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« Une révolution en marche »: Conférence internationale des femmes à Francfort

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Tout est prévu pour la Conférence internationale des femmes qui se tiendra à Francfort les 6 et 7 octobre.
 
La révolution du Rojava porte sans doute le caractère d’une révolution féminine. Pour parler des réalisations et des défis à venir, des femmes de différentes régions du monde, qui se sont rassemblées et se sont organisées autour de ce nouveau paradigme communautaire, se réuniront dans la ville allemande.
 
« Une révolution en marche », une conférence organisée par des organisations de femmes, aura lieu les 6 et 7 octobre 2018, à Francfort, en Allemagne.
Le mouvement des femmes kurdes vous invite à vous joindre à elles pour partager et apprendre des luttes communes à travers le monde et formuler ensemble les prochains étapes pour l’émancipation.
 
Dans l’appel aux femmes et aux amies, les organisatrices de la conférence écrivent : « Nous voulons rassembler et combiner nos connaissances, notre pouvoir de changement et nos expériences lors de la conférence « La Révolution en marche ». Nous pensons que tout comme une analyse approfondie des civilisations de classe étatique, les manières et les méthodes utilisées dans la colonisation des femmes. Il est nécessaire de relancer la mémoire de résistance des femmes.
 
Nous trouvons extrêmement important que nous partagions nos expériences afin que nous puissions être préparées pour les nouvelles attaques du système patriarcal. Nous pourrons ainsi créer des chemins, des méthodes et des perspectives qui correspondent aux conditions, aux qualités et aux besoins de notre époque. Pour que nous puissions nous organiser et créer nos alliances du niveau local à l’échelle universelle. Contre les attaques constantes du système patriarcal, nous serons en mesure de tisser un réseau de résistance durable. Ainsi, nous aurons l’occasion de devenir un sujet actif de la lutte la plus passionnante de notre époque.
 
Maintenant, c’est le temps des femmes, le moment est venu de tisser cet avenir ensemble et il est temps de faire du 21ème siècle le siècle de la liberté des femmes et des peuples ! »
 

Principales thèmes de la conférence :

La crise du patriarcat et sa guerre systématique contre les femmes
La lutte des femmes pour la liberté et les processus de construction des processus
Expérience des différents mouvements de femmes
La révolution en marche – Tisser notre avenir ensemble
Ateliers
Informations techniques :
Adresse : Studierendenhaus an der Goethe Universität, Mertonstraße 26, 60325 Francfort-sur-le-Main
Traduction simultanée : kurde, anglais, allemand, turc, italien, italien, espagnol et français.
Frais d’inscription : 30€ incluant le déjeuner et le café et le thé ; 50€ prix de solidarité (Faites-nous savoir si vous avez des difficultés)
L’inscription commence le 5 octobre à 17h.
Logement : Hébergement solidaire pour un maximum de trois nuits par des familles kurdes et leurs amis. Nous avons aussi des chambres réservées dans des auberges aux prix abordables.
Inscription :
Veuillez vous inscrire jusqu’au 15 septembre sur womenweavingfuture@riseup.net. Faites-nous savoir si vous avez besoin d’un logement et pour combien de nuits, si vous avez besoin de services de garde d’enfants et dans quelle région vous vivez.
Vous trouverez plus d’informations sur le programme et les annonces actuelles sur notre page web www.revolutioninthemaking.blogsport.eu

Pour plus d’information, vous pouvez écrire au mouvement des femmes kurdes d’Europe : kurdish.women.movement@gmail.com

 
Via ANF

Xatûzîn : La paysanne sculptrice du Rojhelat (Kurdistan d’Iran)

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Elle n’avait rien d’une Camille Claudel, pas d’instruction, pas d’amants, pas de « folie »… même si elle était traitée de « sorcière » par certains villageois et qu’on a fait vivre des « aventures » à ses œuvres.

C’est une pauvre paysanne kurde, comme on en trouve tant dans la campagne du Rojhelat. La mort de son mari l’oblige à trouver un moyen pour subvenir seule aux besoins de ses enfants. Alors, après la quarantaine, elle se lance dans la sculpture en autodidacte avec l’argile qu’elle va chercher dans la montagne.

Xatûzîn (Khatun Salehi) est née en 1921 dans le village de Bûgué-béssé proche de la ville de Seqiz, au Rojhelat. Elle a conçu et réalisé de multiples sculptures, artisanat tels que des fours traditionnels, des carafes, de la poterie etc. Certaines de ses œuvres sont gardées dans le musée d’artisanat d’Iran.

Xatûzîn avait 40 ans quand elle a perdu son mari. Alors, grâce à son travail de sculpture qu’elle a apprise seule, elle a pu subvenir aux besoins de ses enfants restés sans père. Elle avait un petit atelier dans sa maison et en poursuivant ses travaux, dans les dernières années de sa vie, elle est devenue une vraie artiste qui maîtrisait son art parfaitement.
 
Madjid Mahichi, directeur du documentaire sur la vie de Xatûzîn, tourné en 1997, écrit :
 
En été 1996, afin de faire un reportage sur la province du Kurdistan iranien avec un groupe d’amis, on est parti dans cette belle province, dans la ville de Seqqez. Dans le bureau d’administration, j’attendais d’avoir l’autorisation pour le tournage du reportage. A ce moment, j’ai vu des statues qui ont attiré mon attention. Étrangement, alors que je demandais le nom de la personne qui avait créé ces statues, on m’a dit que c’était les œuvres de Xatûzîn, une vieille dame campagnarde et analphabète qui habitait dans le village de Bûgbessé, entre la ville de Seqqez et la ville de Bukan.
Le lendemain, avec le groupe tournage, nous sommes allés au village de Xatûzîn et on a rencontré son fils et son épouse. Dans la maison, il y avait une petit pièce qui appartenait à Xatûzîn.
 
Certains villageois la présentaient comme une artiste avec des idées nouvelles et d’autres comme une sorcière. Certains opportunistes avaient aussi profité de la situation et avaient acheté les poteries réalisées par Xatûzîn. Ils les vendaient aux étrangers en pressentant comme les œuvres d’antiquité, après les avoir enterrées quelques temps dans la terre.
 
Certaines œuvres de Xatûzîn sans qu’elle-même le sache, ressemblent aux œuvres découvertes dans la collines Marlik (un site archéologique).
 
Quelques jours avant notre tournage, la chambre de Xatûzîn a brûlée. Elle a demandé de l’aide aux administrations de la ville pour la remettre en état mais elle n’a reçu aucune réponse.
 
Les œuvres de Xatûzîn sont souvent formées dans ses rêves. Les formes abstraites et étranges comprenaient la combinaison d’organes d’animaux et d’oiseaux. Elle a construit des sculptures et les a vendu aux villageois. Xatûzîn a créé ses sculptures en utilisant l’argile. C’est pourquoi, elle devait chaque fois aller à la montagne chercher de l’argile. Les derniers temps, comme elle était devenue âgée, son fils et sa belle-fille l’aidaient.
 
Xatûzîn était une femme ayant de l’humour et gentille avec des yeux colorés. Pour chaque statue, elle avait des anecdotes que l’on adorait écouter. Après un reportage de quelques heures, j’ai décidé de retourner au village seul. Ce qui a abouti au court métrage de « Xatûzîn» qui vous pouvez voir.
 
Après que je me suis installé au Canada, un jour le fis de Xatûzîn m’a appelé et il m’a dit « Xatûzîn qui vivait avec la terre, elle-même est retournée à la terre » . Après sa mort, Xatûzîn est devenue plus célèbre, mais malheureusement, au cours de sa vie, elle a vécu dans la pauvreté et le besoin.
 

Que son âme repose en paix. »

Photo Madjid Mahichi

Le documentaire à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=L6ettv0U2TY&feature=youtu.be

Kurdistan d’Irak : La crise du leadership des partis politiques d’opposition

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KURDISTAN DU SUD – Lors des élections législatives irakiennes de mai dernier, les partis d’opposition kurdes n’ont pas réussi à regagner leur siège précédent au parlement irakien. Bien que la fraude électorale ait pu contribuer à leur chute, il y a des raisons plus graves qui expliquent leur échec. La faiblesse de l’opposition est le résultat de problèmes de leadership, d’idéologie et d’organisation qui ont conduit des membres importants et critiques des principaux partis d’opposition à exhorter leurs chefs de parti à mettre en œuvre des réformes afin que les échecs auxquels l’opposition a dû faire face lors des élections législatives irakiennes ne se reproduisent pas le 30 septembre dans la région du Kurdistan.
 
Bien que la région du Kurdistan ait été gouvernée par les deux partis au pouvoir – le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) – au cours des 26 dernières années, les deux partis n’ont jamais réussi à réprimer complètement les partis politiques dissidents et d’opposition. Leur rêve de consolidation complète du pouvoir n’est resté qu’un rêve. Cependant, ce n’est pas la main de fer du PDK et de l’UPK qui conduit les partis d’opposition à s’effondrer ; ce sont leurs propres échecs. Des membres influents et militants de plusieurs partis d’opposition ont tenté d’introduire des réformes, mais celles-ci ont été largement rejetées par l’élite politique de leur parti, qui contrôle leurs médias, leur financement, leurs bases organisationnelles et leurs opérations. Cela reflète le manque de vision et de leadership fort, les luttes intestines internes et le refus de réformer qui entravent l’opposition kurde.
 
Appelle à la réforme
 
Lorsque Nawshirwan Mustafa a fondé le Mouvement pour le changement (Gorran) en 2009, l’espoir d’un changement radical était à son apogée. Mustafa était un personnage influent parmi tous les partis d’opposition, étant l’un des fondateurs du gouvernement régional du Kurdistan et fortement soutenu par les peshmergas et les forces de sécurité. La crise interne à Gorran après la mort de Mustafa a conduit un groupe de responsables de partis influents et de militants politiques à lancer le projet Revival, un paquet de réformes. Les responsables de Gorran sont également préoccupés dans une certaine mesure par l’avenir du parti, affirmant qu’il «fait face à un échec mortel» s’il ne parvient pas à réformer et à résoudre les problèmes internes. Également, Les appels au changement au sein du Groupe islamique du Kurdistan (KIG) ont réuni des membres influents et des militants politiques pour pousser les dirigeants du parti à mettre en œuvre des réformes. De même, mais plus fortement, l’Union islamique du Kurdistan (KIU) a également lancé une campagne de réforme qui est également entérinée par le secrétaire général du parti. Beaucoup craignent que, sans réformes, les partis d’opposition se concentrent de plus en plus sur le contrôle des familles, comme le PDK et l’UPK, plutôt que sur la représentation des membres des partis.
 
Pourtant, ces groupes d’opposition, ainsi que la Coalition pour la démocratie et la justice (CDJ), récemment créée [1], n’ont pas seulement une vision politique claire pour leurs partis, mais aussi pour la politique dans la région du Kurdistan et dans l’ensemble de l’Irak. Ils sont bloqués entre décider de fonctionner en tant que partis d’opposition ou partis au pouvoir et s’appellent ainsi «partis de protestation», un nouveau concept qui s’est manifesté lorsqu’ils ont dénoncé les résultats des élections parlementaires irakiennes. Comme l’approche de leurs dirigeants vis-à-vis de la politique est toujours basée sur le nationalisme kurde, les partis n’ont pas réussi à approcher une coalition irakienne pour se présenter aux élections, entraînant leur perte de sièges au parlement. Cette approche de la politique identitaire par la plupart des partis d’opposition [2] a échoué terriblement dans l’établissement de bonnes relations avec d’autres parties irakiennes.
 
De plus, les deux partis islamiques – le KIG et le KIU – n’ont pas réussi à renouveler leurs idéologies politiques. Bien que les partis idéologiques islamiques de la région traversent des temps difficiles, dans la région du Kurdistan, les partis islamistes n’ont pas réussi à grandir et à gagner en influence, même si la plupart des habitants de la région sont musulmans. C’est parce que les partis n’ont pas réussi à séparer leur da’wa islamique (travail de prosélytisme et religieux) de l’organisation politique. Fait intéressant, des appels ont été lancés au sein des parties pour retirer le label «islamique» de leurs partis; Cependant, les conservateurs conservateurs restent assez puissants pour arrêter de tels mouvements. L’étiquette islamique des partis a souvent été utilisée par les partis au pouvoir pour les diaboliser, notamment en période de conflits politiques et de tensions avec les partis au pouvoir. C’est la raison pour laquelle les pays européens et les États-Unis ne les ont pas bien approchés. Les partis islamistes ne peuvent pas élargir leur audience s’ils ne surmontent pas leur mentalité salafiste, ce qui a paralysé les partis et n’a pas réussi à se développer.
 
Un autre problème majeur avec les partis d’opposition est qu’ils restent en grande partie basés à Sulaimani et aucun d’entre eux n’a pu atteindre toutes les régions du Kurdistan. Alors que Sulaimani a toujours été actif sur le plan culturel et politique, l’UPK est également plus ouverte à la dissension politique qui a prévalu à Sulaimani au cours des 26 dernières années, et les médias kurdes libres y ont toujours été basés. Par conséquent, les partis d’opposition auraient dû se concentrer davantage sur Erbil et Duhok. Bien que le CDJ ait essayé un peu, il a également échoué. Les partis d’opposition doivent revoir leurs politiques afin de devenir des partis nationaux.
 
Enfin, la hiérarchie traditionnelle des partis kurdes a été centralisée dans la mesure où les dirigeants contrôlent et monopolisent tous les aspects de l’organisation. Cela a laissé les partis non démocratiques et s’appuyant sur des leaders charismatiques plutôt que de créer des institutions. Avec la mort d’un leader charismatique, tout le parti peut s’effondrer, comme dans le cas de Gorran après la mort de Mustafa. Les partis qui ont mis leurs forces sur leurs leaders charismatiques n’ont pas réussi à en créer de nouveaux, et la lutte de pouvoir des dirigeants immatures mènera toujours les parties à l’incertitude, comme Gorran le vit maintenant.
 
Implications pour les élections
 
Alors que la région du Kurdistan se prépare à ses élections parlementaires, les partis d’opposition (à l’exception de la nouvelle génération) ont, de manière surprenante, réclamé son report, car ils n’étaient pas prêts. Le report des élections aurait eu pour effet de prolonger le mandat du même gouvernement qu’elles avaient appelé à la dissolution il ya un an. Les partis d’opposition craignent de devoir faire face à un nouvel échec lors des prochaines élections, ce qui pourrait affaiblir davantage l’opposition et permettre aux partis au pouvoir de devenir plus autocratiques. La désillusion lors des élections est de plus en plus omniprésente, car elle n’a pas apporté de réel changement ces dernières années. En conséquence, la participation aux prochaines élections pourrait être encore inférieure à celle des élections parlementaires irakiennes, qui étaient inférieures à 50%. Le PDK et l’UPK comptent un grand nombre de membres, de miliciens, de membres des forces de sécurité, et les personnes sur leur liste de paie, qui seront tous obligés de voter ces partis. De plus, le PDK et l’UPK ont une présence médiatique plus forte qui peut mobiliser les électeurs. De plus, comme dans toutes les autres élections, les partis au pouvoir peuvent distribuer des fonds pour acheter des votes et utiliser les institutions gouvernementales et militaires pour pousser les gens à voter pour eux.
 
Si les partis d’opposition échouent encore une fois lors de ces élections, il y aura probablement de graves conséquences. Les objectifs de démocratisation et de transformation sociale seraient retardés, le système de gouvernance rentier kleptocratique et kleptocratique resterait en place, le PDK et l’UPK consolideraient davantage le pouvoir et renforceraient leurs empires économiques et leurs forces de milice, et le rêve d’un changement démocratique serait encore une fois être reporté. D’un autre côté, certains groupes de partis d’opposition appellent subtilement à un changement qui ne se produira pas si les demandeurs de changement n’ont pas recours à la lutte armée. Bien qu’il soit très improbable que des groupes s’organisent maintenant dans des factions armées, le maintien du statu quo pourrait en faire une réalité.
 
Le prochain Parlement du Kurdistan sera chargé de rédiger une constitution et de modifier la loi présidentielle, deux éléments décisifs de la démocratie kurde. Une diminution du nombre de sièges détenus par les partis d’opposition pourrait revigorer le PDK et se traduire par un soutien accru au maintien du système présidentiel, plutôt qu’à la création d’un système parlementaire, soutenu par Gorran et tous les autres partis, y compris l’UPK, et qui a été l’affaire centrale entre le PDK et Gorran au cours des quatre dernières années. Les partis d’opposition sont favorables à la décentralisation du pouvoir et à l’autonomisation des administrations et des mairies des gouvernorats locaux, mécanismes susceptibles d’élargir la démocratie locale. Cependant, le PDK a soutenu une centralisation plus poussée. Une faible opposition au parlement, par conséquent,
 
[1] Le parti a été fondé en janvier après une scission dans l’UPK, mais cette réaction a été plus réactionnaire que la formation d’un parti sérieux et son leader, Barham Salih, a rejoint l’UPK et est candidat à la présidence irakienne.
 
[2] Le Mouvement de la nouvelle génération nouvellement créé, revendiquant un nouvel agenda politique et une nouvelle vision, a eu le courage d’aller au-delà des lignes ethno-nationalistes lorsqu’il a rejoint la coalition al-Nasr et al-Sairoon pour former le plus grand bloc du gouvernement irakien. mais son approche populiste pourrait en fin de compte laisser ces efforts en vain.
 
Par KAMAL CHOMANI
 

« Une autre montagne » : hommage aux femmes kurdes

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« Une autre montagne (Başka Bir dağ) », un documentaire qui rend hommage aux femmes kurdes, mais cette foi-ci, il ne s’agit pas de celles qui ont pris les armes, comme au Rojava. Il s’agit de ces femmes qui luttent dans leur quotidien contre toute sorte d’injustices, pas seulement pour leur propre émancipation mais pour celle de la société entière.
 
«Si l’un de tes yeux pleure, l’autre ne peut rire ». À Istanbul, Burcu, Sinem et Ergül vivent avec cet œil qui pleure pendant que le Kurdistan de Turquie s’embrase. Femmes kurdes, mères, féministes, elles racontent leurs combats des années de dictature militaire après 1980 jusqu’à aujourd’hui, contre le nationalisme, la guerre, le patriarcat.» (texte publié par l’Est Républicain ici)
 
Le documentaire réalisé par Noémi Aubry et Anouck Mangeat est en salle dans plusieurs villes française.
 
Voici les prochaines projections :
 
NANCY :
 
Le 9 octobre à 20h00
MJC Lillebonne
14, rue du Cheval-Blanc
 
STRASBOURG :
 
Le jeudi 11 octobre à 20h
Molodoï

19, rue du Ban de la Roche

MULHOUSE :

Le 12 octobre à 20h

Au local ACOTF 48a rue des Laines

BESONÇON :

Le 13 octobre 2018 à 20h
au Hôp Hop Hop
5 Place Saint-Jacques
DIJON :
 
14 octobre à 17h
La Grange rose des Lentillères 40/45 rue Philippe Guignard
 
RENNES :
 
Le 18 octobre à 20h
Le BabaZula
182, Avenue Général George Patton
 
MORLAIX :
 
Le 19 octobre au 20h
Le Roudour
 
 

L’internationalisme des femmes contre le patriarcat mondial

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La libération des femmes est au cœur d’une lutte pour la libération de toute l’humanité des formes d’oppression et de domination les plus perfides et les plus insidieuses.
 
La lutte contre le patriarcat – qu’elle soit organique, spontanée ou militante et organisée – constitue l’une des plus anciennes formes de résistance. En tant que telle, elle contient certaines des expériences et les connaissances les plus diverses, incarnant la lutte contre l’oppression dans ses formes les plus anciennes et les plus universelles.
 
Des premières rébellions de l’histoire aux premières grèves, protestations et mouvements organisés de femmes, les femmes en difficulté ont toujours pensé que leur résistance était liée à des problèmes plus larges d’injustice et d’oppression dans la société. Que ce soit dans la lutte contre le colonialisme, le dogme religieux, le militarisme, l’industrialisme, l’autorité étatique ou la modernité capitaliste, les mouvements de femmes ont historiquement mobilisé l’expérience des différents aspects de l’oppression et la nécessité de lutter sur plusieurs fronts.
 
L’ÉTAT & L’EFFACEMENT DES FEMMES
 
La division de la société en hiérarchies strictes – notamment par la centralisation du pouvoir idéologique, économique et politique – a entraîné une perte historique pour la place de la femme au sein de la société. La solidarité et les modes de vie fondés sur la subsistance ayant été remplacés par des systèmes de discipline et de contrôle, les femmes ont été poussées en marge de la société et ont dû vivre des vies infra-humaines aux conditions des hommes au pouvoir. Mais, contrairement à ce que l’histoire patriarcale voudrait nous faire croire, cette subjugation n’a jamais eu lieu sans une résistance intrépide et une rébellion émergeant d’en bas.
 
La violence coloniale, en particulier, s’est concentrée sur la création ou la consolidation du contrôle patriarcal sur les communautés qu’il souhaitait dominer. Établir une société «gouvernable» signifie normaliser la violence et l’assujettissement dans les relations interpersonnelles les plus intimes. Dans le contexte colonial, ou plus généralement au sein des communautés et des classes opprimées, le ménage constituait la seule sphère de contrôle pour l’homme soumis, qui semblait pouvoir affirmer sa dignité et son autorité uniquement dans sa famille – une version miniature de l’État ou colonie.
 
Au fil des siècles, une compréhension de l’amour et de l’affection familiale s’est développée, qui s’est dissociée de la solidarité et de la mutualité communautaires, institutionnalisant de plus en plus l’idée que la violence et la domination font simplement partie de la nature humaine. Comme le soutiennent des auteurs comme Silvia Federici et Maria Mies, l’impérialisme capitaliste – avec son noyau patriarcal intrinsèquement patriarcal – a conduit à la destruction d’univers entiers de vies, de solidarités, d’économies et de contributions à l’histoire, à l’art et à la vie publique des femmes, soit par la chasse aux sorcières européenne, par des projets coloniaux à l’étranger et par la destruction de la nature partout.
 
Dans les temps modernes, de nombreux activistes féministes et chercheurs ont critiqué la relation entre les normes sexuelles oppressives et la montée du nationalisme. Fondamentalement, sur la base des notions patriarcales de production, de gouvernance, de parenté et de conceptions de la vie et de la mort, le nationalisme recourt à la domestication de la femme pour ses propres besoins. Cette tendance se répète aujourd’hui dans le mouvement global à droite, les fascistes et les nationalistes d’extrême droite prétendant souvent agir dans l’intérêt des femmes. Protéger les femmes de l’inconnu, après tout, reste l’un des plus anciens conserves à justifier une guerre psychologique, culturelle et physique contre les femmes. En conséquence, le corps et les comportements des femmes sont instrumentalisés pour les intérêts d’un système mondial capitaliste de plus en plus réactionnaire.
 
Le colonialisme d’hier et le militarisme capitaliste ciblent immédiatement les sphères de l’économie communale et l’autonomie des femmes en leur sein. En conséquence, les vagues de violence épidémique contre les femmes détruisent tout ce qui reste de la vie avant que les relations sociales capitalistes et les modes de production ne prennent racine. Il n’est donc pas surprenant que les femmes, ressentant la domination et la violence capitalistes de la manière la plus intense et de toutes les parties, soient souvent au premier plan dans les pays du Sud pour lutter contre la destruction capitaliste de leurs terres, eaux et forêts.
 
FÉMINISME IMPÉRIALISTE & SOCIALISME PATRIARCAL
 
Identifions deux problèmes supplémentaires avec lesquels les luttes des femmes radicales doivent s’engager aujourd’hui.
 
La plus ancienne est peut-être la mise à l’écart de la libération des femmes par des groupes et mouvements progressistes, socialistes, anticolonialistes ou autres. Historiquement, bien que les femmes aient participé à des mouvements de libération à divers titres, leurs revendications ont souvent été mises de côté en faveur de ce que les dirigeants (généralement masculins) avaient identifié comme objectif prioritaire. Ceci, cependant, n’est pas un événement inhérent aux luttes pour le socialisme ou d’autres alternatives au capitalisme. Il s’agit en fait plutôt d’une démonstration de la profondeur à laquelle la lutte contre l’oppression et l’exploitation doit être menée si des changements réels doivent être apportés.
 
Les traits autoritaires des expériences historiques passées, fondés sur leurs obsessions hautement modernistes et étatiques à la frontière de l’ingénierie sociale, sont tout à fait conformes aux conceptualisations patriarcales de la vie. Comme de nombreux historiens féministes l’ont souligné, la classe a toujours eu un sens différent pour les femmes et pour les hommes, d’autant plus que les systèmes dominants s’appropriaient profondément le corps et le travail non rémunéré des femmes.
 
À l’issue de systèmes millénaires [anti-femmes ?], dont beaucoup ne figurent pas dans les cours d’histoire, aujourd’hui encore, combinée à la reproduction quotidienne de la domination patriarcale dans la culture hégémonique, les relations intimes ou dans la sphère apparemment amoureuse de la famille, les traumatismes psychologiques profonds et les comportements intériorisés entraînent le besoin de rompre radicalement avec les attentes sociétales et culturelles de la féminité passive à travers la sensibilisation, l’action politique et l’organisation autonome.
 
Comme l’a montré l’expérience dans notre propre mouvement – la lutte des femmes dans le mouvement de la liberté kurde – sans divortialité du patriarcat, sans guerre sur notre auto-asservissement intériorisé, nous ne pouvons jouer notre rôle historique dans la lutte générale pour la libération. Nous ne pouvons pas non plus trouver refuge dans les sphères autonomes des femmes sans courir le risque de nous séparer des préoccupations et des problèmes réels de la société – et avec cela du monde – que nous cherchons à révolutionner. En ce sens, notre lutte des femmes autonomes est devenue la garantie de notre peuple de démocratiser et de libérer notre société et le monde au-delà.
 
Le revers de cette expérience négative des mouvements de femmes dans des luttes de libération plus larges est lié au deuxième et plus récent problème auquel les luttes des femmes sont confrontées aujourd’hui: la dé-radicalisation du féminisme à travers les idéologies libérales et les systèmes de modernité capitaliste. De plus en plus, les mouvements progressistes et les luttes qui ont le potentiel de combattre le pouvoir sont confrontés à ce que Arundhati Roy appelle «l’organisation de la résistance par les ONG». La délégation de la protection sociale est un des principaux outils pour lutte au niveau des organisations de la société civile et des institutions d’élite qui sont souvent nécessairement détachées des personnes sur le terrain.
 
Ce n’est pas une coïncidence si tous les pays envahis et occupés par les États occidentaux qui prétendent importer «la liberté et la démocratie» abritent désormais une abondance d’ONG pour les droits des femmes. Le fait que la violence à l’égard des femmes augmente dans les mêmes pays agressés devrait susciter des questions quant à la fonction et à l’objectif de ces organisations dans la justification de l’empire. Les problèmes qui nécessitent une restructuration radicale d’un système international oppressif sont maintenant réduits à des phénomènes marginaux qui peuvent être résolus grâce à la politique de diversité des entreprises et aux comportements individuels, normalisant ainsi l’acceptation par les femmes des changements cosmétiques au détriment d’une transformation radicale.
(…)
La mentalité impérialiste qui sous-tend la logique selon laquelle l’OTAN, l’un des principaux responsables de la violence mondiale, du génocide, des viols non signalés, des féminicides et des catastrophes écologiques, mènera la lutte féministe en formant son personnel à être plus « sensible » aux droits des femmes est un résumé du drame du féminisme libéral actuel. Diversifier les institutions oppressives en complétant leurs rangs par des personnes d’âges, de races, de sexes, d’orientations sexuelles et de croyances différents est une tentative de rendre invisible leurs piliers tyranniques et l’une des attaques idéologiques les plus dévastatrices contre les imaginaires alternatifs pour une vie juste et libre.
 
Tant les conservateurs de droite que les gauchistes misogynes et autoritaires de gauche, en particulier en Occident, n’hésitent pas à blâmer les « politiques identitaires » et leur prétendue fragilité pour les problèmes sociaux actuels. L’expression  » politique identitaire  » a cependant été inventée dans les années 1970 par le Combahee River Collective, un groupe féministe lesbien radical noir qui a souligné l’importance de l’action politique autonome, de la réalisation de soi et de la sensibilisation pour la capacité de se libérer et de libérer la société dans les conditions des personnes opprimées elles-mêmes. Il ne s’agissait pas d’un appel à une préoccupation égoïste pour l’identité, détachée des questions plus larges de classe et de société, mais plutôt d’une formulation de plans d’action fondés sur l’expérience pour combattre les multiples couches d’oppression.
 
Le problème aujourd’hui n’est pas la politique identitaire, mais la cooptation du libéralisme pour supprimer ses racines anticapitalistes et intersectionnelles radicales. En conséquence, la plupart des femmes blanches chefs d’État, PDG et autres représentantes d’un ordre bourgeois fondé sur le sexisme et le racisme sont couronnées comme les icônes du féminisme contemporain par les médias libéraux – pas le militantisme des femmes dans la rue qui risquent leur vie dans la lutte contre les États policiers, le militarisme et le capitalisme.
 
Se concentrer sur l’identité en tant que valeur en soi, comme l’idéologie libérale le voudrait, risque de tomber dans l’abîme de l’individualisme libéral, dans lequel nous pouvons créer des sanctuaires d’espace sûr, mais devenir complices directs ou indirects dans la perpétuation d’un système mondial d’écocide, de racisme, de violence patriarcale et de militarisme impérialiste.
 
L’INTERNATIONALISME SIGNIFIE UNE ACTION DIRECTE
 
L’une des principales tragédies des quêtes alternatives est donc la délégation de la volonté individuelle ou collective à des instances extérieures à la communauté en lutte: les hommes, les ONG, l’État, la nation, etc. La crise de la démocratie libérale représentative est étroitement liée à son incapacité à tenir ses promesses, à savoir représenter toutes les couches de la société. Comme les groupes opprimés, en particulier les femmes, ont vécu par le passé, leur libération ne peut être abandonnée aux mêmes systèmes qui reproduisent une violence et une soumission insupportables. Face à ces faux binaires auxquels les luttes des femmes sont souvent confrontées, l’urgence de l’internationalisme se fait encore plus sentir.
 
Au cœur de l’internationalisme a toujours été la prise de conscience que, au-delà de tout ordre existant, les gens doivent être conscients de la souffrance des uns et des autres et voir l’oppression de l’un comme la misère de tous. L’internationalisme est une extension révolutionnaire de la conscience de soi au royaume de l’humanité dans son ensemble, basé sur la capacité de voir les connexions des différentes expressions de l’oppression. En ce sens, l’internationalisme doit nécessairement rejeter toute forme de délégation aux institutions du statu quo et doit recourir à des actions concrètes et directes.
 
Il y a plus de cent ans, le mois de mars a été choisi par les travailleuses socialistes pour être la journée internationale des femmes et de leurs luttes militantes. Un siècle plus tard, le mois de mars est devenu le mois de commémoration et d’honneur des femmes internationalistes dans la révolution du Rojava. En mars dernier, deux militantes remarquables, Anna Campbell (Hêlîn Qerecox), une antifasciste révolutionnaire d’Angleterre, et Alina Sanchez (Lêgêrîn Ciya), internationaliste socialiste et médecin argentine d’Argentine, ont perdu la vie à Rojava. une vie sans fascisme patriarcal et ses mercenaires sous la modernité capitaliste.
 
Trois ans plus tôt, en mars 2015, l’une des premières martyres internationalistes de la révolution du Rojava, la communiste noire allemande Ivana Hoffmann, avait perdu la vie dans la guerre contre les fascistes violeurs féminicides de Daesh. Avec des milliers de camarades kurdes, arabes, turkmènes, turkmènes, chrétiens syriaques, arméniens et autres, ces trois femmes, dans l’esprit de l’internationalisme féminin, ont insisté pour être sur la ligne de front contre la destruction des mondes des femmes par les systèmes patriarcaux. Au moment où ces mots sont écrits, plus de 6 mois plus tard, le corps d’Anna est toujours caché sous les décombres au milieu de l’occupation coloniale et patriarcale de l’État turc à Afrin, au Rojava.
 
La défense de l’humanité de ces femmes reposait sur un engagement à embellir la vie par une lutte permanente contre les systèmes et les mentalités fascistes. Dans l’esprit de la révolution à laquelle ils ont adhéré, ils n’ont pas compromis leur féminité au profit d’une libération qui marginalise la lutte contre le patriarcat.
 
Vers la fin de l’année dernière, des femmes kurdes, arabes, syriaques et turkmènes, ainsi que des camarades internationalistes, ont annoncé la libération de Raqqa et ont consacré ce moment historique à la liberté de toutes les femmes dans le monde. Parmi elles se trouvaient des femmes yézidies, qui se sont organisées de manière autonome pour se venger des violeurs de l’Etat islamique qui, trois ans auparavant, avaient commis un génocide contre leur communauté et asservi des milliers de femmes.
 
Les luttes des femmes révolutionnaires – par opposition aux appropriations libérales contemporaines du langage féministe – ont toujours incarné l’esprit de l’internationalisme dans leurs luttes en prenant les devants contre le fascisme et le nationalisme. Pour rester fidèle à la promesse de solidarité, les politiques internationalistes dans la lutte des femmes doivent comprendre que l’oppression peut opérer selon divers modes, de sorte que la violence et la résistance ne doivent pas se ressembler partout.
 
L’internationalisme d’aujourd’hui doit réclamer une action directe pour un changement systémique sans recourir à des puissances extérieures – parti, gouvernement ou État – et doit être radicalement démocratique, antiraciste et anti-patriarcal.
 
Dilar Dirik, activiste du mouvement des femmes kurdes et qui écrit régulièrement sur les luttes de liberté au Kurdistan pour un public international.
 

Facebook censure de nouveau Kurdistan au féminin

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Facebook, qui avait supprimé l’ancienne page « Kurdistan au féminin », nous empêche de publier sur la page depuis hier soir. Impossible de publier des photos ou vidéos. Nous pouvons seulement partager des publications depuis d’autres pages…

PARIS : Manifestation pour la fin de de l’isolement carcéral imposé à Abdullah Öcalan

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PARIS, Ce samedi 29 septembre, la communauté kurde appelle à une manifestation pour demander la fin de l’isolement carcéral absolu dont le dirigeant kurde Abdullah Öcalan est l’objet depuis deux ans. (Ocalan est également privé de rencontrer ses avocats depuis 7 ans maintenant.)

RDV à 16 heures

Place de la République

Photo ANF

MONTPELLIER : Manifestation pour la libération des prisonniers politiques kurdes

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MONTPELLIER, Ce samedi 29 septembre, à 19 heure, au Peyrou, le Centre Démocratique Kurde de Montpellier appelle à une manifestation pour demander la libération d’Abdullah Öcalan et de tous les prisonniers politiques, notamment les député-e-s du HDP (Parti Démocratique des Peuples), et les maires kurdes arrêté-e-s au cours des derniers années en Turquie.
Image via NAF

Soirée Kurdistan : lancement de la revue Solidaires

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« Avec la chute de Daech, l’enlisement des conflits en Syrie mais aussi de la dictature en Turquie, le Kurdistan a de nouveau quitté l’actualité. Pourtant les militant-e-s sur place ont toujours besoin de notre soutien. C’est pourquoi ce 3 octobre, une soirée est organisée autour du Kurdistan, durant laquelle des militant-e-s de Solidaires présenteront la revue internationale qui rassemblent des contributions diverses sur le mouvement syndical et les coopératives, la Jinéoji (questions féministes), l’écologie ou encore le projet de confédéralisme démocratique.

A cette occasion sont invités, le collectif femme Kobané et une syndicaliste exilée. Une projection de photo accompagnera les présentations. Nous parlerons aussi du projet de convoi vers le camp de Lavrio, en Grèce, camp auto-organisé qui accueille des réfugiés politiques kurdes. Un apéro dinatoire et débats en perspective. »

RDV le mercredi 3 octobre 2018, à 18:30

Union Syndicale Solidaires
31 rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris

https://www.facebook.com/events/1899430366818032/

Rojava : Une identité construite par l’agriculture

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Le modèle autonome démocratique mis en place au Rojava et au nord de la Syrie a été présenté à Terra Madre, en Italie.
 
Le salon du goût Terra Madre est une exposition internationale de gastronomie d’un réseau mondial de plus de 2 400 communautés alimentaires, qui s’est notamment développé grâce aux rencontres mondiales biennales organisées à Turin depuis 2004.
 
Organisé par Slow Food, la région du Piémont et la ville de Turin, l’événement rassemble des artisans et des producteurs de denrées alimentaires du monde entier.
 
Cette année, le Rojava et son modèle unique de coopératives communautaires autogérées ont été présentés lors de l’événement auquel ont participé 5 000 délégués de 160 pays, plus de 800 exposants, 300 sentinelles de Slow Food et 500 communautés alimentaires du réseau Terra Madre à Turin (Piémont, Italie).
 
Terra Madre est un événement mondial dédié à la terre, à l’économie durable et aux projets communautaires dans le monde entier.
 
Dans les régions du Rojava, le système économique est développé dans un contexte de subsistance plutôt que de profit.
 
L’objectif est d’impliquer l’ensemble de la société dans la production pour répondre aux besoins de la population et créer un niveau de vie qui améliore le bien-être des citoyens dans la dignité.
 
Pendant des décennies, le régime syrien a imposé aux régions du Rojava des politiques économiques liées à ses intérêts, empêchant tout développement local.
 
Les sept années de guerre civile, les conditions de répression imposées par des groupes tels que DAESH et al-Nosra, en plus des attaques de la Turquie, ont aggravé la situation. À cela s’ajoute l’embargo des pays voisins, qui empêche l’arrivée même de produits fondamentaux et nécessaires dans notre système économique.
 
S’exprimant à Terra Madre, Ozlem Tanrikulu, représentante du Comité pour la reconstruction de Kobane et président de l’UIKI (Bureau d’information sur le Kurdistan en Italie) a expliqué: « Nous n’avons pas encore réussi à développer un système comme celui que nous prévoyons. été en mesure de jeter les bases pour comprendre les principes et les modèles de production et de les adapter à notre projet ».
 
Dans le contexte des conditions et des besoins existants, l’espace économique au sein du système d’autonomie démocratique est organisé en cinq comités: 1-agriculture et élevage; Industrie 2; 3-commerce; 4-coopérative; 5-économie des femmes. Tanrikulu a déclaré que ces comités « ont été créés dans les structures exécutives existantes de chaque conseil. Nous avons essayé de développer des coopératives et des unités économiques dans tous les domaines au niveau communautaire. L’économie a quelques principes de base qui sont appliqués pour améliorer la qualité de la production économique. Dans le cadre de l’égalité des droits, des mesures de compétitivité sont observées. Les taxes sont calculées sur la base des prix ».
 
« Un équilibre écologique s’applique selon la forme de production et de gouvernance. La production économique au Rojava est basée sur 80-85% pour l’agriculture et l’élevage. La production de blé est une partie importante de la production agricole. Les besoins en irrigation de la production agricole sont satisfaits par des puits souterrains. Il y a 53 000 puits au Rojava, mais seulement 21 000 peuvent être utilisés, les autres ne peuvent pas être utilisés dans la situation actuelle. Le débit des rivières diminue progressivement », a expliqué Tanrikulu.
 
A cause de la guerre, la production de pain est le besoin le plus fondamental de la population et 55 000 tonnes de farine sont produites chaque jour et distribuées à la population.
 
« Trois grands moulins, 13 grands fours et 251 petits fours privés s’efforcent de répondre aux besoins de la population, » a expliqué Tanrikulu. « Les comités créés dans le secteur agricole travaillent en collaboration avec des centres de recherche agricole sur des questions telles que l’analyse des sols, la qualité de l’eau, l’approvisionnement en eau et la santé des sols. En ce qui concerne le secteur industriel, il existe des usines de coton, des conserves, du sucre, des vêtements, des olives et des produits de nettoyage. L’appropriation et la gestion de la grande majorité des industries manufacturières ont été confiées à des coopératives publiques constituées par le système d’autonomie. »
 
Tanrikulu a également déclaré: « Il y a 81 coopératives de femmes et un travail spécial de recherche et d’étude est effectué pour assurer la participation des femmes à la production et à la gestion de l’économie. Le Kurdistan occidental est une zone agricole fertile grâce à des conditions climatiques adéquates. Les cantons de Cizîrê, Kobanê et Afrîn ont toujours été un centre d’attraction pour leurs riches ressources souterraines et terrestres. Ces terres, particulièrement riches en olives, blé, maïs, orge, pois chiches, épices et charbon, ont servi la Syrie pendant de nombreuses années ».
 
La révolution du Rojava a débuté en juillet 2012 avec la prise de contrôle de la région par les populations de la région et se poursuit avec des développements extraordinaires dans de nombreux domaines. « De nombreuses institutions ont été créées pour organiser les gens et protéger et développer les avantages de la révolution », a déclaré Tanrikulu.
 
« Slowfood a contribué directement à un premier projet de jardins dans les écoles de Kobanê afin de contribuer à la reconstruction de l’économie et de redonner confiance à la population après les attaques sévères subies ces dernières années », a rappelé Tanrikulu.
 
En Syrie, des pistaches sont produites dans les régions de Kobanê et de Manbij.
 
Pourtant, comme l’a rappelé Tanrikulu, « Depuis que la population locale a été forcée de partir à cause de la guerre, et particulièrement à cause de la menace que représente le groupe État islamique, qui a brûlé un grand nombre de plantes, il n’y a pas eu de production dans la région de Kobanê ces cinq dernières années. Si les pistaches ne sont pas cueillies, elles risquent de disparaître et la biodiversité et les moyens de subsistance des ménages pauvres des régions seront menacés. »
 

PARIS: Hommage à deux combattants français tombés martyrs en septembre 2017

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PARIS, Les Kurdes et leurs ami-e-s ont rendu hommage à deux combattants français tombés martyrs en Syrie et au Kurdistan du Sud alors qu’ils combattaient l’Etat islamique aux côtés des forces kurdes il y a un an.

Plusieurs dizaines de personnes ont rendu hommage aux combattants français Frederic Henri Georges Demonchaux, alias Gabar Légionnaire, et à Kemal Serhat Nicolas Akyol, tous deux tombés martyrs en septembre 2017.

Militaire à la retraite, Frederic Henri Georges Demonchaux avait rejoint les forces kurdes en Syri suite à l’attaque de Bataclan, à Paris. Il est tombé le 7 septembre à Raqqa alors qu’il combattait Daesh, en Syrie, aux côtés des YPG. Quant à Kemal Serhat Nicolas Akyol, combattant franco-kurde, il est tombé martyr dans les bombardements de l’armée turque le 4 septembre 2017 au Kurdistan du Sud. Il avait combattu Daesh dans les rangs du PKK. 

Serhat Nicolas a été à Shengal, puis au Rojava pour Daesh et défendre le projet démocratique mis en place en Syrie du Nord et à Shengal. Il est tombé sous les bombes turques le 04 septembre 2017, peu avant son anniversaire de 22 ans.

La cérémonie d’hommage a eu lieu au Centre culturel kurde de Paris.

Photos : ANF

Souvenez-vous de mon frère pour son humanité, amour : Amjad Hossein Panahi

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Le prisonnier politique kurde, Ramin Hossein Panahi a été exécuté par l’Iran le 8 septembre 2018. Le régime iranien a affirmé que Panahi était armé au moment de son arrestation, ce qu’il a nié.
 
Son cas a attiré l’attention internationale car Amnesty International et des responsables de l’ONU ont condamné sa condamnation à mort après que ce qu’ils ont déclaré que son procès était inéquitable et qu’il a été torturé en détention.
 
Interview avec son frère, Amjad Hossein Panahi, pour parler de la personne de son frère, derrière le symbole qu’il est devenu.
 
Rudaw : Parlez-nous de Ramin. Quel genre de personne était-il ?
 
Amjad Hossein Panahi : Comme vous le savez, Ramin n’a malheureusement vécu que 24 ans. La vie ne lui a pas donné l’occasion de réaliser ses rêves et ses souhaits. Ramin avait de nombreux souhaits, de nombreux passe-temps. Il était très prévoyant. Il avait des espoirs pour sa nation, sa famille et sa vie autour de lui. C’était un gars respectueux et humble. Il riait toujours et était calme. Il avait rarement des crises ou des colères.
 
Il a honoré les femmes, les enfants, les travailleurs et les classes pauvres. En d’autres termes, il était convaincu que dans la société kurde, les femmes, les pauvres et les travailleurs étaient confrontés à de grandes injustices, que les enfants étaient privés de beaucoup de choses dont ils avaient besoin et que la jeunesse kurde avait un avenir sombre.
 
Je pourrais dire qu’à partir de la révolution de 1957 et après, les membres de notre famille ont rejoint la révolution et la lutte. Ma famille a eu des problèmes.
 
Mon frère aîné Anwer a été arrêté il y a dix ans et condamné à mort. Ramin avait alors 14, 15 ou 16 ans.
 
Ramin a étudié jusqu’à son diplôme d’études secondaires. Juste avant de terminer, l’État lui a dit qu’il ne pouvait pas aller plus loin et s’inscrire à l’université parce que sa famille est engagée en politique, deux de ses frères sont Peshmerga et un autre est en prison.
 
Il a été arrêté pour la première fois à l’âge de 16 ans. Il a été détenu à l’isolement dans une prison d’Itlaat (service de renseignement iranien) dans la ville de Qorveh pendant environ 45 jours. Il était le plus jeune d’un groupe de 15 jeunes qui ont été emprisonnés. Ce groupe m’a dit plus tard que Ramin était une personne courageuse quand il était emprisonné par les forces de sécurité barbares et redoutables d’Itlaat. Durant ces 45 jours, il a survécu et a appris à se comporter avec les forces de sécurité, même s’il était jeune, mais toujours battu, torturé. Ce fut une bonne expérience pour Ramin.
 
Plus tard, la même année, notre frère Anwer a été condamné comme activiste civil de premier plan du Rohjelat, un autre de nos frères qui suivait le cas d’Anwer, Achraf, a été tombé martyr par l’Itlaat. Le devoir de Ramin en tant que plus jeune enfant de notre famille est devenu plus lourd. Notre frère Anwer était en prison et condamné à mort, notre frère Ashraf a été tombé martyr, notre frère Afshin purgeait une peine de prison d’un an à Qorveh. Moi et mon frère Rafiq étions de l’autre côté de la frontière. Deux sœurs, ses parents malades – il devait les porter sur ses épaules à cet âge.
 
À l’âge de 16 ou 17 ans, il devait s’occuper d’une maison entière. Cela a permis à Ramin de réaliser qu’il devait grandir et assumer de grandes responsabilités. Il a commencé un travail politique et des activités civiles axés sur les droits contre la République islamique – activités civiles. Ramin a appris à cet âge qu’il devait être un ardent défenseur des prisonniers politiques au Rojhelat (Kurdistan d’Iran).
 
Il était aussi très jeune quand il a commencé à s’opposer à la peine de mort car notre famille avait une expérience amère avec la peine de mort. Il a été convoqué des dizaines de centaines de fois au CGR et à Itlaat avant de traverser le Kurdistan [irakien] après avoir quitté le Kurdistan iranien. Ils l’ont interrogé. Ils ont demandé son aide, lui ont infligé des peines de prison. Ramin n’a pas abandonné et a continué sa lutte civile.
 
Il y a deux ans, il n’avait pas d’autre choix que de traverser la frontière et d’arriver au Kurdistan du Sud. Il lui était impossible d’y vivre. Il n’y avait plus de place pour les activités civiles.
 
Dans le même temps, il pensait que les armes n’apporteraient pas le succès à la lutte kurde. Il est passé par ici et est devenu un membre de Komala.
 
Il s’est battu contre Daesh à Kirkouk pendant trois mois
 
Il est devenu un Peshmerga à peu près au même moment où l’Etat islamique a attaqué Kirkouk. Il s’est porté volontaire, suite à une décision de Komala, pour aller à Kirkouk et est resté sur le front pendant trois mois, alors q’il n’avait que 19-20 ans. Il a porté des armes et s’est engagé à protéger Kirkouk pendant trois mois. Il s’est battu contre Daesh à Kirkouk pendant trois mois. Il était sur le front.
 
L’an dernier, notre mère était malheureusement malade et a été hospitalisée. Ramin, avec la permission de Komala et de notre frère Rafiq, voulait aller rencontrer notre mère à Sinê. L’année dernière, le CGR a malheureusement ouvert le feu sur leur voiture alors qu’il était avec trois amis. Les trois sont tombés martyrs- deux étaient des militants civils du Rojhelat et l’autre était un parent du Bashur [Kurdistan irakien].
 
Ramin a été fait prisonnier alors qu’il était blessé. Il a été grièvement blessé par trois balles. L’un d’eux a frappé sa cuisse, un autre dans son bras et l’autre dans son dos. (…)
 
Il a été inconscient pendant un certain temps dans les hôpitaux du CGR à Sinê. Après avoir repris conscience, il a été placé en isolement cellulaire pendant sept mois. Nous ne savions pas s’il était mort ou vivant pendant ces sept mois. La communauté internationale et les militants de Rojhelat sont intervenus. Ma mère a menacé de s’enflammer plus d’une fois. Nous avons organisé des campagnes pour lui ici. L’Itlaat a finalement été contraint de transférer Ramin à la prison de Sina (Sinê). Le transfert de Ramin a coïncidé avec de vastes manifestations au Kurdistan de Rojhelati. En octobre dernier, des manifestations ont eu lieu dans plus de 100 villes d’Iran. Ils ont presque renversé l’autorité iranienne.
 
A cette époque, de nombreux militants ont été emprisonnés par l’Iran. Beaucoup tombèrent martyrs. Ramin a été transféré et « jugé ». Dans un procès de 14 minutes, ils l’ont condamné à mort pour appartenance à Komala et opposition à la République islamique. Malheureusement, sa peine a été ratifiée peu après par le Conseil suprême.
 
Ramin, du jour où il a été capturé jusqu’à son exécution, était constamment sous pression, surveillé. Ils ont fait pression sur lui des centaines de fois pour s’excuser sur la télévision iranienne, renier ses convictions et parler contre les Kurdes et sa famille. Mais il a porté son souhait à la tombe avec lui, ne permettant pas à la République islamique de profiter de lui. C’est l’un de ses actes symboliques de courage.
 
Ramin était un individu sympathique. Deux jours avant son exécution, le médecin de la prison de Rajaee Shahr devait lui rendre visite car il était en grève de la faim. Ramin lui a dit qu’il était désolé de charger le médecin qui devait venir tous les jours pour mesurer sa tension artérielle à cause de la grève de la faim. Le médecin a dit à quelqu’un qu’il n’avait vu personne comme Ramin pendant ses dizaines d’années de service.
 
Quel est ton meilleur souvenir avec lui ?
 
Il y a un an et deux mois, je suis rentré d’Allemagne et Ramin était là. Nous sommes venus ensemble ici [café Nali]. Nous ne nous étions pas rencontrés depuis longtemps. Dans notre famille, un frère a été tombé martyr, un autre condamné à mort. La situation de notre famille nous avait empêchés de nous côtoyer et de profiter de notre fraternité, de nous asseoir et de boire un café, de rire, de pique-niquer, de boire une bière, de manger, de plaisanter.
 
Ce soir-là, nous avons décidé de nous réunir sans discuter de politique, de partisanerie, de pendaisons, de meurtres. Nous sommes arrivés à Sulaimani dans l’après-midi. Nous nous sommes assis. Nous avons aussi mangé.
Ce soir-là, je me suis souvenu d’un autre Ramin, l’enfant Ramin, le garçon gâté de notre maison. Il était le plus jeune fils de la maison. Nous le serrerions dans nos bras et jouerions avec lui. Nous l’aimions. Il était aimé de nous tous. Ce soir-là, Ramin est devenu ce Ramin. (…) Nous nous sommes souvenus de notre famille. Nous avons plaisanté. Il a raconté deux ou trois choses amusantes.
 
L’un d’eux est qu’il était très amoureux. Il croyait profondément en l’amour. Il a raconté l’histoire de son amour d’une fille au Rojhelat. Cependant, malheureusement, à cause des conditions de notre famille, il ne pouvait jamais le dire à la jeune fille. La fille l’aimait aussi. Cependant, il ne pouvait pas assurer la stabilité pour construire sa vie. Malheureusement. En même temps, il était fier d’être le fils de la famille Panahi.
 
Une nuit, il y a eu un grand rassemblement et nous plaisantions. Une famille était venue d’Iran pour rencontrer leur fils. Moi et mon frère Rafiq, en tant que deux figures et cadres, sommes allés rendre visite à la famille. Le fils a dit à sa mère: « Chère mère, ce sont les frères de Kak Ramin. »
 
Plus tard, Rafiq a fait une blague à propos de l’incident: «Les choses de Ramin sont telles que nous vous connaissons maintenant. Ramin a commencé à plaisanter et a dit : «Kak Rafiq, Kak Amjad, il y aura un jour où je ferai une chose telle que vous vous identifierez comme les frères de Ramin où que vous alliez.»
 
Où que j’aille, je m’identifie avec Ramin et je pense à ce qu’il a dit.
 
Aujourd’hui, une photo d’un nouveau-né nommé Ramin circulait. J’étais dans la voiture. Je ne pouvais pas m’en empêcher et j’ai commencé à pleurer. J’ai vu Rojhelat et j’ai imaginé Ramin, dont j’ai bercé le berceau. Ramin, un élève qui me rendait visite (…). Il est devenu le héros de mon frère Rafiq et des centaines d’autres Rafiq.
 
Votre famille a beaucoup sacrifié pour la lutte de la nation kurde. Dans des moments comme celui-ci, en vaut-il la peine ?
 
Malheureusement, dans la lutte de la nation kurde, même au Kurdistan Est, il y a des familles qui ont complètement péri. Au Kurdistan du nord, il y a des mères dont tous les fils ont été tués ou exécutés. Au Rojava [Syrien] et au Rojhelat, il y a beaucoup de familles inconnues qui ont sacrifié beaucoup plus que notre famille. Notre famille n’est pas la première.
 
Mais au cours de la dernière décennie, oui. Nous avons donné le plus de sacrifices. La République islamique, à cause de la sympathie et du soutien des gens envers notre famille, a voulu ternir la réputation de notre famille. De notre côté, nous avons résisté. Mon frère Anwer a été injustement emprisonné et condamné à mort pour le forcer à aller à la télévision et à diffamer mes frères et la révolution kurde. Il ne l’a pas fait et il est sorti de prison. Mon frère Ashraf, parce qu’il luttait pour les Kurdes et n’était pas disposé à devenir un collaborateur, ils l’ont tué. Mon frère Afshin, un autre de mes frères plus vieux que Ramin d’un an, est actuellement emprisonné dans la prison centrale de Sina. Il a été condamné à une peine de 8,5 ans. Il n’a jamais vu la frontière une fois dans sa vie. Il est environnementaliste et activiste civil.
 
Ramin aurait pu se rendre. Ramin aurait pu être un collaborateur du régime islamique. Il aurait pu détruire des gens. Il aurait pu aller à la télévision, aider la République islamique et présenter ses excuses pour éviter la peine de mort. Même chose pour Afshin, Anwer. Cependant, comme je le dis souvent, lorsque la responsabilité vous incombe, vous devez la porter.
 
Les membres de notre famille, à commencer par ma mère qui est un symbole des mères des martyrs du Rojhelat Kurdistan, jusqu’à mon frère Ramin qu’ils ont exécutés pour nous mettre à genoux, mais cela nous a rendus plus forts dans notre lutte. Ils sont considérés comme de grands personnages. Les gens ont des attentes de chacun de nous en tant que fils de la famille Hossein Panahi. Les gens nous regardent. L’exécution de Ramin a eu un grand impact sur moi, mais je ne me suis jamais permis de verser des larmes devant les gens, car les gens ont besoin d’apprendre de moi la fermeté.
 
Cette lutte finit par nécessiter des sacrifices. Des dizaines d’autres familles comme nous font des sacrifices. Cependant, je vous promets qu’à la fin, nous arriverons à une bonne conclusion, tout comme le Kurdistan du Sud. Je vous promets qu’à l’aube de la liberté, les souvenirs d’Achraf, de Ramin et de tous les Ramins du Kurdistan seront commémorés.
 
Ils nous ont exécutés pour nous mettre à genoux, mais cela nous a rendus plus forts dans notre lutte. Nous continuerons, même si un autre Ramin est tombé martyr.
 
Comment voulez-vous qu’on se souvienne de Ramin dans les années à venir ?
 
La campagne pour Ramin est devenue la campagne pour « non à l’exécution » en Iran. Il est inévitable que Ramin vienne à l’esprit chaque fois qu’il est question d’exécution. Quand il est question de fermeté, Ramin viendra à l’esprit. Chaque fois que l’on parle de Kurdes en Iran, Ramin viendra à l’esprit. Chaque fois que l’on parle de prisonniers politiques, Ramin viendra à l’esprit.
 
Cependant, je trouve mieux que chaque fois que l’on parle d’humanité et d’amour, que Ramin vienne à l’esprit, car Ramin en était plein. Ramin ne sera absolument pas oublié. C’est impossible. Tant qu’il y aura la République islamique, Ramin sera présenté comme un symbole de résistance contre le régime.
 
Lorsque la République islamique tombera et qu’un régime démocratique le remplacera, des statues de Ramin, symbole de courage de la nation kurde, seront sculptées et des rues porteront son nom.