« Roja Reş ». Les Kurdes commémorent le complot international du 15 février 1999

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Il y a 24 ans, le 15 février 1999, le chef du PKK, Abdullah Öcalan, a été enlevé à l’ambassade de Grèce au Kenya lors d’un coup d’État impliquant plusieurs services secrets étrangers et emmené en Turquie. Les Kurdes ont nommé ce 15 février 1999 « Roja Reş » (Jour noir) et manifestent chaque 15 février exigeant la libération d’Ocalan. Cette année encore, les Kurdes ont manifesté au Kurdistan mais aussi en Europe pour condamner le complot international et la libération d’Ocalan détenu sur l’île prison d’Imrali, en Turquie, en isolement carcéral absolu et dont ni ses avocats, ni ses proches n’ont plus de nouvelles le concernant. Cette situation illégale est malheureusement cautionnée / encouragée par l’inaction du Comité pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe (CPT). Manifestation au Kurdistan et en Syrie Avant son arrestation, Abdullah Ocalan a passé des années au Liban et en Syrie où de nombreuses personnes l’ont connu personnellement. Pour marquer l’anniversaire de son enlèvement et de sa détention, des manifestations ont eu lieu le mercredi 15 février dans toute la région autonome du nord et de l’est de la Syrie. « Nous allons briser le système Imrali par la lutte du peuple » était le slogan des manifestations à Qamişlo, Girkê Legê, Dêrik, Hesekê, Til Temir, Hol, Sedadê, Tabqa, Raqqa, Kobanê et Şehba. Hier, au Kurdistan d’Irak, les Kurdes ont manifesté notamment à Suleymaniyê et dans la région yézidie de Shengal. Manifestations en Europe En Europe, il y a eu des manifestations hier dans de nombreux pays, dont en Allemagne, Suisse, Grèce, Autriche, France… A Strasbourg, des jeunes Kurdes ont fait irruption dans le Parlement européen, exigeant la libération d’Abdullah Öcalan. Leur arrivée a entrainé l’interruption des débats et l’évacuation des eurodéputés.

TURQUIE. L’État a attendu le séisme de Kahramanmaraş les bras croisés

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TURQUIE – En 2020, le gouvernorat de Kahramanmaras et AFAD ont préparé un rapport détaillé d’un puissant séisme qui frappera la région mais n’ont pris aucune mesure préventive. Cette information choque a été dévoilée par le journaliste Mustafa Hoş sur son compte Twitter. Alors que les rescapés du séisme du 6 février de magnitude 7,7 qui a frappé 11 provinces de Turquie et le nord de la Syrie (à majorité kurde), tentent de panser leurs plaies, on découvre qu’un rapport daté de 2020 qui comprend tous les détails et prédit le séisme dont l’épicentre est Kahramanmaraş, a été préparé par le gouvernorat de Kahramanmaraş et l’organisme turc de secours et de prévention des catastrophes (AFAD). Ce rapport contenant tous les détails du séisme préparé il y a près de 3 ans nommé « plan provincial de réduction des risques de catastrophe » prédit tous les détails sur un éventuel séisme dans la province de Maras, son ampleur et donne les résultats des calcules de type de destruction qui en résultera. Dans le rapport, on prédit qu’un tremblement de terre d’une magnitude de 7,5 est prévu, et même une carte de la distribution de l’intensité y est ajoutée. Un scénario de séisme est également créé dans l’analyse de vulnérabilité du plan. Les districts, les quartiers, les bâtiments sont identifiés et les dommages qui peuvent survenir sont enregistrés en détail. Le plan catastrophe décrit également les mesures à prendre. Malgré cela, les autorités n’ont pris aucune mesure face à ce séisme que tout le monde attendait depuis des années… Si ce n’est pas un crime, qu’est-ce que c’est?

Séisme en Turquie. L’État turc saisit le centre de coordination et d’aide du HDP à Pazarcik

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TURQUIE / KURDISTAN – Le régime turc a saisi le centre de coordination et d’aide du HDP et des organisations de la société civile à Pazarcik, Kahramanmaras, épicentre du séisme du 6 février dernier. Alors que plus 35 000 personnes sont sorties des décombres du séisme du 6 février qui a frappé la Syrie et le sud-est de la Turquie (régions à majorité kurde) et on prédit un bilan final de plus de 200 000 morts. En attendant, les sinistrés critiquent l’État qui est absent dans les zones sinistrées où la mobilisation populaire s’organise et se renforce de jour en jour, mais les autorités turques confisquent ou bloquent l’aide et les travaux de secours des rescapés, spécialement dans les régions kurdes. Le gouverneur du district de Pazarcık a saisi le centre de coordination de crise établi dans la ville par le HDP et des associations locales, où l’aide est collectée pour les victimes du tremblement de terre. Dans le district de Bazarcix (Pazarcik) de Mereş, l’épicentre du tremblement de terre, le gouvernorat du district a nommé un administrateur (Kayyum) au Centre de coordination de crise établi par le Parti démocratique des peuples (HDP) et les associations locales de la ville. Le gouverneur de district de Pazarcik, Mustafa Hamit Kıyıcı est venu au village de Hasankoca avec des soldats et a déclaré que le travail serait effectué par les coordinateurs qu’ils nommeraient. Il y a eu de longues discussions entre les membres du parti et les bénévoles qui se sont opposés à la décision du gouverneur. Les membres du parti HDP et les volontaires ont réagi au gouverneur de district en criant les slogans « Le syndic tue, la solidarité fait vivre ». Ils ont quitté l’entrepôt, déclarant qu’ils ne coopéreraient pas avec le gouverneur du district. Agence Mezopotamya

Des militants kurdes dans le Parlement européen à l’anniversaire du complot international de 15 février 1999

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STRASBOURG – Le 15 février 1999, le chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan fut capturé au Kenya par des agents de renseignement turcs en collaboration avec d’autres pays et remis à la Turquie. Les Kurdes qualifient ce jour « Roja Reş » (Jour noir) et mènent des actions à chaque anniversaire du complot international du 15 février, demandant la libération immédiate du chef historique du PKK. Aujourd’hui, dans le cadres des actions mondiales demandant la libérations d’Ocalan, quelques militants kurdes ont réussi à entrer dans le Parlement européen, perturbant la session de votes de ce midi. Des militants des mouvements de jeunesse kurdes TCŞ et TekoJIN ont appelé à la libération d’Abdullah Öcalan au Parlement européen. Le groupe a crié des slogans dans la zone d’audience et brandi des photos du chef du PKK qui a été enlevé en Turquie il y a 24 ans aujourd’hui. Dans une déclaration sur leur action, les jeunes militants ont appelé à un contact immédiat avec Öcalan et ont attiré l’attention sur la responsabilité de l’Europe. Le Comité anti-torture CPT ne fait pas son travail sous la pression politique, le Conseil de l’Europe permet à la Turquie, en tant qu’État membre, d’ignorer les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme. Öcalan a été enlevé le 15 février 1999 dans le cadre d’un complot international impliquant plusieurs services secrets de l’ambassade de Grèce au Kenya et extradé vers la Turquie. Depuis près de deux ans, il n’y a plus aucun signe de vie de l’île-prison d’Imrali dans la mer de Marmara, où Öcalan et ses trois codétenus sont détenus. « Avec cette action, nous, les jeunes kurdes, exigeons que l’Europe renonce à cette sale politique contre Abdullah Öcalan. Jusqu’à ce que nous entendions parler de lui et jusqu’à ce que sa liberté physique soit garantie, nos actions se poursuivront », ont déclaré les militants. Veillée à Strasbourg : « La liberté d’Öcalan est la liberté de nos peuples » Cela fait 24 ans que le dirigeant kurde Abdullah Öcalan a été capturé au Kenya par les puissances impérialistes internationales et remis à l’État turc le 15 février 1999. Au fil des ans, la prison d’Imrali, où Öcalan est détenu depuis, a été transformée en centre de torture. Öcalan a déclaré que l’État turc se voit confier un « rôle de gardien » à Imrali, où le régime et la loi de Gladio sont mis en œuvre. Un isolement aggravé a été imposé à Öcalan depuis l’arrivée au pouvoir de l’alliance fasciste AKP-MHP. L’isolement au mépris de la Convention européenne des droits de l’homme a également été reconnu par les institutions européennes. Entre-temps, les actions du peuple kurde et de ses amis se sont poursuivies contre le complot international dirigé contre l’avenir des peuples du Moyen-Orient, en particulier le peuple kurde. En Turquie et au Kurdistan, ainsi qu’en Europe, les Kurdes et leurs amis ont organisé de nombreuses actions, rassemblements et marches pour mettre fin à l’isolement d’Öcalan et assurer sa liberté. L’une de ces actions a été lancée à Strasbourg, le 2 juin 2011. La Veillée de la liberté, lancée par le peuple kurde et ses amis où se trouvent les institutions européennes, se poursuit sous la forme d’une veillée hebdomadaire depuis 11 ans. La veillée, qui se déroule tous les jours de la semaine entre 07h30 et 16h30, expose les politiques hypocrites des États européens et révèle la volonté du peuple kurde et de ses amis insistant sur le fait qu’ils ne renonceront pas à leur lutte. Zülfü Bingöl du Comité d’organisation de la veillée de la liberté a souligné que la principale raison pour laquelle cette loi Gladio est appliquée à Öcalan est son idéologie basée sur le confédéralisme démocratique, qui offre une solution pour les femmes et les opprimés, en particulier les peuples du Moyen-Orient. « Les puissances souveraines internationales veulent éliminer cette idéologie », a déclaré Bingöl et a souligné que le capitalisme continue d’être un énorme problème pour l’humanité. « Le peuple, les femmes, les opprimés, les écologistes et la lutte internationaliste se rassemblent autour de la proposition de solution de notre leader. Cela met les puissances souveraines internationales mal à l’aise. » Bingöl a ajouté : « Il est possible de voir la volonté et la discipline dans la lutte de notre leader dans cette action. Cette veillée démontre qu’une vie sans notre chef est impensable pour nous. Notre lutte ne s’arrêtera pas tant que notre chef ne sera pas libéré. La liberté de nos peuples est liée à la liberté de notre leader », a déclaré Bingöl et a conclu que le comité d’organisation saluait tous ceux qui avaient rejoint la manifestation jusqu’à présent et appelait à un soutien continu et croissant. ANF

SYRIE. Les « Casques blancs » ignorent les Kurdes de Jindires restés sur les décombres du séisme

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SYRIE / ROJAVA – Les « Casques blancs  », arrivés dans le canton kurde d’Afrin avec l’occupation turque en 2018, et accusés par les habitants de n’aider que les victimes arabes du séisme, ont déclaré que leur mission à Jindires était terminée, mais les habitants disent que de nombreux Kurdes sont toujours piégés sous les décombres. Par ailleurs, l’aide humanitaire envoyée dans la région par la fondation Barzanî a été volée par les gangs islamistes sous commandement turc. Les rescapés risquent de mourir de faim et de froid alors qu’ils sont ignorés complétement par la communauté internationale. Quand la vie s’est arrêtée, l’humanité est morte de froid à Jindires À environ 20 km à l’ouest de la ville d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, dans une région religieusement et culturellement diversifiée dont l’existence remonte à l’époque pré-grecque, se trouve la ville de Jindires, connue dans l’Antiquité sous le nom de Jindaros, surplombant le rive nord de la rivière Afrin. Histoire Le récit de Jindires sur le tremblement de terre désastreux qui a frappé le sud de la Turquie et le nord de la Syrie le 6 février résume le peu d’attention – voire aucune – accordée au sort d’un peuple frappé par la pauvreté et le déplacement parmi tant d’autres. Dans l’Antiquité, Jindires était un diocèse historique dont le règne épiscopal s’étendait sur un certain nombre de villages blottis au mont Lailoun (Siméon) au nord-ouest du gouvernorat d’Alep. À un moment donné, Jindaros a rivalisé avec le patriarcat autocéphale d’Antioche plus à l’ouest, religieusement parlant. La présence à l’est de Jindires de la grotte de Dederiyeh, très probablement inhabitée par les Néandertaliens primitifs, est une preuve indéniable qui confirme l’enracinement profond de la ville et son origine kurde. Situés sur la colline stratégiquement importante à proximité du col de Belen qui divise les monts Nur – les anciens Amanus – Jindires, parmi tant d’autres, ont toujours été une voie et un champ de bataille entre des puissances régionales et mondiales concurrentes. Après la guerre de 2011 et l’occupation turque Plus récemment, et dans le contexte de la crise syrienne, la ville est passée à l’été 2012 sous le contrôle des Unités de protection du peuple (YPG) kurdes et des Unités de protection des femmes (YPJ) exclusivement féminines. Selon le recensement de 2004 effectué par le gouvernement syrien, Jindires comptait 13 661 habitants. Cependant, ce nombre a augmenté régulièrement pour atteindre 20 000 dans les années qui ont suivi la création de l’administration autonome dans la région d’Afrin. De nombreux nouveaux arrivants fuyant les batailles acharnées entre les forces gouvernementales syriennes et les factions de l’opposition sont arrivés à Jindires, qui différait remarquablement de toutes les villes et villages d’Afrin en accueillant une minorité arabe avant la crise syrienne. Cyniquement, ils serviront de cheval de Troie plus tard. Après une période d’épanouissement rapide mais limitée jusqu’au début de 2018, l’époque de la ville a été écourtée en mars 2018 lorsqu’Afrin est entièrement tombée aux mains des forces turques et des factions d’opposition de l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA), provoquant des déplacements massifs. Il s’agissait de l’opération militaire dite « Rameau d’olivier » qui s’est terminée par l’occupation turque de la région. Séisme du 6 février Cependant, un nouveau chapitre – sombre – devait s’écrire à Jindires lorsque, à l’aube du 6 février, un tremblement de terre désastreux dont l’épicentre se trouvait dans le sud de la Turquie a réduit une grande partie de la ville en décombres. Des images choquantes ont émergé de la ville, signifiant l’ampleur des dégâts causés et l’étendue de l’assistance et de l’aide nécessaires pour redonner vie à la ville. La vie a été interrompue à Jinderis. Harim, Salqin et Azmarin dans le gouvernorat d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie, parmi de nombreuses autres grandes villes syriennes, ont été durement touchées par le séisme. Alors que des centaines de personnes ont immédiatement perdu la vie en raison de l’horrible destruction, beaucoup d’autres sont restées pendant de longues journées sous les décombres à des températures inférieures à zéro. Les dégâts massifs et la destruction colossale ont relégué certaines parties de la ville à un point de non-reconnaissance. Le nombre de morts et de blessés aurait pu être inférieur si l’assistance était arrivée à temps, le cas échéant. Les équipes de secours opérant à Jindires sont accusées d’ignorer les survivants kurdes qui sont secourus. Des rapports contradictoires bien que durables indiquent que les Kurdes ont été privés d’aide humanitaire et d’assistance matérielle. Les expériences antérieures ressenties par la population kurde autrefois prédominante à Afrin à la suite de l’opération « Rameau d’olivier » en 2018 donnent du crédit à une hypothèse largement diffusée. A Jindires, plus de 756 morts ont été enregistrés dont 530 Kurdes. 2.300 personnes ont été signalées blessées. Plus de 3 000 bâtiments ont été entièrement détruits ou partiellement endommagés. La grande majorité des victimes ont été enterrées dans des fosses communes. Peu de personnes dont l’identité a été vérifiée ont eu la « chance » d’être enterrées par leurs proches dans leur lieu de naissance. Absence d’aide internationale Aucune aide étrangère n’est arrivée dans la zone sinistrée, à l’exception d’un convoi d’aide envoyé par la Fondation de Charité Barzani (BCF) basée à Erbil et d’un autre envoyé par l’Arabie saoudite. D’innombrables rapports et témoignages suggèrent qu’une grande partie de l’aide envoyée par les Saoudiens et le BCF a été saisie par Muhammad al-Jassem Abu Amsha, un chef de faction notoire à Afrin. « Discrimination contre les Kurdes » Lors d’un appel WhatsApp, Ibrahim Sheikho, chef de l’organisation des droits de l’homme – Afrin, a déclaré à North Press que « les Kurdes sont victimes de discrimination raciale dans le sauvetage des survivants, la récupération des corps dans les décombres et la distribution de l’aide envoyée par la BCF et les Saoudiens. » Les actes de violation sont commis non seulement par des groupes de factions de l’Armée Nationale Syrie (ANS/SNA), mais plutôt par des colons arabes, a noté Sheikho. Les transferts d’argent envoyés par Afrin et les expatriés kurdes sont décimés par des groupes factionnels qui se taillent la part du lion de toute aide ou financement envoyé. Des pillages par des factions de l’opposition syrienne et des nouveaux arrivants sont largement signalés à Jindires. Sheikho a mis en garde contre les changements démographiques qui pourraient être introduits par des ONG qataris à Jindires masqués par des fins humanitaires. Les ONG qataris, parmi beaucoup d’autres, ont une histoire de construction de colonies dans la région kurde. Suite à des répliques répétées, les habitants de Jindires ont quitté la ville pour les villages voisins cherchant refuge avec des proches. Les rapports indiquent que ceux-ci ont peur de rentrer chez eux. Selon un auteur kurde qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, une nouvelle vague de changement démographique pourrait se produire dans la ville. Comme de nombreuses maisons se sont effondrées lors du tremblement de terre, les chefs de faction pourraient s’emparer des maisons vides. Les zones kurdes touchées par le séisme ignorées De plus, les personnes qui restent dans les villages voisins expriment leurs inquiétudes face à de nouvelles vagues de vols. L’auteur qui vit à Afrin a déclaré: « Beaucoup de gens sont encore piégés sous les décombres ». Les zones résidentielles kurdes touchées par le séisme ont été ignorées par les équipes de secours, a-t-il affirmé. Outre l’assistance matérielle et l’aide humanitaire qui restent insuffisantes, les populations (notamment les femmes et les enfants) ont cruellement besoin d’un soutien psychologique. Des enfants ont déclaré souffrir de mictions involontaires. De nombreuses familles ont laissé dans le deuil soit un garçon soit une fille. Certains ont perdu leurs sponsors. Ceux-ci ont besoin d’aide au sens psychologique du terme pour faire face à la réalité actuelle et soudaine introduite sur le terrain. La région ignorée par la communauté internationale Le tremblement de terre en Syrie a montré le visage le plus laid de la crise syrienne depuis, et que c’est la politique et non le droit international qui anime les agences dirigées par les Nations Unies. La ville est déprimée et impuissante. Quelques heures après le tremblement de terre, les pays européens ont intensifié leurs efforts de sauvetage pour venir en aide à la population touchée. La France, par exemple, employait des chirurgiens, des médecins, des infirmières, des sages-femmes, des radiologues, des biologistes, des kinésithérapeutes, des pharmaciens, des auxiliaires de santé, des anesthésistes, etc. Plus au sud, sous la frontière turque, sur un sol où la France a toujours revendiqué des droits historiques et culturels , le sort des Syriens abandonnés est ignoré. Les appels de SOS lancés par les personnes endeuillées et les sans-abri tombent toujours dans l’oreille des sourds. Une fois de plus, la politique sur le sol syrien a remporté une victoire écrasante sur l’humanité. Quel échec. Lazghine Ya’qoube pour l’agence North Press

TURQUIE. Inquiétudes pour les enfants « enlevés » dans les zones touchées par le séisme

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TURQUIE / KURDISTAN – Suite au séisme du 6 février qui a frappé la Syrie et la Turquie (zones à majorité kurde), les autorités turques ont enlevé de nombreux nourrissons et enfants dans les zones sinistrées, sans le consentement des familles. L’inquiétude est grande chez les proches des enfants « disparus » entre les mains des autorités turques au milieux des affirmations faisant état d’un trafic d’enfants remis aux sectes islamistes. Le 10 février, selon les données de l’équipe de coordination civile des enfants en cas de catastrophe, on déclarait qu’au moins 168 enfants étaient recherchés par leurs familles et qu’il y avait un nombre important d’enfants non identifiés dans les hôpitaux. Les familles recherchent leurs enfants en allant d’hôpital en hôpital. Depuis, au moins 30 des 168 enfants ont été retrouvés par leurs familles et leurs proches. Suite aux « voles » d’enfants des zones sinistrées, notamment dans les régions kurdes, les activistes kurdes ont lancé la campagne d’hashtag #KürtÇocuklarıSahipsizDeğil (les enfants kurdes ne sont pas sans personne) et condamné la tradition d’enlèvements et assimilation forcée des enfants kurdes depuis le génocide de Dersim 1937 durant lequel d’innombrables enfants et fillettes kurdes de Dersim ont été donnés à des familles d’officiers turcs et turcisés par la suite. Les enfants sinistrés du séisme sont-ils livrés aux sectes? Le 14 février, l’Association des avocats progressistes (Çağdaş Hukukçular Derneği – ÇHD) a annoncé, qu’après avoir reçu les déclaration d’un témoin qui a vu des enfants rescapés du séisme à Istanbul/Beykoz, qu’elle a déposé une plainte pénale pour ces enfants pris par les autorités turques. Le ÇHD a déclaré sur Twitter que « Nous avons déposé (…) une plainte pénale pour éclaircir le doute sur le sort des mineurs non accompagnés. Les négociations avec le ministère [de la famille et des affaires sociales] se poursuivent » et demande « les enfants sinistrés du séisme sont-ils livrés aux sectes? » Voici le communiqué de la ÇHD concernant les enfants disparus: « Suite à une demande adressée à notre association, nous avons été informés d’un signalement contenant de sérieux soupçons selon lesquels des enfants victimes du séisme, que l’on pense orphelins, ont été remis à une association pouvant être liée à des sectes. Les détails du processus sont donnés ci-dessous, et nous invitons le ministère de la Famille et des affaires familiales à faire immédiatement une déclaration et à prendre les mesures nécessaires pour la clarification de la situation, la protection et la surveillance des enfants concernés. Le témoin oculaire que nous avons interrogé (…) a déclaré qu’il résidait à Beykoz, Istanbul, qu’il avait quitté son domicile pour aller travailler vers 07h00 le 10 février 2023, qu’il avait vu un groupe inhabituel d’enfants âgés de 0 à 4 ans, près de l’arrêt du bus dans le quartier Yavuz Selim. Il a vu qu’il y avait plus de 20 enfants et près de 10 adultes, il a parlé à l’un des adultes et que cette personne lui a dit que [les enfants] étaient des sinistrés du séisme, que les enfants étaient orphelins, qu’ils avaient été amenés ici par une association et qu’ils seraient pris en charge par un bus, et qu’après un court laps de temps, les enfants avaient été montés à bord des véhicules de luxe BMW. Entre-temps, il est monté dans le bus mais a appelé la police des mineurs et le chef du quartier à cause de ses doutes. Le chef [de quartier] a déclaré que plus de 30 enfants avaient été amenés à la cité de Beykoz plus tard dans la journée. Un autre autre employé de la cité a déclaré que l’association susmentionnée possédait deux maisons dans la cité et que les enfants y étaient installés et que d’autres enfants [sinistrés] allaient être envoyés à Tuzla [un autre district d’Istanbul]. Cependant, [le témoin] a déclaré qu’il pensait que les enfants qu’il avait vus était différents des enfants amenés dans la cité en raison de la courte distance entre l’arrêt de bus et la cité et que les enfants avaient été emmenés en sens inverse par des véhicules. Le témoin oculaire et son ami se sont rendus au bureau du procureur le même jour et ont fait un rapport détaillé. Par la suite, le témoin qui a été dirigé vers le pôle jeunesse pour la déposition n’a pas été reçu, sa déposition n’a pas été prise au pôle, la police a d’abord affirmé que les enfants étaient avec leurs mères. Lorsque le témoin et son ami ont déclaré qu’il y avait peu d’adultes avec les enfants et qu’ils pensaient qu’ils n’étaient pas leurs parents, et que seuls des enfants étaient mis dans les véhicules, (…) on leur a répondu que « quelques-uns n’ont pas de mère, nous enquêtons ». Il a rapporté que lorsqu’ils se sont présentés au bureau du procureur du palais de justice d’Anatolie d’Istanbul, une personne qui se trouvait au palais de justice, avec le procureur, les a appelés plus tard et leur a dit : « Ne vous inquiétez pas, ces enfants ont été confiés à des sectes religieuses. Même si les services sociaux prennent les enfants, ils les reprendront, ils sont très forts. » La réalité concrète concernant ce rapport, qui a été signalé au bureau du procureur général du palais de justice d’Anatolie d’Istanbul d’une manière qui montre clairement la suspicion de crime (…), devrait être immédiatement divulguée au public. Le ministère de la Famille et des Services sociaux devrait enquêter sur le sort de tous les enfants disparus dans la zone du séisme et s’assurer que les orphelins dont les familles n’ont pas encore été identifiées reçoivent le soutien nécessaire. Il est inacceptable que des enfants qui devraient être sous la surveillance et la protection du public soient remis à une quelconque secte/association/fondation. Ce soupçon doit être clarifié immédiatement et des mesures concernant la protection des enfants doivent être prises immédiatement par le parquet compétent et autorisé pendant que l’enquête se poursuit. En tant qu’Association des avocats progressistes, nous tenons à informer l’opinion publique que nous suivons cette affaire, qui a de sérieux soupçons que les enfants victimes du séisme et présumés orphelins ont été remis à une association qui pourrait être liées à des sectes, et que nous effectuerons toutes sortes de processus juridiques basés sur l’application. A l’ensemble de l’opinion publique; Nous vous invitons à suivre l’affaire, à mobiliser le gouvernement et les institutions connexes, notamment le ministère de la Famille et des affaires familiales, et à lutter ensemble pour qu’ils mènent le processus en toute transparence ! » Association des avocats progressistes

ITALIE. Concert-lecture « Donna chiama libertà » (femmes appelant à la liberté)

SICILE – La chanteuse kurde Nudem Durak, la journaliste iranienne Sepideh Gholian, la journaliste afghane Parwana Amir et 5 autres militantes persécutées par les régimes dictatoriaux du Moyen-Orient sont saluées par un trio de musicien.e.s de Sicile qui organisent des concert-lectures en solidarité avec ces 8 femmes persécutées à cause de leurs luttes pour les droits des femmes ou des peuples opprimés. Le spectacle est soutenu par l’Amnesty Italie. Le trio musical présente ainsi son projet et appelle à des partenariats à travers le monde pour faire voyager cette solidarité au-delà de l’Italie: « La musique est le son du courage et de la liberté. Elle n’a ni religion ni ethnie. C’est pourquoi elle surmonte toutes les limites et interdictions et atteint sa destination. La musique est les mille couleurs de la nature et est libre comme la nature est libre. » ( phrase écrite par la chanteuse kurde Nûdem Durak, emprisonnée à Bayburt, en Turquie, en réponse à une lettre que le trio musical lui avait envoyée en prison). Donna chiama liberta (femmes appelant à la liberté) « Donna chiama libertà » est un concert-performance en trio avec des sons et des mélodies du Moyen-Orient. Inspirés par les paroles et l’exemple de certaines femmes invisibles mais révolutionnaires, qui se rebellent courageusement contre une mentalité pénalisante et hostile, nous tentons de leur rendre la voix qui leur a été volée. Ce sont des femmes qui ont presque toutes été injustement emprisonnées. Les chansons proposées, un entrelacement de chansons traditionnelles, de chansons d’auteur et de chansons autographes, alternent avec la présentation d’images d’eux et la lecture de citations et de biographies. Parmi ces femmes, nous avons accordé une attention particulière à la Kurde Nûdem Durak et à l’Iranienne Sepideh Gholian. Nûdem Durak est une jeune musicienne, accusée de terrorisme et condamné à 19 ans de prison pour avoir diffusé des chansons traditionnelles kurdes. Sepideh Gholian est une jeune journaliste, accusée d’avoir documenté une grève. Elle purge une peine de cinq ans de prison. Ses journaux de prison offrent des images puissantes, touchantes et riches d’humanité. Récemment, Sepideh et ses codétenues ont participé au soulèvement de la prison d’Evin à Téhéran, où sont détenus de nombreux prisonniers politiques. Les 8 femmes sélectionnées par le trio musical de Sicile: 1 Nazik al-Mala’ika. Irak. Poétesse. 1922/2007. 2 Loujain al-Hathloul. Arabie Saoudite. Militane pour la paix. 33 ans. 3 Parwana Amir. Afghanistan. Journaliste afghane, 18 ans. 4 Nûdem Durak. La Turquie. Chanteuse kurde, 35 ans. 5 Sanaa Seif. Égypte. Activiste, 29 ans. 6 Hallel Rabin. Israël. Objectrice de conscience, pacifiste, 20 ans. 7 Bushra Al-Taweel. Palestine. Journaliste photographe, 29 ans. 8 Sepideh Gholian. Iran. Journaliste et activiste, 24 ans. Le trio est composé de: Bruna Perraro : voix et flûte traversière Giana Guaiana : voix, guitare et percussion Antonio Tralongo : alto, violon et chœur (et luth) Le spectacle de trio musical dédié à 8 femmes du Moyen-Orient qui sont en prison pour délits d’opinion a déjà été présenté au festival Vicino/Lontano d’Udine et dans d’autres événements en Italie, dans le Frioul-Vénétie Julienne, le Latium et la Sicile. Lien Youtube du spectacle : Donna Chiama Libertà Live Trio Perraro Guaiana Tralongo Teatro Fontarò Palermo Contact: <donnachiamaliberta@gmail.com>

Séisme en Turquie: Drame humanitaire et crimes de masse

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L’ONG de juristes, Mesopotamia Observatory of Justice met en garde contre les violations des droits et la recrudescence de lynchages/meurtres de civils accusés à tort d’être des pilleurs dans les zones sinistrées par le séisme du 6 février qui a frappé la Turquie et la Syrie. Elle dénonce la discrimination étatique ciblant les Kurdes et les Alévis des zones sinistrées dans la distribution d’aide ou de secours par les autorités turqes. Voici le rapport de l’Observatoire international de justice Mésopotamie (Mesopotamia Observatory of Justice – MOJUST) daté d’aujourd’hui: Tremblement de terre en Turquie et en Syrie: Drame humanitaire et crimes de masse Le 6 février 2023, deux tremblements de terre ont frappé la Turquie et la Syrie et ont fait des dizaines de milliers de morts et de blessés. Des villages et des villes sont entièrement détruits et des centaines de milliers de personnes sont devenues sans abri dans des conditions hivernales difficiles. Nous sommes témoins de l’un des tremblements de terre le plus meurtrier et destructeur du dernier quart de siècle. Au moment de la rédaction de ce communiqué, des sources officielles déclaraient le nombre de décès à plus de 30’000. Or ce chiffre devrait hélas encore augmenter selon les estimations des Nations Unies[1]. Des milliers de personnes sont toujours sous les décombres et attendent d’être secourues dans un contexte de mauvaise coordination, de manque d’équipements, de ressources, d’eau potable et de chauffage dans les régions touchées. Mesopotamia Observatory of Justice (Mojust) exprime ses plus sincères condoléances aux familles, sa sympathie et sa solidarité à toutes les personnes touchées et reste en contact avec des organisations et des institutions civiles de la région pour identifier les besoins et mobiliser son soutien. Quelques heures après la catastrophe, le monde entier s’est mobilisé pour venir à l’aide de la population touchée. Cependant, la manque de coordination a empêché une mobilisation effective qui aurait pu permettre de sauver la vie de milliers de personnes. Face aux critiques visant les institutions étatiques qui ne sont pas intervenues dans l’immédiat, le président turc Recep Tayip Erdoğan a menacé les familles, les organismes et les personnalités qui se sont rendues sur place et qui ont appelé à l’aide, de « traître » et « sans honneur »[2]. Ensuite, il a déclaré l’état d’urgence dans les villes touchées par le tremblement de terre jusqu’au 7 mai 2023. Cette décision est sévèrement critiquée par les organisations de défense des droits humains et toute l’opposition politique. En effet, l’exécutif dispose déjà des pouvoirs très larges conférés par différentes lois, y compris la loi n° 7269 sur les catastrophes affectant la vie publique et l’assistance à apporter dans les régions touchées et les précautions à y prendre. Dans ce cadre, l’état d’urgence décrété apparaît comme inutile et disproportionné au vu de sa durée, prolongeable, et les pouvoirs supplémentaires que le parti au pouvoir s’est arrogé. Fort de ces prérogatives juridiques qui ne sont soumis à aucun contrôle démocratique, les menaces directes contre les personnes engagées et contre les organismes de la société civile, qui mettent en cause la gouvernance de la crise, s’accentuent. Cette situation risque également de perturber tous les travaux humanitaires dans la région touchée. L’état d’urgence accorde au gouvernement le pouvoir de limiter davantage la liberté de mouvement et les communications dans les villes touchées par le tremblement de terre. Selon les dispositions pénales de la loi n° 2935 de 1983 sur l’état d’urgence et la loi relative à « la lutte contre la désinformation », ceux et celles qui « diffusent des informations fausses, exagérées, propagent des rumeurs et des nouvelles avec une intention particulière de provoquer la panique et l’agitation du public » seront condamnées à des peines de prison. Des rapports faisant état de pratiques abusives restreignant la liberté d’expression et la liberté des médias dénoncent l’application abusive des lois pénales.

Twitter d’Ebubekir Şahin

Le jour du tremblement de terre, le président du Conseil suprême de la radio et de la télévision, Ebubekir Şahin, a tweeté ceci : « aucune institution médiatique n’a le droit de faire des émissions démoralisantes », « [le Conseil] ne peut pas ignorer les institutions qui diffusent des émissions manipulatrices de mauvaise foi ». Depuis la déclaration de Şahin et d’Erdogan la police turque a arrêté des dizaines de personnes pour leurs publications sur les réseaux sociaux. Au moins 15 journalistes ont fait l’objet d’obstructions, d’enquêtes et d’agressions physiques à la suite de reportages liés au tremblement de terre.[3] Le Twitter a été bloqué sur les principaux fournisseurs de téléphonie mobile turcs, empêchant de relayer certaines critiques, mais aussi les appels à l’aide des survivants : beaucoup de personnes sous les décombres ou des personnes au seuil des bâtiments en ruine et désespérées de ne pas voir les secours arriver, envoyaient leurs appels à l’aide sur Twitter[4]. Des rapports inquiétants proviennent également des prisons situées dans des zones touchées par le tremblement de terre. Tous les efforts des familles désirant obtenir des informations sur leurs proches sont sans résultat. De même, il n’y a pas eu de réponse jusqu’à présent aux appels des avocats et des ONG qui demandent au gouvernement l’autorisation pour les prisonniers d’appeler leurs familles qui se trouvent dans la zone touchée par le séisme. Alors que de nombreux détenus sont transférés dans différentes prisons du pays, aucune explication n’a encore été communiquée par le ministère compétent sur leur situation. Le média a également diffusé des informations selon lesquelles une émeute a eu lieu dans la prison de type L de Hatay et qu’elle a été violemment réprimée. Le ministère de la Justice a annoncé le décès de trois prisonniers au cours de l’intervention.[5] Sous pression des critiques en masse, appuyées par les journalistes et les politiciens sur place, le régime a finalement déployé ses forces dans les zones touchées par les séismes. En lieu et place de coordonner des milliers de camions envoyés par la société civile dans les dix villes touchées, le pouvoir en place a confisqué une majeure partie des aides fournies pour les confier à un organisme, la Présidence de gouvernance de l’urgence et du désastre (AFAD), dont les dirigeants n’ont, selon les informations partagées par l’opposition, aucune formation en la matière. Face au drame humanitaire, les aides récoltées par la société civile ont été confisquées et confiées à des groupements religieux proches du régime. Il n’est pas certain que ces aides aient été distribuées[6]. Dans la distribution des aides, le régime a adopté des critères discriminatoires en ce sens que la priorité a été donnée aux régions ayant voté pour le parti au pouvoir. Ainsi, les villes ou les quartiers majoritairement kurdes ou de croyance alévite ont été négligés, voire ignorés[7]. Bien que les villes en ruine aient pu compter sur les aides fournies malgré les obstacles du régime, des milliers de villages attendent encore l’arrivée des secours. Dans les rues et dans les cours des hôpitaux les corps sans vie sont entassés. Ce jour, le gouvernement manipule le nombre des victimes pour en tirer des conclusions. Selon les témoignages et les rapports qui viennent de la région, une politique de modification de la composition des villes sinistrées est déjà en place et le président turc Erdogan annonce la reconstruction des villes, laquelle sera très probablement, comme par le passé, confiée à quelques compagnies proches du gouvernement. De plus, l’état d’urgence est annoncé jusqu’au 7 mai 2023, soit à une semaine avant la date officieuse déclarée par le gouvernement pour les prochaines élections législatives et présidentielles. Bien qu’il ne soit plus certain que les élections aient lieu à la date annoncée, les ONG des droits humains rappellent l’expérience des précédentes élections législatives et présidentielles en 2018, tenues sous l’état d’urgence décrété à l’échelle nationale, où les candidats de l’opposition et des médias indépendants avaient été réduits au silence, empêchant ainsi les électeurs et l’opposition d’exercer pleinement leurs droits politiques. La société civile en Turquie craint que le gouvernement essaie de nouveau de mettre en place un dispositif similaire empêchant la tenue des élections libres.

Un réfugié syrien qui a subi la violence des militaires parce qu’il cherchait de l’aide pour ses enfants sous les décombres à Hatay. (Source: Mezopotamya Ajansi – MA)

En outre, les forces de l’ordre ont débuté le lynchage des réfugiés, en particulier syriens. En effet, quelques cas qualifiés de vandalisme dans les ruines ont donné lieu à des dizaines de vidéos diffusés dans les réseaux sociaux où les policiers en uniforme torturent à mort des réfugiés accusés de vols. Il n’existe aucune information sur les faits reprochés, mais on voit des personnes mis à nus ou au sol par des policiers qui les tabassent à mort avec des matraques. Ces scènes de torture sont applaudies par les médias proches du régime qui encouragent ces crimes. Fort de ces encouragements, nous avons commencé à voir des vidéos similaires où des civils lynchent des immigrés. Des injures racistes sont le point commun des vidéos. Ces scènes sont une honte pour la dignité humaine et elles violent le droit à la vie et la prohibition de la torture et des mauvais traitements. Cela démontre aussi l’absence d’un État de droit en ce sens que les forces de l’ordre s’arrogent, grâce à l’impunité garantie par le pouvoir en place, le droit de condamner sur le champ des civils. Ceci n’est pas nouveau dans la mesure où durant les guerres de rue au Kurdistan de Turquie (Est et Sud-est de la Turquie) en 2015, des annonces faites aux forces de l’ordre se résumaient ainsi : « tout est permis dans le cadre de la répression, une impunité totale est garantie aux forces de l’ordre et aux paramilitaires déployés dans les villes ».

Ahmet Güreşçi qui a été placé en garde à vue le 7 février par les équipes de la gendarmerie d’Altınözü. Il a été accusé d’avoir commis un « vol ». Le 12 février, Güreşçi est décédé à l’hôpital où il a été emmené à la suite de graves tortures. (Source : ANF)

Nous avons appris que dans quelques villes il y a eu des heurts entre différents groupes. Cela incite les secours arrivés depuis l’étranger à quitter la Turquie où le régime vise à ne plus avoir le regard des secouristes venus du monde entier face à un scénario de désastre créé, dirigé et contrôlé par le gouvernement. Il est plus que jamais important de suivre de près l’évolution de la situation en Turquie où la crise humanitaire s’approfondit face à un gouvernement qui l’instrumentalise à ses propres fins. Nous invitons les gouvernements, les organisations humanitaires, les organisations non gouvernementales et toutes les bonnes volontés individuelles à fournir leurs aides par des canaux fiables en s’assurant que les aides parviendront aux victimes. Nous invitons toutes les associations et organismes de défense des droits humains à se pencher sur les crimes commis depuis le début de la crise humanitaire, à commencer ceux commis par les forces de l’ordre, qui sont censés faire régner la suprématie de la loi et non l’inverse. Le Comité international contre la torture doit dans ce cadre se pencher rapidement sur les violations commises et inviter la justice turque à poursuivre en justice les auteurs. Ce jour, nous avons appris le décès d’une des personnes torturées. Mojust pourra dans ce cadre fournir les vidéos qui nous sont parvenues. Ensuite, il convient d’enquêter sur les discriminations dont sont victimes les survivants des tremblements de terre dans la distribution des aides. La Fondation Mojust est dans ce cadre prête et disposée à servir de pont entre la société civile en Turquie, au Kurdistan et les organismes se trouvant en Suisse. Elle est également disposée à contribuer à toutes les initiatives qui peuvent se mettre en place en Europe et dans le monde. Mojust demande instamment aux autorités turques d’abroger l’état d’urgence et de recourir uniquement aux pouvoirs conférés par la législation existante, conçue spécifiquement pour la réaction aux catastrophes et de veiller à ce que toute mesure prise dans ce contexte soit strictement nécessaire et proportionnée pour faire face à la crise actuelle. Une telle intervention est la seule conforme aux obligations internationales de la Turquie en matière de droits humains. Mojust appelle en outre la communauté internationale à suivre de près les développements en Turquie et l’impact que ces mesures urgentes décrétées pourraient avoir sur les droits humains et les libertés fondamentales, en particulier dans le contexte des prochaines élections. Nous profitons à cette occasion de remercier toutes les organisations et les particuliers pour leur sensibilité et leur solidarité de ces derniers jours. Mesopotamia Observatory of Justice [1] La communiquer de presse d’OMS : https://www.rts.ch/info/monde/13764110-les-recherches-se-poursuivent-pour-extraire-les-survivants-du-seisme-en-turquie-et-en-syrie.html (Consulté le 12 février 2023) [2] http://mezopotamyaajansi35.com/tum-haberler/content/view/197305 (Consulté le 12 février 2023) [3] Le rapport de MLS et l’article concerné https://www.mlsaturkey.com/en/update-11-02-journalists-covering-quake-aftermath-continue-to-face-obstacles/ (Consulté le 12 février 2023) et http://mezopotamyaajansi35.com/search/content/view/198010?page=1?page=1&key=de0d530287f008616778a5761a348725 (Consulté le 12 février 2023) [4] Le communiqué de presse des Organisations de Droit de l’Homme et l’article de presse : https://www.lecho.be/economie-politique/international/general/reportage-en-turquie-nous-n-avons-pas-besoin-d-un-etat-d-urgence-nous-avons-besoin-de-l-etat/10446736.html et   https://www.omct.org/en/resources/statements/türkiye-uphold-human-rights-during-earthquake-response (Consulté le 12 février 2023) [5] https://www.gazeteduvar.com.tr/hatay-cezaevinde-deprem-isyani-3-olu-haber-1602478 (Consulté le 12 février 2023). [6] L’article paru dans le quotidien Cumhuriyet et sur le site internet Diken: https://www.cumhuriyet.com.tr/siyaset/hdpli-belediyenin-topladigi-deprem-yardimina-el-konuldu-2049373 et https://www.diken.com.tr/hatay-samandag-belediye-baskani-bize-gelen-yardimlara-el-kondu/ (Consulté le 12 février 2023) [7] L’article de l’Agence de Presse Mésopotamie et du journal Özgür Politika: http://mezopotamyaajansi.com/search/content/view/197958?page=1&key=e889450c6c6501517d3353e64d29650c et https://www.ozgurpolitika.com/haberi-kurt-oldugumuz-icin-yardim-verilmiyor-173318(Consulté le 12 février 2023) d

TURQUIE. Que fait AFAD de l’aide envoyée aux sinistrés du séisme depuis l’étranger?

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TURQUIE / KURDISTAN – Selon le dernier bilan officiel, 35 000 personnes sont mortes suite au séisme du 6 février qui a frappé la Syrie et le sud-est de la Turquie (régions à majorité kurde) alors qu’on signale que le bilan final serait de 200 000 morts. En attendant, les sinistrés critiquent l’État pour la mauvaise gestion de la catastrophe. Certains déclarent même que l’État est absent dans les zones sinistrées où la mobilisation populaire s’organise et se renforce de jour en jour, même si elle se heurte au mécontentement des autorités turques qui leur mettent des bâtons dans les roues.   AFAD appose son logo sur les aides envoyée depuis l’étranger  Après le séisme du 6 février d’une magnitude de 7,8 frappant la Syrie et le sud-est de la Turquie, de l’aide et des secours ont été dépêchés vers la Turquie depuis le monde entier tandis que le régime turc était critiqué par sa population pour la mauvaise gestion de la catastrophe, dont la confiscation par l’organisation de protection civile (AFAD) de l’aide collectée dans le pays ou envoyées depuis l’étranger. Ces accusations sont relayées également par des médias étrangers, dont le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) qui rapporte qu’AFAD essaie de faire passer les livraisons d’aide d’autres organisations comme les siennes. Par exemple, l’aide arrivée à l’aéroport d’Adana, on appose des autocollants de l’AFAD sur l’aide arrivée depuis l’étranger. ONG indépendantes versus AFAD Par ailleurs, la campagne d’aide Ahbap lancée par le célèbre musicien, Haluk Levent et qui a reçu plus de dons qu’AFAD à travers le pays mais aussi à l’étranger est attaquées médias pro-gouvernementaux avertissant qu’il peut détourner les fonds. Cependant, les donateurs ont déclaré aux FAZ qu’ils faisaient plus confiance à Levent qu’aux organisations gouvernementales. Les aides des municipalités d’opposition bloquées ou confisquées Les municipalités CHP ont envoyé de nombreuses équipes dans la zone sinistrée pour fournir des services tels que la collecte des ordures afin de prévenir les épidémies. Ils ont également apporté des toilettes portables dans la région. Pourtant, de nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant que les livraisons d’aides privées ou celles des petites villes gouvernées par les partis d’opposition [dont le HDP « pro-kurde »] sont recouvertes du logo du parti au pouvoir AKP ou leur acheminement bloqué. (FAZ)   Image via l’agence Mezopotamya

TURQUIE. Le système Erdogan ébranlé par le séisme

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TURQUIE – En vingt ans de règne, le dirigeant turc Erdogan a eu le temps de bâtir un pouvoir sans partage, tout en évinçant ses compagnons de route (dont son mentor Fethullah Gülen) à mesure qu’il s’entourait de nouveaux laqués plus serviles que les précédents. Tout en dirigeant le pays d’une main de fer et en étouffant les voix critiques à l’intérieur du pays, il a décidé de ressusciter le cadavre de l’empire ottoman et parti à la reconquête des colonies perdues en priorisant les dépenses militaires au détriment du bien-être de son peuple. A partir des années 2010, il a envahi le nord-ouest de la Syrie en profitant de la guerre civile syrienne, installé des centaines de bases militaires au Kurdistan irakien, dévasté plusieurs villes kurdes de « Turquie » quand il a perdu la majorité absolue aux élections de juin 2015, formé une coalition avec l’extrême-droite turque MHP, jeté en prison des dizaines de milliers de membres et partisans du parti politique HDP, renforcé l’islam politique des Frères-Musulmans au détriment des droits des femmes, tenu un langage anti-occidental, utilisé les réfugiés syriens comme un moyen de chantage contre l’Europe, s’est allié au président russe Poutine au nez et à la barbe des Etats-Unis et de l’OTAN dont la Turquie est membre, envoyé des mercenaires islamistes en Lybie, proféré des menaces envers ses voisins grecs et arméniens… Erdogan a eu les yeux plus gros que le ventre et son règne à commencé à vaciller avec la dégringolade de l’économie turque. La société turque qui ne disait pas grand-chose quand les guerres d’Erdogan faisaient des victimes chez les « peuples ennemis », est devenu enfin mécontente du sultan à mesure que la pauvreté et l’inflation l’étranglaient. Mais Erdogan était décidé à rester au pouvoir coûte que coûte et personne n’était capable de prédire l’issus des élections présidentielles et législatives prévues en mai 2023. Il a fallu un tremblement de terre sur une des failles sismiques les plus dangereuses du pays pour que vacille enfin le système Erdogan. Le 6 février 2023, un séisme d’une magnitude de 7,8 a frappé le sud-est de la Turquie et le nord de la Syrie. Des dizaines de villes ont été ensevelies sous les décombres des immeubles qui se sont écroulés comme des châteaux de carte, tuant des centaines de milliers personnes et laissant sans toit des millions d’autres des deux côtés des frontières turco-syriennes. L’État n’est pas intervenu rapidement pour secourir les sinistrés. La société civile s’est mobilisée en masse pour venir en aide aux rescapés tandis que les recherches des survivants sous les décombres ont été insuffisantes, à tel point qu’on dit que le gouvernement turc a délibérément laissé mourir les gens piégés dans leurs immeubles cercueils. Les survivants sont abandonnés dans le froid, même les tentes arrivent à compte goutte. Ce séisme et sa (non) gestion fut la dernière goûte qui a fait déborder le vase. Aujourd’hui, les citoyens turcs tirent à boulets rouges sur Erdogan, notamment pour l’évaporation des milliards de dollars de taxe récoltées depuis plus de 20 ans en prévention et secours en cas de catastrophe, dont des séismes. « Ils graissent les mains de leurs copains avec des taxes sur les tremblements de terre. Où est cet argent? » a déclaré récemment le chef de l’opposition CHP, Kemal Kilicdaroglu, lors d’une récente visite dans les régions touchées par le séisme. Ils reprochent également à Erdogan d’avoir amnistié les constructions sans permis en 2018 (des amnisties qui avaient apporté des milliards de dollars au gouvernement turc) malgré les mises en garde des spécialistes sur les dangers sismiques que ces constructions faisaient peser sur leurs occupants et. Mais Erdogan en était fier et déclarait en 2019, lors d’un meeting à Kahramanmaraş, épicentre du séisme du 6 février 2023,: « Avec l’amnistie de la construction, nous avons résolu le problème de 144 556 citoyens à Kahramanmaraş » . Mais ces amnisties concernent également d’autres métropoles comme Istanbul, Adana, Antalya… En parallèle à ces amnisties, de nombreux Turcs dénoncent la corruption au sein des sociétés de construction, les pots de vin, l’argent  fonds de prévention. Dans les provinces touchées par le séisme, malgré l’état d’urgence décrété, le chaos règne, les habitants n’osent plus entrer dans leurs maisons, et ce malgré la parole officielle des autorités turques qui les assurent sur la solidité de leurs habitants après un « contrôle » hâtif… Il semble que ce séisme mortel ait ébranlé durement le règne d’Erdogan et certains analystes prédisent que la crise turque ne commence que maintenant.