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DEBAT. Les villes du Kurdistan: Guerre, destruction et reconstruction de l’Empire ottoman à la République de Turquie

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PARIS – L’Institut kurde de Paris accueille le débat « Les villes du Kurdistan: guerre, destruction et reconstruction de l’Empire ottoman à la République de Turquie » le 26 février 2022.
 
Mustafa ÇELEBİ, Doctorant en urbanisme à l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble, et Serhat ÖZHAN, Doctorant en génie urbain à l’université Gustave Eiffel, informeront le public sur la destruction et reconstruction des villes kurdes par les forces occupantes depuis l’Empire ottoman.
 
Hamit BOZARSLAN, historien et professeur à l’EHESS, assurera la modération lors du débat.
 
« Cette présentation se concentre sur les transformations spatiales et sociales dans les villes qui ont été soumises à une grande destruction après la guerre, pendant les dernières années de l’Empire ottoman et toute la durée de la République de Turquie. En outre, elle attire l’attention sur les pratiques de la même tradition politique dans le même territoire mais dans deux siècles différents concernant la guerre, la destruction, l’administration et les aménagements des villes et les changements spatiaux et sociaux.
 
Dans la première partie, le cas de la ville de Van est examiné. Les dynamiques de l’urbanisation de la région de la dernière période ottomane jusqu’à 1915, la destruction spatiale et sociale causée par la guerre russo-ottomane de 1915 et le génocide arménien sont discutés. A travers des analyses iconographiques et spatiales, la réorganisation de la ville, les tentatives de relocalisation et le changement de la structure socio-spatiale de Van que les « modernistes » de Jeunes Turcs ont voulu réaliser dans la période post-génocide, sont expliqués.
 
La deuxième partie de la présentation se focalise sur les processus de destruction et de reconstruction d’après-guerre qui ont eu lieu dans 12 villes du Kurdistan de Turquie (Dargecit, Nusaybin, Sirnak, Surici, Cizre, Silopi, Hezex, Gever, Bismil, Derik, Silvan, Lice) en 2015 et 2016.
 
Les dynamiques politiques et sociales de la région de la période ottomane à nos jours sont abordées, puis les pertes humaines dues à la guerre, les dimensions de la destruction dans les villes, les processus de reconstruction sont présentés dans une perspective synthétique. Par la suite, des situations particulières (règlements juridiques, décrets-lois, expropriation de terres, etc.) et des éléments marquants (UNESCO, symboles historiques et culturels) notamment dans les villes de Sur, Cizre, Şırnak et Nusaybin, qui ont été affectées par la guerre et la destruction, sont décrites. Dans la dernière partie, les processus spatiaux et les effets de la destruction de la guerre qui ont eu lieu dans la même période sont détaillés à travers le cas de Nusaybin. Cette partie se compose de Kayyum, de contradictions juridiques dans le processus de planification et de TOKI (Administration du développement du logement social en Turquie) et explique de manière concrète les comportements autoritaires et les pratiques urbanistiques de l’État en cas d’urgence. »
 

RDV le samedi 26 février, à 15 heures
Institut kurde de Paris
106 rue La Fayette, 75010 Paris

TURQUIE. La militante kurde, Sevil Rojbin Çetin est détenue depuis juin 2020, sans jugement

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TURQUIE / BAKUR – Torturée et arrêtée le 26 juin 2020, Sevil Rojbin Çetin se trouve toujours en prison, sans jugement. Le procès de la militante kurde a été reporté au motif que les témoins secrets n’avaient pas assisté à l’audience.
 
L’audience du procès intenté contre Sevil Rojbin Çetin, militante du Mouvement des femmes libres (Tevgera Jinên Azad – TJA) et membre du Parti démocratique des peuples (HDP) pour « appartenance à une organisation terroriste [PKK] », s’est tenue au 2e tribunal pénal de Van.
 
Çetin a assisté à l’audience via le système d’information audio et visuel (SEGBİS) de la prison de Diyarbakır (Amed), où elle est détenue. L’audience s’est déroulée en présence de son avocat et de sa famille et a été suivie par le député HDP Van Muazzez Orhan, ainsi que par la co-maire de la municipalité de Tusba, Ayşe Minaz, qui a été destituée par l’État turc.
 
Audience reportée
 
Çetin a répété ses déclarations, tandis que ses avocats ont exigé sa libération. Le conseil du tribunal a décidé de maintenir Çetin en prison au motif que les témoins secrets n’avaient pas assisté à l’audience. Le procès a été reporté au 12 mai.
 
Rojbin Çetin a été arrêtée lors d’une perquisition à son domicile à Diyarbakır le 26 juin 2020, Journée de lutte contre la torture et de solidarité avec les victimes de la torture. Lors de son arrestation, les policiers l’ont torturée en lâchant un chien contre elle. La détention de Çetin a été prolongée à trois reprises.
 
 

ROJAVA. Une jeune Yézidie sauvée des gangs de DAECH qui voulaient l’emmener en Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Les forces arabo-kurdes ont sauvé une jeune femme yézidie des mains des terroristes de DAECH qui voulaient l’emmener en Turquie. La jeune femme a retrouvé sa famille à Shengal où elle avait été capturée il y a 8 ans avec des milliers de femmes et enfants devenus esclaves de DAECH.
 
Une jeune femme nommée Roza Emin Bereket, qui a été sauvée de l’Etat islamique, a déclaré : « Ils ont décidé de nous emmener en Turquie. Mais les FDS nous ont sauvés en chemin. »
 
Roza Emin Bereket, une jeune femme yézidie capturée par des mercenaires de l’Etat islamique il y a 8 ans et secourue au Rojava par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), a retrouvé sa famille à Shengal.
 
La cérémonie par laquelle la jeune femme a été réunie avec sa famille a eu lieu à Shengal où DAECH a commis un génocide il y a 8 ans. Roza, dont le père, la mère et les frères et sœurs sont toujours portés disparus après avoir été enlevés par l’Etat islamique, a été accueillie par son oncle.
 
La jeune femme a déclaré : « Le 3 août 2014 est le jour le plus noir de notre vie. Lorsque les mercenaires de l’Etat islamique ont attaqué Shengal, ils ont massacré notre peuple, l’ont séparé les uns des autres. Ils ont violé des femmes et les ont vendues sur des marchés aux esclaves. (…) Ils ont utilisé la torture psychologique. J’étais à Deir ez-Zor. Ils avaient décidé de nous emmener en Turquie. Je remercie les FDS et les forces Asayish [Forces de sécurité intérieur] de nous avoir sauvés. Ils nous ont amenés au camp de Kobanê où vivaient les réfugiés yézidis. Ils ont parlé avec Şêx Faruk, l’un des anciens des Yézidis. Puis ils m’ont emmenée à Shengal, chez famille, je les remercie beaucoup.
 
J’étais très heureuse de voir ma famille. Mais je suis triste parce que je ne peux pas voir ma mère. Mais je crois que les FDS la libérera et je pourrai l’accueillir. »
 
La grand-mère de Roza, Xense Xelef, a remercié les FDS d’avoir ramener sa petite-fille.
 
L’oncle de la jeune femme a déclaré : « Roza est ma nièce. Elle a été capturée par des mercenaires de l’Etat islamique avec tous les membres de sa famille. Deux de ses sœurs et un frère ont également été secourus. Mais sa mère, son père et quelques autres frères et sœurs sont restés aux mains de l’État islamique. Roza a été sauvée il y a un mois. Elle est restée avec les Yézidis au Rojava. Maintenant Roza est là. Je suis éternellement reconnaissant à tous ceux qui ont aidé. »
 

SYRIE. Un agent travaillant pour les renseignements turcs arrêté à Manbij

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SYRIE / ROJAVA. Un terroriste travaillant pour les renseignements turcs (MIT) ont arrêté à Manbij avec des armes, des munitions et des stupéfiants. Il était chargé de commettre des attentats et d’assassiner des civils ainsi que des responsables militaires et politiques de l’Administration autonome arabo-kurde. (D’autres sources parlent de 4 terroristes capturés.)
 

Les unités antiterroristes (YAT) du Conseil militaire de Manbij ont frappé des mercenaires sous commandement turc qui mènent des attaques dans la région. Selon le communiqué du YAT, un agent des services secrets turcs (MIT) a été arrêté. L’agent présumé du MIT est Khaled Muhammad Salama (Abu Uday).

Le communiqué indique qu’il a été « déterminé qu’il avait été recruté comme agent par les services secrets turcs MIT à Manbij ». L’homme était surveillé depuis le 3 janvier 2022 et a finalement été arrêté jeudi.

Attaques planifiées contre des politiciens

Parmi les documents saisis figurent des photos du domicile du vice-président du Parti Avenir de la Syrie, Abu Araj. Apparemment, l’agent arrêté planifiait une attaque contre la maison du politicien. Une photo des coordonnées où il avait posé une mine a également été découverte. Ces documents sont utilisés pour prouver au MIT que les ordres ont été exécutés. Au cours de l’interrogatoire, ses deux épouses, Amal Nema et Nagham Sobhi, ont confirmé le lien de Salama avec le MIT.

Salama était en contact permanent avec l’agent du MIT Abu Ibrahim Azaz, qui lui avait également fourni la mine à utiliser dans l’attaque contre la maison du politicien Abu Araj. Salama a envoyé à Azaz des photos de la cible. Après l’arrestation de Salama, Azaz a contacté sa femme, Amal Nema, et a exigé que la bombe soit remise à quelqu’un qu’il enverrait. Nema a également été arrêté. Elle a admis sa participation lors de l’interrogatoire. Leurs déclarations ont été confirmées par la deuxième épouse de Salama, Nagham Sobhi.

Armes et stupéfiants saisis

Le YAT a saisi les objets suivants dans la maison : deux fusils d’assaut Kalachnikov, une mitrailleuse BKC, huit chargeurs Kalachnikov, deux RBC, deux lance-roquettes B7, trois grenades B7, des munitions BKC, un bombe, trois kilogrammes d’héroïne, etc.

 

LYON. Soutien à la campagne «Justice pour les kurdes» le dimanche 27 février

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LYON – Les militants kurdes de Lyon et leurs ami.e.s organisent une journée d’information le dimanche 27 février sur la situation des luttes de libération au Kurdistan et sur l’avancée de la révolution sociale au Moyen Orient. RDV à midi, au Centre culturel Mésopotamie, 11 rue Mazagran.
 
« Alors que les bombardements turcs s’intensifient en Syrie et en Irak. Que la répression s’abat sur les soutiens ici comme ailleurs. Il est plus que temps d’exiger le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne.
 
Dimanche 27 février à l’association culturelle Mésopotamie convivialité et soutien aux luttes internationalistes seront au programme à partir de 12h.
 
Alors que les bombardements turcs s’intensifient en Syrie et en Irak. Que la répression s’abat sur les soutiens ici comme ailleurs. Il est plus que temps d’exiger le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne.
 
C’est dans ce cadre qu’une campagne « Justice pour les kurdes » est lancée au niveau international.
 
L’association culturelle Mésopotamie vous invite à venir signer la pétition, partager des spécialités kurdes, échanger sur la situation des luttes de libération au Kurdistan et sur l’avancée de la révolution sociale au Moyen Orient.
 
Venez nombreuses et nombreux. »
 

TURQUIE. Attaque armée contre un bureau du parti HDP

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TURQUIE – Le bureau du Parti démocratique du peuple (HDP) à Adana/Yüreğir a été attaqué par une ou plusieurs assaillants dans la nuit de 17 février qui ont tiré des coups de feu et lancé des explosifs contre le local. Ce parti d’opposition « pro-kurde » est régulièrement victime d’attaques armées qui ont déjà fait des morts et des blessés.
 
Le bureau du Parti démocratique du peuple (HDP) à Adana/Yüreğir a été attaqué par une ou plusieurs assaillants dans la nuit de 17 février qui ont lancé des explosifs contre le local.
 
L’attaque a également provoqué un incendie qui a été éteint par les riverains, tandis que des membres du HDP se sont rendus au bâtiment du district et ont averti la police.
 
De temps en temps, des attaques racistes sont perpétrées en Turquie contre les bâtiments du HDP. Le 17 juin, un assaillant armé a pris d’assaut le bâtiment du HDP dans la province d’Izmir en Turquie et a tué la militante Deniz Poyraz.
 
Le 28 décembre, encore une fois, un assaillant armé à Istanbul, en Turquie, a tenté en vain de prendre d’assaut un bureau du HDP et n’a été arrêté que lorsque la police est arrivée après une longue attente.
 

Un documentaire primé montre les triomphes et les défis de la révolution féministe du Rojava

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Le documentaire, « De l’autre côté du fleuve, » suit le parcours d’une jeune femme syrienne, Hala, qui quitte sa famille – qui était favorable à l’État islamique (DAECH) – peu après la libération de Manbij en 2016 par les Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance arabo-kurde), pour rejoindre les forces de sécurité (Asayîş) de l’autre côté de l’Euphrate. Le documentaire est sorti dans les salles allemandes en janvier 2022.
 
L’agence de presse kurde, ANF ​​s’est entretenu avec Antonia Kilian, réalisatrice du documentaire « De l’autre côté du fleuve » (The Other Side of the River).
 

Antonia Kilian

Lorsque la cinéaste Antonia Kilian est venue au centre de formation d’Asayîş à Serekaniye en 2016, elle a voulu documenter le processus de libération des femmes dans l’ombre de la guerre contre Daech. L’une des jeunes femmes qui y avaient commencé leur formation a accepté d’être accompagnée par la caméra et de partager son histoire avec la cinéaste de Kassel. Le film accompagne Hala, 19 ans, dans sa formation militaire et politique au centre de formation de la ville aujourd’hui occupée par la Turquie et ses milices islamistes. Le public apprend que Hala s’est enfuie de l’autre côté de la rivière avec sa sœur pour échapper au mariage forcé avec un adepte de l’État islamique. Elle a rejoint les Unités de libération des femmes dans le but déclaré de retourner à Manbij et de libérer ses jeunes sœurs des mains de leur père oppresseur. Après avoir terminé la formation, elle est en fait transférée dans son ancienne ville et Kilian la suit dans la ville déchirée par la guerre. Les membres de l’Asayîş sont confrontés à une population comptant de nombreux sympathisants de Daech et à une situation sécuritaire précaire. Pour Hala, la confrontation avec sa famille est aussi très dure, puisque son père la menace de mort car elle a violé le prétendu « honneur » familial en fuyant. Lorsqu’elle apprend que sa sœur de douze ans est sur le point d’être mariée de force, la situation s’aggrave.

Avec le destin individuel du personnage principal, le film montre non seulement la libération que les femmes en particulier ont vécue lorsqu’elles ont vaincu l’État islamique, mais aussi la lutte ardue pour répandre les idéaux démocratiques et égalitaires dans une société façonnée par la dictature et le patriarcat. De plus, le public apprend les considérations personnelles difficiles et les décisions des personnes qui rejettent et combattent cette mentalité patriarcale.

« De l’autre côté du fleuve » est ainsi un instantané impressionnant de l’époque de la libération révolutionnaire au Rojava et, bien qu’en vue d’un destin individuel, condense les problèmes, les possibilités et les espoirs associés à la révolution. La musique de film du groupe « Shkoon » reprend les citations des personnages de leurs chansons et leur donne une voix musicale. Lors d’une tournée de festivals l’année dernière, le film a reçu entre autres le Prix du film de Hesse et le Prix du film documentaire du DOK.fest Munich.

ANF ​​a rencontré Antonia Kilian à Hambourg:

« The Other Side of the River » est projeté en Allemagne. Avez-vous déjà été en mesure de recueillir les commentaires du public ?

Nous sortons actuellement le film en Allemagne. L’année dernière, nous avons participé à 35 festivals dans le monde entier. Les retours sont très divers, selon le nombre de personnes qui ont déjà traité avec le mouvement de libération kurde. Beaucoup ont dit: « Oh wow, nous ne savions même pas que quelque chose comme ça existait ». Beaucoup ne peuvent même pas imaginer qu’il existe une chose telle que les femmes féministes en Syrie. Ce sont des gens qui n’en ont jamais entendu parler. Et puis il y a ceux qui ont rencontré et connu la révolution et se sont montrés solidaires. Ensuite, il y a d’autres questions à se poser. Et, bien sûr, je trouve toujours très excitants les retours et les discussions avec des gens de Syrie, de Turquie et d’Irak, c’est-à-dire des gens dont ce film dépeint la réalité. C’est extrêmement important pour moi d’entendre ce que les gens pensent du film et ce qu’ils en pensent.

La sortie du film a-t-elle été retardée par le coronavirus ?

Non, ce n’est pas si rare que vous fassiez d’abord une tournée de festivals et que lorsque vous avez trouvé un distributeur, il vous dise quel est le bon moment pour sortir le film en salles. C’est toujours difficile, mais peut-être particulièrement difficile en ce moment. Mais les deux projections à Berlin étaient complètes, le cinéma était bien rempli ici à Hambourg et j’ai déjà beaucoup de retours de personnes de toutes les villes d’Allemagne qui veulent voir le film. Je crois que malgré la pandémie ou justement à cause de la durée de la pandémie, les gens ont envie d’aller au cinéma, de vivre le film à l’écran et d’en discuter ensuite.

Vous étiez au Rojava pendant un an en 2016. Quand le film a-t-il été terminé ?

Nous avons eu notre première mondiale l’année dernière en mai 2021 au festival du film documentaire DOK.fest à Munich et malheureusement c’était en ligne car il est tombé au milieu du deuxième verrouillage. C’était dommage après cinq ans de travail de devoir ensuite présenter le film en ligne. C’est donc d’autant plus agréable maintenant, bien sûr, de faire cette tournée de cinéma dans toute l’Allemagne, de vraiment s’asseoir au cinéma avec de vraies personnes.

Ensuite, il a fallu de 2017 à 2021 pour terminer le film ?

J’étais au Rojava de 2016 à 2017 puis j’y suis retourné deux mois pour finir l’histoire. Après cela, il y a eu un an et demi de collecte de fonds pour la production. Il y avait une quantité incroyable de matériel qui devait être traduit, préparé pour l’édition, puis il nous a fallu encore un an et demi pour l’éditer. Alors avec mon monteur Arash Asadi, que j’ai rencontré aussi au Rojava, qui était lui-même journaliste et cinéaste, nous avons ensuite monté le film en Allemagne. C’est un long processus, bien sûr, mais dans l’ensemble, c’était des conditions très difficiles dans lesquelles nous avons travaillé et vécu.

Il est impressionnant de voir à quel point le film donne un aperçu de la vie et de la famille du personnage principal, Hala en particulier, mais aussi d’autres personnes. Avez-vous encore des contacts avec les protagonistes ?

Oui, je suis toujours en contact avec Hala. Avec sa commandante aussi. J’ai son numéro de téléphone et parfois nous nous envoyons des textos. Et, bien sûr, avec l’équipe du film. Nous sommes donc des amis très, très proches et sommes en contact quotidien.

Vous avez rencontré les amis avec qui vous avez travaillé sur le film pendant le tournage, n’est-ce pas ?

Exactement, je suis allée au Rojava seul et la première personne que j’ai connue était Sevinaz Evdike. Elle est elle-même cinéaste et l’une des co-réalisatrices de la commune cinématographique du Rojava à Serêkaniyê. J’ai vécu avec elle pendant un an et elle m’a beaucoup aidé à faire le film. Chaque fois que je rentrais du tournage pour voir Sevinaz, nous regardions le matériel ensemble, elle traduisait un peu, nous discutions et j’ai beaucoup appris d’elle. Nous avons maintenant une profonde amitié.

Puis, comme je l’ai dit, j’ai rencontré Arash Asadi, un journaliste et cinéaste iranien qui était également venu au Rojava. Nous avons commencé le montage des premières scènes ensemble sur place dans la commune du film. Arash est également le co-scénariste du film. À mon retour après un an, j’ai rencontré la cinéaste et photographe syro-kurde Guevara Namer à Berlin, qui a ensuite rejoint le projet en tant que productrice et co-auteure. J’étais alors aussi sur le deuxième voyage avec eux. C’est l’équipe et je pense que c’est une équipe très compétente et forte. C’était très amusant de travailler avec eux.

Vous étiez déjà actif dans le mouvement de solidarité avant de commencer à faire des films. Vous avez également été en contact avec les idées de libération des femmes. Comment cela vous a-t-il affecté ?

Il se passait beaucoup de choses, oui. Bien sûr, j’ai beaucoup appris. J’y suis allée parce que j’étais fascinée par l’idéologie et par les femmes que j’avais déjà rencontrées en Allemagne ou dans les régions kurdes de Turquie, et avec lesquelles je me sentais connectée et auprès desquelles je pouvais obtenir un soutien dans mon propre processus d’émancipation. Ce qui était important pour moi, c’était aussi de mieux comprendre la situation spécifique de la Syrie, ce que le pays avait vécu jusqu’à présent, également par rapport à la Turquie et au nord de l’Irak. Cela n’a été rendu possible que grâce à des discussions avec mon équipe et d’autres amis. Ils m’ont aidé à comprendre beaucoup mieux et plus profondément les connexions sur place. Nous avons donc réussi à ce que le film ne reste pas en surface, mais montre aussi des contradictions, montre des situations complexes, se rapproche des familles, se rapproche de Hala et rend aussi vivante une situation difficile et déchirée. Il était important pour moi que toutes ces questions que j’ai trouvent leur place dans ce film. Je voulais que ce ne soit pas juste une narration ennuyeuse, mais qu’il montre vraiment la complexité et les contradictions. Je crois que c’est le cas dans tous les processus révolutionnaires, qu’il y a simplement beaucoup de contradictions qui doivent être affrontées et traitées. Il est important pour un processus démocratique de signaler ces contradictions, d’en discuter et d’être ouvert à de telles discussions.

Principaux prix remportés

« The Other Side of the River » a été projeté dans plus de 35 festivals de films internationaux et a remporté les prix suivants, entre autres :

2021 Meilleur film documentaire, Hessian Film and Cinema Award

Prix ​​​​de la production de films documentaires VFF 2021, DOK.fest Munich

2021 Meilleur documentaire, Five Lakes Film Festival

2021 Meilleur documentaire sur caméra, Warning Berlin

Documents mondiaux 2021, Documents MX

Grand Prix 2021, Kinenova Skopje

2021 Meilleur film documentaire, Festival du film de Biberach

L’œuvre a également été présélectionnée pour European Film Awards 2021.

TURQUIE. Le climat et la polarisation socio-politique

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TURQUIE – Les résultats d’une enquête récente menée en Turquie concernant le changement climatique et les problèmes environnementaux montrent que la polarisation socio-politique influence l’approche des gens sur les questions de climat et d’environnement.
 
Réalisée avec la participation de 3 634 personnes à travers la Turquie – y compris les régions kurdes de sud-est – sur la « Perception du changement climatique et des problèmes environnementaux en Turquie en 2021 » vise à analyser la perception publique du changement climatique à une période où la Turquie a récemment ratifié la L’accord de Paris sur le climat et la Turquie ont été frappés par des incendies et des inondations plus graves.
 
İklim Haber (Climate News) et la société KONDA Research and Consultancy (turc: KONDA Araştırma ve Danışmanlık) spécialisée dans les sondages d’opinion publique et le conseil, ont mené leur quatrième enquête pour mesurer la perception publique du changement climatique en Turquie et pour connaître l’opinion publique sur l’aggravation de la crise climatique.
 
Réalisée avec la participation de 3 634 personnes à travers la Turquie, l’enquête en face à face sur la « Perception du changement climatique et des problèmes environnementaux en Turquie en 2021 » vise à analyser la perception publique du changement climatique à une période où la Turquie a récemment ratifié la L’accord de Paris sur le climat et la Turquie ont été frappés par des incendies et des inondations plus graves.
 
Qu’est-ce que le changement climatique ?
 
Dans le cadre de l’enquête, on a d’abord demandé aux répondants : « Lequel des énoncés suivants représente le mieux votre opinion sur le changement climatique ? » Alors que 75% des répondants ont opté pour « C’est le résultat d’activités humaines », 25% ont déclaré que « c’est un processus naturel ».
 
L’année précédente, 71,4 % des personnes interrogées étaient d’avis que la crise climatique était le résultat d’activités humaines. Par conséquent, ces résultats ont montré que la prise de conscience des gens sur la relation entre les activités humaines et la crise climatique a augmenté.
 
À quel point sommes-nous inquiets ?
 
Selon les résultats de l’enquête, près des trois quarts de la société turque s’inquiètent du changement climatique.
 
Alors que 42 % des répondants ont répondu « je suis inquiet », 24 % ont répondu « je suis très inquiet ». De plus, 58 % des répondants étaient d’avis que la crise climatique est une crise plus grave que la pandémie du coronavirus et qu’elle causera plus de dégâts que la pandémie.
 
Événements météorologiques extrêmes et crise climatique
Lorsqu’on a demandé aux gens : « Pensez-vous que le changement climatique a joué un rôle dans les récents événements météorologiques irréguliers en Turquie, tels que les inondations, les tempêtes, les températures extrêmes et la sécheresse ? », 77 % ont répondu par l’affirmative. En 2019, ce taux était de 71 %.
 
Interrogés sur les causes des incendies de forêt l’été dernier, seuls 14% des répondants ont répondu « changement climatique ». Alors que 36 pour cent attribuaient les incendies à des activités terroristes, 27 pour cent faisaient référence au souhait de zoner les terres forestières rasées pour la construction.
 
Accord de Paris et «zéro émission nette»
 
Fin 2021, le Parlement turc a adopté l’Accord de Paris sur le climat et il a ensuite été annoncé que la Turquie atteindrait son objectif de zéro émission nette de carbone d’ici 2053. Il a été demandé aux répondants à l’enquête s’ils étaient au courant de cet accord ou de l’objectif.
 
83 % ont déclaré qu’ils n’avaient aucune information sur la cible. Les résultats de l’enquête ont montré que les électeurs de tous les partis sont plus susceptibles d’approuver cet objectif lorsqu’ils disposent d’informations à ce sujet.
 
Dans une autre question, on a demandé aux gens : « Avez-vous des informations sur l’Accord de Paris sur le climat ? » Seul un quart d’entre eux ont répondu par l’affirmative. 76 % des personnes ignorent l’Accord de Paris ou que le Parlement turc a adopté l’Accord.
 
Parmi ceux qui connaissent l’accord, 71 % savent également qu’il a été approuvé par le Parlement.
 
Commentaires sur les résultats de l’enquête
 
S’exprimant sur les résultats de l’enquête, le rédacteur en chef d’İklim Haber (Climate News), Barış Doğru, a déclaré que la polarisation sociale, qui est constamment incitée dans le pays, a finalement commencé à se manifester dans l’approche des gens sur les questions de climat et d’environnement.
 
Notant que la prise de conscience et les inquiétudes concernant la crise climatique ont également augmenté en Turquie en 2021 et ont ainsi dépassé les moyennes mondiales, Barış Doğru a souligné que « la division sur les causes des incendies de forêt est un mauvais signe. »
 
« Les gens ont du mal à avoir une position objective sur la question ou à écouter la science. La partisannerie peut également être un énorme obstacle à la lutte contre la crise climatique dans les prochains jours. »
 
Le professeur Doğan Tolunay a également commenté les résultats de l’enquête. Se référant aux personnes interrogées attribuant les incendies de forêt aux « organisations terroristes [PKK ou d’autres groupes armés de gauche] », en particulier parmi les électeurs du parti au pouvoir [AKP], et aux efforts de zone pour la construction, en particulier parmi l’opposition, Tolunay a trouvé intéressant qu’il n’y ait qu’un seul exemple où une terre forestière rasée a été zoné pour la construction et les données officielles de la Direction générale des forêts ont montré que seuls six des 2 730 incendies de forêt qui se sont déclarés en Turquie en un an ont été causés par des « organisations terroristes ».
 
« On peut dire que l’incapacité des autorités chargées d’enquêter sur les incendies de forêt, telles que le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice, à faire des déclarations a été un facteur qui a amené les gens à penser que les forêts sont brûlées par des organisations terroristes », a noté le professeur Tolunay, ajoutant qu’ « un silence volontaire ou involontaire sur la question constitue un obstacle à la prévention des incendies de forêt, qui augmenteront en nombre, en intensité et en sphère d’influence en raison du changement climatique à l’avenir. »
 
Le directeur général de KONDA Research, Bekir Ağırdır, a également indiqué que s’il y a eu une augmentation de la sensibilisation sociale au changement climatique, la polarisation basée sur le fait d’être pro-gouvernemental et pro-opposition a également des effets sur les conséquences du changement climatique.
 

TURQUIE. La gendarmerie turque voulait arrêter un Kurde de 80 ans décédé la veille

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TURQUIE / BAKUR – Le gouvernement turc, qui mène des opérations de génocide politique visant les Kurdes, a envoyé les gendarmes arrêter Ismet Ok, un Kurde de 80 ans qui avait décédé la veille.
 
Alors que les Kurdes se mobilisaient à l’occasion du 23e anniversaire du complot international qui a conduit à l’arrestation d’Abdullah Ocalan le 15 février 1999, le régime turc a intensifié les arrestations de civils, militants, journalistes, politiciens d’HDP… dans les régions kurdes. İsmet Ok, un Kurde de 80 ans, faisait partie de ces dizaines de personnes que la police turque devait arrêter injustement. « Heureusement » pour lui, il était décédé la veille, alors, la police ne l’a pas arrêté, ni son frère de 83 ans qui était alité… 
 
Dans les quartiers Evîna (Sürgücü) et Kûzerib (Yazır) de Mardin / Savur, plusieurs maisons ont été perquisitionnées par la gendarmerie hier matin. Après les perquisitions menées dans les maisons, 5 personnes ont été interpellées pour « d’appartenance à une organisation terroriste [PKK] ». İsmet Ok, 80 ans, pour qui le bureau du procureur général de Mardin a émis un mandat d’arret, est décédé il y a un jour. Malgré cela, la gendarmerie a fait une descente dans sa maison du quartier de Cirzê (Taşlık) pour arrêter İsmet Ok et son frère Muhittin Ok (83 ans). Les gendarmes ont vu qu’İsmet Ok était décédé pendant le raid et ses condoléances ont continué. Son frère Muhittin Ok, âgé de 83 ans, était cloué au lit. Malgré cela, les gendarmes, qui a fouillé la maison, sont partis sans les deux hommes car İsmet Ok était décédé et Muhittin Ok était alité. (Via Yeni Ozgur Politika)

Le hijab/voile libère-t-il la femme?

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PARIS – Pendant que des millions de femmes à travers des pays islamistes (Iran, Arabie saoudite…) – où le port du voile est obligatoire – militent courageusement contre cette pratique discriminatoire d’un autre âge et qu’elle risquent pour cela la prison ou la torture, si ce n’est la mort… ici, en Europe et en France, d’autres femmes s’en prennent aux règlements sportifs interdisant la discrimination homme/femme ou les signes religieux ostentatoires (croix, kippa, voile…). Ces militantes mettent en avant la liberté des femmes à s’habiller comme elles le veulent. Sauf que ce qu’elles défendent (le port du voile, ou hidjab) ne libère aucunement les femmes. Au contraire, ce tissu couvrant les cheveux des femmes, les discrimine et les soumet aux injonctions des intégristes musulmans qui leur disent ce qu’elles doivent porter comme vêtements.
 
Pour celles qui disent vouloir porter le voile à cause de ses propres convictions religieuses, sans qu’un homme le leur ordonne, c’est elles qui s’excluent en s’auto-discriminant dans l’espace public. On ne comprend pas pourquoi elles viennent ensuite jouer les victimes.  
 
 
Même si le sujet du hidjab crée la division chez certaines féministes, celles qui savent que leur vrai ennemie c’est le patriarcat et ses religions monothéistes qui sont le judaïsme, christianisme et islam, n’ont pas perdu le nord et défendront leurs droits bec et ongles, qu’importe si en face d’elles, il y a des mouvances islamistes soutenues par des États islamistes qui veulent influencer les femmes d’Occident à travers la soi-disant liberté de jouer au foot en cachant leurs cheveux sous le voile ou bien de défendre la polygamie car leur prophète l’était… 
 

A propos de féministes qui militent contre le patriarcat et ses religions misogynes, nous, le site Kurdistan au féminin, nous rappelons qu’en tant que femmes kurdes militant pour les droits des Kurdes et des femmes, nous ne pouvons tolérer de telles confusions chez les femmes. Pour celles ou ceux qui ne seraient toujours pas convaincu.e.s de l’utilité d’une telle démarche, nous leur proposons ce texte de Michèle Vianès, présidente de l’ONG Regards de femmes, spécialiste des questions d’égalité femmes-hommes et autrice du livre « Un voile sur la République« , qui soutient les femmes musulmanes qui militent contre le #WorldHidjabDay et qui disent #NoHijabDay et #LetUsTalk (Laissez-nous parler).

 
Peut-on porter le voile et être féministe ?

Être féministe c’est agir pour l’égalité en droits, devoirs et dignité des femmes et des hommes. Cela dépasse les clivages politiques, géographiques ou l’appartenance à un sexe. Les féministes sont des femmes et des hommes qui agissent pour l’autonomie et l’émancipation de tous les êtres humains, « indépendamment de leur couleur, sexe ou religion » (Condorcet).

Le féminisme est un principe démocratique, qui se décline en lois et comportements soutenant l’égalité sociale, juridique, politique et économique des femmes et des hommes.

Le port du voile islamique dans l’espace public est-il conciliable avec cet idéal démocratique ?

La démocratie repose sur l’indistinction des droits entre les sexes dans l’espace public, espace où hommes et femmes ont le même statut. Or dans cet espace, le voile islamique n’est porté que par les femmes, entrainant immédiatement ségrégation, apartheid sexué, discrimination.

Circuler dans l’espace public en cachant sa chevelure qui serait une attraction sexuelle à laquelle les hommes seraient incapables de résister, c’est s’en exclure soi-même, c’est se mettre à part dans la cité. C’est se considérer comme responsable de la violence masculine envers les femmes.

Le voile empêchant d’identifier les femmes et les filles dans l’espace public, c’est voler leur identité.

Être féministe induit la mixité dans la sphère publique, dans le choix du conjoint, l’égalité entre les conjoints, le droit à la contraception et à l’avortement, à l’homosexualité, au divorce, à l’héritage, le refus de la polygamie.

En trois mots : autonomie, liberté de conscience, solidarité avec les femmes du monde entier.

Porter un accessoire vestimentaire qui, dans toute une partie du monde, est une obligation légale imposée aux femmes pour leur signifier un statut de deuxième rang (polygamie, reconnaissance juridique et héritage inégalitaires, absence de liberté de circulation, …) représente une allégeance à l’égard des théocraties qui y font la loi. Affirmer qu’on le porte volontairement n’en efface pas le sens humiliant.

Se voiler, c’est refuser toute solidarité avec les femmes vivant sous le joug de l’islamisme étatique, communautaire, familial, en Afghanistan, en Algérie, en Égypte, en Iran, … et également dans des pays occidentaux.

C’est oublier que le voile islamiste est souillé du sang des femmes fouettées, lapidées, égorgées, tuées parce qu’elles refusent de porter « cette relique médiévale de l’intimidation » (Halima Magroune), ce marquage archaïque possessionnel et obsessionnel du corps féminin.

Dans le dernier quart du XXème siècle, les femmes musulmanes, comme toutes les femmes dans le monde, se sont émancipées du patriarcat théocratique.
Panique chez les machocrates.

Pour maintenir la servitude volontaire ou forcée des femmes et des filles, leur stratégie : faire croire aux femmes que les dieux ont les yeux fixés sur elles. Ainsi, elles vont obéir à un code vestimentaire, supposé divin, de bonne conduite.

Le voile devient le symbole de « la » femme musulmane. Les messages iconographiques la réduisent à ce stigmate, depuis les publicités jusqu’à ONU Femmes qui en oublie la Convention pour l’élimination des discriminations envers les femmes.

Assignée à l’injonction de « la bonne » musulmane, porte-drapeau de l’idéologie masculiniste des fondamentalismes politiques et religieux, enfermée dans une vision archaïque inégalitaire des rapports sociaux de sexe, prétendre être féministe relève de l’escroquerie intellectuelle.

Porter le voile, stigmate de discrimination, de séparation, de fantasmes sexuels, c’est être machiste.

France – Rojava : coopérations municipalistes avec le Nord-est de la Syrie

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PARIS – La Fondation Danielle Mitterrand, qui soutient activement les efforts de solidarité avec l’administration arabo-kurde du Rojava, organise ce jeudi une conférence publique à Grenoble autour des projets de coopération municipalistes avec le Rojava / Syrie du Nord et de l’Est.

Conférence-débat qui aura lieu à 18h30, à la Maison de l’International, est animé par Antoine Back, Adjoint au Maire de Grenoble.

Intervenant·es confirmé·es :

 

• Pierre BONNEAU, Fondation Danielle Mitterrand
• « Camille », internationaliste du Rojava Information Center

Depuis 2011 la Syrie se déchire entre guerre civile, lutte contre la barbarie obscurantiste de Daech et résistance contre les intrusions militaires de la Turquie. Au nord-est du pays, région désertée par le régime de Bachar el-Assad, la société se reconstruit et s’auto-administre en suivant les préceptes du confédéralisme démocratique : coopération multi-éthnique, justice sociale, égalité femmes-hommes et régénération de l’environnement. Entre volonté pacifique de transition démocratique et impératif de réponse aux agressions, ce vaste territoire peuplé de six millions de personnes tarde à recevoir la reconnaissance des nations. Notre sécurité ici dépend pourtant de leur lutte là-bas, notre dette reste immense. Cependant la diplomatie des peuples s’organise : des villes et territoires en France se mobilisent aux côtés de collectifs citoyens afin de construire des passerelles de coopération internationale.

 

Au printemps 2021, sous l’impulsion de la Fondation Danielle Mitterrand, une délégation à laquelle a participé la Ville de Grenoble s’est rendue au nord-est syrien pour y rencontrer les représentant·es de l’AANES, des municipalités, des mouvements de femmes, des coopératives… pour mieux comprendre la situation et faire le point sur les besoins et les pistes de coopération entre ici et là-bas. Car si l’avenir du Moyen-Orient s’écrit aussi au nord-est de la Syrie, nos sociétés occidentales ont assurément beaucoup à apprendre de ces chemins de résilience collective et d’émancipation de toutes et tous.

 

Jin, jiyan, azadî ! (« Femme, vie, liberté ! »)

 

L’événement est annoncé sur Facebook également

TURQUIE. Décès d’une des fillettes kurdes enlevées par l’armée turque lors du génocide de Dersim

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TURQUIE / BAKUR – Une des survivants du génocide de Dersim, Fatma İçin, qui a été enlevée en 1938 alors qu’elle avait dix ans et assimilée de force par un officier turc qui l’a « adoptée », est décédée à Adıyaman à l’âge de 95 ans. Elle était la mémoire vivante du génocide de Dersim.
 
« La fille perdue de Dersim » est décédée
 
Fatma İçin, une survivante du génocide du Dersim de 1937/1938, est décédée à l’âge de 95 ans à Adıyaman / Kahta. Pour la mémoire collective des Kurdes alévis de Dersim, au Kurdistan du Nord, son décès signifie la perte d’un important symbole culturel du souvenir. Fatma İçin était l’une des « filles perdues » de la région kurde alévie, qui ont été arrachées à leur famille, à leur culture, leur langue et leur foi par l’armée turque après le génocide et assimilées de force. Leur nom représente le sort de milliers de filles et de garçons qui ont connu le processus d’extermination et d’expulsion et ont dû accomplir des travaux forcés dans des familles d’officiers sous prétexte de « civilisation », en échange de quoi ils ont été élevés comme des Turcs musulmans selon les principes de l’État-nation.
 
« Nous nous étions réfugiés dans une grotte. Mon oncle Hasan a traversé les montagnes et a dit : ‘Les soldats nous ont encerclés.’ Certains parents ont été tués là-bas. Ma mère a été abattue alors qu’elle allait chercher de l’eau la nuit. Mon père m’a emmené à Ovacık. Là, ils m’ont emmené dans la maison d’un officier. Mes cheveux ont été coupés, puis ils m’ont mis dans le bain. moi en robe courte, en chaussures. Je portais un chapeau de feutre sur la tête. Je ne connaissais que le kurde. L’officier a sorti son arme et m’a dit : « Si tu parles encore le kurde, je te tue ».
 
Avec ces mots, Fatma İçin a décrit les jours après le génocide dans le film documentaire « İKİ TUTAM SAÇ – Dersim’in Kayıp Kızları » (« Deux poignées de cheveux – Les Filles Perdues de Dersim » ou « Two Ringlets Of Hair- Lost Girls Of Dersim », en anglais) de Nezahat et Kazım Gündoğan. Le travail est basé sur la reconstruction de l’histoire de la souffrance des filles enlevées, illustrée par le sort de Fatma İçin et de sa cousine Huriye Arslan, montre comment les deux filles ont vécu le processus d’extermination et d’expulsion, comment elles ont été enlevées par les militaires et quelles difficultés elles ont dû traverser après leur déportation. Le film raconte également leur soumise, notamment en raison de leur éducation forcée turco-sunnite, leurs peurs, leurs pensées d’évasion et leur recherche désespérée d’une vie libre.