Le Parlement allemand reconnaît le génocide yézidi
BERLIN – Le Bundestag allemand a reconnu le génocide des Yézidis massacrés en masse par DAECH en août 2014. Une député germano-kurde a dénoncé la duplicité des autorités allemandes qui reconnaissent le génocide yézidi commis par DAECH, tout en soutenant la Turquie qui a armée DAECH et qui attaque aujourd’hui les Yézidis qui n’ont pas quitté Shengal.
Présentée conjointement par la coalition gouvernementale et l’opposition conservatrice, la mesure visant à reconnaitre le « génocide » commis en 2014 sur la communauté yézidie a été votée par le parlement allemand ce jeudi. Ce massacre avait été orchestré par le groupe djihadiste État islamique (EI) en Irak. Le texte voté par les élus a déterminé que « l’EI avait notamment pour objectif l’éradication totale de la communauté yézidie. Plus de 5 000 Yézidis ont été torturés et brutalement assassinés par l’EI ». (Le Journal du dimanche)
« La reconnaissance du génocide n’est pas une coquille vide », a souligné la députée sociale-démocrate, Derya Türk-Bachbaur. Si la qualification de génocide par le Parlement allemand ne change rien juridiquement parlant, elle symbolise un positionnement clair de la part des députés allemands.
Ces derniers sont en effet en mesure de formuler une série d’exigences au gouvernement allemand, allant de l’aide au retour des réfugiés à la création d’un centre d’archives et de documentation, en passant par la poursuite des enquêtes sur les exactions commises par l’Etat islamique contre cette minorité. (Deutsche Welle)
Le vote au Bundestag a été suivi par des représentants yézidis. La députée de gauche Sevim Dağdelen a déclaré lors du débat avant le vote que l’EI est soutenu par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie et que les armes mises à la disposition des milices terroristes proviennent également de la production allemande. Dağdelen a critiqué le fait que les YPG ne soient pas nommément mentionnés dans le texte de la résolution. Pendant que les peshmergas fuyaient, les forces de défense du Rojava ont atteint Shengal, sauvant des milliers de vies. Cela doit être nommé. La résolution ne mentionne que les « unités kurdes » qui ont joué un rôle clé dans la victoire territoriale sur l’EI en Irak. En fait, ce sont surtout les combattants du PKK et des YPG / YPJ qui sont venus secourir les milliers de Yézidis piégés au pied du mont Sinjar.
Dağdelen a également critiqué le soutien du gouvernement allemand au régime d’Erdogan et a souligné que la Turquie continue d’attaquer la communauté yézidie de Shengal. Si la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock veut protéger les Yézidis et le Shengal, elle doit dénoncer les attaques de la Turquie, qui violent le droit international. En ce qui concerne la situation d’insécurité à Shengal, la résolution déclare ce qui suit sur le rôle de l’État turc : « Les opérations militaires de la Turquie violent également la souveraineté de l’État irakien et ont le potentiel de déstabiliser le nord de l’Irak, y compris la région du Kurdistan d’Irak ».
La résolution contient des exigences envers le gouvernement fédéral. Cela devrait étendre le traitement judiciaire et la poursuite des auteurs dans leur propre pays et à l’étranger, fournir un soutien financier plus important pour la collecte de preuves sur place en Irak, soutenir un centre de documentation sur les crimes internationaux commis par l’EI en Allemagne, exhorter l’Irak à protéger les droits des yézidis et aider à reconstruire les colonies yézidies détruites. Elle s’appuyait sur une pétition de l’association berlinoise « Bureau des affaires yézidies », qui militait pour sa reconnaissance. Les organes des Nations Unies et le Parlement européen ont déjà reconnu les crimes de l’EI comme un génocide ; de même que l’Arménie, l’Australie, la Chambre des représentants des États-Unis et le Parlement écossais. (ANF)
FRANCE. Offre d’emploi pour femmes parlant kurde ou arabe ou persan…
L’association Refugee Women’s Centre, présente sur les campements informels dans le Nord de la France accueillant des femmes – avec ou sans enfants – kurdes d’Irak et d’Iran mais aussi des Afghanes etc., cherche deux coordinatrices de terrain: une pour Dunkerque (CDI temps-plein) et une pour Calais (en CDD).
Profil recherché:
Femmes parlant soit le kurde (dialecte soranî) ou l’arabe ou bien le persan… et ayant une expérience – en tant que bénévoles ou salariées – auprès des personnes exilées ou avoir soi-même vécu l’exil. (Détails de l’offre d’emploi ci-dessous)
Date de début: Début mars 2023
CV et lettre de motivation (en anglais ou en français) à envoyer à admin@refugeewomenscentre.com avant le 3 février à midi
Voici l’annonce faite par l’association Refugee Women’s Centre:
« Nous sommes actuellement à la recherche d’une coordinatrice terrain pour le Dunkerquois (CDI temps-plein), travaillant en majorité avec des personnes Kurdes d’Irak (donc Sorani de préférence, mais une connaissance des autres dialectes peut aussi fonctionner, ainsi que l’arabe et le farsi). Ainsi, nous souhaiterions que l’annonce puisse joindre des personnes qui auraient des compétences linguistiques pour cette mission.
Pour information, nous avons également un second poste pour lequel nous recrutons actuellement, qui est un CDD remplacement congé maternité pour la coordinatrice Calais
Le Refugee Women’s Centre est une association de terrain qui travaille avec les femmes exilées et leurs familles dans les lieux de vie informels du Nord de la France. Nous sommes présentes à Grande-Synthe depuis 2016 et à Calais depuis 2018. Notre équipe propose un dispositif mobile (une camionnette qui se déplace dans les différents campements) afin de répondre aux besoins matériels (vêtements, tentes, produits d’hygiène) des femmes et enfants que nous soutenons. Nous travaillons à créer des espaces sûrs, au travers de distributions et d’animation d’activités réservées aux femmes. L’objectif est de construire des liens de confiance avec les femmes que nous soutenons afin d’offrir un soutien global, et de pouvoir les accompagner au mieux en fonction de leurs besoins (de santé, juridiques, d’hébergement, autres). Pour cela, notre équipe travaille en non-mixité choisie. »
Détails de l’offre d’emploi:
Fiche de poste – Coordinatrice de terrain du Dunkerquois L’association
Le Refugee Women’s Centre est une association de terrain qui travaille avec les femmes exilées et leurs familles dans les lieux de vie informels du Nord de la France. Nous sommes présentes à Grande-Synthe depuis 2016 et à Calais depuis 2018. Notre équipe propose un dispositif mobile (une camionnette qui se déplace dans les différents campements) afin de répondre aux besoins matériels (vêtements, tentes, produits d’hygiène) des femmes et enfants que nous soutenons. Nous travaillons à créer des espaces sûrs, au travers de distributions et d’animation d’activités réservées aux femmes. L’objectif est de construire des liens de confiance avec les femmes que nous soutenons afin d’offrir un soutien global, et de pouvoir les accompagner au mieux en fonction de leurs besoins (de santé, juridiques, d’hébergement, autres). Pour cela, notre équipe travaille en non-mixité choisie.
Structure de l’équipe
Notre organisation est en évolution permanente et a le projet de renforcer sa capacité en salariat dans le futur. La structure d’équipe actuelle et les missions de chacune restent donc évolutives.
Description du poste
La coordinatrice de terrain aura pour fonctions :
Description du poste
La coordinatrice de terrain aura pour fonctions :
- De coordonner les activités de terrain et le soutien direct aux femmes et aux familles sur le Dunkerquois ;
- De représenter l’association, nouer des partenariats avec les acteurs locaux et de développer des actions de plaidoyer afin d’accompagner et visibiliser les personnes que nous soutenons ;
- De former et coordonner l’équipe de bénévoles afin qu’elles puissent fournir un soutien qualitatif et en accord avec les valeurs et mission de l’association ;
- D’assurer la gestion administrative de l’association ;
- D’assurer que les activités de l’association correspondent à la mission, aux valeurs et aux priorités de ladite.
- Avoir une présence régulière sur le terrain dans le cadre de l’organisation des distributions matérielles, activités et maraudes ;
- En accord avec l’équipe de bénévoles, créer de plans d’action en fonction des changements et évolutions du terrain ;
- Établir des liens de confiance avec les femmes afin d’adapter nos services aux besoins ;
- En lien avec la travailleuse sociale, identifier les vulnérabilités et les besoins administratifs, juridiques, médicaux, sociaux pour les femmes et les familles ; ● Identifier des espaces et/ou opportunités de partenariats afin de créer des espaces sûrs et adaptés pour les activités en extérieur et en intérieur ;
- Mettre en place et maintenir les partenariats avec les associations pertinentes ; ● Faire la veille du contexte de terrain et superviser la collecte de données (census, participation aux services du RWC, etc.) afin d’élaborer une stratégie d’action adaptée ;
- En lien avec la Stagiaire Entrepôt & Stocks et la Bénévole Commandes Stocks, développer des protocoles de distribution ;
- Encadrer la Stagiaire Entrepôt & Stocks dans ses missions.
- Superviser et soutenir le travail des bénévoles en fonction de leurs responsabilités, répartir les tâches au sein de l’équipe ;
- Former et/ou organiser la formation des nouvelles membres de l’équipe ; ● Assurer le bien-être de l’équipe y compris faire des check-ins avec les bénévoles ; ● Agir comme point de référence pour des questions / problèmes / conflits au sein de l’équipe ;
- Maintenir un lien fort avec le bureau et le conseil d’administration et leur déléguer des tâches en cas de besoin.
- Représentation de l’association, plaidoyer et création de partenariat
- Créer et maintenir des partenariats avec divers acteurs, y compris des associations locales, hébergeur.ses citoyen.nes, la mairie, des acteurs institutionnels, etc. ;
- Participer aux réunions inter-associatives et aux actions de plaidoyer interassociatifs dans le Dunkerquois ;
- Représenter l’association lors d’événements publics, ainsi qu’avec les journalistes, représentant·e·s politiques, chercheur·e·s, etc.
- Assurer le lien avec la propriétaire de la maison des bénévoles ;
- Assurer le maintien des véhicules de l’association ;
- Assurer le lien avec l’assurance ;
- Gestion de la boîte mail et du Google Drive.
- Nous prenons en compte les expériences de travail payées ou volontaires, mais aussi le vécu personnel, et encourageons les candidatures des personnes ayant vécu ou connu l’exil. Essentielles :
- Avoir de l’expérience de travail de terrain avec des personnes exilées ; ● Avoir de l’expérience de gestion et coordination d’équipe ;
- Savoir travailler en équipe avec des bénévoles de diverses nationalités ainsi que déléguer des tâches; communiquer et assurer l’autonomie de l’équipe ; ● Intérêt pour les questions de genre et la lutte contre les violences de genre ; ● Connaissance de safeguarding et capacité à créer un lien de confiance dans un cadre professionnel ;
- Savoir prendre du recul et mettre des limites professionnelles ;
- Forte capacité de création de liens avec des acteurs variés, diplomatie, gestion de conflit ;
- Autonomie et adaptabilité, gestion du stress ;
- Sens de l’organisation et priorisation des tâches ;
- Avoir une approche féministe intersectionnelle ;
- Aisance à l’oral lors de la prise de parole en public ;
- Ecrire et parler couramment français et anglais ;
- Permis de conduire B. Désirables :
- Expérience au sein du Refugee Women’s Centre ou d’une structure partenaire dans le Nord de la France ;
- Des connaissances juridiques sur les procédures d’asile en France ; ● La maîtrise de l’arabe, du farsi, du kurde, de l’amharic, du tigrinya ou de l’allemand ● Avoir son propre véhicule.
Les fascistes turcs mobilisés en Europe à 4 mois des élections turques
EUROPE – Alors que la diaspora kurde pleure encore les victimes de l’attaque terroriste de la rue d’Enghien, à Paris, survenue 10 après le meurtre de trois femmes kurdes dans le même quartier, les fascistes turcs ont commencé la campagne électorale pour le président Erdogan tout en proférant des menaces envers les Kurdes et les opposants turcs réfugiés en Europe.
Après l’appel à l’anéantissement des opposants proféré par un député turc dans une mosquée de la ville allemande de Neusse il y a quelques jours, plusieurs organisations veulent empêcher un événement des Loups Gris turcs qui doit avoir lieu ce 22 janvier à Cologne, toujours en Allemagne. Le même jours, plusieurs membres du parti d’Erdogan seront en meeting à Lyon, en France.
Le dimanche 22 janvier au Centre Güney Event à Cologne-Godorf aura lieu la soi-disant « Fête de la Culture et de l’Idéalisme » (« Kültür ve Ülkü Şöleni »). L’événement est organisé entre autre par la Fédération des associations idéalistes démocrates turques en Allemagne (Almanya Demokratik Ülkücü Türk Dernekleri Federasyonu – ADÜTDF). L’ADÜTDF est la plus grande organisation faîtière des ultranationalistes turcs en Allemagne et regroupe 170 associations locales. Dans son rapport de décembre 2022, l’Office fédéral pour la protection de la Constitution déclarait que l’ADÜTDF était l’organisation étrangère la plus influente du parti de l’extrême droite turc MHP.
Les initiatives civiles Tüday (Human Rights Association Turkey/Germany eV), Voices of Solidarity – Mahnwache Köln eV et Kölner Helfen veulent empêcher l’événement et appellent les responsables de la ville de Cologne à empêcher les discours de haine de l’extrême droite turc du MHP et la campagne électorale de l’AKP qui glorifie la violence.
Les trois initiatives ont publié un communiqué condamnant les incitations à la haine et ajoutant que : « Des soi-disant festivals (…) similaires de la droite turque ont récemment eu lieu à Dortmund (27 décembre 2022) et à Neuss (13 janvier 2023). À Dortmund, le salut des Loups Gris de d’extrême droite turque a été diffusé plusieurs fois pendant l’événement. À Neuss, le député AKP Mustafa Açıkgöz de la ville de Nevşehir, au centre de l’Anatolie, a prononcé un discours de campagne électorale dans lequel il menaçait ses opposants politiques d’anéantissement : « Tout comme nous ne leur permettons pas le droit à la vie en Turquie, nous ne le leur permettrons pas dans L’Allemagne non plus. Où qu’ils fuient dans le monde, nous mettrons fin à l’organisation terroriste PKK et à l’organisation terroriste FETÖ. (… ) Avec la volonté de Dieu, peu importe où dans le monde, nous les sortirons des trous dans lesquels ils se sont cachés et les détruirons. » Suite à l’incident, le ministère allemand des Affaires étrangères à Berlin a convoqué l’ambassadeur de Turquie [le 17 janvier 2023] et a annoncé via Twitter : « Des apparitions comme celle d’un député turc à Neuss ne doivent pas se répéter. Les discours de haine n’ont pas leur place en Allemagne. »
Le journaliste Eren Güvercin déclarait récemment au Frankfurter Rundschau à l’occasion d’événements séminaires dans la région Rhin/Main : « De tels événements sont souvent perçus comme des événements folkloriques, mais ils sont bien plus que cela. Une idéologie nationaliste turque est véhiculée à travers les chansons, qui exprime la supériorité de la turcité. Ce n’est donc pas un hasard si le chanteur Mustafa Yıldızdoğan (exemple titre de chanson : ‘Ölürüm Türkiyem’ ; en français: Je mourrais pour toi ma Turquie), particulièrement apprécié de la droite turque, est censé se produire à Godorf. »
L’initiative a terminé son communiqué en rappelant l’attentat terroriste du 23 décembre 2022 ciblant les Kurdes à Paris et a mis en garde contre le racisme, le chauvinisme et l’antisémitisme des groupes turcs qui ne doivent pas être sous-estimés par « les partis démocratiques et la société civile antifasciste ».
ANF
TURQUIE. Quatre Kurdes d’Irak tués dans une attaque armée à Mardin
TURQUIE / KURDISTAN – Dans la province kurde de Mardîn, un véhicule portant une plaque d’immatriculation irakienne a été attaqué par des hommes armés qui ont tué quatre Kurdes du Kurdistan du Sud.
Hier soir, après minuit, un véhicule immatriculé en Irak a été pris en embuscade à Mêrdîn. Des hommes armés d’armes automatiques ont ouvert le feu sur la voiture en circulation. Trois personnes ont été tuées et deux autres grièvement blessées. Les victimes seraient des Kurdes d’Irak âgés de 39 à 75 ans. Alors que trois personnes sont mortes sur les lieux de l’attaque, la quatrième personne a succombé à ses blessures à l’hôpital.
On ne sait pas encore qui était derrière l’attaque qui a eu lieu sur la route entre Nisêbîn (tr. Nusaybın) et Qosêr (Kızıltepe).
ANF
Il y a 16 ans, le journaliste arménien, Hrant Dink était tué à Istanbul
TURQUIE – Le rédacteur en chef du journal Agos, Hrant Dink a été assassiné à Istanbul le 19 janvier 2007 par un nationaliste turc. Dink œuvrait pour la reconnaissance du génocide arménien ainsi que pour la réconciliation entre les peuples turc et arménien. Son assassinat a profondément affecté les Kurdes de Turquie persécutés et victimes d’assassinats politiques/racistes.
Au moment de sa mort, il était jugé pour avoir enfreint l’article 301 du code pénal turc et « avoir dénigré la turcité ». Dink a été assassiné à Istanbul alors qu’il rentrait dans les bureaux d’Agos.
Le tueur se serait présenté comme un étudiant de l’Université d’Ankara qui souhaitait rencontrer M. Dink. Lorsque sa demande a été rejetée, il a attendu un moment devant une banque voisine. Selon des témoins oculaires, Dink a été abattu par un homme de 25 à 30 ans, qui a tiré trois coups de feu à la tête de Dink dans le dos à bout portant avant de s’enfuir à pied. Selon la police, l’assassin était un homme de 18 à 19 ans. Deux hommes avaient été placés en garde à vue dans les premières heures de l’enquête policière, mais avaient ensuite été relâchés.
Un jour après l’assassinat, la police a annoncé que le tueur avait été identifié à partir de séquences vidéo de surveillance.
Les agences de presse ont rapporté que le tireur avait été identifié comme étant Ogün Samast, un adolescent né en 1990 et enregistré comme résidant à Trabzon.
Le père de Samast l’a identifié à partir des photos rendues publiques et a alerté les autorités. Six personnes, dont l’ami de Samast, Yasin Hayal, qui avait été impliqué dans l’attentat à la bombe contre un restaurant McDonald à Trabzon en 2004, ont été arrêtées et conduites à Istanbul.
Le 25 juillet 2011, Samast a été reconnu coupable de meurtre et de possession d’armes par le tribunal pénal pour mineurs. Il a été condamné à 22 ans et 10 mois de prison.
Le 16 janvier 2012, le 14e tribunal pénal d’Istanbul a jugé qu’il n’y avait pas de complot derrière l’assassinat et a déclaré que l’exécution de Dink était un meurtre ordinaire. Yasmin Hayal a été reconnue coupable de meurtre et condamnée à la réclusion à perpétuité, tandis que deux autres hommes ont été reconnus coupables de l’avoir aidé et condamnés à 12 ans et 6 mois de prison.
En 2013, un témoin secret a déclaré aux procureurs que le JITEM (le service de renseignements de la gendarmerie turque) et la gendarmerie étaient impliqués dans le meurtre de Dink.
Le 12 janvier 2015, des mandats d’arrêt ont été émis contre deux policiers, faisant d’eux les premiers fonctionnaires arrêtés dans le cadre de l’enquête.
Un homme reconnu coupable d’avoir aidé et encouragé le meurtre du journaliste arménien Hrant Dink a commencé à purger sa peine de prison après des années de cavale. Ahmet Iskender a été reconnu coupable par un tribunal d’Istanbul en 2012 d’avoir aidé l’ultranationaliste Ogün Samast, qui a été reconnu coupable du meurtre du rédacteur en chef du journal arménien Agos, Hrant Dink. Iskender a été condamné à douze ans et demi de prison pour avoir fait disparaitre l’arme du crime, donné de l’argent à l’assassin et lui avoir fourni un téléphone. Cette condamnation a été confirmée par la Cour de cassation turque en 2013. En 2019, il a été condamné à deux ans de prison supplémentaires pour appartenance à une organisation terroriste armée.
Cependant, Ahmet Iskender, arrêté avec l’assassin et trois autres complices quelques jours après le meurtre de Hrant Dink le 24 janvier 2007, s’était déjà enfui à l’étranger peu après sa libération en juillet de la même année. En 2015, il est apparu qu’il séjournait en Belgique. Début mars, le ministère de l’Intérieur kirghize a alors annoncé qu’il avait appréhendé Ahmet Iskender dans la capitale Bichkek le 26 février. L’homme de 38 ans a utilisé une fausse carte d’identité et un faux permis de conduire et a ensuite été arrêté pour possession illégale d’armes, le crime organisé et la falsification de documents.
ANF
TURQUIE. La mère de Mîr Perwer se repose auprès de son fils
TURQUIE / KURDISTAN – La mère de Mîr Perwer, Filiz Aydın, a été inhumée au cimetière d’Ewran aux côtés de son fils, qui a été assassiné à Paris le 23 décembre 2022.
Souffrant de nombreuses maladies, Filiz Aydın a été gravement affectée par le meurtre de son fils ainsi que l’attaque barbare de la police turque lors de ses funérailles et fut hospitalisée tout de suite après.
Filiz Aydın, la mère de l’artiste Mîr Perwer (Mehmet Şirin Aydın), tué lors de l’attaque visant le Centre culturel kurde Ahmet Kaya à Paris le 23 décembre, est décédée à l’hôpital où elle était soignée.
Aydın était à l’hôpital d’Elazığ, recevant un traitement pour une infection. Elle a été inhumée mardi soir au cimetière d’Ewran (Yeşilova), à côté de son fils, Mîr Perwer. Seuls les proches ont assisté à la cérémonie.
Selahattin Demirtas: Erdogan cherche le chaos avant les élections mais il échouera
TURQUIE – Le leader kurde tenu en otage par le régime turc depuis novembre 2016, Selahattin Demirtas déclare qu’Erdogan cherche le chaos à quelques mois des élections présidentielles et législatives mais qu’il échouera.
Selahattin Demirtas, qui répondait aux questions du Reuters depuis la prison d’Edirne, a exhorté le principal bloc d’opposition du pays à coopérer avec le Parti démocratique des Peuples (HDP) pro-kurde pour remporter les élections présidentielles et législatives prévues le 14 mai prochain (date anniversaire de l’élection du président conservateur Adnan Menderes en 1950 mais qui a fini sur la potence).
Cependant, l’avenir du HDP est loin d’être assuré : un procureur a cherché à fermer le parti pour ses liens avec des militants kurdes, le point culminant d’une répression de plusieurs années contre le troisième plus grand parti au parlement turc.
Demirtas, qui n’est plus le chef du parti mais reste une personnalité politique clé malgré son incarcération depuis 2016, a déclaré qu’Erdogan et son partenaire de l’alliance nationaliste, Devlet Bahçeli, étaient à l’origine de la pression légale pour fermer le HDP.
« L’objectif de ces deux-là est de gagner les élections en créant un vide et un chaos dans l’opposition, en affaiblissant le HDP avant les élections », a déclaré Demirtas dans des réponses écrites aux questions qui lui ont été transmises via le HDP, décrivant le timing de la fermeture du parti comme un « choix politique délibéré ».
TURQUIE. Décès de la mère de Mir Perwer, chanteur kurde assassiné à Paris
TURQUIE / KURDISTAN – La mère de Mir Perwer, chanteur kurde tué lors de l’attaque terroriste de 23 décembre 2022 à Paris, est décédée aujourd’hui à l’âge de 47 ans.
Souffrant de nombreuses maladies, Filiz Aydın a été gravement affectée par le meurtre de son fils ainsi que l’attaque barbare de la police turque lors de ses funérailles et fut hospitalisée tout de suite après.
Elle va être enterrée dans la tombe qu’elle avait faite creusée à côté de celle de son fils.
ROJAVA. Les Kurdes s’attendent à une attaque terrestre turque en février
SYRIE / ROJAVA – « Nous prenons les menaces de la Turquie au sérieux. On s’attend à une attaque en février. La ville de Kobanê est une cible probable en raison de sa signification symbolique pour les Kurdes (…) », a déclaré le commandant des FDS Mazloum Abdi.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS) prennent les menaces de la Turquie au sérieux et s’attendent à une opération terrestre turque en février, a déclaré le commandant des FDS Mazloum Abdi à Al Monitor dans une interview publiée lundi.
Depuis 2018, la Turquie a lancé plusieurs incursions militaires en Syrie, affirmant que les FDS et leur branche militaire, les Unités de protection du peuple (YPG), constituent une menace pour la sécurité nationale en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Suite à l’attentat meurtrier d’Istanbul en novembre que la Turquie a attribuée à des groupes kurdes (bien que ces accusations aient été démenties à l’unanimité), des frappes aériennes ont été lancées contre le Rojava, dans le nord de la Syrie. Depuis lors, les responsables turcs ont déclaré à plusieurs reprises qu’une opération terrestre suivrait les frappes aériennes, mais face à l’objection des États-Unis et de la Russie, la Turquie n’a pas pris d’autres mesures jusqu’à présent. Le porte-parole présidentiel turc İbrahim Kalın a déclaré samedi qu’une opération terrestre pourrait avoir lieu « à tout moment ».
« Nous prenons les menaces de la Turquie au sérieux. On s’attend à une attaque en février. La ville de Kobanê est une cible probable en raison de sa signification symbolique pour les Kurdes du monde entier », a déclaré Abdi, faisant référence à la ville du nord-est de la Syrie contrôlée par les Kurdes.
« La Turquie se dirige vers des élections, et nous sommes conscients que le président Erdoğan veut rallier le soutien nationaliste et il semble croire qu’attaquer à nouveau le Rojava peut servir cet objectif », a-t-il ajouté.
Le commandant a souligné que les FDS ne représentaient aucune menace pour la Turquie et souhaitaient plutôt des relations pacifiques avec Ankara. Abdi a également rejeté les affirmations d’Ankara selon lesquelles les YPG sont l’extension syrienne du PKK.
« Je suis un Kurde syrien. Mon avenir est ici dans ce pays. Le PKK a assurément aidé dans la lutte contre l’État islamique [DAECH / ISIS]. Mais aujourd’hui, le PKK n’a aucun rôle dans notre administration. Nous ne sommes pas, comme le prétend la Turquie, une branche du PKK. (…) », a-t-il déclaré.
Le commandant a admis qu’Abdullah Öcalan, le chef du PKK qui est en prison en Turquie depuis 1999, était un symbole pour les Kurdes partout, y compris au Rojava.
Abdi a déclaré que les FDS n’avaient aucun projet pour d’autres parties du Kurdistan en Turquie, en Irak ou en Iran, ni ne souhaitaient être impliqués ou devenir des boucs émissaires pour l’échec de la Turquie à résoudre son propre problème kurde.
Abdi a également déclaré qu’il ne croyait pas que les efforts de rapprochement négociés par la Russie entre la Turquie et la Syrie réussiraient.
« Le régime syrien ne transigera jamais sur ses propres exigences. La principale d’entre elles est que la Turquie retire toutes ses troupes du sol syrien et que la Turquie retire son soutien aux groupes armés d’opposition sunnite », a déclaré le commandant.
« De même, je ne crois pas que le régime syrien céderait aux demandes de la Turquie d’écraser l’administration autonome dans le nord-est », a ajouté Abdi en faisant référence à l’administration dirigée par les Kurdes au Rojava. « Il n’a pas les moyens de le faire, ni les circonstances favorables à de tels plans », a-t-il déclaré.
Medya News
PARIS. Le slogan « femme, vie, liberté » illumine la Tour Eiffel en soutien à la révolution féministe d’Iran
PARIS – Ce lundi 16 janvier, des milliers d’Iraniens et Kurdes d’Iran vivant en Europe ont manifesté à Strasbourg pour exhorter l’Union européenne à inscrire les Gardiens de la révolution (CGRI) sur la liste des organisations terroristes tandis que la Tour Eiffel s’est illuminée la nuit avec des slogans en solidarité avec les manifestations anti-gouvernementales en Iran où les minorités kurdes et baloutches sont victimes d’exécutions massives.
La tour Eiffel de France s’est illuminée lundi avec les slogans « Femme Vie Liberté » et « Stop Executions in Iran [Halte aux exécutions en iran] » en solidarité avec les manifestations anti-gouvernementales déclenchées par la mort de Jîna Mahsa Amini en garde à vue.
Le 16 janvier marque le cinquième mois de manifestations nationales en Iran au cours desquelles au moins 500 civils ont été tués par les forces de sécurité, 100 condamnés à mort, plus de 20 000 autres arrêtés.
Des Iraniens et Kurdes d’Iran vivant en Europe se sont rassemblés devant le Parlement européen à Strasbourg pour exhorter l’Union européenne à inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste des organisations terroristes en raison de son rôle déterminant dans la répression meurtrière contre les manifestants, tandis que la Tour Eiffel à Paris s’est allumée la nuit avec des slogans soutenant les protestations iraniennes.
La marche de Strasbourg a coïncidé avec la session plénière du Parlement européen qui doit décider d’inscrire ou non les CGRI sur la liste des organisations terroristes.
Des responsables et des politiciens européens se sont adressés aux manifestants et ont promis d’aider à inscrire les CGRI sur la liste des organisations terroristes.
Une résolution non contraignante doit être votée jeudi au Parlement européen.
Récemment, le Royaume-Uni a approuvé des plans visant à inscrire les CGRI sur la liste des organisations terroristes et la ministre allemande des Affaires étrangères a exhorté l’UE à faire de même.
Medya News