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IRAN. Deux otages kurdes exécutés à Kirmaşan

IRAN – ROJHILAT – Les prisonniers politiques kurdes Mohyedin Ebrahimi (52 ans) et Hossein Palani Jaf (35 ans) ont été exécutés en secret mardi 14 juillet 2026 à la prison centrale de Kermanshah (Dizelabad). Leurs familles n’ont pas été informées ni autorisées à une dernière visite.

Selon le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN), les deux hommes ont été pendus aux premières heures du jour, sans que leurs proches en soient avertis. L’agence de presse Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, a confirmé l’exécution le jour même, les accusant de « soulèvement armé contre la République islamique ».

Une arrestation liée à un affrontement avec un groupe affilié à l’EI

Originaires de Sarpol-e Zahab, dans la province de Kermanshah (Kirmaşan), Mohyedin Ebrahimi et Hossein Palani Jaf avaient été arrêtés en février 2018 dans les monts Bemo, à Salas-e Babajani. Ils faisaient partie d’un groupe de 16 personnes interpellées après un affrontement entre des individus affiliés à l’EI et les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) de la base Najaf-Ashraf. Trois membres du CGRI avaient été tués lors de cet incident.

Après leur arrestation, ils ont été transférés dans un centre de détention de Téhéran où ils ont subi des mois de tortures physiques et psychologiques, sans accès à un avocat ni à des visites familiales.

Au moins onze des personnes arrêtées à cette occasion ont été condamnées à mort par le tribunal révolutionnaire de Téhéran pour « Moharebeh » (inimitié envers Dieu) et « Baghy » (rébellion armée), ainsi que pour possession d’armes militaires.

Des années d’isolement et de transferts

Un ancien codétenu a confié au KHRN :

« Mohyedin Ebrahimi et Hossein Palani Jaf ont passé près d’un an à l’isolement dans le quartier 209 du ministère du Renseignement à la prison d’Evin. Ils y ont subi de graves tortures. Ils ont ensuite été transférés à la prison de Rajai Shahr à Karaj, puis, quatre ans après leur arrestation, à la prison centrale de Kermanshah. »

Le KHRN avait alerté sur le risque imminent d’exécution des deux hommes dans un rapport publié le 3 juin 2026, mettant en garde contre la situation critique dans le quartier de haute sécurité de la prison de Kermanshah.

Une vague d’exécutions

Le 10 juin 2025, l’agence Mizan avait déjà annoncé l’exécution de neuf autres prisonniers du même dossier, sans révéler leurs identités ni le lieu de leur pendaison.

Ces exécutions s’inscrivent dans une répression accrue des opposants kurdes en Rojhilat (Kurdistan iranien), où les autorités multiplient les condamnations à mort pour des accusations souvent liées à des activités politiques ou des affrontements armés. Le KHRN dénonce des procès iniques, des aveux extorqués sous la torture et l’usage systématique de la peine de mort comme outil d’intimidation.