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Convention d’Istanbul: « Vaccin anti-violence pour les femmes »

TURQUIE / BAKUR – Aujourd’hui, à Istanbul, les femmes ont de nouveau dit clairement qu’il était hors de question pour elles que la Turquie se retire de la Convention d’Istanbul. Elles ont réussi à casser le blocus policière et se sont rendues à Kadikoy pour une conférence de presse.
 
Le 20 mars, la Turquie s’est officiellement retirée de la Convention d’Istanbul qui oblige les pays signataires à promulguer des lois pour combattre efficacement les violences faites aux femmes au sein du foyer alors que les violences masculines ne cessent d’augmenter dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes.
 
Le retrait de la Turquie du traité a provoqué des protestations en Turquie et dans le monde, les organisations féministes appelant à l’annulation immédiate du décret présidentiel.
 
Les femmes en Turquie continuent de descendre dans la rue contre la révocation de la Convention d’Istanbul ordonnée par le président Erdogan il y a une semaine. Aujourd’hui, une manifestation a eu lieu dans le quartier de Kadiköy à Istanbul, réclamée, entre autres, par la plate-forme «Nous arrêterons les féminicides» (KCDP) et les conseils de femmes. La police a voulu bloquer la manifestation. Les militantes ont protesté contre l’obstruction avec le slogan « N’arrêtez pas les femmes, arrêtez les assassins! » Elles ont finalement cassé la barrière policière et se sont rendues à Kadikoy. 
 
La Convention d’Istanbul a été élaborée en 2011 par le Conseil de l’Europe en tant que traité international et vise à créer un cadre juridique à l’échelle européenne pour prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes. L’accord est considéré comme une étape importante dans la lutte contre la violence patriarcale et oblige les États signataires à lutter contre la violence sexiste et à améliorer les services de prévention et d’assistance. Les femmes d’Istanbul ont une fois de plus clairement indiqué qu’il était hors de question pour elles de renoncer à la convention.
 

La Turquie cherche le soutien de l’Europe pour transférer les réfugiés syriens à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – La soi-disant Coalition syrienne, aux ordres de l’occupation turque, cherche à obtenir un soutien européen pour des projets de construction dans la région kurde d’Afrin, afin de compléter le processus de changement démographique, annonce l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH / SOHR).
 
Les sources de l’OSDH de la région d’Afrin occupée par la Turquie et ses mercenaires ont fait état des efforts continus de la soi-disant coalition syrienne et la demande de l’occupation turque afin d’obtenir le soutien européen pour la construction de projets d’habitations et commerciaux dans la région d’Afrin après le déplacement de la plupart de ses habitants, afin de consacrer le processus de changement démographique.
 
Selon l’Observatoire, la soi-disant coalition vise à renvoyer les réfugiés syriens actuellement en Turquie à Afrin et à les y réinstaller à la place des habitants originaux qui ont été déplacés.
 
Selon l’Observatoire, les tentatives de la soi-disant coalition d’attirer des partisans européens ont jusqu’à présent échoué.
 
Au cours des dernières années, l’occupation turque et ses mercenaires syriens ont mis en œuvre un certain nombre de mesures visant à modifier l’identité des zones syriennes occupées, telles que Jarablus, Al-Bab, Azaz, Afrin, Serêkaniyê et Girê Spî.
 
Après avoir modifié la démographie de ces zones par la déportation de leurs habitants d’origine et l’installation de milliers de mercenaires et de leurs familles, en particulier des Turkmènes, en plus de hisser les drapeaux turcs, l’occupation turque a imposé à la population syrienne occupée des mesures visant à modifier son identité.
 

FRANCE. Neuf Kurdes mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste »

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FRANCE. Neuf des dix militants kurdes arrêtés le 23 mars à Marseille et en région parisienne, ont été mis en examen vendredi pour « association de malfaiteurs terroriste, financement terroriste » et « extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ».
 
Une des dix personnes arrêtées sur demande d’un juge antiterroriste, dans le cadre d’une information judiciaire portant sur des activités en lien avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a été remise en liberté.
 
Par ailleurs, dans le cadre d’ «une demande d’entraide pénale avec la Turquie», Vedat Bingol,  l’ancien coprésident du Conseil démocratique kurde en France, a été entendu le 24 mars par le commissariat de Villeneuve Saint-George, pour « outrage à Erdogan » et « propagande terroriste » à cause des tweets partagés sur son compte. Ankara lui reproche d’être un proche du PKK.
 
Ces arrestations des militants kurdes intervient au moment où Paris tente d’améliorer ses relations avec Ankara. En effet, la France utilise les Kurdes comme variable d’ajustement dans ses intérêts étatiques avec la Turquie. Jusqu’à présent, seul le Parti Communiste Français (PCF), La France Insoumise (FI) et le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) ont dénoncé la répression des Kurdes sur le sol français.

KURDISTAN. L’universitaire kurde, Kadri Yildirim est décédé à l’âge de 62 ans

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TURQUIE / BAKUR – L’éminent écrivain et universitaire kurde, Kadri Yildirim est décédé vendredi à l’âge de 62 ans à Amed des suites d’une hémorragie cérébrale. Yildirim est l’auteur de nombreux livres sur la littérature kurdes et les langues kurde, arabe et persane.
 
Kadri Yildirim est né à Lice, dans la province de Diyarbakir (Amed) en 1959. Il a étudié la théologie et enseigné dans les universités d’Amed et de Mardin. En tant que directeur de l’institut de langue de l’Université Artuklu, il a coordonné la branche académique de la langue et de la culture kurdes. Il a obtenu son doctorat de la faculté de théologie de l’Université Dicle en 2010 et a été élu député du Parti démocratique des peuples (HDP) en 2015.
 
Dans un communiqué, les coprésidents du HDP ont rendu hommage à Kadri Yildirim.
 

MARSEILLE. Manifestation ce samedi en soutien aux Kurdes arrêtés

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MARSEILLE – Le Collectif Solidarité Kurdistan 13 appelle à manifester ce samedi 27 mars pour exiger la libération des militants kurdes arrêtés le 23 mars dernier.
 
Voici l’appel du CSK. 13:
 
Appel à un front solidaire face à la criminalisation et aux répressions iniques à l’encontre de la communauté kurde sur le territoire français. L’acharnement contre les réfugiés kurdes en France doit cesser ! Il est scandaleux que le gouvernement français soit à la botte du dictateur R.T Erdogan.
 
Samedi 27 mars à 13h – Réformés-Canebière – Rassemblement et manifestation
 
Plus que jamais faisons entendre nos voix pour nos ami.e.s et camarades arrêté.e.s, mardi 23 mars à la demande du parquet national anti-terroriste !!!
 
Le PKK est un mouvement de résistance, pas une organisation terroriste !
 
Ensemble, exigeons :
 
Arrêt immédiat de l’acharnement et des poursuites contre la communauté kurde en France
Condamnations et sanctions contre la Turquie
Libération de tous les prisonniers politiques et de conscience qui croupissent et meurent dans les geôles turques
Messieurs les dirigeants de la France et de l’Europe, replacez les valeurs humaines au centre des priorités !
 
23/03/2021 Rassemblement de solidarité pour les camarades kurdes
Rassemblement de solidarité pour les camarades kurdes arrêtés aujourd’hui mardi 23 mars, par la police française !
 
Le CSK.13 :
 
Centre Démocratique Kurde Marseille (CDKM) – Ligue des Droits de l’Homme (LDH) Marseille – Marche Mondiale des Femmes (MMF) 13 Paca – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) 13 – Mouvement de la Paix 13 – Parti Communiste Français (PCF) 13 – Parti de Gauche 13 – Solidarité & Liberté Provence – Union Départementale CGT

TURQUIE. En fermant le HDP, l’État turc interdit l’arène politique aux Kurdes

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TURQUIE / BAKUR – Avec l’interdiction prochaine du parti HDP « pro-kurde », l’État turc s’apprête à officialiser la fin du pluralisme politique en Turquie et on pourrait dire que c’est « mieux » ainsi. En effet, depuis sa création, le Parti Démocratique des Peuples (HDP) a subi toute sorte d’attaques: des bureaux du parti saccagés, ses rassemblements attaqués, des militants et députés du parti agressés, des milliers d’entre eux emprisonnés, des campagnes électorales d’HDP bloqués, des maires HDP destitués et emprisonnés par dizaines, plus de dix députés HDP déchus de leur mandat d’élu … Alors, comment parler de démocratie et de pluralisme dans ces conditions là?
 
L’attaque et l’interdiction des partis politiques kurdes sont une vieille tradition bien turque sur laquelle les islamistes et l’extrême-droite sont d’accord à 100% dans un pays fondé sur le fascisme kémaliste presque centenaire. Alors, la demande officielle de la fermeture du parti HDP, porté par les Kurdes de Turquie, ne surprend plus personne étant donné que de nombreux partis kurdes ayant précédé le HDP ont tous été interdits par les régimes successifs pour lesquels la démocratie ne peut s’appliquer aux Kurdes.
 
Le 17 mars, un procureur a envoyé, un acte d’accusation à la Cour constitutionnelle turque demandant l’ouverture d’un procès pour interdire le Parti démocratique des peuples (HDP), parti de gauche qui est la troisième force politique du pays et la seule à prôner une solution pacifique à la question kurde en Turquie. Cette demande d’interdiction du HDP n’est que l’acte final d’une guerre ouverte qui a vu l’arrestation milliers de militants du parti ainsi que celle des la majorité de ses maires et 13 de ses députés.
 
Jusqu’à présent, tous les partis pro-kurdes ont été interdits
 
La fermeture de partis politiques, en particulier de partis kurdes, est une vieille tradition dans l’histoire de la Turquie. Jusqu’à présent, la Cour constitutionnelle turque a interdit six partis politiques kurdes. Le premier fut le Parti du travail du peuple (HEP) créé le 7 juin 1990. Le HEP a rejoint le Parti social-démocrate (SHP) pour les élections générales de 1991 et obtenu 22 sièges à l’assemblée nationale turque. En juillet 1993, le HEP fut interdit. Ensuite, ce fut le tour du Parti de la Liberté et de la Démocratie (OZDEP) : fondé en mai 1993, il a été interdit le 23 novembre 1993. Le Parti de la démocratie (DEP) lui a succédé. En mars 1994, le Parlement turc a levé l’immunité de six députés du DEP, qui ont ensuite été condamnés à 15 ans de prison pour « terrorisme ». Le 16 juin 1994, la Cour constitutionnelle a interdit le DEP qui fut remplacé par le Parti de la Démocratie du Peuple (HADEP), le 11 mai 1994. Lors des élections locales de 1999, le HADEP a remporté 37 municipalités dans la région kurde, dont sept grandes villes. Pourtant, en mars 2003, la Cour constitutionnelle turque a également interdit le HADEP. Le 9 novembre 2005, a été fondé le Parti pour une Société démocratique (DTP). Ses candidats se sont présentés de manière indépendante aux élections générales de 2007, obtenant 22 sièges au parlement turc. Lors des élections locales de 2009, le DTP a remporté des mairies dans plus de 100 villes et villages de la région kurde. Il fut interdit le 11 décembre 2009.
 
La fermeture prochaine du HDP sera la suite logique des choses et l’État turc dit ouvertement aux Kurdes qu’ils n’ont pas le droit de faire de la politique, comme ils n’ont pas le droit de parler leur langue, vivre leur culture, s’auto-gouverner. En un mot, ils doivent garder leur statut de colonisés sur leurs propres terres et tant que le Kurdistan sera occupé par la Turquie, la démocratie sera un vain mot pour les Kurdes.
 
Les autres partis turcs, qui sont tous anti-kurde, ne sont pas à l’abri d’une interdiction non plus. Qu’il s’agisse du CHP kémaliste et même ceux de l’extrême-droite MHP ou IYI, s’ils gênent le parti AKP du Président Erdogan, ils feront face à des demandes d’interdiction et il n’est pas sûr qu’ils aient plus de chance que le HDP.

« Halte aux arrestations des Kurdes en France! »

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L’Initiative des objecteurs de conscience de Turquie vivant en France appelle les autorités françaises à mettre fin à la persécution des réfugiés kurdes sur le sol français.
 
Voici l’appel de l’Initiative des objecteurs de conscience de Turquie vivant en France :
 
Halte aux arrestations des Kurdes en France!
 
Suite à l’entretien téléphonique entre M. Macron et R.T Erdoğan, plusieurs opérations de police ont eu lieu en France le mardi 23 mars 2021 à l’encontre de réfugiés kurdes de Turquie. Des locaux associatifs ont été perquisitionnés et plus d’une dizaine de personnes placées en garde à vue. Nous appelons l’opinion publique française à être attentive à ces événements.
 
Nous sommes des objecteurs de conscience, individu anti-militariste de Turquie, dont la majorité est kurdes, vivant la France après avoir fui la Turquie anti-démocratique, à cause du système oppressif.
 
Nous sommes des individus anti-guerre et anti-violence en France et partout dans le monde, comme nous l’étions en Turquie également.
 
Nous avons décidé de vivre en France parce que nous croyions qu’elle respectait les droits humains et que les gens pouvaient s’exprimer librement avec leurs revendications politiques.
 
Nous considérons les problèmes de chaque Français comme nos propres problèmes et nous essayons de participer à leur résolution avec nos efforts et notre contribution.
 
Les forces de sécurité de la France – qui dit à chaque occasion qu’elle respecte les droits humains – ont mené des raids avant l’aube du 22 mars contre les domiciles et associations de Kurdes à Marseille, Paris et Draguignan. Elles ont brisé les portes de leur association. Ces raids étaient aussi violents que ceux que nous avons connus en Turquie.
 
Les Kurdes de Turquie tentent depuis des décennies de s’accrocher à la vie face à toute sorte de violences. Surtout dans le nord du Kurdistan [Kurdistan turc], presque tous les enfants kurdes ont grandi en étant témoins de telles situations.
 
Il nous semble qu’il n’est pas nécessaire d’apporter beaucoup d’explications pour décrire la Turquie d’Erdogan où des milliers de politiciens, centaines de journalistes et plusieurs milliers d’étudiants croupissent en prison pour avoir été anti-militaristes, anti-racistes ou qu’ils ont refusé d’obéir au système du duo AKP / MHP.
 
Nous avons regardé ces raids des forces de sécurité avec beaucoup d’inquiétude pendant que les Kurdes vivant en France, qui avaient quitté leurs pays où ils vivaient dans un terrible climat de guerre et de violence, célébraient la fête de Newroz en paix avec tous les peuples de toutes les croyances et cultures.
 
Ces raids et détentions inquiètent en premier lieu les Kurdes, mais également leurs amis.
 
Nous appelons les autorités françaises à cesser de soutenir le système raciste / militaire d’Erdogan avec ces opérations et demandons à l’opinion publique française d’être attentive à ces événements.
 
L’Initiative des objecteurs de conscience de Turquie vivant en France

FRANCE. Un réfugié kurde harcelé par la justice turque sur le sol français

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PARIS – Vedat Bingol, un réfugié kurde de France, a été entendu le 24 mars par le commissariat de Villeneuve Saint-George, pour « outrage à Erdogan » et « propagande terroriste » à cause des Tweets partagés sur son compte, à la demande de la justice turque. (Une qualification que n’existe pas dans le droit français.)
 
Dans un article publié par le quotidien 20 Minutes, Vedat Bingol, ancien co-président du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), réfute les accusations portées à son encontre. 
 

« Lors de la convocation, j’ai affirmé que je ne faisais pas de propagande, que je ne faisais que partager des informations », détaille Vedat Bingol à 20 Minutes. Son avocate, Camille Souleil-Balducci, ajoute que son client « était prêt à apporter des éléments de réponse aux autorités françaises mais qu’il était hors de question qu’il réponde aux autorités turques. »

« Pour l’heure, le militant n’a pas accès à son dossier. Comme le prévoit la demande d’entraide internationale, son audition doit être transmise à la Turquie. Contactée par 20 Minutes, l’ambassade de Turquie en France n’a pas donné suite à nos sollicitations. Mais aux dires des militants du CDK-F, cette audition d’un kurde réfugié réclamée par la Turquie serait une première en France. En Allemagne, des militants kurdes auraient également été entendus, toujours selon le CDK-F. »

 

Ocalan met en garde le gouvernement turc contre son isolement carcéral illégal

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TURQUIE – En isolement sur une île prison turque depuis 22 ans, le leader kurde, Abdullah Öcalan, a déclaré lors de la brève conversation qu’il a eue avec son frère jeudi qu’une telle conversation était très mauvaise et dangereuse et a ajouté : « S’il doit y avoir une réunion, ce devrait être avec des avocats ».
 
Le chef historique du PKK, Abdullah Öcalan est emprisonné à Imrali depuis 22 ans, dans des conditions d’isolement sévères. Jeudi, il a pu s’entretenir avec son frère Mehmet Öcalan. Cette brève conversation téléphonique a eu lieu environ un an après un précédent appel, le 27 avril 2020, et c’est la première fois depuis lors qu’Öcalan a eu un contact réel avec quelqu’un de l’extérieur.
 
Le 14 mars, des rumeurs ont été diffusées sur les réseaux sociaux concernant l’état de santé d’Öcalan. Immédiatement, des manifestations ont été organisées dans le monde entier pour demander une visite urgente des avocats d’Ocalan à Imrali.
 
La conversation téléphonique de jeudi s’est déroulée sous la supervision du bureau du procureur général d’Urfa et a été très courte. L’appel a été interrompu assez rapidement. De même, l’appel téléphonique d’un autre prisonnier d’Imrali, Hamili Yıldırım, avec sa famille a également été brusquement interrompu. Il a été rapporté que les deux autres prisonniers, Ömer Hayri Konar et Veysi Aktaş, n’ont pas passé l’appel téléphonique qui leur avait été proposé pour protester contre l’isolement.
 
Mehmet Öcalan a déclaré qu’il avait pu parler avec son frère pendant environ 5 minutes.
 
Mehmet Öcalan a ajouté qu’il avait été contacté par une personne qui s’est présentée comme le directeur de la prison d’Imrali à 18 heures le mercredi 24 mars.
 
« [Cet homme] m’a dit que je devais me rendre au bureau du procureur général d’Urfa le 25 mars à 13h45 pour passer un appel téléphonique avec mon frère. »
 
Mehmet Öcalan a déclaré qu’il s’est rendu au palais de justice d’Urfa à l’heure qui lui a été notifiée et que les autorités qui s’y trouvaient étaient au courant de l’appel téléphonique et l’ont emmené dans une pièce après une dizaine de minutes et l’y ont laissé.
 
Mehmet Öcalan a dit qu’il y avait un employé dans la pièce et qu’on lui a dit qu’il parlerait avec son frère dans la même pièce.
 
Mehmet Öcalan a répondu à la sonnerie du téléphone et le leader du peuple kurde à l’autre bout lui a dit : « Comment es-tu arrivé ici ? Qui t’a amené ? Comment cela s’est-il passé ? D’où appelles-tu ? »
 
Mehmet Öcalan a répondu : « Mon frère m’a dit : ‘Vous et l’État faites du tort pour ce qui a été fait. La raison est la suivante : il n’y a eu aucune réunion pendant un an. Ces actions ne sont autorisées ni par la loi de l’État ni par aucune autre loi. Votre démarche est mauvaise et très dangereuse. L’État est également très dangereux. Ce n’est pas la bonne chose à faire. S’il y a une réunion, elle doit se faire dans le cadre légal. Il n’est pas possible de permettre qu’un appel téléphonique soit passé après un an et en raison de leur volonté (…) Ce que vous faites est totalement erroné ». (…) Ce n’est pas légal, ce n’est pas bien. Ce n’est pas acceptable. C’est aussi très dangereux. Êtes-vous conscients de ce que vous faites ? Je veux que mes avocats viennent ici et me parlent. C’est une chose légale. Je suis ici depuis 22 ans. Comment ce problème sera-t-il à l’avenir ? Cette question ne peut être résolue que par la loi. Pourquoi ne viennent-ils pas ici ? S’il doit y avoir une réunion, ce devrait être avec des avocats. Parce que cette situation est à la fois politique et juridique (…). »
 
Mehmet Öcalan a déclaré avoir dit au leader du peuple kurde que l’une des raisons de cet appel téléphonique était les grèves de la faim dans les prisons contre l’isolement cellulaire et a poursuivi : « Le président a dit : ‘Je ne veux pas que quelqu’un meure lors de grèves de la faim et dans les prisons. Je l’ai déjà dit, et je le dis maintenant. Il n’y a pas besoin de cela non plus. C’est une chose très lourde. Vous devez en tenir compte », a-t-il déclaré. Nous avons parlé pendant environ 4 à 5 minutes. C’était une voix fluette. Je pense que c’était la voix du Président. Le Président m’a dit : « Cette réunion est une erreur ». L’appel a été coupé après qu’il ait dit : ‘Ce n’est pas une réunion' ».
 
Mehmet Öcalan a déclaré que lorsque la ligne a été coupée, il en a informé le fonctionnaire présent et celui-ci lui a demandé d’attendre.
 
Mehmet Öcalan a déclaré : « Plus tard, il y a eu un autre appel téléphonique. Quelqu’un d’autre appelait. Il m’a dit d’attendre, de ne pas partir. Après avoir attendu pendant 10-15 minutes, j’ai dit que l’appel ne viendrait pas. Je l’ai signalé aux autorités locales. Plus tard, ils m’ont dit : ‘La réunion est terminée' ».
 
Mehmet Öcalan a lancé un appel à l’État et à toute personne ayant une conscience et a déclaré que ces pratiques n’étaient en aucun cas acceptables.
 
« Les personnes en prison ont des droits légaux et démocratiques. Selon les lois de la Turquie, nous devrions avoir une réunion tous les 15 jours. Les avocats ont le droit de rencontrer leurs clients chaque semaine. Il n’y a pas eu de réunion depuis un an. Nous avons parlé au téléphone. Et cela ne durait que 4 ou 5 minutes. Nous ne nous sommes pas rencontrés en personne. C’est anti-démocratique. Cela ne peut pas être accepté, même sous la loi turque. D’ici, nous faisons appel au CPT, au Conseil de l’Europe, aux défenseurs des droits de l’homme, aux intellectuels et aux démocrates. Ce problème doit être résolu le plus rapidement possible. Ce n’est pas acceptable. Si nous sommes des citoyens de cet endroit, nous avons aussi des droits légaux et démocratiques. Ces droits doivent être reconnus », a déclaré Mehmet Öcalan.
 
Mehmet Ocalan a conclu : « Les rencontres avec les familles et les avocats doivent être organisées le plus rapidement possible. Des milliers de personnes sont en grève de la faim. L’Etat maintient le Président en prison depuis 22 ans. Il est ridicule d’avoir droit à un appel téléphonique de 4 à 5 minutes. Le président est un pont entre les peuples. Personne n’a le droit de détruire ce pont ».
 

ROJAVA. Le centre de santé pour femmes et enfants de Qamishlo devient réalité

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SYRIE / ROJAVA – La construction du centre de santé pour femmes et enfants de la ville kurde de Qamishlo est terminée. Le centre offrira des soins de santé gratuitement à des femmes et des enfants.

Comme l’a rapporté le collectif de construction « Avahî », la construction du centre de santé pour les femmes et les enfants à Qamishlo dans la fédération démocratique de Syrie du Nord et de l’Est-Rojava est maintenant terminée. La Fondation des femmes libres en Syrie (WJAS), en tant que partenaire du projet, s’occupe actuellement de l’aménagement intérieur et de l’emploi du personnel. L’objectif est d’ouvrir le centre de santé dès que possible, avec sept employés dans un premier temps, et d’offrir un traitement médical gratuit aux femmes et aux enfants.

« Nous construisons dans une zone de guerre »

« Lorsqu’Avahî a été fondée en 2016, personne ne s’attendait à ce qu’il faille autant de temps pour qu’un bâtiment soit enfin construit. En 2018, Avahî a réussi à organiser à deux reprises des voyages de délégation au Rojava pour préparer le terrain, mais finalement, nous avons dû admettre que la situation sur place et les possibilités d’entrée ne peuvent pas être planifiées de manière suffisamment fiable pour envoyer des groupes de personnes aux moments supposés. Et c’est ainsi que la Fondation de la femme libre a commencé la construction avec des travailleurs locaux au printemps 2019. Mais même après cela, il y avait toujours de gros problèmes et de longues pauses forcées pendant la construction. La guerre d’agression de la Turquie et l’occupation des régions voisines depuis octobre 2019, la pandémie de coronavirus, l’inflation et la hausse du prix des matériaux de construction sur le chantier, la fermeture des frontières, l’embargo et bien d’autres problèmes ont à plusieurs reprises entraîné des retards dans le processus de construction », a déclaré le collectif.

103 000 euros collectés

Un peu plus de 103 000 euros ont été collectés pour ce projet jusqu’à présent. 80 000 euros ont été dépensés pour la construction. Le reste sera maintenant remis à la fondation pour la décoration intérieure et l’équipement médical. « Les équipements médicaux et les médicaments sont vraiment chers et il est toujours possible d’améliorer les options de traitement et les équipements médicaux », a déclaré Avahî.

Le compte de dons pour le centre de santé de Qamishlo est le suivant :

Kurdistan Aid e.V.

IBAN : DE40200505501049222704

Motif : Construction

Les dons peuvent également être faits pour le travail de la Free Women Foundation en Syrie en général. Le compte de donation est le même, la raison à écrire est : Fondation des femmes.

La WJAS va aussi bientôt lancer une campagne plus générale pour garantir les salaires de ses employés, a déclaré Avahî, ajoutant : « La situation économique et l’inflation aggravent les possibilités de financement local et, dans le même temps, les employés sont de plus en plus dépendants de leurs revenus pour se nourrir et nourrir leur famille et assurer leur indépendance en tant que femmes. »

ANF

Rendez-vous avec X: Où on en est avec l’enquête du meurtre de 3 femmes kurdes à Paris en 2013?

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PARIS – France Inter diffusera ce samedi une émission consacrée à l’assassinat de Fidan Doğan, Sakine Cansız et Leyla Söylemez, militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013 par un tueur à gage à la solde du MIT turc.
 
A écouter le 27 mars sur France Inter, dans l’émission « RENDEZ-VOUS AVEC X« ,  de 13 h 20 à 14 h.
 
Hier, le journaliste Maxime Azadi a publié une enquête sur un escadron de la mort turc qui pourchasse les Kurdes et les opposants d’Erdogan en Europe, dont en France. Un des hommes clés de cet escadron de la mort n’est d’autre qu’Ismail Hakki Musa, l’ancien ambassadeur de la Turquie à Paris, d’après l’enquête. Ismail Hakki Musa est accusé d’être le coordinateur de l’équipe de tueurs à gage.

 
Ismail Hakki Musa était déjà cité dans le dossier du meurtre des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez le 9 janvier 2013 à Paris et dont les services secrets turcs (MIT) sont mis en cause par les éléments de l’enquête judiciaire.
 

ROJAVA. Mouvements militaires turco-jihadistes a Tal Tamr

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SYRIE / ROJAVA – On signale une mobilisation générale des forces d’occupation turques et des groupes mercenaires dans la campagne sud-ouest de Tal Tamr où des affrontements ont éclaté hier soir entre les forces turques et kurdes.
 
Dans la région de Tal Tamr, d’immenses mouvements militaires sont en cours à Arba’in, Leilan et sur la base turque de la colline d’Amiriye par les forces d’occupation turques et les groupes mercenaires dans le sud-ouest de Tal Tamr. Par ailleurs, les forces turques bombardent le village de Gozeliye sporadiquement.