SYRIE / ROJAVA — Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a accordé un entretien détaillé à l’agence ANHA sur l’état d’avancement de l’accord d’intégration signé le 29 janvier avec le gouvernement syrien. Abdi a pointé plusieurs difficultés persistantes : le retour des déplacés d’Afrin et de Serê Kaniyê (Tal Abyad), la libération des otages kurdes détenus par Damas et la question de l’unité kurde.
Abdi a fait état de progrès significatifs sur les plans militaire et administratif, notamment la prise de fonctions des chefs dans les académies militaires et la formation de quatre brigades. Il a confirmé que des discussions se poursuivent pour intégrer le reste des effectifs des FDS au sein des forces régulières ou des forces de sécurité intérieure.
Sur le plan judiciaire, un accord a été trouvé après une crise récente : les juges de l’Administration autonome seront intégrés sans exclusion, et une signalétique bilingue (arabe-kurde) sera adoptée dans les villes à majorité kurde.
Concernant l’éducation, les certificats de l’Administration autonome (préparatoire et secondaire) seront reconnus dans les prochains jours, et les programmes actuels, dispensés en kurde, resteront en vigueur cette année et l’année prochaine.
Points de tension persistants :
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Le retour des déplacés, particulièrement à Afrin, Serê Kaniyê et Tal Abyad, retardé par la présence de groupes armés.
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La libération des prisonniers, dossier prioritaire pour les FDS.
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La question de l’unité kurde avant les élections législatives.
Mazloum Abdi a insisté sur la nécessité d’un front kurde uni et a déclaré que cet accord, bien qu’imparfait, offre l’opportunité de poursuivre la lutte pour les droits du peuple kurde dans le cadre d’une nouvelle Syrie. Il a appelé à maintenir la mobilisation et à renforcer les institutions civiles kurdes.