PARIS – Le 14 avril 2023, le tribunal correctionnel de Paris a condamné onze militants kurdes à des peines de prison allant de sursis à plusieurs années de prison pour « financement du terrorisme ». Dans le communiqué suivant, le Collectif Internationaliste Marseille Kurdistan (CIMK) condamne la criminalisation de la lutte kurde en France et appelle à la solidarité antifasciste et internationaliste avec le peuple kurde.
Voici le communiqué du CIMK publié aujourd’hui:« 11 kurdes devant la justice française: face aux États, solidarité internationaliste!Du 4 au 14 avril se déroulait à Paris le procès de 11 camarades kurdes inculpés depuis le 23 mars 2021 pour appartenance et soutien à une organisation terroriste, le PKK (parti des travailleur·ses du Kurdistan). 9 étaient présents lors du procès, 5 comparaissaient libres et 4 comparaissaient dans le box (étant en détention provisoire depuis plus d’un an).Nous dénonçons le résultat du jugement qui va d’une condamnation de 2 ans et 8 mois de sursis simple à 5 ans ferme, avec des mandats de dépôt différés. À cela se rajoute des interdictions d’aller dans certaines régions de France, une interdiction pour certains de rentrer en contact avec les autres inculpés, et tous ressortent avec des « FIJAIT » (les personnes doivent se présenter tous les 3 mois aux autorités, justifier leur adresse et prévenir avant tout déplacement transfrontalier). Des avocats feront appel.À savoir que ce vendredi 14 avril s’ouvrait aussi le procès d’un militant internationaliste suisse accusé d’avoir pris les armes au Rojava (nord-est de la Syrie) « Le camarade a argumenté politiquement sa présence au Rojava en affirmant que le fait d’avoir ou non pris les armes n’était pas ce qui comptait mais bien les raisons de son engagement internationaliste. » (Twitt : @Serhildan). Nous sommes heureux d’apprendre qu’il a finalement été acquitté et remis en liberté.Dans la loi française rien ne peut condamner, a priori, des individus partis rejoindre un combat armé à l’étranger. Pour autant, cela n’empêche pas la justice française d’attaquer sur son territoire national les sympathisant·e·s de ces mêmes combats, militant·e·s qui résistent contre l’oppression et luttent pour les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est donc un jugement arbitraire et « exemplaire » comme l’avait d’ailleurs requis le parquet.Contrairement à la position du procureur les considérations juridiques se mêlent aux considérations politiques. Il est important de préciser que si on enlève la mention « terroriste » de l’inculpation, la participation et le soutien à une organisation terroriste ne tiennent plus.La caractérisation de « terroriste » d’une partie du mouvement Kurde (comme le PKK) est un positionnement clairement politique, et c’est ce sur quoi s’est construit ce procès. En effet, ce jugement s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe, que le parquet cherche à invisibiliser.Il est inutile de rappeler que la Turquie fait partie de l’OTAN, alliance militaire dont la France est aussi membre. Un des témoins Pascal Torre, invité à la barre confirme que « La Turquie fait du chantage avec les migrants syriens ce qui lui donne des marges diplomatiques pour justifier ses attaques militaires ».Mais malheureusement, tous ces jeux diplomatiques ont des conséquences dramatiques sur la vie de ces personnes venues se réfugier en France. La présence des associations kurdes permet une redécouverte de leur identité, de leur culture, de partager leur mémoire, c’est un endroit de sociabilité et de solidarité. Pourtant en plus des meurtres à Paris (2013 et 2022) faisant 6 morts, les kurdes restent sous le feu des projecteurs de la pseudo justice française qui utilise les mêmes arguments que l’état turc – alors que ce dernier n’est pas connu pour son modèle démocratique.Une fois de plus nous exigeons la relaxe de tous les accusés et la sortie du PKK des listes terroristes.Solidarité antifasciste et internationaliste avec le peuple kurde !Relâche de tous et toutes les prisonnièr·e·s politique !Arrêt des poursuites judiciaires ! »CIMK (Collectif Internationaliste Marseille Kurdistan) membre du réseau Serhildan
TURQUIE / KURDISTAN – Le politicien kurde tenu en otage depuis 2016, Selahattin Demirtaş appelle les électeurs de Turquie à voter utile pour mettre fin au règne d’Erdogan lors des élections présidentielles et législatives du 14 mai prochain.
L’ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtaş a lancé un avertissement aux électeurs avant les prochaines élections générales en Turquie le 14 mai, les exhortant à apporter leur soutien aux partis qui ont le potentiel de remporter des sièges parlementaires, et qu’à défaut cela profiterait au président Recep Tayyip Erdoğan et à son parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP).
Le HDP se présente aux prochaines élections législatives via le Parti de la gauche verte (Yeşil Sol Parti) par précaution car il est sous la menace imminente d’une fermeture définitive. Le parti voulait former une liste unie avec d’autres partis de l’Alliance du travail et de la liberté de gauche, mais le Parti des travailleurs de Turquie (TİP), qui fait également partie de l’alliance, veut présenter ses propres candidats dans certaines villes tout en soutenant le Parti de la gauche verte dans d’autres.
L’ancienne maire HDP tenue en otage par le régime turc, Gültan Kışanak a également exhorté le TİP à s’unir autour de la liste commune, dans une lettre ouverte depuis la prison, faisant écho aux paroles de Demirtaş du 3 avril, « lors de cette élection, où le résultat d’un seul siège au Parlement déterminera notre sort, nous exhortons tous les socialistes et démocrates de Turquie à renforcer et à soutenir les listes du Parti de la gauche verte ».
Demirtaş a en outre réitéré ce message sur Twitter, exhortant les électeurs à soutenir les partis susceptibles de remporter des sièges parlementaires. Il a averti que ne pas le faire aurait des conséquences désastreuses et a ajouté que les électeurs devraient s’unir et prendre des décisions tactiques dans l’intérêt de la démocratie.
Les bulletins des élections législatives du 14 mai seront comptés selon le « système D’Hondt », qui est un système mathématique d’approximation de la représentation proportionnelle, qui ne peut jamais être exacte car vous ne pouvez pas avoir de fractions de représentants. Par conséquent, certains totaux de voix inférieurs à un seuil donné vont au parti dominant dans la circonscription électorale, même si ce parti représente des intérêts opposés à ceux des électeurs dont il obtient les voix.
« Je suis sûr que vous avez des raisons très valables de vouloir voter pour un parti en particulier. Cependant, si un siège parlementaire ne peut pas être gagné avec votre vote, il y aura des conséquences très graves. Soyons raisonnables et unissons-nous. Veuillez donner votre vote aux partis qui ont le potentiel de remporter des sièges parlementaires », a écrit Demirtaş sur Twitter.
« Chaque vote qui ne remporte pas de siège parlementaire profitera à Erdoğan. Si le parti pour lequel vous votez ne peut pas remporter un siège parlementaire, vous aurez assombri votre propre avenir de vos propres mains. Il n’y a pas de plaisanterie avec ça. C’est soit une dictature complète, soit une démocratie. Je sais que vous le savez déjà, mais je voulais le souligner à nouveau. (…) », a-t-il ajouté.
Les élections générales turques doivent avoir lieu le 14 mai et le résultat devrait avoir des implications importantes pour l’avenir du pays.
Medya News
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TURQUIE / KURDISTAN – Des centaines d’électeurs ont été enregistrés dans des zones non habitées des provinces kurdes de Malatya et Adiyaman touchées par les séismes du 6 février 2023, signale l’agence féminine Jinha. Tülay Kaçar, candidate du Parti de la gauche verte (Yeşil Sol Parti) à Malatya interviewée par Jinha, a déclaré qu’ils vont porter l’affaire devant la justice, ajoutant que la population craigne qu’il y ait des fraudes électorales massives lors des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai 2023.
Voici l’article de Jinha:
Des centaines d’électeurs ont été enregistrés dans des endroits où personne ne vit à Malatya. La candidate du Parti de la gauche verte, Tülay Kaçar, a appelé les habitants de Malatya à protéger les urnes.
La Turquie organisera des élections présidentielles et parlementaires le 14 mai 2023. Personne ne sait comment les élections se dérouleront dans les villes touchées par les tremblements de terre du 6 février car personne ne sait combien de personnes ont été tuées ou déplacées par les tremblements de terre. La semaine dernière, les candidats du Parti de la gauche verte ont annoncé que des centaines d’électeurs étaient inscrits dans des endroits où personne n’habite à Semsûr (Adıyaman). Selon des sources locales, des centaines d’électeurs – tous des hommes – se sont inscrits dans des endroits où personne ne vit à Malatya, une autre ville touchée par les séismes. Dans la ville, des milliers de personnes ont été tuées et déplacées par les tremblements de terre tandis que des milliers de survivants du séisme vivaient dans des villes de tentes ou de conteneurs. En 2019, la ville comptait 647 000 électeurs mais maintenant le nombre d’électeurs est de 547 000.
Selon des sources locales, des centaines d’hommes ont été enregistrés dans des endroits dépourvus de bâtiments ou de maisons dans le district de Yeşilyurt à Malatya. Lorsque nous avons recherché les emplacements sur Google Maps, nous avons découvert que dans les endroits où des centaines d’hommes ont été enregistrés, il n’y a pas de bâtiments ou de maisons, ce sont des zones vides.
« Les gens s’inquiètent de la fraude électorale »
NuJINHA a interviewé à Tülay Kaçar, candidate du Parti de la gauche verte à Malatya, aux sujets de ces allégations. Tülay Kaçar nous a dit qu’ils avaient signalé les allégations à leurs avocats. « Les habitants de la ville sont préoccupés par la fraude électorale. Ils pensent qu’il faut veiller particulièrement à assurer la sécurité des urnes, car ils ont été témoins de la façon dont l’AKP a fait la même chose lors des élections précédentes ; les gens ont voté en groupe, certains ont voté au nom de personnes décédées et de nombreuses personnes ont été enregistrées là où elles n’habitaient pas. Les gens ne veulent pas que ce qui a été vécu lors des élections précédentes se reproduise. »« Les électeurs sont inscrits là où personne n’habite »« Les électeurs sont enregistrés dans des endroits où personne ne vit », a déclaré Tülay Kaçar, qui entamerait une action en justice à ce sujet. « Il n’y a pas d’informations claires sur le nombre de personnes déplacées ou tuées à Malatya par les tremblements de terre. Il n’y a pas de données officielles. Les gens sont inquiets parce que certaines personnes pourraient voter au nom de personnes décédées lors des prochaines élections. On va aux endroits où les électeurs sont inscrits mais on voit qu’il n’y a pas d’immeubles ni de maisons là-bas. J’appelle notre peuple à protéger ses votes et nous appelons les citoyens qui ont été déplacés par les séismes à nous rejoindre. Nous pouvons organiser leur transport. Les partisans du Parti de la gauche verte sont des gens conscients et organisés. Nous savons qu’ils protégeront les urnes dans la ville. En tant que parti, nous avons déjà pris des mesures contre la fraude électorale. »
SYRIE – La nuit dernière, les hélicoptères de la Coalition internationale qui ont décollé du canton kurde de Kobanê ont tué trois membres de l’organisation « État islamique », dont un haut cadre, dans la campagne de Jarabulus, à l’est d’Alep, région contrôlée par la Turquie et des gangs islamistes.
Dans la nuit du dimanche au lundi, les forces de la Coalition internationale ont effectué un largage aérien dans le village d’As-Suwayda du district de Ghandoura dans la campagne de Jarabulus, dans les zones contrôlées par les forces turques et leurs factions loyales dans la campagne orientale d’Alep, ciblant Abdul-Hadi Mahmoud al-Haji Ali, un dirigeant éminent de l’organisation « État islamique ».
Les hélicoptères des forces de la coalition internationale qui ont participé à l’opération de débarquement ont décollé de la base de Kharab Ishk dans la campagne de Kobanê, où de violents affrontements ont eu lieu après l’opération de débarquement, au cours desquels deux missiles ont visé le bâtiment abritant des membres de DAECH. L’opération s’est terminée par la mort de trois terroristes de DAECH, dont un haut responsable du groupe.
Selon les militants de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR), le chef qui a été tué lors de l’opération de débarquement menée par les forces de la Coalition internationale s’appelle Abdul-Hadi Mahmoud al-Haji Ali. Il vivait depuis près d’un mois dans un immeuble du village d’As-Suwayda, dans la campagne d’Alep.
Le 24 février, l’OSDH a rapporté qu’un drone de la coalition internationale a ciblé d’une moto sur la route Qah-Mashhad Rohin dans la campagne d’Idlib, près de la frontière syro-turque, tuant 2 djihadistes. (SOHR)
IRAN / ROJHILAT – Une nouvelle vague d’empoisonnement des écolières a eu lieu dans plusieurs villes kurdes d’Iran tandis qu’à Ispahan, le régime a utilisé du gaz lacrymogène contre les manifestants.
La vague d’empoisonnements systématiques des écolières en Iran et au Rojhilat se poursuit. Des attaques chimiques ont de nouveau été menées contre des écoles de filles, selon des militants et des journalistes locaux. Selon le journaliste Ammar Goli, il y a eu deux attaques samedi dans la ville kurde de Sanandaj (Sînê). Des dizaines d’élèves d’une école technique et d’un lycée pour filles se sont plaintes de nausées, de brûlures aux yeux et d’évanouissements après avoir senti une étrange odeur de mandarines pourries. Au moins quinze élèves ont dû être hospitalisés, selon Goli.
Plus tôt dans la journée, une attaque au gaz toxique a été menée contre un lycée de filles à Mahabad. Les élèves ont rapporté que leurs salles de classe sentaient soudainement la mandarine. Là aussi, plusieurs des personnes touchées ont dû être hospitalisées suite aux symptômes d’empoisonnement.
Dans diverses villes du pays, de nombreuses personnes sont descendues dans la rue samedi pour protester contre les attaques au gaz toxique contre les écoles de filles. Dans la ville centrale iranienne de Shahinshahr, dans la province d’Ispahan, par exemple, des parents, des élèves et des manifestants de la révolution « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, vie, liberté) se sont rassemblés devant le bâtiment de l’administration de l’éducation et ont crié « Nous ne voulons pas d’un régime infanticide », a rapporté le portail en ligne 1500tasvir. Le régime a utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants, comme on peut le voir sur des vidéos. Entre-temps, selon 1500tasvir, une autre attaque au gaz chimique a eu lieu dans une école d’Izeh, une ville de la province du Khouzistan, dans le sud-ouest.
Les premiers cas d’empoisonnement sont apparus en novembre
Les premiers cas d’empoisonnement dans les écoles ont été signalés dès novembre – presque exclusivement dans des établissements pour filles, où des écolières avaient protesté contre le régime ces derniers mois. Des écoles pour filles de 28 des 31 provinces du pays ont été touchées. Les écolières se sont plaintes de vertiges, de nausées, de vomissements, de maux de tête, d’essoufflement et même d’évanouissements après avoir senti une étrange odeur d’œufs pourris ou de mandarines.
L’agence américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a récemment rapporté que jusqu’à 7 000 filles avaient été empoisonnées lors de plus de 200 attaques. La République islamique, qui dispose d’un appareil sécuritaire bien équipé, reste étrangement inactive. Jusqu’à présent, il n’y a eu aucune arrestation. Le président Ebrahim Raisi a récemment affirmé que les « ennemis étrangers de la République d’Iran » étaient responsables des attaques. Le ministre de la Santé, Bahram Einollahi, a annoncé il y a quelques semaines que ce n’était pas son travail de découvrir d’où provenait le gaz et s’il était introduit exprès dans les salles de classe.
Un lycéen kurde est la première victime d’attaque chimique
Au vu de ces déclarations, les groupes de défense des droits humains voient leur hypothèse renforcée selon laquelle le régime lui-même est à l’œuvre dans les attaques. Il n’y a aucun groupe extra-étatique en Iran qui serait en mesure de mener une série d’attaques de cette ampleur sur une période de plusieurs mois sans être détecté. Le 7 avril dernier, la série d’attaques a fait sa première victime : Karo Pashabadi, un jeune Kurde de 16 ans originaire du village de Pashaweh, à Kamyaran, et blessé lors d’une attaque au gaz toxique contre son école à Téhéran le 15 mars.
ANF
EUROPE – Le samedi 15 avril, des manifestations demandant la libération du leader kurde Abdullah Ocalan ont eu lieu dans plusieurs villes européennes, en Australie et à Chypre.
A Düsseldorf , en Allemagne, des milliers de Kurdes venus d’Allemagne et des pays voisins ont manifesté pour exiger la libération d’Abdullah Öcalan. Des manifestations
Les participants sont venus de toute l’Allemagne et des pays voisins pour exiger un contact immédiat avec Öcalan. Le chef kurde est à l’isolement sur l’île-prison d’Imrali dans la mer turque de Marmara depuis 1999, et il n’y a plus aucun signe de vie de sa part depuis plus de deux ans.
Dès le matin, des militants se sont rassemblés devant le bâtiment du DGB à Düsseldorf, la foule a dansé et crié des slogans demandant la libération immédiate d’Ocalan ainsi que le slogan féministe « jin, jiyan, azadî » (femme, vie, liberté). Ensuite, la foule a marché derrière la banderole « Liberté pour Öcalan » jusqu’à Rheinwiesen, où un meeting a eu lieu. Plus de cinquante organisations kurdes et turque avaient appelé à manifester.
Des manifestations demandant la libération d’Ocalan ont eu lieu dans plusieurs villes européennes, en Australie et à Chypre. (ANF)
IRAK / KURDISTAN – Un drone turc a ciblé une voiture à Penjwen, un district du gouvernorat de Sulaymaniyah, au Kurdistan d’Irak. Selon les premiers rapports, il y aurait trois morts et un blessé.
Ce samedi 15 avril, vers 19 heures, une voiture a été ciblée par des drones près du village de Wirya, dans le district Pêncwên de Sulaymaniye.
On déclare que la voiture a été ciblée sur le mont Sheikh Hassan derrière les villages de Wiryawa et Kani Miran et deux personnes ont perdu la vie, une autre a été blessée. Les villages où l’incident s’est produit se trouvent à environ 30 kilomètres de Pêncwên.
On ne sait toujours pas si les morts sont des civils ou des membres d’organisations politiques. Les autorités n’ont fourni aucune information sur l’identité des victimes. Comme d’habitude avec les attaques turques dans le KRI, les rapports des médias affiliés au Parti démocratique du Kurdistan (PDK) indiquent que les personnes tuées étaient des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le mouvement lui-même n’a pas encore commenté les frappes aériennes. Pendant ce temps, l’agence de presse RojNews a rapporté qu’il y avait eu au préalable des vols de reconnaissance intensifs au-dessus de la zone bombardée et que les attaques de drones avaient commencé peu après le coucher du soleil – au moment du rupture du jeûne dans la région de Pêncwên. Les villages Wiryawa, Salyawa et Kanî Mîran Kewin ont également été attaqués par les drones turcs.
ANF et Rudaw
RENNES – Le peintre kurde engagé et persécuté par le régime turc, Sinan Hezer expose ses dernières œuvres lors de l’exposition « Yên dimenşin » (Les marcheurs) à Rennes.
« Yên dimenşin » (Les marcheurs)
Le peintre kurde Sinan Hezer expose ses dernières œuvres avec l’exposition « Yên dimenşin » (Les marcheurs) à Rennes. Lors de l’exposition d’Hezer, vous pouvez voir ses œuvres emblématiques sur la lutte dans tous les aspects de la vie, présentées à travers une gamme de formes symbolisées. « Je crois que la lutte nécessite de la stabilité et qu’il existe de nombreuses façons d’aborder cela », déclare Hezer. Dans ses œuvres, il reflète les expériences des combattantes femmes, des mekap (une marque de chaussures de randonnées portées par les combattants du PKK), et le sort des Kurdes qui ont été forcés de s’exiler.
Né dans la localité kurde d’Elbistan, au Kurdistan de « Turquie » en 1985, Hezer a été entouré d’un environnement artistique dès son plus jeune âge. « Les peintures de ma sœur aînée m’ont inspiré pour créer mes premières pièces », dit-il. Il avait cinq ans lorsque sa famille s’est rendu compte qu’il avait un talent pour le dessin, et il a commencé à recevoir une formation à un jeune âge. Il a étudié la peinture et l’architecture d’intérieur à la faculté des beaux-arts de l’université de Marmara à Istanbul, en Turquie, où il a ensuite travaillé comme professeur de peinture dans des centres de jeunesse et culturels. Cependant, il se retrouve emprisonné pendant cinq ans pour ses peintures. « J’ai été soumis à la censure et à la pression sur mes œuvres d’art », a déclaré Hezer au journal Yeni Yaşam.
Sinan Hezer
Hezer pense que « l’art est interconnecté et se nourrit du même réservoir de créativité ». Il s’intéresse aux structures architecturales, aux détails artistiques et aux portraits, et prend également des photos. Certaines de ses œuvres étant publiées dans des magazines et des journaux jeunesse. Il réalise des décorations de scène et des couvertures de livres. Jusqu’à présent, il a participé à diverses expositions individuelles et collectives.
Exposition à voir du 14 avril au 1er mai 2023
Vernissage et rencontre avec Sinan Hezer le samedi 22 avril, de 15h à 18h30
Au Centre social Carrefour 18
7 rue d’Espagne
RENNES
TURQUIE – La coprésidente de l’Association des droits de l’Homme de Turquie, Eren Keskin est l’une des principales militantes des droits des femmes, des LGBT et des minorités, s’opposant à la torture et aux violences sexuelles. Son sens aigu de la justice ne connaît aucun tabou, ébranlant même les fondements de l’État turc, et qui lui a prévalu de nombreuses arrestations, d’innombrables menaces de mort et maintenant, elle risque une peine de prison à perpétuité dans plus d’une centaine d’affaires intentées contre elle. Aujourd’hui, elle a été arrêtée à Istanbul à cause de ses publications sur les réseaux sociaux.
« Je suis placée en garde à vue à l’aéroport Sabiha Gökçen [à Istanbul] », a écrit Keskin sur son compte Twitter. Elle aurait été arrêtée pour ses publications sur les réseaux sociaux.
PARIS – Le vendredi 14 avril, le tribunal correctionnel de Paris a condamné 11 militants kurdes à des peines de prison allant de sursis à plusieurs années de prison pour « financement du terrorisme ». Dans le communiqué suivant, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) accuse les autorités françaises de politiser la justice pour bafouer les droits des Kurdes.
Acharnement judiciaire contre les Kurdes: militants emprisonnés et justice politisée« Le 14 avril 2023, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire de 11 militants kurdes accusés d’appartenance au PKK. Nous sommes profondément choqués par les peines très lourdes infligées à ces militants qui ne sont rien d’autre que des défenseurs des droits humains et de la démocratie.Nous condamnons fermement cette décision motivée par des considérations politiques et non juridiques. Les Kurdes sont un peuple pacifique qui cherche à exercer ses droits démocratiques et à lutter contre toutes les formes de discrimination et d’oppression.Il est clair que le caractère terroriste n’est retenu que lorsqu’il s’agit de réprimer les Kurdes. Car quand il s’agit de poursuivre les crimes commis à l’encontre des Kurdes, la justice française ne retient pas la qualification terroriste, comme en témoigne le refus du parquet antiterroriste de se saisir dans l’affaire de l’attentat contre nos locaux qui a tué trois militants kurdes le 23 décembre 2022.Nous sommes consternés par ces deux décisions qui montrent clairement que les Kurdes font face à une discrimination politique flagrante en France. Nous demandons la libération immédiate de tous les militants kurdes emprisonnés en France et dans d’autres pays européens.Nous exhortons les autorités françaises à respecter les droits humains et les libertés fondamentales des Kurdes et à ne pas se laisser influencer par les pressions politiques. Nous demandons également aux autorités de faire toute la lumière sur l’attentat contre nos locaux et de poursuivre en justice les responsables, afin de garantir que de tels actes horribles ne se reproduisent plus jamais.Nous appelons la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’homme et les médias à faire pression sur les autorités françaises pour qu’elles respectent les droits des Kurdes en France et dans le monde entier, et pour qu’elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les Kurdes contre les violences et les persécutions. »Conseil Démocratique Kurde en France
16 Rue d’Enghien
75010 PARIS