SYRIE / ROJAVA – Selon un nouveau rapport de l’ONG Syriens pour la Vérité et la Justice (Syrians for Truth and Justice, STJ), les forces du Gouvernement transitoire syrien à Damas, soutenues par des gangs affiliés et des milices pro-turques, ont lancé en janvier 2026 une série d’attaques coordonnées contre les zones kurdes et l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.
Ces offensives, marquées par des embuscades et des avancées rapides, ont visé particulièrement les combattants des FDS, les membres de l’Administration autonome et les civils kurdes. Des témoignages accablants font état d’exécutions sommaires, de tortures systématiques, d’humiliations publiques et de disparitions forcées.
Dans l’embuscade du village de Makmen sur la « route d’Abyad » (entre Raqqa et al-Hasakah), des familles kurdes ont été attaquées : les hommes ont été séparés, torturés (couchés sur des épines, frappés, humiliés), puis exécutés ou enlevés devant leurs femmes et enfants. Des corps ont été abandonnés le long des routes. Des combattantes des YPJ ont été traitées comme des « butins de guerre » et soumises à des violences sexistes.
Le rapport documente un schéma clair de détentions arbitraires, de tortures dans des centres de détention (dont des cas d’exposition aux prisonniers de Daech) et de disparitions forcées. Des familles sont encore privées de toute information sur le sort de leurs proches, parfois soumises à une guerre psychologique via les téléphones des victimes.
Ces événements, qualifiés par de nombreuses voix kurdes de massacres et de tentative de nettoyage ethnique, s’inscrivent dans une stratégie visant à briser l’Administration autonome et à affaiblir la présence kurde dans le Nord-Est syrien, avec le soutien direct ou indirect d’Ankara.
Malgré des échanges partiels de détenus entre mars et mai 2026, des centaines de personnes restent portées disparues. STJ appelle à des enquêtes indépendantes, à la révélation du sort des disparus et à la reddition de comptes des responsables.