesser immédiatement ses attaques contre le nord de la Syrie et à lever l’embargo ciblant l’aide humanitaire. Cessez-le-feu bilatéral entre la Turquie et le PKK La conférence a souligné l’importance de l’inaction militaire exigée par le PKK à cause du tremblement de terre et a déclaré qu’elle aurait dû venir des deux côtés. L’inaction militaire et la catastrophe du tremblement de terre ne sont pas seulement une conséquence, mais aussi une opportunité pour la République de Turquie de surmonter 100 ans de mentalité étatique moniste et de devenir une république démocratique. Dans ce contexte, les prochaines élections sont une option historique qui doit être saisie par l’opposition. Signal clair de l’Europe contre l’interdiction du HDP La conférence de l’EUTCC appelle l’opposition à s’unir pour la démocratie et la paix et à se mobiliser ensemble contre l’interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP). La communauté internationale, en particulier l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, doit envoyer des signaux clairs indiquant qu’elle n’acceptera en aucun cas l’interdiction du deuxième parti d’opposition. Mettre fin à l’isolement d’Abdullah Öcalan Une nécessité historique attendue depuis longtemps est l’ouverture des portes de la prison d’Imrali, un espace de non-droit qui a été le point de départ des pires violations des droits humains. L’Union européenne, le Conseil de l’Europe et en particulier le Comité anti-torture (CPT) sont appelés à utiliser tous les mécanismes pour mettre fin à l’illégalité sur Imrali et permettre aux avocats d’accéder sans entrave à l’île. Dialogue entre l’État turc et le PKK La conférence EUTCC a appelé à la libération d’Abdullah Öcalan et à la reprise du dialogue entre l’État turc et le PKK pour une solution durable de la question kurde. L’administration autonome du Rojava doit être reconnue Ce dialogue est également crucial pour l’avenir de la Syrie et du Moyen-Orient. L’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), avec son contrat social basé sur le concept d’autonomie démocratique, est la seule alternative pour un Moyen-Orient pluraliste et démocratique. De cette manière, les lignes de conflit ethniques et sectaires, les crimes de guerre – écocide, génocide, féminicide, violations du droit international – peuvent être arrêtés et surmontés ensemble. Une étape importante serait que la communauté internationale reconnaisse l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie. Dans ce contexte, la conférence EUTCC souligne également l’obligation des États de ramener et de poursuivre les combattants de l’EI emprisonnés. Un tribunal local est également nécessaire. Les attaques de drones doivent être stoppées L’impact déstabilisateur de la politique étrangère de l’actuel gouvernement turc entrave également le développement de la stabilité et de la sécurité dans la région kurde d’Irak. Les massacres d’hommes politiques kurdes, en particulier de femmes, par des drones turcs dans la région du Kurdistan du Sud et dans la région de l’AANES (nord et est de la Syrie) doivent être poursuivis. Génocide des Yézidis De nombreux États ont reconnu les attaques contre les Yézidis comme un génocide. L’UE devrait mobiliser tous les mécanismes diplomatiques et politiques pour empêcher de nouvelles attaques de drones turcs contre les Yézidis. Les Yézidis souffrent des conséquences du génocide de 2014. L’utilisation d’armes chimiques doit faire l’objet d’une enquête La conférence de l’EUTCC a appelé l’ONU, l’OIAC et la Cour pénale internationale à traiter les crimes de guerre de la Turquie et à lancer des enquêtes indépendantes. Les États membres de l’OIAC devraient utiliser les possibilités prévues par la réglementation pour enquêter sur l’utilisation présumée d’armes chimiques par la Turquie. La communauté internationale, en particulier l’Union européenne, est appelée à faire pleinement respecter le droit international en ce qui concerne la Turquie et à sanctionner les violations. Le PKK devrait être retiré de la liste des organisations terroristes L’Union européenne et l’Europe ont également une responsabilité dans le cadre du traité de Lausanne, signé il y a 100 ans. La conférence EUTCC a appelé l’Union européenne et les institutions et États européens à prendre toutes les mesures pour empêcher une guerre anti-kurde sur le sol européen. L’attentat du 23 décembre 2022 à Paris doit faire l’objet d’une enquête approfondie. Une contribution importante de l’Union européenne pour la communauté kurde en Europe et surtout à une solution politique de la question kurde serait la radiation du PKK de la liste des organisations terroristes. Le slogan Jin, Jiyan, Azadi Toutes ces revendications font également partie du slogan Jin, Jiyan, Azadi (Femme-Vie-Liberté), qui s’est répandu dans le monde entier avec les protestations iraniennes. La conférence EUTCC a déclaré qu’elle était solidaire du peuple iranien qui se rebelle contre un régime tyrannique. Il n’y a pas d’alternative si la diversité du pays ne peut participer pleinement aux processus de reconstruction politique. L’EUTCC a appelé la communauté internationale à revendiquer ce slogan. ANF

TURQUIE. Le HDP appelle à la solidarité face aux menaces de fermeture du parti

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TURQUIE – Le parti politique pro-kurde, HDP appelle à la solidarité avant l’audience finale dans l’affaire du fermeture du parti demandée par le pouvoir turc alors que ses électeurs seront les faiseurs de roi lors des élections législatives et présidentielles du 14 mai 2023 qui menacent le règne du président Recep Tayyip Erdogan. Le Parti démocratique des peuples (HDP) est au point culminant d’un procès de plusieurs années à motivation politique visant à fermer le parti. Ce sera la dernière étape d’un processus judiciaire qui a débuté le 17 mars 2021 à l’encontre du troisième parti de Turquie. Hier, la Cour constitutionnelle a levé le blocage des comptes du HDP où sont transférées les aides du Trésor. Le HDP, 3e force politique de Turquie, recevra une aide avant les élections. La Cour suprême avait annoncé plus tôt dans la journée que la date de plaidoirie du parti avait été reportée au 11 avril dans l’affaire de fermeture du HDP pour terrorisme alors que ce dernier milite pour la résolution pacifique de la question kurde en Turquie. Poursuites pour la fermeture d’HDP La Cour de cassation a ouvert une enquête contre le HDP le 2 mars 2021, et le procureur général près la Cour de cassation Bekir Şahin a saisi la Cour constitutionnelle le 17 mars 2021, exigeant la fermeture du HDP et de bannissement de plusieurs de ses membres de la vie politique pendant 5 ans. Une majorité des deux tiers, ou les voix de 10 des 15 membres de la Cour constitutionnelle, sont nécessaires pour fermer le parti ou imposer d’autres sanctions au parti, comme le priver totalement ou partiellement de l’aide publique. Dans un génocide politique implacable, le HDP et ses membres sont persécutés par le régime de Recep Tayyip Erdogan depuis 2016 et des milliers de ses membres et dirigeants, dont les coprésidents Selahattin Demirtas et Fidan Yüksekdağ emprisonnés. Appel à la solidarité avec le HDP le 13 mars Pour contrer les calculs politiques d’Erdoğan et ses efforts pour perturber le rôle fondamental que le HDP devrait jouer dans les élections turques, le HDP devrait être soutenu au niveau international. C’est pourquoi la représentation européenne du HDP appelle à une campagne internationale menée par les partis politiques et les politiciens le 13 mars, pour s’opposer au parcours antidémocratique d’Erdoğan et faire preuve de solidarité avec le HDP. Cette date a été symboliquement choisie, comme une occasion de montrer sa solidarité avec le HDP. Bien que la récente décision du tribunal ait avancé la date du 14 mars au 11 avril, le 13 mars reste une journée de solidarité internationale avec le HDP.  

Un documentaire rend hommage au travail remarquable de l’avocate et féministe kurde Eren Keskin

La réalisatrice Maria Binder a réalisé un film dédié à Eren Keskin, éminente avocate kurde et présidente de l’Association des droits de l’Homme de Turquie persécutée par l’État turc depuis des décennies. Le documentaire intitulé « Eren » dépeint une femme qui se bat depuis plus de 30 ans pour les droits fondamentaux et la paix en Turquie. En tant qu’avocate, présidente de l’Association des droits de l’Homme de Turquie (İnsan Hakları Derneği – IHD) et militante des droits humains, Eren Keskin est l’une des principales actrices et militantes des droits des femmes, des LGBT et des minorités, s’opposant à la torture et aux violences sexuelles. Son sens aigu de la justice ne connaît aucun tabou, ébranlant même les fondements de l’État turc. Maintenant, elle a été désignée comme ennemie de l’État et doit se défendre. Elle risque une peine d’emprisonnement à perpétuité dans plus d’une centaine d’affaires intentées contre elle. Combien de temps lui reste-t-il en liberté, elle ne le sait pas. À tout moment, elle peut disparaître derrière les barreaux.   ANF

Shirin Ebadi: Le réveil des femmes musulmanes est en cours

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Lors de la 17e Conférence internationale Kurde tenue à Bruxelles, la lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a souligné l’importance de lutter contre la discrimination à l’égard des femmes dans le monde, ajoutant que le réveil des femmes musulmanes est en cours. « Alors que les droits des femmes ont connu de nombreuses attaques institutionnelles tout au long de l’année, la prise de conscience et l’éveil des femmes musulmanes ont également augmenté », a déclaré l’avocate et militante des droits humains Shirin Ebadi lors de la 17e conférence internationale La 17e Conférence internationale « L’Union Européenne, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes » organisée au Parlement européen à Bruxelles mercredi. La célèbre avocate des droits humains a assisté à distance par message vidéo et a déclaré que le 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes était un « rappel de la discrimination à l’égard des femmes dans le monde ». Ebadi a salué la bravoure des femmes afghanes, qui « élèvent maintenant la voix pour combattre les talibans », et a fait l’éloge des manifestations iraniennes qui ont commencé avec la mort de la jeune Kurde Jina Mahsa Amini par la police des mœurs iranienne à Téhéran il y a six mois. « La première chose que le nouveau régime islamique iranien a faite après la révolution de 1979 a été d’adopter des lois obligatoires sur le port du hijab. Dominer le corps des femmes a été la première et la plus rapide des décisions qu’elles ont prises. Quelques mois plus tard, ils ont adopté une loi permettant aux hommes d’épouser quatre femmes et de divorcer sans raison valable », a déclaré Ebadi. « Les femmes de l’Est sont confrontées à une grave discrimination, souvent imposée par la loi et la religion », a déclaré Ebadi, tout en ajoutant que les femmes des pays occidentaux étaient également confrontées à des luttes en raison de la double obligation à la maison, au travail et dans la société, mais pouvaient souvent jouir des avantages des lois mises en place pour réduire les discriminations. « La racine du problème dans la culture patriarcale est qu’elle ne reconnaît pas l’égalité humaine », a déclaré Ebadi. Elle a conclu en exprimant l’espoir que tous pourraient assister à un monde « où tout le monde est égal et où il n’y a plus de discrimination fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle, la classe sociale, la langue, la religion, la culture ou l’ethnie ». « L’égalité est l’un des premiers principes de la démocratie », a déclaré Ebadi. « Les femmes sont les pionnières de la démocratie simplement parce qu’elles se battent pour l’égalité. » Medya News: Muslim women’s awakening underway, says Nobel laureate Shirin Ebadi

Conférence kurde au PE: Appel à une enquête sur les armes chimiques turques et la fin des frappes de drones au Kurdistan

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BRUXELLES – Les participants de la 17e Conférence internationale kurde tenue au Parlement européen ont appelé à une enquête internationale sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques par l’armée turque et à la fin de ses frappes de drones en Irak et en Syrie. La 17e Conférence internationale « L’Union Européenne, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes » tenue au Parlement européen, a appelé à une enquête internationale indépendante sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques par les forces armées turques dans les zones à majorité kurde en Irak et en Syrie. Jan van Aken a lu l’appel en tant que biologiste et inspecteur des armes chimiques pour les Nations Unies et a demandé une enquête pour savoir si les troupes turques avaient utilisé des armes chimiques contre les guérilleros kurdes dans la région. « Certaines choses soulèvent des doutes et une enquête indépendante est nécessaire pour déterminer ce qui s’est passé », a-t-il déclaré. Aken avait déjà tenté de visiter la région dans le cadre d’une petite délégation pour prélever des échantillons, mais le comité international des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), lauréat du prix Nobel, en a été empêché. Outre l’appel à une enquête internationale sur les armes chimiques, la conférence a également examiné l’utilisation de drones armés, qu’elle a qualifiée d’extrajudiciaire et d’aveugle. L’avocat belge Georges Henri Beauthier, qui s’est rendu à plusieurs reprises dans la région, a déclaré que la Turquie utilisait quotidiennement des drones armés, ce qu’il a qualifié de violation du droit international. Beauthier a appelé à un cadre juridique international pour l’utilisation des drones et a déclaré qu’une affaire urgente devrait être déposée auprès de la Cour européenne des droits de l’homme pour mettre fin à l’impunité. Salar Mahmud, président de l’Union des écrivains du Kurdistan sur le génocide, a déclaré que les entreprises européennes étaient complices de l’utilisation d’armes chimiques, car elles fournissaient des matières premières à l’Irak. Mahmud a appelé à la responsabilité. Les participants ont également exprimé leur inquiétude face au silence de la communauté internationale sur les actions de la Turquie dans les territoires kurdes de Syrie et d’Irak, qui, selon eux, équivaudraient à des crimes de guerre. La conférence a appelé à une action urgente pour la responsabilité et contre l’impunité. « La communauté internationale doit se lever et assumer la responsabilité de mettre fin à ces atrocités », a déclaré Mahmud. L’appel à une enquête indépendante sur l’utilisation d’armes chimiques et à la fin des frappes de drones dans la région reflète l’inquiétude internationale croissante face à la situation, a-t-il ajouté. « Nous devons nous assurer que la communauté internationale est consciente de la situation et des atrocités commises contre le peuple kurde. Nous devons poursuivre les responsables et mettre fin à l’impunité qui a permis à ces crimes de se poursuivre », a déclaré Beauthier. Medya News

PARIS. L’Institut kurde célèbre le nouvel-an kurde (Newroz)

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PARIS – L’Institut kurde de Paris organise la fête du nouvel-an kurde (Newroz) le lundi 20 mars, à la Salle des Fêtes de la Mairie du 10ème arrondissement de Paris. Au programme : Mot de bienvenue Présentation du Newroz Musiques kurdes festives avec : Issa Hassan Koma Serhat Le duo traditionnel de « Dahol û Zirne » Govend (danses folkloriques kurdes) Buffet kurde Venez nombreux en famille avec vos enfants et vos amis en costume kurde, si vous en avez. Des élu.e.s locaux et la mairesse du 10e arrondissement, Alexandra Cordebard, ainsi que de le sénateur Rémi Féraud, assisteront également à la soirée de Newroz* qui débutera dès 18h30. Inscription obligatoire avant le vendredi 17 mars à 18h.   *Fête du Nouvel an, Newroz, dans la tradition kurde, est aussi, et surtout, un moment où on se rassemble pour célébrer l’esprit de résistance contre la tyrannie et les injustices. Newroz est le moment où on célèbre la victoire de la vie sur la mort, celle des lumières sur les ténèbres, celle de la résistance et de la résilience sur les épreuves et les malheurs. C’est pourquoi on doit célébrer Newroz en toutes circonstances. (Institut Kurde de Paris) Adresse de la fête: Mairie du 10ème arrondissement de Paris 72 rue du Faubourg Saint-Martin 75010 PARIS M° Château d’Eau – Ligne 4