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ROJAVA. Mobilisations massives contre le projet de constitution islamiste de Damas

SYRIE / ROJAVA – Qamishlo, Amûdê, Tabqa… depuis hier, les populations du Rojava manifestent contre la « Déclaration constitutionnelle », signée par le président par intérim, Ahmed Al-Charaa (alias al-Joulani), exigeant que les droits des femmes et des minorités ethniques et religieuses soient garantis.

Le 13 mars, en plein massacre des Alaouites sur la côte syrienne et peu de temps après l’accord signé avec les Kurdes du Rojava, le président par intérim, Ahmed Al-Charaa (alias al-Joulani), a signé une déclaration constitutionnelle pour la période transitoire (dont on ne sait quand il prendra fin) basée sur la jurisprudence islamique (fiqh), provoquant la colère des femmes et des minorités kurdes et druzes qui signalent qu’elle « contredit la réalité de la Syrie et sa diversité » et qu’ils refusent la réintroduction d’un « régime tyrannique ».

Depuis, des manifestations ont lieu à travers le Rojava contre le nouveau régime islamo-dictatorial que le chef de HTC veut instaurer dans toute la Syrie.

Manifestation à Tabqa

Les organisations démocratiques de la société civile du canton de Tabqa ont organisé une manifestation contre la « Déclaration constitutionnelle », avec la participation de membres de diverses organisations, dont des syndicats d’avocats, d’agriculteurs, d’enseignants et d’intellectuels de la région. La manifestation s’est déroulée devant leur siège à Tabqa.

 

Manifestation à Qamishlo

Pour la deuxième journée consécutive, la population est descendue dans la rue à Qamishlo contre la « Déclaration constitutionnelle » de Jolani. Aujourd’hui, une manifestation organisée par le Mouvement des femmes Kongra Star a été suivie massivement par des militantes, des membres de la société civile et des étudiants qui portaient des banderoles et pancartes dénonçant le régime misogyne et islamiste de Damas.

 

Manifestation à Amûdê

Ce matin, une manifestation a eu lieu dans la ville d’Amûdê, dans l’administration autonome de Rojava, contre le nouveau projet de constitution signé par le gouvernement syrien.

ROJAVA. Le Conseil des femmes syriennes rejette le projet de constitution

SYRIE / ROJAVA – Le Conseil des femmes syriennes a rejeté le projet de constitution, demandant que les droits de toutes les communautés syriennes, y compris les femmes, soient garantis.

Le Conseil des femmes syriennes a publié une déclaration concernant le projet de constitution préparé par le gouvernement de Damas.

Logo du Conseil des femmes syriennes

Le Conseil des femmes syriennes (en kurde: Meclisa Jinên Sûriyê) a déclaré que le projet de constitution avait été élaboré au mépris total de la longue lutte des femmes syriennes contre la dictature. Il a souligné qu’il s’agissait d’une injustice systématique à l’encontre des aspirations des femmes et de leur désir de participer activement à la reconstruction de leur pays.

La déclaration souligne que le projet de constitution ne reflète pas la diversité nationale, ne protège pas les droits et l’identité des femmes et ne peut pas servir de « constitution sociale » qui protège l’existence et l’identité de tous les citoyens.

Le Conseil a souligné qu’il rejetait complètement le projet de constitution et a appelé à la création d’une constitution qui reflète les revendications du peuple syrien et garantit les droits de toutes les communautés, y compris les femmes. (ANF)

TURQUIE. Des dizaines d’enfants meurent chaque année dans des accidents du travail

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TURQUIE / KURDISTAN – L’Observatoire de la santé et de la sécurité au travail (ISIG) a déclaré que chaque année, des dizaines d’enfants perdent la vie dans des accidents du travail en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays.

L’Observatoire de la santé et de la sécurité au travail (İşçi Sağlığı ve İş Güvenliği Meclisi, ISIG) a protesté contre la décision de justice rendue dans l’affaire d’Ahmet Yıldız, un enfant kurde de 13 ans tué par une presse dans un atelier de sciage d’Adana. La peine de cinq ans de prison prononcée contre l’employeur a été réduite pour « bonne conduite » et convertie en un amende pécunière.

L’ISIG a souligné que cette décision ajoute un autre maillon à la chaîne de l’impunité dans les cas de décès d’enfants liés au travail et a réaffirmé son engagement à poursuivre la lutte contre ces tragédies évitables.

L’ISIG a déclaré que chaque année en Turquie, 60 à 70 enfants perdent la vie alors qu’ils travaillent dans l’agriculture, l’industrie, la construction et le travail de rue, appelant à des mesures urgentes pour prévenir l’exploitation des enfants.

Les principales revendications décrites dans la déclaration étaient les suivantes :

– L’emploi des enfants de moins de 15 ans doit être totalement interdit.

– Les inspections doivent être intensifiées et les employeurs qui embauchent des enfants travailleurs doivent faire face à de lourdes sanctions.

– L’éducation doit être gratuite, avec un programme fondé sur la science et des applications concrètes.

– La formation professionnelle doit être conçue de manière à s’aligner sur le développement de l’enfant.

– Les environnements de vie des enfants doivent être exempts de gangs et de drogues et enrichis d’activités sportives, artistiques et culturelles.

TURQUIE. Arrestation de cinq individus accusés d’espionnage pour le compte de l’Iran

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TURQUIE – Les autorités turques ont arrêté cinq individus accusés d’espionner des bases militaires et d’autres sites sensibles pour le compte des services de renseignement iraniens, dans un contexte de tensions croissantes entre Ankara et Téhéran.

Selon des médias turcs, les suspects ont été appréhendés lors de raids simultanés à Istanbul et dans les provinces méditerranéennes d’Antalya et de Mersin.

Les détenus auraient recueilli des informations sur des bases militaires, des zones stratégiques en Turquie et des sites sensibles à l’étranger, et auraient transmis ces informations aux agences de renseignement iraniennes.

Les rapports n’ont pas fourni plus de détails sur les suspects ou sur les informations qu’ils sont accusés d’avoir obtenues.

Les tensions se sont intensifiées le mois dernier après que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a critiqué la stratégie de longue date de l’Iran consistant à utiliser des groupes chiites mandatés dans la région pour faire avancer ses intérêts, la qualifiant de déstabilisatrice.

Les remarques de Fidan faisaient suite à une question sur l’impact de la chute du régime de Damas, soutenu par l’Iran, sur les relations turco-iraniennes. Si l’Iran a été le principal soutien régional du régime de Bachar el-Assad, la Turquie a été le principal soutien des groupes armés et des mercenaires islamistes, signale l’agence kurde ANHA. 

KURDISTAN. La Turquie poursuit ses attaques malgré le cessez-le-feu

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IRAK / KURDISTAN – La Turquie a mené plus de 700 attaques terrestres et aériennes contre la guérilla kurde depuis le cessez-le-feu unilatéral décrété par le PKK le 1er mars dernier.

 

Le Centre de liaison de presse HPG (branche armée du parti des travailleurs du Kurdistan, PKK) a annoncé que la Turquie a mené 383 attaques au cours des deux derniers jours malgré le cessez-le-feu décrété par la guérilla kurde.

 

Suite à l’« Appel à la paix et à la société démocratique » lancé par le leader kurde Abdullah Öcalan le 27 février, le PKK a également annoncé une décision de cessez-le-feu le 1er mars.

 

Malgré la décision de cessez-le-feu, le PKK poursuit ses attaques contre les régions de Zap, Metina et Avaşin de la région fédérale du Kurdistan de Turquie. 
Le centre de presse HPG a fait une déclaration concernant les attaques menées par la Turquie les 13 et 14 mars. HPG a également noté qu’ils sont intervenus dans les attaques contre eux. 
Le HPG a publié le communiqué suivant sur le bilan des attaques de deux derniers:

 

« Les 13 et 14 mars, de nombreuses zones, notamment les régions de Xakurkê, Garê et Metîna, ont été bombardées à 6 reprises par des avions de guerre.
Les 13 et 14 mars, de nombreuses régions, dont Zap, Girê Bahar, Girê Amediyê et Metîna, ont été bombardées 377 fois avec des armes lourdes, de l’artillerie et des obusiers. 
Au cours des deux derniers jours, les zones en question ont été bombardées au total 383 fois.
Le communiqué précise également que les attaques ont été répondues dans le cadre de la légitime défense. »

KURDISTAN. RSF exige la libération des journalistes Bashdar Bazyani et Sherwan Sherwani

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Enfermés pour avoir enquêté. C’est le sort de deux journalistes du territoire autonome du Kurdistan irakien. L’un, derrière les barreaux depuis cinq ans, aurait dû recouvrer la liberté depuis le 9 mars. L’autre est détenu depuis fin février sans charges officielles. Reporters sans frontières (RSF) appelle le gouvernement de la région autonome kurde en Irak à libérer sans délai Bashdar Bazyani et Sherwan Sherwani, enfermés pour des motifs fallacieux.

Fondateur du mensuel Bashur Magazine et journaliste indépendant réputé dans la région de Bahdinan, fief du Parti démocratique kurde (PDK) et de la puissante famille Barzani, Sherwan Sherwani enquêtait sur la corruption présumée des dirigeants du Kurdistan irakien quand il est arrêté et condamné en 2020 pour « espionnage » à une peine de six ans de prison, réduite à trois. À l’issue de sa peine en 2023, il est de nouveau condamné à quatre ans de prison. Cette peine ayant été réduite à deux ans de prison, il aurait dû être libéré le 9 mars dernier. Son maintien en prison, au-delà même de cette sanction qualifiée de « cruelle et vindicative » par RSF, serait dû à des d’obstacles administratifs entravant la décision du juge, selon son avocat.
 
Quant au journaliste Bashdar Bazyani, il a été arrêté, le 28 février dernier, par les forces de l’ordre du gouvernement kurde à son domicile à Souleimaniye, dans le nord de la région autonome d’Irak, dix jours après qu’il ait lancé le média d’investigation en ligne Media 21. Ses collègues Dana Salih, Sardasht Hama Salih, et Nabaz Sheikhani ont été arrêtés le lendemain – avant d’être libérés sous caution 48 heures plus tard, et le bureau de Media a été fermé sous prétexte d’opérer « sans licence » . Selon un porte-parole du Syndicat du journalisme de Souleimaniye, Bashdar Bazyani serait détenu en vertu de l’article 433 du Code pénal irakien, accusé donc de “publication de fausses informations” et de « diffamation » . Aucune charge officielle n’a été communiquée.
 
« Bashdar Bazyani et Sherwan Sherwani, arrêtés à cinq ans d’intervalle, sont la preuve vivante de l’étouffement systématique du journalisme d’investigation au Kurdistan irakien. Leur détention restreint le droit du public à être informé sur des sujets essentiels et ils doivent être libérés immédiatement. Nous demandons aussi au gouvernement kurde d’annuler les charges qui pèsent contre les journalistes de Media 21 soient abandonnées et de permettre au média de travailler librement. »
 
Jonathan Dagher, Responsable du bureau Moyen-Orient de RSF
Un climat d’intimidation
 
Sherwan Sherwani avait déjà été soumis à des pressions en lien avec ses enquêtes sur des affaires de corruption et sur les cas de journalistes et écrivains kurdes assassinés au Kurdistan depuis 1991. Il a été arrêté une première fois en 2012 puis détenu pendant six jours à la suite de la publication en 2011 d’un article dans Bashur Magazine révélant une affaire de corruption impliquant un officiel de la municipalité de Duhok. Quelques mois après sa libération, il a été poursuivi pour diffamation par un proche du clan Barzani. Enfin en 2019, il a été interpellé pour sa couverture d’une manifestation à la frontière turque.
 
Bashdar Bazyani est également connu pour ses enquêtes sur des affaires de corruption. Dans sa dernière publication sur Facebook, le 23 février, il avait révélé détenir des informations relatives à de la pollution industrielle émanant d’une cimenterie et aurait reçu des menaces de poursuites judiciaires de la part de l’un des propriétaires de la cimenterie, selon les informations recueillies par RSF. Son arrestation pourrait aussi être liée à une interview non publiée d’un membre de la famille d’un fonctionnaire du gouvernement kurde, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Bashdar Bazyani avait déjà été détenu le 5 février pendant 12 heures au poste de police de Sardinar pour des charges qu’il dit ignorer à ce jour. À sa libération, il a déclaré avoir été malmené et avoir eu les mains et les pieds menottés tout au long de sa détention.
 
Deux autres reporters – le photojournaliste indépendant Qahraman Shukri et le journaliste indépendant Omed Baroshki – sont également détenus en raison de leur travail au Kurdistan irakien. (RSF)

TURQUIE. Les mères du samedi demandent justice pour Yusuf Erişti

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TURQUIE – ISTANBUL – Lors de leur 1042e veillée hebdomadaire, les Mères du Samedi ont demandé justice pour Yusuf Erişti, un jeune homme porté disparu après avoir été arrêté par la police antiterroriste à Istanbul il y a 34 ans.

Photos des personnes disparues de forces portées par leurs proches
 
Yusuf Erişti qui a passé 2 ans en prison après le coup d’État militaire du 12 septembre 1980 a été détenu et torturé à plusieurs reprises après sa libération. Il fut porté disparu de force après avoir été arrêté de nouveau par la police antiterroriste à Istanbul le 14 mars 1991. Mais les autorités turques ont nié l’arrestation de jeune Erişti, malgré l’insistance de sa famille pour le retrouver.
 
Depuis plus de 29 ans, les mères du samedi demandent justice pour leurs disparu.e.s
 
Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
 
Les « mères du samedi » reproche à l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

ROJAVA. Qamishlo dans la rue contre la « Déclaration constitutionnelle » d’al-Chaara

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SYRIE / ROJAVA – Hier, en plein massacre des Alaouites sur la côte syrienne et peu de temps après l’accord signé avec les Kurdes du Rojava, le président par intérim, Ahmed Al-Charaa (alias al-Joulani), a signé une déclaration constitutionnelle pour la période transitoire (dont on ne sait quand il prendra fin) basée sur la jurisprudence islamique (fiqh), provoquant la colère des femmes et des minorités, dont les Kurdes qui signalent qu’elle « contredit la réalité de la Syrie et sa diversité » et qu’ils refusent la réintroduction d’un « régime tyrannique ».

 

Aujourd’hui, des Kurdes de Qamishlo ont protesté contre la « déclaration constitutionnelle » émise par les autorités de Damas, qui, selon eux, marginalise les minorités ethniques et religieuses du pays.

La manifestation, organisée à côté du stade des Martyrs dans le quartier touristique, a vu la participation d’activistes kurdes et de dirigeants de divers partis politiques kurdes en Syrie.

Après un moment de silence, la manifestation s’est dirigée vers le siège de la Commission des Nations Unies dans le quartier touristique de Qamishli.

Les manifestants portaient des banderoles avec des slogans tels que « Ne répétez pas les expériences baasistes ratées », « La Syrie est multiethnique, multireligieuse et multiculturelle, et les droits de ces groupes doivent être reconnus dans la nouvelle constitution », « Non à l’exclusion et à la marginalisation », « Un État qui ne reconnaît pas mon identité ethnique n’est pas ma patrie », et plusieurs autres phrases rejetant la déclaration constitutionnelle et la marginalisation des composantes syriennes.

(ANHA)

EUROPE. Saisi par le PKK, la CJUE s’oppose à son retrait de la liste des organisations terroristes

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EUROPE – La Cour de justice de l’UE a rejeté l’appel du groupe armé kurde, PKK, qui demandait à être retiré de la liste des organisations terroristes du Conseil de l’Europe.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rejeté le recours du PKK contre la décision du Conseil de l’Europe de maintenir le PKK sur sa « liste des organisations terroristes ».

Dans sa décision du 13 mars, la Cour a déclaré que le maintien du PKK sur la liste du Conseil de l’Europe était légal et a rejeté cinq objections principales soulevées par les avocats représentant le PKK.

Le PKK avait fait appel de la décision du Conseil de l’Europe, arguant que celle-ci contenait des erreurs juridiques, que les motifs invoqués étaient obsolètes et que les mesures prises étaient disproportionnées. La Cour a rejeté l’appel, arguant qu’il existait suffisamment de preuves pour maintenir le PKK sur la liste.

Avec cette décision, le PKK restera sur la « liste des organisations terroristes » de l’Union européenne.

C’est la cinquième fois que la Cour de justice confirme la décision de l’UE concernant la liste des organisations terroristes.

Contexte de l’affaire

Après que l’État allemand a inscrit le PKK sur sa liste des organisations interdites le 26 novembre 1993, un nouveau concept de sécurité a été introduit dans le monde entier suite à l’attaque des Twin Towers aux États-Unis en 2001.

L’Union européenne a créé sa propre liste en décembre de la même année, dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme » imposée par les États-Unis. Le PKK y a ainsi été inclus en 2002.

Depuis 2014, la Cour de justice de l’Union européenne a traité plusieurs affaires concernant le PKK. Un arrêt de la Cour de 2018 a annulé les listes établies entre 2014 et 2017.

Le tribunal a donc jugé que les arguments en faveur de l’inscription du PKK étaient « inadéquats » et a statué que le groupe ne pouvait pas être inclus dans la liste.

L’UE a fait appel de cette décision. Immédiatement après, le Royaume-Uni a demandé en 2018 le maintien du PKK sur la liste, et le PKK a été automatiquement réinscrit le 9 janvier 2018, sur la base des mêmes arguments. Suite à cela, la partie kurde a intenté une action en justice contre la nouvelle liste le 7 mars de la même année.

L’objection du Conseil de l’Europe à la décision précédente et les dossiers contre les nouvelles listes ont été fusionnés et la première audience a eu lieu le 31 mars 2022.

Lors de l’audience du 31 mars, la Cour de justice a critiqué le Conseil de l’Europe et réagi à la défense du « copier-coller » qui reprenait les mêmes arguments malgré l’annulation des listes précédentes.

Le 30 novembre, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu sa décision dans le procès intenté par le PKK pour être retiré des listes des « organisations terroristes » entre 2014 et 2020. Bien que la Cour ait statué dans une décision précédente que le PKK ne pouvait pas être inscrit sur la liste, elle n’a pas révoqué la liste, qui a été automatiquement mise à jour avec les mêmes arguments.

Le 14 décembre 2022, la Cour européenne de justice a rejeté l’objection du PKK de 2021 visant à être retiré de la liste des « organisations terroristes ». (ANF)

SYRIE. La déclaration constitutionnelle d’Al-Charaa provoque la colère des minorités

SYRIE / ROJAVA – Hier, en plein massacre des Alaouites sur la côte syrienne et peu de temps après l’accord signé avec les Kurdes du Rojava, le président par intérim, Ahmed Al-Charaa (alias al-Joulani), a signé une déclaration constitutionnelle pour la période transitoire (dont on ne sait quand il prendra fin) basée sur la jurisprudence islamique (fiqh), provoquant la colère des femmes et des minorités, dont les Kurdes qui signalent qu’elle « contredit la réalité de la Syrie et sa diversité » et qu’ils refusent la réintroduction d’un « régime tyrannique ».
 
Au lendemain de la signature de la « Déclaration constitutionnelle » par Ahmed Al-Charaa, le Conseil démocratique syrien (CDS) a publié un communiqué déclarant que la « Déclaration constitutionnelle » ne reflète pas la diversité du pays, ajoutant que toute déclaration constitutionnelle doit résulter d’un véritable consensus national et ne pas être imposée unilatéralement.
 
Voici le communiqué du CDS:
 
« Nous rejetons catégoriquement la déclaration constitutionnelle présentée par le gouvernement intérimaire. Comme indiqué dans notre précédente déclaration du 26 février 2025, la « Conférence de dialogue national » n’était pas équitable en termes de représentation des composantes sociales et des entités politiques. Le Conseil démocratique syrien affirme que les résultats de cette conférence ne répondront pas adéquatement à la question nationale.
 
Ce projet reproduit l’autoritarisme sous une nouvelle forme, en enracinant le pouvoir centralisé et en conférant au pouvoir exécutif des pouvoirs absolus, tout en restreignant l’activité politique et en gelant la formation des partis politiques, entravant ainsi la transition démocratique. De plus, il ignore l’absence de mécanismes clairs de justice transitionnelle, ce qui aggrave la crise nationale.
 
Nous rejetons fermement toute tentative de rétablir la dictature sous couvert d’une « phase de transition ». Nous réaffirmons que toute déclaration constitutionnelle doit résulter d’un véritable consensus national et ne pas être imposée unilatéralement. Par conséquent, nous appelons à une refonte de la déclaration afin d’assurer une répartition équitable du pouvoir, de garantir la liberté politique, de reconnaître les droits de toutes les composantes syriennes et d’adopter un système démocratique décentralisé doté de mécanismes clairs pour instaurer une justice transitionnelle.
 
La Syrie est une patrie pour tout son peuple, et nous n’accepterons pas la reconstruction d’un régime tyrannique. »

L’Allemagne livre à la Turquie deux Kurdes car « les conditions carcérales en Turquie se sont améliorées »

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ALLEMAGNE – Aujourd’hui, les demandeurs d’asile kurdes, Adnan Kaplan et Engin Alkan vont être livrés à la Turquie par les autorités allemandes car selon elles, « les conditions dans les prisons en Turquie se sont améliorées et que c’est un pays prospère et sûr ».

Adnan Kaplan et Engin Alkan (36 ans), jeunes Kurdes qui ont demandé l’asile dans l’État allemand de Bavière, ont été emmenés à l’aéroport de Munich le 5 mars pour y être expulsés. Kaplan et Alkan seront extradés vers la Turquie ce 13 mars. 

Torture, arrestation et répression

Adnan Kaplan, arrêté lors d’une manifestation à laquelle il a participé lorsqu’il était enfant à Istanbul et qui a passé 3 mois dans la prison pour enfants de Maltepe en 2011, est devenu paralysé de la jambe gauche et de la main gauche en raison d’une hémorragie cérébrale dont il a souffert après sa sortie de prison. En raison de problèmes de santé et de pressions policières, il est arrivé en Allemagne en 2023 et a demandé l’asile. Adnan Kaplan, qui a été jugé dans plusieurs affaires en Turquie et condamné à 22 ans de prison, a vu sa demande rejetée. 

Malgré un mandat d’arrêt

Engin Alkan, qui a quitté son pays en janvier 2019 et a demandé l’asile en Allemagne en raison de problèmes politiques et juridiques en Turquie, est également détenu au centre de rapatriement de Munich. Alkan, jugé pour « appartenance à une organisation terroriste [PKK] », fait face à quatre affaires distinctes en cours, en plus de sa peine de 8 ans avec sursis. Alkan a exprimé son anxiété et son inquiétude dans le message qu’il a envoyé à ses amis comme suit : « Si je suis extradé vers la Turquie, je serai arrêté. J’ai peur et je suis anxieux. Ma famille est également inquiète ». 

« Vous pouvez purger votre peine »

La justification de l’extradition par l’Allemagne est assez intéressante. Les responsables allemands, qui affirment que la Turquie est un « pays sûr », ont déclaré à Alkan : « Les conditions de détention en Turquie se sont améliorées ». « Vous pouvez rester en prison en Turquie et purger votre peine », aurait-il déclaré. Bien qu’un mandat d’arrêt ait été émis contre les deux jeunes Kurdes, la décision a été prise de les extrader vers la Turquie. Kaplan et Alkan, détenus au centre de rapatriement de Munich, seront renvoyés en Turquie ce jeudi 13 mars. (Yeni Ozgur Politika)

TURQUIE. 30 ans après le massacre de Gazi : un quartier qui résiste toujours

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TURQUIE –  Trente ans se sont écoulés depuis le massacre de Gazi. Malgré les attaques de l’État et les tactiques de guerre spéciales qui ont suivi, le quartier kurde-alévie de Gazi résiste toujours.

Gazi Mahallesi (quartier de Gazi) demeure l’un des quartiers les plus pauvres d’Istanbul. Créé dans les années 1990 par des migrants turcs, kurdes et alévis contraints de s’installer à Istanbul, il continue de bénéficier d’une attention particulière de la part de l’État. En proie à la pauvreté et à une rébellion organisée qui en découle, l’intérêt de l’État pour ce quartier n’a jamais faibli.

Dans les années 1990, alors que la crise économique s’aggravait en Turquie et que l’État turc intensifiait ses attaques génocidaires contre le Mouvement pour la liberté du Kurdistan et le peuple kurde, un quartier a commencé à se former en périphérie d’Istanbul, poussé à la fois par la nécessité économique et par l’oppression de l’État. Situé au sein de Gaziosmanpaşa, l’un des plus grands quartiers d’Istanbul, Gazi a subi la pression de l’État dès sa création.

Un exemple de la haine de l’État envers les pauvres 

La pauvreté du quartier a également engendré un esprit révolutionnaire. Dès sa fondation, Gazi est devenu un bastion pour les révolutionnaires, les socialistes et les partisans du Mouvement pour la liberté kurde. La forte concentration de Kurdes et d’Alévis turcs a joué un rôle crucial dans le façonnement de l’identité du quartier. Lieu de lutte contre l’oppression économique et ethnique, Gazi est devenu un pôle de résistance pour ceux qui résistaient aux discriminations de classe et d’identité. C’est notamment après le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, alors que l’opposition révolutionnaire était sévèrement réprimée dans toute la Turquie, que le quartier est devenu l’un des lieux de résurgence de la résistance.

La première intervention majeure de l’État à Gazi a eu lieu lorsque des migrants kurdes, contraints de fuir le Kurdistan dans les années 1990, ont commencé à s’installer dans le quartier et à y construire des logements informels. En quête de sécurité, les résidents kurdes ont créé des associations communautaires, attirant immédiatement l’attention de la police. Les domiciles des Kurdes déplacés étaient fréquemment perquisitionnés, et à mesure que les organisations révolutionnaires et le Mouvement pour la liberté du Kurdistan gagnaient en influence, le harcèlement et la pression policière se sont intensifiés.

Lorsque les attaques ont échoué, un massacre a suivi 

Parallèlement, l’État a mis en œuvre des tactiques de guerre spécifiques, déjà utilisées au Kurdistan. Il a d’abord tenté d’introduire des criminels et des trafiquants de drogue dans le quartier, mais face à la résistance de la population et des révolutionnaires, cette approche a été temporairement abandonnée. Cependant, l’État a ensuite orchestré l’un des plus grands massacres de l’histoire turque. Le 12 mars 1995, des hommes armés ont ouvert le feu sur des établissements fréquentés par des Kurdes et des Alévis à Gazi. Les auteurs n’ont jamais été identifiés ni poursuivis. Lors de la répression policière et militaire brutale des manifestations qui a suivi, l’État a tout mis en œuvre pour protéger ses propres agents.

Le 12 mars 1995 et les jours suivants, 15 personnes furent tuées par les forces de l’ordre à Gazi. L’État chercha à protéger les véritables coupables en désignant quelques boucs émissaires et en leur infligeant des peines légères, tentant ainsi de dissimuler le massacre. Le massacre de Gazi marqua un tournant pour le quartier. Jusqu’alors, la plupart des habitants tentaient simplement de survivre. Cependant, après le massacre, leurs liens avec les révolutionnaires se renforcèrent et le quartier entra dans une période où les révolutionnaires, plutôt que les institutions étatiques, jouèrent un rôle clé dans la résolution des problèmes locaux. Bien que l’État ait tenté de reprendre le contrôle par la force, le soutien de la population aux révolutionnaires démontra que l’État avait peu de pouvoir réel dans le quartier.

Intensification des tactiques de guerre spéciales  

Conscient de l’impossibilité d’établir un contrôle par la force, l’État a mis en œuvre une vaste stratégie militaire spéciale à Gazi. Outre les raids, la torture et les exécutions visant les révolutionnaires et le Mouvement de libération du Kurdistan (MKU), l’État a également cherché à couper les liens du quartier avec les groupes révolutionnaires. L’un des principaux aspects de cette politique consistait à cibler la jeune génération, notamment celle de 12 à 20 ans, plutôt que la génération plus âgée, à l’origine du développement du quartier.

Dans les années 1990, les révolutionnaires étaient une force dominante à Gazi. Cependant, dans les années 2000, l’État a commencé à modifier la composition démographique du quartier. Il a relocalisé les personnes d’affiliation politique islamiste dans des quartiers spécifiques afin de contrebalancer les influences révolutionnaires. D’abord subtils, ces changements sont devenus plus apparents dans les années 2010, lorsque les sectes religieuses ont commencé à gagner du terrain et ont même ouvert des écoles illégales.

La manipulation démographique s’intensifie 

La transformation démographique de Gazi s’est accélérée sous le régime de l’AKP. La montée de l’islam politique a renforcé l’influence de l’État dans certaines zones. Cependant, le mouvement révolutionnaire et le Mouvement de libération du Kurdistan (MLK) étant restés forts, ces changements n’ont pas semblé très significatifs au départ. Dans les années 2010, cependant, les tensions entre ces forces opposées sont devenues plus visibles. Si les efforts de l’État pour propager la corruption et la criminalité dans le quartier se sont heurtés à la résistance des révolutionnaires et de la communauté, l’État n’a pas abandonné son plan à long terme.

Entre 2010 et 2015, une lutte plus nette s’est instaurée entre deux forces opposées dans le quartier. L’essor du Mouvement patriotique révolutionnaire de la jeunesse (YDGH), qui représentait la jeunesse kurde organisée, ainsi que d’autres groupes révolutionnaires, a contré les efforts de l’État visant à introduire la décadence sociale. Cependant, 2015 a marqué un tournant décisif.

Avec les opérations militaires de l’État turc au Rojava et le début de la Résistance autonome, de nombreux jeunes de grandes villes comme Istanbul ont quitté le pays pour rejoindre la lutte. Cela a temporairement ralenti la montée de la résistance révolutionnaire à Gazi. Le départ de deux générations de combattants a créé un vide, et la lutte pour le pouvoir au sein de l’État turc – illustrée par la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 – a fourni à l’État un nouveau prétexte pour une intervention directe.

Cibler les révolutionnaires par la propagande  

Avant 2015 déjà, l’État tentait de discréditer les révolutionnaires par la propagande, une tactique clé des opérations spéciales de guerre. Jusqu’en 2015, l’État turc a fréquemment eu recours à ces méthodes contre Gazi. Il a même bloqué l’accès aux services publics de base dans le quartier et imputé cette privation aux révolutionnaires.

L’État a poursuivi cette stratégie par le biais de campagnes médiatiques et de la présence de personnes dans le quartier. L’accès aux bus à Gazi a été interdit aux heures de pointe. La municipalité a délibérément négligé les projets d’infrastructures. Les autorités ont refusé de s’attaquer aux problèmes liés à la criminalité, y compris les vols mineurs. Au lieu de cela, elles ont présenté le quartier comme « le quartier le plus dangereux » sur les réseaux sociaux, imputant aux révolutionnaires la responsabilité de tous les problèmes affectant la vie quotidienne.

Entre-temps, l’État a construit un centre commercial à l’entrée du quartier et des complexes résidentiels de luxe baptisés « Résidences européennes ». Le gouvernement a ensuite promu l’idée que, sans les révolutionnaires, des développements similaires auraient été possibles dans le quartier. Même le réseau de métro, initialement prévu pour traverser le quartier, a été détourné dans le cadre de cette campagne de guerre psychologique. L’État a justifié cette décision en accusant à tort le mouvement révolutionnaire. (ANF)