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IRAN. Baloutches : Exécutions secrètes et tueries extrajudiciaires

IRAN – Le régime iranien poursuit sa répression sanglante contre la population baloutche dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, signale l’ONG kurde Hengaw. En seulement quelques jours, les autorités ont procédé à une exécution, à des exécutions extrajudiciaires et à de nouvelles arrestations arbitraires, illustrant une politique systématique de terreur visant cette minorité sunnite marginalisée.

Exécution secrète d’un prisonnier politique en 55 jours

Mardi 12 mai 2026, à l’aube, les autorités iraniennes ont exécuté Abduljalil Shahbakhsh à la prison centrale de Zahedan. Originaire du comté de Taftan, il avait été arrêté 55 jours plus tôt, durant la période de tensions régionales impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis.

Accusé de « baghi » (rébellion armée) pour son appartenance présumée au groupe Ansar al-Furqan et d’espionnage au profit d’Israël, Shahbakhsh a été condamné dans une procédure opaque, sans accès à un avocat indépendant et sans transparence sur les preuves. L’organisation Hengaw pour les droits humains dénonce de graves violations du droit à un procès équitable. Sa famille n’a pas été informée à l’avance de l’exécution.

Quatre Baloutches abattus et carbonisés

La veille, le 11 mai 2026, les forces du ministère du Renseignement ont ouvert le feu sur un véhicule transportant quatre hommes baloutches dans la région de Sorkehvaran, à Iranshahr. Les quatre occupants ont été tués sur le coup. Leur véhicule a pris feu et leurs corps ont été carbonisés. Il s’agit d’une exécution extrajudiciaire manifeste.

Arrestation pour « activité sur les réseaux sociaux »

Le 8 mai 2026, les services de renseignement ont arrêté Shahim Bahrami à Nikshahr, peu après son retour d’Oman. Il a été transféré à la prison centrale de Zahedan. Les autorités justifient cette arrestation par sa « présence sur les réseaux sociaux ».

Ces événements s’inscrivent dans un schéma récurrent de répression systématique contre les Baloutches : exécutions rapides, souvent secrètes, arrestations arbitraires, torture et discrimination institutionnelle. Le Sistan-et-Baloutchistan, l’une des provinces les plus pauvres et marginalisées d’Iran, paie un lourd tribut à la politique sécuritaire du régime, qui instrumentalise les accusations de terrorisme et de collaboration étrangère pour justifier sa violence.

Les organisations de défense des droits humains, dont Hengaw, alertent régulièrement sur cette répression qui vise à briser toute forme de dissidence ou de revendication culturelle et politique dans la région. La communauté baloutche reste aujourd’hui l’une des cibles les plus exposées de la machine répressive iranienne, dans un climat de quasi-impunité.