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Deux associations alévies appellent à lutter pour la paix et la démocratie

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EUROPE – L’Union démocratique des femmes alévies (en kurde: Yekîtiya Jinên Elewî yên Demokratîk, YJAD) et la Fédération démocratique alévie (en kurde : Federesyona Demokratika Elewî, FEDA) appellent à lutter pour la paix et la démocratie et à résister à l’assimilation.
 
Dans une déclaration commune, la Fédération démocratique alévie (FEDA) et l’Union démocratique des femmes alévies (YJAD ou DAKB) ont appelé tous les peuples à lutter pour la paix et la démocratie et à résister à l’assimilation.
 
Les deux institutions alévies ont souligné que les alévis ont été confrontés au génocide, à l’exil et à l’oppression pendant des siècles, mais qu’ils ont conservé leur foi, leur culture et leurs langues jusqu’à aujourd’hui grâce à la résistance.
 
Le communiqué souligne que la question principale est de « renforcer le processus de paix et de société démocratique », ajoutant que les Alaouites ou Alévis sont obligés de lutter contre les attaques et l’oppression tant en Syrie qu’en Turquie.
 
La reconnaissance internationale du leader du HTS avec le soutien de l’État turc a été condamnée, tandis que les attaques contre le Rojava et la construction de murs en béton le long de la frontière irakienne ont été décrites comme des obstacles à la paix.
 
La déclaration rappelle que l’alévisme accorde une valeur particulière aux femmes et souligne que les femmes alévies sont des pionnières dans la lutte pour la paix et la société démocratique.
 
Il poursuivait : « Les efforts et les contributions de chacun d’entre nous qui servons sincèrement la paix et la démocratie sont précieux. Nous contestons également les approches actuelles concernant la langue, qui servent en définitive des politiques assimilationnistes. En tant que religion, la langue de l’alévisme est la vérité partagée par tous les peuples. L’alévisme se tourne vers la Vérité en turc, en kurde, en zazaki et en arabe, et elle est vécue dans toutes les langues. Chaque langue construit le pont du consentement entre Dieu et les humains ; chacun prie naturellement dans sa langue maternelle. L’alévisme n’appartient à aucun peuple ni à aucune langue. Cette position conduit à la marginalisation de notre langue maternelle, et les conséquences sont graves. Le refus des Mères de la Paix de s’exprimer dans leur langue maternelle à la Commission nationale de solidarité et de fraternité en est un exemple concret. »
 
La FEDA et la DAKB ont appelé tous les opprimés à s’organiser et à lutter, déclarant : « Chacun de nous doit savoir que si nous nous organisons et luttons, nous gagnerons à coup sûr. C’est pourquoi nous crions une fois de plus : Paix pour tous les peuples, pas d’assimilation. Pour notre avenir, luttons ensemble. » (ANF)

TURQUIE. Un Kurde sans carte d’identité va être expulsé vers l’Irak

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TURQUIE / KURDISTAN – Un Kurde de 46 né à Colemêrg (Hakkari) va être expulsé vers l’Irak car il n’a jamais eu de carte d’identité. 
 
Abdullah Muhammed Çiçek, né en 1969 dans le village de Kelêtan à Colemêrg, a perdu sa mère Meryem Çiçek et son père Muhammed Çiçek lors d’un bombardement lors des affrontements entre les forces irakiennes et les peshmergas en 1975. Çiçek, qui s’est retrouvé sans mère et sans père dès son plus jeune âge, n’a jamais été inscrit à l’état civil et n’a donc pas eu d’acte de naissance.
 
En 2006, Çiçek a obtenu une « carte d’identité de réfugié » et sa demande de citoyenneté a été rejetée. Le motif du rejet était que ses documents d’identité avaient été brûlés lors des affrontements dans le district de Çelê’de (Çukurca), à Colemêrg, en 1984.
 
Çiçek a reçu un ordre d’expulsion de la Direction de la gestion des migrations de Mersin. La demande d’annulation de cette décision de Çiçek a été rejetée par le 1er tribunal administratif de Mersin et par le 3e département des affaires administratives du tribunal administratif régional d’Adana. Cicek risque d’être expulsé vers l’Irak.
 
« Apatride »
 
Réagissant au verdict prononcé contre lui, Abdullah Muhammed Çiçek a déclaré : « Mon père était commerçant. Il a épousé ma mère alors qu’il travaillait à la frontière irakienne. Quand j’avais 5 ans, mes parents sont morts dans les bombardements. Mes oncles ne se sont pas occupés de moi et j’ai grandi dans des maisons différentes jusqu’à mes 15 ans. J’ai ensuite travaillé comme berger et dans le bâtiment. À Ankara, on m’a dit : « Tu ne peux pas vivre sans carte d’identité », j’en ai fait la demande. Mais comme mes proches ne m’ont pas aidé, l’État (…) m’a délivré une carte de réfugié. (…) Aujourd’hui, on veut m’expulser. Je ne suis pas irakien, je suis citoyen de Turquie. Je veux que ma citoyenneté me soit accordée et que ma voix soit entendue. »

SYRIE. Les Kurdes d’Alep condamnent la violation de l’accord du 10 mars

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SYRIE – Les autorités des quartiers kurdes d’Alep ont dénoncé le blocus de leurs quartiers par les factions armées fidèles à Damas qui ont violé l’accord du 10 mars 2025.

Le Conseil des quartiers d’Achrafieh et de Cheikh-Maqsoud d’Alep a condamné mercredi les actions des factions armées affiliées au gouvernement syrien de transition, les accusant d’avoir violé l’accord du 10 mars et appelant le gouvernement à honorer ses engagements et à tenir ces groupes responsables.

Dans un communiqué, le Conseil a déclaré que certaines factions opérant sous le soi-disant ministère syrien de la Défense ont bloqué les routes entre Alep et les régions du nord et de l’est de la Syrie, empêché l’entrée de carburant et imposé un siège aux quartiers kurdes.

Le communiqué fait état de l’érection de barrières de terre et du déploiement de véhicules militaires dirigés vers les quartiers, ainsi que d’attaques ciblant les civils.

« Ces actions constituent une violation flagrante de l’accord du 10 mars », a déclaré le Conseil, exhortant le gouvernement syrien à « respecter ses obligations et à tenir responsables les factions responsables du blocage des routes et du ciblage des civils ».

Le Conseil a averti qu’un tel comportement ravive de douloureux souvenirs des pratiques de l’ancien régime baasiste, qu’il a qualifié de « chauvins et provocateurs ».

« Nous espérions, après la chute du régime d’Assad et la fin du régime Baas, construire une patrie unifiée qui embrasse tous les Syriens dans leur diversité », conclut le communiqué. (North Press Agency) 

ROJAVA. Les écoliers kurdes d’Afrin sont victimes de violences systémiques 

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SYRIE / ROJAVA – L’organisation des droits de l’homme d’Afrin-Syrie a confirmé que les écoliers kurdes d’Afrin sont victimes de violences physiques et psychologiques par des enseignants installés dans la région après son occupation par la Turquie et ses mercenaires en 2018.

L’Organisation des droits de l’homme d’Afrin-Syrie a publié aujourd’hui une déclaration concernant le traitement des enfants kurdes dans les écoles d’Afrin occupée :

Violences quotidiennes contre les étudiants kurdes

Avec la rentrée scolaire 2025-2026 en Syrie, un grave problème est apparu dans le village de Qarmtelq, situé à Shieh, dans la région rurale d’Afrin. Des sources locales signalent que des élèves sont quotidiennement victimes de violences physiques et psychologiques à l’école primaire.

Les enseignants impliqués, identifiés comme Mona et son mari Khaled – tous deux colons arabes liés aux mercenaires de la Division du sultan Suleiman Shah ou al-Amshat – auraient agressé à plusieurs reprises des écoliers kurdes, les frappant et les humiliant verbalement. Cela a semé la peur parmi les enfants, certains refusant même d’aller à l’école.

Discrimination ethnique manifeste

Les mauvais traitements visent principalement les enfants kurdes, témoignant d’une discrimination ethnique systématique. Selon les témoignages locaux, Mona et Khaled s’appuient sur leurs liens avec les mercenaires qui contrôlent le village, ce qui leur confère une immunité informelle.

Manque de protection et de surveillance

Malgré la présence de la « Sécurité publique » à Afrin, les parents signalent que les plaintes ont été ignorées ou classées sans suite sous prétexte de maintenir la « stabilité sécuritaire », laissant les enfants sans protection et exposés à la violence quotidienne à l’école.

Violation du droit des enfants à l’éducation

Ces pratiques violent directement les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant, notamment la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, qui garantit : un accès sûr à l’éducation, l’interdiction de toute forme de violence dans les établissements scolaires et l’égalité sans discrimination raciale ou linguistique.

L’éducation utilisée comme outil de pression

À Afrin, l’éducation serait utilisée comme un outil pour intimider les familles kurdes, affaiblir l’attachement à l’école et à la culture et instiller la peur plutôt que de promouvoir l’apprentissage.

Politique délibérée visant à saper l’identité kurde

Les parents soulignent que ces incidents ne sont pas isolés, mais font partie d’une politique délibérée visant à décourager les enfants kurdes d’aller à l’école, à marginaliser leur langue et leur culture et à exercer un contrôle psychologique et social sur la génération suivante par le biais d’humiliations précoces. (ANHA)

ROJAVA. Les gangs de Damas attaquent les environs du barrage de Tishreen

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SYRIE / ROJAVA – Les forces affiliées à Damas ont ciblé les environs du barrage de Tishreen, mettant en danger les civils et les installations, signalent les forces arabo-kurdes.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont déclaré que des unités du gouvernement intérimaire de Damas bombardaient systématiquement le barrage de Tishrin et les zones environnantes avec des armes lourdes depuis mercredi matin.

Selon un communiqué du centre de presse des FDS, les attaques des chars et de l’artillerie lourde ont touché la structure du barrage et les logements des ouvriers et les villages voisins.

Le communiqué indique que les attaques constituent une menace sérieuse pour la vie des civils et exposent des installations vitales à « un danger catastrophique ».

Les FDS ont souligné que ces attaques constituaient une violation flagrante des accords de cessez-le-feu et ont tenu le gouvernement de Damas responsable de toutes les conséquences. Le communiqué a également averti que le « droit de légitime défense » serait exercé. (ANF)

Abdi demande aux dirigeants britanniques d’œuvrer pour une Syrie inclusive

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SYRIE / ROJAVA – Un haut cadre du Rojava a transmis un message du commandant des forces arabo-kurdes au gouvernement britannique invité à faire pression sur le régime de Damas afin qu’il accepte une Syrie démocratique et pluraliste.

Un haut responsable du Conseil démocratique syrien (CDS) a déclaré mercredi avoir transmis un message du commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, au gouvernement britannique.

Masoud Kasso, membre du bureau des relations des FDS à Londres, a déclaré à North Press que le message exprimait l’engagement ferme des FDS en faveur de la paix et sa vision d’une Syrie unie et démocratique qui appartient à tous ses citoyens, libres de toute exclusion ou domination. 

Le message a été transmis lors d’une réunion tenue le 29 septembre entre une délégation du CDS et de hauts responsables britanniques en marge de la conférence annuelle du Parti travailliste britannique, à laquelle ont assisté le Premier ministre Keir Starmer et le secrétaire à la Défense John Healey. 

Kasso a déclaré que Hassan Mohammed Ali, coprésident du bureau des relations publiques du CDS, a personnellement transmis le message d’Abdi au Premier ministre britannique et au secrétaire à la Défense.

Selon Kasso, le message exhorte le gouvernement syrien de transition à respecter pleinement les dispositions de l’accord du 10 mars sans sélectivité ni mauvaise interprétation. 

Lors de la conférence, Mohammed Ali a également prononcé une conférence sur la situation syrienne, en présence de l’ancien ministre des Affaires du Moyen-Orient et de plusieurs membres du Parlement britannique. La discussion a porté sur l’accord signé entre Mazloum Abdi et le président syrien de transition, Ahmad al-Sharaa, qui, selon lui, « a ravivé l’espoir d’une solution politique ».

Il a toutefois averti que le gouvernement de transition « revient sur ses engagements et interprète mal la clause sur l’intégration des forces militaires ». 

Kasso a ajouté que le CDS prévoit d’organiser une table ronde à Londres le 2 novembre, réunissant des personnalités politiques et universitaires britanniques pour discuter de l’avenir de la Syrie et explorer le rôle du Royaume-Uni dans le soutien à un règlement pacifique et démocratique. (North Presse Agency) 

TURQUIE. 10 mois de prison pour avoir qualifié de « martyrs » 2 journalistes kurdes tués

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TURQUIE / KURDISTAN – Un civil kurde a été condamné à 10 mois de prison pour avoir qualifié de « martyrs » Nazim Daşdan et Cihan Bilgi, journalistes tués par un drone turc au Rojava / Syrie du Nord et d’Est. Il est accusé d’avoir fait de la « propagande en faveur d’une organisation terroriste ».

Mithat Yılmaz, qui a assisté à la cérémonie de condoléances pour les journalistes Nazim Daşdan et Cihan Bilgin, qui ont été directement ciblés et tués par la Turquie avec un drone, et a scandé le slogan « Şehid Namirin » (le slogan kurde signifiant « Les martyrs sont immortels »), a été condamné à 10 mois de prison.

Mithat Yılmaz, qui a assisté à la cérémonie de condoléances pour les journalistes Nazim Daşdan et Cihan Bilgin, assassinés par un drone de la Turquie le 19 décembre 2024, alors qu’ils couvraient les événements du barrage de Tişrin, dans le nord et l’est de la Syrie, et scandé le slogan « Şehid Namirin », a été condamné à dix mois de prison. Un acte d’accusation a été dressé contre Mithat Yılmaz, ancien responsable provincial du Parti des régions démocratiques (DBP) à Mêrdîn, qui figurait parmi les personnes présentes à la cérémonie de condoléances, organisée dans le district de Mîdyad (Midyat) de Mêrdîn et visitée par des milliers de personnes pendant trois jours, pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste ». L’acte d’accusation a utilisé les termes « membre d’une organisation terroriste séparatiste » pour les journalistes assassinés et « soi-disant condoléances » pour les condoléances.

L’acte d’accusation, qui interprétait la possession de photographies de journalistes comme étant des « membres de l’organisation PKK/KCK-PYD/YPG », précisait que le slogan « Şehid Namirin » avait été scandé contre Nazim Daştan et Cihan Bilgin, décrits comme « membres de l’organisation », et que Yılmaz avait également scandé ce slogan. L’acte d’accusation, qui estimait que Yılmaz avait « tenu des déclarations qualifiant des membres de l’organisation de martyrs lors d’une cérémonie de condoléances organisée en hommage aux membres de l’organisation tués (…) », citait la décision de la Cour d’appel, arguant que le slogan scandé « faisait l’éloge des membres de l’organisation [terroriste] » et constituait de la « propagande en sa faveur ».

Une plainte a été déposée contre Mithat Yılmaz, ancien administrateur provincial du Parti des régions démocratiques (DBP) à Mardin, en raison d’un slogan scandé lors d’une visite de condoléances à la mémoire des deux journalistes, à laquelle ont participé des milliers de personnes dans le district de Midyat. Yılmaz a été accusé de « diffusion de propagande en faveur d’une organisation illégale », à savoir le PKK.

L’acte d’accusation utilise les termes « membre de l’organisation » pour les journalistes et « soi-disant condoléances » pour les visites de condoléances.

Lors de l’audience qui s’est tenue mardi au 3e tribunal pénal de Mardin, Yılmaz n’était pas présent et était représenté par son avocat, Ferhat İbrahimoğlu.

L’avocat a rappelé que les journalistes avaient été tués par une attaque de drone alors qu’ils exerçaient leur profession dans le nord-est de la Syrie. Il a souligné qu’aucune décision de justice définitive n’avait été rendue concernant les journalistes assassinés et a demandé l’acquittement de son client.

Malgré la défense, le tribunal a condamné Yılmaz à dix mois de prison. La peine a été suspendue et le prononcé du jugement a été différé.

Arrière-plan

Alors que les familles des deux journalistes ont tenté à plusieurs reprises de récupérer leurs corps et de les enterrer dans leurs villes natales du Kurdistan du Nord, le gouvernement AKP-MHP a refusé d’autoriser le rapatriement de leurs restes.

Initialement, il avait été annoncé que les corps des deux journalistes seraient transférés de Qamishlo au district de Nusaybin, à Mardin, pour être remis à leurs familles. À leur arrivée à la frontière de Qamishlo, ces dernières ont été informées que les corps ne leur seraient pas remis. On leur a ensuite indiqué que les dépouilles seraient transférées du Rojava au Kurdistan du Sud (nord de l’Irak) via le poste-frontière de Sêmalka.

À la lumière des informations qui leur ont été fournies, une délégation, comprenant les familles de Daştan et de Bilgin, a pris des mesures pour traverser vers le Kurdistan du Sud via le poste frontière de Habur dans le district de Silopi à Şırnak.

Lorsque leur passage a été bloqué par les autorités turques, la délégation a entamé un sit-in de protestation. Malgré deux jours de manifestations, le gouvernement AKP-MHP a refusé le passage de la délégation pour récupérer les corps. Face à cette situation, les familles ont décidé que Nazim Daştan et Cihan Bilgin seraient inhumés à Qamishlo.

Les deux journalistes ont été inhumés au cimetière des martyrs Şehîd Delîl Saroxan à Qamishlo le 11 janvier.

SYRIE. Damas assiège les quartiers kurdes d’Alep

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SYRIE / ROJAVA – Les forces sous commandement de Damas ont érigé des barricades près des postes de contrôle des quartiers kurdes d’Alep. Il s’agit d’une énième provocation ciblant les forces arabo-kurdes alors que les accords signés entre le Rojava et Damas n’ont toujours pas vu le jour.

Au cours des dernières heures, la zone entourant les quartiers d’Achrafieh et de Cheikh-Maqsoud à Alep a connu une activité renouvelée des forces du gouvernement de transition syrien, qui ont érigé des barricades près des points de contrôle communs.

Ces actions ont entravé le travail des points de contrôle conjoints entre les Forces de sécurité intérieure (Asayish) et les forces du gouvernement de transition syrien, entraînant une confusion dans la coordination sécuritaire, en plus d’accroître les tensions autour des points de contrôle conjoints.

Par ailleurs, des sources bien informées ont rapporté mardi à l’agence ANHA que les forces du gouvernement de transition ont transformé le parc Tareq bin Ziyad, situé à la périphérie du quartier d’Achrafiyah à Alep, en caserne militaire. (ANHA)

Lyon va accueillir la 3ème Journée de la culture kurde

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LYON – La Maison du Kurdistan de Lyon organise la 3ème Journée de la culture kurde à Lyon le 29 novembre prochain où pendant une journée, on débattra littérature, histoire, cinéma, sociologie, arts… kurdes qui s’épanouissent au-delà des frontières du Kurdistan divisé entre quatre État colonisateurs du Moyen-Orient. (Entrée gratuite sur inscription jusqu’au 27 novembre 2025 via maisonkurdistanlyon@gmail.com)

 

La 3ème Journée de la Culture Kurde de Lyon se tiendra lors de la quinzaine des Solidarités 2025 à Lyon.

Programme de la 3ème Journée de la Culture kurde de Lyon (13:30 – 20:00)

13:30 – Ouverture de la journée par Nazand BEGIKHANI, poète, écrivaine, chercheuse, secrétaire générale de la Fondation Institut kurde de Paris

THEME 1. MUSIQUE – Transmission de la tradition orale du Rojava  Miço KENDES, artiste invitée  

Miço Kendes est né en 1966 dans une famille kurde du nord de la Syrie, à la frontière turque. Chanteur, compositeur et  joueur de buzuk, il dit de lui-même avoir commencé à chanter en apprenant à parler. Sensible très jeune à toute  expression musicale, il s’abreuve aux veillées de contes, de chants et d’épopées qui se tenaient dans la maison  familiale, des rencontres animées par un conteur-chanteur Dengbej. Ces récits, en majorité épiques, ont forgé  l’imaginaire de Miço Kendeş qu’il nous fera partager. Il a aussi abondamment « appris » de sa grand-mère qui chantait  des histoires fantastiques sans fin, transmettant ainsi ce qui constitue la « tradition orale ».  

THEME 2 – HISTOIRE – Héritage culturel des Tapis kurdes d’Hakkari  Nesibe ACAR invitée, docteure en Sciences du Langage 

Les célèbres tapis de Hakkari (Kurdistan de Turquie), aussi connus sous le nom de tapis de Colemêrg constituent la  véritable expression de la tradition locale, de cet artisanat, majoritairement porté par les femmes. Nesibe Acar mettra en  lumière l’univers des stran (chants traditionnels kurdes), des modes de vie, de la relation avec la nature, ainsi que la  place centrale des femmes, du travail et des émotions. Tous ces éléments, profondément enracinés, sont tissés dans le  langage symbolique des tapis kurdes, véritables porteurs de mémoire et de résistance culturelle.

THEME 3 – POESIE – Espace de liberté et de créativité  

Nazand BEGKHANI, poétesse invitée 

Elle a vécu le génocide de son peuple et connu des déchirures, des douleurs et des aliénations dans sa vie de femme,  de kurde et d’exilée. Elle a pu, grâce à l’écriture et à la créativité, se reconstruire et créer un espace de liberté qui l’a  transformée et est devenu son identité. Aujourd’hui, Nazand Begikhani est chargée de cours à Sciences-Po Paris et  chercheuse à l’Université de Bristol. Poète de renommée internationale, elle est l’auteure de huit recueils de poésie en  kurde, en français et en anglais. Polyglotte, elle a traduit Baudelaire et Eliot en kurde. 

THEME 4 – ARTS PLASTIQUES en partenariat avec Art’Situ 

Pascal BEJEANNIN, artiste plasticien invité 

DARA JIYANÊ OU L’ARBRE DE VIE : Restitution d’une expérience artistique au Rojava  C’est au Rojava, territoire syrien peuplé par les Kurdes, que l’artiste français Pascal Bejeannin et Ismaîl Ebdo,  artiste kurde ont créé et installé un sculpture de 4m de haut baptisée Arbre de vie composé de déchets de guerre.

EXPOSITION D’UNE ARTISTE KURDE – Jardin Bostan 

Floriane KISA, artiste plasticienne invitée 

Dans l’exposition Jardin Bostan, Floriane Kisa associe photographie et tapis, entre souvenirs personnels et imaginaires.  L’artiste s’inspire de paysages liés à son enfance, qu’elle transforme pour créer des tapis, mêlant gestes ancestraux et  réappropriation d’un héritage familial. Ces tapis deviennent ainsi des objets de transmission et de mémoire.

ADRESSE
Maison Ravier
5 rue Ravier
69008 Lyon
Métro : Place Jean Jaurès

IRAN. Tollé contre déclaration raciste du Barreau d’Azerbaïdjan oriental ciblant les Kurdes d’Ourmia

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IRAN / ROJHILAT – L’ONG de défense des droits humains, Hengaw met en garde contre la récente déclaration d’un barreau de l’Azerbaïdjan oriental qui cible la population kurde d’Ourmia.

L’ONG de défense des droits humains, Hengaw condamne fermement la récente déclaration de la Commission des droits de l’homme du Barreau de l’Azerbaïdjan oriental, qui adopte une perspective discriminatoire et sécuritaire concernant la présence des Kurdes dans l’ouest de l’Iran. Les Kurdes sont indéniablement et indissociablement liés à l’histoire, à la culture et à l’identité de ces régions. Réduire leur présence à une simple « migration » ou les qualifier d’« invités » ou de « personnes déplacées » constitue une distorsion flagrante des réalités historiques et sociales. Cela reproduit un discours ethnocentrique qui ne sert qu’à saper la cohésion sociale et à créer les conditions d’un conflit interne. Une telle rhétorique discriminatoire est en contradiction directe avec les principes internationaux des droits de l’homme. La Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966) affirment l’égalité de tous les êtres humains sans discrimination fondée sur l’origine ethnique, la langue ou la nationalité.

Aucune institution ni autorité n’a le droit de présenter une nation, un groupe ethnique ou une communauté autochtone comme une menace pour la sécurité, ni de leur refuser l’égalité des droits en matière de citoyenneté. Il convient également de souligner qu’un nombre limité de familles de réfugiés kurdes de la région du Kurdistan (Irak) – moins de cinquante ménages – continuent de vivre dans les villes iraniennes de Saveh, Karaj et Ziweh à Ourmia. Ces familles ont droit à une protection internationale égale, et tout retour forcé violerait le principe de non-refoulement énoncé dans la Convention de Genève de 1951. Même à l’égard de ce petit groupe, l’utilisation d’un langage sécuritaire ou discriminatoire est totalement inacceptable. De telles déclarations risquent d’encourager la persécution systématique et la privation des droits fondamentaux d’un groupe ethnique, ce qui pourrait constituer certains des crimes internationaux les plus graves, y compris des crimes contre l’humanité.

LHengaw met en garde contre de telles déclarations – qui prônent des idéologies fascistes et monoethniques au détriment de la dignité humaine et des droits universels – et constituent une grave menace pour la paix sociale, la coexistence et le respect mutuel entre les groupes ethniques et les nations en Iran. Hengaw souligne également que ces discours et positions s’alignent explicitement sur les discours et mécanismes sécuritaires de la République islamique d’Iran dans sa répression des Kurdes et des autres minorités.

Par conséquent:

1. Hengaw appelle l’Union des barreaux iraniens (Eskoda) et tous les barreaux provinciaux à assumer leurs responsabilités en matière de droits humains en adoptant une position claire et fondée sur des principes contre un tel discours.

 2. Hengaw exhorte la société civile et les institutions internationales à condamner ces tentatives de stigmatisation des groupes ethniques, des nations ou des réfugiés, et à émettre de fermes avertissements quant à leurs conséquences dangereuses pour la cohésion sociale en Iran. (Hengaw) 

IRAN. Grève de la faim dans 52 prisons d’Iran

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IRAN / ROJHILAT – Alors que l’ONG kurde Hengaw signal le décès d’un nouveau prisonnier privé de soins, les détenus de 52 prisons iraniennes ont entamé une grève de la faim suite à la mort de la prisonnière politique Somayeh Rashidi privé de soins médicaux.

Arman Dahmardeh, 20 ans, prisonnier baloutche incarcéré à la prison de Zabol, est décédé des suites d’une tumeur cérébrale. Son décès est dû au refus de permission de sortie pour raisons médicales, à l’absence de soins adéquats et aux retards de transfert vers les établissements médicaux, rapporte Hengaw tandis que l’ONG Iran Human Rights Monitor (Iran HRM) signale la grève de la faim lancée par les détenus dans 52 prisons iraniennes.

Le mardi 30 septembre 2025, des détenus de 52 prisons à travers le pays ont de nouveau entamé une grève de la faim dans le cadre de la campagne « Non aux mardis des exécutions ». La déclaration de cette semaine a été publiée en hommage à Somayeh Rashidi, une prisonnière politique qui a perdu la vie faute de soins médicaux. La déclaration soulignait : « L’exécution de 46 personnes la semaine dernière et de 190 exécutions au cours du mois de Shahrivar – un chiffre sans précédent depuis 35 ans – dresse un tableau terrifiant de la violation impitoyable des droits humains. »

La campagne « Non aux mardis des exécutions » (No to Execution Tuesdays) déclare au sujet de la grève de la faim que :

« Cette semaine, une fois de plus, nous sommes profondément attristés et infiniment solidaires de la mémoire de Somayeh Rashidi, prisonnière politique décédée faute de soins médicaux. Sa mort injuste s’inscrit dans la politique d’« exécutions lentes » et constitue un avertissement sévère quant aux conditions de détention des détenus malades dans les prisons du pays, privés de leurs droits humains les plus fondamentaux. Les membres de la campagne « Non aux mardis des exécutions » présentent leurs sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Parallèlement, l’exécution de Bahman Choubi Asl, accusé d’espionnage, le 29 septembre 2025, dans le cadre d’une procédure judiciaire ambiguë, la condamnation à mort de deux prisonniers politiques, Hamed Validi et Nima Shahi, par le tribunal révolutionnaire de Karaj, et la confirmation de la condamnation à mort de Peyman Farahavar par la Cour suprême témoignent de la persistance d’une politique alarmante de répression et de violence contre le peuple iranien et ses prisonniers. Ces décisions injustes constituent des violations flagrantes des droits humains et des outils d’oppression qui doivent cesser immédiatement.

Dans ce contexte, la position de Mme Mai Sato, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme, concernant les violations généralisées des droits des prisonniers en Iran, a une fois de plus attiré l’attention du monde entier sur les conditions de détention déplorables dans les prisons du pays. L’exécution de 46 personnes la semaine dernière, 190 exécutions au cours du mois de Shahrivar — un chiffre sans précédent depuis 35 ans — et 871 exécutions au cours des six premiers mois de 1404 (soit depuis le 21 mars 2025) dressent un tableau horrible de la violation impitoyable des droits de l’homme.

La campagne « Non aux mardis des exécutions », tout en condamnant ces crimes, appelle une fois de plus à l’arrêt immédiat des exécutions et à la fin de ce processus inhumain. Notre voix est un cri de solidarité avec tous les prisonniers pris au piège de l’oppression et de l’injustice. Comme toujours, nous exprimons notre gratitude à tous ceux qui soutiennent la campagne dans le monde entier et soulignons que l’unité et la solidarité permettent de stopper le processus d’exécution. Chaque acte de protestation contre la peine de mort est un pas vers l’arrêt de ce processus cruel. Nous appelons tous les opposants à la peine de mort à s’élever contre ces décisions inhumaines. »

La liste des prisons où la grève de la faim a lieu peut être consultée sur le site de Iran HRM.

 

 

SYRIE. Les massacres ciblant les Alaouites et Druzes coordonnés par Damas

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SYRIE – Le directeur exécutif de l’association Syrians for Truth and Justice, Bassam Al-Ahmad, a déclaré que les massacres ciblant les Alaouites de la région côtière et à Soueïda n’étaient pas des « excès individuels » mais le résultat d’une « coordination au plus haut niveau », rapporte l’agence kurde ANHA.

« La justice en Syrie est confrontée à un dilemme fondamental. Un gouvernement accusé d’avoir commis des massacres peut-il réellement se demander des comptes ? Est-il logique d’attendre d’un gouvernement impliqué dans de tels crimes qu’il soit l’autorité chargée de veiller à la justice ? » (Bassam Al-Ahmad)

Depuis la chute du régime autoritaire le 8 décembre 2024, et surtout après la formation d’un gouvernement de transition début 2025, des violences ont éclaté dans les zones sous son contrôle, notamment dans les provinces côtières de Lattaquié et de Tartous, à Hama, ainsi qu’à Soueïda et dans ses environs. Des groupes de défense des droits de l’homme et des observateurs locaux ont documenté des massacres généralisés et des assassinats de civils. Ce rapport met en lumière ces événements et leurs implications actuelles.

Entre le 6 et le 9 mars, des massacres ont ravagé les zones côtières syriennes. Des vidéos ont montré des membres des forces gouvernementales de transition et des milices alliées se livrant à des exécutions, des pillages, des mutilations de corps et abandonnant des dépouilles devant les habitations des victimes. Des maisons entières ont été incendiées et des biens civils volés.

Plus de 1 479 personnes ont été tuées, en majorité des Alaouites, selon plusieurs organisations de défense des droits de l’homme. Parmi les décès recensés, on compte 872 à Lattaquié, 525 à Tartous et 272 à Hama. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a indiqué que le nombre total de victimes civiles identifiées s’élevait à 1 682 entre le 6 mars et le 28 avril.

Au moins 1 200 personnes ont été arrêtées sans mandat ni procédure légale, sans aucune information sur leur lieu de détention.

Des atrocités similaires ont été commises à Sweida et dans sa campagne, dans le sud de la Syrie, à partir du 13 juillet, lorsque les forces des ministères de la Défense et de l’Intérieur du gouvernement de transition ont lancé des attaques. De violents affrontements ont éclaté dans la ville et ses environs, accompagnés de tirs d’artillerie et de barrages routiers.

Les violences ont fait plus de 2 048 morts, dont 1 592 à Soueida, dont 817 civils druzes exécutés sommairement. Au moins 20 membres du personnel médical de l’hôpital national de Soueida ont également été tués. Le nombre de Druzes disparus ou enlevés s’est élevé à 516, dont 103 femmes.

Dans un rapport conjoint publié le 23 septembre, Human Rights Watch, Syrians for Truth and Justice et Syrian Archive ont constaté que les violations se sont répandues dans au moins 24 villes, villages et quartiers, notamment Homs, la zone rurale de Hama et Sweida.

Le rapport s’appuie sur plus de 100 entretiens avec des victimes, des témoins, des acteurs armés et des journalistes, ainsi que sur des preuves audiovisuelles et des images satellite vérifiées. Les exactions documentées incluent des exécutions arbitraires, des perquisitions domiciliaires, des incendies criminels, des pillages et des attaques ciblées basées sur l’identité.

Les groupes de défense des droits humains ont souligné que le ministère de la Défense du gouvernement de transition avait joué un rôle central dans la mobilisation et le déploiement de dizaines de milliers de combattants dans les zones d’opérations conjointes. Les chefs militaires, ont-ils noté, ont continué de coordonner les déploiements même après avoir eu connaissance des massacres.

S’adressant à l’agence ANHA, Bassam Al-Ahmad a réaffirmé que les atrocités commises dans la région côtière, à Soueïda, et ailleurs sont la responsabilité directe du gouvernement de transition syrien.

Bassam Al-Ahmad a souligné qu’il ne s’agit pas simplement de quelques combattants désobéissant aux ordres : les atrocités sont le résultat d’une coordination au plus haut niveau, faisant du gouvernement de transition un partenaire principal dans les violations et les massacres.

Al-Ahmad a ajouté : « La justice en Syrie est confrontée à un dilemme fondamental. Un gouvernement accusé d’avoir commis des massacres peut-il réellement se demander des comptes ? Est-il logique d’attendre d’un gouvernement impliqué dans de tels crimes qu’il soit l’autorité chargée de veiller à la justice ? »

Il a souligné la nécessité de consulter les familles des victimes pour définir les voies vers la justice, que ce soit en poursuivant les dirigeants militaires et civils impliqués, ou en faisant appel à des commissions internationales et à des tribunaux spécialisés.

S’exprimant sur le rapport publié par Human Rights Watch, Syrians for Truth and Justice et les Archives syriennes, Al-Ahmad a expliqué que les violations généralisées s’inscrivaient dans le cadre d’une opération militaire coordonnée. Il a ajouté que la responsabilité incombait aux dirigeants civils et militaires.

En conclusion, le directeur exécutif de Syrians for Truth and Justice a souligné que les massacres n’étaient pas le résultat de combattants voyous ou de violations isolées des ordres, mais plutôt le résultat d’une coordination organisée de haut niveau, plaçant le gouvernement syrien de transition directement responsable des crimes. (ANHA)