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ROJAVA. Crise énergétique majeure à Hassaké : la population plongée dans le noir

SYRIE / ROJAVA – A Hassaké, la crise énergétique s’aggrave de jour en jour, signale l’agence kurde ANHA qui ajoute que les coupures de courant massives touchent la quasi-totalité de la région, privant des quartiers entiers et des villages d’électricité pendant de longues périodes.

Selon la Direction de l’électricité, la région d’al-Jazira nécessite 550 mégawatts, mais ne reçoit actuellement que 50 MW. Une situation catastrophique due à la dégradation avancée des infrastructures et à des vols massifs et répétés de transformateurs et de câbles à haute tension.

Déclaration du directeur du centre électrique d’al-Hasakah

L’ingénieur Salah Hassan, directeur du centre électrique d’al-Hasakah, a dressé un bilan alarmant :

« La région d’al-Jazira a besoin d’environ 550 mégawatts d’électricité, alors qu’elle n’en reçoit que 50. Nous continuons donc d’appliquer un rationnement strict selon les priorités. »

Il a rappelé que le gouvernement intérimaire avait totalement coupé l’électricité dans la région pendant deux mois via la ligne du barrage de Tabqa. Le courant n’a été rétabli qu’il y a environ un mois, après d’intenses négociations.

Aujourd’hui, la distribution se fait au compte-gouttes : la plupart des institutions et villages ne reçoivent que deux heures d’électricité par jour. Certains quartiers d’al-Hasakah bénéficient d’un approvisionnement partiel via des réseaux connectés aux zones rurales.

Vols et sabotage : un fléau quotidien

La Direction de l’électricité fait face à des vols quotidiens. Plus de 30 transformateurs ont déjà été dérobés, en plus du vandalisme systématique sur les lignes à haute tension. Pour limiter les pertes, les équipes mettent parfois sous tension des réseaux sans y connecter de charges, dans le seul but de dissuader les voleurs.

Malgré ces difficultés, les équipes de maintenance parviennent à réhabiliter en moyenne une ligne complète par semaine (environ 15 transformateurs par ligne). Une partie des travaux est déjà achevée, mais les efforts restent insuffisants face à l’ampleur des dégâts.

Perspectives et solutions à long terme

Salah Hassan a évoqué des projets d’importation d’électricité supplémentaires :

  • Depuis la centrale hydroélectrique d’Al-Taym (Deir ez-Zor) ;

  • Via la ligne d’Al-Mabrouka, alimentée par le barrage de Tichrine, qui pourrait apporter 50 MW supplémentaires une fois réhabilitée.

Cependant, il a insisté sur le fait que la restauration complète du réseau et l’obtention d’un approvisionnement stable demanderaient plusieurs mois de travaux importants. Ces projets restent encore au stade de la planification et de la coordination avec le ministère de l’Énergie.