TURQUIE. Le chef d’un groupe jihadiste syrien diplômé d’une université turque

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TURQUIE – La politicienne kurde syrienne, Havrin Khalaf, a été assassinée par le groupe jihadiste Ahrar al-Charkiya sous commandement de la Turquie le 12 octobre 2019, lors d’attaques d’invasion turco-jihadistes contre Ras al-Aïn (Serê Kanîyê) et Girê Spî. En juillet 2021, le Trésor américain avait bloqué les avoirs et interdit toute transaction avec le groupe qui a entre autre tué Hevrîn Xelef et commis d’innombrables crimes de guerre en Syrie. Abou Hatem Shaqra, un des commandants du groupe Ahrar al-Charkiya, a été diplômé de l’Université de Mardin Artuklu, où il s’est inscrit sous un faux nom.
Abu Hatem Shaqra à la cérémonie des remises des diplômes
Abu Hatem Shaqra (ou Abou Hatem), qui s’est inscrit sous le nom d’Ahmed Ihsan Fayyad al-Hayes au Département de sciences politiques et de relations internationales de l’Université d’Artuklu, a arboré le drapeau de l’Armée syrienne libre (FSA-ASL) lors de la remise des diplômes. Abu Hatem Shaqra, l’un des commandants d’Ahrar al-Sharqiya, connu pour de nombreuses violations des droits humains et condamné par la communauté internationale pour avoir commis des crimes de guerre, a étudié en Turquie et est maintenant diplômé du département des sciences politiques et des relations internationales de l’Université Mardin Artuklu, dans la province kurde de Mardin. Lors de la cérémonie de remise des diplômes qui s’est tenue le 6 juin, Abu Hatem Shaqra portait une robe universitaire sur laquelle le nom d’Ahmad Ihsan Fayyad Al-Hayes, le chef d’Ahrar al-Sharqiya, était écrit en lettres arabes. Abu Hatem Shaqra a également déployé un drapeau de l’Armée nationale syrienne (Anciennement Armée syrienne libre) le jour de la remise des diplômes avec un grand groupe de personnes.

Sur la liste des sanctions des États-Unis

Ahrar al-Sharqiya est accusé de l’assassinat de nombreux civils en Syrie, et surtout de la politicienne kurde Hevrin Xelef, secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie. L’organisation est sur la liste des sanctions des États-Unis et Abu Hatem Shaqra est l’une des personnes qui figurent sur la liste des sanctions. Le bureau du haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a annoncé à la même période que l’organisation avait commis des crimes de guerre. Abu Hatem Shaqra aux réunions du SNC. Photo: etilaf.org Shaqra a été vue en train de participer à la réunion de la Coalition nationale des forces révolutionnaires et d’opposition syriennes soutenue par la Turquie (communément appelée SNC) le 23 novembre 2020. Photo : Twitter En février 2019, le compte Twitter d’Ahrar al-Sharqiya a publié une photo montrant Abu Hatem recevant un prix des forces de sécurité locales soutenues par la Turquie à Raco, dans le canton kurde d’Afrin, en Syrie, occupée par les forces turco-jihadistes. Hevrîn Xelef Ahrar al-Sharqiya, fondée au début de 2016 par une unité liée à l’Ahrar al-Sham, a été évoquée en relation avec le meurtre de la femme politique kurde, secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, le 12 octobre 2019, sur l’autoroute internationale de Qamilshlo. Capturée sur l’auto-route M4, près du village de Tirwazî, entre Soulouk et Tall Tamer, la secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, a été violée et lapidée par les membres du « Bataillon 123 » de la milice djihadiste « Ahrar al-Sharqiya », allié de la Turquie. Ses bourreaux ont aussitôt diffusé sur les réseaux sociaux les images de son calvaire qu’ils ont filmé. Une enquête de BBC Arabic intitulée « Le meurtre d’une pacifiste syrienne » a révélé qu’il existait des preuves convaincantes qu’Hevrin Halef avait été tuée lors de « l’opération Source de paix », une opération militaire menée par l’armée turque par une fraction de « l’armée nationale syrienne ». Cependant, Ahrar al-Sharqiya rejette la responsabilité du meurtre de Xelef.  
Un rapport de Human Rights Watch (HRW), basé à New York, publié en juillet 2018, indique que certaines organisations, dont des membres d’Ahrar al-Sharqiya, sont responsables du pillage des biens des personnes. Amnesty International, d’autre part, a déclaré que la même organisation kidnappe des personnes portées disparues, procède à des arrestations arbitraires et pille les biens des civils. *Abu Hatem Shaqra avec deux Kurdes qu’il a pris en otage. Une autre accusation portée contre Ahrar al-Sharqiya la construction d’une grande prison à l’extérieur d’Alep où des centaines de personnes ont été exécutées jusqu’à présent. Le groupe qui en détient également contre rançon ciblant d’éminents hommes d’affaires et personnalités de l’opposition à Idlib et Alep aurait recruté d’anciens membres de l’EI.
Bianet

TURQUIE. Six Mères de la Paix kurdes détenues à Antalya

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TURQUIE – Il ne passe pas un jour sans détentions de politiciens, journalistes, avocats, simples citoyens ou des activistes des droits humains à travers la Turquie et le Kurdistan du Nord. Le régime turc poursuit ses opérations de génocide politique ciblant le mouvement kurde. Ce matin, la police turque a pris d’assaut plusieurs logements dans la province méridionale d’Antalya, arrêtant plusieurs femmes kurdes, Mères pour la Paix. Elles sont accusées d’avoir « fourni une aide financière à l’organisation [PKK] » pour avoir envoyé de l’argent à des prisonniers. Les mères de la paix arrêtées sont: Fatma Gün, Emine Tekmenuray, Zekiye Alak, Hülya Ayık, Hüzna Göksel, Ayşe Arslan, Valide Kaplan et Emine Arslan. ANF

TURQUIE. « Hakan Fidan se situe à un point crucial de la question kurde »

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TURQUIE / KURDISTAN – Bianet a interviewé l’académicien Adnan Çelik sur le cabinet et des « ministres kurdes » du nouveau gouvernement turc après les « élections » générales du 14 mai. Selon Adnan Çelik, le président Erdogan veut créer des « Kurdes gouvernables » dans la continuité de la politique coloniale centenaire mise en place au Kurdistan. Le président et chef du Parti de la justice et du développement (AKP), Recep Tayyip Erdoğan, a annoncé le nouveau cabinet le 3 juin à Ankara. L’académicien Adnan Çelik a répondu aux questions de Bianet sur le nouveau cabinet, son fonctionnement, son importance pour le mouvement politique kurde et les personnes clés du nouveau cabinet. Au sujet d’Hakan Fidan, ancien chef des renseignements turcs (MIT) et qui occupera désormais le fauteuil du ministre des Affaires étrangères, Çelik déclare: « la personne qui est à la fois la plus puissante et la plus fidèle à Erdoğan soit dans une négociation à mener avec le mouvement kurde, soit dans le mouvement récemment totalement militarisé de « lutte antiterroriste » menée depuis 2015. Par conséquent, Hakan Fidan se tiendra à un point crucial par rapport à la question kurde, peu importe vers où le processus évolue. » Combat AKP-MHP Comment évaluez-vous les avis positifs liés au nouveau cabinet ? Ceux-ci le décrivent généralement comme « un cabinet modéré dans lequel Süleyman Soylu n’est pas inclus ». Est-ce un cabinet modéré ? Tout d’abord, oui, c’est une « bonne » évolution que Süleyman Soylu ne soit pas au cabinet. Cependant, ce que cela nous dit est davantage lié aux préparatifs des élections locales et à la lutte entre le Parti de la justice et du développement (AKP) et le Parti du mouvement nationaliste (MHP). En revanche, ne pas inclure l’ancien ministre de l’Intérieur Soylu qui était pour beaucoup le symbole des pratiques illégales de l’AKP, semble « impliquer » un changement. Par ailleurs, un sujet de discussion en cours était que le MHP [parti ultranationaliste des Loups Gris] menait l’AKP par le bout du nez. Comme nous savons que Süleyman Soylu est issus du MHP, ce choix nous en dit long. D’une certaine manière, l’AKP investit dans la nouvelle composition de l’arithmétique parlementaire en donnant l’impression qu’il se fait justice lui-même. Car Soylu est presque le symbole du casier judiciaire du régime, et pas seulement pour le Parti Républicain du Peuple (CHP) et le Parti des Verts et de la Gauche (HDP), mais aussi pour les partis l’Avenir (Gelecek) et Démocratie et Progrès (DEVA) qui sont des mouvements dissidents de l’AKP. Et si nous regardons le nouveau cabinet. Il faut garder à l’esprit qu’il y a en Turquie un système présidentiel aux pouvoirs démesurés qui est très central, et qu’Erdoğan a été réélu et qu’il a lui-même formé le gouvernement. Par conséquent, je pense que nous devons examiner les plans d’Erdoğan pour la nouvelle période lorsque nous évaluons le cabinet comme « modéré » ou « dur », et en écoutant les déclarations qu’il a faites jusqu’à présent, je ne vois pas un avenir « modéré ». Quatre axes de base Je pense qu’Erdoğan a formé le nouveau cabinet sur quatre axes fondamentaux et quatre priorités : Une continuité sur les acteurs qui ont émergé dans les pratiques de l’économie de guerre au pays et à l’étranger, intensifiées depuis 2015 ; une attitude qui reconnaît la rationalité de la crise économique et qui apaise les milieux d’affaires internationaux ; une combinaison qui prend en compte la nouvelle arithmétique représentative au Parlement et la mobilise dans les processus de prise de décision ; et enfin une combinaison qui procédera plus « prudemment » jusqu’aux élections locales qui se tiendront au printemps prochain. Tout d’abord, je crois qu’un cabinet d’économie de guerre a été formé. En particulier, faire de Hakan Fidan, le président du Service national de renseignement qui a été l’acteur actif des politiques expansionnistes militaristes transfrontalières menées en Syrie, au Kurdistan du Sud, en Libye et en Azerbaïdjan, le ministre des Affaires étrangères en est une indication. Encore une fois, Yaşar Güler et Ali Yerlikaya doivent être interprétés de la même manière. Et la première déclaration de Mehmet Şimşek, selon laquelle « il n’y a pas d’autre choix que de revenir à un terrain rationnel », était la première fois qu’un responsable admettait la présence d’une crise économique. Élections locales Avec cette expression, Şimşek veut reconstruire une relation de confiance avec les milieux internationaux des affaires/des capitaux ; mais bien sûr, il sous-entend également que ce ne sont pas les grands capitalistes mais les travailleurs qui en paieront le prix. Je pense que l’inclusion de membres du MHP dans le cabinet est liée à l’exigence de la majorité absolue de 301 députés au parlement. En réduisant l’influence du MHP au sein du cabinet, Erdoğan tente d’inclure les quelque 40 députés élus de partis politiques tels que les partis Démocratie et Progrès (DEVA), Futur (Gelecek) et Félicité (Saadet) sur les listes du CHP. Et enfin, Erdoğan tente de créer un « horizon d’attente » prudent avec le nouveau cabinet en vue des élections locales qui auront lieu dans huit mois. Bien que ce soit une période où le PKK mène la lutte armée avec la plus faible intensité, nous voyons que la rhétorique « terroriste » se fait entendre le plus fort. Malheureusement, l’opposition emboîte également le pas. Je crois que cela s’intensifiera encore plus dans les sections locales via le parti de la Cause Libre (HÜDAPAR). Une formation liée à HÜDA-PAR-Hezbollah [parti islamiste turc sunnite à ne pas confondre avec le Hezbollah chiite libanais] a déjà commencé à annoncer que leur programme le plus important est l’élection locale. HÜDAPAR est un outil utile à cette fin. Bien que le parti ne soit pas puissant par rapport au mouvement kurde, l’AKP et HÜDAPAR feront tout ce qu’ils peuvent pour [sortir vainqueurs] des élections locales. Hakan Fidan se tient à un point critique Un autre membre important du nouveau cabinet est Hakan Fidan. Que signifie sa présence, en particulier pour les Kurdes ? Hakan Fidan est le « compagnon secret » d’Erdoğan comme il l’appelait. Et un membre important du cabinet, comme vous dites, notamment en ce qui concerne la « négociation » ou la « lutte » avec les Kurdes. En fait, il a longtemps été le ministre caché des Affaires étrangères de la Turquie. Lors des pourparlers d’Oslo de 2009 et des pourparlers d’İmralı de 2013-2015, il a été très actif. Mais il a également été très actif dans l’armée régulière et la guerre paramilitaire contre le nord de la Syrie et le Kurdistan du Sud plus tard. Il a utilisé la capacité militaire renforcée obtenue avec les drones à des fins de renseignement et a mené une grave infraction en assassinant des responsables du PKK de niveau supérieur et intermédiaire. Erdoğan a surtout protégé Hakan Fidan, contre toutes les critiques. Il a dit: « Je l’ai envoyé à Oslo et aussi à İmralı  ». Ainsi, Hakan Fidan se trouvera à un moment crucial par rapport à la question kurde, soit dans une négociation à mener avec le mouvement kurde, soit dans la « lutte antiterroriste  ». « Les ministres sont biologiquement kurdes » Le nombre de ministres d’origine kurde est élevé dans le nouveau cabinet. Qu’est-ce que cela nous en dit? Tout d’abord, permettez-moi de dire ceci, ce n’est pas quelque chose de « mauvais » en soi que le nombre de ministres kurdes soit élevé. Seulement si les gens pouvaient trouver plus de place dans le cabinet « en tant que Kurdes ». On voit aussi que ces ministres ont des positions critiques. Cevdet Yılmaz, qu’Erdoğan a nommé vice-président, est originaire de Bingöl. L’ancien et actuel ministre de la Santé, Fahrettin Koca est un Kurde de Konya. Nous ne savons pas à quel point il embrasse cette identité mais nous savons que Hakan Fidan est un Kurde de Van. Mehmet Şimşek est de Batman et il n’hésite pas de parler kurde en public. On voit dans une vidéo diffusée hier sur les réseaux sociaux qu’il parle longuement à une mère en kurde, et chante des chansons kurdes. Cependant, ces ministres ne sont que biologiquement kurdes. ************************* L’académicien Adnan Çelik est né à Kulp, Diyarbakir (Amed). Il a étudié la dynamique des conflits au sein des Kurdes dans sa thèse d’anthropologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) en 2018. Plusieurs de ses articles ont été publiés dans divers magazines et livres. Il poursuit ses recherches post-doctorales à l’Institut de recherche en sciences humaines (KWI) de l’Université Duisburg-Essen.    

Écocide: La Turquie a abattu 4 millions d’arbres au Kurdistan irakien en 2022

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IRAK / KURDISTAN – En 2022, les forces d’occupation turques ont abattu au moins quatre millions d’arbres à Behdînan, dans la région autonome kurde d’Irak. La Turquie détruit la nature du Kurdistan et dépeuple la région en bombardant délibérément les zones habitées. Rien qu’au Kurdistan, des centaines de villages kurdes ont été vidés de leur population à cause des attaques de l’armée turque. Les forces d’occupation turques au Kurdistan du Sud mènent une politique de pillage et de terre brûlée. Des régions entières sont contaminées par des munitions et des armes chimiques et des forêts sont abattues ou incendiées pour empêcher la guérilla de battre en retraite. Selon le ministère de l’Agriculture et des Ressources en eau de la région du Kurdistan d’Irak (KRI), 1,3 million d’hectares de terres ont été incendiés au cours de la dernière décennie, principalement en raison d’attaques turques.
Milko Bazyani, chef du Parti des Verts du Kurdistan
Mais ce n’est pas tout, les arbres coupés sont revendus en Turquie et rapporte de profit juteux aux proches du régime turc. Le parti au pouvoir au Kurdistan du Sud, PDK, totalement dépendant de la Turquie, participe à cette approche coloniale. Les entreprises tirent profit de la destruction de la nature du Kurdistan. Milko Bazyani, chef du Parti des Verts du Kurdistan, rend compte de l’étendue des destructions. S’adressant à RojNews, il déclare : « L’année dernière, l’État turc a abattu quatre millions d’arbres à Behdînan par l’intermédiaire de la société Cengiz Holding. Certaines zones de Behdînan se sont transformées en désert. Nous nous sommes plaints auprès des Nations Unies (ONU) de la destruction par la Turquie des forêts du Kurdistan. Malheureusement, nous n’avons pas reçu de réponse. » Cengiz Holding – Profiteur du colonialisme turc La société Cengiz Holding a une fonction charnière vis-à-vis du PDK. Une partie des travaux de déblaiement est également effectuée par des sous-traitants, dont les conseils d’administration sont composés de responsables de la PDK qui reçoivent les fonds appropriés. Cengiz Holding fait partie de la soi-disant « bande des cinq », un groupe d’entreprises qui entretiennent des liens très étroits entre le régime AKP/MHP et les entreprises, qui bénéficient massivement de projets dits de partenariat public-privé. Avec quatre autres entreprises turques, Cengiz Holding fait partie des dix entreprises qui ont remporté le plus d’appels d’offres publics au monde en une décennie, selon les chiffres de la Banque mondiale en 2018. Que ce soit à Ikizdere, dans les monts Ida, à Wan ou dans les forêts du nord, Cengiz Holding est considéré comme le plus grand destructeur de l’équilibre écologique et social au Kurdistan et en Turquie et a également été impliqué dans l’inondation d’Hasankeyf (ku. Heskîf) par les eaux du barrage Ilisu. À Hewlêr, l’entreprise, qui opère dans des secteurs tels que la construction et l’énergie, l’exploitation minière et le tourisme, a notamment construit l’aéroport et l’autoroute Hewlêr-Pirde (Altin Köprü). Photo de couverture: Destruction de la forêt à Çewlîg (tr. Bingöl) en octobre 2022 ANF

Le court-métrage kurde « Une histoire non vécue » lauréat du Festival International « Jeunesse Tout Courts »

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Le court-métrage « Une histoire non vécue » réalisé par le cinéaste kurde Ramazan Kiliç a été lauréat du Grand Prix 2023 du Festival International « Jeunesse Tout Courts » où 32 courts-métrages étaient en compétition. Les jurys du 7e festival Jeunesse Tout Courts ont décerné les prix dimanche 4 juin 2023. « Une histoire non vécue » (en kurde, « Serpêhatiyên Neqewimî ») réalisé par le cinéaste kurde Ramazan Kiliç, a été lauréat du Grand Prix 2023 du Festival International « Jeunesse Tout Courts » qui s’est tenu à Rémalard en Perche, dans l’Orne, en Normandie. La remise du Prix est prévue le 16 septembre prochain. Une histoire non vécue Synopsis: Une petite fille tente de redonner le sourire à sa grand-mère après la disparition de sa télévision, sa seule fenêtre sur le monde. (Fiction) Durée: 16 minutes Sortie: 2023

La Serbie veut extrader vers la Turquie un ancien combattant kurde anti-EI

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EUROPE – L’ancien défenseur des droits humains, Ecevit Piroğlu a dû fuir la Turquie où il fut emprisonné plusieurs fois et persécuté de nouveau suite à son soutien aux manifestations de Gezi. Avant de se réfugier en Europe, il a combattu DAECH aux côtés des forces kurdes au Rojava. Détenu en Serbie depuis 2 ans, il risque l’extradition vers la Turquie où il encourt trente ans de prison pour « terrorisme ». Le 7 juin, une action a eu lieu à Berne, en Suisse, pour exiger la libération d’Ecevit Piroğlu, détenu par l’État serbe depuis près de 2 ans, suite à une demande d’extradition de l’État turc. L’action a eu lieu à Bahnhofplatz et a été organisée par l’Union démocratique des forces d’Europe (Avrupa Demokrat Güç Birliği-ADGB). Une bannière avec les mots « Libérez Ecevit Piroğlu! » et des photos de Piroğlu ont été portées par des militants. S’exprimant lors de l’action, le politicien Nejdet Atalay a déclaré que la Serbie voulait extrader Ecevit Piroğlu, répondant positivement à la demande de la Turquie, au mépris du droit international. Atalay a déclaré que l’extradition avait été empêchée à plusieurs reprises grâce à la solidarité internationale et a ajouté : « Le danger de l’extradition de Piroğlu vers la Turquie n’a pas encore été surmonté. La menace d’extradition de la Serbie persiste et devrait être levée. »    Piroğlu a lutté de Gezi au Rojava S’exprimant au nom de l’ADGB, Tuncay Yılmaz a déclaré qu’Ecevit Piroğlu était victime d’un complot, comme le chef du peuple kurde Abdullah Öcalan, et a ajouté : « Ecevit Piroğlu a mené une lutte révolutionnaire pour les peuples de Turquie et pour le peuple kurde. Nous connaissons Ecevit Piroğlu de la résistance de Gezi et de sa lutte pour la révolution du Rojava. Beaucoup d’entre nous ont travaillé avec lui. Nous savons très bien ce qui pourrait arriver à notre camarade Ecevit en cas d’extradition vers la Turquie. Nous voulons que la menace d’extradition soit levée et Ecevit doit être libéré. ​​Nous appelons la communauté internationale à agir. » Ecevit Piroğlu Ecevit Piroğlu est politiquement actif depuis 1992 et a travaillé, entre autres, pour l’Association des droits de l’homme (IHD) en Turquie. Au fil des ans, il a été emprisonné à plusieurs reprises pour son travail politique. En 2021, il a demandé l’asile politique en Serbie après avoir été accusé de terrorisme en lien avec le soulèvement de Gezi de 2013. Avant de partir pour la Serbie, Piroğlu a combattu l’EI dans le nord de la Syrie. Lorsqu’il a atterri à Belgrade, il a été arrêté et a entamé une grève de la faim en juin dernier. En octobre, la cour d’appel de Belgrade a annulé la décision d’un tribunal inférieur d’extrader Ecevit Piroğlu vers la Turquie. L’activiste reste en garde à vue, encourant au moins trente ans de prison en Turquie. ANF

TURQUIE. 16 journalistes kurdes en prison depuis un pour avoir exercé leur métier d’informer

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TURQUIE / KURDISTAN – Il y a un an jour pour jour, les autorités turques arrêtaient 16 journalistes kurdes à Diyarbakır (Amed) pour « terrorisme ». Un an plus tard, ils sont toujours en prison. L’avocat Resul Temur a déclaré que l’acte d’accusation préparé 10 mois plus tard leur reprochaient leurs activités journalistiques et a ajouté que leur détention qui s’éternise était une punition arbitraire. Dans le cadre d’une enquête menée par le parquet général de Diyarbakır, 22 personnes, dont 20 journalistes, ont été arrêtées lors de perquisitions de maisons et de médias dans de nombreuses villes du centre d’Amed le 8 juin 2022. Parmi les personnes arrêtées, figuraient la directrice de l’agence féminine JinNews, Safiye Alagaş, coprésidente de l’Association des journalistes Dicle Fırat (DGF) Serdar Altan, rédacteur en chef de l’Agence Mezopotamya (MA) Aziz Oruç, rédacteur en chef du journal en langue kurde Xwebûn Mehmet Ali Ertaş, les journalistes Zeynel Abidin Bulut, Ömer Çelik, Mazlum Doğan Güler, İbrahim Koyuncu, Neşe Toprak, Elif Üngür, Abdurrahman Öncü, Suat Doğuhan, Remziye Temel, Ramazan Geciken, Lezgin Akdeniz et Mehmet Şahin. Au bout de 10 mois, un acte d’accusation a été dressé contre 18 journalistes, dont 2 en liberté provisoire, réclamant 7 ans, 6 mois à 15 ans de prison pour « appartenance à une organisation terroriste ». La première audition des journalistes aura lieu le 11 juillet devant la 4e Cour pénale de Diyarbakır. ANF

TURQUIE. Le médecin de prison au détenu kurde: Tu vas crever ici

TURQUIE / KURDISTAN – Le prisonnier kurde souffrant d’une maladie gastrique depuis six ans, Serhat Karsu a déclaré qu’il est privé de soin et que le médecin de la prison lui a dit : « Je ne t’envoie nulle part. Si tu dois crever, tu crèveras ici ». La branche d’Erzurum de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) a annoncé dans son rapport sur les violations des droits dans la prison d’Erzurum / Dumlu que des prisonniers politiques ont été torturés et que leur droit d’accès à la communication, à la santé et aux soins leur a été refusé. Le prisonnier malade Serhat Karsu, qui se trouve à la prison de haute sécurité n° 1 de Dumlu, s’est vu refuser le droit à un traitement et ses récits sur ce qui s’est passé ont révélé l’étendue des violations des droits dans la prison. Karsu, qui a été condamné à la réclusion à perpétuité en 2013 et qui a été transféré dans de nombreuses prisons, est détenu à la prison de Dumlu depuis environ 2 ans. Karsu, qui souffre de reflux gastriques et privé de soins depuis deux ans, risque de développer un cancer. Aynur Taş, sa sœur aînée, qui a rencontré le prisonnier malade Karsu la semaine dernière, a déclaré que les pratiques de l’administration pénitentiaire poussaient à mort les détenus malades. Médecin de la prison: Tu crèveras ici Déclarant que son frère est malade depuis 6 ans et que son droit aux soins a été empêché, Taş a souligné que l’administration pénitentiaire ne l’avait pas envoyé à l’hôpital et attendait la mort de son frère. Taş a déclaré : « Mon frère a fait une demande au médecin de la prison en disant : « Envoyez-moi à l’hôpital », mais le médecin lui a répondu: « Je n’écoute personne. Je ne t’envoie nulle part. Si tu dois crever, tu crèveras ici ». Sa maladie est si avancée qu’il n’a plus de dent dans la bouche à cause de l’acide gastrique. Il a dit qu’il ne pouvait plus manger et qu’il avait de la difficulté à boire de l’eau. » On essaie de les pousser au suicide Notant que la pression sur les détenus a augmenté dans la prison, Taş a déclaré que les prisonniers politiques sont détenus dans des cellules individuelles. Taş a transmis les récits de son frère emprisonné comme suit : « Ils nous gardent tous dans des cellules individuelles. Uniquement en criant que nous pouvons entendre la voix de l’autre. Occupez-vous de nous. Ils ont même installé des barres de fer sur les fenêtres de ventilation. Nous ne pouvons plus distinguer la nuit et le jour. Ils essaient de nous pousser au suicide. » Les prisonniers malades doivent être soignés Déclarant qu’ils ont déposé une requête auprès du ministère de la Justice contre les politiques d’oppression et d’intimidation dans la prison, mais qu’ils n’ont obtenu aucune réponse, Taş a demandé à ce que les prisonniers malades soient soignés sans plus tarder. Agence Mezopotamya

TURQUIE. Un enfant kurde de 5 ans mort percuté par un blindé militaire

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TURQUIE / KURDISTAN – Un blindé militaire a percuté Erdem Aşkan, un enfant de 5 ans, dans la province kurde d’Hakkari. Un blindé militaire conduit par un sergent spécialisé a percuté un enfant de 5 ans à Gever (Yüksekova). Le corps d’Erdem Aşkan, 5 ans, décédé sur les lieux, a été transporté à l’hôpital d’État de Yüksekova. Les véhicules militaires menacent la sécurité des civils kurdes Les blindés des forces de sécurité turques constituent une menace majeure dans les villes kurdes. Selon l’Association des droits humains (İnsan Hakları Derneği – IHD), au cours des 15 dernières années, 44 personnes, dont 21 enfants, ont perdu la vie dans des villes kurdes lorsqu’elles ont été heurtées par un véhicule blindé et des véhicules contrôlés par des militaires et des policiers. 94 personnes, dont 23 enfants, ont été blessées.  

FRANCE. Lancement du réseau des entrepreneuses franco-kurdes

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PARIS – Le 23 juin, un groupe de femmes franco-kurdes se réunissent en région parisienne pour lancer le réseau professionnel des entrepreneuses franco-kurdes baptisé « Rien K’Elles! ». Cette initiative avait été lancée par Zerrin Bataray, avocate et femme politique franco-kurde basée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle a vite été rejointe par de nombreuses femmes professionnelles franc-kurdes qui vont se rencontrer le vendredi 23 juin, à 18h30, à Atrium Hotel, à Roissy-en-France, dans le Val-d’Oise. La soirée est ouverte à toutes les femmes franco-kurdes qui veulent rejoindre le réseau « Rien K’Elles! ».