TURQUIE / KURDISTAN – Leyla Güven, femme politique kurde de longue date tenue en otage dans une prison turque depuis 21 décembre 2020, a envoyé une lettre aux ambassadeurs de 16 pays représentés à Ankara. Elle leur demande de passer à l’action pour obtenir une solution pacifique à la question kurde et le retour à la table des négociations du leader kurde actuellement tenu en isolement sur l’île prison d’Imrali.
Nous partageons avec vous l’initiative de Leyla Guven qui est citée par l’association Amitiés Kurdes de Bretagne:
‘’Bougez – vous’’ demande Leyla Güven aux 16 ambassadeurs en poste à Ankara
’Bougez – vous’’ ? C’est en termes beaucoup plus courtois, et avec toute la diplomatie qu’il convient, que Leyla Güven a adressé ce message aux ambassadeurs de 16 pays représentés à Ankara dans une lettre les appelant fermement à passer à l’action pour obtenir une solution démocratique et pacifique à la question kurde et imposer à la table des négociations le principal interlocuteur, le leader du peuple kurde, Abdullah Öcalan.
‘’ Alors que des actions sont menées au sein des prisons, dans les rues et devant le ministère de la Justice pour réclamer une solution démocratique à la question kurde et la libération d’Abdullah Öcalan, je lance cet appel depuis la maison d’arrêt pour femmes de Sincan, où je suis incarcérée’’.
Ecoutez Leyla Güven, grande figure de la résistance kurde
On ne présente plus Leyla Güven. Co-maire de Viranşehir, en 2009, et membre du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, elle est emprisonnée une première fois de décembre 2009 à juin 2014. Coprésidente du DTK (Congrès pour une Société démocratique), elle est élue députée une première fois en 2015. Arrêtée le 31 janvier 2018 et incarcérée dans la prison de haute sécurité de Diyarbakir, elle est néanmoins élue députée de Hakkari lors des élections législatives de juin 2018. A l’initiative d’un très grand mouvement de grève de la faim dans les prisons, commencé le 7 novembre 2018, pour protester contre l’isolement carcéral exercé sur le leader du peuple kurde, Abdullah Öcalan, elle est libérée, pour raisons médicales, au soixante-dix-neuvième jour, le 25 janvier 2019, mise en liberté provisoire, et réincarcérée en juin 2020. Le 21 décembre 2020, elle est condamnée à 22 ans et trois mois de prison, peine qu’elle purge à la prison de Sincan (Ankara) , après avoir été transférée de la prison d’Elaziğ. (peine aggravée de cinq ans pour un discours en kurde prononcé le 15 février 2020 à Hakkari).
Les Amitiés kurdes de Bretagne ont rencontré Leyla Güven à Diyarbakir, 31 mars 2019, durant sa mise en liberté provisoire, une Leyla Güven très affaiblie qui n’en continua pas moins sa grève de la faim qu’elle poursuivra jusqu’au deux-centième jour. Une correspondance épistolaire a pu s’établir avec elle, depuis la prison d’Elaziğ, puis depuis celle de Sincan. Nous pouvons témoigner de sa force de caractère et de sa détermination.
‘’Participer à la solution pacifique du problème kurde’’
Dans sa lettre, Leyla Güven rappelle aux missions diplomatiques la responsabilité des puissances européennes dans la négation du peuple kurde, lors du traité de Lausanne de 1923, qui effaça d’un trait la reconnaissance d’un Kurdistan autonome inscrit dans les attendus du traité de Sèvres de 1920 :
‘’vous devez assumer cette responsabilité et travailler à un nouveau processus de paix. Ce nouveau processus de paix est possible. Il permettra, en y associant les Kurdes, de surmonter la crise politique actuelle et de mettre fin aux violations des droits, dans les prisons turques, et à la torture, en particulier à İmrali où est incarcéré Abdullah Öcalan dans des conditions d’isolement insupportables’’.
‘’ L’interlocuteur, c’est Öcalan’’, Leyla Güven insiste pour que la voix des Kurdes soit davantage entendue et qu’on reconnaisse que celui qui est maintenu à l’isolement complet dans l’ile-prison d’Imrali soit le principal interlocuteur avec lequel on doit négocier pour aboutir à une solution démocratique à la question kurde.
Cette lettre envoyée aux ambassades des États-Unis, d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, du Royaume-Uni, du Royaume du Danemark, de Finlande, des Pays-Bas, d’Espagne, de Suède, d’Italie, du Canada, du Royaume de Norvège, du Portugal, de Grèce, a été également envoyée à son excellence Monsieur l’Ambassadeur de France à Ankara. Cette lettre nous oblige, nous qui croyons que la France peut jouer un rôle important dans un processus aboutissant à une négociations ‘’pour une paix juste et durable’’, nous qui croyons que la France doit jouer ce rôle.
PARIS – A l’occasion du deuxième anniversaire du meurtre de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans tuée par la police des mœurs à Téhéran le 16 septembre 2022 à cause du « port de vêtements inappropriés », le collectif ROJA – PARIS organise le 15 septembre prochain un débat / discussion suivi d’un repas et de concert de musique à Montreuil, dans le département de Seine-Saint-Denis.
ROJA – PARIS a publié le communiqué suivant dans lequel on trouve les détails de l’événement :
« Nous nous rassemblons pour célébrer le deuxième anniversaire du soulèvement « Femmes, Vie, Liberté » en Iran.
À la mémoire de Jina Mahsa Amini, dont l’assassinat par le régime misogyne de la République islamique d’Iran a profondément secoué la société iranienne il y a deux ans.
Au nom de Saqqez, la ville natale de Jina Amini, et au nom de ses femmes courageuses qui lors de l’enterrement de Jina et sur sa tombe, ont osé braver l’obligation de porter le voile, ont brisé le silence et ont crié « Jin, Jian, Azadi [slogan kurde signifiant « femme, vie, liberté »] », des mots devenus le symbole d’un combat sans précédent en Iran et qui traversent toutes les frontières.
Au nom de celles et ceux qui sont resté.es debout, mains nues face aux balles réelles.
Au nom des femmes qui sont en première ligne de la révolution sociale en Iran.
Au nom de tous les prolétaires et de toutes les opprimé.es qui se sont insurgé.es sans relâche contre l’exploitation et la répression en Iran ces dernières années, en 2017, 2019 et 2022.
Au nom de tous les peuples opprimés d’Iran, du Baloutchistan au Kurdistan en passant par le Khuzestan. Pour le droit à l’autodétermination des opprimé.es.
Au nom des prisonnier.es condamné.es à la peine de mort et qui attendent leur exécution. Au nom de celles et ceux qui purgent de longues peines. Au nom des morts anonymes.
Au nom de tous.tes les combattant.e.s contre le patriarcat, du Kurdistan à la région du Gilan, ainsi que de nos camarades étudiant.es dit.es « étoilé.es », c’est-à-dire banni.es de l’université par le régime.
À l’occasion de ce deuxième anniversaire du soulèvement, nous vous invitons à nous rejoindre dimanche 15 septembre 2024 à partir de 12h30 à l’AERI pour une cantine solidaire suivie de débats et de discussions.
Programme :
Cantine solidaire (prix libre, en solidarité avec les prisonnier.es politiques en Iran)
Débat : « Luttes locales, résonances mondiales » (mouvement « femmes, vie, liberté » et question féministe, racisme et combat des peuples opprimés à l’échelle nationale, question palestinienne et lutte contre la République islamique)
Lettres de prison »
Adresse
ESPACE AERI
57 rue Etienne Marcel
Ligne 9 du métro
Station Croix de Chavaux
MONTREUIL
IRAK / KURDISTAN – Aujourd’hui, trois femmes ont été blessées lorsqu’un drone armé de la Turquie a pris pour cible le camp de réfugiés kurdes de Makhmour.
L’État turc a ciblé et bombardé une maison dans le camp de réfugiés Martyr Rustem Cûdî à Maxmur avec un drone armé.
Trois femmes, Gulê Özek, Edibe Paksoy et Ezime Kabul, ont été blessées dans l’attaque survenue à 17 heures. L’une des femmes blessées est dans un état grave. (ANF)
Depuis 1998, un camp de réfugiés kurdes (en) se trouve à 2 km au sud-est de Makhmour. Suspecté d’abriter des éléments du PKK, le camp fait souvent l’objet d’attaques de la Turquie. Le 15 juin 2020, il est bombardé pendant 40 minutes par l’aviation turque. Le 5 juin 2021, une frappe de drone turque sur un jardin d’enfants près d’une école blesse deux civils et en tue trois dont Selman Bozkir, le responsable du camp, que le président turc Erdoğan s’empresse de qualifier de « terroriste de premier plan du PKK ». Quelques jours plus tard, c’est au tour de Hasan Adir, un cadre du KCK, d’être tué à Makhmour dans une opération des services secrets turcs (Wikipédia).
IRAN / ROJHILAT – Les partis politiques, les ONG et les défenseurs des droits humains des régions kurdes d’Iran ont appelé à une grève générale en Iran le 16 septembre à l’occasion du deuxième anniversaire du meurtre de Jîna Mahsa Amînî par la police des mœurs à Téhéran.
À l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat de Jîna Emînî par les forces du régime iranien, le parti politique du Rojhilat, des conseils civils et des militants des droits humains ont appelé à une grève générale le 16 septembre. Dans le communiqué, les organisateurs ont déclaré que le feu de la révolution allumé ne s’éteindra pas malgré toute l’oppression et les attaques violentes du régime, ajoutant que : « Les femmes ont créé la plus grande révolution de l’ère moderne. Elles se sont réunies pour la liberté et l’égalité ».
IRAN – Sara Deldar, une ancienne prisonnière politique, est décédée des suites de multiples infections causées par des balles reçues lors des manifestations nationales de 2022. Elle avait été privée de soins pendant son emprisonnement alors que ses plaies s’infectaient.
Après son arrestation, Deldar a été condamnée à plus d’un an de détention dans la prison de Lakan à Rasht, parmi des milliers d’autres personnes arrêtées lors d’une rafle massive d’opposants au gouvernement. Elle a été libérée après avoir purgé plus de six mois de prison, mais sa santé se détériorait déjà.
Dans son dernier post sur Instagram en juillet, Deldar a décrit son état de santé grave après sa libération, citant des infections, une anémie et une hypertrophie de la rate, des reins et des ovaires. Ces problèmes de santé ont probablement été aggravés par les mauvais traitements et les mauvaises conditions de détention, où les prisonniers se voient souvent refuser l’accès à des soins de santé adéquats.
Deldar a également révélé que d’autres prisonniers libérés de la prison de Lakan souffraient de maladies similaires.
La mort de Sara Deldar n’est pas un incident isolé. Depuis plus de quatre décennies, les prisons iraniennes sont devenues un cimetière pour les prisonniers politiques et ceux qui osent défier le régime.
Parmi les nombreux prisonniers qui ont subi le même sort, on trouve Mosayeb Yeganeh, qui a été renvoyé de l’hôpital à la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran avant la fin de son traitement et qui est finalement décédé faute de soins médicaux. Un autre prisonnier kurde, Hasan Omarpour, était si désespéré qu’il s’est immolé dans la même prison.
De nombreux autres se sont suicidés en détention ou peu après leur libération, souvent à cause des violences physiques et psychologiques qu’ils subissent derrière les barreaux. Au cours des derniers mois, plusieurs prisonniers politiques se sont donné la mort, incapables de surmonter le traumatisme infligé par les tortionnaires de l’État.
L’actrice Taraneh Alidoosti et le cinéaste Mostafa Al-Ahmad ont été diagnostiqués avec des maladies après avoir purgé une peine dans les prisons iraniennes.
Des décès suspects ont été signalés dans des prisons à travers le pays, notamment dans la prison de Lakan, où Deldar était détenue, dans la prison centrale de Tabriz dans la province de l’Azerbaïdjan oriental, et dans la prison d’Ilam.
Les manifestations de 2022 « Femme, vie, liberté » [jin, jiyan, azadî], déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini alors qu’elle était en garde à vue par la police des mœurs, ont entraîné la mort de plus de 500 manifestants aux mains des forces de sécurité iraniennes. De nombreux autres manifestants sont morts de manière suspecte en détention ou peu après leur libération, s’ajoutant à un bilan déjà lourd.
SYRIE / ROJAVA – La direction de l’alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) a mené une série des réunions avec les conseils militaires de l’Euphrate, de Tabqa, de Manbij, d’Ain Issa et de Sareen.
Le commandement général des Forces démocratiques syriennes (FDS) a convoqué une série de réunions avec les conseils militaires de la région de l’Euphrate, de Tabqa, de Manbij, d’Ain Issa et de Sareen. Ces réunions s’inscrivaient dans le cadre des réunions régulières du commandement des FDS avec les conseils et administrations militaires de la région du Nord et de l’Est de la Syrie.
Le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, a présidé les réunions, en présence des membres du commandement général des FDS, dont Rohlat Afrin, Suzdar Derik et Chiya Kobani. Les commandants et administrateurs des conseils militaires de la région de l’Euphrate ont également participé.
Le commandement général des FDS a présenté un aperçu de la situation politique et militaire actuelle dans la région. La réunion a largement discuté des défis auxquels sont confrontées les régions du nord et de l’est de la Syrie, en particulier ceux posés par l’Etat islamique et l’Etat d’occupation turc. La récente escalade des attaques perfides contre les civils et leurs biens par l’Etat d’occupation turc a été au centre des discussions. Le commandement général des FDS a exploré des stratégies pour contrer ces attaques et assurer la sécurité et la stabilité de la population et de la région.
Le commandement général des FDS a également évoqué les attaques du régime syrien contre la région de Deir ez-Zor et ses tentatives de semer la discorde entre les différentes composantes de la région. Il a souligné l’échec du complot du régime avec l’Etat d’occupation turc. Ce complot a été déjoué par la résistance des FDS et par l’unité, la cohésion et le soutien du peuple.
Au cours des réunions, le commandement général des FDS a mis l’accent sur les activités militaires et organisationnelles, les préparatifs et la préparation pour contrer toute agression dans la région du nord et de l’est de la Syrie. En outre, ils ont évalué les lacunes dans le travail des conseils, les exhortant à traiter et à surmonter ces problèmes par des méthodes scientifiques et organisées. Ils ont souligné l’importance de maintenir la confiance du peuple et d’accomplir pleinement leurs devoirs. Les conseils militaires ont été encouragés à refléter les normes organisationnelles et disciplinaires idéales des FDS, en adhérant aux règles et règlements internes. La nécessité de la formation continue des combattants par l’inscription à des cours de formation et l’application pratique a également été soulignée.
Les commandants et les membres des conseils militaires de la région de l’Euphrate ont présenté des rapports sur leurs activités et préparatifs militaires et organisationnels. Ces rapports ont abordé les besoins de la phase actuelle et ont démontré la volonté de continuer à s’acquitter de leurs fonctions avec dévouement. Leurs principaux objectifs sont de protéger la population de la région, de maintenir la sécurité et la stabilité au milieu des agressions en cours et de préserver l’unité sociale des composantes de la région du Nord et de l’Est syrien.
Ils ont également exprimé leur travail actif pour organiser leurs rangs, dialoguer avec tout le monde et intensifier les réunions pour tenir tout le monde informé de la situation politique et militaire et des développements qui se déroulent dans la région du nord et de l’est de la Syrie. (ANF)
TURQUIE – De nombreux jeunes militants du Parti DEM (pro-kurde) et de la Fédération des associations de jeunesse socialiste (SGDF) ont été arrêtés lors de raides policiers à Izmir et à Istanbul.
La police a perquisitionné de nombreuses maisons à Istanbul dans la matinée. Dans le cadre d’une enquête menée à Izmir, Özge Doğan et Yaren Tuncer, membres de la Fédération des associations de jeunesse socialiste (SGDF), ont été arrêtées. ILes deux jeunes femmes, dont les raisons de leur détention n’ont pas pu être connues, ont été emmenées au département de la police provinciale d’Istanbul, à Fatih. Meryem Yıldırım a été arrêtée à Izmir dans le cadre de la même enquête.
D’autre part, Mazlum Korkmaz, un Kurde récemment libéré après 10 ans de prison et récemment libéré, ainsi que Yunus Eslan, Emrah Ekmekçi et Erkan Özmen ont été arrêtés lors de raides policiers à Istanbul / Arnavutköy. Tous travaillaient dans l’organisation du district d’Arnavutköy du Parti de l’égalité du peuple et de la démocratie (Parti DEM).
Fırat Güner, Lütfü Kaya et Aziz Değirmenci ont été arrêtés lors de perquisitions dans différents quartiers d’Istanbul.
SYRIE / ROJAVA – Dans un entretien accordé à l’agence de presse kurde Hawar (ANHA), le chercheur en affaires internationales et régionales, Hani al-Jamal a déclaré que le monde souffre d’un véritable état de travail en raison des crises qui le frappent et qu’il se transformera soit en une « machine de guerre féroce qui menace tout le monde, soit se soumettra aux désirs américains et israéliens ». Il a salué le modèle de coexistence entre les peuples du nord et de l’est de la Syrie et l’a considéré comme la solution pour établir une paix globale dans la région.
« Le monde est à la veille d’un mouvement politique majeur »
Dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hamas, al-Jamal estime que : « La question palestinienne intervient à la lumière du calendrier de l’expansion de l’État juif (Grand Israël), qui mettra fin à la solution à deux États pour résoudre la crise actuelle dans le conflit israélo-arabe, ce qui est quelque peu cohérent avec la vision américaine de limiter l’expansion et la pénétration chinoises, à travers l’initiative « Ceinture et Route », à travers laquelle elle a été mise en œuvre dans la région arabe et le continent africain, et également à l’encontre de la tendance russe, qui a commencé à établir des relations avec les pays arabes et l’Afrique », notant que « les nouveaux dialogues stratégiques adoptés par la Russie et la Chine avec le bloc arabe et africain « œuvreront pour provoquer une sorte de changement de politique contre la présence américaine dans la région ».
Al-Jamal a poursuivi en disant : « Les désirs israéliens d’expansion et l’expansion de l’État juif ont convergé, parallèlement à la préservation par Washington de son avantage comparatif dans la région, et ainsi le monde est devenu au bord d’un mouvement politique majeur, qui se terminera soit par l’élimination de certains problèmes, soit par la conclusion d’accords et de compromis, comme l’Amérique tente de le faire à travers la normalisation entre les pays arabes et Israël. »
« La région est confrontée à deux options »
Al-Jamal a suggéré que la politique américaine ne profiterait pas de l’occasion offerte par de nouvelles entités pour s’implanter dans la région, ou qu’elle déclencherait une guerre féroce. C’est ce que fait actuellement l’Amérique en soutenant Israël avec des armes de haute qualité. Par conséquent, l’implication de l’Iran et de ses armes dans ce conflit conduira à un incendie dans la région, ce qui aura des conséquences négatives pour les pays de la région. Par conséquent, la région se dirige soit vers une machine de guerre féroce qui pourrait menacer tout le monde, soit vers la soumission aux désirs américains et israéliens et l’acceptation de nouvelles ententes pour le conflit israélo-arabe.
Le chercheur en affaires internationales et régionales estime que « la région est toujours confrontée à une certaine fluidité sécuritaire, et nous n’avons pas encore réussi à trouver des caractéristiques solides sur lesquelles nous appuyer pour anticiper cet avenir. Cette fluidité évolue en fonction des bases régionales (Turquie, Egypte, Arabie Saoudite, Iran) et du degré d’accord et de désaccord entre elles dans cette nouvelle configuration, et du nouvel état du travail dans la région et entre les principaux pays (Amérique, Russie, Chine) avec le déclin du rôle de l’Union européenne après son affaiblissement par l’Amérique ».
« Le nouveau Moyen-Orient n’est pas encore défini »
Al-Jamal estime que : « Les caractéristiques de cette nouvelle configuration du Moyen-Orient ne sont pas encore définies, car ces pays n’ont pas conclu d’alliances stratégiques, militaires et de guerre directes, quelles que soient les relations étroites entre les partis et les autres parties, mais il n’y a toujours pas de vision stratégique unifiée entre les pays de la région pour maintenir leurs concentrations et leurs centres dans la région, et par conséquent nous ne verrons pas de véritable solution aux crises syrienne, libanaise et yéménite, mais ensuite une tentative de créer des troubles dans la région, que ce soit en faisant pression sur l’Égypte dans le barrage de la Renaissance ou sur l’Arabie saoudite par l’intermédiaire des Houthis, ou en faisant pression sur le Liban par la présence d’un vide présidentiel politique, et cela s’applique également à l’Irak. »
Il a noté que « la région est dans un état de vision réelle, et nous n’avons pas vu les piliers fondamentaux de cette vision, qui va gagner, le camp occidental dirigé par les États-Unis ou le camp oriental dirigé par la Russie et la Chine », excluant que « la question ne sera pas facile à court terme, mais plutôt qu’il faudra du temps pour déterminer les caractéristiques du nouveau Moyen-Orient après les ententes ou les conflits qui pourraient être provoqués par la guerre russo-ukrainienne, les crises au Moyen-Orient et la militarisation de la mer Rouge ».
« Les guerres actuelles servent à faire travailler les muscles »
Al-Jamal a expliqué l’absence d’une portée prévisible pour les guerres dans la région, en affirmant qu’il n’y avait pas d’objectifs clairs pour ces guerres, notant que « ces guerres se sont produites pour montrer à nouveau des muscles, ce qui laisse présager l’imminence d’une nouvelle guerre mondiale ».
Le chercheur en affaires internationales et régionales estime que « les circonstances actuelles, qu’elles soient internationales à travers la contraction économique, la baisse du niveau de vie et les tentatives d’expansion géographique de certains pays, comme c’est le cas dans la crise russo-ukrainienne, ou dans l’expansion israélienne dans la région, toutes ces choses alimentent la même atmosphère qui prévalait avant la Seconde Guerre mondiale, et présagent ainsi d’une nouvelle guerre mondiale ».
Il a mis en garde contre « l’apparition d’une guerre continue et éternelle ; parce que la guerre par procuration et la guerre dans les coulisses ont une durée plus longue ; parce que les camps politiques ont été capables de créer une sorte de nouvelles tactiques militaires et de posséder des outils militaires qui pourraient prolonger la guerre en raison de la technologie mortelle qu’ils possèdent. »
« La guerre ne s’arrêtera pas sauf sous certaines conditions »
Il a souligné que « la guerre ne s’arrêtera pas à moins qu’il y ait une réelle volonté de créer un nouveau système international, qui pourrait être un monde multipolaire, ou que l’Amérique soit capable de monopoliser à nouveau le pouvoir et d’être à nouveau le gendarme du monde, et cela dépend du niveau de la prochaine présidence aux États-Unis ; que ce soit Trump ou Kamala Harris, et ensuite des alliances géopolitiques entre la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, l’Afrique du Sud, l’Égypte, la Turquie et les pays actifs dans ce domaine ».
Il a expliqué : « Si le bloc de l’Est parvient à provoquer un changement au niveau du système mondial, alors le conflit continuera, car il se transformera en un conflit existentiel pour les États-Unis et Israël. En revanche, si l’Amérique parvient à faire pression du côté ukrainien et à entraver l’expansion russe, elle utilisera ensuite la crise de Taiwan pour faire pression sur la Chine et réduire le rôle de cette dernière dans la nouvelle expansion sur le continent africain. »
« L’expérience du Nord et de l’Est de la Syrie peut être exportée dans la région »
Il a souligné que les peuples de la région ont toujours tendance à avoir une paix globale et juste dans la région ; parce que l’idée de coexistence pacifique est une bonne idée et elle existe entre les peuples, et des conflits peuvent encore exister entre certains pays de la région, et exister entre les dirigeants, mais ils ne descendent pas au niveau des peuples, les peuples de la région veulent une vie paisible et heureuse, et grâce à cela et à la pression des peuples, la paix peut être établie dans la région.
Même les peuples arabes dans cette crise font la différence entre (le sionisme et les colons qui portent des armes) et les Juifs qui veulent la paix et vivre avec les Palestiniens, et c’est ce dont nous avons été témoins avec la montée des voix dans la rue israélienne exigeant que Netanyahou établisse une trêve humanitaire et conclue un accord pour qu’il y ait la paix entre les Arabes et les Juifs.
Al-Jamal a évoqué l’expérience de l’ADA, décrivant l’expérience du Nord et de l’Est de la Syrie dans l’établissement d’un bon modèle de coexistence pacifique entre les peuples et les groupes ethniques de cette région, y compris les Kurdes, les Arabes, les Arméniens et d’autres, comme « un bon modèle qui peut être exporté dans la région arabe si les circonstances permettent l’établissement d’une paix globale et juste dans la région ».
Il a ajouté : « Ces choses peuvent se produire lorsque les peuples ont le dessus, mais malheureusement, elles sont toujours entravées par les désirs internationaux qui cherchent la division et qui essaient de ne pas satisfaire les désirs des peuples. Car si les peuples ont pu imposer une révolution à leur système politique, ils ne peuvent malheureusement pas s’unir aux autres peuples voisins pour forcer leurs systèmes politiques à le faire. C’est ce que nous constatons dans le cas du Maroc, de l’Algérie, de la Palestine et d’Israël. Par conséquent, l’expansion des peuples est une expansion sociétale et humaine, mais elle n’atteint malheureusement pas le niveau de prise de décisions. Car le pouvoir des peuples n’a pas les mécanismes de mise en œuvre et de pression sur les gouvernements. Tant qu’il y aura des pays majeurs et des pays régionaux dans la région arabe qui essaieront de contrôler les mouvements de la scène, ils ne donneront pas aux peuples l’espace suffisant qu’ils méritent. »
ISTANBUL – Le 7ème Festival de la pâtisserie kurde, organisé par KAYY-DER, aura lieu le 15 septembre.
Le 7ème Festival de la pâtisserie kurde sera organisé par l’Association d’assistance sociale, de développement et de culture des districts de Kiğı-Karakoçan-Adaklı-Yayladere-Yedisu (KAYY-DER). Le festival aura lieu le dimanche 15 septembre au parc Mimoza, dans le district de Beykoz.
Dans le cadre du festival, il y aura un concert avec la participation de Koma Zaroken KAYY DERÊ (groupe d’enfants), Erhan Emektar, Sideng Erbane, le Divan des Denbêjs (Bardes kurdes) et le groupe des femmes de KAYY DER.
La fabrication de la pâtisserie kurde sera démontrée dans le programme intitulé « Börek Show ». Enfin, l’équipe folklorique de Koma Dîlan montera sur scène lors du festival.
L’Association d’assistance sociale, de développement et de culture des districts de Kiğı, Karakoçan, Adaklı, Yaylıdere et Yedisu (KAYY DER) organise cette organisation culturelle depuis sept ans pour empêcher que le nom de la pâtisserie kurde ne soit changé en pâtisserie turque.
SYRIE / ROJAVA – L’État turc poursuit ses attaques contre les cantons d’Afrin et de Shehba depuis hier matin. Hier, un civil blessé lors des attaques ciblant le village de Cimêlê du district de Sherawa, dans le canton kurde d’Afrin, a succombé à ses blessures.
Hier, l’occupation turque a mené des attaques avec des obus, des mortiers, des missiles, des chars et des drones visant les Malikiyê, Shêwarqa et Tinib à Shera, province d’Afrin, ainsi que Soxanekê, Aqibe et Der Cemal à Shêrewa ; Miniq, Eyndeqne, Beluniye, Sheikh Isa et les zones rurales de Til Rifat à Shehba.
Lors de l’attaque du drone contre le village de Şêx Îsa, trois ouvriers ont été grièvement blessés. Dans le village de Tinib, la fratrie Zeyneb Feysel Cinêd et Ehmed Feysel Cinêd, âgés de 4 et 6 ans, ainsi qu’une femme ont également été blessés. Lors de l’attaque contre le village de Der Cemal, un villageois de 30 ans nommé Mihemed Sadiq Omer a été grièvement blessé. Il est décédé hier soir.
TURQUIE / KURDISTAN – Alors qu’on discute du rôle probable joué par des sympathisants du parti islamiste HUDAPAR dans le meurtre de la petite Narin Guran dans la province kurde de Diyarbakir (Amed), un membre de l’Union des communautés du Kurdistan (Koma Civakên Kurdistanê – KCK) signale que l’État turc a une longue tradition d’utilisation des groupes islamistes composés de traitres kurdes, dont les plus connus sont Le Hezbollah turc et le HUDAPAR.
Mirkhan Karker, membre du Comité des peuples et des croyances du KCK, a parlé en détail des tentatives (historiques) de l’État turc de propager la trahison dans la société kurde et la société démocratique de Turquie à travers les organisations contra, en particulier Hizbulkontra et HUDA PAR.
Mirkhan Karker
Voici un extrait de son interview.
« La trahison est comme un cancer dans une société. Tout comme le cancer enveloppe tout le corps et le rend malade, la trahison, si la société ne prend pas de précautions, si elle ne déchiffre pas et ne reconnaît pas ces traîtres, se propage dans la société en peu de temps et détruit la société. Les dirigeants influencent la société par la religion, l’argent ou en attribuant des postes élevés afin d’entraîner les gens dans la trahison. L’une des institutions utilisées dans cette trahison est Hizbulkontra, qui a été fondée par un agent appelé Huseyin Velioglu. Officiellement, c’est lui qui l’a fondée, mais en regardant en arrière, on peut voir de quelle tradition elle vient. Huseyin Velioglu était membre de la soi-disant Union nationale des étudiants turcs (MTTB) en 1970-80. Le MTTB a été fondé en 1946 par Teshkilat-i Mahsusa, qui était le service de renseignement turc de l’époque. Sa mission principale était d’abord de viser les Arméniens, de leur confisquer leurs biens, de les massacrer et de les violer. En 1925, lorsque la rébellion de Sheikh Sait a commencé, ils ont mis en œuvre le Plan de réforme orientale. Au même moment, le MTTB avait commencé à se mobiliser. Ils ont commencé à massacrer les Kurdes en assassinant Sheikh Sait. Ensuite, ils se sont mobilisés dans la métropole contre le peuple grec. Leur slogan à l’époque était « Citoyens, parlez turc ! ».
Entre 1950 et 1980, ils l’ont utilisé contre les mouvements démocratiques et de gauche. Par exemple, après que les gauchistes eurent protesté contre l’arrivée de la 6e flotte américaine en Turquie, le MTTB a commis des massacres qui visaient particulièrement la jeunesse. Ils étaient organisés par l’État pour réprimer la société. Ils ont été responsables du massacre de Gurgum (traduction française : Kahramanmarash) et du massacre de Sewas (traduction française : Sivas), pour n’en citer que deux parmi une très longue liste. En 1980, leur membre Huseyin Velioglu a été désigné responsable du Kurdistan. Ils voulaient d’abord le nommer président du syndicat Petrol-Iş à Batman. Il y avait Temel Cingoz, le commandant de la loi martiale d’Elih (traduction française : Batman) à l’époque, qui a promis de faire gagner Velioglu aux élections. Il a utilisé un hélicoptère pour permettre à Velioglu de se déplacer dans tout Elih. Mais Veliogu a perdu les élections et ils ont réalisé que leur pouvoir était faible dans la société ; ils n’étaient pas reconnus par la société. À cette époque, les islamistes radicaux et politiques n’étaient pas bien connus et n’étaient pas acceptés par les cercles religieux. Lorsqu’ils ont constaté qu’ils n’étaient pas organisés dans la société, ils ont changé de politique. Par exemple, ils ont commencé à ouvrir des bibliothèques dans des villes comme Amed (Diyarbakir), Elih, Cewlig (Bingol) et Wan (Van) entre 1980 et 1990. Après ces bibliothèques, ils ont construit des maisons d’étudiants et des mosquées et ont commencé à essayer d’éduquer la société selon leurs désirs.
Dans les années 1990, notre mouvement était bien enraciné dans la société et les serhildans étaient déjà lancés. Déjà dans les années 1980, ils avaient formé l’institution des soi-disant gardes de village. Dans les années 1990, ils ont mis en œuvre l’organisation Hizbulkontra de Huseyin Velioglu. Par leur intermédiaire, ils ont massacré des civils, des patriotes, des journalistes, des étudiants et des politiciens dans les rues. Mais lorsque cela ne suffisait pas, le JITEM est entré en jeu. Ses agents ont été autorisés à utiliser légalement des armes et ont reçu l’ordre de commettre des massacres dans les villes.
Quand ils ont compris que cela ne suffisait pas, ils ont voulu recruter d’autres communautés contre le mouvement de libération. Et ils ont tué les dirigeants des communautés et des organisations qui ne l’acceptaient pas. Par exemple, ils ont brûlé Fidan Gungor. Mansur Guzelsoy et Ubeydullah Dalar ont été sauvagement assassinés dans leur mosquée. Ils ont enlevé et assassiné l’intellectuel kurde Izzettin Yildirim. Ils ont assassiné l’écrivaine féministe Konca Kurish. C’est une organisation tellement immorale qu’ils ont enterré les gens qu’ils ont assassinés sous les maisons qu’ils avaient construites et dans lesquelles ils vivaient. Parfois, ils disent qu’ils ont combattu le PKK, mais ils mentent. Ils ne sont pas venus se battre dans les montagnes. Au lieu de cela, ils ont massacré des civils, des patriotes et des journalistes dans les villes. À cette époque, les Hizbulkontras recevaient une formation au quartier général de la police anti-émeute à Elih et à Amed. La police recueillait les informations des gens et les transmettait aux contras, qui enlevaient et assassinaient les gens.
A cette époque, il fallait faire ce qu’ils disaient ou être massacré. Le JITEM, d’un côté, et l’Iran, de l’autre, les soutenaient. Le peuple kurde les a appelés Hizbulkontra. Car ce qu’ils faisaient n’était pas dans la morale du peuple kurde. Les aveux d’Arif Dogan incluaient aussi la façon dont les gens étaient tués par une méthode spéciale de contrainte qui conduisait à l’étouffement de la victime. D’Elih à Cewlig, d’Amed à Wan, partout où le système de gardes villageoises s’est développé, partout où le JITEM s’est développé, l’activité du Hizbulkontra a augmenté. Après la conspiration internationale, l’État espérait que le mouvement disparaîtrait ; en conséquence, il a mis fin au Hizbulkontra. En 1999-2000, ils se sont attaqués aux contras. Ils ont tué leur chef provocateur Huseyin Velioglu à Istanbul. Cependant, le meurtre de Huseyin Velioglu était très probablement une mise en scène. Son corps a été retrouvé avec 50 blessures par balles, tandis que son compagnon, qui se trouvait juste à côté de lui, n’était même pas blessé. Arif Dogan a déclaré plus tard que Valioglu avait probablement été exécuté dans un autre endroit après un interrogatoire et que la scène du crime avait été préparée.
Les noms des meurtriers qui ont exécuté et brûlé des gens, certains avec de l’acide, étaient tous dans les archives de l’État. Le moment venu, ils les ont tous arrêtés. Ils ont dit qu’il y avait 20 000 pages sur le procès principal du Hezbollah. Mais ils ont dû se rendre compte que le mouvement de libération n’était pas écrasé et que leurs contras étaient désormais déchiffrés, alors ils ont créé Mustazaf-Der. C’était l’aile politique, cohérente avec les agents qui n’avaient pas été arrêtés. Ils ont commencé à distribuer de l’aide aux Kurdes et voulaient faire oublier les meurtriers à la société. Mais au bout d’un moment, cela n’a pas suffi à l’État, alors en 2011, Edip Gumush et Cemal Tutar, anciens bourreaux qui avaient assassiné des centaines de personnes, ont été graciés par le gouvernement Erdoğan. Lorsque le mouvement politique kurde a pris de l’ampleur dans la société, l’État a donné une nouvelle mission au Hizbulkontra. Même le nom du parti qu’ils ont fondé est intéressant : HUDA-PAR, comme si Allah avait besoin d’un parti politique. Ce sont des gens immoraux qui n’ont aucune valeur, ils ne veulent pas être des opposants. Ils insultent Allah, le Prophète, n’importe quoi. Ils n’ont honte de rien.
La société sait qui ils sont, qui les a fondés ; ils connaissent Cem Ersever, Arif Dogan, Huseyin Velioglu, les dirigeants communautaires qu’ils ont assassinés. Il y a une mémoire sociale. C’est pourquoi ils n’ont pas été acceptés par les Kurdes. Lors des élections de 2023, ces Hizbulkontras ont pris part à l’alliance Ergenekon. L’État n’a jamais gardé cela secret. De nombreux ministres en ont parlé, l’utilisant comme propagande et menace. Mais malheureusement, il existe une masse bigote qui suit ces agents, ces contras et ces provocateurs. Ils sont peu nombreux, mais nous devons reconnaître qui sont ces contras. Même s’ils sont peu nombreux, ils ne doivent pas être un cancer dans la société. Ils doivent être dénoncés, car ce qu’ils ont fait dans le passé, ils le feront à nouveau dans le futur.
Ils essaient de redéfinir l’histoire à leur image et tentent d’utiliser à leur profit l’importance de personnages historiques comme Sayit Nursi, Sheikh Sait ou Mevlid. Ils font la même chose avec Saladin Eyyubi. A Elih et Diyarbakir, ils ont mis un homme de spectacle en costume de Saladin Eyyubi sur un cheval et l’ont fait danser dans les rues en leur nom. Saladin Eyyubi n’a pas roulé sur l’asphalte d’Elih. Il a combattu à Jérusalem. Il n’était pas un boucher sournois comme eux. C’était un homme juste. Aujourd’hui, ils disent qu’ils protègent la cause palestinienne, mais aucun d’entre eux n’a combattu et n’est mort en Palestine. Ils sortent seulement de leurs mosquées et scandent des slogans « à bas Israël ». Ils ne peuvent même pas montrer la Palestine sur la carte. Ils sont tous devenus propriétaires fonciers, capitalistes, propriétaires d’associations et propriétaires de centres commerciaux. Ils ne se soucient pas de la cause palestinienne.
Ils essaient simplement de tromper les gens. Au lieu de cela, ils critiquent le mouvement de libération pour sa position sur la Palestine. Mais nous avons des martyrs qui ont perdu la vie pour la cause palestinienne. Le mouvement a combattu aux côtés du peuple palestinien au Liban et a donné des martyrs. Ils disent qu’ils ne vendent pas de produits israéliens et les boycottent, mais qu’ils vont dans leurs centres commerciaux. Peut-être qu’ils ne vendent pas de Coca-Cola symboliquement, mais ils vendent tous les autres produits en provenance d’Israël, d’Europe et d’Amérique. Ce sont des hypocrites. Non seulement ils s’enrichissent grâce à des États puissants, mais ils font aussi de la propagande dans la société comme s’ils étaient contre ces États.
En revanche, l’Union des savants et des madrasas qu’ils ont fondée déclare que ceux qui ne sont pas avec eux sont des infidèles et des hypocrites. Ils sont éhontés. Mais ce qu’ils disent est une chose, ce qu’ils font en est une autre. Ce sont les plus grands hypocrites. Ils ont fondé ce qu’on appelle l’Union des savants avec des imams qu’ils ont achetés avec de l’argent, et grâce à cela, ils sont des ennemis de la société. Ils ne peuvent pas survivre parmi les Kurdes, alors ils essaient de survivre en exploitant les valeurs kurdes. A Elih, à Amed, ils font des descentes dans les cafés et se demandent pourquoi on vend des produits israéliens, américains et européens, mais quand on regarde les images, on voit à quel point ils sont inconscients. Ils portent eux-mêmes des chaussures Nike ou Adidas aux pieds. Leurs vêtements sont aussi des Adidas. Tous ces produits sont européens, américains et israéliens. Il y a un monde de différence entre le prix d’un repas dans un café et le prix de ses chaussures. Ils vont avec leurs produits soi-disant pour protester contre les produits américains et israéliens. Ce qu’ils représentent et leur façon de vivre ne sont pas les mêmes. C’est ce qu’on appelle l’hypocrisie.
En outre, si l’on regarde leurs associations et leurs partis, on ne trouve pas une seule femme dirigeante ou dirigeante dans aucun d’entre eux. Pour eux, une femme à un poste de direction est immorale. Les hommes sont libres de faire ce qu’ils veulent, mais ils ont exclu les femmes de la société. Ils perçoivent la participation des femmes comme une détérioration de la société. Selon eux, les femmes ne devraient s’occuper que de la maison et élever les enfants. Ils ont créé un tel système que lorsque leurs partis tiennent leurs congrès, on peut voir qui est assis devant et qui est assis derrière. Ils excluent les femmes de la société. Ils font entrer quelques femmes symboliquement, mais il n’y a pas de femmes dans leurs associations, dans leurs partis, dans leur métier. Ce sont des ennemis des femmes. Ils sont détachés de la société, des valeurs et de la culture de la société, ce sont des traîtres, des collaborateurs, des Ergenekonistes [ultra-nationalistes turcs]. Autrefois, ils étaient les complices du JITEM. Autrefois, ils étaient les complices de l’AKP. Aujourd’hui, ils sont les complices de l’AKP-MHP. Il faut les dénoncer davantage. C’est comme s’ils n’avaient rien fait dans le passé, et ils ont fondé un nouveau parti appelé HUDA PAR. Peu importe d’où vient la trahison, elle ne doit pas être acceptée par la société. La société ne doit pas les accepter parmi eux ».
SYRIE / ROJAVA – Aujourd’hui, les forces russes et turques ont effectué la troisième patrouille conjointe à Kobané depuis leur reprise en août après une longue interruption.
Selon les analystes kurdes, les Russes collectent des informations militaires concernant les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) qu’ils vont « vendre » à la Turquie pendant les pourparlers d’Astana, si jamais la Turquie accepte de céder Idlib contre Kobanê.
« Ces patrouilles russo-turques dépassent de loin toutes les autres patrouilles normales ; elles longent la ligne de front et là où les Turcs supposent que les FDS disposent d’une vaste infrastructure défensive.
La Russie a également établi une nouvelle base dans la région.
Ce qui se passe, c’est que la Russie prépare Kobané comme un « atout » en prévision de la prochaine réunion d’Astana entre la Turquie, l’Iran et la Russie/le régime. Il fournit déjà des renseignements à l’armée turque », écrit l’activiste Scharo Maroof sur son compte X (Twitter).