TURQUIE. Deux femmes journalistes emprisonnées en février
L’Iran et la Turquie se départagent le Kurdistan du Sud
IRAK / KURDISTAN – L’Iran (par l’Est) et la Turquie (par le Nord) se départagent la région autonome kurde d’Irak (Gouvernement régional du Kurdistan).
Selon l’ONG Community Peacemaker Teams (CPT), organisation internationale de défense des droits humains et de réduction de la violence, l’Iran a discrètement construit 151 bases et avant-postes militaires le long des zones frontalières de la région du Kurdistan et des zones contestées, étendant sa présence de 5 à 10 kilomètres sur le territoire du Kurdistan du Sud.

TURQUIE. Les femmes seront dans la rue le 8 mars
TURQUIE / KURDISTAN – A l’occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars, les femmes kurdes et turques seront dans la rue le 8 mars pour défendre leurs droits.
Les femmes descendront dans la rue le 8 mars

Les guerres et les conflits au Moyen-Orient ont entraîné une oppression et une violence accrues à l’égard des femmes, les privant de nombreux droits fondamentaux, notamment de leur droit à la sécurité.
En Turquie et au Kurdistan, les femmes poursuivent leurs efforts pour obtenir des réformes juridiques qui protégeraient leurs droits. Alors qu’elles se préparent à célébrer le 8 mars, Journée internationale des femmes, elles le font avec un esprit de résistance contre la violence de l’État masculin.
Des femmes kurdes de Diyarbakır (Amed) ont parlé à l’ANF de leurs points de vue à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
Nous descendrons dans la rue
Şilan Aytemiz : « Le 8 mars est la Journée internationale des femmes, mais dans notre pays, même ce jour-là, des femmes sont assassinées. Cela doit cesser. Non seulement nos femmes, mais aussi nos enfants sont tués. Les femmes ne sont pas valorisées dans ce pays. Les femmes n’existent pas ici, mais leur « journée », oui. Il n’y a pas de justice dans ce pays. Alors que des peines sévères sont infligées pour d’autres crimes, la justice reste silencieuse lorsque des femmes sont assassinées. Les femmes doivent s’unir. Nous devons nous tenir ensemble dans la rue, faire entendre nos revendications et nous battre. Si nécessaire, nous devons résister. Le 8 mars, nous serons dans la rue. »
Les femmes réclament la paix
Hediye Kurt : « Les femmes veulent avant tout la paix. Le peuple kurde et les femmes ont besoin de paix. Notre priorité doit être d’assurer l’éducation de toutes les femmes et de toutes les filles. En tant que femmes, nous devons faire entendre notre voix contre l’oppression et l’injustice. Nous devons rester unies. Notre seul chemin vers la libération est la solidarité. Tant que nous resterons divisées, l’oppression continuera. J’espère que le 8 mars, Journée internationale des femmes, deviendra un tournant historique pour les femmes et que notre lutte se renforcera. »
Les lois protégeant les femmes ne sont pas appliquées
Eda Ekin : « Le 8 mars est une journée importante pour les femmes du monde entier. Cependant, les luttes et la valeur des femmes ne doivent pas se limiter à une seule journée ; leur valeur doit être reconnue chaque jour. Nous voulons un pays sans violence, où les femmes sont valorisées et respectées. En tant que femmes, nous sommes très puissantes et nous devons nous unir pour renforcer encore davantage notre pouvoir. Malheureusement, les lois en vigueur dans ce pays ne protègent pas efficacement les femmes. »
Nous devons rester unies
Suzan Koçak : « En tant que femmes, nous devons nous protéger. Les femmes devraient pouvoir exprimer librement leurs opinions. Pour prévenir la violence à l’égard des femmes, nous devons nous unir et agir collectivement. Les femmes doivent être libres. Il devrait y avoir davantage d’organisations soutenant les droits et l’autonomisation des femmes. »
Les lois protégeant les femmes doivent être appliquées
Fatma Kantar : « L’importance du 8 mars est immense, mais malheureusement, son importance n’est pas reconnue dans notre pays. J’espère que les violences et les massacres contre les femmes cesseront. Il est temps de renforcer la lutte contre la mentalité masculine. Il doit y avoir plus d’espaces où les femmes peuvent s’exprimer librement. Malheureusement, aucune femme dans ce pays n’est complètement en sécurité. Les lois qui protègent les femmes doivent être mises en œuvre immédiatement. » (ANF)
TURQUIE. La paix se fait attendre sur le front Kurde
TURQUIE / KURDISTAN – Malgré les soi-disant « pourparlers de paix » en cours entre le gouvernement turc et la guérilla kurde, l’État turc poursuit ses attaques militaires ciblant le Rojava et le Bashur et le pillage du Kurdistan. C’est pourquoi, une bonne partie des Kurdes ne croient pas que la Turquie soit prête à faire la paix avec les Kurdes, tant qu’elle ne sera pas contrainte de le faire. En attendant ce moment hypothétique, voici l’actu des attaques turques ciblant le Kurdistan, y compris le Rojava.
Pillage des biens de la municipalité kurde de Van
Les co-maires de la municipalité métropolitaine de Wan destitués illégalement, Neslihan Şedal et Abdullah Zeydan, ont fait une déclaration sur leurs comptes X (ancien Twitter) concernant les développements après la nomination d’un administrateur étatique à la tête de leur municipalité. Le communiqué indique que l’administration fiduciaire a retiré des matériaux de la municipalité, annulé certains projets et donné des ressources publiques à des profiteurs.
Le communiqué indique que divers matériels du Centre de vie des femmes ont été retirés du bâtiment, que des tables et des chaises apportées pour les cours d’alphabétisation kurde ont été déplacées et que des objets appartenant au Département des politiques des femmes ont été pillés. « Maintenant, ils pillent le matériel du Centre de vie des femmes, qui est également utilisé comme lieu de réunion par le Département des politiques des femmes, où un travail important est effectué pour les femmes. Une grande partie du matériel a été retiré du bâtiment. Nous savons également que les tables et les chaises que nous avions apportées pour les cours de lecture et d’écriture en kurde ont également été retirées ».
Le communiqué signale également que l’atelier de joaillerie et l’atelier de tapis (kilim), qui étaient prévus dans le cadre des projets pour les femmes, sont également annulés au motif qu’ils « ne sont pas nécessaires ».
Attaques militaires contre le Rojava
Les forces turco-jihadistes poursuivent leurs attaques terrestres et aériennes ciblant les civils et les infrastructures du Rojava, y compris les environs du barrage de Tishreen, dans le canton de Kobanê, avec un bilan humain, écologique et matériel dramatique…
Attaques militaires contre le Kurdistan « irakien »
Les drones turcs mènent des attaques régulières dans le Kurdistan d’Irak où l’armée turque a occupé illégalement plusieurs villages kurdes qu’elle a fait vider de leurs populations.
Alors que le régime turc d’Erdogan continue sa politique de terres brûlées au Kurdistan, on ne doit pas demander aux Kurdes d’avoir de l’espoir pour la paix avec la Turquie. Seul un événement majeur ne laissant aucun autre choix à la Turquie la poussera à faire la paix avec les Kurdes, y compris le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), dont le chef historique Abdullah Ocalan est tenu en otage sur l’île prison d’Imrali depuis 26 ans déjà.
ROJAVA. Les civils rompent leur jeûne au barrage de Tishreen
SYRIE / ROJAVA – Les boucliers humains qui ont monté une veille pacifique au barrage de Tichrine depuis 8 janvier 2025, en solidarité avec les forces arabo-kurdes poursuivent leur résistance pendant le Ramadan. Ce soir, la foule a rompu le jeûne le deuxième jour du Ramadan près du barrage sous le ciel ouvert, à moitié dans l’obscurité.
La résistance populaire contre les attaques turco-jihadistes au barrage de Tishreen se poursuit depuis 54 jours, avec la participation des habitants de Hasaka, Darbasiyah, Tal Tamr, Al-Shaddadi, Al-Hol et Tal Brak arrivés le 28 février.
Depuis deux jours, avant l’heure de l’iftar (ou ftour), les civils participant à la résistance populaire préparent le repas et rompent le jeûne ensemble.
Depuis le 8 janvier, les populations du nord et de l’est de la Syrie maintiennent une surveillance de résistance en groupes au barrage de Tishrin pour le défendre contre les attaques de la Turquie et de ses groupes paramilitaires.
IRAN. 4 Kurdes pendus le 27 février 2025
IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien a pendu 4 prisonniers kurdes le 27 février 2025 dans la prison de Ghezel Hesar à Karaj, dans la province d’Alborz. 3 autres prisonniers ont été exécutés, dont un en public, fin février signale l’ONG de défense des droits humains Kurdistan Human Rights Network (KHRN).
Le 28 février, Shoayb Rezapour, un jeune Kurde du village de Sost à Esfarayen, dans la province du Khorasan du Nord, a été exécuté en public dans la ville, a appris le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN).
Shu’aib Rezapour avait été condamné à mort pour « meurtre prémédité » après avoir été reconnu coupable d’avoir poignardé mortellement un homme à l’été 2022.
Le procureur de Bojnurd a déclaré aux médias d’État que l’accusé avait été arrêté et jugé « dans les plus brefs délais », ajoutant que l’exécution avait été effectuée en public sur les lieux du crime, sur le pont Behesht de la ville, à la demande de la famille de la victime.
Selon la loi islamique, le « meurtre prémédité » est un crime puni par le qisas, ce qui donne à la famille de la victime le droit de riposter.
La veille, aux premières heures du 27 février, quatre prisonniers kurdes avaient été exécutés dans la prison de Ghezel Hesar à Karaj, dans la province d’Alborz.
Mostafa Hazhir-Pirouz, 40 ans, d’Asadabad, province de Hamadan, a été reconnu coupable d’infractions liées à la drogue, tandis que trois autres personnes – Amir Jafarpanah de Bijar dans la province du Lorestan, Alireza Basatiniya, 23 ans, d’Ilam dans la province d’Ilam, et Sajjad Eghbali de Kuhdasht dans la province du Lorestan – ont été condamnées à mort pour « meurtre prémédité ».
KURDISTAN. Le premier feu du Newroz allumé dans le village d’Apo
TURQUIE / KURDISTAN – L’Assemblée des jeunes du DEM Parti a allumé le premier feu du Newroz (nouvel – an kurde) à Amara, le village du leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Öcalan.
L’Assemblée des jeunes de Riha du Parti pour l’égalité des peuples et la démocratie (Parti DEM) a allumé le premier feu du Newroz 2025 à Amara, le village du chef du PKK Abdullah Öcalan. Les jeunes ont fait une déclaration avant le programme de Newroz qui s’est déroulé dans la cour de la maison où est né Abdullah Öcalan.
Images pastorales du Kurdistan du Nord, par Kicki Lundgren
PARIS – Le 1er mars 2025, l’Institut kurde de Paris a accueilli la photographe suédoise Kicki Lundgren pour la présentation de son livre-photo « Memories from the faraway mountains (Souvenirs des montagnes lointaines) » qui contient des photos prises durant les années 1990 dans les régions reculées de Dersim et d’Erzincan, au Kurdistan du Nord.


Dans ce livre de photos en noir et blanc, on voit des villageois kurdes, notamment des femmes et des enfants, dans leur quotidien, tantôt cuisinant, tantôt se reposant, tantôt bataillant contre la neige qui s’accumule sur des toit des maisons en terre battue… Des tâches souvent effectuées uniquement par les femmes et les jeunes filles, pendant que les hommes se prélassent au frais durant l’été et autour de la cheminée durant l’hiver…

Après la présentation du livre, Lundgren confiait au public que la première fois qu’elle s’est rendue dans les régions kurdes de la Turquie, elle avait été frappée par l’odeur de la nature et la proximité des gens avec la nature, les animaux et entre eux-mêmes.




Vous pouvez connaitre le travail de Kicki Lundgren sur son site : https://www.kickilundgren.com/about
KURDISTAN. Le 3e Festival international du film d’Amed aura lieu en novembre


ROJAVA. Ouverture d’un atelier de couture pour femmes à Hassaké
SYRIE / ROJAVA – L’atelier de couture Inanna (en kurde: Kargeha Ananaya Dûrinê) a ouvert ses portes dans le quartier de Neşwa à Hesekê dans le cadre des activités de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars.
Le Bureau des femmes de la municipalité d’Hassakê a ouvert un atelier de couture nommé Inanna dans le quartier de Neşwa dans le cadre des activités du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.
L’atelier de couture a été inauguré par une cérémonie à laquelle ont participé des dizaines de femmes. Reşa Remo, membre du Bureau des femmes de la municipalité de Hesekê, a rendu hommage aux femmes du monde entier et a déclaré que l’atelier avait été inauguré avec le slogan « Nous construisons une Syrie démocratique avec la philosophie Jin, jiyan, azadî » pour soutenir les femmes et leur donner des droits.
Remo a déclaré que l’atelier textile d’Inanna a été ouvert pour le développement de l’économie des femmes et a ajouté : « Nous allons encore agrandir cet atelier grâce à notre travail et à nos efforts. »
L’atelier de couture Inanna est ouvert tous les jours sauf le vendredi de 08h00 à 15h00. Il y a 3 machines à coudre dans l’atelier. (ANF)
SYRIE. Le Conseil militaire de Siwêda déclare l’état d’urgence
SYRIE – Suite aux violents affrontements qui ont fait des morts et des blessés dans le la ville de Jaramana à majorité druze et chrétien, près de Damas, le Conseil militaire de Soueida a décrété l’état d’urgence militaire. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a quant à lui ordonné à l’armée de « se préparer à défendre la communauté druze de Jaramana ».
Au moins une personne a été tuée et environ neuf autres blessées à Jaramana, gouvernorat de Rif Dimachq, à la suite d’affrontements armés entre des résidents locaux et les forces de sécurité affiliées au gouvernement de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (ASDH ou SOHR).
La ville a été le théâtre d’intenses combats entre les forces de sécurité intérieure et les groupes armés locaux en réponse au meurtre d’un agent de sécurité et à l’enlèvement d’un autre.
Suite aux affrontements armés à Jaramana, le Conseil militaire de Suwayda a publié une communiqué déclarant :
« Compte tenu de l’escalade rapide de la situation à Jaramana et de notre engagement à protéger la population, nous plaçons toutes nos unités de combat en état d’alerte maximale, prêtes à intervenir immédiatement si nécessaire. »
Au même moment, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à l’armée de « se préparer à défendre la population druze de Jaramana dans la campagne de Damas ». (via l’agence kurde ANHA)
PARIS. Cérémonie de clôture du festival des films kurdes Zagros
PARIS – Ce soir, des Kurdes de plusieurs pays d’Europe et du Kurdistan ont assisté dans l’auditorium de l’Hôtel de Ville à la soirée de clôture de la deuxième édition du festival des films kurdes Zagros qui a lieu en ligne.

Prises de parole, musique, danse et cocktail
Du premier au 28 février mars 2025, l’Association Des Cinéastes Kurdes de Paris (KOSÎ) organisait la deuxième édition du festival de films kurdes en ligne : Zagros Film Festival. La deuxième édition du festival cinématographique virtuel fut une réussite avec plus de 400 000 personnes touchées. En effet, avec une vingtaine de longs et court-métrages, de documentaires et de films d’animation des réalisatrices et de réalisateurs kurdes du Kurdistan et de la diaspora mis en ligne gratuitement, le festival virtuel Zagros fût de nouveau couronné de succès pour sa deuxième édition.
L’organisateur du festival, Simon Suleyman a pris la parole pour remercier notamment la marraine du festival Geneviève Garrigos, les sponsors du Festival l’association des femmes entrepreneuses Rien K’Elles, LE Kurdistan Serab, les réalisatrices et réalisateurs qui ont participé au festival et toutes les personnes qui ont apporté leur aide à l’organisation du festival de filmes kurdes Zagros (en anglais: Zagros Film Festival – First Online Kurdish Film Festival).

Simon Sulaymani a également rendu hommage au comédien kurde Juma Khalil Ibrahim (alias Bave Tayar) tué par un drone turc près du barrage de Tishreen, au Rojava, le 19 janvier 2025.

Simon Suleymani a présenté brièvement l’association des cinéastes kurdes KOSI basée à Paris et l’histoire du peuple kurde en lutte dans les quatre parties du Kurdistan contre des États colonialistes qui interdisent tout ce qui est kurde: langue, culture, musique… Il a rappelé que leur association KOSI avait d’abord vu le jour à Ankara, mais avait rapidement été interdite par le régime turc, comme tous les associations et centres culturels kurdes en Turquie.

Geneviève Garrigos a également pris la parole pour dire combien elle était admirative du courage du peuple kurde qui lutte pour faire vivre sa langue et sa culture qui sont criminalisées notamment au Kurdistan « turc » et au Kurdistan « iranien » .

A cause d’un problème technique, le court-métrage qui était prévu lors de la soirée n’a pas pu être projeté. Mais le public a eu droit avons eu droit à une petit concert donné par l’artiste Genco Selwa qui a fait dansé la salle.
Et enfin, un buffet accompagné des vins de KURDISTAN Şerab fût très apprécié du public.