Le Parlement turc a récemment adopté à une large majorité la loi dite « visant à renforcer la solidarité nationale et la cohésion sociale ».
Pour la Communauté kurde d’Allemagne (Kurdische Gemeinde Deutschland, KGD), ce développement n’est pas surprenant. Cette loi demeure cependant à des lieues d’une solution politique à la question kurde.
Elle régit avant tout le désarmement et les conséquences de la dissolution du PKK, ainsi que des dispositions pénales et conditionnelles applicables aux personnes qui déposent les armes. Elle ne contient toutefois aucune solution politique ou juridique substantielle à la question kurde. Celle-ci se trouve ainsi réduite à un simple problème de terrorisme. Toute reconnaissance des Kurdes en tant que peuple distinct, de même que toute déclaration relative à leurs droits nationaux, démocratiques ou collectifs, fait complètement défaut.
Des réformes démocratiques sont également absentes. Ni la liberté d’opinion et d’organisation, ni les droits culturels et politiques des Kurdes ne sont prévus, pas plus qu’une libération inconditionnelle des prisonniers politiques.
La Communauté kurde d’Allemagne soutient expressément la pose des armes par le PKK et s’engage en faveur d’une voie civile, politique et démocratique. Elle rejette néanmoins que la reconnaissance des droits kurdes soit subordonnée au désarmement.
Le désarmement seul ne constitue pas une solution à la question kurde. Sans reconnaissance des Kurdes en tant que peuple, ainsi que de leurs droits nationaux, démocratiques, culturels et politiques, il ne peut, selon la KGD, y avoir de véritable processus de paix ni de solution durable en Turquie.