SYRIE – Les autorités de transition syriennes recourent de manière systématique à la diffamation et aux campagnes de dénonciation pour cibler les voix critiques.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme exprime sa profonde préoccupation face à un article publié par un média proche du Gouvernement de transition, visant explicitement le rédacteur en chef d’une plateforme médiatique – un journaliste syrien d’origine palestinienne – après la publication d’une critique professionnelle du projet du mont Qasioun.
Cet article, qui incluait des photos du cheikh Hikmat al-Hijri, du cheikh Ghazal Ghazal et du directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahman, s’inscrivait dans une logique claire d’incitation à la haine et d’accusations de trahison. Ces attaques, totalement déconnectées du débat public et du travail journalistique, visent à criminaliser toute critique légitime.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme souligne que ce cas n’est pas isolé, mais s’inscrit dans une stratégie délibérée et récurrente des autorités intérimaires. Depuis plusieurs mois, celles-ci mènent des campagnes organisées visant à discréditer et à faire taire les journalistes indépendants, les militants des droits humains et les organisations de défense des droits, au premier rang desquelles l’Observatoire lui-même. Ces méthodes répressives rappellent l’injustice historique subie par le peuple kurde et les autres composantes de la société syrienne, dont les aspirations à la dignité sont systématiquement étouffées.
Au lieu de répondre aux préoccupations soulevées ou d’assurer une transparence minimale, les autorités préfèrent réprimer les voix qui dénoncent le recul des libertés publiques. Plus grave encore, alors qu’elles ferment les yeux sur les discours de haine et les appels à la division prononcés depuis certaines chaires de mosquées et plateformes médiatiques, elles instrumentalisent leurs médias affiliés pour lancer des campagnes de diffamation, d’accusations de trahison et de mobilisation de l’opinion publique contre quiconque ose poser des questions légitimes sur leurs projets ou leurs politiques.
Cette approche constitue une menace directe à la liberté d’expression et risque d’alimenter de nouvelles tensions et fractures au sein de la société syrienne. Elle reproduit tristement les pratiques répressives qui ont longtemps étouffé le peuple syrien, compromettant ainsi les espoirs d’un véritable changement.
La liberté de la presse et d’expression ne se proclame pas par des slogans, mais se construit par la protection effective des journalistes et des défenseurs des droits humains contre les menaces, les diffamations et les ciblages personnels.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme exige l’arrêt immédiat de ces campagnes de diffamation, la tenue pour responsables des auteurs de ces attaques, et la création d’un environnement sûr et propice au travail médiatique et aux activités de défense des droits humains, conformément aux normes internationales relatives à la liberté d’opinion, d’expression et au droit à l’information.