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EUROPE. Les festivals des femmes kurdes de juin 2023 dédiés à Evîn Goyî

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PARIS – A partir de samedi 17 juin, les femmes kurdes d’Europe organisent 3 festivals dédiés cette année à Evîn Goyî, tuée lors de l’attentat terroriste du 22 décembre 2022 à Paris, sous le slogan « Jin, Jîyan, Azadî » (femme, vie, liberté).

Le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) dédie cette année les festivals féminins en Europe à Evîn Goyî, militante kurde assassinée à Paris. Les événements en Allemagne, en France et en Suisse démarrent samedi avec le Festival des Femmes Zîlan à Gelsenkirchen, en Allemagne.

Le TJK-E invite les ami.e.s du peuple kurde aux trois festivals de femmes: Le 17 juin, le Festival des femmes de Zîlan aura lieu à Gelsenkirchen, en Allemagne, le 18 juin, le Festival des femmes Rojbîn à Paris, en France, le 25 juin, le Festival des femmes Sakine Cansız aura lieu à Zurich, en Suisse. Les trois événements sont dédiés à la mémoire de la révolutionnaire kurde Evîn Goyî (Emine Kara), assassinée à Paris le 23 décembre 2022.

Programme du 17e festival de femme Zîlan (-Frauenfestival)

Festival des femmes Zîlan : Une tradition kurde depuis 2004

Le premier festival des femmes Zîlan a eu lieu à Gelsenkirchen en 2004. L’année suivante, le mouvement des femmes dédie le festival aux internationalistes Uta Schneiderbanger (Nûdem) et Ekin Ceren Doğruak (Amara), décédées dans un accident de voiture au Kurdistan du Sud le 31 mai 2005. Dans les années qui ont suivi, des thèmes centraux du mouvement des femmes ont été au centre de l’attention, tels que la lutte contre le concept d’honneur (« Nous ne sommes l’honneur de personne, notre honneur est notre liberté! ») et contre le féminicide (« Les femmes sont la vie, ne tuez pas la vie! »). En 2013, des milliers de femmes ont déclaré leur détermination à poursuivre le combat des révolutionnaires Sakine Cansız (Sara), Leyla Şaylemez (Ronahî) et Fidan Doğan (Rojbîn), assassinées par les services secrets turcs à Paris. D’autres festivals étaient consacrés aux femmes combattantes à Kobanê et Shengal. Après l’invasion turque d’Afrin en 2018, la devise était : « Défendre Afrin, c’est défendre la révolution des femmes ». Après une pose de deux ans à cause de la pandémie du Coronavirus, le festival s’est tenu à Francfort l’année dernière. La 17e édition du Festival des femmes de Zîlan a pour devise « Du Kurdistan au monde: Jin Jiyan Azadî ! ».

Les musiciennes et des groupes de danse, Jin Ma, Mizgîn Tahir, Kevana Zêrîn, Eylem Aktaş, Beser Şahin et Firmesk monteront sur la scène lors du 17e festival des femmes Zîlan.

 

Programme du 6ème Festival des Femmes Kurdes En hommage à Fidan Dogan-Rojbîn
Programme du 10e festival des femmes Sakine Cansız (Sakine-Cansız-Frauenfestival)

 

Le TJK-E a publié un communiqué dans lequel, il déclare : « La philosophie « Jin Jiyan Azadî [femme, vie, liberté] » des femmes kurdes a pris un caractère universel en 2022 avec le soulèvement social après le meurtre de Jina Mahsa Amini du Rojhilat [Kurdistan oriental] par la police des mœurs et dans la lutte des femmes ont ouvert la voie à la solidarité mondiale des femmes. Contre les fausses libertés que le système impose aux femmes, les organisations de femmes ont établi leur propre ligne de bataille et accéléré la lutte contre la modernité capitaliste. Dans le premier quart du 21e siècle, il a été révélé que la philosophie basée sur la lutte des femmes joue un rôle fondamental dans la liberté de tous les peuples, une société sans classes et l’émergence de la vie démocratique.

Les dirigeants essaient de façonner leur propre système et leur propre société avec des massacres, des génocides, des politiques d’exclusion et de guerre. Comme toujours, ils veulent diviser et écraser la lutte organisée des femmes kurdes. Pour cette raison, un attentat a été perpétré contre notre amie Nagihan Akarsel à Silêmanî. Ils craignaient le pouvoir de sa plume et ils croient que l’intensification de leurs sales guerres contre les femmes peut faire reculer la lutte des femmes. Pour cette raison, notre amie Evîn Goyî a été assassinée dix ans après le premier massacre de femmes kurdes à Paris. Cette attaque visait le combat que mènent les femmes kurdes sur le plan idéologique.

Nous nous organiserons encore plus à la lumière de l’idéologie de libération des femmes et de la philosophie « Jin Jiyan Azadî ». La sale politique du système est une raison pour nous de nous battre. En embrassant l’héritage de nos disparues, nous construisons l’avenir d’une société libre.
(…)
Nous dédions les festivals de cette année à notre amie révolutionnaire Evîn Goyî, dont la grande contribution à la lutte des femmes éclairera notre avenir. »

SYRIE. Les drones turcs tuent plus de 16 personnes en 24 heures

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie a intensifié les attaques sanglantes ciblant les zones sous contrôle des Kurdes et du régime syrien. Plus de 16 personnes, dont des civils et des combattants, ont été tuées par des attaques de drones turcs depuis lundi. Par ailleurs, les attaques turques ont fait dix blessés. Sans l’intervention de la communauté internationale, le président turc, Erdogan continuera à s’abreuver du sang kurde.

Selon les données recueillies par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR) les attaques de drones turcs ont tué au moins 16 personnes, dont des civils, et fait plus de dix blessés en 24 heures.

Les drones turcs ont sensiblement intensifié leurs attaques le 14 juin, ciblant des positions dans des zones contrôlées par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et des zones où les forces kurdes et du régime sont déployées, où les militants de l’OSDH ont documenté sept attaques: quatre positions ciblées dans des zones contrôlées par les FDS et trois positions ciblées dans des zones où les Kurdes et le régime les forces sont déployées.

Les attaques de drones de mercredi ont tué 3 civils, dont un couple d’enseignants, et 15 combattants: cinq soldats du régime, six membres du Conseil militaire de Manbij et quatre commandants des FDS. En outre, 11 combattants ont été blessés lors de frappes des drones turcs dans la région.

SYRIE. Deux enseignants kurdes tués par un drone turc près de Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Le couple d’enseignants Mihemed Gabar et Şirîn Omer originaires du camp de réfugiés de Makhmour, au Kurdistan irakien, ont été blessés mercredi lors d’une attaque de drone turc qui a ciblé leur voiture sur la route entre Qamişlo et Tirbespiya. Ils sont décédés hier.

Au début de la révolution du Rojava, Mihemed Gabar a participé à la mise en place de l’enseignement de la langue kurde. Gabar était une jeune Kurde de Botan, au Kurdistan du Nord, dont la famille est partie à Makhmur à cause de la barbarie de l’armée turque dans les années 1990.

La Turquie a intensifié les attaques sanglantes ciblant les Kurdes du Rojava. Plus de 16 personnes, dont des civils et des combattants, ont été tuées par des attaques de drones turcs depuis lundi. Sans l’intervention de la communauté internationale, le président turc, Erdogan continuera à s’abreuver du sang kurde.

TURQUIE. Liberté surveillée pour la journaliste kurde Safiye Alağaş après un an passé en prison

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TURQUIE / KURDISTAN – Safiye Alagaş, la rédactrice en chef de l’agence féminine JINNEWS, a été remise en liberté surveillée après un an passé en prison. A sa sorti de prison à Diyarbakır (Amed), Alağaş a déclaré que ce sont les femmes et le journalisme kurde qui sont jugés en Turquie mais qu’elle est sûre que les beaux jours arriveront.

Accueillie par ses proches et collègues devant la prison de type D de Diyarbakir, Alagas a déclaré: « Après un an, je suis allée au tribunal aujourd’hui. Aujourd’hui, les femmes et le journalisme kurde sont jugés. Le journalisme en la personne des femmes a été jugé aujourd’hui. C’est une tache noire pour la Turquie. Je suis à la fois heureuse et très triste pour les amis que j’ai laissés derrière moi. Personne ne mérite d’être ici. Ce problème devrait être résolu dès que possible. Leur droit à la vie leur est enlevé. Je poursuivrai mon travail de presse libre et de femme journaliste kurde. Chaque obstacle a sa beauté, je suis sûre que de beaux jours viendront. »

Agence Mezopotamya

TURQUIE. Décès d’Asiye Aydemir, une Mère du Samedi

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TURQUIE – Asiye Aydemir du collectif Mères du Samedi est décédée. Aydemir s’est battue pendant des années pour son fils Hüseyin Aydemir disparu en détention en 1995.

Hüseyin Aydemir

Hüseyin Aydemir, 34 ans et père de six enfants, vivait dans le village de Tûtê (Yaprak) à Lice, un des districts de Diyarbakir (Amed). A cette époque, Lice et ses villages ont également été incendiés par l’armée turque qui obligeait les villageois kurdes à migrer ou à devenir des gardes de village.

La maison d’Hüseyin Aydemir a été plusieurs fois perquisitionnée et sa famille exposée à la violence. Les soldats qui ont fait une descente dans la maison laissaient des messages à transmettre à Hüseyin que s’il ne se rendait pas, ils le tueraient là où ils le trouve et traîneraient son cadavre derrière un blindé.

Lors d’un raid, les soldats turcs ont arrêté son père qu’ils ont torturé pendant vingt jours. On lui a dit : « Dis à ton fils de venir se rendre. »

Huseyin Aydemir, qui ne pouvait pas rentrer chez lui dans ces conditions, a immigré avec sa famille d’abord à Diyarbakir puis à Adana. Cependant, il n’a pas pu échapper à la pression et aux menaces là-bas. Il a déménagé à Istanbul avec sa famille au milieu de 1995.

Aydemir est allé chez son compatriote et ami proche Fehmi Tosun à Avcılar le matin du 19 octobre 1995. Les deux amis ont quitté la maison vers 10 heures et n’ont pas pu revenir. Après avoir appris qu’ils avaient été détenus par des policiers en civil à Aksaray, leurs familles ont engagé toutes les poursuites judiciaires, en vain. Les deux hommes n’ont plus jamais été retrouvés. Leurs mères étaient parmi les femmes qui ont fondé le collectif des Mères du Samedi.

Depuis 28 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque

Il y a 28 ans, les Mères du Samedi (en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.

Les « mères du samedi » déclarent que l’État turc n’a jamais enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.

Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

Le 25 août 2018, les autorités turques ont annoncé que le gouvernement avait interdit la réunion. Suite à cette annonce, lors de leur 700ème manifestation pacifique, les mères de samedi ont subi des violences policières et plusieurs des participants ont été arrêtés, dont Emine Ocak, une mère de plus de 80 ans. Par la suite, la cour constitutionnelle turque a déclaré que la police avait violé le droit de manifester des Mères du Samedi, en les arrêtant. Mais manifestement la police d’Erdogan refuse de se conformer aux lois de son propre pays et attaque tous les rassemblements des mères du Samedi.

TURQUIE. Plainte contre le commandant d’Ahrar al-Sharqiya responsable du meurtre d’Havrin Khalaf

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TURQUIE / KURDISTAN – La militante kurde, Ayşe Gökkan a porté plainte contre le commandant du groupe Ahrar al-Charkiya, Abou Hatem Shaqra, l’un des mercenaires djihadistes impliqués dans le meurtre brutal de la politicienne kurde syrienne Hevrin Khalaf. La plainte intervient après qu’on ait découvert la présence d’Abou Hatem Shaqra en Turquie où il a été diplômé de l’Université de Mardin Artuklu sous un faux nom.

La porte-parole du Mouvement des femmes libres (Tevgera Jinên Azad – TJA), Ayşe Gökkan, qui est incarcérée à la prison pour femmes de Sincan à Ankara, a porté plainte contre Abou Hatim Shaqra, un haut dirigeant du groupe de mercenaires Ahrar al-Sharqiya.

Ayşe Gökkan

Dans sa plainte pénale, Gökkan a souligné que Shaqra était responsable de nombreux meurtres, dont celui de la politicienne kurde Hevrin Khalaf. Des reportages récents dans les médias ont révélé ses études à l’Université Artuklu de Mardin. Abou Hatim Shaqra aurait utilisé le nom Ahmed İhsan Fayyad el-Hayes pour s’inscrire à l’Université d’Artuklu où il a obtenu son diplôme le 6 juin dernier.

« Je porte plainte contre l’Université d’Artuklu, l’ancien chef du renseignement Hakan Fidan, qui a aidé Shaqra à poursuivre les activités de son organisation en Turquie, d’autres responsables du renseignement et tous les agents publics qui protègent ces criminels », a déclaré Gökkan.

Gökkan a noté que les crimes commis par ce groupe de mercenaires étaient reconnus comme des crimes de guerre graves et qu’il était donc du devoir du bureau du procureur d’agir contre ces crimes et ces criminels.

Le groupe de mercenaires Ahrar al-Sharqiya est accusé du meurtre de nombreux civils, dont notamment la politicienne kurde Hevrin Khalaf, secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie en 2019. En juillet 2021, le département du Trésor américain a imposé des sanctions au groupe pour ses crimes

Hévrin Khalaf

Hevrin Khalaf était une politicienne et militante des droits de l’homme, née dans la ville d’al-Malikiyah le 15 novembre 1984. Elle a été scolarisée à Malikiyah, avant de poursuivre ses études à la Faculté de génie civil de l’Université d’Alep.

Lors de la fondation du Parti Avenir de la Syrie le 27 mars 2018 à Raqqa, elle s’est investie de façon désintéressée dans la tâche de secrétaire générale. S’exprimant à l’occasion du 8e anniversaire du soulèvement populaire en Syrie, Havrin a exprimé sa conviction que la crise politique en Syrie ne peut être résolue par la guerre. Elle a déclaré : « Huit ans se sont écoulés. Les soulèvements populaires contre la crise et la lutte des peuples syriens ont été largement sacrifiés et transformés en guerre. La crise actuelle en Syrie, qui est la raison du déplacement et du meurtre des population, ne peut être réglée sans une solution politique. »

Dans chacun de ses discours, Havrin a souligné l’importance du dialogue entre les différentes forces politiques et communautés syriennes. Elle a insisté sur le fait que les peuples doivent déterminer leur propre avenir et façonner ensemble leur propre vie politique et sociale. A travers son combat politique, Havrin a appelé tous les milieux de la société et les acteurs politiques à participer à une solution démocratique à la crise en Syrie.

Avec le début de la guerre d’occupation turque contre les territoires de l’Administration démocratique autonome dans le nord et l’est de la Syrie le 9 octobre 2019, Havrin a résolument poursuivi son combat politique. Havrin Khalaf a joué un rôle inoubliable dans la révolution des femmes du Rojava et de la communauté des peuples avec sa vie et son travail.

Dans une embuscade le 12 octobre 2019, elle a été brutalement exécutée par des combattants d’Ahrar al-Sharqiya soutenus par la Turquie près de l’autoroute M4 au sud de Tal Abyad.

ANF

ROJAVA. Adieux aux 6 combattants tués par des drones turcs à Manbij

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SYRIE / ROJAVA – Une cérémonie funéraire a eu lieu dans la ville kurde de Kobanê pour les six combattants du Conseil militaire de Manbij tombés martyrs lors d’attaques de drones turcs le 14 juin.

Le Conseil militaire de Manbij a dévoilé l’identité des six combattants tombés martyrs dans un communiqué.

« L’armée d’invasion turque a ciblé des civils travaillant sur leurs terres près de notre point du Conseil militaire de Manbij avec un drone hier (14 juin). Deux enfants ont été blessés à la suite de l’attaque. (…) Alors qu’ils tentaient de soigner les enfants blessés, la cible de drone, 5 de nos combattants, sont tombés martyres. (…) Ahmed Muhammad Muhammad (Murad), Abdulkarim Yunis Ubayd (Abu Misab), Abdullah Hassan Ibrahim (Abdullah), Mustafa Khalil Darwish (Faris) et Mustafa Sharif Al Abdullah (Mistafa).

De même, notre combattant Welat Nebo Mihemed (Welat) est tombé martyr dans une autre attaque de drone au nord de Manbij.
(…)
Nous exprimons nos condoléances aux familles des martyrs et promettons de nous dresser de toutes nos forces contre les attaques de l’État turc envahisseur et de ses mercenaires. »

 

TURQUIE. Deux jeunes Kurdes retrouvés morts dans la province de Şırnak

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TURQUIE / KURDISTAN – Ferhat Şanlı et İdris Alptekin, deux jeunes Kurdes portés disparus il y a 4 jours, ont été retrouvés morts à Şırnak / Hezex (Idil).

Les corps de Ferhat Şanlı (22 ans) et İdris Alptekin (25 ans), qui sont partis à Cizre le 11 juin pour faire leurs courses n’avaient plus donné de signes. Ils ont été retrouvés dans le district Hezex (İdil) de Şirnex après que leurs familles ont porté plainte pour disparition.

Les corps de Şanlı et Alptekin ont été retrouvés sans vie 4 jours plus tard dans la région de Çiya Spi. Les corps ont été emmenés à la morgue de l’hôpital d’État de Şırnak pour l’autopsie.

Agence Mezopotamya

KURDISTAN. Dispute sanglante dans la province de Diyarbakir

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TURQUIE / KURDISTAN – Au moins 9 civils sont morts, 2 autres blessées lors d’un conflit armé qui a éclaté suite à une dispute sur le partage d’un champ de blé dans la province kurde de Diyarbakir (Amed).

Le conflit foncier entre les familles Alyamaç et Taş dans la localité de Şidada (Serçeler) du district de Bismil d’Amed s’est transformé en une bagarre armée. Au moins neuf personnes ont perdu la vie et deux personnes ont été blessées dans le champ de blé où incendie aurait éclaté suite à l’affrontement armé.

Agence Mezopotamya

TURQUIE. Incarcération de 9 Kurdes ayant assisté aux funérailles de Mîr Perwer à Mûş

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TURQUIE / KURDISTAN – 9 personnes détenues à Mûş le 12 juin pour avoir assisté aux funérailles de Mir Perwer, chanteur kurde assassiné à Paris le 23 décembre 2022, ont été incarcérées.

Plusieurs personnes ont été détenues lors de raids policiers menés le 12 juin dans la province kurde de Muş au motif qu’elles avaient assisté aux funérailles de l’artiste Mir Perwer (Mehmet Şirin Aydın), qui a perdu la vie lors de l’attentat terroriste ciblant le Centre culturel kurde Ahmet Kaya à Paris le 23 décembre 2022.

Hier, les détenus Mehmet Yıldırak, Ensar Yıldırak, İbrahim Tekin, Davut Aktaş, Selami Uslu, Cihan Erol, Habib Kaynar, Habib Kılıç, Eyüp Toktaş ont été incarcérés après leur audition devant un juge.

Agence Mezopotamya

TURQUIE. Un sergent de l’armée turque tue un Kurde en le percutant avec sa voiture

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TURQUIE / KURDISTAN – Les militaires et policiers turcs sèment la mort au volant de leurs véhicules blindés ou civils dans les régions kurdes. Le 7 juillet dernier, un blindé militaire avait percuté mortellement Erdem Aşkan, un enfant de 5 ans, dans la province kurde d’Hakkari. Deux jours après, le véhicule conduit par un sergent de l’armée turque a percuté Hayrettin Ercan dans la province kurde de Mardin/Midyat. Le jeune homme est décédé hier à l’hôpital où il était en soins intensifs.

Le 9 juillet, Hayrettin Ercan, qui se trouvait chez des proches dans le village de Kabala, à Mardin/Mîdyad, a été déposé près de la gare routière pour retourner dans sa famille au village de Dêriş (Soylu), dans le district de Stewrê (Savur). Il a été percuté par le véhicule d’un sergent de l’armée turque. Grièvement blessé, il est décédé après plusieurs jours passés aux soins intensifs.

45 civil, dont 21 enfants, tués par des blindés militaires et policiers dans les régions kurdes

Le lendemain du meurtre d’Erdem Aşkan par un blindé militaire, la branche Diyarbakir de l’Association des droits humains (İnsan Hakları Derneği – IHD) avait annoncé qu’au cours des 15 dernières années, 44 personnes, dont 21 enfants, ont été tuées à la suite de soi-disant « accidents » – qui sont en réalité la non-respect du code de la route par les membres des forces armées turques dans les régions kurdes – impliquant des véhicules utilisés par des soldats et des policiers. Avec la mort d’Hayrettin Ercan, 45 civil, dont 21 enfants, ont été tués par des blindés militaires et policiers dans les régions kurdes ces derniers 15 ans.

La Turquie reconnaitra-t-elle un jour le génocide de Sayfo commis par les Ottomans il y a 108 ans?

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Entre 1914 et 1915, les Ottomans ont massacré plus de 500 000 Chaldéens, Syriaques, Assyriens et Araméens (en plus du génocide des Grecs Pontiques et celui des Arméniens qui a été reconnu par certains États récemment). Les descendants de ces peuples massacrés demandent à la communauté internationale de reconnaitre le génocide de Seyfo (ou Sayfo) 108 ans après les faits.

Les politiques discriminatoires, racistes et génocidaires de la fin de l’Empire ottoman persistent jusqu’à nos jours, déclare Elber Shleymun Rhawi, membre de l’Union syriaque européenne.

Ce 15 juin marque le 108e anniversaire du massacre de Sayfo, le massacre et l’expulsion massive des chrétiens assyriens et syriaques pendant la Première Guerre mondiale dans le sud-est de l’Anatolie et la région d’Azerbaïdjan en Iran.

Sayfo, qui signifie « épée » en syriaque, a été reconnu comme un génocide dans des résolutions adoptées par la Suède, l’Arménie, les Pays-Bas et l’Allemagne.

Bianet a interviewé Elber Shleymun Rhawi, membre de l’Union syriaque européenne (ESU), sur les événements qui ont conduit à Sayfo, de ses conséquences et des revendications actuelles des communautés assyriennes et syriaques.

Qu’est-ce qui a conduit au massacre de Sayfo, qui a perpétré le massacre et dans quel climat politique ?

Le Comité Union et Progrès (CUP), dans un esprit génocidaire, a formé une politique raciste basée sur une synthèse turco-islamique, dans les territoires occupés par l’Empire ottoman. À partir des années 1910, l’anéantissement des peuples chrétiens devient un objectif primordial.

Le 24 avril 1915, le plan d’éradication des communautés chrétiennes est largement mis en œuvre. Les dirigeants du comité Union et progrès (İttihad ve Terakki Cemiyeti, parti politique nationaliste turc créé à la fin du XIXe siècle regroupant les Jeunes-Turcs), Cemal, Talat et Enver, les régiments Hamidiye, Teşkilatı Mahsusa [l’organisation spéciale] et des tribus kurdes complices ont brutalement massacré tout le monde, femmes, hommes, jeunes, vieux et enfants.

Quel a été le nombre de morts qui en a résulté ?

Environ un million et demi d’Arméniens, plus d’un demi-million d’Assyriens, de Syriaques et de Chaldéens ont été sauvagement tués lors du génocide. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées de force et des dizaines de milliers ont été contraintes de se convertir à l’Islam ou de nier leur identité.

Les valeurs historiques et culturelles des peuples chrétiens ont été interdites et détruites, leurs propriétés et biens ont été saisis et des efforts ont été faits pour effacer tout vestige de leur existence. Les survivants ont été condamnés à une vie de graves traumatismes et de peur.

Que pouvez-vous dire de la situation actuelle des Assyriens et des Syriaques vivant en Turquie ?

En Turquie, on estime qu’il y a environ 25 000 à 30 000 Assyriens non musulmans. Cela exclut les Assyriens islamisés. Nous n’avons actuellement pas de chiffres ou de données concrets.

Les Assyriens et les Syriaques, tant en Turquie qu’au Moyen-Orient, ont été contraints de devenir des réfugiés et dispersés à travers le monde.

Aujourd’hui, nos peuples assyrien et syriaque se trouvent dans une situation très alarmante d’assimilation, d’apatridie et d’effacement de leur identité. Ils courent le risque de disparaître entièrement des annales de l’histoire.

Différents crimes contre l’humanité ont été commis sur ces terres à des moments différents. Que faut-il faire pour mettre fin aux massacres de Sayfo ?

Tout d’abord, il faut dire que les politiques discriminatoires, racistes et génocidaires du CUP se poursuivent jusqu’à nos jours. Le génocide commis contre les peuples chrétiens au Moyen-Orient est l’un des plus grands crimes contre l’humanité.

Pour condamner ceux qui ont commis ce crime impardonnable qui ne peut être ni oublié ni nié et pour prévenir de nouveaux génocides, la communauté internationale et les puissances internationales doivent agir.

À l’occasion du 108e anniversaire du massacre de Sayfo, quelles sont vos revendications ?

En tant qu’Union syriaque européenne, nous invitons le gouvernement turc à le reconnaître comme un génocide, à abandonner la dissimulation de la vérité et à affronter sa propre histoire.

Nous réaffirmons que nous continuerons notre lutte chaque jour, en nous souvenant et en vivant nos douleurs partagées avec le peuple arménien jusqu’à ce que justice soit rendue, et nous renforcerons notre solidarité.

Nous commémorons respectueusement les Arméniens, les Assyriens, les Grecs pontiques et les autres victimes d’identités ethniques différentes qui ont perdu la vie dans le génocide.

Bianet