Entre domination linguistique et quête d’identité: le dilemme des Kurdes
KURDISTAN. Un journaliste mort dans un accident de la route
IRAK / KURDISTAN – Le reporter du site NRT News pour Halabja, Wrya Hamakarim a perdu la vie dans un accident de la route survenu à Suleymanîyê.
Le journaliste Wirya Hemê Kerim, 39 ans, a perdu la vie dans un accident de la circulation survenu dans la ville kurde de Silemani, au Kurdistan du Sud. L’accident a fait deux morts dont le journaliste.
Ahmed al-Charaa et Erdogan contre les Kurdes
Communiqué co-signé par CGT, CNT, Solidarité Ouvrière, Confédération Intersyndicale, Rojava Azadî Madrid, Amitié avec le Kurdistan, Anticapitalistes.
Depuis le 27 novembre, de nombreux événements ont eu lieu en Syrie. Certains ont apporté de la joie à des millions de personnes, mais ils ont également apporté une grande incertitude. Alors que le monde regarde les célébrations à Damas, Homs ou Hama, une guerre sanglante se déroule dans le nord et l’est de la Syrie.
L’armée turque et ses mercenaires djihadistes envahissent le territoire de l’Administration démocratique autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES). Une administration fondée sur la démocratie directe et communautaire et sur l’écologie sociale ; où les femmes sont le fer de lance de la révolution et l’avant-garde de la promotion des changements dans la société.
La Turquie considère cette expérience de démocratie radicale, ainsi que les femmes et les hommes de tous les peuples et de toutes les religions qui vivent ensemble et participent à ce processus révolutionnaire, comme un danger pour ses plans impérialistes dans la région. C’est pourquoi il veut mettre fin à ce modèle d’autonomie et de liberté au Moyen-Orient, en soutenant les membres de l’Armée Nationale Syrienne (ANS / SNA) sous commandement turc et du HTS / HTC, anciens membres de DAECH et d’Al-Qaïda, comme forces modérées pour gouverner le pays sous ses directives.
Ce récit convient aux puissances occidentales, et notamment aux pays membres de l’Union européenne, qui s’empressent déjà de déclassifier ces organisations des listes terroristes et d’annuler les accords sur les droits de l’homme pour les réfugiés syriens, avec l’intention de les « renvoyer » dès que possible dans leur pays d’origine. Pour renforcer cette action et ce récit de la droite la plus réactionnaire et fasciste qui prend le contrôle de l’Europe, Von der Leyen promet de fournir à la Turquie 1 milliard d’euros supplémentaires pour gérer la migration syrienne. C’est-à-dire commettre des meurtres de masse et empêcher des personnes innocentes de chercher un avenir meilleur qui veulent fuir un pays toujours en guerre, au mépris de tous les standards des conventions des droits de l’homme que l’Europe prône tant.
D’autre part, une résistance héroïque contre les mercenaires de l’ANS et toute la puissance de la deuxième plus grande armée de l’OTAN est opposée dans les tunnels aux bombardements de la Turquie. Malgré le cessez-le-feu, les attaques n’ont pas cessé, visant principalement des infrastructures essentielles comme les centrales électriques et les centrales hydrauliques, laissant la population du nord et de l’est de la Syrie dans une situation encore plus précaire. De même, dans les localités déjà envahies par l’ANS, comme Shehba, Tel Rifat et Manbij, des rapports font état de nombreuses atrocités et violations des droits de l’homme.
Plus de 120 000 personnes déplacées sont arrivées dans le nord et l’est de la Syrie en moins d’un mois en raison de l’avancée des milices pro-turques. Malgré les efforts de l’administration et de l’ONG Heyva Sor – Croissant-Rouge kurde – sur le terrain, la crise économique et la fermeture des frontières conduisent le nord et l’est de la Syrie à une situation de crise humanitaire totale, où des milliers de personnes n’ont nulle part où aller et trouver un abri pour le froid de l’hiver syrien. Des femmes enceintes ont accouché dans la rue et plusieurs personnes sont mortes à cause des conditions extrêmes, notamment des enfants et des personnes âgées.
Nous voulons rappeler au monde, mais surtout à l’Europe, comment les jeunes de tous les peuples du nord et de l’est de la Syrie ont mené la résistance contre l’État islamique ; et comment les forces des FDS, des YPG et des YPJ ont été celles qui ont réussi à mettre fin au califat, au prix de plus de 20 000 morts et de 40 000 mutilés à vie.
À ceux d’entre nous qui ont de la mémoire et voient le projet politique de AANES comme un phare de lumière et d’espoir et qui reconnaissent l’énorme sacrifice que le peuple syrien a fait, nous émettons cette déclaration et exigeons :
Assez de politiques impérialistes, seuls les Syriens devraient avoir le pouvoir de décider de l’avenir de leur pays. Assez d’interventionnisme étranger de toute sorte.
Plus d’occupation militaire du territoire syrien par Israël et la Turquie. Ce n’est qu’avec la fin de la guerre que le pays pourra véritablement développer un nouvel avenir. Et plein d’espoir.
Reconnaissance de l’AANES comme un interlocuteur valable dans la région et reconnaissance de sa valeur dans le développement d’une Syrie démocratique qui respecte tous les peuples et toutes les religions en Syrie.
Oui au droit des femmes à participer à la vie publique et politique en tant qu’élément indispensable de la société.
Arrivé mardi 4 février 2025 à Ankara, le président syrien auto-proclamé, Ahmed al-Charaa, a rencontré le président turc Erdogan pour parler de la relance de l’économie syrienne ainsi que des questions de sécurité. Erdogan veut aider la Syrie à se reconstruire et en contrepartie éradiquer l’expérience du Rojava : « Nous sommes prêts à apporter à la Syrie tout le soutien nécessaire dans sa lutte contre toutes les formes de terrorisme, qu’il s’agisse de Daech (acronyme arabe de l’État islamique) ou du PKK », le Parti des travailleurs du Kurdistan, a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant la presse. C’est pourtant Erdogan qui s’appuie sur des milices islamistes et anciens de Daech pour combattre les Kurdes.
Et Ahmed al-Charaa avec son ministre des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani, de renchérir sur « les menaces qui empêchent l’achèvement de l’unité territoriale dans le nord-est de la Syrie », prônant une « stratégie commune » avec Ankara « face aux menaces sécuritaires ».
Le message est clair.
Pour notre part, nous ne nous faisons aucunement confiance aux islamo-fascistes. Si effectivement, c’est au peuple syrien de régler ses affaires par lui-même, nous ne pouvons qu’être dubitatifs car les éléments les plus révolutionnaires ont quitté la Syrie pour échapper au tortionnaire Bachar al Assad et que la présence d’islamistes est prégnante.
Nous savons par expérience que les intégristes musulmans ont une conception particulière de la liberté à savoir qu’ils ne l’accordent qu’aux hommes musulmans et que les femmes sont victimes d’une politique d’enfermement comme en Afghanistan où les talibans interdisent aux femmes d’exister de fait. Les hypocrites qui soutiennent Ahmed al-Charaa devront répondre de leur soutien si l’ancien terroriste islamiste devait s’en prendre aux Kurdes.
TY Wi (GLJD)
AFRIN. Un Kurde perd la raison suite à la torture subie entre les mains des gangs de la Turquie
SYRIE / ROJAVA – Un père de famille kurde kidnappé par des mercenaires de la Turquie dans le canton d’Afrin a subi des actes de torture barbares pendant plus de 40 jours. Il a eu les orteils arrachés, la chair coupée, les os fracturés et laissé pour mort devant l’hôpital militaire d’Afrin. Un riverain qui l’a trouvé a contacté sa famille qui l’a transféré vers un hôpital d’Alep. L’homme qui a survécu miraculeusement a perdu la raison et vit terrifié à l’idée d’être de nouveau torturé… Ces crimes de guerre commis à Afrin pour le compte de la Turquie restent cependant impunis.

« Dans la prison Saydnaya d’Afrin les gens sont rôtis vivants »
On dit que « quiconque s’occupe d’un peuple pendant quarante jours devient l’un d’eux », mais ce dicton ne s’applique pas littéralement au citoyen (M, S), qui est passé du statut de père de trois enfants en 42 jours après son enlèvement par les mercenaires de l’armée d’occupation turque à celui d’un corps sans vie, dépourvu d’âme et de souvenirs.
La famille a demandé à l’agence ANHA de ne pas révéler son nom complet ni à la photographier pour notamment sa crainte que des mercenaires de la Turquie n’attaquent les autres membres de sa famille restée à Afrin.
amnésique
Pendant les 3 heures que le journaliste a passées avec le citoyen (M, S) pour essayer de comprendre ce qui lui était arrivé, il n’a pas réussi car sa mémoire ne lui permettait même pas de se souvenir des noms de certains membres de sa famille. Cependant, à la fin, avec l’aide de sa famille, nous avons pu documenter une partie des crimes et violations auxquels il a été exposé.
L’histoire de l’enlèvement du citoyen (M, S) commence avec l’occupation par les mercenaires des villages restants d’Afrin et du canton d’Al-Shahba le 12/1/2024. Il a été emmené, en raison de son identité kurde, vers une destination inconnue et soumis à des coups pendant 5 jours consécutifs.
Il a ensuite été contraint de se rendre dans la ville occupée d’Afrin et a été placé dans la tristement célèbre prison de Maaratah, gérée par les mercenaires dur groupe « Hamzat » affiliés à l’armée d’occupation turque, ainsi que par les services de renseignement turcs (MIT).
« Ils nous ont torturés pendant que nous écoutions le Saint Coran »
Il répète des phrases restées gravées dans sa mémoire pendant la torture, comme « Brûlez-le… pendez-le… vous êtes des infidèles… des voleurs » et d’autres phrases et insultes qui n’ont jamais quitté sa mémoire.
De plus, lorsqu’il a entendu le bruit de la porte qui commençait à se fermer, son visage a commencé à trembler et à crier continuellement en raison d’une peur intense. Au premier abord, lorsque le correspondant d’ANHA a rencontré (MS), il a rencontré une réaction hystérique due à la peur qu’il avait à son égard parce qu’il portait l’appareil photo, pensant que c’était un autre outil de torture.
Il a rapporté qu’ils ont été torturés pendant que des enregistrements du « Saint Coran » étaient diffusés, dans une image qui incarne la contradiction entre les enseignements de la vraie religion, qui appelle à la paix, à la fraternité et au respect de l’âme humaine, et la torture brutale et inhumaine qui dévaste l’humanité.
180 coups de fouet
Après avoir consulté le médecin responsable de son état actuel, qui a déclaré qu’il avait survécu « miraculeusement », il a été constaté que le citoyen (M, S) avait été soumis à d’horribles tortures sur toutes les parties de son corps sans exception. À commencer par le visage, qui souffrait de fractures sur quatre dents de la mâchoire, et de fissures sur les côtés des lèvres, jusqu’au début de la joue, à la suite des coups violents.
Des ecchymoses noires et des fissures sur la peau et la chair se sont également répandues sur tout son corps à la suite des coups de fouet. Le citoyen a indiqué qu’il avait été soumis une fois à des coups de fouet continus, qu’il a comptés comme 180 coups de fouet, ce qui lui a fait perdre connaissance.
« Ils lui ont coupé les orteils avec une tronçonneuse »

Quant aux pieds, ils sont dans le pire état, selon l’évaluation médicale physique, 9 orteils sur 10 ont été partiellement ou complètement coupés à l’aide d’une scie ou de tout autre outil tranchant.
Quant à la plante du pied, le médecin indique que les tortionnaires l’ont forcé à se tenir debout sur une surface préchauffée, provoquant des brûlures au troisième degré et l’arrachement de la chair du pied parce qu’elle collait à la surface chaude, comme s’il était en train d’être rôti alors qu’il était vivant.
Les images montrent la partie inférieure de l’os du pied, ainsi que la vaste zone d’écorchement qui s’est produite, en plus de la propagation d’infections résultant de mauvaises conditions de santé sur le lieu de l’enlèvement.
Lorsqu’on lui demande « Que t’ont-ils fait ? », il répond d’une voix teintée d’étonnement : « Ils m’ont pratiqué 11 opérations, toutes réussies, c’est ce qu’ils m’ont dit. »
Ils l’ont laissé pensant qu’il était mort
42 jours après la disparition du citoyen (M, S), un passant l’a retrouvé devant l’hôpital militaire d’Afrin, corps effondré, allongé sur le sol à côté de sa carte d’identité. Le riverain s’est précipité pour lui venir en aide en lisant ses informations personnelles sur la carte d’identité et en communiquant avec l’un de ses proches du village auquel il appartient.
Ses proches l’ont emmené à l’hôpital de la ville d’Alep, où il le correspondant d’ANHA l’a rencontré.
La malédiction de Saydnaya hante toujours les Syriens
Bien que les Syriens se soient débarrassés du régime de Bachar al-Assad, la malédiction de la prison de Sednaya s’est étendue aux prisons gérées par l’armée d’occupation turque et ses mercenaires, notamment à Afrin, et les hante toujours.
De plus, nous sommes face à une absence de justice car les groupes criminels, dont Hatem Abu Shakra, Saif Abu Bakr et Abu Amsha n’ont pas été poursuivis en justice pour avoir commis des crimes de guerre contre les Syriens pour le compte de l’occupation turque. (ANHA)

Des images insoutenables du corps martyrisé de l’homme sont floutées par ANHA avant leur diffusion
SYRIE. 40 jeunes Kurdes d’Alep torturés par des mercenaires de la Turquie
SYRIE / ROJAVA – Il y a deux jours, plus de 40 civils Kurdes étaient kidnappés à Alep par des mercenaires de la Turquie. Ils ont été torturés, subi des électrocutions et menacés de décapitation par leurs bourreaux avant d’être libérés. Les rescapés ont été interviewés par l’agence ANHA.

Ils ont été torturés sans pitié, soumis à des électrocutions brutales et menacés d’exécution au couteau. Parmi eux, des étudiants et des ouvriers ordinaires, tous sauvagement enlevés par les forces mercenaires de l’occupation turque. Leur crime ? Le simple fait d’être kurde.
L’agence ANHA a rapporté hier que des groupes armés à Alep ont enlevé des dizaines de civils uniquement en raison de leur appartenance ethnique, ciblant les résidents kurdes de la ville. Aujourd’hui, les quatre derniers détenus ont été libérés sur un groupe de 40 civils soumis à cette campagne raciste. Parmi les survivants figurent Aziz Riyad Nasro, Khalil Horek Rasho, Hani Mustafa Abdo et Youssef Hussein Youssef.
Les personnes enlevées ont révélé aux correspondants d’ANHA que leur enlèvement avait été perpétré par des groupes liés à des mercenaires soutenus par la Turquie (Al-Amshat) ou par des forces alliées à la soi-disant « Sécurité publique » de Damas. Les assaillants ont demandé : « Qui parmi vous est kurde ? » avant de frapper et d’humilier sauvagement ceux qui étaient identifiés par leurs noms kurdes. Ils ont utilisé des crosses de fusil, des barres de fer tranchantes et d’autres méthodes brutales pour infliger des souffrances.
L’enlèvement a eu lieu près de la gare de Bagdad, sur la route Al-Shalal à Alep, où 14 véhicules, dont une voiture blindée, ont bloqué la zone. Des militants masqués sont descendus sur les lieux et ont attaqué des civils kurdes non armés. Les victimes ont eu les yeux bandés, ont été bâillonnées et ont été transportées vers des lieux inconnus après avoir été forcées d’imiter des animaux dans des vidéos dégradantes, une tactique qui rappelle celle de l’appareil de sécurité du régime Baas déchu.
Les survivants ont confirmé avoir subi des décharges électriques, des coups avec des tuyaux en nylon chauffés et avoir eu les mains liées si étroitement que la circulation sanguine était coupée. Ils ont été arrosés d’eau, traités de « porcs » et menacés d’exécution au couteau. Leurs téléphones ont été volés, leur argent volé et leur vie privée violée. Fait troublant, ils ont entendu d’autres détenus crier sous la torture.
Cette atrocité fait suite à la récente libération de trois Kurdes à Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, après quatre jours de captivité par les forces de Damas. Des preuves photographiques confirment les traces de tortures sur les corps des survivants. (ANHA)
PARIS. Les femmes appellent à la grève féministe le 8 Mars 2025
PARIS – Plusieurs organisations syndicales, féministes et associatives appellent à faire grève le 8 mars 2025, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Dans un communiqué commun, ces organisations appellent à faire grève et à manifester notamment en solidarité avec les femmes du monde entier et contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Elles déclarent que « Quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête ».

Le communiqué complet peut être lu sur le site grève féministe
Le communiqué commun a été signé par les organisations suivantes:
ActionAid France, AFRICA93, APEL-Égalité, Association Panafricaniste des Droits Civiques des femmes, Attac France, CGT, CNT-SO Fédération Education/Recherche, Collectif Faty KOUMBA : Association des Libertés, Collective des mères isolées, Droits de l’Homme et non-violence, FAGE, Féministes Révolutionnaires Paris, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Force Féministe (57), FSU, Fête des 3 Quartiers ( F3Q), Genre et altermondialisme, HFE /Handi Femme Epanouie, Handi-Social, Las Rojas Paris, Le Planning familial, Le Planning Familial 94, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Mouvement des Femmes Kurdes En France, Mouvement de la Paix, Organisation de Solidarité Trans (OST), Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques France ( Stop-Vog ), Sud Logement Social, UNEF le syndicat étudiant, Union Etudiante, Union syndicale Solidaires, Union des femmes Socialistes (SKB)
En soutien
APRES – Association pour la République écologique et sociale, Égalités, ENSEMBLE!, Gauche démocratique et sociale GDS, Gauche Ecosocialiste (GES), Génération.s, La France insoumise, Mouvement jeunes communistes de France, NPA-l’Anticapitaliste, NPA – Révolutionnaires, Parti Communiste Français, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche, Parti Socialiste, PEPS , Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Union Communiste Libertaire, Volt Europa
Les massacres turcs commis à Tall Rifaat présentés au Tribunal permanant des peuples
BRUXELLES – Depuis ce matin, le Tribunal permanant des peuples juge les crimes de guerre turcs commis au Rojava entre 2018 et 2024 dans sa cession « Rojava versus Turquie ».
Après la présentation des crimes de guerre commis dans le canton d’Afrin par la Turquie depuis 2018, la deuxième affaire présentée ce matin au Tribunal permanant des peuples (en anglais: Permanent Peoples’ Tribunal) a été consacré aux « massacres, bombardements et tortures de civils déplacés à Tel Rifat ». Le sujet a été présenté par l’avocate Rengin Ergül.
L’avocate Ergül a déclaré : « Le 2 décembre 2019, entre 13h30 et 14h00, un obus a frappé le quartier du garage Al-Shahba à Tel Rifat, dans le gouvernorat d’Alep. L’impact a fait de nombreuses victimes civiles, tuant 10 personnes, dont huit enfants de moins de 15 ans, et en blessant 17 autres, parmi lesquelles neuf enfants de moins de 15 ans. Environ deux à trois heures plus tard, un deuxième obus a été lancé dans la même zone, suggérant une attaque délibérée contre une zone peuplée de civils dépourvue de toute installation militaire.
L’endroit ciblé était connu pour accueillir des personnes déplacées d’Afrin, qui était sous occupation turque depuis l’opération « Rameau d’olivier » en 2018 et était situé à proximité d’une installation du Croissant-Rouge. Parmi les victimes, le fils de M., Aarif Muhammad Jafar, âgé de six ans, a succombé à des blessures causées par des éclats d’obus, tandis que son fils de sept ans, Ahmad Jafar Mohamad, a subi de graves blessures par éclats à la hanche et à l’avant-bras. L’attaque a également causé un profond traumatisme psychologique à Ahmad et à sa mère. Une déclaration des Nations Unies a confirmé que toutes les personnes tuées étaient des civils qui avaient fui Afrin pour se rendre dans la région. La déclaration a en outre condamné les victimes civiles dans d’autres zones de conflit, appelant toutes les parties à cesser les attaques aveugles et exhortant les États soutenant le conflit à respecter le droit international humanitaire ».
Après avoir présenté des preuves vidéo et photographiques du ciblage délibéré de civils, l’avocate Ergül a déclaré : « Les preuves disponibles soutiennent fortement que l’attaque de Tel Rifat constituait une frappe ciblée contre des civils, en violation du droit international humanitaire. L’implication militaire de la Turquie et le contrôle opérationnel des forces de l’Armée nationale syrienne établissent la responsabilité de l’État. Compte tenu des graves violations des droits humains documentées, des mécanismes juridiques de responsabilisation devraient être mis en place au niveau international. »
ANF
Le Tribunal permanant des peuples juge les crimes de guerre turcs au Rojava
BRUXELLES – Changement démographique, guerre de l’eau, massacres des civils kurdes, utilisation d’armes chimiques…, depuis ce matin, le Tribunal permanant des peuples juge les crimes de guerre turcs commis au Rojava entre 2018 et 2024 dans sa cession « Rojava versus Turquie ».
Le Tribunal se concentre sur les attaques de l’État turc contre le Rojava entre 2018 et 2024, et les présentera à l’examen sous une forme large et documentée. Les rapports/documents/données établis par la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, de prestigieuses institutions de défense des droits humains et de nombreuses organisations de la société civile ont déjà apporté un éclairage sur la situation.
La première cession du Tribunal permanant des peuples consacrée aux crimes de guerre commis par la Turquie au Rojava a débuté ce matin à Bruxelles.
Le tribunal, qui se tient dans l’amphithéâtre Aula QA de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), réunit des avocats et des militants des droits de l’homme, ainsi que des victimes et des témoins oculaires d’attentats de différents pays. Bien que l’État turc ait été invité à présenter sa défense, aucun représentant n’était présent.
Gerrit Loots a prononcé le discours d’ouverture en déclarant : « Nous nous sommes réunis pendant deux jours pour cet important tribunal. Nous organisons ce tribunal avec le soutien de l’Université libre de Bruxelles. Nous sommes ici pour protéger les droits humains et défendre le Rojava. Le Rojava est un lieu où se construisent la liberté des femmes et la démocratie, et c’est pourquoi nous pensons qu’il doit être protégé. »
Le tribunal a continué avec les discours des avocats Jan Fermon et Ceren Uysal de l’équipe des procureurs qui ont parlé de l’importance de définir correctement les crimes commis par la Turquie, soulignant, par exemple, le contrôle et l’utilisation de l’eau comme « outil stratégique pour la guerre contre les Kurdes ».
L’enquêteur de l’équipe de poursuite, Efstathios C. Efstathiou, a présenté l’affaire relative au « déplacement de population et à l’ingénierie ethnique à Afrin ».
Efstathiou a déclaré : « Le cas d’Afrin tourne autour du déplacement forcé de civils de divers villages en 2018, suivi de l’installation stratégique de familles de la campagne de Damas, en particulier de la Ghouta. Cette initiative de réinstallation impliquait un changement de nom des rues, des devantures de magasins, des panneaux de signalisation et d’autres éléments d’infrastructure. Le rapport détaille comment les forces d’occupation se sont livrées au pillage des propriétés et ont orchestré la réinstallation de familles arabes sunnites de la Ghouta orientale dans les maisons des Kurdes déplacés, dans le cadre d’un plan plus large visant à modifier la composition démographique de la région. Ce plan d’ingénierie démographique, décrit comme une stratégie des services de renseignement turcs, visait à éradiquer la présence kurde dans la région et à effacer son identité kurde.
Au cours des événements ultérieurs, « l’armée nationale » soutenue par la Turquie a procédé à des bombardements et des tirs d’artillerie, ce qui a conduit à des affrontements avec les forces du Conseil militaire de Manjib en décembre 2024. Cela a entraîné le déplacement de milliers de familles, avec un afflux important dans la région d’Al-Tabqa, en particulier en provenance d’Al-Shahba. Le nombre total estimé de personnes déplacées a atteint 120 000, avec une répartition démographique montrant que 40 % sont des enfants, 40 % des femmes et le reste est composé de jeunes hommes et de personnes âgées. En outre, le rapport documente le rapatriement forcé des réfugiés à Afrin, contribuant davantage à la transformation démographique de la région. Le rapport comprend des statistiques sur les abris de Tabqa et met en évidence les besoins fondamentaux de la population déplacée pour souligner l’ampleur des dommages causés par ces actions. »
La cession « Rojava versus Turquie » du Tribunal international des peuples a été organisé par le Comité des affaires étrangères de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, le groupe d’avocats qui surveille les crimes commis en Turquie, le Centre de recherche et de protection des droits des femmes et diverses organisations de défense des droits de l’homme. L’événement est également soutenu par l’ULB, la MAF-DAD (Association pour la démocratie et le droit international), l’ELDH (Association européenne des juristes démocrates), l’IADL (Association internationale des juristes démocrates), le Congrès national du Kurdistan (KNK) et l’Institut kurde de Bruxelles.
Les Kurdes participeront à la conférence sur la Syrie qui aura lieu à Paris
TURQUIE. Des hommes ont tué 33 femmes en janvier
TURQUIE / KURDISTAN – Des hommes ont tué 33 femmes en janvier 2025 en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, tandis que 32 autres femmes sont mortes dans des circonstances suspectes.
La plateforme « Nous stopperons les Féminicides » (Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu – KCDP) a publié son rapport pour janvier 2025, révélant que 33 femmes ont été assassinées par des hommes tandis que 32 autres sont mortes dans des circonstances suspectes.
Selon les informations compilées par Bianet à partir de journaux locaux et nationaux, de sites Internet et d’agences de presse, des hommes ont tué au moins 28 femmes et quatre enfants en janvier.
En outre, 39 femmes et sept enfants sont morts dans des circonstances suspectes, ce qui ne permet pas de savoir si ces meurtres étaient basés sur le genre ou non.
À Batman et Kocaeli, deux femmes ont exercé leur droit à la légitime défense en tuant leurs maris violents. (Bianet)
ALLEMAGNE. Raid policier contre une association kurde de Nuremberg
ALLEMAGNE – Hier, la police allemande a de nouveau perquisitionné les locaux de l’association kurde Medya Volkshaus à Nuremberg. La coprésidente du centre, Makbule Kartal a été placée en garde à vue pour « terrorisme ».
Au petit matin, la police allemande a fait irruption dans le centre communautaire kurde Medya Volkshaus de Nuremberg. Accompagnés de forces spéciales, les policiers ont pénétré de force dans les locaux, saccagé les locaux de l’association et endommagé de nombreux objets. Plusieurs documents ont été confisqués. Les personnes présentes ont été soumises à des contrôles d’identité et interrogées sans avoir la possibilité de consulter un avocat. Les policiers n’ont pas précisé le motif de la perquisition.
Au même moment, Makbule Kartal, coprésidente du Centre pour une société et une culture démocratiques, a été arrêtée et conduite à Munich pour y être entendue. Son arrestation a été ordonnée en présence de son avocat pour violation présumée du §129 a/b. Elle aurait mené des activités pour le compte du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Kartal est détenue à la prison de Munich-Stadelheim.
Les responsables du Medya Volkshaus sont consternés par le fait que leur centre soit une nouvelle fois pris pour cible par les autorités. Ils soulignent que cette opération est incompatible avec la démocratie et le droit d’association. (ANF)
Le Rojava résiste aux attaques colonialistes turques
SYRIE / ROJAVA – La résistance qui se déroule autour du barrage de Tishreen, de Qarakozak et de Manbij n’est pas seulement une défense militaire ; c’est une manifestation de la volonté révolutionnaire du peuple kurde, écrit dans l’article suivant Rizgar Amed pour le site Firat News (ANF).
L’État turc a mis en œuvre systématiquement une stratégie d’occupation visant à détruire la révolution du Rojava, grâce à laquelle le peuple kurde a obtenu ses plus grands acquis historiques. Ces derniers mois, l’intensification des attaques contre le Rojava montre que les plans d’occupation se sont étendus et approfondis. Ces attaques sont menées directement par l’armée turque ainsi que par des bandes paramilitaires organisées sous l’égide de l’Armée nationale syrienne (ANS / SNA).
Au Rojava, la population résiste à ces attaques par une guerre populaire révolutionnaire, guidée par le paradigme de la nation démocratique développé par Abdullah Öcalan. La résistance à grande échelle autour du barrage de Tishrin, de Qereqozak et de Manbij n’est pas seulement une défense militaire ; elle reflète aussi la volonté révolutionnaire du peuple kurde. L’État turc, dans sa tentative de faire avancer ses plans d’occupation, cible des infrastructures critiques comme le barrage de Tishrin, dans le but de forcer la population à se soumettre. Cependant, le peuple kurde défie ces attaques par des actions de surveillance continues et une résistance massive, rendant les efforts d’occupation inefficaces.
Cet article examinera la stratégie d’occupation de l’État turc au Rojava, les attaques menées par l’Armée nationale syrienne et les stratégies de résistance développées par le peuple kurde, analysées du point de vue des quatre parties du Kurdistan.
La Turquie et sa force supplétive, l’Armée nationale syrienne
Au lieu de déclarer directement la guerre au peuple kurde en lutte pour sa liberté, l’État turc poursuit ses plans d’occupation par le biais de guerres par procuration. Dans ce cadre, l’Armée nationale syrienne, créée dans les régions occupées de Syrie, est essentiellement une force paramilitaire composée de gangs recrutés au sein de l’EI et d’Al-Nosra, opérant directement sous le commandement et le contrôle de la Turquie.
Les principales fonctions de l’ANS sont les suivantes :
Mener une guerre par procuration au nom de l’État turc : au lieu de déployer directement sa propre armée, la Turquie utilise les gangs de l’ANS pour mener des attaques et des opérations militaires.
Forcer la population kurde à s’exiler et modifier la structure démographique : Le SNA met en œuvre des politiques d’oppression, de pillage, de massacres et de déplacement forcé contre la population kurde dans les régions occupées, visant à modifier l’équilibre démographique.
Réanimation de l’EI : L’ANS a incorporé de nombreux anciens combattants de l’EI dans ses rangs, permettant à la Turquie de réactiver indirectement l’EI dans la région.
Endommager le système économique et les infrastructures du Rojava : les sites stratégiques tels que le barrage de Tishrin ne sont pas seulement des cibles militaires mais aussi des sources vitales de vie pour la population civile. La Turquie, par l’intermédiaire de l’Armée nationale syrienne (SNA), cherche à saboter ces infrastructures vitales.
Par ces politiques, l’État turc cherche à détruire le système démocratique, autonome et fondé sur la libération des femmes que le peuple kurde a construit au Rojava. Cependant, le peuple kurde s’oppose à cette stratégie d’occupation par la guerre populaire révolutionnaire.
Le barrage de Tishrin et Qereqozax sont les plus grands symboles de cette résistance
Le barrage de Tishrin est non seulement un centre vital pour le Rojava, mais aussi essentiel à l’approvisionnement en électricité et en eau de la Syrie. Libéré des gangs de l’EI en 2015, le barrage est depuis protégé par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Cependant, par ses attaques contre le barrage de Tishrin, l’État turc vise à plonger le peuple kurde dans la faim, la soif et la misère.
En ciblant directement le barrage, la Turquie cherche à perturber son fonctionnement et à le rendre inutilisable. Le peuple kurde, par des journées de surveillance ininterrompue au barrage de Tishrin, a démontré qu’il ne permettrait jamais que ce dernier soit remis à l’État turc. Bien que l’État turc ait tenté d’occuper la région en utilisant des bandes de l’Armée nationale kurde (SNA), ces attaques ont été bloquées par les forces des FDS et la résistance massive de la population. La résistance au barrage de Tishrin et à Qereqozak n’est pas seulement une confrontation militaire ; c’est un manifeste de la lutte du Rojava pour la liberté.
La guerre populaire révolutionnaire : la plus grande expression du patriotisme
Selon les analyses d’Abdullah Öcalan, le patriotisme n’est pas seulement une question d’amour, mais un effort conscient du peuple pour construire et défendre son propre système. La guerre populaire révolutionnaire qui se déroule au Rojava est une incarnation directe de ce principe.
La nouvelle phase de résistance repose sur les piliers suivants :
– Défense militaire : Sous la direction des YPG, des YPJ et des FDS, un front de résistance est en train d’être établi sur la base de la participation directe du peuple à la guerre.
– Résistance civile : Les veillées au barrage de Tishrin, ainsi que les actions organisées par les mouvements de femmes et de jeunes contre l’occupation, permettent au peuple d’affirmer directement sa volonté.
– Perspective d’une nation démocratique : Le Rojava n’est pas seulement un projet pour les Kurdes, mais aussi un modèle social partagé par les Arabes, les Syriaques et d’autres communautés. Pour cette raison, la guerre populaire révolutionnaire n’est pas seulement une résistance kurde, mais une lutte plus large pour la liberté de tous les peuples, favorisant l’unité entre les divers groupes ethniques et religieux.
– Lien avec la campagne « Libération d’Abdullah Öcalan » : Il existe une claire conscience que la libération totale du peuple kurde ne peut être obtenue sans la fin de l’emprisonnement physique d’Abdullah Öcalan. C’est l’une des sources de motivation les plus puissantes pour la lutte au Rojava.
La résistance au Rojava contrecarre les plans d’occupation turcs
La stratégie d’occupation de l’État turc au Rojava ne se résume pas à une simple attaque militaire, mais à un plan global visant à démanteler les acquis du peuple kurde. Cependant, grâce à la stratégie de la guerre populaire révolutionnaire, le peuple kurde contrecarre avec succès ces tentatives d’occupation et défend sa révolution.
Depuis les habitants qui veillent sur le barrage de Tishrin jusqu’aux jeunes qui résistent aux attaques de l’occupation à Manbij, le peuple kurde agit avec la conscience que cette guerre ne se déroule pas seulement sur le champ de bataille mais dans tous les aspects de la vie. Le patriotisme ne consiste pas seulement à défendre la terre ; il s’agit de maintenir la révolution en vie et de construire l’avenir.
Selon les analyses d’Abdullah Öcalan, la lutte au Rojava n’est pas seulement celle du peuple kurde, mais une lutte commune pour la liberté de toutes les communautés opprimées. Cette résistance grandit avec une détermination suffisamment forte pour faire échouer tous les plans d’occupation.