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IRAN. Nouvelles exécutions et arrestations de prisonniers politiques

IRAN / ROJHILAT – Les autorités iraniennes ont intensifié leur répression ces dernières heures avec l’exécution de deux prisonniers politiques et plusieurs arrestations ciblées, principalement liées aux mouvements de contestation « Femme, Vie, Liberté (en kurde : Jin, jiyan azadî) » et aux manifestations plus récentes.

Exécution d’Aref Khoshkar

Le 15 juillet 2026 à l’aube, Aref Khoshkar, prisonnier politique originaire de Téhéran, a été exécuté par pendaison à la prison de Ghezel Hesar à Karaj. Selon l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme, sa famille n’a été informée qu’après l’exécution, vers 8 heures du matin. Les autorités ont transféré son corps à la morgue Behesht Zahra de Téhéran et ont demandé à la famille de venir l’identifier le 16 juillet.

Arrêté le 11 novembre 2022 lors des manifestations dans le quartier de Fallah à Téhéran, Aref Khoshkar avait été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire pour « moharebeh » (guerre contre Dieu), « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et le meurtre présumé d’un membre des forces Bassidj. Son avocat avait dénoncé de graves irrégularités dans le dossier, notamment l’absence de preuves solides et de vidéosurveillance au lieu de l’incident. Il avait été placé en isolement le 11 juillet avant son exécution.

Exécution de Mohammad Amini Dehaghani

Le même jour, Mohammad Amini Dehaghani, originaire de Dehaghan (province d’Ispahan), a également été exécuté. Arrêté lors des manifestations de janvier 2026, son procès s’est déroulé dans le plus grand secret. Aucune information n’avait filtré publiquement sur sa détention, son interrogatoire ou son procès. Selon Hengaw, il a été privé d’avocat indépendant et de visites familiales. Les médias d’État l’ont accusé d’avoir incendié le bureau du gouverneur et endommagé des biens publics, sans préciser le chef d’accusation exact ayant conduit à la peine de mort.

Arrestations ciblées

Parallèlement, les forces de sécurité ont procédé à de nouvelles arrestations :

Mehrgan Namavar, poétesse, militante des droits civiques et mère de famille de 40 ans, a été arrêtée le 5 juillet à Dehdasht (province de Kohgiluyeh-et-Boyer-Ahmad). Les forces de sécurité ont perquisitionné son domicile sans mandat. Elle devait se présenter volontairement le 15 juillet pour purger une peine de trois ans de prison, mais a été arrêtée dix jours plus tôt. Son lieu de détention reste inconnu.

Sepideh Abtahi, réalisatrice de documentaires et ancienne secrétaire de l’Association iranienne des cinéastes documentaires, a été arrêtée le 15 juillet à Téhéran lors d’un raid à son domicile. Les forces de sécurité ont confisqué ses appareils électroniques. Connue pour son engagement lors du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi » et ses prises de position publiques contre la guerre, elle avait réalisé plusieurs documentaires sur les mouvements citoyens et les conditions des femmes en Iran.

Ces nouvelles exécutions et arrestations s’inscrivent dans une vaste campagne de répression menée par la République islamique contre les opposants politiques, les militants kurdes, les artistes et les voix critiques. L’ONG de défense des droits humains, Hengaw, dénonce des exécutions secrètes et des violations systématiques des droits fondamentaux, et appelle la communauté internationale à une réaction ferme face à l’usage massif de la peine de mort comme outil de terreur d’État.

La vague de répression se poursuit, confirmant la détermination du régime à étouffer toute forme de dissidence.