TURQUIE – A Alanya, dans la province méridionale d’Antalya, un groupe de racistes turcs a arrêté un bus de passagers appartenant à une société de la province kurde de Batman. Trois personnes ont été blessées lors de l’attaque survenue hier soir.
Dans une des vidéos publiées sur Twitter, le conducteur du bus de la société Özlem Batman a déclaré que les assaillants les ont poursuivis sur l’autoroute, les ont arrêtés et accusés de ne pas avoir payé pour les courses que les passages avaient effectuées à Alanya peu de temps avant et les ont frappés. Il a ajouté qu’il leur a proposé de leur redonner de l’argent, même s’ils avaient déjà payé pour les achats mais qu’on les attaqués car ils étaient kurdes et que assaillants ont pris la fuite à bord de leurs véhicules avec lesquels ils les avaient poursuivis.
Plusieurs vidéos prises par des passagers montrent le chauffeur du bus, son assistant et un des passagers blessés. Le bus est arrivé à Batman après les premiers soins reçus par les blessés à l’hôpital.
TURQUIE – Aujourd’hui 23 avril, l’État turc célèbre la « fête des enfants » à travers tout le pays, y compris au Kurdistan du Nord (Bakûr) et dans le nord de Chypre depuis l’occupation de l’île par la Turquie en 1974, ce même État qui tue des enfants kurdes depuis un siècle à cause de leurs origines ethniques, sans parler de la date du 23 avril qui précède le 24 avril, la journée de commémoration du génocide arménien commis par l’Empire ottoman en 1915 et nié farouchement par les Turcs…
Rien que ces 20 dernières années, sous le gouvernement AKP, plus de 200 enfants kurdes ont été tués par les forces armées turques à l’intérieur des frontières de la Turquie. Des dizaines d’autres enfants kurdes ont été tués au Rojava, au Kurdistan irakien et à Shengal par les forces turco-jihadistes ces dernières années.
Photo: Uğur Kaymaz, Ceylan Önkol et Berkin Elvan ne sont que 3 de ces enfants tués pour ne pas avoir été de « bons Trucs ». Cette « fête d’enfants » est un mensonge célébré sur des cadavres d’enfants kurdes, arméniens, syriaques, yézidîs ou arabes tués par l’empire ottoman hier, l’État turc aujourd’hui…
LAUSANNE – Le Centre culturel kurde de Lausanne continue sa série de conférences à l’occasion du centenaire du Traité de Lausanne qui a divisé le Kurdistan en quatre colonies.
En Suisse, les activités à l’occasion de l’anniversaire du Traité de Lausanne se poursuivent. Le traité de 1923 a établi la division en quatre parties du Kurdistan qui s’est poursuivie à ce jour. L’accord a été signé au Palais de Rumine, où s’est déroulée la semaine dernière une table ronde intitulée « Lausanne 1923 : où étaient les Kurdes ? ». La conférence « Jin Jiyan Azadî (femme, vie, liberté) » a également eu lieu hier au palais Rumine. Les intervenants étaient Elif Kaya du Comité Jineolojî et l’historien de l’art Matthieu Jaccard.
L’événement a commencé par une performance de l’artiste plasticienne Mîrkan Deniz. La politicienne Sevgi Koyuncu a ensuite informé de la série d’événements « Lausanne 2023 » qui se poursuivra avec une exposition entre le 28 avril et le 19 mai.
Dans son discours, architecte et historien d’art, Matthieu Jaccard a rappelé le génocide des Arméniens commis en 1915 par les ottomans et la journée internationale du commémoration du génocide arménien du 24 avril, déclarant que le danger de génocide avait été dirigé contre les Kurdes avec le traité de Lausanne, conclu il y a cent ans.
La militante Elif Kaya a d’abord présenté le Jineolojî et a déclaré que les Kurdes ont préservé leur langue et leurs traditions avec leur lutte malgré la menace de génocide qui dure depuis cent ans. L’intervenante a souligné que la révolution du Rojava était basée sur le paradigme de la liberté présenté par Abdullah Öcalan : « Malgré les massacres qui ont eu lieu, les Kurdes se sont levés et ils ont réussi à protéger leur identité, leur langue et leurs traditions et à créer une révolution des femmes . La philosophie « Jin Jiyan Azadî » est née au Rojava et est devenue aujourd’hui un slogan courant au Rojhilat [Kurdistan oriental], en Iran et dans tout le Moyen-Orient. La base en est la philosophie de la liberté d’Abdullah Öcalan. »
A la fin de la conférence, les intervenant ont répondu aux questions du public et l’événement s’est achevée par le slogan « Jin Jiyan Azadî ».
ANF
Anthropologue et historien kurde, Adnan Çelik affirme que le mouvement politique kurde de Turquie, bien que criminalisé et démantelé par le régime turc, constitue la force politique qui fera basculer l’issus des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai 2023 qui se jouent entre l’Alliance populaire du président sortant Erdogan et l’l’Alliance nationale de Kemal Kiliçdaroglu. En apportant son soutien à Kiliçdaroglu, le mouvement kurde espère reconstituer « les espaces et des réseaux détruits ou perdus sur le terrain du social, des idées et de la solidarité », écrit Çelik dans son article dans le dossier de Sciences-po dédié aux élections législatives et présidentielles turques du 14 mai.
L’article d’Adnan Çelik à lire ici: Le kurde toujours debout malgré le « mouvement politicide » orchestré par Erdoğan
Dossier complet de Sciences-po à lire ici: Élections présidentielles et législatives du 14 mai 2023 : le retour de la démocratie en Turquie ?
RENNES – Le 27 avril prochain, les Kurdes rennais et leurs ami.e.s organisent une soirée caritative en soutien aux rescapés du séisme du 6 février 2023 qui a frappé plusieurs régions du Kurdistan.
RDV le jeudi 27 avril, à 18h, au Babazula, 182, Avenue General Gorges S. Patton
Détails de la soirée donnés par le Comité Internationaliste Serhildan Roazhon:« Le 27 avril, à 18 heures, Bar le Babazula nous organisons avec les Amitiés Kurdes de Bretagne et le Centre Démocratique Kurdes de Rennes une soirée de soutien aux victimes du séisme au Kurdistan.Le 6 février, deux séismes frappaient une zone de 100 576 km2. Très vite, on parle dans les médias des populations syriennes et turques, victimes avec aujourd’hui plus de 56 000 décès à déplorer, des milliers de bâtiments détruits. Mais ce territoire dévasté, c’est avant tout le Kurdistan, où des années de colonisation ont empêché l’auto-détermination. Suite au séisme encore, les deux régimes, turcs et syriens essayent de contrôler la distribution de l’aide alors même que leurs gouvernements négligents et corrompus sont responsables de l’ampleur qu’a pris le désastre. Malgré cela, malgré la répression, la solidarité s’est déployée et les partis, syndicats, associations culturelles et religieuses s’auto-organisent pour mettre en pratique ce que propose le mouvement kurde depuis plus de 40 ans : une société qui peut s’organiser en parallèle de l’État, parce qu’elle le fait pour elle-même et par elle-même.Pour en témoigner, des membres du Centre démocratique kurde de Rennes et des Amitiés Kurdes de Bretagne (qui se sont rendus sur place en février à l’occasion d’une délégation d’urgence) seront parmi nous.Au programme : Buffet kurde, projection de photos, table de presse et ressources pour aller plus loin, concert de musique kurdeToutes les recettes de la soirée seront reversées à l’association Roja Sor (partenaire du Croissant rouge kurde) ttps://rojasorfrance.com/On compte sur vous pour venir nombreux et nombreuses »Le Comité Internationaliste Serhildan Roazhon
Organisé par le Comité Internationaliste Serhildan Roazhon, le Centre Démocratique Kurde de Rennes (CDK-R) et les Amitiés Kurdes de Bretagne
TURQUIE – Les mères du Samedi (Cumartesi Anneleri) qui cherchent leurs proches (majoritairement des Kurdes) portés disparus par les forces de l’État dans les années 1990 ont voulu se rassembler ce matin sur la place Galatasaray à l’occasion de la fête de l’aid el-fitr. La police turque les a attaquées et arrêté de nombreuses mères de samedi et des militants des droits humains.
Cet après-midi, la police turque a assiégé le rassemblement des mères du samedi à la place Galatasaray (Istanbul), malgré la précédente décision de la Cour constitutionnelle selon laquelle leur droit de tenir des réunions et des manifestations avait été violé. La police turque avait également attaqué le rassemblement des Mères du Samedi le 8 avril et détenu de nombreuses personnes.
Les mères du samedi ont de nouveau été arrêtées lorsqu’elles se sont rendues place Galatasaray pour s’enquérir du sort de leurs proches portés disparus. Avant que les proches des disparus ne soient arrêtés, l’avocate Eren Keskin a déclaré : « Nous voulons nos proches disparus pour de vraies fêtes. Pendant que tout le monde visite les tombes de leurs proches, nous sommes également à Galatasaray ce jour-là. Nous avons apporté nos œillets ici aujourd’hui car nous n’avons pas de tombes à visiter. »
Les mères du samedi étaient sur la place Galatasaray pour s’enquérir une fois de plus du sort de leurs proches après la décision de la Cour constitutionnelle qui avait déclaré que leurs droits de rassemblement et manifester avaient été violés. Les proches des disparus ont été assiégés et détenus* par la police sur la place Galatasaray, où ils étaient venus avec des œillets.
« Ceux qui empêchent le communiqué de presse, ceux qui émettent et exécutent l’ordre de détention, ceux qui violent délibérément la Constitution : vous commettez un délit. Notre droit de manifester pacifiquement ne peut être bafoué ! », a déclaré sur Twitter l’Association des droits de l’Homme de Turquie (İnsan Hakları Derneği – IHD), dont Eren Keskin est présidente.
*Les personnes détenues sont: Mikail Kırbayır, İrfan Bilgin, Eren Keskin, Maside Ocak, Sebla Arcan, Besna Tosun, Ali Tosun, Ali Ocak, Hanım Tosun, Yasemin Bektaş, Aylin Tekiner, İkbal Eren, Setenay Yarıcı, Hanife Yıldız, Leman Yurtsever, Nuray Çevirmen.
La militante kurde Maryam Fathi a participé au Festival « Tour de Lorraine », organisé en alternative au Forum économique mondial, à Bern, en Suisse. La représentante de la Société des femmes libres du Kurdistan d’Est (KJAR) en Espagne, Maryam Fathi a parlé de la révolution « Jîn, Jîyan, Azadi » déclenchée suite au meurtre de Jina Mahsa Amini par la police des mœurs à Téhéran en septembre 2022.
« Tour de Lorraine Festival » a eu lieu pour la première fois à Berne en 2000 lors de manifestations contre le Forum économique mondial (WEF) et la mondialisation néolibérale.
Dans ce festival annuel de solidarité et de résistance, de nombreux sujets tels que la crise climatique, la crise économique, le réchauffement climatique, les guerres, les droits humains, les droits des femmes, les problèmes de genre et les problèmes des réfugiés sont abordés.
Les Kurdes étaient représentés lors du panel « Guerre et paix », qui comprenait des militants et des politiciens de nombreuses nations dont le Kurdistan, le Nigeria, la Turquie, l’Afrique du Sud et le Liban.
Le festival s’est poursuivi avec des présentations où des militants, des artistes, des politiciens et des scientifiques de différentes nations ont partagé leurs expériences en temps de guerre et de paix.
« Tour de Lorraine Festival » se poursuivra jusqu’au 30 avril.
ANF
Le premier journal kurde « Kurdistan » fut publié en Égypte, par Mikdad Badirkhan en 1898. Cette journée est célébrée comme la Journée du journalisme kurde qui a 125 ans aujourd’hui.
Le premier journal en langue kurde, « Kurdistan » a été publié le 22 avril 1898, au Caire, par les frères Mikdad et Ebdulrehman, fils de Bedir Xan (Ou Bedir Khan), un notable kurde exilé. « Kurdistan » a été publié par des Kurdes chassés de leurs terres par les Ottomans.
La date de la création du journal « Kurdistan », fondé sous les auspices de la famille Bedirxan (BedirKhan), est célébrée comme étant le jour de la naissance de la presse kurde.
Le journal Kurdistan a émigré, après la 5ème édition, en raison de la situation politique en Égypte, d’abord à Genève, puis de nouveau au Caire et ensuite à Genève via Londres et Folkestone.
Le journal comportait quatre pages. Initialement, les éditeurs avaient l’intention d’enseigner les connaissances kurdes sur l’éducation et la culture.
La contribution culturelle la plus importante a été la publication de l’épique Mem û Zîn d’Ehmedê Xanî. Les contributions politiques consistaient en des articles contre la politique du sultan ottoman Abdülhamid II et le rôle des Kurdes dans ces politiques. Le journal avait averti les Kurdes de ne pas se faire avoir par Abdulhamid II lors du génocide arménien. En avril 1902, le journal a cessé de paraître après 31 publications.
Le Parti Démocratique des Peuples célèbre la Journée du journalisme kurde
Tayip Temel, député du Parti Démocratique des Peuples (HDP) et vice-président responsable de la Commission de la presse et de la propagande, a publié un communiqué célébrant la Journée du journalisme kurde :
«Avec une lutte haletante menée et des prix élevés payés, la presse kurde et la tradition de la presse libre ont maintenu leur existence face à toutes les attaques, et elles jouent toujours un rôle crucial pour éclairer la société et faire entendre la voix du les gens ont entendu », a déclaré le député.
«Malgré les conditions de répression et de violence, le journalisme kurde suit son propre chemin, ne faisant jamais aucune concession à la voie ou à la tradition de lutte créée par des journalistes tels que Mîqdat Mîdhed Bedirxa et Musa Anter », a ajouté Temel, faisant référence à deux éminents journalistes kurdes.
L’éminent journaliste et intellectuel kurde Musa Anter a été assassiné par l’organisation paramilitaire turque JITEM en 1992. Il a été exilé et emprisonné à plusieurs reprises avant sa mort.
De 1992 à 1994, un total de 76 journalistes, employés et distributeurs du journal kurde Özgür Gündem ont été assassinés en Turquie par les forces paramilitaires (JITEM) et les forces de Hisboullah. En 1994, des attentats à la bombe ont frappé trois bureaux des journaux kurdes Özgür Gündem et Özgür Ülke.
PARIS – Le parti de la gauche verte (Yeşil Sol Parti) « pro-kurde » organise à Paris un rassemblement électoral ce samedi 22 avril, à 14 heures, sur la place de la République.
Bedran Ozturk, coprésident de l’organisation politique kurde « Congrès de la société démocratique » (Demokratik Toplum Kongresi – DTK) et candidat en lice du Yesil Sol pour les élections parlementaires et la coprésidente du Yesil Sol, Cigdem Kiliçgun Uçar (participation par visio-conférence) prendront la parole lors du rassemblement qui accueillera également des parlementaires français.e.s qui viendront apporter leur soutien aux forces démocratiques de Turquie face au régime obscurantiste d’AKP à la veille des élections cruciales du 14 mai 2023*.
Affiche du meeting parisien du Yesil Sol Parti
Le public pourra écouter le groupe de musique féminin Kevana Zerîn, le groupe Deza Amed ainsi que le chanteur Farqin Azad qui chanteront lors de l’événement organisé par la représentation d’Yeşil SolParti en France.
*Lors des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai 2023, plus de 64 millions d’électeurs, y compris ceux des régions kurdes de Turquie et de la diaspora, auront le choix entre le président sortant Erdogan soutenu par l’Alliance populaire réunissant le parti d’extrême-droite MHP et le parti islamiste Hudapar accusé d’être la branche politique d’Hezbollah turc, ou Kılıçdaroğlu soutenu par l’Alliance de la nation (ou Table des six) réunissant les forces progressistes, la gauche et les Kurdes, ainsi que le parti de l’extrême-droite IYI. Entre ces deux camps, il y a deux candidats outsiders: Sinan Oğan, un ancien du MHP, et Muharrem Ince du CHP qui prendront surtout les votes de Kiliçdaroglu, d’après les sondages qui prévoient un deuxième tour pour les élections présidentielles turques.
**Yeşil Sol Parti a été fondé pour remplacer le parti HDP menacé d’interdiction imminente à la veille des élections présidentielles et législatives du 14 mai alors qu’il est la deuxième parti de l’opposition et qu’il représente plus de 6 millions d’électeurs.
TURQUIE – Une tempête survenue aujourd’hui à Pazarcik / Kahramanmaras a fait 2 morts, dont un enfant, et 150 blessés parmi les rescapés du séisme du 6 février 2023 qui avait frappé essentiellement les régions à majorité kurde du pays.
La ville de tentes et de conteneurs dans le quartier de Cengiz Topel, où vivaient les rescapés du séisme, est devenue inutilisable en raison de la tempête et de la tornade survenus après les fortes pluies de ce midi dans le district de Bazarcix (Pazarcık), qui est l’épicentre du séisme du 6 février dernier et où il y a eu une grande destruction. On déplore deux morts et 150 blessés, dont 46 hospitalisés dans un état grave.
Les toits des bâtiments quartier fortement endommagés par le séisme se sont envolés par la tempête et de nombreux containers dans lesquels des rescapés du séisme ont été endommagés tandis que la plupart des arbres du district ont été renversés.