IRAN / ROJHILAT – Près de trois mois après le massacre de civils lors des manifestations du début de l’année, le pouvoir judiciaire iranien a lancé une vaste campagne de condamnations à mort et d’exécutions visant les personnes arrêtées pendant les troubles.
Selon les données compilées par le Centre de statistiques et de documentation de l’ONG kurde Hengaw, au moins 3 500 personnes ont été tuées et près de 40 000 arrêtées lors de la répression des manifestations.
Hengaw révèle qu’au moins 30 personnes arrêtées pendant les protestations ont été condamnées à mort à l’issue de procès inéquitables. Treize d’entre elles ont déjà été exécutées en secret dans les prisons de Qom, Karaj (Ghezel Hesar), Mashhad et Ispahan. Plusieurs autres détenus ont été inculpés de moharebeh (« guerre contre Dieu »), un chef d’accusation qui les expose à la peine capitale.
L’organisation exprime sa profonde inquiétude face aux conditions de détention et dénonce la coupure délibérée d’internet imposée par l’État, qui a gravement entravé le signalement et la documentation des violations. Dans de nombreux cas, l’identité des manifestants n’a été révélée qu’après leur exécution secrète, sans aucune information préalable sur leur arrestation ou leur sort. Ces condamnations à mort ont été prononcées et mises à exécution avec une rapidité extrême, en totale violation des garanties élémentaires d’un procès équitable. Des dizaines d’autres prisonniers restent sous la menace d’une exécution imminente.
Manifestants exécutés en secret
19 mars 2026 – Prison centrale de Qom :
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Saleh Mohammadi (19 ans), Mehdi Ghasemi, Saeed Davoudi.
4 avril 2026 – Prison de Ghezel Hesar (Karaj) :
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Amir Hossein Hatami (18 ans), Shahin Vahedparast Kalvar (30 ans).
5 avril 2026 – Prison de Ghezel Hesar :
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Mohammadamin Biglari (19 ans), Ali Fahim (23 ans).
21 avril 2026 – Prison de Ghezel Hesar :
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Amirali Mirjafari.
25 avril 2026 – Prison centrale d’Ispahan :
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Erfan Kiani.
30 avril 2026 – Prison centrale d’Ispahan :
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Sasan Azadvar (23 ans, Lor).
3 mai 2026 – Prison centrale de Mashhad :
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Ebrahim Dolatabadi, Mehdi Rasouli (25 ans, originaire de Kashmar), Mohammadreza Miri (21 ans).
Manifestants condamnés à mort
Au moins 30 prisonniers ont été condamnés à mort par les chambres 15 et 26 du Tribunal révolutionnaire de Téhéran (présidées respectivement par les juges Abolghasem Salavati et Iman Afshari), ainsi que par les tribunaux révolutionnaires de Qom, Mashhad, Ispahan et Shiraz. Treize d’entre elles ont déjà été exécutées. Voici la liste des personnes condamnées à mort identifiées à ce jour :
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Mohammadamin Biglari (19 ans, Téhéran)
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Mohammad Abbasi (55 ans, Malard)
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Saleh Mohammadi (19 ans, Qom)
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Mehdi Ghasemi (Qom)
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Saeed Davoudi (Qom)
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Amir Hossein Hatami (18 ans, Téhéran)
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Ali Fahim (23 ans, Téhéran)
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Shahab Zahedi (Téhéran)
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Abolfazl Salehi Siavashani (Téhéran)
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Yaser Rajaeifar (Téhéran)
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Shahin Vahedparast Kalvar (30 ans, Téhéran)
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Mohammadreza Majidi Asl (Téhéran)
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Bita Hemmati (Téhéran)
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Behrouz Zamaninejad (Téhéran)
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Kourosh Zamaninejad (Téhéran)
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Erfan Kiani (Ispahan)
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Maryam Hedavand (Pakdasht)
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Matin Mohammadi (Pakdasht)
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Erfan Amiri (Pakdasht)
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Ehsan Hosseinipour Hesarloo (19 ans, Pakdasht)
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Amirali Mirjafari (Téhéran)
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Ebrahim Dolatabadi (Mashhad)
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Sasan Azadvar (23 ans, Ispahan)
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Mohammadreza Tabari (50 ans, Borujerd)
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Mehdi Rasouli (25 ans, Kashmar)
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Mohammadreza Miri (21 ans, Mashhad)
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Hamidreza Fathi (Marvdasht)
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Abdolreza Fathi (Marvdasht)
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Hamidreza Sabetray (Marvdasht)
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Saeed Zarei Kordshouli (31 ans, Marvdasht)
Avertissement de Hengaw
Hengaw met en garde contre le risque d’exécutions imminentes pour les personnes figurant sur cette liste et souligne que des dizaines d’autres détenus, souvent non identifiés, sont exposés au même danger. Ces prisonniers sont maintenus dans des conditions de disparition forcée, sur la base d’accusations de sécurité fabriquées, et sont jugés selon des procédures manifestement inéquitables, sans accès à une défense effective.
L’organisation tient les institutions judiciaires et sécuritaires de la République islamique d’Iran directement responsables de ces exécutions extrajudiciaires.
Hengaw appelle la communauté internationale, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et toutes les organisations de défense des droits humains à rompre le silence. Elle demande une intervention urgente, notamment des pressions diplomatiques fortes pour imposer un moratoire immédiat sur les exécutions, la libération des prisonniers politiques et l’envoi de délégations internationales d’enquête dans les prisons iraniennes.
Le rétablissement de l’accès libre à internet doit également constituer une exigence non négociable dans toute discussion avec les autorités iraniennes. Le silence face à ces crimes équivaut à une complicité avec la machine répressive du régime.