TURQUIE / KURDISTAN – Le journaliste kurde, Hakkı Boltan a été condamné aujourd’hui à 1 an, 2 mois et 17 jours de prison pour « outrage au président » à cause d’une déclaration faite il y a plus de 10 ans.
Le journaliste Hakkı Boltan a été condamné aujourd’hui à 1 an, 2 mois et 17 jours de prison pour « outrage au président » par le 12e tribunal pénal de première instance de Diyarbakır, lors de la dixième audience d’un nouveau procès.
Son avocat, Resul Temur, a plaidé la relaxe en invoquant la liberté d’expression. Il a rappelé que Boltan s’exprimait alors en tant que représentant d’une association de journalistes et en sa qualité de proche du défunt. « Ces déclarations constituent une critique légitime suite au meurtre d’un collègue, Rohat Aktaş, que le client connaissait bien », a-t-il déclaré.
Hakkı Boltan est l’ancien coprésident de l’Association des journalistes libres (ÖGC) et l’ancien directeur de l’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG), deux organisations actives dans les régions kurdes de Turquie.
Contexte de l’affaire
La déclaration incriminée date du 11 février 2016. Prononcée en kurde, elle condamnait fermement la mort de Rohat Aktaş*, ancien rédacteur en chef du quotidien kurde Azadiya Welat, tué à Cizre pendant le siège militaire imposé par l’armée turque en hiver 2015-2016.
En juin 2021, le même tribunal avait initialement condamné Boltan à des peines distinctes pour outrage envers le président Recep Tayyip Erdoğan et l’ancien Premier ministre Ahmet Davutoğlu. La cour d’appel (2e chambre pénale du tribunal régional de Diyarbakır) avait annulé ce jugement en octobre 2022, estimant que les deux condamnations séparées constituaient une peine excessive. L’affaire avait alors été renvoyée en nouveau jugement.
L’acte d’accusation, établi par le parquet de Diyarbakır en 2019, désignait Erdoğan et Davutoğlu comme plaignants.