Le Festival des Films Kurdes de Paris organise un atelier de cinéma destiné aux jeunes

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PARIS – L’équipe du Festival des Films Kurdes de Paris organise un atelier de cinéma destiné aux jeunes de 18 à 30 ans. L’atelier de cinéma encadré par des professionnels du cinéma a pour objectif de faire découvrir la réalisation d’un court-métrage, de l’écriture au montage en passant par la réalisation. Du 12 février au 10 avril 2024, le réalisateur Mohammad Shaikhow et le scénariste Ephrem Koering encadreront les apprentis cinéastes pendant l’atelier de cinéma qui aura lieu à l’Institut Kurde de Paris en partenariat avec la Région Île-de-France et l’Association du cinéma franco-kurde Cinébéj. Durée totale des séances: 24 heures Hors période scolaire Nombre de place limitée Inscription : info@ffkp.fr En fin d’atelier, les films réalisés seront projetés à l’occasion de l’édition 2024 du Festival des Films Kurdes de Paris (FFKP) qui se tiendra du 9 au 13 Avril au Centre Wallonie-Bruxelles.

Rojîn Mokriyani : L’unité et la résistance des femmes ne sont toujours pas assez fortes

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La Communauté des femmes du Kurdistan oriental (Komalên Azadiya Jinên Kurdistan-KJAR) a organisé une conférence intitulée « Jin, Jiyan, Azadî » (femme, vie, liberté) à Stockholm. Pendant la conférence, les universitaires kurdes Rojîn Mokriyani et Nîda Hoşeng ont attiré l’attention sur la destruction de la vie et des humains au Moyen-Orient ainsi que la lutte organisée des femmes pour les stopper ces génocides. Nîda Hoşeng, académicienne connue pour ses travaux à l’Académie suédoise et canadienne, a parlé de la destruction des villes, de l’écologie et des zones d’habitation du Moyen-Orient, ainsi que de la révolution écologique et de la révolution des femmes. Soulignant que les dirigeants du Moyen-Orient, en particulier le régime iranien, détruisent la nature et les villes de l’Iran et du Kurdistan afin de maintenir leur dictature, Hoşeng a déclaré : « Les vies de millions de personnes sont de plus en plus détruites. À l’heure actuelle, même l’eau potable n’est pas accessible à tout le monde en Iran. Le non-partage des ressources naturelles avec tous est devenu la cause de conflits majeurs entre les segments de la société. L’impact de la destruction de la nature a sans aucun doute été plus marqué sur les femmes. » L’universitaire poursuit : « Lorsqu’il y a une crise dans la société toute entière, la partie de la société qui est la plus touchée par celle-ci est à l’avant-garde de la résistance. Si les femmes sont les plus touchées par la destruction de l’écologie, on peut dire qu’elles seront aux avant-postes de la résistance pour défendre la nature. Désormais, l’alternative de la résistance au nom de l’écologie est au centre de la résistance féministe. Nous constatons que les femmes migrent et quittent leurs terres à cause des politiques d’occupation. La violence de l’État à leur encontre n’a pas diminué et l’État a transformé le pays tout entier en une industrie militaire. Pour ces raisons, le mot « écoféminisme » est désormais à l’ordre du jour des femmes en Iran et au Rojhilat Kurdistan. Cette compréhension s’est encore renforcée après l’assassinat de Jina Amini et la rébellion de Jin Jiyan Azadi. »
Rojîn Mokriyani
La chercheuse Rojîn Mokriyani, diplômée de l’Université Cork College en Irlande et qui a travaillé sur la domination, l’occupation et la construction du pouvoir nationaliste, a déclaré que même si la résistance des femmes est évoquée partout dans le monde, ce fait doit être pris en considération et Pour l’unité de la résistance, il faut discuter du système d’État-nation, qui se construit sur la crise écologique, économique de l’agression et de l’occupation. Génocide ethnique, violence sexuelle et destruction Mokrîyani a ajouté : « Les problèmes actuels sur le territoire iranien sont devenus tels que nous examinons ensemble les racines et les sources de tous les problèmes. L’Iran est également un système d’État-nation. Par exemple, le système de domination masculine de l’État-nation et le capitalisme se sont combinés dans tous les aspects, et en conséquence, le génocide ethnique, la violence et la destruction sexuelles, l’exploitation du travail ainsi que la destruction écologique ont émergé. » Rojîn Mokriyani a poursuivi : « Après le meurtre de Jina Amini, une rébellion si grande a éclaté que le monde entier parle désormais définitivement de l’unité et de la résistance des femmes. Cependant, les parties à cette résistance n’ont pas encore renforcé leurs relations de manière profonde et saine. Puisque la question nationale n’est pas abordée, tous les segments de la société ne peuvent pas prendre une part plus importante à la résistance. Par exemple, la question du Kurdistan ou du Baloutchistan n’a jamais été abordée pendant tout le processus de rébellion. Les partis de la Résistance n’ont pas pu construire un langage et un discours communs sur cette base. En particulier, l’incapacité à trouver une solution au problème multinational a provoqué des conflits majeurs entre les groupes et factions de gauche iraniens. KJAR a clairement déclaré dans sa déclaration que le mouvement pour la liberté a une véritable mission et un véritable paradigme pour la solution au problème national, et que l’architecte de ce paradigme est Abdullah Öcalan. S’ils s’unissent pour trouver une solution sur la base d’une nation libre, la source de tous les problèmes existants, à savoir l’État-nation, disparaîtra. »

IRAN. Un autre kolbar kurde tué par les forces iraniennes

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IRAN / ROJHILAT – Les gardes frontaliers iraniens ont tué par des tirs directs le kolbar Sadegh Mirzaei à la frontière de Nowsud. Dans la nuit du samedi 20 janvier 2024, Sadiq Mirani, un kolbar kurde de Javanroud et père de deux enfants, a été victime de tirs meurtriers des forces du régiment frontalier à la frontière de Nowsud. Selon les données de l’ONG Hengaw, l’année 2023 a été marquée par la disparition d’au moins 41 Kolbars kurdes dans les régions frontalières du Kurdistan. Les Kolbars et Kasibkars sont systématiquement pris pour cible par les forces de sécurité iraniennes et turques. Chaque année, des dizaines d’entre eux sont tués sans qu’aucune mesure punitive ne soit prise. Outre les attaques systématiques, les kolbars luttent pour gagner leur vie dans des conditions climatiques difficiles, dans des zones géographiques dangereuses et dans des mines. Kolber ou « kolbar » est dérivé des mots kurdes « kol » et « bar ». Kol signifie « dos », bar signifie « charger ». Les Kolbars gagnent leur vie en transportant des marchandises sur leur dos à travers des frontières dangereuses. Les marchandises qu’ils transportent comprennent des cigarettes, des téléphones portables, des couvertures, des articles ménagers, du thé et, rarement, des boissons alcoolisées. Ils doivent emprunter des routes dangereuses entre le Kurdistan du Sud et le Kurdistan de l’Est. Les marchandises apportées sont vendues à des prix relativement élevés dans les centres commerciaux comme Téhéran. Cependant, les kolbars qui effectuent le transport de marchandises au prix de leur vie ne reçoivent qu’un très petit salaire. Kasibkar fait référence à ces personnes qui reçoivent les marchandises que les kolbars transportent au Kurdistan du Sud et trouvent des acheteurs dans les villes.

FRANCE. Appel à la longue marche kurde

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PARIS – Les organisations kurdes Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) et Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) organisent une logue marche qui part de Paris ce lundi en direction de Strasbourg pour exiger la libération d’Abdullah Ocalan détenu à la prison turque d’Imrali depuis 1999. La marche arrivera à Strasbourg le 15 février, jour de capture d’Ocalan, où un grand rassemblement aura lieu. Voici l’itinéraire de la Longue Marche 2024 pour la Liberté d’Ocalan:

TURQUIE. Une prisonnière kurde empêchée d’assister à l’enterrement de son père

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TURQUIE – Jiyan Ateş, prisonnière politique kurde dont la libération a été reportée depuis octobre 2021, n’a pas pu assister aux funérailles de son père Mehmet Şah Ateş. Les autorités pénitentiaires ont exigé près de 30 000 livres turques pour « frais du transport » de l’otage. Pınar Ateş, la sœur aînée de Jiyan Ateş, qui est détenue à la prison d’Ankara / Sincan, a contacté la prison les informant du décès de son père, demandant à ce que Jiyan Ateş assiste à l’enterrement de son père décédé le 17 janvier à Diyarbakir (Amed). Mais le centre pénitentiaire l’a refusé, demandant à la famille 20-30 000 livres turques en « frais du transport » de l’otage. La famille n’ayant pas cet argent, la prisonnière n’a pas pu assister à l’enterrement de son père. Jiyan Ateş, qui a été détenue à la prison de Sincan et condamnée à 12 ans et 9 mois pour « appartenance à une organisation terroriste [PKK] », est détenue depuis 11 ans et demi. Bien que la peine de Jiyan ait pris fin le 27 octobre 2021, sa libération a été reportée arbitrairement. La libération de Jiyan, qui a été traduite devant le Conseil d’administration et d’observation le 6 octobre 2023, a été à nouveau reportée car elle n’aurait pas formulé de « regrets » et « ne pas avoir voulu aller dans une celle indépendante [non politique] ». Le régime turc détient la majorité des otages politiques kurdes dans des prisons qui sont à des milliers de km de leurs villes. Ainsi, on empêche leurs proches de venir les voir régulièrement, à cause de la distance et des frais de voyages exorbitants pour les familles pauvres.

Il y a 78 ans, naissait la République kurde de Mahabad

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KURDISTAN – Le 22 janvier 1946, des notables kurdes réunis autour du leader Qazi Muhammad proclamaient la naissance d’un État kurde sous le nom de la République de Mahabad, au Rojhilat (Kurdistan d’Est), sous l’occupation iranienne.
Fin août 1941, l’Iran fut envahi par les Alliés, les Soviétiques contrôlant le nord où ils ont tenté de rattacher le nord-ouest kurde du pays à l’Union soviétique. Mais les Kurdes ont choisi de déclarer leur autonomie dans les limites de l’État iranien. Ainsi, dès 1941, un comité de notables kurdes a pris en charge l’administration locale de la ville de kurde de Mahabad et la République de Mahabad a été déclarée en janvier 1946, avec Qazi Muhammad élu Président.
 
Drapeau de la République de Mahabad
 
Avec le départ des Russes en 1946, suite aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies demandant aux Soviétiques de quitter l’Iran, et malgré l’appel des Kurdes demandant la protection des Russes contre le régime iranien, les Soviétiques sont partis, laissant les Kurdes de Mahabad entre les mains du régime iranien qui a écrasé dans le sang l’éphémère État kurde de Mahabad qui englobait les villes de Mahabad, de Piranshahr et de Naghadeh.
 
Exécution des dirigeants de la République kurde de Mahabad
 
Le Président de la République kurde de Mahabad, Qazi Muhammad fut pendu le 31 mars 1947, à l’âge de 54 ans. En plus de Qazi Muhammad, la dynastie Pahlavi a pendu plusieurs dirigeants kurdes accusés de « trahison ».
 
Plus de 80 ans de massacres et de persécutions des Kurdes d’Iran
 
Depuis la chute de la République kurde de Mahabad le 15 décembre 1946, les régimes iraniens successifs n’ont cesser de massacrer les Kurdes du Rojhilat qui ont lutté pour leurs droits et leur autonomie.
 
L’État iranien est allé jusqu’à persécuter les Kurdes à l’étranger, dont en Europe où ils avaient cherché refuge. Par exemple, le 13 juillet 1989, le leader kurde, Abdul-Rahman Ghassemlou et deux de ses collaborateurs ont été assassinés dans un appartement de la banlieue de Vienne où ils s’entretenaient avec des envoyés du président iranien d’alors, Akbar Hashemi Rafsanjani.
 
Malgré les preuves de l’implication directe de diplomates-terroristes dépêchés par le régime islamique, le gouvernement autrichien a sacrifié la justice pour les intérêts politiques et commerciaux de son pays et a permis aux trois tueurs présumés, qui s’étaient réfugiés à l’ambassade d’Iran après les meurtres de 1989, de quitter le pays sans jamais être interrogés par les autorités autrichiennes.
 
Un an après le meurtre de Ghassemlou, une des filles de Qazi Muhammad, Efat Ghazi, a été tuée par une lettre piégée destinée à son mari, militant kurde Emir Ghazi, à Västerås, en Suède, en 1990. Un assassinat très probablement ordonné par le régime iranien…
 
Trahis et abandonnés par toutes les puissances mondiales, dont les Russes et les Américains, les Kurdes du Rojhilat et des autres parties du Kurdistan colonisé luttent pour leur survie, malgré d’innombrables massacres, génocides, déportations qu’ils ont subis et malgré les divisions inter-kurdes qui aggravent leur supplice.

L’Europe continue à criminaliser le mouvement kurde

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Il y a un peu plus d’un an, un [deuxième] attentat ciblait à Paris la communauté kurde [1à ans après un premier attentat antikurde]. Suite à cette attaque, des manifestations pacifiques étaient sévèrement réprimées, réaction désormais habituelle de l’État français, sans distinction ni compassion. Depuis, une répression sournoise est à l’œuvre à l’égard des militantes et militants kurdes en France, et dans d’autres pays de l’Union européenne. (Par l’Union Communiste Libertaire)

Mouvement kurde : La répression ne faiblit pas

La répression des idées politiques du mouvement kurde a une histoire en France. Dix ans après l’assassinat de Fidan Doğan, Sakine Cansız et Leyla Söylemez, membres du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), à Paris, le secret défense n’est toujours pas levé malgré les nombreuses demandes formulées par la communauté kurde, mais aussi par des responsables politiques français et européens. Une situation qui dévoile la position française.

Acharnement judiciaire et justice politisée

En 2021 et 2022, dans le cadre de l’enquête des inculpés du 23 mars 2021 1, plus de 800 personnes ont été interrogées par la DGSI et onze d’entre elles ont été condamnées pour appartenance au PKK. Le Conseil Démocratique du Kurdistan de France a condamné cette décision motivée par des considérations politiques et non juridiques. Le caractère terroriste n’est retenu que lorsqu’il s’agit de réprimer les Kurdes. Quand il s’agit de poursuivre les crimes commis à leur encontre, la justice française ne retient pas cette qualification, comme le montre le refus du parquet antiterroriste de se saisir de l’affaire de l’attentat perpétré au CDK-F qui a tué trois militantes kurdes le 23 décembre 2022. De nombreuses et nombreux militantes kurdes subissent cet acharnement ces dernières années : convocations à répétition par les autorités, gel des avoirs bancaires, mises sur écoute, etc.

Double discours

L’État français joue un double jeu, organisant cette répression et se posant en soutien diplomatique de la cause kurde. Après les discours creux de Macron suite à l’attentat du 23 décembre 2022 et l’imbroglio médiatique qui a suivi, c’est sur le conflit israélo-palestinien que le gouvernement s’appuie pour condamner un peu la Turquie et apporter un semblant de soutien à l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie. Dernièrement, c’est Jean-Michel Blanquer, ancien ministre, qui joue les ambassadeurs. Il s’est rendu en novembre 2023 au Kurdistan Syrien pour porter un message de soutien de la part de Macron aux dirigeantes de la région autonome (notamment au dirigeant des Forces Démocratiques Syriennes). Aucune journaliste sur place n’a été informée de sa visite. Aucun communiqué n’a été rédigé. Ce déplacement qui se veut « un pied de nez » à Erdogan a été maintenu secret jusqu’au retour de l’ancien ministre, provocation plutôt discrète, officiellement « non-reconnue » par l’Élysée. Un rapport lui aurait été commandé par Macron, reste à voir s’il sera rendu public tant le soutien de la France aux Kurdes syriens semble timide. Dans le même temps, Macron recevait le président de la région autonome du Kurdistan irakien. « Les deux dirigeants ont partagé leur analyse de la situation au Proche et Moyen-Orient » a précisé le communiqué de la présidence. Aucun détail n’a été néanmoins communiqué. Effets de manche habituels alors qu’Erdogan a annoncé qu’il allait « continuer d’intensifier » les frappes aériennes en Syrie et en Irak contre le PKK, organisation qu’Ankara et ses alliés occidentaux considèrent comme « terroriste ». La guerre menée par Erdogan n’est pourtant pas sans rappeler la stratégie russe contre l’Ukraine, largement plus critiquée. Dans les deux cas, le prétexte victimaire est identique pour imposer à la communauté internationale une politique du fait accompli. La stratégie militaire d’Erdogan est similaire à celle de Poutine : détruire par l’aviation, les drones et l’artillerie toutes les infrastructures civiles existantes, et pas seulement les positions militaires.
Pas de condamnation de la part de l’État français ni des autres puissances occidentales : la Turquie est membre de l’OTAN, elle a su se rendre indispensable dans le conflit ukrainien et continue son chantage aux migrants pour clouer le bec à ses détracteurs. Malgré sa volonté d’afficher un soutien à la cause kurde, Macron n’est plus crédible depuis l’abandon des FDS aux forces turques en 2019. La spécificité allemande Aucun autre état de l’UE ne prend de mesures aussi sévères contre le mouvement kurde que l’Allemagne, et ce dans le but de maintenir les relations germano-turques. Pour justifier cette situation, il est le plus souvent fait référence aux combats du PKK contre l’armée turque. Les procédures visent à démontrer que la personne concernée est membre du PKK. Les peines de prison vont jusqu’à trois ans, comme le récent verdict rendu en France. L’isolement cellulaire est parfois ordonné, là aussi non pas sans rappeler les mesures prises à l’encontre d’un internationaliste français (affaire des inculpées du 8/12). Les personnes libérées par la suite sont soumises à des conditions très strictes : contrôle judiciaire et interdiction de toute activité politique. Les conséquences sont plus graves pour les kurdes qui n’ont pas la nationalité allemande : ils et elles risquent l’expulsion ou le rejet de leur demande d’asile. Plus de trente symboles sont désormais classés comme « symboles de remplacement du PKK ». Quiconque les affiche dans l’espace public s’expose à une amende de 1000 euros. Les perquisitions auprès des sympathisantes à la recherche de ces symboles sont courantes. Pourtant, en 1996, le leader du PKK, Abdullah Öcalan, avait annoncé à la télévision sa renonciation inconditionnelle à la violence en Allemagne après une rencontre avec le sénateur Heinrich Lummer, après quoi l’intensité de la persécution avait diminué.

Mais la pression turque est forte

Seule la Suisse semble constituer une exception : aucune forme de criminalisation vis-à-vis de la cause kurde. Récemment en Belgique, la cour de cassation a décidé que le PKK n’était pas une organisation terroriste, montrant la voie aux autres puissances de l’UE. L’Allemagne, la France, avec l’aide des États-Unis se sont alliés aux YPG dans la lutte contre l’État Islamique. Fondamentalement, le PKK lutte également contre l’EI dans la région. Le projet démocratique populaire en cours de construction au Rojava, qui défend l’émancipation des femmes et le changement écologique devrait trouver écho auprès de ces gouvernements qui arguent vouloir s’emparer de ces thématiques. C’est tout le contraire. Face à ce constat, il faut renforcer notre solidarité avec le Kurdistan, propager les idées et les pratiques de la révolution du Rojava et les faire résonner avec nos luttes locales. Ed. Wanted (UCL Grenoble)

MARSEILLE. Présentation de la revue Lêgerîn

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  MARSEILLE – Le samedi 3 février, les Collectif Internationaliste Marseille-Kurdistan (CIMK) et Serhildan organisent une soirée de présentation de la revue Lêgerîn multilingue, véritable outil de diffusion des idées révolutionnaires du mouvement de libération Kurde. Au programme : Présentation sur la situation actuelle au Rojava, présentation de la revue Lêgerîn par des membres de l’équipe éditoriale et discussion puis repas végétarien et concert de musique kurde.  
Affiche de la soirée de présentation de la revue Lêgerin
Cette soirée clôturera un cycle de 3 jours « internationalistes » à la Dar dans lesquels d’autres collectifs interviendront, en lien avec les comités de résistance du Soudan (le jeudi 1er février) et en solidarité avec les réfugié.e.s d’Artsakh en Arménie (le vendredi 2 févier). RDV le samedi 3 février, à 18h30, à la DAR 127, rue d’Aubagne MARSEILLE  

IRAN. Les forces gouvernementales tuent une jeune femme au Lorestan

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IRAN / LORESTAN – Des membres des forces des renseignements iraniens ont tué Anahita Amirpour en ouvrant le feu sur le véhicule qui transportait la jeune femme et un autre civil, le 19 janvier à Borujerd, dans la province du Lorestan. Le conducteur du véhicule a été grièvement blessé et se trouve aux soins intensifs. Anahita Amirpour est une des nombreuses femmes tuées directement depuis le meurtre barbare de Jina Mahsa Amini, une jeune étudiante kurde tuée à Téhéran en septembre 2022 à cause d’un voile « mal porté » et qui a déclenché les protestations « Jin, Jiyan, Azadi » (femme, vie, liberté) à travers tout l’Iran.

Une jeune étudiante de Kohdasht, Anahita Amirpour, a perdu la vie à cause des tirs des forces en civil du département des renseignements de la ville de Borujerd, province du Lorestan. Les institutions de sécurité feraient pression sur la famille et les amis de l’étudiant, tentant d’associer cet incident aux explosions de Kerman. Cette décision est perçue comme une tentative de manipuler le meurtre délibéré sanctionné par le gouvernement pour en faire une affaire de sécurité par la fabrication de scénarios.

Selon un rapport obtenu par l’ONG Hengaw, dans la soirée du vendredi 19 janvier 2024, des forces en civil du département de renseignement de Borujerd, situé dans le quartier de Nizamabad de la ville, ont ouvert le feu sur les occupants d’une Peugeot 206. voiture. Cet incident a entraîné la mort d’Anahita Amirpour, une étudiante de 20 ans en cours de premier semestre d’éducation physique à l’Université islamique Azad de Borujerd.

M. Jalaifar de Borujerd et le conducteur de la voiture, également étudiant, ont été grièvement blessés et sont actuellement soignés au service de soins spéciaux de l’hôpital Chamran de Borujerd.

Selon une source fiable, l’incident s’est produit lorsque des agents en civil du Département de renseignement se sont approchés en toute hâte de la voiture des deux étudiants, leur ordonnant de s’arrêter et de sortir du véhicule. En raison de leur tenue civile, le conducteur, alarmé, a tenté de s’enfuir et, par la suite, la police du Département des renseignements a ouvert le feu sur les deux jeunes étudiants.

Hengaw a reçu des informations selon lesquelles les agences de sécurité ont exercé des pressions sur la famille et les amis de ces deux étudiants au cours des deux derniers jours, les exhortant à ne pas divulguer les détails de l’incident. Aujourd’hui dimanche, deux membres du personnel de l’hôpital Chamran de Borujerd auraient été convoqués par le service de renseignement de la ville et auraient fait l’objet de graves menaces.

Notamment, les agences de sécurité et d’application de la loi de Borujerd se sont abstenues de fournir tout commentaire sur cet incident. Cependant, dans sa première réponse à la nouvelle, Muslim Moradi, le gouverneur de la ville, a déclaré aux médias d’État : « En réponse aux assassinats d’agents affiliés à l’arrogance mondiale à Kerman, au Sistan-Baloutchistan, et pour lutter de manière décisive contre les activités criminelles, l’armée et les forces de l’ordre ont été en état d’alerte ces derniers jours pour enquêter, surveiller et prendre en charge tout individu perturbant la sécurité de la société. 

À cet égard, les forces de police de la ville de Borujerd soupçonnaient une voiture Peugeot 206. Après avoir ordonné à la voiture de s’arrêter, ses deux occupants, tous deux individuels, auraient ignoré les avertissements répétés des policiers et tenté de fuir. »

Moradi a conclu sans révéler l’identité des deux étudiants, mentionnant que l’un d’eux est décédé après avoir été transporté à l’hôpital, tandis que l’autre reçoit actuellement des soins médicaux. Contrairement au récit du gouverneur, des sources de Hengaw affirment que les forces du département de renseignement ont tiré sur ces deux jeunes étudiants, entraînant la mort d’Anahita Amirpour.

Des activistes de Borujerd affirment que le gouverneur et les institutions de sécurité locales cherchent à justifier le rôle du gouvernement dans le meurtre de l’étudiante. Ils affirment que les autorités relient la situation sécuritaire de la ville aux explosions survenues lors de l’anniversaire de la mort de Qassem Soleimani à Kerman et aux récents conflits au Sistan-Baloutchistan. Les militants affirment que cette stratégie vise à faire pression sur la société civile pour qu’elle se taise concernant le meurtre d’Anahita sanctionné par l’État.

IRAN. L’avocate kurde Golaleh Vatandoost condamné à 6 ans et 7 mois de prison

IRAN / ROJHILAT – Golaleh Vatandoost, célèbre avocate kurde et militante des droits des femmes, a été condamnée à 6 ans, 7 mois et 20 jours de prison par le système judiciaire de la République islamique d’Iran. Elle a été arrêtée lors du mouvement Jin, Jiyan, Azadi. Selon un rapport obtenu par l’ONG Organisation Hengaw, Golaleh Vatandoost, une éminente avocate de Marivan, fait face à des accusations telles que « propagande contre le régime », « action contre la sécurité nationale » et « appartenance à des groupes d’opposition ». La 1ère chambre du tribunal révolutionnaire de Sanandaj (Sînê) a rendu la sentence. Son audience au tribunal, qui s’est tenue fin septembre de l’année dernière, a abouti à la peine de prison susmentionnée. La sentence a été renvoyée devant la Cour d’appel de la province du Kurdistan (Sanandaj) pour révision. Golaleh Vatandoost a été arrêtée le 3 octobre 2022, lors du mouvement « Jin, Jiyan, Azadi » (femme, vie, liberté), par les agences de sécurité de la ville de Sanandaj. Après un certain temps, elle a été libérée sous caution. Il convient de noter que Golaleh Vatandoost a fait l’objet de nombreuses convocations, interrogatoires et menaces de la part des agences de sécurité ces dernières années. En tant qu’avocate et militante, elle s’est activement engagée dans la promotion des droits des femmes et des enfants, en fournissant des documents précieux dans ces domaines.