TURQUIE. Un autre journaliste kurde poursuivi pour « terrorisme »

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TURQUIE – Le journaliste kurde de l’agence Mezopotamya, Ferhat Çelik a été détenu pendant quelques heures dans un poste de police d’Istanbul, où il s’était rendu pour une convocation. Il a été libéré plus tard dans la journée, après avoir été auditionné par le bureau du procureur. Ferhat Çelik, qui détient les droits de propriété de l’agence de presse Mezopotamya (MA), a été arrêté par la police aujourd’hui (14 mars) au poste de police de Feriköy, au motif qu’il y avait une ordonnance d’arrestation contre lui dans le cadre d’une enquête distincte. Les journalistes travaillant pour des organes d’information pro-kurdes sont confrontés à un harcèlement juridique accru depuis juin 2022, lorsque 22 employés des médias ont été arrêtés lors de perquisitions à domicile dans la ville kurde de Diyarbakır (Amed). Seize d’entre eux, dont des journalistes de MA, sont depuis lors en détention provisoire, sans inculpation. Dans une enquête distincte, neuf journalistes travaillant pour MA et JINNEWS, une autre agence kurde et centrée sur les femmes, ont été placés en détention provisoire fin octobre. Eux et deux autres qui ne sont pas en état d’arrestation ont été inculpés mi-février, encourant jusqu’à 15 ans de prison pour « appartenance à une organisation terroriste [PKK]».

Le 1er festival culturel kurde de Marseille débute avec la projection du film Kurdistan Kurdistan

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Dans le cadre du premier festival culturel kurde organisé par le Collectif solidarité kurde 13 (CSK) avec la mairie des 2-3 et le journal La Marseillaise, une soirée ciné-débat aura lieu le jeudi 16 mars à 19h30 au cinéma le Gyptis, à Marseille (3e). Le film documentaire Kurdistan Kurdistan de Bulent Gunduz sera projeté, suivi d’un débat/intervention avec le réalisateur. Synopsis Le film Kurdistan Kurdistan raconte la vie du chanteur Delil Dilanar, qui fut obligé de quitter son pays dans les années 90, pour avoir chanté en kurde dans un mariage au Kurdistan de la Turquie. Après 20 ans d’exil, il décide de retourner à ses racines. Réservation en ligne : https://cinemalegyptis.org/films/kurdistan-kurdistan/ Film emblématique de la situation que subit la population kurde en Turquie Le Collectif solidarité kurde 13 (CSK) explique ainsi le choix de ce film en ouverture du festival culture kurde « En 2023, ce long-métrage est emblématique de la situation actuelle en Turquie, de ce que subit la population kurde : acharnement judiciaire, répression sanglante, assimilation forcée, destruction de leurs villages, spoliation de leurs biens, pillage de leur patrimoine… L’histoire de Nudem Durak, est l’illustration même de ce déni, du Peuple kurde. La jeune musicienne fut condamnée en 2015, à 19 ans d’emprisonnement pour avoir chanté et enseigné la langue kurde. (…) Bien sûr, il sera aussi en soutien aux milliers de victimes du tremblement de terre qui a frappé les Provinces du Sud de la Turquie et du Nord de la Syrie, majoritairement kurde. » Exposition « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles » L’exposition « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles » de la photographe irano-britannique Maryam Ashrafi sera présentée également à la mairie des 2-3 à partir du mardi 21 mars.
Combattantes des YPJ – Kobanê avril 2015 – Photo Maryam Ashrafi
Lors de ses nombreux voyages effectués au Kurdistan syrien et irakien, Maryam Ashrafi a pu rencontrer des femmes combattantes du PKK à Qandil (en 2012-13), celles des partis armés kurdes d’Iran qui sont le KOMALA et le PDK-I installés au Bashur, celles des YPJ au Rojava entre 2015 et 2017 et les combattantes yézidies de Shengal, à Sincar, en 2016. En plus des femmes combattantes kurdes, Ashrafi a également rencontré des femmes yézidies qui ont survécu au génocide commis par le groupe terroriste État Islamique (EI) à Shengal en 2014. Bien que la lutte de libération kurde soit menée par des hommes et des femmes, Ashrafi a préféré se concentrer essentiellement sur les femmes combattantes kurdes et leur lutte pour l’émancipation féminine.  

Erdoğan invité à « mettre fin aux attaques judiciaires contre le HDP » 

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A la veille des élections présidentielles et législatives en Turquie, le régime turc a intensifié les attaques visant le parti pro-kurde HDP qu’il veut fermer, des dizaines de politiciens, écrivains et chercheurs du monde entier ont co-signé une déclaration écrite exhortant le président turc Erdogan à « mettre fin aux attaques judiciaires contre le HDP » de la Journée de solidarité internationale avec le HDP. « Nous défendons le droit du HDP à la liberté d’association, d’expression, de réunion pacifique et de participation aux prochaines élections. Il est temps de mettre fin aux attaques judiciaires contre le HDP maintenant, une fois pour toutes », déclare l’appel international. Des personnalités bien connues du monde entier se sont réunies pour dénoncer les attaques judiciaires en cours du gouvernement turc contre le troisième parti politique du pays aujourd’hui, à l’occasion de la « Journée de solidarité internationale avec le HDP ». Le HDP fait depuis longtemps l’objet d’une campagne de harcèlement judiciaire. Une procédure est en cours contre l’ensemble de l’ancien directoire pour un tweet posté en 2014 en solidarité avec la résistance de Kobanê contre Daech. Les comptes bancaires du parti ont été temporairement gelés et il est menacé de fermeture judiciaire dans le cadre d’une procédure qui se poursuivra le 11 avril avec la soutenance des présidents du HDP. Un mois plus tard, le 14 mai, auront lieu les élections présidentielles et parlementaires. La résolution a été initiée par l’Internationale progressiste, un réseau mondial de partis, mouvements, syndicats et campagnes progressistes. Parmi les signataires figurent le candidat présidentiel français Jean-Luc Mélenchon, la coprésidente allemande du Parti de gauche Janine Wissler, l’ancien chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn, député européen et chef du secrétariat international du parti espagnol Podemos Idoia Villanueva, l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, Philippin l’universitaire et homme politique Walden Bello et le professeur Noam Chomsky. L’Internationale progressiste envoie également une délégation à Ankara pour observer le soi-disant procès Kobanê contre un total de 108 accusés. Les prochaines audiences auront lieu du 15 au 17 mars. La lettre, signée par plus de cinquante personnalités de 23 pays, prévient que « la possibilité que le troisième parti du pays au parlement, représentant plus de 10 % des suffrages exprimés lors des deux dernières élections législatives, soit définitivement interdit si près du les élections à venir mettent gravement en danger la démocratie turque. » Le texte intégral se lit comme suit : « Le 8 février, deux jours après les tremblements de terre dévastateurs en Turquie, le président Recep Tayyip Erdoğan s’est rendu dans l’une des villes les plus touchées et a déclaré : « Cette période est une période d’unité ». Il a poursuivi en dénonçant les critiques de la réponse de son gouvernement au tremblement de terre « simplement pour des raisons d’intérêts politiques ». Mais Erdoğan fait exactement ce qu’il prétend critiquer. En plus de confisquer et de monopoliser l’aide et l’assistance pour soutenir son soutien lors des prochaines élections, son gouvernement continue de poursuivre des affaires à motivation politique contre le Parti démocratique des peuples (HDP) au milieu de la crise nationale. Le 17 mars 2021, le bureau du procureur général de Turquie a déposé une première plainte pour interdiction politique du HPD devant la Cour constitutionnelle de Turquie . En conséquence, le 5 janvier 2023 – environ six mois avant la date des élections – la Cour constitutionnelle a décidé de geler les comptes bancaires du HDP et de bloquer sa part des fonds publics pour la campagne électorale, s’élevant à 539 millions de livres turques.. Ce procès pour interdire le HDP entre maintenant dans sa phase finale. Le 11 avril, à quelques semaines des élections, la Cour constitutionnelle entendra les arguments des coprésidents du HDP Pervin Buldan et Mithat Sancar contre la suspension du financement du parti et la tentative de sa dissolution. Et il pourrait rendre sa décision finale à tout moment avant les élections. L’affaire de fermeture est l’aboutissement d’une campagne d’État contre le HDP qui a commencé en 2015 lorsqu’il est entré pour la première fois au parlement en tant que parti indépendant. Depuis lors, des milliers de membres du parti, dont ses anciens coprésidents et plusieurs maires élus, ont été détenus sous des prétextes futiles. La possibilité que le troisième plus grand parti du pays au parlement – représentant plus de 10% du vote populaire lors des deux dernières élections générales – puisse être définitivement interdit si près des prochaines élections met la démocratie turque en grave danger. Les peuples de Turquie doivent pouvoir élire librement et équitablement leurs représentants, y compris le HDP. Le parti aspire à une Turquie démocratique et inclusive, avec la liberté, l’égalité et la justice pour tous. Il représente l’écologie, l’émancipation des femmes et la coexistence pacifique de différents groupes ethniques et religieux. Si le gouvernement Erdoğan dissout le Parti démocratique des peuples (HDP), il dissoudra également les fondements de la démocratie en Turquie. Nous défendons le droit du HDP à la liberté d’association, d’expression, de réunion pacifique et de participation aux prochaines élections. Il est temps de mettre fin aux attaques judiciaires contre le HDP maintenant, une fois pour toutes. » Signataires : Noam Chomsky, professeur, États-Unis Jeremy Corbyn, député, Royaume-Uni Janine Wissler, membre du Bundestag ; Coprésidente de Die Linke, Allemagne Yanis Varoufakis, membre du Parlement hellénique, Grèce Niki Ashton, députée de Churchill-Keewatinook Aski, Canada Jean-Luc Melenchon, FI, Membre de l’Assemblée nationale, France Leïla Chaibi, Membre du Parlement européen, France Juliano Medeiros, président du Parti du socialisme et de la liberté, Brésil Idoia Villanueva, membre du Parlement européen ; membre de Podemos, Espagne Manu Pineda, membre du Parlement européen, Espagne Nikolaj Villumsen, membre du Parlement européen, Danemark Zarah Sultana, membre du Parlement, Royaume-Uni Apsana Begum, membre du Parlement, Royaume-Uni John McDonnell, membre du Parlement, Royaume-Uni Marc Botenga, membre du Parlement européen, Belgique Ericka Ñanco Vásquez, membre mapuche de la Chambre des députés, Chili Nadia Whittome, membre du Parlement, Royaume-Uni Sophia Chikirou, membre de l’Assemblée nationale, France Andy McDonald, membre du Parlement, Royaume-Uni Gonzalo Winter, membre de la Chambre des députés, Chili Arnaud Le Gall, député à l’Assemblée nationale, France Beth Winter, membre du Parlement, Royaume-Uni Amanda Della Ventura, membre du Parlement du Mercosur ; Membre du Sénat, Uruguay Ricardo Canese, membre du Parlement du Mercosur, Paraguay Adolfo Mendoza Leigue, Membre du Parlement du Mercosur, Bolivie Sandra Pereira, membre du Parlement européen, Portugal Daniel Caggiani, membre du Sénat, Uruguay Manon Aubry, membre du Parlement européen, France Alejandro Sánchez, membre du Sénat, Uruguay András Jámbor, député, Hongrie Fabian Molina, membre du Conseil national suisse, Suisse Martin Schirdewan, membre du Parlement européen, Allemagne Chris MacManus, membre du Parlement européen, Irlande Lloyd Russell-Moyle, membre du Parlement, Royaume-Uni Martina Michels, membre du Parlement européen, Allemagne Sebastián Sabini, Membre du Sénat, Uruguay Daniel Olesker, membre du Sénat, Uruguay Stelios Kouloglou, membre du Parlement européen, Grèce Özlem Demirel, membre du Parlement européen, Allemagne Miguel Urbán, membre du Parlement européen, Espagne Helmut Scholz, membre du Parlement européen, Allemagne Sandra Lazo, membre du Sénat, Uruguay Cornelia Ernst, membre du Parlement européen, Allemagne Nathalie Oberweis, Membre de la Chambre des Députés, Luxembourg Ana Merelis, membre du Parlement du Mercosur, Bolivie Liliam Kechichián, membre du Sénat, Uruguay Richard Leonard, membre du Parlement écossais, Royaume-Uni Sara Condori, Membre du Parlement du Mercosur, Bolivie Myriam Cecchhetti, Membre de la Chambre des Députés, Luxembourg Walden Bello, Fmr Membre de la Chambre des Représentants, Philippines Tauriq Jenkins, haut-commissaire du Conseil traditionnel autochtone Goringhaicona Khoi Khoin, Afrique du Sud Martha Ruiz, membre du Parlement du Mercosur, Bolivie Maite Mola, responsable des relations internationales, Parti de la gauche européenne, Espagne Christian Rodrigues, Responsable des relations internationales de la France Insoumise, France Ammar Ali Jan, Mouvement Haqooq-e-Khalq, Pakistan Mametlwe Sebei, président du Syndicat des travailleurs des industries générales d’Afrique du Sud (GIWUSA), Afrique du Sud Nilab Ahmadi, membre du conseil municipal d’Amsterdam, Pays-Bas Amineh Kakabaveh, ancienne membre du Parlement, Suède Srećko Horvat, Philosophe, Croatie Kerem Schamberger, chercheur en médias, Allemagne ANF

TURQUIE. Arrestation de 13 politiciens et militantes kurdes à Izmir

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IZMIR – Au moins 13 personnes, dont des politiciens du HDP et membres de l’Initiative des mères kurdes de la paix ont été arrêtés lors de perquisitions à Izmir. A l’approche des élections en Turquie, la répression contre l’opposition kurde s’intensifie. A Izmir, plusieurs appartements ont été pris d’assaut par la police au petit matin et 13 personnes ont été placées en garde à vue. Après des contrôles de santé, les détenus ont été transférés au département de police antiterroriste de Çankaya. Parmi les détenus, il y a des membres de l’exécutif provincial du HDP Mahsun Koç, le membre du Conseil du parti du HDP Mehmet Sabri Gül, l’administratrice du HDP Hediye Korkut, les Mères de la Paix Sultan Yağmekan, Hanife Gümüş, Ayten Gülmez, Zeynep Çelik et Fatma Sürme. ANF

Le général en chef du Commandement central américain se rend au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Le général Michael Kurilla du Commandement central américain s’est rendu dans le nord-est de la Syrie sous contrôle des forces arabo-kurdes quelques jours seulement après la visite du chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, dans une base américaine de la région samedi dernier pour évaluer la mission de lutte contre l’État islamique (DAECH / ISIS ) depuis 2014. Le général Michael Kurilla, commandant du Commandement central américain (CENTCOM), s’est rendu jeudi dans le nord-est de la Syrie contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes. Kurilla s’est rendu dans la région quelques jours seulement après la visite du président de l’état-major interarmées, le général Mark Milley, dans une base américaine dans le nord-est de la Syrie, samedi dernier, pour évaluer la mission menée par des groupes armés kurdes contre l’État islamique (EI) depuis 2014. La visite de Milley a provoqué la colère d’Ankara, qui considère les groupes armés kurdes du nord-est de la Syrie comme une menace pour la sécurité nationale, et le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur américain pour qu’il s’explique sur cette visite. L’objectif de Krill avec cette visite était de parler avec les troupes américaines et d’inspecter des sites essentiels aux efforts en cours pour vaincre l’Etat islamique, selon le CENTCOM. Le commandant a visité plusieurs centres de détention, notamment celui de Ghwayran à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, qui abrite plus de 5 000 combattants de l’Etat islamique détenus. « En visitant le centre de détention, j’ai vu la menace imminente posée par ce groupe de combattants détenus de l’Etat islamique », a déclaré dans un communiqué le patron du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), le général Michael Kurilla. Kurilla a également visité les camps d’al-Hol et de Roj qui abritent plus de 2 500 personnes déplacées à la suite de la lutte contre le groupe djihadiste. Selon des sources kurdes, quelque 96 % des personnes séjournant au camp de Roj sont des femmes et des enfants affiliés à l’Etat islamique. « La seule solution à la menace persistante posée par l’Etat islamique dans le camp est le rapatriement, la réhabilitation et la réintégration des résidents dans leur pays d’origine », a déclaré Kurilla en réponse aux détenus exprimant leur volonté de retourner dans leur pays d’origine. Le CENTCOM a ajouté que les FDS et les administrateurs du camp avaient informé Kurilla que l’Etat islamique continue de recruter dans le camp, mais que la situation s’est considérablement améliorée depuis la dernière opération de sécurité des FDS en septembre 2022. « Aux côtés des FDS, nous continuons à faire pression sur l’Etat islamique en Syrie. (…) La lutte contre l’Etat islamique est une lutte pour la sécurité et la stabilité non seulement de la Syrie et de l’Irak, mais de toute la région. Nous ne pouvons absolument pas permettre une résurgence de l’Etat islamique », a-t-il conclu. Medya News

ROJAVA. Célébrations du 19e anniversaire de l’insurrection kurde à Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Le Rojava célèbre la révolution kurde du 12 mars 2004 dont le meurtre de 9 civils lors d’un match de football à Qamishlo opposant une équipe kurde à une équipe arabe de Deir Ezzor fut l’étincelle. Des centaines d’enfants kurdes et arabes se sont rassemblés dans le cimetière du quartier de Qudourbek à Qamishlo pour se souvenir des martyrs du massacre et du soulèvement du 12 mars 2004. Après une minute de silence en hommage aux martyrs du 12 mars, la membre du Parti de l’Union démocratique (PYD) de Qamishlo, Hasna Remo, a prononcé un discours dans lequel elle a rappelé les martyrs du soulèvement et tous les martyrs du mouvement de libération. Elle a ajouté : « Le régime syrien a tenté de créer de grands conflits contre le peuple kurde, mais son plan a échoué grâce à l’unité, la solidarité et l’esprit du soulèvement. Sur les sanctuaires des martyrs du soulèvement d’aujourd’hui, toutes les composantes se rassemblent sous l’égide de la fraternité des peuples et la nation démocratique mise en avant par le leader Abdullah Ocalan pour répandre l’unité et la paix entre les peuples. » Sanctuaire du martyr Dalil Sarukhan Des dizaines de familles se sont rendues au sanctuaire du martyr Dalil Sarukhan à l’est de la ville, où le membre du PYD, Sharif Haji Mahmoud, a prononcé un discours dans lequel il a souligné que le soulèvement était devenu la base de la révolution du 19 juillet 2012. (ANHA) Massacre et serhildan du 12 mars 2004 Le 12 mars 2004, neuf personnes sont mortes dans des affrontements entre les supporters d’une équipe kurde de football et ceux d’une équipe arabe de Deir Ezzor lors d’un match à Qamishlo. Le lendemain, une foule immense formait le cortège funèbre, scandant des slogans anti-Bashar al-Assad et brandissant des drapeaux kurdes. C’était le début de l’insurrection kurde au Rojava. Le 12 mars 2004, neuf personnes ont été tuées lorsque des affrontements ont éclaté lors d’un match de football dans la ville à majorité kurde de Qamishlo entre les supporters d’une équipe locale et ceux d’une équipe arabe basée à Deir Ezzor. Le lendemain, les personnes en deuil du cortège funèbre des victimes ont scandé des slogans anti-Bashar al-Assad et brandi des drapeaux kurdes. Les forces de sécurité syriennes ont ouvert le feu, tuant 23 personnes et déclenchant des jours de manifestations et d’émeutes dans les régions kurdes du nord de la Syrie (Al-Hasakah, Kobanê, Afrin) ainsi que dans les quartiers à majorité kurde d’Alep et de Damas. Les Kurdes ont réagi à Afrin depuis Dêrik pour protester contre l’attaque contre les serhildan à Qamishlo et contre la répression étatique. L’État essayait de créer l’inimitié entre les peuples. Il a tenté de créer des conflits entre les peuples kurde et arabe. Pourtant, le régime Baas n’a pas réussi dans cette politique. Le soulèvement de Qamishlo a semé les graines d’une nouvelle ère pour les Kurdes. Ils ont établi leurs syndicats et ont commencé à développer une nouvelle idée. Il était devenu évident que les Kurdes avaient besoin d’une force de défense, d’une administration et d’une organisation. Contrairement à ce que l’État avait prévu de réaliser avec ce massacre, l’hostilité entre les peuples kurdes et arabes ne s’est pas développée, pas plus que les sentiments chauvins que l’État espérait créer. On dit souvent que le soulèvement (« serhildan » en kurde) Qamishlo a allumé la première étincelle de la révolution du Rojava. Les révoltes ont été écrasées par les forces d’al-Assad mais le régime syrien a été contraint de reconnaître les Kurdes.

TURQUIE. Décès d’une femme kurde écrasée par un véhicule de police

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TURQUIE / KURDISTAN – Halise Dorudemir était une des mères kurdes qui passent leur vie à attendre la libération de leurs enfants détenus dans les geôles turques. Elle a survécu au séisme du 6 février et vivait dans une tente à Diyarbakır (Amed). Elle est morte hier à l’âge de 73 ans après être renversée par une voiture de police devant la ville de tentes. Dorudemir a passé sa vie à attendre son fils Mahfuz Dorudemir qui est en prison depuis près de 30 ans et qui est atteint d’un cancer des poumons avancé. L’incident s’est produit sur la route principale près de la ville de tentes établie sur les rives du Tigre pour les sinistrés du séisme à Diyarbakır. Halise Dorudemir et Mahmut Çevik (un proche de Dorudemir) ont été renversés par une voiture de police alors qu’ils tentaient de traverser la route. Ces dernières décennies, des dizaines de civils, dont des enfant et des vieillards, ont été tués écrasés dans les régions kurdes par des blindés militaires turcs. Le corps d’Halise Dorudemir a été amené au cimetière de Yeniköy dans le district de Bağlar. Remziye Tosun, vice-présidente du Parti démocratique des peuples (HDP), Zeyyad Ceylan, coprésident provincial du HDP Amed et d’autres activistes des proches des détenus politiques ainsi que des civils ont assisté à la cérémonie d’enterrement de Dorudemir. Elle a passé sa vie à attendre le retour de son fils emprisonné Mahfuz Dorudemir, le fils emprisonné d’Halise Dorudemir, est sur la liste des prisonniers gravement malades de l’Association des droits de l’homme (İHD). Dorudemir détenu à la prison de Şakran est atteint d’un cancer de poumon avancé. Halise Dorudemir était membre de l’initiative « Mères de la Paix » demandant la résolution pacifique de la question kurde et s’était battue pour la libération des prisonniers politiques kurdes.  

Un avenir sombre pour la Turquie et les Kurdes du Bakûr ?

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Les Turcs et les Kurdes du Bakûr (Kurdistan du Nord) vont se rendre aux urnes le 14 mai pour les élections législatives et présidentielles alors que le pays fait face à une nouvelle crise majeur suite au séisme dévastateur du 6 février qui a frappé les régions du sud-est à majorité kurde-alévies et que le président sortant se trouve face à une opposition unie qui va de la centre gauche kémaliste (CHP) à l’extrême-droite (IYI). Même si le parti « por-kurde » HDP apporte son soutien à cette alliance hétéroclite qui parait comme la seule solution pour mettre un terme au régime dictatorial d’Erdogan, rien n’indique qu’en cas de défaite d’Erdogan, le pays verra des jours meilleurs, car démonter le système Erdogan (Après plus de 20 ans de règne, le président islamo-nationaliste turc a noyauté toutes les institutions du pays: justice, armée, police, éducation…) prendra du temps et se heurtera à la résistance des sbires du président sortant. Le journaliste Amed Dicle dépeint également un tableau sombre de la Turquie de demain qui serait menacée par une guerre civile provoquée par Erdogan… On partage l’analyse d’ Amed Dicle: L’élection en Turquie est une bifurcation sur la route: des jours plus sombres ou un retour en arrière ? La journée du 14 mai sera le virage le plus serré sur la route que les peuples de Turquie ont emprunté depuis un siècle. Pourquoi? La Turquie a passé les 21 dernières années sous le règne de gouvernements islamistes du Parti de la justice et du développement (AKP). Depuis 2015, le même régime perdure sous une coalition non officielle avec le Parti du mouvement nationaliste d’extrême droite (MHP). Il y a eu différentes étapes dans le régime d’Erdoğan qui a duré deux décennies, mais la dernière itération a été le pro-racisme, l’anti-pluralisme, le pro-salafisme et le panturquisme. Ce régime dictatorial a tout infiltré en Turquie. Erdoğan est à la tête de ce régime qui a mal tourné et espère rendre son régime dictatorial permanent (…) lors de ces élections. Le régime anormal instauré par Erdoğan, le « système présidentiel », aura dépassé le point de non-retour, si Erdoğan obtient ce qu’il veut. De nombreux observateurs politiques disent à juste titre que ce sont les dernières élections que la Turquie verra jamais. Bref, si Erdoğan gagne, sa position ressemblera à celle de Saddam Hussein en Irak. Les enjeux sont si élevés, la situation si critique, si mauvaise et si dangereuse. Contre Erdoğan, il existe deux autres courants principaux dans le pays. Le premier est l’Alliance nationale, composée de six partis d’opposition de tailles diverses, dirigés par le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP). Cette alliance, avec son candidat présidentiel leader du CHP Kemal Kılıçdaroğlu, veut débarrasser la Turquie du régime d’Erdoğan et défend un système parlementaire. Cependant, ce groupe a également de nombreux points de vue parallèles aux thèses d’Erdoğan. Leurs politiques pour la démocratisation de la Turquie, la question kurde, les mouvements de femmes, le changement climatique, etc. restent superficielles et pragmatiques. La troisième ligne politique est l’Alliance du travail et de la liberté, dirigée par le HDP. Le mouvement politique kurde est le plus grand constituant de cette alliance, et les organisations socialistes et de gauche turques en constituent les fondements. Cette alliance défend des projets de société et une politique intérieure et extérieure apaisée. Les deux courants d’opposition sont d’accord sur de nombreuses questions, et si un nouveau gouvernement remplace celui d’Erdoğan, il y aura beaucoup de lutte politique pour les questions convenues, ainsi que sur les désaccords. En fin de compte, on ne sait pas dans quelle mesure la démocratisation se poursuivra. Pourtant, de nombreux électeurs sont motivés par un simple « ça ne peut pas être pire qu’Erdoğan ». Alors qu’est-ce que cela nous dit? Le régime d’Erdoğan perdait déjà des appuis, mais l’immense désastre qu’ont été les tremblements de terre du 6 février a accéléré cela. Plus de 45 000 personnes sont mortes dans le tremblement de terre, et des milliers d’entre elles auraient pu survivre sans la négligence de l’État. Le CHP a adopté une position très active dans la réponse à la catastrophe, et Kılıçdaroğlu a légitimement et clairement désigné Erdoğan comme le coupable. Pendant ce temps, les fournitures de secours du HDP ont été confisquées et les efforts réduits. Erdoğan a fait une autocritique plus tard, mais le tremblement de terre a creusé un énorme fossé entre lui et le peuple. Le président est d’autant plus impuissant et ne peut plus régner sur l’État. Il est au plus faible en politique. Il semble que diverses dynamiques étatiques dans la capitale ne tiennent plus Erdoğan assis sur le siège du conducteur. La règle éternelle en politique est également vraie ici : les faibles n’ont pas d’alliés. Beaucoup pensent qu’Erdoğan « ne partira pas même s’il perd ». C’est une préoccupation importante et authentique pour beaucoup, mais c’est aussi exactement ce qu’Erdoğan veut que les gens pensent. Bien sûr, il « partira » s’il perd les élections. Oui, il fera tout ce qu’il peut avant les élections pour rester, mais il ne peut rien faire s’il ne peut pas obtenir un soutien suffisant du peuple. Dans les conditions actuelles, il est préférable qu’il parte par voie électorale. Si les méthodes légitimes ne fonctionnent pas, une guerre civile pourrait éclater. C’est le risque à ce carrefour tendu. Le facteur le plus important pour déterminer le sort d’Erdoğan est la question kurde et son approche des Kurdes. L’État a présenté le président comme l’homme politique le plus utile dans sa guerre contre les Kurdes. Son alliance avec des groupes djihadistes contre les Kurdes en Syrie notamment a été ce qui lui a tenu chaud à Ankara. Mais cette guerre n’est pas gagnée. Oui, les Kurdes ont payé un lourd tribut, leurs villes ont été rasées et des milliers de personnes ont été tuées. Mais la lutte kurde a réussi à rester debout. Des milliers de Kurdes sont derrière les barreaux, le HDP fait face à une affaire de fermeture. Mais en fin de compte, la structure politique qui représente le peuple kurde a actuellement le pouvoir de déterminer le résultat des élections du 14 mai. Le système électoral en vigueur exige qu’un candidat à la présidence obtienne 50 % plus un des voix. Le candidat de l’opposition n’est pas encore là, mais Erdoğan est bien plus loin. Et le HDP détient environ 15 % des voix. Ce fort d’un bloc électoral porterait à coup sûr un coup politique à Erdoğan dont il ne pourra pas rebondir. Ce seul fait montre que l’État n’aura plus besoin du président. D’autre part, les forces militaires du mouvement kurde ont appelé à une période de non-action après le tremblement de terre. Les guérilleros du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont annoncé qu’ils ne mèneraient aucune action à moins que l’armée turque ne les attaque. Erdoğan n’a pas aimé cette décision : une issue pour lui est de perpétuer la guerre. Il souhaite attiser le nationalisme et consolider sa base par une guerre contre les Kurdes. La décision du PKK enlève le pouvoir à Erdoğan. En tant que tel, il est possible que divers scénarios sanglants se déroulent dans la période à venir. En bref, le mouvement kurde, en tant qu’acteurs politiques et dynamiques militaires, a pris les mesures nécessaires pour renverser le régime d’Erdoğan. Il pourrait y avoir d’autres mouvements à venir, par exemple, le HDP pourrait s’abstenir de présenter son propre candidat et soutenir Kılıçdaroğlu. Cela dépendrait de Kılıçdaroğlu lui-même, s’il rend visite au HDP et demande directement du soutien, offrant des promesses convaincantes de démocratisation, le HDP pourrait répondre. Et le PKK, malgré les attaques quotidiennes de l’armée turque, pourrait en quelque sorte maintenir sa décision de ne pas agir jusqu’aux élections. Ces deux pas du côté kurde pourraient déclencher la chute du régime d’Erdoğan, mais la chute ne signifie pas l’instauration immédiate de la démocratie. Il y a une grave rupture. Il y a d’immenses problèmes. Et malheureusement, les pouvoirs politiques qui émergent comme alternatives n’ont pas la vision pour résoudre ces problèmes. Cependant, la chute du régime d’Erdoğan pourrait créer une atmosphère relativement positive. Dans de telles conditions, une base pourrait être posée pour résoudre les problèmes les plus importants du pays. Mais d’un autre côté, c’est-à-dire que si Erdoğan gagne, la situation passera du noir au noir absolu. Le choix de la Turquie est entre cette obscurité noire ou le chemin de retour en arrière. Analyse publiée par Medya News    

Décès d’Helen Krulich, veuve du chef kurde Ghassemlou tué par l’Iran

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Hélène Krulich, alias Nesrin Xanim et autrice du livre « Une Européenne au pays des Kurdes », est décédée hier à Paris à l’âge de 89 ans. Elle était l’épouse du leader kurde Abdul Rahman Ghassemlou tué par des agents iraniens à Vienne, en 1989. Hélène KRULICH–GHASSEMLOU est née en République tchèque en 1934. Au début des années 1950, pendant ses études universitaires, elle rencontre le secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan – Iran -PDK-I), le médecin Abdul Rahman Ghassemlou, qu’elle a épousé, et avec lequel elle a eu deux filles (Mina et Hiwa). Après un certain temps, Hélène KRULICH et Abdul Rahman Ghassemlou sont partis au Rojhilat (Kurdistan iranien) et s’est fait connaître au sein de la société kurde sous le nom de « Nasrin Khanim » (Damme Nasrin). En 1989, al-Rahman Qasimlou a été assassiné à Vienne, en Autriche, par les services de renseignement de l’État iranien. À cette époque, Helen Krulich s’est installée à Paris, la capitale française. Hier (10 mars), Nasrin Khanum (Hélène KRULICH) a perdu la vie à Paris à l’âge de 89 ans ANHA

La ministre allemande des Affaires étrangères visite Shengal et le Kurdistan irakien

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La ministre allemande des Affaires étrangères s’est rendue jeudi dans la région yézidie de Shengal après avoir rencontré mercredi des dirigeants kurdes à Erbil et Sulaymaniyah lors de son voyage de trois jours en Irak. La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, s’est rendue jeudi dans la patrie yézidie de la région de Sinjar (Shengal), dans le nord de l’Irak, après avoir rencontré mercredi des dirigeants kurdes à Erbil et Sulaymaniyah. L’accord de normalisation de Sinjar devrait être mis en œuvre pour offrir des conditions appropriées au retour des Yézidis déplacés, a déclaré Baerbock. La ministre a déclaré à la chaîne d’information kurde Rudaw que l’Allemagne se tiendrait aux côtés des déplacés yézidis et les aiderait à retourner dans leur pays d’origine. Berlin a récemment reconnu les crimes de l’État islamique (EI) contre les Yézidis comme un génocide. « Le monde doit savoir qu’un massacre a eu lieu dans un endroit appelé Sinjar il y a huit ans. Hommes, femmes et enfants de cette région ont tous été tués. Leurs femmes et leurs enfants ont été kidnappés. Nous ne pouvions pas ignorer le massacre des Yézidis. Nous avons soutenu les victimes et fait tout ce qui était nécessaire pour que la prochaine génération ne l’oublie pas », a-t-elle déclaré. Baerbock est arrivée à Bagdad mardi pour son voyage de trois jours en Irak près de 20 ans après l’invasion menée par les États-Unis. Une partie de l’importance de la visite vient du fait qu’il s’agit de la connexion diplomatique au plus haut niveau dans la région du Kurdistan d’Irak (KRI) par l’Allemagne. Le lendemain, elle a rencontré le président du gouvernement régional du Kurdistan (KRG), Nechirvan Barzani, le vice-président Qubad Talabani et d’autres hauts responsables kurdes. La ministre a évoqué les tensions politiques internes dans la région ainsi que les relations entre la région du Kurdistan et Bagdad. « Le gouvernement allemand soutient une région unifiée du Kurdistan, donc les partis politiques doivent résoudre les problèmes internes de la région », a déclaré la ministre allemande des Affaires étrangères. Medya news