TURQUIE / KURDISTAN – La libération de Melike Göksu et Emine Abiş, deux prisonnières politiques kurdes détenues à la prison pour femmes de Sincan (près d’Ankara), a été refusée pour la troisième fois.
Jeudi, le Conseil administratif et d’observation de la prison a prolongé leur détention de neuf mois supplémentaires, invoquant une « conduite inappropriée ».
Melike Göksu, élue co-maire de Qereyazî (Karayazı, Erzurum) sous l’étiquette HDP en 2019, a été arrêtée en septembre 2019 et condamnée à sept ans et demi de prison pour « appartenance à une organisation terroriste ». Sa libération conditionnelle avait déjà été reportée à deux reprises en 2025 (août et novembre).
Emine Abiş, arrêtée en mars 2023 dans le cadre des enquêtes sur la résistance pour l’autonomie démocratique à Amed-Sûr (2015-2016), a également été condamnée à sept ans et demi de prison. Sa libération a déjà été refusée à deux reprises cette année. La prochaine audience est fixée au 22 février 2026.
Ces décisions interviennent dans un contexte où, depuis la réforme pénitentiaire de 2021, les commissions administratives des prisons turques disposent de pouvoirs étendus. Elles peuvent bloquer les libérations conditionnelles pour « absence de remords » ou « comportement inapproprié », une pratique particulièrement utilisée contre les prisonniers politiques.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent depuis des années ce mécanisme comme une forme de détention arbitraire et de coercition. Rien qu’au cours du mois dernier, cinq autres détenues de la prison de Sincan ont vu leur libération bloquée par la même commission.