AccueilMoyen-OrientIranIRAN. Le régime confisque les corps d'otages kurdes exécutés à Urmia

IRAN. Le régime confisque les corps d’otages kurdes exécutés à Urmia

IRAN / ROJHILAT – Plus de deux semaines après les exécutions secrètes de Naser Bakrzadeh et Mehrab Abdollahzadeh, deux prisonniers politiques kurdes de la prison centrale d’Urmia, les autorités iraniennes n’ont toujours pas restitué leurs corps à leurs familles et ont interdit toute cérémonie de deuil publique dans la ville.

Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, malgré les demandes répétées des proches, les responsables de la prison ont refusé de rendre les corps, allant jusqu’à déclarer : « Aucun corps ne sera rendu ». Les familles ont été menacées par les services de renseignement et contraintes d’organiser des cérémonies restreintes dans leurs villages d’origine : Golaz pour Naser Bakrzadeh et Khoshalan pour Mehrab Abdollahzadeh.

Les deux hommes ont été exécutés à l’aube, sans dernière visite de leurs familles ni information préalable de leurs avocats. Après les exécutions, les proches ont été convoqués et intimidés pour les empêcher d’organiser tout rassemblement à Urmia.

Naser Bakrzadeh, 26 ans, a été exécuté le 2 mai 2026 aux côtés de Yaghoub Karimpour. Condamné à mort pour « espionnage au profit d’Israël » à l’issue d’un procès entaché de graves irrégularités, il avait subi plusieurs condamnations cassées par la Cour suprême avant une troisième sentence confirmée dans des conditions contestées.

Mehrab Abdollahzadeh, 27 ans, a été exécuté le 3 mai 2026. Arrêté pendant le soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi », il a été condamné à mort pour « rébellion armée » et « corruption sur terre » sur la base d’aveux extorqués sous la torture et sans preuves matérielles crédibles.

Hengaw qualifie ces exécutions et la rétention des corps de disparition forcée et d’assassinat d’État, en violation flagrante des droits humains les plus élémentaires.

Même dans la mort, les Kurdes du Rojhilat sont privés de dignité. Cette pratique barbare — enterrer secrètement les exécutés depuis des décennies — vise à infliger une souffrance supplémentaire aux familles, transformant les mères en « Antigones des temps modernes » qui luttent pour récupérer le corps de leurs enfants afin de pouvoir les pleurer.

Amnesty International a récemment appelé Téhéran à cesser de torturer les familles des prisonniers politiques exécutés.