SYRIE / ROJAVA – Le régime actuel à Damas, véritable émanation d’une alliance entre Hayat Tahrir al-Cham (branche d’Al-Qaïda) et des éléments de l’État islamique, ne gouverne pas la Syrie. Il la purge. Sous couvert d’une « transition » et d’une « intégration nationale » vendues à l’Occident, ce gouvernement fanatique orchestre une politique barbare de terreur sectaire et de nettoyage ethnique. Kurdes, Druzes, Alaouites : toutes les minorités qui ne se soumettent pas à l’ordre islamiste sont visées avec une sauvagerie méthodique.
Des dizaines de jeunes Kurdes enlevés et livrés aux tortionnaires

Des dizaines de jeunes Kurdes, hommes et femmes, continuent d’être enlevés par les forces du régime à Damas et par les mercenaires de l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA), directement placés sous commandement turc. Ces enlèvements ne sont pas des incidents isolés : ils s’inscrivent dans une campagne coordonnée contre la population kurde, particulièrement dans les régions de Raqqa, Tel Tamer et certaines zones d’Alep.
Une vaste opération de détention a déjà touché d’anciens combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des cadres de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES). Plusieurs d’entre eux ont été identifiés. Sous le prétexte fallacieux d’« intégration », le régime multiplie les arrestations arbitraires, sans justification claire ni transparence. Pendant ce temps, on impose une arabisation forcée dans les régions kurdes : marginalisation de la langue kurde dans l’administration et les services publics, imposition d’une identité arabe unique, et effacement progressif de la spécificité culturelle kurde.
Druzes et Alaouites : massacres et enlèvements sectaires

La barbarie ne s’arrête pas là. À Soueïda, des dizaines de civils druzes ont été enlevés lors d’attaques brutales menées par des groupes liés au régime et à des factions islamistes. Des quartiers mixtes de Damas comme Jaramana et Sahnaya ont également été le théâtre d’enlèvements massifs au cours d’assauts coordonnés.
Dans le même élan de haine communautaire, des centaines de civils alaouites sont kidnappés, souvent en plein jour, dans un climat d’impunité totale. Ces enlèvements s’accompagnent fréquemment de violences sexuelles et de rançons. Le régime, loin de les empêcher, semble les tolérer voire les instrumentaliser comme outil de vengeance et de soumission.
Tortures quotidiennes, exécutions sommaires et chantage mafieux
Les témoignages des rares rescapés libérés via des échanges de prisonniers sont glaçants. Les détenus sont insultés quotidiennement, torturés avec une brutalité extrême et souvent exécutés sommairement uniquement en raison de leur ethnie ou de leur confession. La haine identitaire guide chaque acte de cruauté.
Pour étouffer toute contestation, le régime recourt à des méthodes de gangsters : il envoie des vidéos de torture aux familles pour les terroriser et les réduire au silence. Les représentants des familles d’enlevés subissent un chantage ignoble : obéissance et discrétion en échange d’une possible libération. C’est la terreur d’État version 2.0.
L’« intégration » comme masque du totalitarisme
Alors que certains à Washington ou à Paris célèbrent la « nouvelle Syrie » et que des lobbyistes comme Tom Barrack la glorifient, la réalité sur le terrain est catastrophique. Les conditions de vie se dégradent dramatiquement dans les régions anciennement autonomes : explosion du coût de la vie, effondrement des services de base, absence d’emplois. L’« intégration » n’est qu’un écran de fumée pour justifier l’occupation, les arrestations et l’effacement culturel.
Les campagnes d’arrestations contre les Kurdes se poursuivent à Raqqa, Alep et Afrin. Le dossier des prisonniers et des martyrs reste bloqué, traité avec mépris par Damas. Aucune solution concrète n’est apportée aux crises quotidiennes. Le mécontentement grandit, mais la répression ausi.
Arabisation forcée du canton de Kobanê

À Kobanê, le régime de Damas efface l’identité kurde. Les nouveaux panneaux à Jalabiya et sur les bâtiments publics n’affichent que l’arabe, supprimant le nom « Kobanê » et toute mention du kurde.
Dans une zone majoritairement kurde, cette provocation n’est pas neutre : c’est une arabisation forcée et une violation claire de l’accord sur le statut spécial de Kobanê.
En Syrie, nous ne sommes pas face à une transition démocratique. Il s’agit de la mise en place d’un régime totalitaire sectaire, soutenu par Ankara, toléré par une partie de l’Occident, et qui reproduit les pires pratiques d’Al-Qaïda et de Daech — cette fois avec une cravate d’État et des communiqués officiels.
La communauté internationale, qui a si vite voulu tourner la page Assad, ferme les yeux sur cette nouvelle terreur. Les Kurdes de Rojava, les Druzes de Soueïda et les Alaouites de la côte paient le prix du sang de cette hypocrisie.
Il est urgent d’éclairer cette réalité, de documenter ces crimes et d’exiger une position claire : non au nettoyage ethnique, non à la barbarie islamiste habillée en gouvernement légitime. La Syrie ne mérite pas un nouveau califat. Son peuple, dans toute sa diversité, mérite la dignité et la liberté.