Le comédien kurde, Aram Tastekin réussit à faire rire le public avec un sujet grave

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PARIS – Le comédien kurde, Aram Tastekin, réfugié en France depuis moins de 2 ans, était sur scène hier soir, au Cité international des arts de Paris, dans le 18ème arrondissement de Paris.
 
Aram a joué son spectacle « Happy Dreams – Une histoire kurde » en français, après seulement un an et quelques mois d’apprentissage de cette langue qui lui était inconnue jusqu’alors.
Dans « Une histoire kurde », Aram Tastekin nous emmène dans un village montagneux du Kurdistan où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’Etat turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui vident le village.
 
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams »…
 
Le voyage d’Aram se termine quand il devient comédien dans une troupe d’acteurs kurdes.
 
Malgré son sujet qui est plutôt lourd, le spectacle est assez drôle et nous fait rire grâce aux anecdotes – parfois drôles, souvent absurdes – qu’Aram nous raconte. Par exemple, l’obsession d’être un « vrai » Kurde (même pour sa mère qui est une arménienne « auto-assimilée »), l’histoire de trois bouteilles de coca, le petit garçon qui doit dire aux soldats turcs qu’il ne parle pas le turc, mais en turc, le spectacle de son troupe de théâtre qui fait un tabac à cause de son titre que l’armée turque considère comme un message subliminal faisant la propagande de la guérilla kurde… Lors du spectacle, on peut aussi entendre Aram chanter, en kurde et en turc. 
 
La pièce a été écrite par Elie Guillou à partir du récit d’Aram Tastekin. Guillou a été assisté par Noémie Régnaut dans la mise en scène du spectacle. Une pièce qu’on espère revoir très bientôt.
La soirée était organisée dans le cadre du 3ème festival Visions d’exil.

Image via Aram Tastekin

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