Les Kurdes venus de toute l’Europe manifestent ce 7 janvier à Paris
PARIS – A l’occasion du dixième anniversaire du meurtre de trois femmes kurdes à Paris le 9 janvier 2013 par un espion turc, les Kurdes venus de toute l’Europe manifesteront demain, samedi 7 janvier, dans la capitale française pour demander « Vérité et justice » alors qu’ils ont été frappés par une nouvelle attaque terroriste* le 23 décembre 2022, à deux pas du triple meurtre de 2013…
« 10 ans d’infamie, ça suffit! »
« Pour les Kurdes, l’État français restera coupable tant qu’il refusera de déclassifier les documents détenus par ses services », déclare e Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) exhorte les autorités françaises à lever le secret défense entourant cette affaire d’État et appelle à manifester le samedi 7 janvier.
Voici le communiqué du CDK-F condamnant les autorités françaises qui empêchent la justice de faire son travail et qui appelle à manifester demain:
Triple assassinat des militantes kurdes à Paris: 10 ans d’infamie, ça suffit ! Levez le secret-défense !
C’était le 9 janvier 2013, un mercredi. Ce jour-là, trois militantes kurdes, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, ont été froidement assassinées, en plein jour, au coeur de Paris, par un agent du service de renseignement turc (MIT). 10 ans après, l’horreur, la tristesse et la colère restent toujours vivantes dans le coeur et la mémoire des Kurdes et de leurs amis. Ce ne sont pas seulement la France et sa communauté kurde qui ont été touchées par ce crime terroriste, mais un peuple de 50 millions de Kurdes, dispersés dans les quatre coins du monde.
10 ans après, c’est aussi et surtout le sentiment d’impunité qui règne, le sentiment que la France cherche à jeter aux oubliettes ce crime politique, comme tant d’autres qui jalonnent son histoire contemporaine. Le lendemain du massacre, le ministre de l’intérieur de l’époque a paradé sur les lieux du crime et signifié aux médias l’engagement de la France à faire toute la lumière sur cette affaire.
Cependant, durant ces 10 longues années, l’État français n’a pas fait ce qui lui incombait pour faciliter les investigations et le travail de la justice. Au delà d’une simple affaire judiciaire, il s’agit là d’un crime terroriste dans lequel sont impliqués les services d’un État étranger, comme le confirme le réquisitoire du Procureur de la République : « de nombreux éléments de la procédure permettent de suspecter l’implication du MIT dans l’instigation et la préparation des assassinats. »
Sollicité à plusieurs reprises par les juges d’instruction pour la déclassification des informations détenues par les différents services de renseignements français concernant cette affaire, les gouvernements français successifs ont toujours opposé le secret-défense. En refusant de lever le secret-défense, la France commet un déni de justice et entretient l’impunité d’un crime politique et terroriste. La mort de l’assassin présumé, Ömer Güney, n’y change rien, puisque les commanditaires sont toujours vivants.
Durant ces dix années, les autorités françaises n’ont même pas eu la décence de recevoir les familles des victimes ni les organisations kurdes, contrairement à ce qu’aurait requis un crime terroriste de cette nature commis en France.
Pourquoi l’État français protège-t-il les commanditaires du triple assassinat en maintenant le secret-défense avec insistance ? À quel point les services français étaient-ils informés de la préparation de ces assassinats? Qu’est-ce que l’État français tente de dissimuler avec le secret-défense ? Autant de questions que se posent les 50 millions de Kurdes et l’opinion publique française et internationale.
Pour les Kurdes, l’État français restera coupable tant qu’il refusera de déclassifier les documents détenus par ses services.
C’est pourquoi, nous appelons, avant tout, les citoyennes et citoyens français à se joindre à nous dans la grande marche du 7 janvier 2023 afin de revendiquer haut et fort la justice et exiger la levée du secret-défense qui bloque l’instruction judiciaire.
Nous appelons par ailleurs les élus de la République, de quelque bord qu’ils soient, à se joindre à notre manifestation avec leur écharpe tricolore afin de revendiquer la justice et de mettre fin à cette impunité qui menace l’honneur de la France.
En outre, nous appelons les défenseurs de la justice, les avocats, à se joindre à la manifestation avec leur robe afin de symboliser la primauté du droit et de revendiquer la justice aux côtés des familles des victimes et de milliers d’autres manifestants.
Enfin, nous demandons aux organisations politiques, syndicales et associatives de nous rejoindre pour porter haut nos voix et notre quête de justice.
La France doit lever le secret-défense et faire tout le nécessaire pour résoudre l’affaire du triple assassinat.
Conseil Démocratique Kurde en France
*Les victimes de ce deuxième assassinat politique sont: Evîn Goyî (Emine Kara), qui est arrivée en France en 2019 et qui travaillait après des Yézidis de Shengal au Rojava après avoir combattu au sein de la guérilla kurde; le musicien Mîr Perwer (Şirin Aydın), qui était persécuté en Turquie où il fut condamné 20 ans de prison pour sa musique engagée (comme Ahmet Kaya, il y a plus de 20 ans) ; et Abdurrahman Kızıl, un patriote kurde dans la soixantaine pour qui le centre culturel kurde de Paris était sa deuxième maison.
« Notre vengeance sera la révolution des femmes ! »
PARIS – Le collectif de féministes kurdes du Kurdistan d’Iran, TAWAR condamne le massacre des femmes kurdes jusqu’en France et appelle à la solidarité internationale d’avec le mouvement de libération des femmes kurdes.
Voici le communiqué de TAWAR :
« Notre vengeance sera la révolution des femmes !
Nous n’abandonnerons pas notre combat contre le fascisme patriarcal !
Le vendredi 23 décembre, un homme de 69 ans a ouvert le feu sur le Centre culturel d’Ahmet Kaya dans le 10e arrondissement de Paris. Trois personnes ont été blessé.e.s et trois autres tué.e.s dont Emine Kara, connue sous le nom d’Evîn Goyî, une militante féministe appartenant au Mouvement de libération des femmes kurdes depuis 34 ans. Née en 1974 au Bakûr (Kurdistan de Turquie), elle adhère au PKK en 1988 et devient une militante très engagée en Turquie, en Irak et en Syrie. En 2014, après l’émergence de l’État islamique (EI) en Syrie, elle se rend au Rojava, région autonome dirigée par les Kurdes et rejoint le YPG (Unité de Protection du Peuple). Après la chute de l’EI en 2019, elle est blessée à son retour en Irak. Elle prend, pour se faire soigner, la route de l’Europe, puis dépose en vain sa demande d’asile en France.
Le jour du massacre, le tireur arrive au moment où est prévue une réunion d’une soixantaine de femmes kurdes. Celle-ci, finalement décalée au dernier moment à cause d’un problème de transport, portait sur la préparation de la commémoration du 10e anniversaire de la mort de trois militantes kurdes de Turquie (Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Söylemez), assassinées dans le même arrondissement de Paris, le 9 janvier 2013. Si l’implication des services secrets turcs (MIT) ne fait aucun doute, la justice n’a été jamais rendue. Avec l’assassinat d’Amine Kara, c’est la deuxième fois en dix ans que des militantes kurdes sont brutalement visées en plein cœur de Paris, alors même que leur vie entière a été un combat contre le patriarcat et le fascisme de l’État turc.
Ajoutons à cela les meurtres étatiques d’autres femmes kurdes par les régimes capitalistes, autoritaires, racistes, nationalistes, misogynes et homophobes. Au cours de ces derniers années, de nombreuses militantes kurdes de la région autonome du Rojava dans le nord-est de la Syrie ont été assassinées, soit par la Turquie, soit par l’EI. Ces militantes ont été ciblées parce qu’elles étaient des « Kurdes » mais surtout parce qu’elles étaient des « femmes ». Il y a quelques mois, le 16 septembre 2022, Jina (Mahsa) Amini, une jeune fille kurde de 22 ans, est tuée par la police des mœurs en Iran. Son meurtre déclenche un soulèvement dans les régions kurdes ainsi que dans l’ensemble de l’Iran, connu actuellement sous le nom de Jin, Jiyan, Azadi (Femme, Vie, Liberté), slogan scandé lors de ses funérailles. Du début de ce soulèvement à aujourd’hui, des dizaines d’Iraniennes, dont au moins quatre Kurdes (Minoo Madjidi, Kobra Shekhe, Sarina Saedi et Freshteh Ahmadi), sont assassinées par les forces de répression de la République islamique d’Iran. Ensuite, le 4 octobre 2022, Nagihan Akarsel, membre de l’Académie de Jineolojî (la science des femmes en Kurde) et rédactrice en chef de son journal, est tuée de treize balles au Bashur (Kurdistan d’Irak) par l’État turc.
Appartenant à la plus grande nation sans État du monde, les militantes kurdes sont souvent victimes de féminicides et de violences systématiques de la part des régimes qui les gouvernent, et ceci avec la coopération des puissances colonialistes et impérialistes mondiales. Pourquoi ? Pour la simple raison qu’elles développent une tradition de résistance basée à la fois sur la question du genre, de la classe et celle de la minorité ethnique et nationale.
Emine Kara, tout comme Sakine Cansız et Nagihan Akarsel, était à l’origine du slogan « Jin, Jiyan Azadi » qui incarne les longues luttes des femmes kurdes en Turquie ainsi que leur « révolution de genre » dans « le mouvement révolutionnaire de libération ». Héritier de ces pionnières, ce slogan s’est largement répandu au Rojava pour atteindre le Rojhelat (Kurdistan d’Iran) ainsi que d’autres régions du monde comme l’Amérique du Sud, l’Europe et actuellement la totalité de l’Iran.
Le mouvement de libération des femmes kurdes, dont Amina Kara faisait partie, a réussi à politiser des millions de femmes en Turquie mais aussi dans d’autres régions du Kurdistan. Fondé sur le triptyque écologie, féminisme et communalisme, leur militantisme a non seulement féminisé l’espace politique mais a aussi en quelque sorte transformé la société en fonction des rapports de sexe. La réponse nationale et transnationale au combat de ces militantes kurdes a pourtant souvent été la violence, la répression ou même leur élimination. Ce mouvement de résistance est particulièrement visé car il représente la plus grande menace pour le fascisme patriarcal dans la région. Cependant, comme le rappelle la déclaration du Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) à la suite de la tuerie du 23 décembre : « aucune attaque n’arrêtera l’avancement de la révolution des femmes, notre colère discréditera les assassins. Le meurtre de la camarade Evîn [Amina Kara] n’est pas accidentel. Les systèmes patriarcaux pensent qu’en tuant les femmes, ils empêcheront leur lutte pour la liberté […] Mais, pour les femmes kurdes, la lutte est plus importante que le pain et l’eau. »
Quelle que soit la forme de féminisme à laquelle nous nous identifions, nous ne pouvons être indifférentes à un mouvement aussi déterminé, dont les militantes risquent partout leur vie, même dans les pays où elles émigrent comme réfugiées politiques. La justice pour les camarades qui ont perdu la vie ne s’obtiendra que par une solidarité transfrontalière des femmes, des féministes et des minorités de genre, dans un contexte où la droite et l’extrême droite de toutes sortes, de la Turquie à l’Europe, dominent le monde. Ces militantes assassinées étaient des figures précieuses qui ont non seulement contribué à visibiliser la cause des femmes en Turquie et au Moyen-Orient, mais ont également encouragé les féminismes révolutionnaires transnationaux.
Nous, en tant que féministes kurdes indépendantes du Rojhelat, nous invitons les militantes du monde entier à condamner cette violence systématique dont sont particulièrement victimes les femmes et à manifester à leur manière leur solidarité avec le mouvement transnational de libération des femmes kurdes. »
Collectif de Tawar
Il y a 7 ans, des soldats turc exécutaient 3 militantes kurdes à Silopi
TURQUIE / KURDISTAN – Le 5 janvier 2016, Sêvê Demir, Pakize Nayır et Fatma Uyar, 3 militantes kurdes ont été tuées par les forces armées turques pendant le couvre-feu à Silopi, district de Sirnak. Sept ans après ce triple féminicide d’État, nous nous inclinons devant la mémoire de ces 3 héroïnes de la liberté qui ont rejoint le long cortège funèbre des femmes kurdes tuées délibérément par l’État turc, même en Europe, comme on l’a vu en 2013 et en 2022 à Paris où les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan, Leyla Saylemez et Evin Goyi (Emine Kara) ont été abattues dans des attaques terroristes …
Pakize Nayır, la présidente de l’Assemblée populaire de Silopi, Sêvê Demir, membre du parti politique kurde (DBP) et Fatma Uyar, membre du conseil d’administration du Mouvement des femmes libres (KJA) ont été abattues de sang froid par des soldats turcs. Ces femmes avaient prévu de se rendre au quartier Yesilyurt, depuis le quartier Karsiyaka, afin d’y aider la population civile qui était piégée par le couvre-feu pendant lequel des crimes de guerre et crime contre l’humanité ont été commis par l’armée turque. Un char de l’armée turque a pris pour cible les trois femmes et les soldats ont empêché l’arrivée des secours, les laissant mourir dans d’affreuses souffrances dans une longue agonie…
Pas de justice en vue dans le dossier de ce triple féminicide politique
Malgré des photographies et des enregistrements concernant le ce triple meurtre, à cause d’une décision de confidentialité, les avocats des victimes n’ont pas accès au dossier et on ne sait pas s’il y a des démarches juridiques en cours.
Pakize Nayir
Pakize Nayir est née le 13 avril 1989 dans le quartier Silopi de Sirnak. Elle a passé son enfance et toute sa vie à Silopi. Pakize assuma très tôt la responsabilité matérielle et morale du foyer parental. Elle a commencé à travailler dans l’industrie textile à l’âge de 12 ans et a accompagné ses parents pour des travaux saisonniers au printemps. D’une part, Pakize prenait soin de sa famille et, d’autre part, elle ne pouvait ignorer la lutte de résistance et faisait partie du mouvement de libération kurde. À un jeune âge, elle a participé au travail des femmes et aux activités politiques. Elle a fait vivre sa famille en ouvrant un salon de coiffure et en parallèle, elle a repris toutes les fonctions de coprésidente de Silopi.
Sêvê Demir
Sêvê Demir est née en 1974 dans le village de Sute dans le district de Savur, à Mardin, dans le sud-est de la Turquie. Elle a dû émigrer à Manisa, en Turquie, dans les années 90 en raison de l’intensification de la répression de l’État turc. Ici, elle a travaillé comme ouvrière agricole dans les champs de coton, de poivre, de tomates et de raisins. Plus tard, Sêvê a également décidé de quitter Manisa, car elle ne pouvait pas supporter la discrimination raciste contre son identité kurde. Dans son travail politique, elle s’est d’abord impliquée activement dans le travail des femmes et a mené des activités politiques à Ankara, puis à Diyarbakir (Amed), Konya et Mardin. Elle a également participé à la fondation du mouvement des femmes libres et démocratiques (Tevgera Jinen Azad û Demokratik) en 2005. Elle a été arrêtée à Nusaybin en 2009.
Sêvê, qui a été emmenée à la prison de Diyarbakir, a participé aux grèves de la faim de 2012. Celles-ci ont été initiées pour améliorer les conditions carcérales d’Abdullah Ocalan sur l’île de la prison d’Imrali. Après sa sortie de prison, elle a joué un rôle actif dans les affaires politiques en tant que membre du DBP en 2014. Toujours dans ce processus, elle a pris très au sérieux le travail des femmes et les luttes politiques. Au cours des processus d’autonomie gouvernementale, elle a également été impliquée dans les activités du parti dans le quartier Silopi de Sirnak.
Fatma Uyar
Fatma Uyar est née le 28 août 1988 dans le village de Duhok à la périphérie de Gabar. Après la naissance de Fatma, sa famille a déménagé au centre de Sirnak. Dans les années 2000, Fatma s’est engagée en politique. Elle a d’abord travaillé au sein du mouvement de jeunesse kurde. En 2009, Fatma a été arrêtée et condamnée à 5 ans de prison. Un an après son arrestation, son père Resit Uyar a également été arrêté et envoyé en prison. Après sa libération en 2010, elle est retournée au travail politique et a travaillé au sein du KJA.
PARIS. Les Kurdes commémorent les victimes des attaques terroristes de 2013 et de 2022
PARIS – Les associations kurdes de France organisent plusieurs événements commémorant les victimes des attentats terroristes qui les ont ciblés en janvier 2013 et en décembre 2022 à Paris.
Voici les principaux événements organisés en région parisienne pendant les 10 prochains jours par le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) et le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) (Par ailleurs, les Kurdes de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) manifesteront le samedi 7 janvier, à 15 h, place Du-Guesclin, en hommage aux victimes de Paris) :
Mardi 3 janvier, 12h
Cérémonie de funérailles des trois militant.e.s assassiné.e.s le 23 décembre 2022
Palace de Villiers – 12 Bis Avenue des Entrepreneurs 95400 Villiers-le-Bel
Mercredi 4 janvier, 11h30
Marche blanche organisée par le Mouvement des femmes kurdes
Du 16 rue d’Enghien au 147 rue La Fayette
Samedi 7 janvier, 10h,
Grande marche, au départ de la Gare du Nord
Samedi 7 janvier, à 15 h
Place Du-Guesclin, Saint-Brieuc
Lundi 9 janvier, 15h00
Cérémonie en hommage aux militantes kurdes assassinées le 9 janvier 2013, organisée par la Mairie de Paris
147 rue La Fayette, Paris 10
Jeudi 12 janvier, 9h-18h
Colloque – “Devoir de vérité et justice, 10 ans après le féminicide à Paris des militantes kurdes Sakine CANSIZ, Fidan DOGAN et Leyla SAYLEMEZ”
Salle Victor Hugo – 101, rue de l’Université PARIS 7e
Inscription obligatoirement avant le 5 janvier 2023, par mail (envoyer vos nom, prénom, date et lieu de naissance à info@cdkf.fr) ou en ligne en cliquant ici »
Colère des Kurdes de France victimes de deux attentats terroristes
PARIS – Ce début de la nouvelle année 2023 s’annonce chargé pour les Kurdes de France qui commémorent d’une part les 3 femmes kurdes tuées par un espion turc à Paris le 9 janvier 2013 (crime non élucidé car classé secrets défense par l’État français) et d’autre part les 3 autres militants tués le 23 décembre 2022, au centre kurde de la rue d’Enghien, à deux pas du premier attentat terroriste et au milieux des préparations des commémorations des victimes de l’attaque de 2013.
Aujourd’hui, dix ans après la première attaque terroriste non élucidée suivie d’une deuxième qui semble suivre le même sort, on sent une immense colère chez les Kurdes qui ont le sentiment d’un « déjà-vu ». C’est dans ce climat de colère, mais aussi de peur – « car jetés en pâture aux services secrets turcs par leur pays d’asile » – qu’ils manifesteront en masse le samedi 7 janvier.
En parallèle à cette grande manifestation européenne, les associations kurdes de France organisent plusieurs événements durant les 10 prochains jours.
Voici le communiqué du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) annonçant le programme des événements à venir:
« 10 ans après, la Turquie a commis un nouvel attentat terroriste contre les Kurdes à Paris
Alors que nous étions entièrement affairés aux préparatifs du 10e anniversaire du triple assassinat des militantes kurdes exécutées par l’État turc à Paris le 9 janvier 2013, trois autres militants kurdes ont été froidement assassinés le 23 décembre 2022, dans un attentat terroriste visant le siège de notre association, dans le 10e arrondissement de Paris.
Parmi les victimes, figure Emine Kara (connue sous le nom d’Evîn Goyî), une figure emblématique du Mouvement des Femmes kurdes, ainsi que le jeune chanteur kurde Mîr Perwer, qui avait été contraint de se réfugier en France suite à une condamnation par la justice turque à une peine de prison en raison de son engagement pour la culture kurde. La troisième victime est Abdurrahman Kizil, un homme kurde d’une soixantaine d’années qui fréquentait régulièrement l’association. L’attentat a fait par ailleurs trois blessés.
Pour le CDK-F, il ne fait aucun doute que la Turquie et ses services de renseignements sont impliqués dans cet attentat terroriste qui a endeuillé le peuple kurde et toute la France. C’est pourquoi, nous avons aussitôt soulevé auprès des autorités judiciaires le caractère terroriste de ces crimes. Cependant, à ce stade, aucune de nos revendications n’a été prise en compte. Bien que toutes les conditions soient réunies pour qualifier cette attaque meurtrière de terroriste, le parquet n’a pas retenu cette qualification, considérant qu’il s’agissait d’un acte raciste.
C’est la deuxième fois en moins de dix ans que Paris est le théâtre d’un massacre politique contre les Kurdes et particulièrement contre les femmes kurdes. Ces crimes terroristes ne touchent pas seulement la France et sa communauté kurde, mais un peuple de 50 millions de personnes dispersées dans les quatre coins du monde.
10 ans après l’assassinat à Paris des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, le sentiment d’impunité règne plus que jamais, le sentiment que la France cherche à jeter aux oubliettes ce crime politique, comme tant d’autres qui jalonnent son histoire contemporaine.
En effet, durant ces 10 longues années, l’État français n’a manifesté aucune volonté politique pour élucider cette affaire, ni fait aucun geste pour faciliter les investigations et le travail de la justice. Or, il ne s’agit pas là d’une simple affaire judiciaire, mais d’un crime terroriste dans lequel sont impliqués les services d’un État étranger, comme le confirme le réquisitoire du Procureur de la République : « de nombreux éléments de la procédure permettent de suspecter l’implication du MIT dans l’instigation et la préparation des assassinats. »
Sollicité à plusieurs reprises par les juges d’instruction pour la déclassification des informations détenues par les différents services de renseignements français concernant cette affaire, les gouvernements français successifs ont toujours opposé le secret-défense. En refusant de lever le secret-défense, la France commet un déni de justice et entretient l’impunité d’un crime politique et terroriste.
Nous le disons haut et fort: tant que les commanditaires du triple assassinat du 9 janvier 2013 ne seront pas jugés et condamnés, l’attentat politique du 23 décembre 2022 restera également impuni. Toute la lumière doit être faite, tant sur la première affaire que sur la deuxième qui endeuille et meurtrit une fois de plus notre communauté.
C’est pourquoi, il est plus que jamais nécessaire d’adopter une position commune face à cette barbarie du régime turc dont les répercussions dépassent largement la sphère kurde.
Le 7 janvier sera l’occasion de manifester notre colère et de crier haut et fort notre exigence de vérité et de justice. [Manifestation samedi 7 janvier, 10h, au départ de Gare du Nord]
Nous appelons les élus de la République, de quelque bord qu’ils soient, à se joindre à nous dans cette marche, avec leur écharpe tricolore, afin de revendiquer la justice et de mettre fin à cette impunité qui ternit l’honneur de la France.
En outre, nous appelons les défenseurs des droits humains, et particulièrement les avocats, à se joindre à la manifestation avec leur robe, afin de rappeler la primauté du droit et de revendiquer la justice aux côtés des familles des victimes et des milliers d’autres manifestants.
Enfin, nous demandons aux organisations politiques, syndicales et associatives de nous rejoindre pour porter haut nos voix et notre quête de justice.
La France doit lever le secret-défense et faire tout le nécessaire pour résoudre l’affaire du triple assassinat du 9 janvier. La justice française doit reconnaître le caractère terroriste de l’attentat du 23 décembre 2022 afin que les commanditaires soient jugés et condamnés.
Autres événements
Nous vous invitons par ailleurs à participer aux autres événements prévus dans les prochains jours à l’occasion du 10e anniversaire du triple assassinat des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, ainsi qu’en hommage aux militant.e.s kurdes tué.e.s dans l’attentat terroriste du 23 décembre 2022:
Mardi 3 janvier, 12h
Cérémonie de funérailles des trois militant.e.s assassiné.e.s le 23 décembre 2022
Palace de Villiers – 12 Bis Avenue des Entrepreneurs 95400 Villiers-le-Bel
Mercredi 4 janvier, 11h30
Marche blanche organisée par le Mouvement des femmes kurdes
Du 16 rue d’Enghien au 147 rue La Fayette
Lundi 9 janvier, 15h00
Cérémonie en hommage aux militantes kurdes assassinées le 9 janvier 2013, organisée par la Mairie de Paris
147 rue La Fayette, Paris 10
Jeudi 12 janvier, 9h-18h
Colloque – “Devoir de vérité et justice, 10 ans après le féminicide à Paris des militantes kurdes Sakine CANSIZ, Fidan DOGAN et Leyla SAYLEMEZ”
Salle Victor Hugo – 101, rue de l’Université PARIS 7e
Inscription obligatoirement avant le 5 janvier 2023, par mail (envoyer vos nom, prénom, date et lieu de naissance à info@cdkf.fr) ou en ligne en cliquant ici»
Evin Goyi a consacré 34 ans à la lutte
La militante kurde tuée lors de l’attaque terroriste du 23 décembre à Paris, Evîn Goyî a joué un rôle central dans la participation des femmes à la révolution du Rojava. Elle a consacré sa vie à la lutte. Elle a également insisté sur la place de la femme libre contre la brutalité de l’EI.
Evîn Goyî (Emine Kara) est née dans le village de Hilal, au Kurdistan du Nord. Elle a rejoint les rangs du PKK en 1988. Elle s’est battue contre le groupe terroriste misogyne DAECH au Rojava et a été blessée dans cette guerre. (Le chanteur Mir Perwer et l’activiste Abdurrahman Kızıl ont été tués avec Evîn Goyi, lors du massacre qui a eu lieu à Paris le 23 décembre 2022.)
A la tête des communes et des assemblées
Cahid Hesen, qui a rencontré Evîn Goyî en 2011 au Kurdistan du Sud, a déclaré : « En 2011, j’ai eu la chance de rencontrer Heval (camarade) Evîn, bien que brièvement. Dans les premiers mois de 2016, nous étions dans la même zone au Rojava et participions à la même administration. Sans aucun doute, Heval Evîn a joué un grand rôle de premier plan dans la révolution du Rojava et de la Syrie du Nord et de l’Est. Elle a mené des activités pour les communes et les assemblées au sein de TEV-DEM [Mouvement de la société démocratique]. »
Elle a une place dans le cœur des Arabes
Elle a gagné une place dans le cœur des habitants du Rojava en peu de temps car elle était une camarade très sociable. Elle a gagné une place non seulement parmi le peuple kurde, mais aussi parmi les Arabes et d’autres composantes. Elle a assumé le rôle principal des villages aux villes du Kurdistan du Rojava et a construit des communes et des assemblées de ses propres mains. Elle a également assumé le rôle de premier plan au sein des Forces de la défense sociale.
Affirmant qu’Evîn Goyî était connue pour sa modestie, Cahid évoque ainsi son rôle dans la révolution du Rojava : « Heval Evîn était une pionnière. Sa conversation était profonde et elle était une amie compréhensive. Elle n’avait de problèmes avec personne et essayait toujours d’écouter et de comprendre l’autre personne. »
Elle a lutté pour une Syrie démocratique
Elle a beaucoup réfléchi à la poursuite du développement de la révolution du Rojava, à son statut exemplaire au Kurdistan et à la manière de contribuer à la création d’une Syrie démocratique.
A la tête de la lutte des femmes pendant 34 ans
Cahid fait référence aux 34 années de lutte d’Evîn Goyî, affirmant qu’elle « a consacré sa vie à la lutte pour la liberté. Sans aucun doute, elle a également dirigé la lutte pour la liberté des femmes dans la révolution du Rojava. Bien que sa santé se soit détériorée vers la fin de 2018, elle a continué à travailler. Heval Evîn a combattu dans 4 parties du Kurdistan. Elle a donné l’exemple aux femmes du Moyen-Orient et est devenu un symbole de résistance aux peuples opprimés, aux peuples qui luttent pour la démocratie et la liberté (…). »
« La France devrait clarifier le massacre ou elle deviendra complice de ce crime »
Attirant l’attention sur le 2e massacre de Paris, qui a coïncidé avec l’anniversaire de l’assassinat de Sakine Cansiz, Fîdan Dogan et Leyla Saylemez, également assassinées à Paris le 9 janvier 2013, Cahid Hesen a déclaré : « La France ne doit pas couvrir le massacre, elle doit vérité. Si l’Etat turc et le MIT sont à l’origine de ce massacre, la France sera également complice si le massacre du 23 décembre n’est pas élucidé. Nous continuerons à nous battre pour que le massacre ne soit pas couvert. »
« Une amie précieuse »
Kelsuma Eyup a déclaré avoir rencontré Evîn Goyî à Dirbesiyê en 2018 et a décrit ces jours comme suit : « Elle tenait des réunions tout le temps, les gens du quartier étaient fidèles à Heval Evîn. Elle était une amie précieuse. (…) »
Kelsuma a ajouté: «Elle était aussi à l’aise dans notre maison que si c’était la sienne. Nous avons ouvert notre maison et nos cœurs à Heval Evîn. (…) Mes 5 enfants aimaient beaucoup Heval Evîn. Ils demandaient toujours quand elle reviendrait. »
« Nous protégerons son travail »
Kelsuma a déclaré : « Heval Evîn était avant-gardiste. Elle a gagné une place dans le cœur des gens en peu de temps. Sa mort nous a attristés. Ces jours ont passé devant mes yeux comme un film et tout le monde a été choqué. Nous allons intensifier notre lutte pour protéger son travail. »
Elle a donné du courage aux autres
Evîn Seydo raconte avoir fait la connaissance d’Evîn Goyî lorsqu’elle est venue chez elle en 2017. « Son discours était naturel, elle riait toujours. Même lorsqu’elle ne venait pas chez nous, nous allions tout de suite dans n’importe quelle maison où elle se rendait. Parce que nous aimions écouter Heval Evîn, c’était stimulant. Si les femmes sont fortes aujourd’hui, résistantes et dirigeantes, c’est aussi grâce à Heval Evîn. Elle nous a donné du courage. Elle influençait les gens et les mobilisait. Nous avons promis de continuer le combat. Nous élèverons nos enfants dans la lutte. »
« Son silence était instructif »
Mihemed Xelef a dit qu’il est resté avec Evîn Goyî pendant 3 ans et a ajouté : « Elle ne parlait pas beaucoup, elle nous a entraînés avec son silence. Son silence était instructif. Elle a créé une loyauté spirituelle parmi le peuple. (…) »
Soulignant qu’Evîn Goyî représente la ligne des femmes libres, Mihemed s’est ensuite adressée aux segments qui luttent pour la démocratie et la liberté et a déclaré : « Les femmes ont mené la révolution du Rojava. L’une de ces femmes était Heval Evîn. Une fois de plus, une femme a été visée. Le silence des puissances internationales indique une complicité dans le massacre. Notre appel ne s’adresse pas aux puissances internationales, mais aux peuples qui luttent pour la démocratie et la liberté. Nous ne devons pas rester silencieux face à ceux qui ont assassiné les camarades Sara [Sakine Cansiz] et Evin. »
ANF
PARIS. Anne Hidalgo se rend au centre kurde pour un hommage aux victimes de l’attentat de la rue d’Enghien
PARIS – Hier, la maire de Paris, Anne Hidalgo, accompagnée d’élus municipaux, s’est rendue au siège du Conseil Démocratique Kurdes en France (CDK-F) où militants kurdes ont été tués lors d’une attaque terroriste. Hidalgo a déclaré que « Paris sera toujours aux côtés des Kurdes qui se sont battus avec tant de courage pour notre liberté. Ne l’oublions pas. Ils sont ici chez eux » et qu’ils les soutiendront dans leur quette de justice pour les victimes.
Anne Hidalgo s’est recueillie devant les photos des victimes de la rue d’Enghien: Evîn Goyî (Emine Kara), qui est arrivée en France en 2019 après avoir combattu DAECH au Rojava; le musicien Mîr Perwer (Şirin Aydın), qui était persécuté en Turquie où il fut condamné 20 ans de prison pour sa musique engagée ; et Abdurrahman Kızıl, un patriote kurde dans la soixantaine pour qui le centre culturel kurde de Paris était sa deuxième maison.
Destruction d’une preuve dans l’affaire de l’attentat de la rue d’Enghien?
PARIS – Hier soir, lors d’un contrôle de routine, des policiers découvrent un système d’écoute de communications à bord d’un véhicule à deux pas du centre kurde où un attentat terroriste à fait trois morts il y a une semaine. Les policiers ne font rien de mieux que d’exploser ce dispositif d’espionnage sophistiqué (des services secrets turcs?) ! Pour le bloggeur Claude Gourdon, il s’agit de destruction d’une preuve dans l’affaire de l’attentat de Paris qui a ciblé les Kurdes.
Les policier aurait également arrêté une femme qui se trouvait dans la voiture, sous l’emprise de stupéfiants. Est-ce que cette femme a un rapport avec celle qui aurait déposé le tueur sur les lieux du crime à bord d’une voiture et si oui, est-ce la même voiture?
Les détails de ce fait « étrange » ont été rapportés par Amaury Bucco, journaliste chez CNEWS.
Le billet de Claude Gourdon est à lire ici
Tuerie de la rue d’Enghien: Les Kurdes retournent 10 ans en arrière
PARIS – Ironie du sort: le monde s’apprête à changer d’année à minuit, mais les Kurdes de France ont fait un bon en arrière de 10 ans avec le deuxième attentant terroriste qui les a frappés au coeur de Paris alors qu’ils n’ont toujours pas obtenu justice pour celui de 9 janvier 2013.
Il y a presque de 10 ans, le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz (Sara), Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez (Ronahî) ont été abattues de plusieurs balles dans la tête par un espion turc dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris.
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison un mois avant le début du procès. Une nouvelle enquête a été ouverte à la demande des familles des trois victimes, mais la justice française est entravée dans son travail par le dossier classé « secret-défense » par l’État français.
C’est dans un tel climat de défaillance juridique que trois autres militants kurdes ont été victimes d’un attentat terroriste le 23 décembre 2022, 18 jours avant la date anniversaire du triple féminicide de 2013. Cette fois, au centre culturel kurde Ahmet Kaya, rue d’Enghien, toujours dans le 10e arrondissement de Paris.
Les victimes de ce deuxième assassinat politique sont: Evîn Goyî (Emine Kara), qui est arrivée en France en 2019 et qui travaillait après des Yézidis de Shengal au Rojava après avoir combattu au sein de la guérilla kurde; le musicien Mîr Perwer (Şirin Aydın), qui était persécuté en Turquie où il fut condamné 20 ans de prison pour sa musique engagée (comme Ahmet Kaya, il y a plus de 20 ans) ; et Abdurrahman Kızıl, un patriote kurde dans la soixantaine pour qui le centre culturel kurde de Paris était sa deuxième maison.
Pour la communauté kurde, ce deuxième attentat a également été fomenté par les services secrets turcs (MIT) et elle demande à l’État français de faire enfin toute la lumière sur ces deux crimes odieux.
En attendant le dénouement juridique de ces massacres anti-kurdes, les Kurdes de France et leurs amis manifestent tous les jours et organiseront une manifestation européenne à Paris le 7 janvier prochain, à l’occasion du 10e anniversaire du triple féminicide de la rue la Fayette, en plus de demander justice pour également les victimes de la rue d’Enghien.
RDV le samedi 7 janvier, à 10h, Gare du Nord, Paris
Manifestation organisée par le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) et le Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F)
Cérémonie d’hommage aux militant.e.s kurdes victimes de l’attentat terroriste contre le CDK-F
PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) organise une cérémonie en hommage aux trois militant.e.s kurdes abattus lors de l’attentat terroriste contre le CDK-F survenu dans la rue d’Enghien. La cérémonie aura lieu le 3 janvier, à Villers-le-Belle.
Voici le communiqué du CDK-F annonçant la tenue de la cérémonie:
Mesdames, Messieurs,
C’est avec beaucoup d’émotion que nous vous annonçons la tenue prochaine de la cérémonie de funérailles des trois militant.e.s kurdes victimes de l’attentat terroriste devant nos locaux le 23 décembre dernier.
Cette cérémonie sera l’occasion pour celles et ceux qui le souhaitent de rendre un dernier hommage à la représentante du Mouvement des Femmes kurdes Emine Kara (Evîn Goyî), au chanteur kurde Mîr Perwer et à Abdurrahman Kizil, avant que les corps des défunts ne soient rapatriés sur leurs terres natales. »
RDV le mardi 3 janvier 2023, 12h
Palace de Villers
12 Bis Avenue des Entrepreneurs
95400 Villers-le-Belle
Melihan Akdogan et Abdullah Ülmez, Coprésidents du CDK-F
Conseil Démocratique Kurde en France
16 Rue d’Enghien, 75010, Paris