« Voyages au Kurdistan » : Une immersion photographique à Lyon

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LYON – Du 11 juin au 3 juillet 2026, la galerie Bleu du Ciel, située au 12 rue des Fantasques (Lyon 1er), accueille une exposition d’envergure intitulée « Voyages au Kurdistan ». Organisé en collaboration avec la Maison du Kurdistan de Lyon, cet événement propose une plongée visuelle dans la réalité complexe d’un peuple dont l’identité est trop souvent reléguée au second plan.

Documenter l’existence et la mémoire L’exposition réunit le travail de plusieurs photographes qui, chacun avec leur esthétique propre, capturent la permanence du peuple kurde. L’un des exposants, Murat Yazar, résume ainsi la démarche artistique derrière ce projet :

« Comme des millions de Kurdes de Turquie, d’Iran, d’Irak et de Syrie, j’ai rencontré des obstacles dans l’expression de ma culture et mon identité kurdes. Nous vivons sur notre terre comme des ombres, sans couleur. En arpentant les quatre territoires kurdes, j’essaie de créer, par la photographie, des archives de la culture et de mon territoire. »

Les œuvres présentées abordent des thématiques croisées qui font écho aux réalités vécues sur le terrain :

L’identité et la mémoire : préserver les traces d’une culture millénaire.

Les migrations et l’exil : documenter les déplacements forcés, notamment celui des Yézidis.

Le nomadisme : mettre en lumière la fragilité des modes de vie ruraux et pastoraux.

L’écologie : observer le peuple dans son contexte géographique et environnemental.

Les rencontres artistiques : Avec l’association Art’Situ qui a collaboré avec des artistes du Rojava

Un hommage à la résilience artistique

L’événement est aussi l’occasion de découvrir les œuvres de six photographes contemporains : Ebrahim Alipoor, Dogan Boztas, Fatma Celik, Murat Yazar, Ulas Yunus Tosun et Aylin Kizil.

Une place particulière est accordée à la mémoire de Suayip Adlig, photographe et cinéaste kurde exilé en France depuis les années 80 et disparu en 2024. L’exposition lui rend hommage à travers une présentation de son parcours et de son expérience artistique au Rojava, soulignant son rôle de précurseur dans la diffusion de la culture kurde en Europe.

Cette exposition, portée par la mission de la Maison du Kurdistan de Lyon (fondé en 2023), s’affirme comme un acte de résistance par l’image, transformant des « ombres sans couleur » en témoignages visuels vibrants de vérité.

128 ans de journalisme kurde : l’information comme acte de résistance

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JOURNALISME. Le 22 avril 1898, avec la parution du journal Kurdistan au Caire, Mikdad Bedirxan n’a pas seulement fondé un périodique ; il a instauré une tradition de journalisme d’investigation et d’opinion en exil. Cette naissance marque le début d’une presse qui, depuis 128 ans, se bat pour documenter ce que les régimes en place tentent d’effacer.

Une presse née de l’exigence de vérité

Le journalisme kurde est indissociable de la lutte contre la censure. Dès ses débuts, le journal Kurdistan a exercé une fonction de veille politique radicale, dénonçant les manœuvres du sultan Abdülhamid II et alertant sur les périls imminents pour les populations de la région. Cette éthique journalistique, basée sur le refus du silence, a forcé la rédaction à une errance permanente entre Le Caire, Genève et Londres pour maintenir son indépendance.

Un métier au prix du sang

Aujourd’hui, exercer le métier de journaliste pour la presse kurde reste l’une des professions les plus périlleuses au monde. Le bilan est lourd :

  • Assassinats ciblés de reporters sur le terrain.

  • Emprisonnements arbitraires massifs, particulièrement en Turquie et en Iran.

  • Fermetures forcées d’agences de presse, de chaînes de télévision et de journaux par décrets étatiques.

Les journalistes kurdes ne se contentent pas de rapporter les faits ; ils subissent les conséquences directes de leur engagement pour le droit à l’information. Dans le Kurdistan du Nord, les années 1990 ont gravé dans l’histoire de la profession une liste de martyrs qui ont payé de leur vie la simple volonté de témoigner.

L’actualité d’une profession assiégée

En 2026, la situation demeure critique. L’appareil sécuritaire turc continue d’utiliser des lois d’exception pour neutraliser les voix dissidentes, en Syrie, nous sommes toujours sans nouvelles des journalistes Maria Michelmann et Ahmet Polad kidnappés à Raqqa par des gangs de Damas en janvier dernier, tandis qu’en Iran, à l’ombre de la guerre, le journalisme indépendant reste criminalisé. Ce 128e anniversaire n’est donc pas une simple commémoration, mais un rappel de la nécessité d’une presse libre capable de dénoncer les persécutions systématiques subies par le peuple kurde, envers et contre tous les obstacles politiques.

IRAN. Trois manifestants kurdes condamnés à mort

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IRAN / ROJHILAT – Trois Kurdes détenus à la prison de Bukan ont été condamnés à mort en Iran. Ces trois jeunes hommes avaient participé aux manifestations « Jin, Jiyan, Azadi » (Femme, Vie, Liberté). 
 
L’Iran Human Rights (IHRNGO) rapporte que deux manifestants kurdes du mouvement « Femme, Vie, Liberté », Raouf Sheikh Ahmadi et Mohammad Faraji, ont été condamnés à mort.
 
 
Raouf Sheikh Ahmadi, 25 ans, et Mohammad Faraji, 24 ans, tous deux détenus à la prison de Bukan, ont été condamnés à la peine de mort par la branche 1 du tribunal révolutionnaire de Mahabad pour les chefs d’accusation de moharebeh (« inimitié envers Dieu ») et efsad-fil-arz (« corruption sur terre »). Ces condamnations reposent notamment sur des aveux obtenus sous la torture.
 
Raouf Sheikh Ahmadi a été arrêté le 26 décembre 2022 à son domicile familial à Bukan. Deux jours plus tard, il a été transféré au centre de détention des services de renseignement d’Urmia (Orumiyeh), où il a été maintenu à l’isolement pendant cinq mois et demi et soumis à des tortures physiques et psychologiques afin d’obtenir de faux aveux.
 
Mohammad Faraji, mécanicien automobile, a été arrêté le 11 janvier 2023 à Bukan. Il a également été transféré au centre de détention des services de renseignement d’Urmia, où il a passé trois mois à l’isolement et a subi les mêmes formes de torture pour lui extorquer des aveux forcés.
 
Les deux hommes ont été jugés séparément par le tribunal révolutionnaire de Mahabad en novembre 2025. Ils ont été informés de leur condamnation à mort le 24 février 2026.
 
Un troisième cas préoccupant
 
Mohsen Eslamkhah, un autre manifestant kurde du mouvement « Femme, Vie, Liberté », qui était mineur (16 ans) au moment des faits qui lui sont reprochés, a également été condamné à mort récemment par le même tribunal. Les trois hommes sont actuellement détenus à la prison de Bukan.

SYRIE. Les Kurdes en colère face à l’inertie de Damas

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SYRIE / ROJAVA – Le paysage politique et sécuritaire du Nord et de l’Est de la Syrie traverse une crise de confiance sans précédent. Ce qui devait être un cadre de résolution, l’accord du 29 janvier, apparaît aujourd’hui comme une manœuvre de reddition et de soumission des Kurdes syriens. Loin d’être appliqué, ce traité a été vidé de sa substance, ses clauses ayant été reniées par une stratégie de tromperie délibérée de la part de Damas.

Une trahison militaire et institutionnelle

Le démantèlement de l’entité politico-militaire kurde a débuté par la trahison des combattants retirés du front, dont la sécurité n’a jamais été garantie malgré les engagements pris. Ce désarmement moral a été suivi d’un chantage politique exercé via le dossier sensible des prisonniers kurdes.

Sur le plan de la gouvernance, l’intégration promise s’est révélée n’être qu’une illusion de pouvoir. Les chefs des Forces démocratiques syriennes (FDS) n’occupent que des postes subalternes de « vice-ministres » ou de « vice-commandants », dénués de toute autorité réelle pour nommer ou muter le personnel. La réalité administrative reste implacable : la majorité des directions de la sécurité demeurent rattachées aux autorités centrales de Damas.

L’érosion des capacités de défense et l’oppression culturelle

La souveraineté effective de Damas se rétablit au détriment de la sécurité des Kurdes. Les brigades kurdes ont vu leurs effectifs fondre à seulement 1 400 individus par unité. Cette dispersion forcée sur des positions isolées rend toute intervention d’urgence impossible, laissant la région vulnérable.

À cet affaiblissement militaire s’ajoute une agression culturelle continue. Le discours de haine persiste et l’essence du décret 13 — censé protéger l’existence culturelle kurde — est bafouée au quotidien. Les exemples de cette hostilité systémique abondent :

  • L’attaque terroriste contre les civils d’Alep lors de la fête du nouvel-an kurde Newroz.

  • La traque des familles kurdes à Aïn Issa, Raqqa et Alep.

  • Attaques publique contre les symboles kurdes à Qamishli.

Ces actes criminels, commis dans une absence totale de conséquences pour leurs auteurs, confirment que Damas n’accorde au camp kurde que le strict minimum pour légitimer son opération de reprise en main face à la communauté internationale.

L’appareil judiciaire du Rojava: une ligne rouge stratégique

Le récent conflit concernant le transfert de l’appareil judiciaire du Rojava à Damas marque un tournant. Alors que l’accord prévoyait une intégration des services, Damas tente d’imposer ses propres affidés, dont certains sont d’anciens miliciens du régime d’Assad. Cette volonté d’annexer le pouvoir judiciaire est désormais perçue comme une ligne rouge franchie par le pouvoir central.

En réponse, les signaux d’escalade se multiplient. Damas retarde volontairement l’ouverture du poste-frontière de Nusaybin (reliant le Rojava au Kurdistan du Nord sous l’occupation turque) et tergiverse sur la libération des prisonniers kurdes, bien que les prisons de Hassake et d’Abou Kamal aient déjà été remises à Damas.

Menace de siège et point de non-retour

Plus inquiétant encore, des plans de déploiement de forces de Damas entre Semalka (poste frontalier reliant le Rojava au Kurdistan d’Irak) et d’autres zones kurdes suggèrent une volonté d’assiéger la population kurde. Les milices tribales, agissant sous les ordres du régime, se préparent à couper la route vitale reliant Semalka, menaçant d’asphyxier la région jusqu’à ce que les FDS soient totalement neutralisées.

Face à ces trahisons répétées, la colère populaire kurde s’intensifie. Le silence de la direction politique et militaire kurde face à cet effacement programmé accélère l’érosion de sa popularité. Cette exaspération, privée de leadership protecteur, alimente désormais la détermination d’un peuple qui refuse de voir l’histoire se répéter. Une certitude demeure : les aiguilles de l’horloge ne reviendront pas à la situation d’avant 2011. Le sacrifice et l’identité kurdes ne peuvent plus être sacrifiés sur l’autel de fausses promesses diplomatiques.

Kurdicide à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Dans la région kurde d’Afrin, sous occupation turque depuis mars 2018, les stratégies de nettoyage ethnique et d’assimilation forcée s’accentuent. Récemment, des drapeaux turcs ont été ostensiblement déployés lors d’un événement au Centre culturel de la ville, une institution pourtant rattachée au ministère syrien de la Culture. Cet acte témoigne d’un mépris absolu pour l’identité locale et l’intégrité historique de la région.

Les milices et groupes armés soutenus par Ankara maintiennent une emprise violente sur cette cité kurde. Spoliations de biens, arrestations arbitraires, destruction de la nature et du patrimoine historique de la région, éviction du kurde au profit de la langue turque dans les écoles et installation de colons sur les terres ancestrales : l’effacement culturel et ethnique se généralise. L’éradication méthodique de la présence kurde à Afrin se poursuit ainsi, au vu et au su de la communauté internationale.

TURQUIE. Amedspor victime d’une attaque raciste à Balıkesir

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TURQUIE / KURDISTAN – L’équipe kurde d’Amedspor a été la cible d’une nouvelle attaque raciste lors de son match de 1. Lig contre Bandırmaspor, au stade Bandırma 17 Eylül.

Avant même le coup d’envoi, des supporters de Bandırmaspor ont proféré des insultes racistes et des injures contre la délégation officielle d’Amedspor dans la tribune protocolaire. Parmi les personnes visées figuraient le président du club, Nahit Eren, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Diyarbakır (Mehmet Kaya), ainsi que la figure politique kurde Leyla Zana.

Les haut-parleurs du stade ont diffusé le thème musical de la série nationaliste « Kurtlar Vadisi » (La Vallée des Loups), souvent utilisé dans les milieux d’extrême droite.

À la fin du match, les tensions ont dégénéré à la sortie du stade : un groupe de supporters de Bandırmaspor a attaqué physiquement les dirigeants et supporters d’Amedspor. Plusieurs personnes ont été blessées.

Symbole fort de l’identité kurde, Amedspor est régulièrement confronté à des agressions racistes et fascistes ces dernières années. Le club occupe actuellement la 3e place de la 1. Lig et conserve ses chances de disputer les barrages d’accession en Süper Lig, malgré un arbitrage souvent hostile au club kurde.

L’OTAN renforce son flanc sud : création d’un corps multinational en Turquie

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À la demande d’Ankara, l’OTAN s’apprête à établir à Adana un nouveau corps multinational (MNC-TUR), un quartier général militaire regroupant des troupes de plusieurs pays alliés. Ce projet s’inscrit dans le plan de défense régionale Sud de l’Alliance, couvrant la Méditerranée, le Caucase du Sud, la mer Noire et l’Afrique du Nord.

La Turquie héberge déjà des infrastructures clés de l’OTAN, dont la base aérienne d’İncirlik à Adana, la base radar de Kürecik et le commandement terrestre à Izmir. Deuxième armée la plus importante de l’Alliance après les États-Unis, elle figure parmi ses principaux contributeurs.

Peu de détails ont filtré sur la taille exacte de ce futur corps.

Mehmet Ali Tuğtan, professeur de relations internationales à l’université Bilgi, y voit une continuité de la coopération turco-occidentale depuis la Guerre froide :

« L’OTAN cherche à devenir une force plus robuste, plus apte au combat et surtout plus dissuasive. C’est ce qu’elle tente d’atteindre. »

Selon lui, cette initiative réaffirme l’importance stratégique de la Turquie et s’inscrit dans un effort plus large pour porter les dépenses de défense des alliés à 5 % du PIB d’ici 2035. Elle vise principalement à contrer l’influence russe depuis la guerre en Ukraine, même si le projet est en préparation depuis 2023, bien avant les tensions avec l’Iran.

Aydın Sezer, analyste en relations internationales, estime que le choix d’Adana (plutôt qu’une ville de la mer Noire) montre que la mesure n’est pas directement anti-russe. Les deux experts s’accordent : le MNC-TUR ne menace pas la Convention de Montreux et ne devrait pas perturber les relations pragmatiques entre Ankara et Moscou (S-400, centrale d’Akkuyu…).

Sur le plan intérieur, le projet n’a pas créé de crise majeure entre l’AKP et le CHP, même si l’opposition de gauche critique le manque de transparence. L’information n’a émergé publiquement qu’après la découverte d’un profil LinkedIn d’un employé du ministère de la Défense.

Cette décision renforce le rôle de la Turquie au sein de l’OTAN et contredit les discours présentant Ankara comme « le nouvel Iran ».

L’écrivaine kurde, Meral Şimşek au Festival littéraire de Munich

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Allemagne – L’écrivaine et poétesse kurde Meral Şimşek participera au Festival littéraire de Munich (Literaturfest München), qui se tiendra du 21 au 30 avril 2026 sous la direction de la kuratrice Dana Grigorcea. Le festival est placé cette année sous le thème central de la « Liberté ».

Le 22 avril à 18h, Meral Şimşek interviendra lors de l’événement « Voix de la liberté » aux côtés du poète érythréen Yirgalem Fisseha Mebrahtu et de l’écrivain syrien Yassin Al-Haj Saleh. Ensemble, ils aborderont les liens entre littérature, prison, exil et liberté d’expression.

Lors de cette soirée, l’autrice lira son œuvre en langue kurde « Rûmet », qu’elle a dédiée à ses proches disparus.

Née à Diyarbakır, Meral Şimşek est une figure majeure de la littérature kurde contemporaine. Poétesse, romancière et éditrice, elle est connue pour ses écrits engagés sur les questions kurdes, l’exil et la résistance.

Points forts du programme (sélection) :

  • 21 avril, 19h – Ouverture officielle avec Maria Kalesnikava (Biélorussie), Raphaela Gromes et Dan Perjovschi.

  • 22 avril, 20h30 – Entretien avec Maria Alyokhina (Pussy Riot).

  • 23 avril, 20h – Soirée de lectures pour la Journée mondiale du livre.

  • Autres invités : Robert Menasse, Navid Kermani, Gabriela Adameșteanu…

Le festival proposera tout au long de ces dix jours des lectures, conférences, projections et ateliers autour du rôle social de la littérature face aux enjeux contemporains.

IRAN. Une Kurde arrêtée pour les opinions politiques de son frère

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IRAN / ROJHILAT – Une jeune Kurde de 32 ans, Sahar Mahdi, a été arrêtée par les services de renseignement iraniens le jeudi 16 avril 2026 lors d’une descente à son domicile familial. Elle a été transférée vers un lieu de détention tenu secret et risque une lourde peine pour l’accusation fabriquée d’« espionnage ».

Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, les forces de sécurité ont perquisitionné la maison sans aucun mandat judiciaire. Aucune information officielle n’a été communiquée sur son lieu exact de détention ni sur son état de santé.

Une source proche de la famille rapporte que le pouvoir judiciaire a émis un ordre de détention provisoire de deux mois. Les autorités justifient cette arrestation par le simple lien familial : le frère de Sahar Mahdi est membre du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK). Elles l’accusent d’« espionnage » en raison des activités politiques de son frère, sans aucune preuve tangible contre elle.

Cette affaire illustre une nouvelle fois la répression systématique exercée par le régime iranien contre les Kurdes, où les proches de militants ou d’opposants sont pris pour cible afin de faire pression sur toute une famille. À Saqqez, symbole de la révolte « Femme, Vie, Liberté » suite à la mort de Mahsa Amini, les arrestations arbitraires et les accusations infondées se multiplient.

Sahar Mahdi se trouve aujourd’hui dans l’inconnu le plus total, privée de tout contact avec sa famille et sans accès à un avocat.

Ilham Ahmed : « Les Kurdes participeront au comité de rédaction de la nouvelle constitution syrienne »

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SYRIE / ROJAVA – La coprésidente du Département des relations extérieures de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), Ilham Ahmed, s’est entretenue avec les agences de presse Hawar (ANHA) sur l’état d’avancement du processus d’intégration entre l’Administration autonome et le gouvernement intérimaire syrien.

Réunion du 15 avril à Damas

Lors d’une réunion tenue le 15 avril à Damas, Ilham Ahmed a rencontré le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, et le chef du gouvernement intérimaire syrien, Ahmad al-Sharaa. Les discussions ont porté sur les progrès, les obstacles et les défis du processus d’intégration.

La question de l’éducation au cœur des discussions

Ilham Ahmed a indiqué que l’un des principaux points abordés concernait la reconnaissance des diplômes délivrés par l’Administration autonome. Malgré l’accord conclu le 29 janvier, ce dossier reste en suspens plusieurs mois plus tard.

« Les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur des deux parties se rendront prochainement à Al-Hasakah (Haseke) afin de mettre en place un mécanisme concret pour résoudre ce problème », a-t-elle déclaré. D’autres réunions sont prévues pour discuter du système éducatif et de la langue d’enseignement.

Avancées et limites du processus d’intégration

Selon Ilham Ahmed, des mesures administratives ont déjà été prises, notamment la nomination de directeurs dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Cependant, de nombreuses autres directions restent à définir. Un nouveau mécanisme de nomination sera mis en place prochainement.

Des progrès ont également été enregistrés concernant la désignation de représentants régionaux, même si des nominations au niveau des ministères et des directions générales restent à finaliser.

Gestion des passages frontaliers

Un mécanisme de gestion a été établi pour le poste-frontière de Semalka et les autres points de passage. Les employés de l’Administration autonome continuent d’exercer leurs fonctions dans le cadre de cette intégration.

Défis et besoin de consensus

Ilham Ahmed a souligné plusieurs difficultés dans la mise en œuvre de l’intégration, notamment la question des nominations :

« Certains chefs de direction ont été nommés par le gouvernement intérimaire après la chute du régime d’Assad, ce qui crée des complications. Il faut trouver un consensus entre les nominations proposées par l’Administration autonome et celles du gouvernement intérimaire. Les cadres expérimentés de l’AANES ne doivent pas être exclus. »

Elle a insisté sur l’importance de tenir compte de l’expérience accumulée par l’Administration autonome, en privilégiant la compétence, la spécialisation et la représentation équitable de toutes les composantes de la société (Kurdes, Arabes, Syriaques…).

Représentation des femmes : un défi majeur

La coprésidente a regretté que, jusqu’à présent, seuls des hommes aient été nommés directeurs dans les secteurs de la santé et de l’éducation, malgré la forte présence de femmes au sein des institutions de l’AANES.

« La participation des femmes doit devenir une priorité. Ce dossier rencontre encore de nombreux obstacles », a-t-elle affirmé.

Dossier des Unités de protection des femmes (YPJ)

La question de l’officialisation des Unités de protection des femmes (YPJ / UPF) reste à l’ordre du jour du gouvernement intérimaire. Les discussions se poursuivront jusqu’à la conclusion d’un accord.

Représentation parlementaire et réorganisation municipale

Un comité central et un comité préparatoire à Al-Hasakah travaillent à la désignation de représentants d’Al-Hasakah et de Kobanê au Parlement syrien (Assemblée du peuple).

Par ailleurs, le système municipal du Rojava sera réorganisé dans le cadre du nouveau système afin d’améliorer les services publics.

Vers une nouvelle constitution syrienne

Concernant l’élaboration d’une nouvelle constitution, Ilham Ahmed a déclaré :

« Une fois la représentation du Rojava au Parlement clarifiée, le dossier constitutionnel sera examiné sérieusement. Les Kurdes participeront au comité de rédaction de cette nouvelle constitution. La Syrie a besoin d’une constitution inclusive qui représente tous les peuples du pays. Les Kurdes sont des partenaires fondamentaux dans la construction de la nouvelle Syrie et joueront un rôle essentiel dans les étapes à venir. »

Dossier des détenus kurdes

Enfin, la question des détenus n’a pas encore été réglée. Ilham Ahmed a insisté sur la nécessité de libérer tous les prisonniers politiques dans les plus brefs délais.