PARIS – Alors qu’on assiste à un apparent accalmi dans la guerre entre Etats-Unis, Israël versus Iran, le site CQFD a réalisé un entretien avec Kawsar Fattahi, activiste kurde d’Iran (Rojhilat) réfugiée au Kurdistan irakien (Bashur) sur les conséquences de la guerre et la répression de la population par le régime iranien. (article à lire sur ici)
Nous partageons avec vous un court résumé de l’entretien :
L’impact de la guerre et des soulèvements sur les Kurdes d’Iran
Le rétablissement partiel d’Internet en Iran révèle l’ampleur des dégâts et de la répression qui touchent particulièrement les régions périphériques, où vivent les minorités discriminées. Historiquement opposé au régime islamique depuis 1979, le peuple kurde subit de plein fouet les répercussions des récents soulèvements de janvier et du conflit militaire.
Une militarisation et une répression accrues
Kawsar Fattahi, militante féministe et membre du parti kurde d’extrême gauche Komala, décrit un quotidien marqué par la crise économique, les pénuries et la militarisation. Face à la crainte d’un soulèvement interne, le régime multiplie les descentes à domicile, les arrestations arbitraires et les exécutions de masse pour réaffirmer son pouvoir, notamment après l’annonce des négociations et du cessez-le-feu.
Les Kurdes comme cible stratégique
Considérés par Téhéran comme la seule force d’opposition armée et organisée, les mouvements kurdes sont ciblés en priorité. Le régime a intensifié sa présence militaire à la frontière avec le Kurdistan irakien. De plus, les déclarations de Donald Trump affirmant que les partis kurdes auraient reçu des armes — ce que ces derniers démentent — ravivent les tensions interethniques et menacent l’unité populaire construite lors des précédentes contestations.
La terreur de janvier et la soif d’alternative
Le soulèvement économique de janvier s’est rapidement transformé en révolte politique. La répression y a été d’une violence inédite : tirs dans les hôpitaux, disparitions forcées et cadavres exposés publiquement dans les rues pour terroriser la population. Face à cette cruauté, une partie des citoyens commence à envisager la lutte armée comme unique solution pour renverser le pouvoir.
L’héritage progressiste de « Femme, Vie, Liberté »
Malgré la terreur, l’esprit de la révolution Jina (Femme, Vie, Liberté) demeure le socle des luttes futures. Ce mouvement a permis de briser les préjugés et d’unir les différentes composantes de la société iranienne autour de valeurs progressistes. Il s’appuie sur la longue tradition du mouvement kurde et du Komala, qui intègrent les femmes en tant que dirigeantes et combattantes (Peshmergas) depuis les années 1980, dessinant ainsi les contours d’un avenir commun et démocratique.
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